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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 16:23

Hydrangeas-copie-1

 

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

 

Voir : qurrat el ‘uyûn de Salîm el Hilâlî

 

Voici une analyse technique de l’annale d’ibn ‘Abbâs qui fait tant débat de nos jours ; il en existe deux voies pour ceux qui n’en seraient pas convaincus, sans compter les paroles des tâbi’îns venant l’appuyer.

 

La première voie passe par Tâwûs selon ibn ‘Abbâs :

 

Selon ibn ‘Abbâs au sujet du Verset : [Ceux qui n’appliquent pas les Lois d’Allah sont eux les mécréants] : « Ce n’est pas la mécréance à laquelle vous pensez. »[1]

Selon une version : « Ce n’est pas la mécréance à laquelle vous pensez, mais il s’agit de la mécréance qui ne fait pas sortir de la religion. [Ceux qui n’appliquent pas les Lois d’Allah sont eux les mécréants] ; Il s’agit de la mécréance sans n’être de la mécréance »[2]

 

El Hâkim a authentifié sa chaine narrative dans el mustadrak,[3] et e-Dhâhabî lui a accordé son jugement. Ibn Kathîr rapporte le commentaire suivant d’el Hâkim et auquel ne s’est pas opposé e-Dhâhabî : « Hadith authentique qui répond aux conditions de Bukhârî et de Muslim. »[4]

 

Or, qu’en est-il de la crédibilité du fameux Hishâm ibn Hujaïr qui fait tant débat ? C’est ce que nous allons voir dans les prochaines lignes.

 

Voici ce que les savants disent de lui :

 

-          Ibn Shubruma : « Il n’y a personne comme lui à La Mecque. »[5]

-          El ‘Ijlî : « Crédible, et partisan de la sunna. »

-          Yahyâ ibn Ma’în : « Sâlih » ; ce qui veut dire qu’il est pieux ou bon.

-          Abû Hâtim e-Râzî : « On peut écrire son hadîth. »

-          Ibn Sa’d : « Crédible ; il est l’auteur de certains hadîth. »

-          Ibn Shâhîn : « Crédible. » ; thiqa.

-          Ibn Hibbân l’a considéré crédible.

-          E-Sâjî : « Il est honnête. » ; sadûq qui est à un échelon moins élevé que thiqa.

-          e-Dhâhabî : « Crédible. »

 

Le grand spécialiste ibn Hajar el ‘Asqalânî résume l’opinion des savants sur lui : « Il est honnête, mais il peut se tromper. »

 

Des spécialistes de la critique de rapporteurs, à l’instar de Yahyâ el Qattân, l’Imâm Ahmed, et ibn Ma’în – selon l’une de ses opinions – le considèrent faible.[6]

 

Ainsi, au pire des cas, faute d’être authentique, son hadîth ne dépasse pas le stade de « bon » (hasan), dans la mesure où il ne va pas à l’encontre d’autres rapporteurs ; surtout si l’on sait qu’il entre dans la panoplie des rapporteurs des deux plus grands recueils des musulmans, el Bukhârî et Muslim en l’occurrence. En sachant que pour le hadîth qui nous intéresse, d’autres hadîth-témoins viennent le renforcer, comme nous allons le voir.

 

Réponse aux objections :

 

A- L’avis de l’Imâm Ahmed

 

Alors certes l’Imâm Ahmed émet certaines réserves sur son cas, comme en témoigne son jugement sans appel : « laïsa bi el qawî. » Ailleurs, il signe en disant : « laïsa bi dhâk. » qu’on pourrait traduire : « Il n’est pas ce rapporteur qui est fort. » ou : « Il n’est pas ce fort rapporteur. »[7] Néanmoins, dans le jargon des traditionnistes, cela ne veut nullement dire qu’il est faible. Cette expression ne fait que mettre en avant que sa mémoire est faible, voire qu’elle s’est atténuée. Dans iqâmat e-dalîl, Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya souligne que l’Imâm Ahmed émit ce jugement pour un autre rapporteur, connu sous le nom de ‘Utba ibn Humaïd e-Dhabbî el Basrî, en voulant dire que son hadîth passe de sahîh à hasan. notons qu’à l’époque, les savants classaient le hadîth en deux catégories : sahîh et dha’îf (faible). Il n’y avait pas encore la catégorie intermédiaire hasan. Quand l’Imâm Ahmed confie qu’il préfère le hadîth dha’îf au qiyâs, il fait indubitablement allusion au hadîth hasan.[8]

 

E-Dhâhabî lui-même, que l’adversaire se plait à utiliser en sa faveur, donne plus de détails sur ce point en établissant que les compilateurs se réfèrent à bon nombre de rapporteurs qui furent pourtant rangés sous l’étiquette : « laïsa bi el qawî. » Pour appuyer ses propos, il prend l’exemple de l’Imâm Nasâî dont le recueil renferme ce genre de rapporteurs, étant donné que ce n’est pas le genre de critique qui discrédite entièrement une personne.[9] Un peu plus loin, il déchiffre les intentions d’abû Hâtim quand ce dernier utilise cette expression. Il veut dire par là que le rapporteur en question n’a pas atteint le plus haut degré de perfection, de précision, et donc de crédibilité.[10]

 

