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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:33

Ibn Taïmiya

répond à Benoît XVI

(Partie III)

 

Certaines personnes sensées assument qu’il est possible de se représenter le crédo de la plupart des confessions à l’exception de celui des chrétiens ; ceux qui l’ont composé ne se rendaient pas compte de ce qu’ils disaient car ils parlaient avec ignorance et ils ont établi des concepts complètement contradictoires. D’où la parole de certain disant que si dix chrétiens se réunissaient pour polémiquer, ils en sortiraient avec une onzième tendance. Selon un certain autre, si tu interrogerais simplement un chrétien, avec sa femme, et son fils sur leur croyance, ils auraient tous les trois une opinion différente. (Ibn Taïmiya El Jawâb e-Sahîh (3/299).     

 

Le Pape et la Raison : « L’affirmation décisive poursuit Benoit, de cette argumentation contre la conversion par la force dit : « Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu » (6). L’éditeur du texte, Théodore Khoury, commente à ce sujet: « Pour l’empereur, byzantin nourri de philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, au contraire, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle qui consiste à être raisonnable ». Khoury cite à ce propos un travail du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui note que Ibn Hazm va jusqu’à expliquer que Dieu n’est pas même tenu par sa propre parole et que rien ne l’oblige à nous révéler la vérité. Si tel était son vouloir, l’homme devrait être idolâtre. »

 

Sous la rubrique « le Pape et la Raison »,[1] il incombe, dans la continuité du discours précédent, de parler de la transcendance divine. Dans un premier temps, Sheïkh el Islam ibn Taïmiya traite exclusivement de la nature de Dieu, mais nous aurons l’occasion par la suite de parler plus en détail in Shâ Allah de la Volonté divine qui occupe la deuxième partie du raisonnement du « Saint Pontife ».

 

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a dit : La religion musulmane repose sur le principe qu’il faut décrire Allah comme Lui-même s’est décrit dans Son Livre ou comme Ses messagers l’ont décrit sans altérer le sens de Ses Noms et Attributs ou les renier, ni chercher non plus à savoir comment ou à les assimiler. Les musulmans attribuent au Seigneur (I) ce qu’Il s’est attribué à Lui-même, et ils Lui refusent ce qu’Il se refuse à Lui-même.  

 

En cela, ils se conforment aux paroles des prophètes et ils s’interdisent tout discours qui serait contraire aux-leurs. Les prophètes ont décrit le Très-Haut avec des Attributs parfaits et ils l’ont « purifié » de tout défaut ou de tout Attribut qui n’exprime pas la perfection. Dans le domaine de ce qu’ils lui attribuent (attributs positifs), ils s’expriment avec détails mais ils évitent de faire toute ressemblance ; s’ils lui reconnaissent certaines caractéristiques en détail, ils restent concis concernant celles qu’ils Lui renient (dans le domaine des attributs négatifs). Quiconque renie les Attributs qu’Il se reconnaît à Lui-même est un négateur (Mu’attil), et quiconque cherche à le faire ressembler à Ses créatures est un assimilateur[2] (Mummaththil). Le négateur adore le néant tandis que l'assimilateur adore une idole. Ainsi, (Rien ne lui ressemble) va à l’encontre des Mummaththil et (mais Il est Entendant et Voyant) va à l’encontre des négateurs. Par exemple, les prophètes ont dit qu’Allah était Vivant et ils l’ont « purifié » de la mort, ils disent qu’Il est Savant et ils le purifient en même temps de l’ignorance, etc. Ces règles concernent aussi bien le Coran et la Sunna que la Thora et la prophétie en général. Celles-ci font l’unanimité des prophètes et concernent aussi bien les musulmans que les « gens du Livre ».

