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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 18:40

 

 

Toujours en réponse à l’article datant du 12/01/2008 et publié par Le site « la croyance sunnite : le Tahwid », voici la suite de la fatwa d’ibn Taïmiya faite pour des savants du Maghreb (voir : el Qâ’ida el Marrâkushiya) :

 

El Ash’arî déclare également concernant l’istiwâ : « Pour les traditionalistes, Allah n’est pas un corps,[1]Il ne ressemble pas aux choses existantes et Il est sur Son Trône comme Il le révèle : [Le Miséricordieux, est sur Son Trône établi].[2] Nous ne nous avançons pas devant la parole d’Allah et de Son Messager, nous reconnaissons plutôt l’istiwâsans chercher à le décrire… Nous disons également qu’Il a deux Mains sans chercher non plus à les décrire comme Il le révèle : [Que j’ai créé de Mes deux Mains][3]… et qu’Il descend au premier ciel comme le formule le hadîth. » Il a dit ensuite : « Quant aux mu’tazilites, ils prétendent que l’istiwâ (s’établir) sur le Trône a le sens d’istawlâ (de s’accaparer du Trône). »[4]

 

El Ash’arî explique également dans son autre ouvrage el ibâna fî usûl e-diyâna[5] dans le chapitre : el istiwâ : « Si quelqu’un demande : quelle dites-vous sur l’istiwâ ? Nous lui répondons : Allah est établi sur Son Trône comme Il le révèle : [Le Miséricordieux, est sur Son Trône établi].[6] Il dit également : [Vers Lui monte la bonne parole].[7] [Il l’a plutôt élevé vers Lui].[8] [Hé Hâmân ! Bâtis-moi une tour, pour que je puisse atteindre les voies • les voies du ciel où je pourrais voir le Dieu de Moussa que je crois être un menteur].[9] Pharaon n’était pas convaincu par Moussa qui lui affirmait qu’Allah était au-dessus des cieux. Allah dit également : [Vous sentez-vous à l’abri que Celui qui est au ciel fasse écrouler la terre sous vos pieds].[10]Au-dessus des cieux, il y a donc le Trône… et tout ce qui se trouve au-dessus de nous appartient au ciel. C'est pourquoi : [Vous sentez-vous à l’abri que Celui qui est au ciel] ne fait pas allusion à tout ce qui se trouve dans les cieux, mais il entend plus exactement le Trône, qui se trouve à leur sommet… Ne vois-tu pas qu’Allah affirme en parlant d’eux : [Il y plaça la lune, un astre lumineux].[11] Il ne veut pas dire qu’elle remplit tout leur espace. Nous voyons que tous les musulmans lèvent les mains au ciel au cours de leurs invocations, étant donné qu’Allah est établi sur le Trône qui se trouve au-dessus des cieux. S’Il n’était pas sur le trône, ils ne lèveraient certainement pas les mains en sa direction…

 

Certains tendances comme les mu’tazilites, les jahmites, et les harûrites (kharijites ndt.) assument qu’istawâ(dans : [Le Miséricordieux, est sur Son Trône établi] comme le confirme le texte original d’el ibâna ndt.) prend le sens d’istawlâ (s’emparer de ndt.), de régner sur, de vaincre, et qu’Il est partout ! Ils ne veulent pas admettre qu’Il soit sur Son Trône – contrairement à la bonne tendance –. Ils donnent à l’istawâ le sens de pouvoir. Or, si tel était le cas, il n’y aurait pas de différence entre le Trône et la septième terre étant donné qu’Allah a déjà le pouvoir sur toute chose. Il a déjà le pouvoir sur tous les endroits de la terre, qu’ils soient fertiles ou arides. S’il était établi sur Son Trône dans le sens d’istawlâ, nous pourrions dire alors que Son istawâ est sur toute chose. Comme aucun musulman ne prétend qu’Il s’est emparé de toute chose, des endroits fertiles et arides… il est donc complètement faux de définir istawâ sur le Trône par istawlâ qui concerne toute chose. »[12]

 

Plus d’un adepte d’el Ash’arî recense ces paroles, comme ibn Fawrk et el Hâfizh ibn ‘Asâkir dans son livre tabyîn kadhib el muftarî fî mâ nisiba ilâ sheïkh Abî el Hasan el Ash’arî. Il y évoque le credo qu’Abû el Hasan revendique au début d’el ibâna et dont voici un extrait : « Si quelqu’un demande : c’est bien de critiquer la tendance des mu’tazilites, qadarites, jahmites, harûrites, rafidhîtes, murjites, mais alors faites nous connaître la tendance ou l’opinion à laquelle vous adhérer.

Nous répondons : L’opinion à laquelle nous adhérons et la religion à laquelle nous croyons, est celle qui consiste à s’accrocher au Livre d’Allah (I), à la Tradition de Son Prophète (r), et aux annales rapportées des Compagnons, de leurs Successeurs (Tâbi’în), et des grandes références du Hadîth. Nous nous retranchons derrière ces enseignements. L’opinion d’Abû ‘Abd Allah Ahmed ibn Hanbal –qu’Allah illumine son visage, l’élève en degré, et le comble de la meilleure récompense – est la nôtre, et celle de ses adversaires s’oppose à la nôtre. Il est le noble Imam, le chef parfait, par lequel Allah dévoila la vérité, dissipa les ténèbres, montra la voie, et brisa l’innovation des hérétiques, l’égarement des égarés, et le doute des sceptiques. Qu’Allah comble de Sa Miséricorde cet Imam devancier, illustre, encensé, et magnifié, et tous les Imams des musulmans…

Voici notre opinion en un mot : nous reconnaissons Allah, Ses anges, Ses Livres et Ses messagers ; nous reconnaissons toutes les enseignements qui viennent d’Allah et ceux que les savants crédibles nous rapportent du Messager d’Allah (e) »[13] Il enchaîna ensuite sur les points que nous avons évoqués plus haut et sur beaucoup d’autres, comme nous l’avons signalé à d’autres endroits.

