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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:19

Ibn Taïmiya

(m. 728/1328)

Répond à Benoît XVI

 

… lorsque, dans notre relation tumultueuse avec l’Orient musulman, la tempête menace, ce ne sont pas les réflexes de l’appréhension et les raccourcis de l’ignorance qui doivent guider nos politiques mais bien les ressorts de la connaissance scientifique, qu’il faut plus que jamais prendre le temps de mobiliser. (François Burgat).

 

Rappelons les faits : au cours d’une conférence que le Pape Benoit XVI a donnée en Allemagne à l’université de Regensburg dans laquelle il a enseigné, ce dernier a fait la déclaration suivante –nous ne voulons pas entrer dans certaines considérations sur lesquelles portait son discours, alors nous irons droit au but – :

« L’empereur en arrive à parler du thème du jihad », « l’empereur savait certainement que dans la sourate II, 256, il est écrit pas de contrainte en matière de foi – c’est l’une des sourates primitives datant de l’époque où Muhammad lui-même était privé de pouvoir et se trouvait menacé. Mais l’empereur connaissait aussi les dispositions inscrites dans le Coran – d’une époque plus tardive – au sujet de la guerre sainte ».

 

En d’autres termes, le chef du « Saint Siège » estime que le Verset 256 de la Surate la vache est pré-hégirienne (autrement dit, elle remonterait à la période mecquoise), ère à laquelle le Jihâd n’était pas encore légiféré. Il sous-entend ainsi que l’Islam tolère en la personne de Muhammad (r) la présence des autres cultes pour des raisons de conjonctures, étant donné qu’il ne fut pas suffisamment puissant pour forcer aux hommes de se convertir par le glaive. S’il est vrai que les dispositions du Jihâd fut inscrites dans le Coran en plusieurs étapes et s’il est vrai également que le Législateur tient compte de certaines conjonctures afin que celui-ci soit en vigueur, il n’en demeure pas moins que la raison pour laquelle il fut légiféré est différente dans son essence, comme nous allons le démontrer, de celle avancée par le premier homme du Vatican. Voyons plutôt ce que Sheïkh el Islam ibn Taïmiya pense de ses propos à travers une réponse qui comme chacun a pu le constater, est anachronique :

 

 

La Surate la vache est médinoise dans son ensemble ; celle-ci comprend plus d’un Verset qui commande le Jihâd dont notamment : (Il vous a été prescrit la guerre). Comment oser dire dès lors que le Verset en question (le Verset 256 en l’occurrence ndt.) s’inscrit dans le temps bien avant l’institution de la guerre. Par ailleurs, le « contexte de la révélation du Verset » nous apprend que l’événement auquel il se rattache eut lieu après que la guerre fut prescrite. Les spécialistes relèvent quatre hypothèses concernant cet événement ; chacune confirme qu’il eut bien lieu avant l’ordre de combattre un ennemi quelconque. Ibn ‘Abbâs et d’autres exégètes nous en relatent la plus célèbre.

 

Selon ces derniers en effet, une femme parmi les Ansâr était stérile (Miqlât : qui ne garde pas ses enfants). Celle-ci fit le vœu si elle gardait un enfant vivant de le convertir à la religion juive, car contrairement aux païens, les juifs détenaient entre leurs mains un Livre Sacré. Ils étaient ainsi plus proches du savoir et de la religion que les arabes. Quand la tribu juive de Banû e-Nadhîr fut expulsée de Médine, il y avait dans leurs rangs certains enfants des Ansâr dont les pères se sont alors écriés : « Cher Messager d’Allah ! Nos enfants ! » Dès lors, le Verset en question fut révélé.[1]

 

Ne nous détrompons pas, le chef de l’Église catholique romaine est un érudit. Certaines nuances ne peuvent lui échapper. De deux choses l’une, soit le Pape est ignorant car qui ne dit mot consent, auquel cas nous lui rappelons les paroles du poète :

 

Toi, si tu ne le savais pas c’est déjà un malheur

 Mais tu le savais, alors c’est encore pire

 

Soit il détourne sciemment la vérité… mais revenons à notre propos : Sheïkh el Islam ibn Taïmiya démontre dans certains passages de ses divers ouvrages, que le Jihâd appelé « Guerre Sainte » par certains orientalistes n’a nullement pour vocation d’exterminer les non musulmans ou de les convertir par la force. Il souligne en effet :

 

