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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 08:54

chute-magnifique

 

L’Albani et l’irja

(Partie 1)

 

En parlant de Sheïkh el Albânî, Mohammed ibn Ibrahim a dit : « C’est un traditionaliste, défenseur de la vérité, et adversaire des dissidents.» [Voir : ses fatâwâ (4/74).]

  

 

Voir notamment : tabriya el imâm el muhaddith min qawl el murjiya el muhdath de Sheïkh Ibrâhim e-Ruhaïlî.

 

La définition de la foi

 

Sheïkh el Albânî établit que les actes extérieurs (‘amal el jawârih) sont un pilier (rukn) dans la définition de la foi.[1] Dans une cassette, il affirme explicitement que les actes font partie intégrante de la foi (juz-un). Ailleurs, il dit qu’ils font partie de la réalité de la foi (haqîqa el imân).[2] En admettant que ce dernier considère que les actes sont une partie de perfection de la foi (juz-u kamâl), cela ne remet nullement en question qu’à ses yeux, les actes entrent dans sa définition. À l’unanimité des traditionalistes en effet, l’élément de perfection de la foi fait partie de son entité. Certains actes permettent de parfaire la foi imposée (kamâl el imân et wâjib) et d’autres permettent de parfaire la foi recommandée (kamâl el imân el mustahab). Ces deux formes d’actes composent la foi. De nombreux textes vont dans ce sens à l’exemple du Verset : [Aujourd’hui, je vous ai parachevé votre religion, Je vous ai parfait de Mes bienfaits, et Je vous ai agréé l’Islam comme religion].[3] Il va sans dire que les éléments qui permettent de parfaire la religion en font partie.

 

Sheïkh el Albânî réfute l’allégation de Tahâwî qui confine la foi dans la parole (qawl e-lisân) et le tasqîd du cœur. Il explique que cette tendance, qui est celle des hanafites et des mâturidites, s’oppose aux grandes références traditionalistes à l’instar de Mâlik, Shâfi’î, Ahmed, el Awzâ’î, etc. Il va plus loin en affirmant avec force que la divergence ne porte pas uniquement sur la forme, sous prétexte que tout le monde s’entend à dire que l’auteur des grands péchés ne sort pas de la foi, et qu’il est soumis à la Volonté d’Allah qui peut soit le châtier soit lui pardonner. Selon lui, si la divergence portait réellement sur la forme, les murjiya el fuqaha s’accorderaient à dire que la foi monte et descend : elle monte grâce aux bonnes œuvres et descend à cause des péchés, comme le démontrent les textes du Coran, de la sunna, et des annales traditionalistes. Ils ne diraient pas non plus que le plus pervers des hommes a la même foi qu’Abû Bakr, Jibrîl, et les prophètes.[4]

 

Ailleurs, il explique à Safar el Hawalî qu’il ne peut être un murjite, étant donné qu’à ses yeux, la foi monte et descend, que les bonnes œuvres font partie de la foi, et qu’il est possible de dire je suis croyant in shâ Allah (el istishnâ).[5] Dans un livre qu’il a écrit il y a plus de trente ans en arrière, il s’en prend à un savant mâturidite disant que la foi ne peut ni monter ni descendre, et que les actes ne font pas partie de la foi.[6]

 

L’interaction entre la foi et les actes

 

Mieux, dans une cassette, il établit que la foi ne sert à rien sans les actes.[7] Il est impensable, soutient-il, de déceler une foi dans le cœur sans que cela ne se traduise dans les actes dans la mesure où aucun empêchement ne vient contrecarrer la volonté.[8] C’est la fameuse question de l’interaction entre le cœur et les actes (talâzum baïna e-zhâhir wa el bâtin).[9] Il a exactement le même discours qu’ibn Taïmiya. Est-ce étonnant, alors qu’il a fait la recension de son livre el imân qu’il qualifie à maintes reprises de meilleur ouvrage écrit sur le sujet.

