Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 09:04

Mecca19

 

 

La lapidation dans l’Islam

(Partie 3)

 

Avant nous, les juifs et les chrétiens se sont divisés respectivement en 71 et 72 sectes. Quant à notre communauté, elle va se diviser en 73 sectes ; toutes sont vouées à l’Enfer à l’exception d’une seule.[1] Celle-ci se particularise pour s’attacher scrupuleusement aux enseignements du meilleur des hommes (r) et à la voie des trois premières générations (les Compagnons, les tabîrîns, et leurs successeurs). Le sceau des prophètes nous a malheureusement prévenus que nous allons suivre pas à pas les communautés du Livre qui se distinguent notamment par leur éloignement aux prescriptions prophétiques, par leur attachement aux passions et aux coutumes païennes, et pour vendre leur religion à vil prix.[2] Le seul salut possible, le seul moyen d’entrer au Paradis – auquel vous semblez ne pas adhérer –, le seul moyen de gagner le bonheur sur terre et dans l’au-delà, et de suivre le droit chemin loin des sentiers égarés, c’est de se conformer fidèlement à la Sunna.[3]

 

Or, vous dites : « Dans le Coran, texte fondateur de l’Islam, il n’y a aucune trace d’incitation à la lapidation. Ce sujet n’est pas évoqué. Même si le Coran, à plusieurs reprises, répète que l’adultère est un acte mauvais, un crime dont il faut s’éloigner, vous ne trouverez pas la lapidation citée comme châtiment de cet acte pourtant fortement réprouvé. » Plus loin, vous signez : « Dans le texte fondateur de l’Islam, le Coran, il n’y a aucune trace d’incitation à la lapidation. Il n’y a aucun Verset coranique qui dise d’appliquer la lapidation. » Vous faites bien de mettre l’accent sur l’ignominie de l’adultère que vous définissez joliment comme : «  une relation sexuelle, hors mariage, entre un homme et une femme ou entre deux hommes ou entre deux femmes. Le but fondamental des religions sémites monothéistes, est de protéger la vie et de lui offrir un cadre organisé comme celui d’une cellule familiale. » Cependant, vous omettez de signaler que le Coran recommande également d’obéir au dernier des messagers (r) dans de nombreux passages, qu’ibn Taïmiya évalue à une quarantaine.[4] Apparemment, vous n’en est pas convaincu ; alors, tenez pour vous « rafraichir » la mémoire :

 

Le Coran nous enjoint d’obéir à Allah et à Son Messager, et de renvoyer nos litiges au Coran et à la Sunna ; il en a même fait une condition de la foi.[5] Il incombe de se soumettre totalement au jugement du Prophète (r) sans ressentir la moindre gêne à son égard.[6] Lui obéir, c’est obéir au Seigneur.[7] Le Livre sacré nous met en garde de lui désobéir et il nous fait savoir qu’il lui revient uniquement de transmettre clairement le message.[8] Son chemin est droit et les sentiers perdus mènent à l’égarement et à la division.[9] Son message appelle à la vie, il nous invite donc à y répondre.[10] Si nous lui tournons le dos, chacun aura la charge de ses propres actes, mais si nous le suivons nous serons guidés sur le droit chemin.[11] Nous avons en sa personne un bon exemple, pour celui d’entre nous qui aspire à la rencontre d’Allah et au jour du Jugement dernier.[12] Il n’appartient nullement au croyant ou à la croyante d’émettre un choix lorsqu’Allah et Son Messager décident d’une chose. Celui qui désobéit à Allah et à Son Messager sombre dans un égarement manifeste.[13] Il nous est enjoint également de nous soumettre aux obligations du Messager (r) et de nous éloigner de ses interdictions ; craignons Dieu, Lui dont le châtiment est terrible.[14]

 

Par ailleurs, l’indice qui témoigne de l’amour d’Allah, c’est de suivre Son Messager (r) ; Allah est certes Absoluteur et Miséricordieux.[15] L’amour d’Allah engendre Sa Miséricorde, le succès, le bonheur éternel, et la meilleure compagnie qui soit.[16] En revanche, quiconque se détourne du Prophète (r), après avoir eu connaissance de la bonne voie, et qui ne suit pas le chemin des croyants (les Compagnons et leurs fidèles successeurs) aura pour demeure l’Enfer, quelle bien vilaine demeure est-elle ![17] Ceux qui vont à l’encontre des commandements du Prophète (r) ne sont pas à l’abri de subir une épreuve ou un châtiment douloureux.[18] Lorsque les visages seront retournés dans le feu, là sera le remords et les pleurs pour ne pas avoir suivi Allah et Son Messager.[19]