Si l’essence de la guerre légitime s’incarne à travers le Jihâd, qui a pour ambition de rendre la religion entière au Seigneur et de rendre Sa parole la plus Haute, quiconque constitue une entrave à ce dessein doit être combattu à l’unanimité des musulmans.[2] Au début, le Prophète (r) a reçu l’ordre de combattre les mécréants avec la parole sans utiliser les mains. Il se concentrait sur le Prêche à travers le sermon et la polémique effectuée dans les limites de la bienséance. Son grand combat d’alors fut de fustiger ses adversaires à coups de Versets du Coran. Il ne devait pas cependant avoir recours aux armes étant donné que les musulmans se trouvaient dans une situation de faiblesse. Par la suite, il émigra à Médine où il trouva un soutient. Dès lors, il reçut le droit de se défendre. Puis, lorsque les musulmans devinrent une puissance, la guerre leur fut prescrite. Ils n’avaient pas le droit toutefois de s’attaquer à des tribus avec lesquelles ils étaient liés par des accords de paix ; ils ne pouvaient se permettre dès lors de combattre tout le monde. Après qu’Allah ait conquis la Mecque, que la guerre contre les Quraïshites qui étaient les rois des arabes pris fin, et que les délégations de la Péninsule se rendaient à Médine pour annoncer leur conversion, le Très-Haut donna l’Ordre à Son Prophète (r) de déclarer la guerre à tous les infidèles.[3]

 

Les Khalifes après lui en les personnes d’Abû Bakr et de ‘Omar, à la tête des Muhâjirîns (émigrés mecquois) et des Ansârs (auxiliaires médinois) encore vivants à leur époque, qui sont ses partisans les plus fidèles, les plus obéissants, et les plus respectueux envers ses engagements, ont ouvert un front contre les romains (byzantins ndt.) et un front contre les perses (sassanides ndt.). Leurs deux ennemis de l’époque étaient les « gens du Livre » et les mazdéens. Ils combattaient uniquement ceux qui les combattaient. Sinon, la Jiziya (le tribut) fut soumise à l’ennemi qui s’y résignait ; ils devaient la remettre en main propre en signe de soumission.[4] Quand ‘Omar ibn el Khattâb a conquis le Shâm, il prit de ses habitants la Jiziya qu’ils devaient remettre de main en main en guise de soumission. beaucoup d’entre eux dont Seul Allah (I) en connaît le nombre ont embrassé l’Islam. la plupart du commun des gens, des paysans, et autres étaient chrétiens.

 

Les musulmans ne savaient pas cultiver la terre et ils avaient une seule mosquée où se réunir à Damas tellement ils étaient peu nombreux. Par la suite, la plupart des habitants du Shâm et d’autres contrées se sont convertis de leur propre gré, non par la force ! il n’est pas permis en effet de soumettre par la force les Dhimmis à l’Islam comme le stipule le Verset : (nul contrainte en religion. Le droit chemin s’est distingué de l’égarement. Quiconque renie les Tâghût (Tyrans) et croit en Allah, il se sera attaché à un lien bien solide qui ne peut se dénouer • Allah est l’Allié des croyants, Il les sort des ténèbres pour les mener à la lumière. Quant aux mécréants, ils sont les alliés des Tâghût qui les sortent de la lumière pour les mener aux ténèbres ; ceux-là sont les habitants de l’Enfer dans lequel ils demeurent à jamais).[5]

 

Ainsi, selon le Verset suivant : (Combattez sur le sentier d’Allah ceux qui vous combattent mais ne transgressez pas les limites),[6] il n’est pas permis de s’en prendre à des innocents.[7] Parmi les limites à ne pas transgresser, il y a notamment le meurtre des femmes et des enfants, et de faire la guerre à des peuples qui ne prennent pas les armes.[8] La guerre fut légiférée en cas de nécessité dans le sens où si les hommes avaient cru aux Versets et aux preuves évidentes du Coran, il n’y aurait pas eu besoin d’en venir aux armes. Il incombe donc de manière absolue et principale de présenter aux hommes le message de l’Islam. Quant aux Jihâd, il est uniquement légiféré en cas de nécessité.[9] Si l’Islam considère comme un forme de corruption sur terre de s’attaquer gratuitement à la végétation et aux animaux, il est beaucoup plus scrupuleux concernant la vie humaine.[10]

 

