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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 12:38

Chrysanthemum

L’Imam Mâlik et l’istiwâ

(Partie 2)

 

• D’après l’Imam e-Sâbûnî dans ‘Aqîda e-salaf, selon sa propre chaîne narrative, selon Ja’far ibn Maïmûn… cette version est la même que la précédente soit : « el istiwâ ghaïr majhûl, wa el kaïf ghaïr ma’qûl… »[1]

 

• D’après el Qâdhî ‘Iyâdh, selon sufiân ibn ‘Uyaïna… cette version que e-Dhahabî rapporte également dans e-siar (8/106-107) dit : « el istiwâ minhu ma’lûm, wa el kaïf minhu ghaîr ma’qûl… »[2]

 

• D’après Abû e-Sheïkh el Ansârî dans Tabaqât el muhaddithîn, avec sa propre chaîne narrative, selon Mohammed ibn e-Nu’mân ibn ‘Abd e-Salâm … cette version précise : « el istiwâ ghaïr majhûl, wa el kaïf minhu ghaîr ma’qûl… »[3] Cette chaîne narrative est Jaïd (potable).

 

• D’après ibn ‘Abd el Barr, avec sa propre chaîne narrative, selon Ayyûb ibn Sâlih el Makhzûmî (que les spécialistes considèrent faibles). L’Imam répond ici « … sa-alta ‘an ghaïr majhûl et takallamta fî ghaïr ma’qûl… »[4]

 

• D’après ibn Mâja dans e-tafsîr, selon Bashshâr el Khaffâf e-Shaïbânî qui rapporte la même version précédente.[5] E-Sam’ânî la rapporte également dans son tafsîr, selon Ja’far ibn ‘Abd Allah et Bashshâr el Khaffâf ; L’Imam dit exactement : « el kaïf ghaïr ma’qûl, wa el istiwâ ghaïr majhûl… »[6]

 

• D’après ibn Rushd dans el bayân wa e-tahsîl, selon Sahnûn, selon certains proches de Mâlik… l’Imam dit ici : « … sa-alta ‘an ghaïr majhûl et takallamta fî ghaïr ma’qûl… »[7]

 

3- L’Imam Malik n’est pas le seul auteur de ces paroles, d’autres savants l’ont devancé. E-Dhahabî souligne à ce sujet : « Cette parole fut enregistrée selon un certain nombre de savants comme Rabî’a e-Raï, Mâlik el Imam, Abû Ja’far e-Tirmidhî. Elle ne remonte pas toutefois à Um Salama car Abû Kinâna n’est pas crédible et Abû ‘Umaïr, je ne le connais pas. »[8] Pour Sheïkh el Albanî, l’annale de Rabî’a e-Raï est authentique selon une certaine chaîne narrative qui remonte à Sufiân e-Thawrî.[9] Quant à ibn Taïmiya, ce dernier considère que les rapporteurs d’une autre chaîne qui remonte à Sufiân ibn ‘Uaïna sont crédibles.[10]

 

Or, ces trois annales (celles d’Um Salama, qui comme nous l’avons vu est faible, de Rabî’a et de Mâlik) sont proches au niveau des termes et du sens comme le souligne ibn Qudâma dans Dham e-ta-wîl.[11] Elles ressemblent également aux paroles d’Abû Ja’far e-Tirmidhî disant au sujet de nuzûl Allah (I) ilâ e-samâ e-duniya : « e-nuzûl ma’qûl, wa el kaïf majhûl… » Sheïkh el Albanî considère que les rapporteurs de cette annale sont crédibles.[12]

 

4-  En admettant que l’Imam Mâlik n’ait pas dit exactement el istiwâ ma’lûm wa el kaïf majhûl, il faut savoir que les spécialistes en hadîth autorisent à rapporter le sens des paroles sans obligatoirement utiliser les mêmes termes, dans la mesure où la même idée est gardée.

