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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 18:07

(Partie 2)

 

Voir : el mâturîdiya de Shams el Afghân (2/216-219). 

 

Or, dans une audience célèbre qui l’affrontait à ses juges inquisiteurs, en présence des plus grandes références néo-ash’arites et maturidites, Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya qui devait rendre des comptes sur sa ‘aqîda el wâsitiya, lança ce défit historique : « Je n’ai fait que retranscrire la croyance de tous les pieux prédécesseurs… qui est la croyance de Mohammed (r).J’ai pourtant lancé l’appel à plusieurs reprises à mes détracteurs. Je leur ai laissé un délai de trois ans : si l’un d’entre eux me donne une seule parole parmi les trois premières générations au sujet desquelles le Prophète (r) a fait les élogesalors, je reviendrais sur ma croyance… »[1]

 

« Personne ne sera jamais capable de rapporter une seule parole des anciens qui ne prouvent ni explicitement ni implicitement que ces derniers avaient pour conviction qu’Allah n’était pas sur Son Trône, qu’Il n’avait ni l’ouïe ni la vue, ni une Main réelle… »[2] 

« Allah sait qu’après avoir fait une recherche complète, après avoir feuilleté ce que j’ai pu avoir sous les yeux des paroles des anciens, je n’ai jamais trouvé qu’aucun d’entre eux, disait explicitement ou implicitement, voir indirectement qu’il fallait renier les Attributs textuels… Leurs condamnations portaient uniquement sur le tashbî’ (anthropomorphisme ndt.). »[3]

« C’est pourquoi, le jour de la grande audience, Je leur ai laissé un délai de trois ans : si l’un d’entre eux me donne une seule parole parmi les anciens allant à l’encontre de mon discours, il aura alors les preuves de son côté. Mes détracteurs se sont alors précipités à feuilleter dans les livres le moindre argument qui pourrait aller en leur faveur. Ils tombèrent sur l’annale d’el Baïhaqî dans son ouvrage el asmâ wa e-sifât, au sujet du Verset : [vous trouverez le wajh Allah],[4]et disant, selon Mujâhid et e-Shâfi’î, qu’il s’agit de la qibla d’Allah.

L’audience suivante, l’un de leurs chefs de file lança [sûr de lui: j’ai trouvé une annale des anciens sur le ta-wîl !

-                 Vous faites certainement allusion au Verset : [vous trouverez le wajh Allah],[5] rétorquais-je.

-                 Oui, assura-t-il timidement. »

Sheïkh el Islâm lui fit comprendre alors que ce Verset n’entrait pas dans ce registre, comme nous l’avons expliqué, ce qui laissa son assemblée pantoise. En sachant que ce n’était pas l’envie qui manquait de le réfuter à la moindre faille, mais c’était peine perdue d’avance. Ils n’ont jamais réussi à sortir de cette impasse dans laquelle il les avait fait entrer…

 

D’ailleurs, des grandes références, dont notamment des mentors du kalâm, établissent sans détour que le ta-wîl, une vulgaire innovation, n’entre pas dans le vocabulaire des anciens ; voir : e-risâla e-nazhzhâmiya de l’imam el Haramaïn (p. 22), el KHutat d’el Maqrîzî (2/356), ibn Hajar lui-même dans fath el Bârî (13/370, 390), d’ailleurs el Kawtharî n’a jamais réussi à répondre à ce fâcheux dilemme, sharh el fiqh el akbar d’el Qârî (p. 59), et j’en passe...

 

Ainsi, comme nous le verrons plus tard, le ta’wîl n’est l’apanage ni des Compagnons, ni des fils des Compagnons, ni des fils des fils des Compagnons, pour reprendre l’expression d’un internaute animé d’un grand zèle… Ensuite, on reproche aux traditionalistes de partager le tawhîd en trois catégories, mais ne précipitons pas les événements in shâ Allah, car nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

 

Traduit par :

Karim Zentici

 

 



[1] Majmû’ el fatâwâ (3/161).

[2] Majmû’ el fatâwâ (5/109).

[3] Majmû’ el fatâwâ (5/109).

[4] La vache ; 115

[5] La vache ; 115

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Ash'arisme
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