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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 07:36

 

 

 

 

 

Voir : el ‘Adl fî Sharî’a el Islam wa laïsa fî e-Dîmuqrâtiya el Maz’ûma de Sheïkh ‘Abd el Muhsin el ‘Abbâd.

 

La Sharî’a reconnaît même des droits aux non musulmans. Ses adeptes ont le devoir en effet de les inviter à embrasser l’Islam, de les guider sur le droit chemin, et de les sortir des ténèbres pour les mener à la lumière. Ils doivent en outre avoir un bon comportement envers eux. Allah (U) révèle notamment : [Allah ne vous interdit pas d’être bons et justes envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour votre religion et qui ne vous ont pas chassés de vos maisons ; Allah aime les justes • Allah vous interdit seulement de vous faire les alliés de ceux qui vous ont combattus, qui vous ont chassés ou qui ont contribué à vous chasser de vos maisons. Quiconque s’en font les alliés, ce sont eux les injustes].[1] Le Prophète (e) a déclaré à ‘Alî lors de la conquête de Khaïbar : « Ensuite, invite-les à l’Islam et informe-les des droits d’Allah qui s’y trouve. Par Allah ! Qu’Allah guide par toi un seul homme, vaut mieux pour toi que la meilleure des richesses (mot-à-mot : qu’un chameau roux ndt.) »[2]

 

La législation musulmane ne se contente pas d’exhorter à respecter les droits des vivants. Cependant, elle prend également en considération les droits du mort à travers les lois de l’héritage comme le formule le Coran au début et à la fin de la sourate les femmes. En outre, le Prophète (e) déclare : « Allah rend chaque droit à ses ayant droits. Il ne peut donc y avoir de testament en l’honneur d’un héritier. »[3] L’Islam a préconisé les droits de l’Homme mais aussi ceux des animaux bien avant la civilisation actuelle. Pourtant, certains de nos contemporains s’érigent en défenseurs invétérés des droits de l’Homme, comme si nous avions à faire à une innovation du vingtième siècle. Ils en font leur cheval de bataille certes, mais ils les choisissent à leur guise. C’est pourquoi, ils ferment impunément les yeux sur ceux qui ne vont pas dans leurs intérêts. Ils font paradoxalement preuves d’intransigeance quant il s’agit de défendre certaines causes. Ce comportement est caractéristique à l’attitude du plus fort envers le plus faible, du puissant envers le dominé. Or, les droits de l’Homme qu’ils instaurent sont aussi déficients qu’eux. Par contre, ceux que la Sharî’a légifère sont parfaits et amplement suffisants. Ils remplissent tout ce que les hommes ont vraiment besoin étant donné qu’ils émanent d’un Dieu Sage et Savant.

 

La concertation dans l’Islam

 

La concertation (Shûra) est établie par les textes scripturaires de l’Islam qui s’incarnent dans le Coran, la Sunna (Tradition prophétique) et l’usage des compagnons et des anciens en général. Allah révèle à ce sujet : (et consulte-les sur la chose).[4] Il informe dans le Verset suivant que les croyants se concertent les uns les autres : (Ils soumettent leur décision à la concertation).[5] La sourate qui contient ce Verset se nomme la concertation. Ibn Kathîr –qu’Allah lui fasse miséricorde -  souligne dans son Tafsîr (exégèse) que les Fuqaha (les légistes) ont des avis différents au sujet de savoir si le Messager d’Allah (r) concertait ses Compagnons car cela lui fut imposé ou bien simplement recommandé dans le sens où il cherchait à leur faire plaisir. Ibn Kathîr ne se prononce pas sur la question. Ibn Hajar estime pour sa part, qu’il lui fut recommandé de consulter ses Compagnons sur des points où il n’a reçu aucune révélation, mais qu’il n’était pas obligé de se soumettre à leur avis. Cela concernait le plus souvent le domaine de la guerre.[6]

 

Dans son recueil  e-Sahîh,el Bukhârî fait remarquer : « Chapitre : Allah (I) révèle : (Ils soumettent leur décision à la concertation) (et consulte-les sur la chose). La concertation se situe avant la prise de décision comme l’indique la suite de ce Verset : (Mais lorsque tu te décides, alors remets-toi-en à Allah). Ainsi, lorsque le Messager (e) prenait une décision, il n’appartenait à personne d’intervenir dans le dessein d’Allah et de Son Messager. Le Prophète (e) consulta ses Compagnons avant la bataille d’Uhûd pour savoir s’ils devaient sortir à la rencontre de l’ennemi ou bien les attendre dans l’enceinte de la ville. Ces derniers lui suggérèrent de faire sortir son armée. Dès lors, déterminé à sortir, il revêtit son armure.