Plus tard, le Hâfizh ibn Hajar entérinera la thèse de Dhâhabî, en s’appuyant également sur des exemples de Nasâî. Quand il dit : « laïsa bi dhâk el qawî. » ; il entend par là qu’il n’est pas un hâfizh.[11]

 

Dans sa réfutation au sinistre Kawtharî, el Mu’allimî, l’un des plus grands spécialistes contemporains, a des paroles qui vont dans ce sens.[12] Plus récemment, el Albânî qui n’est plus à présenter, donne des leçons de traduction à nos traducteurs zélés. Il explique en effet que les experts font la distinction entre « laïsa bi el qawî. » et « laïsa bi qawî. »[13] Nous avons vu que la première signifie : « Il n’est pas ce rapporteur qui est fort. » ou : « Il n’est pas ce fort rapporteur. » Alors que, nuance, la seconde veut dire plutôt : « ce rapporteur n’est pas fort » Hé oui, tout est dans le « el » ! Si l’adversaire savait à qui ce grand réformateur donnait cette leçon, il en rougirait ! Enfin, c’est tout le mal que nous lui souhaitons…

 

Il faut donc distinguer entre ne pas être fort dans l’absolu et ne pas être très fort, c’est pourtant simple.[14]

 

Un indice :

 

‘Abd Allah le fils de l’Imâm Ahmed nous a rendu un service incroyable en demandant à son père, juste après avoir entendu sa tendance : « laïsa bi el qawî. 

-          Est-il faible ?

-          laïsa bi dhâk. » En voulant dire, comme nous l’avons vu avec les paroles d’ibn Taïmiya, qu’il n’est pas d’une grande crédibilité.

 

En outre, ce même ‘Abd Allah, décidément, rapporte dans un autre recueil les paroles de son père : « Hishâm ibn Hujaïr est un mecquois, faible en hadîth. » Puis, en guise d’explication, il ramène l’avis d’ibn Shubruma : « Il n’y a personne comme lui à La Mecque. »[15] En gardant à l’esprit la règle avancée par ibn Taïmiya, toute ambiguïté se dissipe grâce à Dieu !

 

À suivre…

 



[1]Ta’zhîm qadr e-salât (n° 569) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans silsilat el ahâdith e-sahîha (6/114).

[2]Celle-ci est rapportée par Sa’îd ibn Mansûr dans son recueil e-sunan (4/1482/749-…), Ahmed dans el îmân (4/160/1419), ibn Batta dans el ibâna (2/736/1010), Mohammed ibn Nasr el Marwazî dans Ta’zhîm qadr e-salât (n° 569), ibn Abî Hâtim dans son tafsîr (4/1143/6434), ibn ‘Abd el Barr dans e-Tamhîd (4/237), el Hâkim dans el mustadrak (2/313), el Baïhaqî (8/20), Sufiân ibn ‘Uyaïna, selon Hishâm ibn Hujaïr, selon Tâwûs, selon ibn ‘Abbâs. Une autre version dit : « Il s’agit de la mécréance sans n’être de la mécréance, de l’injustice sans n’être de l’injustice, et de la perversité sans n’être de la perversité. » Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans silsilat el ahâdith e-sahîha (6/114).

[3]El mustadrak (2/313). Il précise qu’elle n’est pas rapportée dans les recueils d’el Bukhârî et Muslim.

[4]Tafsîr ibn Kathîr (6/163).

[5]Autre traduction possible : « Personne à La Mecque n’est aussi fort que lui ou n’a son niveau. »

[6]Voir pour tous ces avis : el jarh wa e-ta’dîl (9/53-54), târîkh e-thiqât d’el ‘Ijlî (457/1729), e-thiqât d’ibn Shâhîn (250/1532), tabaqât ibn Sa’d (5/484), e-thiqât d’ibn Hibbân (7/567), tahdhîb el kamâl (30/179-181), el kâshif (2/335/5958), tahdhîb e-tahdhîb (11/33), e-taqrîb (2/317).

[7]Non : « Il n’est pas fort », comme se plaisent à le traduire certains !

[8]Voir : el fatâwa el kubrâ (3/243).

[9] El muqaddima el mûqizha (p. 319).

[10] Idem. (p. 322).

[11] Hadî e-sârî (p. 385-386).

[12]E-tankîr (1/240).

[13]E-nasîhâ (p. 183).

[14]Idem. (p. 254).

[15]El ‘ilal (1/130).

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commentaires

Yous' 04/02/2013 09:32


al 3afw je savais pas tu peut le supprimer inchaaLLAH  

mizab 04/02/2013 14:09



 


 


Non, kheir in sha Allah !



Yous' 04/02/2013 09:21


na3am.. Dis moi akhi quel endroit me conseil tu pour le moustalah al hadith ?? j'avais en tete Dammaj mais j'ai entendu bcp de chose sur cette endroit, y a t'il d'autre endroit tout aussi
instruit et 3ala sounna? 

mizab 04/02/2013 09:24



 


 


C'est délicat de parler de ce genre de choses, surtout ici,


 


En outre, il est difficile de donner une réponse, car cela dépend de différents facteurs,


 


wa Allah el musta'en !



Yous' 02/02/2013 09:48


Salamou alaykoum

SoubhanaLLAH barakaLLAHOfik pour la petite lecon de moustalah al hadith ^^

mizab 02/02/2013 13:50



 


 


wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !


 


wa fik baraka Allah !


 


Celle-ci nous est profitable à tous !