Ainsi, le « symbole » des chrétiens, n’est pas conforme au discours de Jésus ni à celui des prophètes en général ; ces derniers ont plutôt innové un crédo qui ne figure pas dans la Révélation. Ni le Messie ni aucun autre prophète n’a jamais attribué aucune hypostase à Dieu qui serait au nombre de trois ou plus. Les prophètes n’ont jamais avancé qu’Allah avait trois Attributs et ils n’ont jamais donné le nom de « fils » ou de « père » au moindre de Ses Attributs ; ils n’ont jamais affirmé que la Vie du Seigneur pouvait s’appeler l’ « Esprit » ou que Dieu avait un fils ;  il n’a jamais été question dans leur discours d’un « Vrai Dieu » venu d’un « Vrai Dieu » d’une même substance que le Père, qui serait créateur au même titre que le créateur, etc.

 

Leur symbole proclame en effet : « Nous croyons en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes choses visibles et invisibles. » jusqu’ici ils ont raison, mais le pire est à venir : « Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu venu de Dieu, engendré et non créé, d’une même substance que le Père et par qui tout a été fait ; qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s’est incarné par le Saint-Esprit dans la vierge Marie et a été fait homme. Il a été crucifié sous Ponce Pilate, il a souffert et il a été mis au tombeau. Il est ressuscité des morts le troisième jour, conformément aux écritures : il est monté aux cieux où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Nous croyons en l’Esprit-Saint, qui règne et donne la vie, qui procède du Père (par le Fils), qui a parlé par les prophètes. » Il n’est pas question dans les Écritures Saintes que Dieu serait à la fois le Père, le fils et le Saint-Esprit qui aurait tout autant que le fils des pouvoirs divins, ni d’hypostase (terme qu’ils ont emprunté aux romains) du nom de Jésus ou du Saint-Esprit. Le Seigneur n’a pas non plus engendré l’un de Ses Attributs qui serait à la fois engendré et prééternel, et Il ne s’est pas incarné en la personne d’un être humain.

 

Certains évêques ont innovés un crédo qui s’oppose tant aux Textes Sacrés qu’à la raison saine. C’est pourquoi, ils pourront vainement dire le Jour de la Résurrection : (Si nous avions écouté et réfléchi, nous ne serions pas parmi les gens du Feu).[3] Ils se réfèrent tout au plus à l’Évangile de Mathieu qui est le seul a rapporté les paroles suivantes du Christ : « Baptisez les hommes au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. »[4] Si Jésus est vraiment l’auteur de ces paroles, leur sens n’a rien à voir avec celui que les chrétiens veulent lui donner. Le fils prend ici le sens d’élu et de bien-aimé parmi les humains de la même façon que certains autres versets utilisent le même terme en parlant de Jacob ou des apôtres. Quant au Saint-Esprit, il s’agit de l’Ange Gabriel ou du « souffle » qu’Allah insuffle à Ses Prophètes en vue de les guider et de les seconder comme celui qui est descendu sur David,[5] les Apôtres, ou encore sur les « saints ». Dans ce cas, si le Fils et le Saint-Esprit étaient des Attributs, cela reviendrait à dire que Dieu se serait incarné dans certaines créatures comme Il l’aurait fait pour Jésus. En outre, la Thora proclame que les tribus d’Israël sont les enfants et les aînés de Dieu,[6] et elle dit la même chose pour David.[7] Jésus lui-même déclare au sujet des apôtres : « je monte vers mon Père qui est votre Père et mon Dieu qui est votre Dieu. »[8] Il leur a ordonné de dire également au cours de leur prière : « Notre Père qui es aux cieux. »[9] Cela signifie-t-il pour autant que les prophètes, les apôtres, les enfants d’Israël et les « saints » soient des idoles ?

  

Qu’ils le veuillent ou non les chrétiens reconnaissent trois divinités. Il suffit de se représenter la trinité pour constater qu’elle est complètement aberrante sans avoir recours à aucun argument pour la réfuter tant celle-ci est contraire à la raison. Est-il la peine de prouver que un ne fait pas trois et inversement ? Les opposés ne peuvent rationnellement se réunir, c’est comme vouloir prouver qu’une chose est à la fois existante et inexistante, ce qui est impossible. S’ils s’étaient contentés de dire que Dieu a plusieurs Attributs, la plupart des tendances musulmanes le leur auraient accordé, bien qu’il reste le problème de les restreindre à trois. Dans l’hypothèse même où la Trinité serait rationnellement possible, ils n’auraient pas le droit d’y adhérer en se référant à un Texte ambiguë au dépend des multiples autres Textes qui eux sont formels au sujet de l’Unicité. Par contre, s’ils établissent la divinité de Jésus sous prétexte que certains passages de l’Évangile le surnomment dieu ou en raison des miracles dont il fut l’auteur, il n’est pas en cela différent de Moïse que la Thora désigne comme le dieu de Aaron et de Pharaon et qui fit des miracles bien plus grandioses que ceux de leur prétendu dieu.