 

Abû Bakr el Âjurrî établit dans e-Sharî’a : « Selon la tendance des savants : Allah est sur Son Trône au-dessus des cieux et Son savoir englobe toute chose. Il englobe tout ce qu’Il a créé dans les cieux élevés et les sept terres… les actions des serviteurs Lui sont montées… Si quelqu’un demande : que signifie le Verset : [lorsque trois confidents s’entretiennent en privée, il en est le quatrième][14] ? Nous lui répondons : c’est Son Savoir ; Allah est sur Son Trône et Son Savoir les englobe. C’est de cette façon que les savants ont interprété ce Verset qui prouve du début à la fin qu’il s’agit du Savoir… tandis qu’Allah est sur Son Trône. Tel est l’opinion des musulmans. »[15]

 

Quant à l’explication d’Abû Mohammed ibn Abî Zaïd [el Qaïrawânî] : « Allah est Lui-même (bi dhâtihi) au-dessus de Son Trône majestueux et Il est partout par Son Savoir. »[16] Certains négateurs se sont amuser à faire revenir majestueux à Allah (au lieu de le faire revenir au Trône ndt.) en voulant dire qu’Il est Lui-même majestueux. Cette interprétation trahit une grande ignorance, car c’est comme si l’on disait qu’Allah est Lui-même Tout-Miséricordieux, Lui-même Très-Miséricordieux, Lui-même Puissant. Or, ce même Abû Zaïd explique en introduction à sa risâla : « Sur le Trône Il est établi, et sur la Royauté Il règne. »[17] Il a donc différencié entre istawâ et istawlâ, selon la règle établie par les savants de référence.

 

Quoi qu’il en soit, ibn Abî Zaïd affirme explicitement dans el Mukhtasar : « Allah et au ciel non sur la terre. »[18] Telles sont mot à mot ses paroles qui s’accordent avec les imams de la sunna de toutes les tendances. L’Imam [malikite] Abû ‘Omar e-Talamankî affirme dans son œuvre qu’il a intitulé : el wusûl ilâ ma’rifa el usûl : « Les traditionalistes s’accordent à dire qu’Allah est Lui-même établi sur Son Trône. »[19]

 

Par : Karim Zentici

   

   

 

  

 

   



[1] El Ash’arî est vraisemblablement resté sous l’influence kullâbite lors de sa troisième phase après être revenu à la voie des anciens qui n’utilisent pas dans ce domaine ce genre d’expressions dont le sens est vague et ambigu. C'est pourquoi ils se contentent de se conformer au vocabulaire du Coran et de la Sunna pour définir leur dogme. [ Voir : Majmû’ el Fatâwa (6/37-38) et (6/663-665)] Quoique certains chercheurs universitaires pensent qu’el Ash’arî n’a jamais quitté le kullâbisme, bien qu’il fût à la fin de sa vie attiré par la tendance d’Ahmed. C’est d’ailleurs certainement la raison qui a poussé bon nombre de savants à classifier son cheminement en trois phases. [Voir : el Usûl e-latî banâ ‘alaïhâ el mubtadi’a madhhabuhum fî e-Sifât qui est une thèse es doctorat du D. ‘Abd el Qâdir ibn Mohammed ‘atâ Sûfî.]

[2] Tâ-Hâ ; 5

[3] Sâd ; 75

[4] El Maqâlât (1/285).

[5]  Sheïk Hammâd el Ansârî est l’auteur d’une recherche où il démontre que non seulement Abû el Hasan est bel et bien l’auteur d’el Ibâna mais qu’il fut l’un des derniers si ce n’est le dernier de ses ouvrages. [Voir : Rasâil el ‘Aqîda de Hammâd el Ansârî (p.61-108)]

[6] Tâ-Hâ ; 5

[7] Le Façonneur ; 10

[8] Les femmes ; 158

[9] L’Absoluteur ; 36-37 Comme l’établit bn Taïmiya dans un autre passage de cette fatwa, Pharaon est le chef de file des négateurs.

[10] La royauté ; 16

[11] h ; 16

[12] El ibâna (97-98). Bon nombre d’adeptes d’Abû el Hasan el Ash’arî ont tenu à la fin de leur vie le même discours que leur maître spirituel comme el Bâqillânî dans e-Tamhîd fî e-rad ‘alâ el mulhida, wa el mu’attila, wa el khwârij, wa el mu’tazila (p. 47) ; Abû el Ma’âlî el Juwaïnî dans el ‘Aqîda e-Nadhdhâmiya ; el Ghazâlî dans ijmâ’ el ‘awâm ‘an ‘ilm el kalâm (p. 78) ; el Fakh e-Razî dans aqsâ e-ladhdhât.

[13]  El Ibâna (p. 43)

[14] La polémique ; 7

[15] E-Sharî’a (3/1075-1076).

[16] E-Risâla (p. 76).

[17] Idem.

[18] Ibn el Qaïyam l’a mentionné dans : Ijtimâ’ el juyûsh el islâmiya (p. 151).

[19] Cette œuvre est considérée disparue ; ibn Taïmiya évoque ce passage dans ses autres ouvrages comme : dar e-ta’ârudh (6/250-251), bayân talbîs el jahmiya (2/38) ; tout comme e-Dhahabî dans el ‘ulû (2/1315) et ibn el Qaïyam dans e-sawâ’iq el mursala (4/1284).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Ash'arisme
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