Par conséquent, si Allah (I) autorise à prendre la vie de certains hommes, c’est dans le but de réformer l’humanité, comme le formule le Verset : (La tentation est pire que le meurtre).[11] Autrement dit, s’il est vrai que la guerre engendre le mal et le désordre, la tentation dont font preuve les mécréants constitue un plus grand mal et un plus grand désordre. C’est pourquoi, si quelqu’un ne cherche pas spécialement à empêcher aux musulmans d’établir la religion d’Allah sur terre, les méfaits de sa mécréance ne reviennent qu’à lui-même.[12] Ainsi, la condition de pouvoir combattre une personne, c’est qu’elle prenne les armes.[13] Il n’est pas permis de tuer un mécréant d’origine (contrairement à l’apostat) qui ne prend pas part au combat selon la plupart des savants à l’instar d’Abû Hanîfa, de Mâlik, et d’Ahmed.[14] Il ne faut pas tuer quiconque ne participe ni de près ni de loin aux hostilités tel que les femmes, les enfants, les moines, les aveugles, et les vieillards conformément à la tendance de la majorité des savants,[15] contrairement à ceux qui associent leur voix ou qui prêtent main forte aux combat à l’exemple de Hind et de certaines autres femmes qui ont connu un sort tragique lors de la prise de la Mecque.[16]

 

En principe, le sang humain est sacré ; il est interdit d’y toucher si ce n’est que pour une raison valable. Tuer une personne sous prétexte qu’elle est mécréante n’est pas un principe sur lequel s’entendent les différentes législations divines à travers les époques contrairement à la mise à mort pour meurtre que s’accordent à reconnaître la religion et la raison.[17] Le jour de la Conquête de la Mecque, le Prophète (r) a laissé en vie tous les combattants ennemis à l’exception de certains d’entre eux qu’il n’a pas épargnés et dont le crime ne pouvait rester impuni comme celui de ‘Abd Allah ibn Khatal. Ainsi, il ne tuait pas un ennemi simplement sous prétexte qu’il était mécréant ou qu’il était en guerre.[18]

 

Quant au Verset : (Tuez-les partout où vous les trouvez),[19] celui-ci revient deux fois dans le Coran dont notamment à la suite du Verset [que nous avons évoqué précédemment] : (Combattez sur le sentier d’Allah ceux qui vous combattent mais ne transgressez pas les limites • Tuez-les partout où vous les trouvez et sortez-les d’où ils vous ont sorti)[20] (…) tout homme armé qui s’attaque aux croyants doit être tué là où il se trouve. La sentence qui le concerne ne s’applique pas uniquement au champ de bataille.

Toute personne parmi les combattants ennemis qui sème la terreur au milieu des musulmans doit périr par les armes qu’il soit debout, assis, ou couché, et même s’il est prisonnier. Le Prophète (r) a exécuté plus d’un prisonnier à l’exemple de ‘Uqba ibn Abî Mu’aït, et e-Nadhr ibn el Hârith. Par ailleurs, Sa’d ibn Mu’âdh a prononcé contre les Banû Quraïzha lorsque ces derniers se sont rendus à son jugement, d’exécuter les combattants et de capturer les femmes et les enfants. Deux cent combattants furent exécutés.[21] [Les textes scripturaires judaïques prescrivent le même sort à leurs prisonniers dans le meilleur des cas, sinon tous les vaincus sont passés au fil de l’épée sans ne laisser aucun survivant parmi les femmes et les enfants  voir : Deutéronome 20 ; 10-17 ndt.]

 

En fait, l’Imam a le choix concernant le sort des prisonniers, entre les exécuter, les mettre en captivité, les libérer, ou les échanger contre une rançon. Son choix va dépendre de l’intérêt supérieur des musulmans.[22] Il est permis de tuer (sans condition contrairement aux dissidents musulmans pour lesquels l’expédition punitive est soumise à certaines restrictions) tout ennemi non musulman même s’il est fait prisonnier parce qu’il a tenu les armes mais aussi pour prévenir contre toute nuisance à venir. Rien ne lui empêche à l’avenir en cas de libération ou de demande de rançon, de causer du tort aux musulmans.[23] Dans le cas des Banû Quraïzha, le Législateur savait qu’à l’avenir les musulmans n’étaient pas en mesure d’empêcher le mal immense qu’ils cogitaient contre l’Islam.[24]

 

Par ailleurs, le Prophète (r) et les croyants qui étaient avec lui faisaient prisonniers des hommes et des femmes parmi les païens ; il ne leur a jamais imposé de se convertir sous la contrainte. Il a en effet capturé Thumâma ibn Aththâr qui était polythéiste, il l’a ensuite libéré sans ne l’avoir jamais contraint à l’Islam. Il s’est d’ailleurs converti de lui-même. Certains prisonniers de la bataille de Badr ont prie la même initiative. Quant aux femmes captives, celles-ci furent nombreuses mais le Prophète (r) n’a jamais imposé à l’une d’entre elle de se convertir ; il ne l’a fait ni pour aucune femme ni pour aucun homme.