 

Par ailleurs, leur crédo les fait sombrer dans des difficultés imparables comme pour la question d’engendrer une chose qui provient automatiquement de deux entités distinctes. Venant d’une seule entité, il n’est pas question d’engendrement et il est encore moins pertinent d’avancer que Dieu a engendré l’un de Ses Attributs dans l’hypothèse où Jésus compterait parmi Ses Attributs, surtout en ce qui concerne les Attributs « intrinsèques » comme la Vie et le Savoir ; cela consisterait à dire par exemple qu’Il aurait engendré Son Savoir ou Sa vie ; ce qui n’a aucun sens pour toute personne sensée affiliée à n’importe quelle confession.

 

Il serait insensé de dire par exemple que le ciel engendre ses dimensions ou sa couleur, que le soleil engendre sa chaleur, que le feu engendre sa lueur, etc. bien qu’il soit possible de dire que le soleil engendre les rayons qui reflètent sur la terre étant donné que ces derniers proviennent de deux origines différentes. Aucune langue du monde, aucune religion céleste, et aucune raison n’utilisent le terme engendrer pour désigner une chose qui résulte d’elle-même. Pour sortir de cette impasse, ils ne leur reste qu’à dire que Marie est la compagne de Dieu ; certains extrémistes l’ont d’ailleurs fait et sont même allés plus loin en lui concédant la divinité et en l’appelant « Mère de Dieu ! »

 

C’est pourquoi, les sectes chrétiennes se maudissent les unes les autres ; les adeptes du symbole maudissent les ariens qui à leur tour les maudissent, et les trois tendances et autres qui adhèrent aux symboles se maudissent les unes les autres. Les Melkites et les Jacobins maudissent ceux qui prétendent que Marie n’a pas engendré dieu ; ils prétendent qu’elle a engendré à la fois une nature humaine et une nature divine. Au même moment, ces mêmes Melkites s’associent aux Nestoriens pour maudire ceux qui allèguent que cette fusion formerait une seule substance, aurait une seule nature et serait dotée d’une volonté unique.

En fait, les chrétiens et les égarés en général dont font parties les sectes juives et musulmanes, inventent un vocabulaire auquel ils font correspondre leurs textes pour lui donner plus de crédit quitte à leur donner les interprétations les plus invraisemblables. Les trois confessions reconnaissent que leurs textes respectifs ont été falsifiés au niveau du sens et, concernant la religion juive et chrétienne certains passages furent falsifiés dans les termes, bien qu’ils soient peu nombreux certes en regard de la quantité des textes qui furent conservés.

 

C’est comme pour le « Logos » qui est une « substance » autonome ; ni ce terme ni d’ailleurs celui de substance ne fait partie du vocabulaire des prophètes. Ils entrent plutôt dans le registre des philosophes à l’instar d’Aristote qui était un païen parmi les adorateurs des idoles. Les grecs avaient une mauvaise connaissance du Seigneur ; ils ne pensaient pas qu’Il était le Créateur des cieux et de la terre et qu’Il était Savant et Capable de toute chose. Adorateurs des astres du monde supérieurs, des idoles du monde inférieur, et des démons, ils se sont réellement soumis à Dieu qu’avec l’avènement du Christ, plus de trois cent ans après la mort du macédonien Alexandre le Grand que les ignorants confondent à tord à Dhû el Qurnaïn, et qui eu Aristote comme conseiller politique. Les écrits des chrétiens affirment que Paul se rendit à Athènes, la capitale de la philosophie, où il trouva sur l’autel d’un monument sacré l’inscription : au dieu inconnu qui serait en fait, le Créateur des cieux et de la terre.[10]