 

5- les savants rapportent à travers les époques les paroles de l’Imam Mâlik, qui sont, selon les termes d’ibn Taïmiya, communément admises ; aucun traditionaliste ne les ayant jamais démenties.[13]

 

• L’Imam e-Dârîmi a dit à ce sujet : « Sadaqa Mâlik, lâ yu’qal minhu kaïf, wa lâ yujhal minhu el istiwâ… »[14]

 

• Ibn Taïmiya souligne : « l’Imam Mâlik a dit : «  el istiwâ ma’lûm wa el kaïf majhûl… » Cette même réponse est rapportée selon Rabî’a e-Raï de façon certifiée et selon Uma Salama marfû’ wa mawqûf avec une chaîne narrative sur laquelle on ne peut se reposer…»[15]

 

• L’Imam e-Dhahabî : « Cette annale est certifiée selon l’Imam Mâlik et nous avons cité précédemment une annale du même genre selon Rabî’a, le Sheïkh de Mâlik. Cette opinion est celle de tous les traditionalistes sans exception (ahl e-Sunna) : autrement dit, kaïfiya el istiwâ lâ na’qiluha, bal najhaluha, wa anna istiwâahu ma’lûm »[16]

 

• Abû el Ma’âlî el Juwaïnî, qui pourtant est un adepte du tafwîdh, a dit au sujet du v. 5 de la s. Tâ-Hâ : « el istiwâ ma’lûm wa el kaïf majhûl… »[17]

 

• L’Imam el Baghawî rapporte dans son tafsîr les paroles suivantes de l’Imam Mâlik : « el istiwâ ghaïr majhûl wa el kaïf ghaïr ma’qûl… »[18]

 

• Mullâ ‘Alî el Qârî, qui pourtant est un adepte du tafwîdh au même titre qu’el Juwaïnî rapporte les paroles de l’Imam abû Hanîfa dans Sharh el figh el akbar, disant : « el istiwâ ma’lûm wa el kaïf majhûl… »[19]

 

• ‘Abd e-Rahmân e-Sa’dî a dit : « el istiwâ ma’lûm wa el kaïf majhûl… »

 

6-Dans l’hypothèse où l’Imam Mâlik ne serait pas l’auteur de ces paroles, elles fondent cependant une règle reconnue et véhiculée par les traditionalistes de générations en générations dans le domaine des Noms et Attributs divins.

 

El Walîd ibn Muslim nous fait le témoignage suivant : « j’ai interrogé el Awzâ’î, Sufiân e-Thawrî, Mâlik ibn Anas, et e-Laïth ibn Sa’d au sujet des hadîth qui parlent de la vision d’Allah, le Jour de la Résurrection. Ils m’ont tous répondu qu’il fallait les laisser comme ils sont au sens littéral, sans chercher à faire de description. »[20]

 

En outre, dans son recueil usûl e-sunna,ibn Abû Zamanaïn explique au niveau du chapitre, bâb el îmân bi e-nuzûl : « Les traditionalistes disent notamment qu’Allah descend au premier ciel. Ils y donnent foi sans chercher à y établir des limites. » Il a ensuite évoqué le hadîth sur le sujet qui est notamment rapporté par Mâlik. Puis, il enchaine : « D’après Wahb, selon ibn Wadhdhâh, selon e-Zuhrî, selon ibn ‘Abbâd : les Sheïkh que j’ai pu rencontrés comme Mâlik, Sufiân, Fudhaïl ibn ‘Iyâdh, ‘Îsâ ibn el Mubârak, et Wakî’, tous disaient que le nuzûl est vrai. »[21]

 

7- Toujours dans l’hypothèse où il n’en serait pas l’auteur, il a dit une autre parole qui n’en est pas moins gênante pour les adeptes du tafwîdh. Jugez-en vous-même : « Allah est au ciel et Son savoir est partout. »[22]

 