 

Le jour de la Conquête de la Mecque, il a laissé ses habitants libres et n’a pas cherché à les convertir par la force. Il les a relâchés alors qu’ils s’étaient rendus. C’est pourquoi, ils furent appelés les Tulaqâ (les libérés), qui sont les convertis de la Grande Conquête. Le terme libéré vient en opposition à celui de prisonnier. Cela prouve qu’ils furent bel et bien prisonniers ; il les a libérés comme on libère des prisonniers, et sans les contraindre à la religion musulmane. Safwân ibn Umaïya et tant d’autres qui étaient restés polythéistes ont rejoint les rangs des musulmans à la bataille de Hunaïn. Ils n’ont reçu aucune menace mais ils se sont convertis par la suite de leur plein gré. Y-a-t-il plus éloquent pour affirmer qu’il n’y eu aucune conversion forcée ! Nul n’est en mesure de prouver qu’un seul homme fut invité à embrasse l’Islam sous la menace, qu’il s’y soit soumis ou non.

 

D’ailleurs, il n’y a aucun intérêt à ce qu’un tel individu se convertisse, mais nous devons plutôt recevoir la conversion de celui qui l’exprime même si nous pensons qu’il l’ait fait par crainte de l’épée, à l’exemple des païens ou des adeptes du Livre qu’il est permis de tuer sur le champ de bataille. À partir du moment où l’un d’eux extériorise sa conversion, son sang et ses biens deviennent sacrés, conformément aux paroles du Prophète (r) : « J’ai reçu l’ordre de combattre les hommes jusqu’à ce qu’il atteste qu’il n’y a de dieu en dehors d’Allah et que Mohammed est le Messager d’Allah. S’ils l’attestent, ils se préservent contre moi leur sang et leurs biens sauf ce que le droit en réclame, et leur compte revient à Allah. »[25] Il a en outre reproché à Usâma ibn Zaïd de tuer un homme en plein champ de bataille alors qu’il s’était converti. Pourtant, Usâma maintenait que sa victime s’était soumise à l’Islam sous la pression de l’épée.[26]

 

Or, il y a une différence entre le fait que le Prophète (r) puisse ou que quelqu’un puisse forcer l’ennemi à se convertir et le fait de leur faire la guerre en vue de parer à leur injustice et à leur animosité contre la religion. Une fois convertie, la personne compte parmi les membres de l’Islam, il n’est donc plus permis de la combattre. Ainsi, si le Prophète (r) savait que quelqu’un ne causait aucun tord à la religion et à ses adeptes, il évitait de s’en prendre à lui, que ce dernier adhère à la religion du Livre ou non (…) le Prophète (r) ne s’est jamais attaqué au non musulmans avec lesquels il avait noué un traité de paix. Les ouvrages sur la biographie prophétique, de Hadith, d’exégèse, de Figh, et sur les expéditions prophétiques témoignent de cette réalité communément transmise. Il n’a jamais pris l’initiative des hostilités contre quiconque ; si Allah lui avait imposé de tuer tous les mécréants, il leur aurait alors déclenché la guerre sans sommation.

 