 

Les nazaréens ont fabriqué une religion à partir de deux origines différentes : le monothéisme prophétique et le paganisme grec auquel ils empruntèrent certaines idées et certaines pratiques.[11] Ils leur ont emprunté le terme d’hypostase et les images gravées ont remplacées les images sculptées ; la prière en direction du soleil, de la lune et des astres au lieu de prier en l’honneur des astres ; le jeûne au printemps afin de concorder entre la religion et la nature, etc. Les « intellects » ou « l’être » à la base de la théorie des péripatéticiens n’ont aucune réalité dans le langage des prophètes et de leurs adeptes. Les adeptes d’Aristote ne reconnaissent ni les anges ni les démons. Leur discours porte sur les « corps naturels » mais très peu initié à la théologie, ils commettent dans ce domaine des erreurs énormes. D’ailleurs les théories les plus aberrantes d’Aristote furent réfutées par certains de ses successeurs à l’exemple de Thâbit ibn Qurra. En fait, ils sont plus branchés sur les sciences de la nature et des mathématiques. La métaphysique, nom qu’ils donnent pour définir le domaine du divin, se trouve au summum  (ou à la limite ndt.) de leur philosophie.

 

Les chrétiens admirent les philosophes et les adeptes de la logique, en pensant qu’en lisant leurs ouvrages, ils sont à même de percer les mystères qui touche au Divin. Ils trahissent ainsi une grande ignorance de la Révélation et de la raison pure. Ni le Messie ni ses adeptes à l’exemple des apôtres n’ont éprouvé une quelconque admiration pour ces penseurs ; ils ne se sont jamais inspirés d’eux et ils se sont encore moins tournés vers eux. Ils les considéraient plutôt comme les chefs des ténèbres et de la mécréance. Cela est aussi valable pour Moïse, Mohammed, et les prophètes en général et leurs adeptes. Concernant la raison, comment peuvent-ils encenser les individus les plus ignorants qui soit dans le domaine de la théologie. Ils étaient certes ingénieux dans des domaines tels que les mathématiques, les sciences naturelles, la géométrie, et à un niveau moindre en astronomie ; ils maitrisaient également les sciences de l’éthique, des mœurs, et de la politique urbaine et domestique, qui fait partie de l’héritage de la prophétie. Même après avoir été falsifiées et abrogées, les adeptes de la religion juive et chrétienne sont beaucoup plus évolués qu’eux dans le domaine de la théologie, des mœurs, et de la politique, avant de l’être dans les autres domaines. L’erreur des platoniciens, c’est qu’ils fondent leurs jugements théologiques sur des concepts théoriques et restent dans le monde des idées sans tenir compte de la réalité des choses et des lois naturelles, ce qui les poussent à des erreurs monumentales dans leur conception du Divin.[12]

 

Or, il est notoire que les successeurs des philosophes qui sont affiliés à l’Islam, à l’instar d’el Fârâbî, ibn Sînâ (Avicenne), ibn Rushd (Averroès) qui en est devenu le maître incontesté, ont une meilleure maîtrise de leur savoir que les chrétiens. Les livres que les musulmans ont hérités des grands philosophes dans les domaines de la médecine, la logique, etc. ont été remanié par les philosophes musulmans, qui ont réussi à dépasser le savoir des anciens dans ces matières. Les juifs et les chrétiens reposent leurs connaissances sur ces nouveaux philosophes alors que ces derniers sont considérés par les savants musulmans, comme les plus ignorants et les plus égarés qui soient en matière de théologie. Que dire alors de leurs pères spirituels qui font l’admiration des juifs et des chrétiens ! Les grecs eux-mêmes sont revenus au bon chemin quand ils ont embrassé la religion chrétienne à l’époque où elle ne fut pas encore falsifiée ni abrogée.