Les savants malékites recensent cette parole dans leurs ouvrages. Nous avons notamment Makkî connu sous le nom de Khatîb Qurtuba dans son exégèse (tafsîr) dans lequel il répertorie les paroles de l’Imam. Elle est retranscrite également par Abû ‘Omar e-Talamankî, Abû ‘Omar ibn ‘Abd el Barr, ibn Zaïd (el Qaïrawânî) dans el mukhtasar, et bien d’autres. Chez les non malékites, l’ont répertoriée également un nombre incalculable de savants tels qu’Ahmed ibn Hanbal, son fils ‘Abd Allah, el Athram, el Khallâl, el Âjurrî, ibn Batta, etc. Mâlik n’est d’ailleurs pas le premier à l’avoir prononcé, il fut devancé en effet par son Sheïkh Rabî’a ibn ‘abd e-Rahmân, comme le rapporte Sufiân ibn ‘Uaïna.[23]

 

Selon ‘Abd Allah ibn Nâfi’, Mâlik ibn Anas disait : « Allah est au ciel et Son savoir est partout. »[24] Ma’dân affirme : « J’ai questionné Sufiân e-Thawrî au sujet du Verset : [et Il est avec vous où que vous soyez].[25]

-         C’est Son savoir, m’a-t-il répondu. »[26]

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

 



[1] Voir : ‘Aqîda e-salaf (p. 38).

[2] Voir : tartîb el madârik (2/39).

[3] Voir : Tabaqât el muhaddithîn (2/214).

[4] Voir : e-Tamhîd (7/151).

[5] Voir : Tahdhîb el kamâl (4/90, 20/449).

[6] Voir : tafsîr e-Sam’ânî (3/320).

[7] Voir : el bayân wa e-tahsîl (16/327-328).

[8] Voir : el ‘Ulû (p. 65).

[9] Voir : Mukhtasar el ‘Ulû (p. 97).

[10] Voir : Majmû’ el fatâwa (5/45) ; voici son énoncé : « … el istiwâ ghaïr majhûl, wa el kaïf ghaïr ma’qûl… »

[11] Voir : Dham e-ta-wîl (p. 26).

[12] Voir : Mukhtasar el ‘Ulû (p. 232).

[13] Voir : Majmû el fatâwa (13/309).

[14] Voir : e-Rad ‘alâ el jahmiya (p. 56).

[15] Voir : Majmû el fatâwa (5/365).

[16] Voir : Mukhtasar el ‘Ulû (p. 131-142).

[17] Voir : el ‘aqîda e-nazhâmiya (p. 25).

[18] Voir : tafsîr el Baghawî (2/165).

[19] Voir : Sharh el figh el akbar (p. 38).

[20] Rapporté par el Âjurrî (p. 337), ibn Battâ (3/241), el Baïhaqî dans el asmâ wa e-sifât (p. 569), ibn ‘Abd el Barr dans el istidhkâr (2/513), etc.

[21] Usûl e-sunna d’ibn Abû Zamanaïn.

[22] Cette annale est authentique. Elle est rapportée notamment par Abû Dâwûd dans ses masâil (263), ‘abd Allah dans e-sunna (1/106), el Âjurrî dans e-sharî’a (3/1076), ibn Manda dans e-tawhîd (3/307), ibn Abî Zaïd el Qaïrawânî dans el jâmi’ (141), ibn Batta dans el ibâna (3/152), e-Lalakâî dans sharh usûl irtiqâd ahl e-sunna (3/445), ibn ‘Abd el Bar dans e-Tamhîd (7/138), etc.

[23] Rapporté par ibn Batta dans el Ibâna (3/163), e-Lalakâî dans sharh usûl irtiqâd ahl e-sunna (3/422), el Baïhaqî dans el Asmâ wa e-Sifât (2/306), et e-Dhahabî dans el ‘ulû (2/911) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans mu’tasar el ‘ulû (p. 132).

[24] Voir : le bas de note nº 40.

[25] Le fer : 4

[26] Rapporté notamment par el Bukhârî dans Khalq af’âl el ‘ibâd (p. 10), el Âjurrî dans e-sharî’a (1/1077), ibn Batta dans el ibâna (3/154), e-Lalakâî dans sharh usûl irtiqâd ahl e-sunna (3/445), ibn ‘Abd el Bar dans e-tamhîd (7/142) avec une chaîne narrative authentique.

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Publié par mizab - dans Ash'arisme
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