Quant aux chrétiens, il n’a jamais combattu l’un d’entre eux en vue qu’il se convertisse. Il envoya ses messagers après l’accord de paix conclu à el Hudaïbiya aux rois de la terre afin de les inviter à l’Islam. Il fit transmettre un courrier à Chosroes  (empereur Sassanide ndt.), César (l’empereur romain qui fut Héraclius à cette époque ndt.), el Muqawqas (le gouverneur d’Égypte ndt.), le Négus (le roi d’Abyssinie ndt.), et les rois arabes des régions du Nord et du Shâm. Une partie des chrétiens et d’autres ont alors embrassé l’Islam. Les armées chrétiennes ont alors fait route vers le Shâm où ils ont éliminé à  Ma’ân certains convertis parmi leurs élites. Ce sont les chrétiens qui ont ouvert les hostilités contre les musulmans à travers une campagne inique d’élimination de tous ceux qui avait renoncé à leur religion. Le Prophète (r) n’a fait qu’envoyer des courriers dans lesquels il invitait les peuples à embrasser la nouvelle religion de leur plein gré non par la force. Il n’a forcé personne à le faire. En réaction à l’hostilité des chrétiens, il fit sortir ses troupes à la tête de Zaïd ibn Hâritha ; le martyre lui fit remettre l’étendard à Ja’far puis celui-ci revint à ibn Rawâha. La première bataille qui eut lieu entre les musulmans et les chrétiens se déroula à Mu-ta dans les terres du Shâm où une grande armée chrétienne s’était réunie.[27]

 

 Quant à la Jiziya, elle permet au non musulman de préserver son sang. Le glaive ne sert nullement à éliminer les mécréants comme il ne peut les préserver contre les châtiments de l’Au-delà. Il sert plutôt à parer à leur mal et à leur tentative de détourner les hommes de la vraie religion. La seule façon de remédier à ce mal, c’est de les soumettre au tribut. En les Soumettant à un pacte de dépendance, ils ne s’attaqueront plus à l’Islam ni par la parole ni par les actes. Par ailleurs, les Dhimmîs ne participent pas à la guerre, ce sont plutôt les musulmans qui défendent leurs biens et leur vie contre un ennemi éventuel. Le tribut est une sorte de butin qui permet d’entretenir les armées musulmanes ; en cela, c’est une marque de bienfaisance envers le vaincu.[28] Ainsi, le sang est préservé soit par l’adhésion à l’Islam soit par le tribut et l’état de soumission. Soit l’individu se soumet à l’adoration du Seigneur soit il devient utile aux musulmans. Le croyant remplit son devoir en adorant Allah et le non musulman est utile au croyant en lui versant ce qui permet de compenser (du moins sur terre) sa non soumission au Tout-Puissant. Il fut épargné ainsi dans l’esprit qu’Allah le guide et qu’il se repente. Les « gens du Livre » plus particulièrement détiennent la preuve dans leurs écriture de la prophétie de Mohammed (r) ; cet intérêt en lui-même justifie de les épargner. Vouloir les punir à cause de leur mécréance, ne remédie en rien à leur situation quoi que haïssable. [29]

 

En conclusion :

 

Certains font un amalgame lorsqu’ils comparent Jésus le prophète de l’amour et Mohammed le prophète de la haine car l’Islam est la religion du corps et de l’esprit, du spirituel et du temporel, du culte et de l’état, du Livre et du sabre, de l’amour et de la rigueur. Loin d’être utopiste, la dernière des Grandes Religions est dans son prosélytisme, pragmatique et rationnelle. L’amour et la haine sont en fait deux sentiments aussi inhérents à l’homme que les deux ailes d’un oiseau, s’il en manque une, il ne peut s’envoler. Il est aussi ridicule de condamner le concept du Jihâd – sous sa forme originelle bien sûr – que de condamner la présence de l’armée française sans laquelle le drapeau national ne pourrait arborer les murs de l’Élysée.

 

Quand aux nouveaux penseurs musulmans, sous couvert de défendre l’Islam, ces néo-rationalistes essayent d’adapter ses textes scripturaires à la pensée moderne qui signifie en fait la pensée européenne contemporaine. Cette approche n’est en rien objective et est encore moins fidèle à l’esprit critique car la rigueur scientifique veut d’étudier un phénomène selon ses sources non selon la représentation qu’on s’en fait ou qu’on veut lui donner. Ce n’est pas de cette façon que l’on mène le troupeau Yâ Sa’d !

Quand à la Raison, nous disons au Pape que la raison saine ne s’oppose nullement à la vraie religion mais celle-ci à ses limites, elle ne peut transcender les voies du ciel qui sont impénétrables mais le sujet est long, il faudrait si Dieu nous prête vie y consacrer une étude à part, mais certes Dieu Seul le sait !

 

Par : Karim Zentici                         

 

 

                                                   



[1] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr wa Muhâdanatihim wa Tahrîm Qatlihim li Mujarrad Kufrihim (127-128) de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya.

[2] Majmû’ el Fatâwa (28/354).