 

Au demeurant, un Verset illustre bien que les enseignements du Prophète ne se limitent pas au Coran. Jugez-en vous-même : (Allah a fait la faveur aux croyants de leur avoir envoyé un Messager issu des leurs qui leur récitent Ses Versets et qui les élèvent ; il leur apprend le Livre et la Sagesse alors qu’auparavant ils sombraient dans un égarement manifeste).[20] Selon ibn Kathîr, la sagesse correspond à la Sunna, bien qu’elle ait aussi le sens de la bonne compréhension de la religion ; la Sunna en effet fait partie intégrante de la religion.[21] Un ancien disait : « Quiconque se conforme à la Tradition dans ses paroles et ses actes est inspiré par la sagesse tandis que quiconque suit ses propres passions est inspiré par l’innovation. »[22]

 

Bon nombre de hadîth, qu’il serait trop long ici de recenser, recommandent de suivre Mohammed (r) et mettent en garde contre toute déviation. Je vous renvoie aux ouvrages écrits sur le sujet.[23] Le Prophète (r) avait déjà prédit qu’un jour des musulmans contesteraient, à votre façon, l’autorité de sa Tradition. Selon el Miqdâm ibn Ma’dîkarib (t), après avoir interdit un certain nombre de choses à la conquête de Khaïbar, le Message d’Allah déclara : « L’un d’entre vous me démentira bientôt, accoudé sur un coussin ; lorsqu’il entendra l’une de mes paroles, il répondra : « Entre vous et moi, il y a le Livre d’Allah : les choses licites que nous y trouvons, nous les rendons licites, et les choses illicites que nous y trouvons, nous les rendons illicites. » Pourtant, les interdictions du Messager d’Allah (r) sont comme les interdictions d’Allah. »[24] Ainsi, les générations futures, qui vivront dans l’aisance, se permettront de dénigrer la Sunna sous prétexte que le Coran est le « texte fondateur de l’Islam. » Wa Allah el musta’ân !

 

À suivre…

 

Par : Karim ZENTICI

 

  

 

   

 

 



[1]Voir : e-Sunna d’ibn Abî ‘Âsim (32-36).

[2]Idem. (36-39).

[3]Voir : Majmû’ el fatâwa d’ibn Taïmiya (19/93).

[4] Idem. (19/83-261).

[5]Les femmes ; 59

[6]Les femmes ; 65

[7]Les femmes ; 80

[8]Le repas céleste ; 92

[9]Le bétail ; 153

[10]Les butins ; 24

[11]La lumière ; 54 Dans Majmû’ el fatâwa (15/282-285) ibn Taïmiya fait remarquer que c’est la sourate qui traite de l’adultère. Ainsi, la lumière de la Révélation nous guide sur le chemin du bonheur, loin des sentiers obscurs, et qui consiste à appliquer les peines qu’elle a prévues.

[12]Les coalisés ; 21

[13]Les coalisés ; 36

[14]Le rassemblement ; 7

[15]La famille de ‘Imrân ; 31 on obéit toujours à celui qu’on aime.

[16]Les femmes ; 13, 69, le repentir ; 71, la lumière 51

[17]Les femmes ; 115

[18] La Lumière ; 63

[19]Les coalisés ; 66

[20]La famille de ‘Imrân ; 164

[21]Voir : tafsîr ibn Kathîr  du v. 129 de s. la vache.

[22]Voir : Majmû’ el fatâwa (14/241). L’auteur de ses paroles est Abû ‘Uthmân e-Nisâbûrî.

[23]Voir notamment : Îqâzh el himma li ittibâ’ nabî el umma de Khâlid el ‘Ajmî (46-68).

[24]Rapporté par Ahmed dans son Musnad (4/132), l’énoncé lui revenant, e-Tirmidhî (2664), e-Dârimî (586), el Hâkim dans el mustadrak (1/109) ; Sheïkh el Albânî considère que sa chaîne narrative est authentique.

Partager cet article

Repost 0

commentaires