 

Quiconque s’imagine que le discours des prophètes s’accorde avec celui des grecs fait preuve d’une grande ignorance dans les domaines de la prophétie et de la philosophie. Le patrimoine philosophe a plutôt pris pied dans les milieux des « penseurs libres » affiliés aux trois grandes religions, comme chez les musulmans les auteurs des lettres Ikwân e-Safâ, et les Mulhidûn du même genre qui sont soit affiliés au shiisme soit affiliés au soufisme,[13] comme ibn ‘Arabî, ibn Sib’în, et d’autres. [14]

 

 

Traduit et compilé par :



[1] Que nous aurions pu aussi bien appeler « à la charge ! » étant donné que l’Islam n’est pas dans une position défensive face à ses adversaires qui devrait plutôt surveiller leurs arrières car il est pour le moins ridicule de jeter la pierre sur la maison du voisin, quand la nôtre est faite en verre.

[2] Certains orientalistes traduisent Mumaththil par anthropomorphiste qui signifie d’attribuer une forme humaine ou ce qui est caractéristique à l’être humain au Créateur. En cela, il ne prend pas le terme Mumaththil dans toute son essence qui englobe de faire la ressemblance avec des créatures vivantes ou inertes, autre que les humains.

[3] Le royaume ; 10

[4] Mathieu; 28.19

[5] Les Psaumes ; 51-12, 14

[6] L’exode ; 4-22

[7] Les Psaumes ; 2

[8] Jean ; 20-17

[9] Mathieu ; 6-9

[10] Voir Les actes des Apôtres ; 17-23, 25

[11] Dans sa préface de l'histoire du christianisme Ed­ward Gibbon écrit : «S'il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n'en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme. L'église de Rome a remplacé le déisme pur des premiers chrétiens, par l'incompréhensible dogme de la Trinité. Pareillement, de nombreuses doctrines païennes inventées par les Egyptiens et idéalisées par Platon ont été adoptées parce que considérées comme digne de foi

[12] Dans son article paru en anglais, Les musulmans et les grandes écoles philosophiques (en 1927), Sulaïmân e-Nadawî avance que les travaux des deux philosophes anglais John Mill et David Hum aboutissent aux mêmes conclusions que Sheïkh el Islam ibn Taïmiya dans sa réfutation de la logique aristotélicienne ; il ouvre ainsi la porte à un superbe sujet de recherche.

[13] Un orientaliste anglais du 19ème siècle estime que pour corrompre les musulmans, il faut propager dans leurs rangs l’une de ces deux doctrines : le soufisme ou le shiisme.

[14] Extrait d’El Jawâb e-Sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya (voir 4/405- 501 et 5/5-56 avec certaines modifications).

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commentaires

A




BarakALLAHfikum wa jazakum ALLAH kheir pour cet
éclaircissement qui dissipe nombres d’ambiguïtés.


Salam
aleykum
Répondre
M


 


 


wa fik baraka Allah !


 


Sache que je suis à ton entière disposition, c'est plus toi qui me rends service que le contraire...


 


 


wa salem 'aleikom wa rahmat Allah wa barakatuhu !



A

 Salamun aleykum wa rahmatulLAH


 


Merci du compliment cependant nous disons : Allâhumma lâ tu'âkhidhnî bi-mâ yaqûlûna, wa ghfir lî mâ lâ yaclamun, [wa jcalnî khayran mimmâ yazunnûn].


 


Si cela ne vous dérange pas et bien que je ne crois pas que ce soit l’endroit
pour ceci, j’aimerai tout de même vous faire part d’un texte dont le sujet est : « Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? » et qui m’a laisser pour le moins perplexe.
Aussi sans vouloir prendre de votre temps, qui je le suppose doit être très précieux, pourriez-vous me dire ce que vous en « penser » ?


 


Toutefois, je comprendrai parfaitement akhi l habib que vous ne puissiez vous
penchez sur le texte en question (par manque de temps ou parce que vous avez d’autres priorités). Aucun grief ne vous  sera fait.


 


Voici le texte en question (en deux parties) : http://oumma.com/Ibn-Taymiyya-une-condamnation-du


 


Pour terminer si vous le permettez, il y a une question qui vous concerne
directement et qui n’a rien avoir avec ce que j’ai évoqué jusqu’à présent mais que j’aimerai vous posez : Est-ce parce que on retrouve votre nom de famille dans votre pseudonyme (en le
lisant de droite à gauche) que vous l’avez choisi ?