 

Or, quand bien même, certaines de ses paroles laisseraient à penser ou impliqueraient qu’il fasse sortir les actes de la définition de la foi, les passages précédents viendraient dissiper cette ambiguïté. Selon la fameuse règle, les implications d’un discours ne sont nullement imposables à leur auteur (lâzim el madhhab laïsa bi madhhab). Nous avons vu que l’Albanî adhère, contrairement aux murjites, à l’interdépendance entre la foi et les actes. Or, aux yeux d’bn Taïmiya, celui qui reconnait cette interdépendance et qui conteste ensuite que les actes fassent partie de la foi, en disant qu’ils sont l’implication et la « concrétisation » de ce qu’il y a dans le cœur, avec lui, la divergence porte entièrement sur la forme.[10]

 

Il faut savoir que les murjites prétendent qu’il est possible d’avoir une foi parfaite imposée au niveau du cœur, sans fournir le moindre acte.[11] Et cela, contrairement dans tous les cas à Sheïkh el Albânî, wa bi Allah e-tawfîq !

 

Paroles de prédécesseurs

 

Nos pieux prédécesseurs qui ont assisté à l’émergence du murjisme sont plus â même de nous en décrire les symptômes.

 

• Sufiân e-Thawrî a dit : « Les murjites s’opposent à nous sur trois choses : nous disons que la foi est composée des paroles (qawl) et des actes (‘amal), alors que pour eux, elle est composée des paroles sans les actes ; nous disons qu’elle monte et qu’elle descend, alors que pour eux, ni elle monte ni elle descend ; nous disons que nous sommes croyants en prononçant l’attestation de foi (iqrâr), alors qu’eux disent : nous sommes croyants auprès d’Allah. »[12]

 

• Ibn Shaïbân ibn Farrûkh demanda à ‘Abd Allah ibn el Mubârak à la fin de sa vie : « Que dis-tu de celui qui commet l’adultère et qui boit de l’alcool, etc. ? Est-il musulman ?

-       Je ne le sors pas de la foi. 

-      Serais-tu devenu murjiteà ton âge ?

-      Abû ‘Abd Allah ! Les murjitesne m’acceptent pas ; moi, je dis que la foi monte contrairement à eux. »[13]

 

• ‘Abd Allah ibn el Mubârak dit : « Celui qui dit que la foi se compose des paroles et des actes, et qu’elle monte et qu’elle descend, sort de l’irjâ par toutes ses portes sans exception. »[14]

 

• On interrogea l’Imam Ahmed sur celui qui dit que la foi monte et descend. Ce dernier répondit : « Il n’a aucun lien avec l’irjâ. »[15]

 

De grands savants contemporains à l’image d’ibn Bâz, ‘Uthaïmîn, e-Luhaïdân, Rabî’ ibn Hâdî, etc. innocentent l’Albânî de cette croyance.

 

Ainsi, pour reprendre les paroles de Sheïkh el ‘Uthaïmîn, celui qui accuse Sheïkh el Albânî d’irja, soit il ne connait pas l’homme soit il ne connait pas l’irja ![16]

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 



[1] Voir : sharh el ‘aqîda e-tahâwîya (p. 58).

[2] E-dhabb el ahmed ‘an musnad el Imam Ahmed (32/33).

[3] Le repas céleste ; 3

[4] El ‘aqîda e-Tahâwiya sharh wa ta’lîq (p. 62).

[5] Silsila el ahâdîth e-sahîha (7/153-154).

[6] E-dhab el ahmed ‘an musnad el Imam Ahmed (p. 32-33).

[7] Sharh el adab el mufrad (cassette n° 6/1)

[8] Voir : Majmû’ el fatâwa (7/611).

[9] Voir sa recension de riyâdh e-sâlihîn (p. 14-15), dalâil el burhân (p. 19), silsilat el ahâdîth e-sahîha  (1/31); voir : majmû’ el fatâwa (7/616).

[10] Majmû el fatâwa (7/575-576).

[11] Majmû el fatâwa (7/621).

[12] Voir : sharh e-sunna d’el Baghawî (1/80).

[13] Voir : musnad ishâq (3/670).

[14] Rapporté par ibn Batta dans el ibâna el kubrâ (278).

[15] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (nº 1009).

[16] Voir la revue manâbir el huda (2/23-24).

 

 

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Publié par mizab - dans Takfir
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commentaires

Amy 30/01/2013 14:47


As salaam alaykum,


c'est une minuscule petite erreur 


tu as juste oublier un "t" dans ta citation du début .. 

mizab 30/01/2013 16:29



 


 


jazaka Allah kheir !


 


Je vais corriger de suite !