[3] El Jawâb e-Sahîh li Baddala Dîn el Masîh (1/237). L’auteur va expliquer ce point par la suite plus en détail.

[4] Majmû’ el Fatâwa (4/205).

[5] La vache 256-257

[6] La vache ; 190

[7] E-Sârim el Maslûl ‘ala Shâtim e-Rasûl (2/207).

[8] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (115).

[9] El Jawâb e-Sahîh (1/238).

[10] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (202-203).

[11] La vache ; 191

[12] Majmû’ el Fatâwa (28/355).

[13] E-Sârim el Maslûl (2/513).

[14] Majmû’ el Fatâwa (28/354).

[15] Majmû’ el Fatâwa (20/102). Certains contemporains voient en cela un progrès par rapport aux sociétés primitives, mais c’est surtout un progrès par rapport aux sociétés les plus évoluées car les sociétés dites primitives ne sont pas capable d’organiser des massacres à grand échelle comme ce fut le cas pour l’extermination de la race indienne. Plus récemment l’impérialisme européen dont le nazisme est l’une des illustrations, s’est manifesté à travers les colonisations.

[16] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (191).

[17] E-Sârim el Maslûl (2/210). Il faut resituer ce discours dans son contexte historique, car malheureusement à notre époque beaucoup de valeurs sont inversées. Nous devrions d’ailleurs demandé au Souverain Pontife ce qu’il pense de la peine de mort !

 [18] Idem. (2/266).

[19] La vache ; 191 et Les femmes ; 91

[20] La vache ; 190-191

[21] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (102-103). Certaines sources estiment que le nombre des exécutions varie entre six cents et sept cents [voir : Zâd el Ma’âd d’ibn el Qaïyam (3/135)]. Quoi que cet événement puisse être choquant, il faut le replacer dans son contexte historique. Nous sommes au septième siècle de l’ère chrétiennes, il faut s’imaginer ce que les puissances de l’époque étaient capables de faire à leurs prisonniers. Mohammed (r) n’étaient pas soumis aux Conventions de Genève que les fondateurs eux-mêmes ne respectent pas à l’aube du troisième millénaire. Accusés de haute trahison, il ne faut pas voir dans ce jugement prononcé contre la tribu des Banû Quraïdha une épuration ethnique comme l’allèguent certaines personnes mal intentionnées. Pour preuve, les femmes, les enfants, et toute personne n’ayant pas participée au combat en général furent épargnés. En outre, les deux autres tribus juives de Médine, les Banû e-Nadhîr et les Banû Qaïnuqar qui étaient liés avec les autres habitants de la ville par un pacte d’entraide furent accusés également de trahison, mais ils n’ont pas connu le même sort que leurs coreligionnaires. D’ailleurs il existe un amalgame entre la religion juive et la race juive ; quoiqu’il en soit l’Islam interdit formellement de s’en prendre gratuitement à toute personne appartenant à cette ethnie religieuse. Contrairement au judaïsme, l’Islam ne fait aucune discrimination raciale comme le souligne ibn Taïmiya en disant : « Si tu t’imprègnes de ce qu’était réellement la Tradition prophétique, tu te rendras compte que le Messager (r) n’a jamais fait de distinction entre un arabe et un non arabe (…) il n’a jamais privilégié les arabes dans la religion, ni en ce qui concerne le tribut, ni en ce qui concerne la captivité. Il ne les jamais favorisé dans les traités de paix, il n’a jamais décrété qu’un non arabe n’était pas du même rang qu’un arabe au niveau du mariage, et il ne leur a jamais permis de jouir d’une chose indépendamment des autres. Il fondait cependant ses jugements sur les hommes en fonction des noms que le Coran leur donne comme : croyant/mécréant, vertueux /pervers. » [Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (179, 183).]      

[22] E-Sârim el Maslûl (2/469).

[23] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (195-196).

[24] Idem. (200).

[25] Rapporté par el Bukhârî (25, 392) et Muslim (20, 21). Ce Hadith donne la raison pour laquelle le Prophète (r) fait la guerre aux hommes, cela ne signifie pas qu’il doit combattre chaque être humain pour obtenir sa conversion. Voir Qâ’ida Mukhtasara (95-96). 

[26] Rapporté par el Bukhârî (4021) et Muslim (96).

[27] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (129-138).

[28] Idem (214-215).

[29] Idem (218-219).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Autres religions
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