 


Pardonnez ma curiosité !!!


 


BarakALLAHfikum


 
Répondre
M


'aleikom salem !


 


Pour le compliment, je suis entièrement d'accord,


 


Pour le pseudonyme, ce n'est pas une mauvaise curiosité, c'est même bien joué !


 


Pour ibn Taïmiya, le sujet est long et complexe, quand il fait l'éloge du soufisme, il entend par là le zuhd el mashru', avec à leur tête de grands savants comme el hasan el BAsri, Sahl
e-Tusturi, el Qadhi 'Iyadh, 'Abd el Qadir el Jilâni, même si certains d'entre eux ont certaines erreurs, mais il est contre les innovations dans l'adoration, qui est déjà moins grave que
l'hérésie des soufis ultras, les partisans du monisme ;


 


En un mot, le soufisme à évolué et a été infiltré par les batinites.


 


Voici ce que pense ibn Taïmiya de ces derniers :


 


Le statut des suiveurs des sectes hérétiques qui s’opposent aux grands fondements de la religion comme les
soufis ultras


 


Ibn Taïmiya décrit certains agissements des soufis ultras : « Certains d’entre eux s’autorisent
moralement à faire certaines immoralités, comme se permettre de prendre des femmes étrangères pour petite amie et de les rencontrer dans l’intimité pour leur offrir la baraka
en faisant avec elles ce que la religion leur interdit pourtant. Ils se permettent également ce genre de choses avec des imberbes sous prétexte de jouir de leur contemplation et d’avoir
certains attouchements avec eux, à la manière de certains initiés. Le but, c’est d’atteindre l’amour du Créateur en passant par l’amour des créatures. Ils préconisent également certaines prémices
à l’adultère ; ils peuvent aller jusqu’à autoriser moralement à faire directement l’adultère. »[1]


 


Ailleurs, il signe : « Quiconque ne croit pas d’une foi ferme que la religion du Messager d’Allah s’adresse à l’Humanité entière ; qu’il incombe à tous les hommes de le suivre ; que le licite est ce
qu’il a rendu licite et que l’illicite est ce qu’il a rendu illicite ; que la religion est ce qu’il a légiféré est un vulgaire mécréant à l’image de ces hypocrites, notamment, qui autorise à
sortir de sa religion, sa législation, et de son obéissance. »[2] 


 


Qu’en est-il des suiveurs ? Voici la réponse : « Certains prétendent que le discours de ces gens-là renferme un secret subtil, et que sa face cachée est une vérité contenant
des mystères que seule l’élite de l’élite de la création est à même de percer. De deux choses l’une, soit l’auteur d’une telle parole est un grand zindîq athée et imposteur soit un
grand ignorant égaré. Le premier doit être mis à mort et le second doit être informé de leur situation. Si, après avoir établi contre lui la preuve céleste, il s’entête dans sa mauvaise croyance,
il doit également être mis à mort. »[3]


 


« Plus on est au
courant de la face cachée de cette tendance tout en y adhérant, plus on sombre dans la mécréance et l’athéisme. Or, certains ignorants se font une bonne opinion de leurs paroles, mais sans les
comprendre réellement. Ils pensent qu’ils ont à faire au même genre qu’aux maitres initiés, dont le discours, bien qu’il soit juste, est indéchiffrable pour beaucoup. Ces suiveurs ont souvent la
foi et sont relativement fidèles au Coran et la sunna, conformément à la croyance traditionnelle. S’ils approuvent le discours des premiers, c’est uniquement dans la mesure où ils
se font une bonne opinion d’eux, tout en se soumettant à eux les yeux fermés proportionnellement à leur ignorance et à leur égarement. Ils ne se mettent pas à l’esprit que seuls un mécréant athée
ou un ignorant égaré peuvent donner crédit à leurs discours…


 