Or, les Compagnons changèrent d’avis, mais une fois qu’il avait pris sa résolution, il n’allait plus revenir en arrière. Il leur expliqua en effet : « Il n’appartient pas à un Prophète après avoir habiller son armure de la reposer jusqu’à ce qu’Allah prononce Sa sentence. » Il a également consulté ‘Alî et Usâma au sujet des propos calomniateurs dont ‘Âisha fut victime… »

 

Il poursuit plus loin : « Les successeurs du Prophète (e) consultaient après sa mort, les savants dignes de confiance sur des choses licites dans le but de choisir la solution la plus souple. Cependant, si le Coran et la Sunna offraient la moindre indication sur le sujet, ils ne se tournaient vers aucune autre référence. En cela, ils ne faisaient que se conformer au Prophète (e). Quand Abû Bakr voulut lancer une expédition punitive à l’encontre des tribus dissidentes qui refusaient de verser la Zakât (l’aumône), ‘Omar s’écria : « Comment peux-tu les combattre alors que le Messager d’Allah a dit : J’ai reçu l’ordre de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y d’autre dieu qu’Allah. S’ils l’attestent, ils auront ainsi épargnés contre moi leur sang et leurs biens sauf ce que le droit en réclame.

-               Par Allah ! S’exclama le deuxième Khalife, Je combattrais tous ceux qui veulent séparer ce que le Messager d’Allah (e) a uni. »

‘Omar s’inclina alors devant son choix. Abû Bakr n’a absolument pas eu recourt à la concertation. Il avait entre les mains une loi venant du Messager (e) au sujet de ceux qui veulent séparer entre la prière et la Zakât. Ils voulaient ainsi transformer les lois de la religion. Le Prophète (e) proclama à ce sujet : « Tuer quiconque change de religion. » Les lecteurs choisis parmi les jeûnes et les vieux constituaient les membres de la concertation à l’époque de ‘Omar qui avait la particularité de strictement se conformer au Livre d’Allah. »

    

Ce chapitre est le dernier que l’Imam el Bukhârî a mentionné dans le livre el I’tisâm bi el Kitâb wa el Sunna de son recueil e-Sahîh. Pour soutenir que ‘Omar consultait ces fameux lecteurs, l’auteur s’inspire d’une parole qu’il impute à ibn ‘Abbâs à travers sa propre chaîne narrative.[7] Dans Fath el Bârî, le Hâfizh ibn Hajar souligne à ce sujet : « De nombreuses annales démontrent que les successeurs du Prophète (e) concertaient leur entourage. Abû Bakr notamment a eu recourt à la concertation quant il a s’agit de combattre les tribus apostates (Ahl e-Ridda). L’auteur y fait allusion. Par ailleurs, d’après el Baïhaqî, avec une chaîne narrative authentique, selon Maïmûn ibn Mihrân, lorsqu’Abû Bakr rencontrait un problème, il examinait le Livre d’Allah. S’il y trouvait la réponse, il s’en servait pour fonder son jugement. Sinon, il se tournait vers la Sunna (Tradition) du Messager d’Allah (e). S’il n’y trouvait rien, il sortait dehors pour demander aux musulmans si l’un d’eux détenait une annale prophétique sur le sujet. Quant il épuisait tous ses moyens, il convoquait les chefs musulmans, leurs savants et leurs conseillers. ‘Omar faisait la même chose à son époque… »[8]

Ainsi, la concertation a lieu en cas d’absence de Texte sur une question déterminée. S’il existe cependant un texte du Coran ou de la Sunna sur la question, il est inadmissible de ne pas les utiliser. L’Imam Shâfî’î dénote en effet : « Dans le cas où quelqu’un trouve une Sunna du Messager d’Allah (e), il lui incombe à l’unanimité des musulmans de ne se tourner vers la parole de personne d’autre. »[9] Il est également l’auteur des paroles suivantes : « Le gouverneur enjoint la concertation dans le but que ses conseillers lui rappellent une chose qui lui aurait échappée et qu’ils lui désigne la preuve qui ne lui vint pas à l’esprit. Ce n’est pas en vue de suivre aveuglément les paroles du conseiller. Allah n’a conféré cette prérogative à personne après Son Messager (e). »[10] Ibn el Mundhir affirme à ce sujet : « Quand il existe un texte certifié venant du Messager d’Allah (e), il est inutile de se tourner vers personne d’autre. »[11]

 

La Sunna nous offre également d’autres exemples qu’el Bukhârî n’a pas proposé dans le passage précédemment cité. Le Prophète (e) a notamment consulté ses Compagnons le jour où ils projetèrent d’intercepter la caravane d’Abû Sufiân.[12] Il les a ensuite concerté (e) au sujet des prisonniers de la bataille de Badr.[13]

 

Les textes précédemment cités nous offrent les enseignements suivants :

 

1-               La concertation est établie par le Coran, la Sunna, l’usage des Compagnons et de leurs fidèles successeurs. La concertation est même le titre d’une sourate du Coran.