Leurs discours, qu’il soit pris au pied de la lettre ou non, relèvent entièrement de la mécréance à
l’unanimité des musulmans. En venant à douter de leur mécréance, après avoir eu connaissance de leurs réelles intentions et de leur véritable religion, on prend le même statut qu’eux, car c’est
comme si on doutait de la mécréance des Juifs, des chrétiens, et des païens. »[4]


 


L’une de ses fatwastraite du panthéisme et du monisme d’ibn ‘Arabî. En voici un extrait :
« Or, ceux qui ne pénètrent pas les subtilités de leur discours s’en sont laissé abuser, exactement comme
ceux qui se laissent abuser par le discours ésotérique des qarmates. Ces derniers se sont, en effet, fait passer pour des fatimides (descendants de Fâtima ndt.) affiliés au shiisme. Leurs suiveurs ont penché vers eux, sans vraiment connaitre le fond de leur discours qui est rempli de mécréance. Ainsi,
deux catégories d’individus peuvent avoir une attirance pour eux : soit un zindîq hypocrite soit un ignorant égaré. Nous pouvons dire la même chose pour les partisans du monisme.
Leurs chefs de file sont de vulgaires mécréants qu’il incombe de mettre à mort, sans accepter le repentir d'aucuns d’entre eux, à condition de les attraper avant qu’ils ne se
repentissent.


 


Ils sont en effet les pires des zindîqqui cachent derrière leur appartenance trompeuse à l’Islam, la pire des mécréance. Ceux-là pénètrent très bien leur
discours et ils ont pleine conscience qu’il s’oppose littéralement à la religion des musulmans.   


 


Il incombe de punir toute personne qui s’affilie à eux, les défend, leur fait les éloges, encense leurs
ouvrages, qui est connue pour les aider et les soutenir, qui déteste entendre du mal d’eux, qui leur cherche des excuses en disant qu’un tel ne connaît pas le sens de telles paroles, qu’il n’en
connaît pas l’auteur, ou qu’il a composé tel ouvrage…


 


Ce genre d’excuses ne peut que provenir d’un ignorant ou d’un hypocrite. Il incombe plutôt de punir toute
personne qui, au courant de leur situation, ne contribue pas à mettre fin à leurs manigances. S’opposer à eux représente l’un des plus grands devoirs du musulman, car ils ont corrompu l’esprit et
la religion de bon nombre d’individus parmi les Sheïkh, les savants, les rois, et les princes. Ils
sèment le désordre sur terre et détournent les gens du chemin d’Allah. 


 


Les dégâts qu’ils font à la religion sont pires que les dégâts matériels causés aux musulmans notamment par
les bandits de grand chemin. Ces derniers ne s’attaquent pas en effet à la religion des gens. Dans cet ordre, nous avons les tatars qui ne convoitent que leurs richesses, mais sans s’en prendre à
leurs convictions. Ceux qui ne savent pas à qui ils ont affaire ne doivent pas prendre la chose à la légère. Leur égarement et leur mauvaise influence est plus grands que l’on puise se
l’imaginer. Ils sont la tendance la plus proche des qarmates bâtinites. C'est pourquoi ils cautionnent la venue des tatars à la tête des pays musulmans, et leur offrent leur soutien contre leurs propres concitoyens –
à part les gens simples qui gonflent leurs rangs, et qui n’ont aucune idée de leur vrai visage.


 


Ceux-là mêmes qui approuvent la situation des Juifs et des chrétiens et qui considèrent qu’ils sont sur le
droit chemin. Ils n’en pensent pas moins pour les adorateurs des idoles. Chacune de leur revendication représente à elle seule la pire des mécréance qui soit.