2-               La concertation concerne exclusivement des points où il n’existe aucun texte du Coran et de la Sunna. S’il existe un texte quelconque sur une question donné, il ne faut se tourner vers rien d’autre. Allah (U) révèle à cet effet : [Quand Allah et Son Messager décide d’une chose, il n’appartient pas à tout croyant ou toute croyante de faire un choix les concernant. Quiconque désobéit à Allah et à Son Messager, sombre ainsi dans un égarement manifeste].[14]

3-              L’Imam choisit les membres qu’il consulte parmi les chefs et les savants.

4-              Le chef de État n’est pas obligé de suivre l’avis de ses conseillers.

    Voici donc les fondements sur lesquels repose la concertation dans l’Islam. Il n’y a donc aucune comparaison à faire avec le système démocratique[15] que malheureusement bon nombre de musulmans importent d’ailleurs. Celui-ci fonctionne sur l’élection par le peuple d’une chambre des députés qui détient la prérogative de légiférer des lois non inspirées de la religion. Par ailleurs, les lois établies par cette fameuse chambre ont une valeur impérative non indicative.

 

Les différentes façons d’obtenir le Khalifat

 

Il y a deux façons d’élire le souverain dans l’Islam : soit les responsables de l’autorité s’accordent de façon unanime sur le choix du khalife soit le Khalife en place désigne son successeur. Abû Bakr et ‘Umar furent chacun élus par l’un de ses deux modes d’élection. Concernant la première façon, il faut savoir que l’élite des Muhâjirîns et des Ansârs (y) se sont accordés à faire allégeance à Abû Bakr. Ils représentent les responsables de l’autorité (Ahl el Hill wa el ‘Aqd). Ils se réunirent à Saqîfa Banû Sâ’ida. La « cérémonie » d’allégeance se poursuivit ensuite dans la mosquée du Prophète (e). Le choix s’arrêta sur Abû Bakr (t) conformément aux prédictions du Prophète disant : « Allah et les croyants ne daignent choisir qu’Abû Bakr. »[16] Le meilleur homme (e) projetait de désigner la succession au premier Khalife de l’Islam par écrit. Cependant, il laissa tomber l’idée étant donné qu’Allah lui dévoila que les cœurs des croyants allaient tous penchés vers Abû Bakr (t). Allah daignait ne choisir que ce dernier et les croyants firent le même choix. Quant à la deuxième forme d’élection dans l’Islam, celle-ci concerne la nomination de ‘Omar par son prédécesseur.

 

Traduit pour Islam.house par :

Karim ZENTICI  



[1]L’éprouvée ; 8-9

[2] Rapporté par el Bukhârî (3701) et Muslim (2407), selon Sahl ibn Sa’d (t).

[3] Hadith authentique. Il est rapporté par un certain nombre de Compagnons (y) ; voir : Irwâ el Ghalîl (1655).

[4] La famille de ‘Imrân ; 159

[5] La concertation ; 38

[6] Voir : Fath el Bârî (13/339).

[7] Hadith № 7286. 

[8] Fath el Bârî (13/342).

[9] Ibn el Qaïyam lui impute cette parole dans e-Rûh (395-396).

[10] Ibn Hajar les lui impute dans Fath el Bârî (13/342).

[11] El Qurtubî lui attribue cette annale dans son exégèse (3/96).

[12] Rapporté par Muslim (1779).

[13] Rapporté par Muslim (1763).

[14] Les coalisés ; 36

[15] Le terme démocratie provient du grec dêmos signifiant peuple et kratos signifiant pouvoir ; c’est le pouvoir du peuple et par le peuple. En cela, ce système de gouvernement s’oppose catégoriquement à l’Islam à deux niveaux. Dans le mode d’élection des dirigeants qui en Islam ne revient pas à tout le peuple et dans la législation des lois qui dans l’islam est un droit exclusif au Seigneur de l’univers (sauf concernant les détails du fonctionnement d’une société sur lesquels il n’existe aucun texte scripturaire précis). Ce deuxième principe s’oppose à l’Islam de façon plus cruciale car il remet en cause le fondement même sur lequel cette religion repose et qui s’incarne dans la Révélation. Voir : Haqîqa e-Dîmuqrâtiya de Sheïkh Mohammed Amân el Jâmî. (N. du T.).

[16] Rapporté par el Bukhârî (5666) et Muslim (2378), selon ‘Âisha.

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commentaires

R
Merci beaucoup pour cet article très complet.
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