 


Ainsi, il incombe d’informer sur leur situation tous ceux qui se font une bonne opinion d’eux, et qui
prétendent n’être pas au courant de leurs vraies intentions. Après cela, s’ils ne se séparent pas d’eux et s’ils n’affichent aucun mécontentement envers eux, ils auront droit au même statut
qu’eux, et seront considérés comme eux et comme faisant partie d’eux. »[5]


 


Sheïkhel
Harrânî fut interrogé également sur le cas d’une personne étant convaincu que les Sheïkh soufis sont capables de sauver leurs adeptes le
jour du jugement dernier contre le châtiment d’Allah. Il répondit que cette parole relève de la mécréance, car cela revient à trouver que son Sheïkh est meilleur que Mohammed ibn ‘Abd Allah (r). On doit sommer à l’auteur d’une telle parole de se repentir sous peine d’être condamné à mort. Puis, il poursuivit :
« Quant aux adeptes du SheïkhYûnas, bon nombre d’entre eux mécroient en Allah et en Son Messager ; ils ne reconnaissent ni l’obligation des cinq prières par jour, ni du
jeûne du ramadhân, ni du pèlerinage à la Maison sacrée. Ils ne voient pas les interdictions d’Allah et de Son Messager ; ils
profèrent même des blasphèmes contre Allah, Son Messager, le Coran, et l’Islam, comme peuvent en témoigner ceux qui les connaissent réellement.


 


En revanche, les gens simples parmi eux qui ne connaissent pas leur face cachée, ils ont la même foi que la
grande majorité des musulmans, et qu’ils ont apprises chez les musulmans normaux, non chez eux. Leur élite, à l’image du SheïkhSallûl, Jahlân, e-Sahbânî, etc. ne voient pas l’aspect obligatoire
de la prière, et ils allaient même plus loin, en ne reconnaissant pas la prophétie de Mohammed (r). »[6]


 


Ailleurs, il renchérit : « Les philosophes bâtinites sont des mécréants. Leur mécréance est évidente pour les musulmans, comme il le souligne lui-même – en parlant de Ghazâlî – ainsi que
d’autres savants. Des musulmans beaucoup moins instruits et moins religieux se rendent compte de cette évidence, à condition bien sûr, qu’ils assimilent leur véritable discours. Sinon, leur
mécréance peut, en effet, leur échapper. Certains musulmans qui n’ont pas conscience de leur gravité peuvent malheureusement s’en imprégner, mais ces derniers sont excusables en raison de leur
ignorance. »[7] 


 






[1] Majmû’ el fatâwa (11/405).




[2] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (1/44).




[3] Majmû’ el fatâwa (2/378).




[4] Majmû’ el fatâwa (2/367-368).




[5] Majmû’ el fatâwâ (2/131-132).




[6] Majmû’ el fatâwâ (2/106-107).




[7] Sharh el asbahâniya (p. 628-629).





A

Salamun ‘aleykum wa rahamtulLAH


Comme vous me l’avez dit dans une réponse à un de mes commentaires : «  je trouve qu'il est très enrichissant de
poster les commentaires sur le blog à plus d'un titre, cela permettra notamment à attirer l'attention sur l'erreur, car beaucoup ont le texte non corrigé... »


Je trouve cette remarque très vraie.


Donc non pas que je sois à l’affut de la moindre de vos petites erreurs – qu’ALLAH m’en préserve –  mais uniquement dans le but d’attiré l’attention  sur l’erreur, il s’avère qu’en lisant le paragraphe
suivant :


« Quiconque renie les Attributs qu’Il se reconnaît à Lui-même est un négateur (Mu’attil), et quiconque cherche à le faire ressembler à Ses créatures est un assimilateur[2]   (Mummaththil). Le négateur adore le néant tandis que le Mu’attiladore une idole…. »


Corrigé-moi si je me trompe mais il semblerait - wa ALLAH a’lem - que vous ayez voulue écrire « …tandis que le
Mummaththil  adore une idole… »


jazakum ALLAH kheir pour tous vos efforts et nous demandons à ALLAH qu’il vous accorde la réussite et qu’il vous protège
vous et vos proches.
Répondre
M


 


'aleikom salem wa rahmat Allah wa barakatuhu !


 


Oui, exactement, j'avoue que je suis impressionné par ta perspicacité,


 


Il s'avère que dernièrement je fus amené à retraduire le passage en question, donc, j'en profite pour le remettre ici :


 


jazaka Allah kheir !


 


Les négateurs adorent le néant et les assimilateurs adorent une idole.
[Voir : el jawâb e-sahîh
d’ibn Taïmiya (4/406), et sawâ’iq el mursala (1/148).]