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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:38

La Trinité

(Partie II)

 

Voir : Izhâr el Haq de Rahmat Allah el Kaïrânawî, résumé par Mohammed Mulkâwî.

 

Jésus lui-même réfute la trinité, comme le démontrent plusieurs passages de la Bible dont notamment :

 

Premièrement : l’évangile de Jean mentionne que Jésus s’adressa à Dieu en ces termes : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé Jésus Christ. »[1] Jésus nous apprend ici que la vie éternelle s’obtient grâce à la foi en l’unicité d’Allah et à la mission de Son messager Jésus. Il n’est pas question dans ce verset de la trinité ni des trois hypostases ou encore que le dieu Jésus serait le fils de Dieu. Il n’est pas possible de dire ici qu’il cacha la vérité car il avait peur des juifs, étant donné qu’il s’adressait à Dieu. Si croire en la trinité et à la divinité du Christ, avait pour vocation de sauver l’humanité, il n’aurait pas manqué d’en parler ici. La vie éternelle et le salut s’obtiennent cependant en étant convaincu de la vraie unicité de Dieu et que Jésus est Son envoyé. Le malheur éternel et la perdition réclament de croire le contraire étant donné que l’unicité s’oppose par essence à la Trinité et que la prophétie s’oppose à la divinité. Jésus ne peut à la fois être Dieu et le porteur de Son message aux hommes.

 

Deuxièmement : « Un scribe s’avança. Il les avait entendu discuter et voyait que Jésus leur avait bien répondu. Il lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus répondit : « Le premier, c’est : Ecoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur ; tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Voici le second : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe lui dit : Très bien, maître, tu as dis vrai : il est l’unique et il n’y en pas d’autre que lui, et l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, cela vaut mieux que tous les holocaustes et sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait répondu avec sagesse, lui dit : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger. »[2] Dans l’évangile de Mathieu, il est précisé : « De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes. »[3]

 

Ainsi, ce passage nous dévoile le premier commandement auquel s’attachent la Thora et les Livres des prophètes. Ce commandement, à l’origine du salut, consiste à croire qu’Allah est unique et qu’il n’y a pas d’autre dieu que Lui. Dans l’hypothèse où la Trinité et la divinité de Jésus avaient une origine, la Thora et les Livres des prophètes l’auraient évoquée. Jésus aurait certainement donné la réponse suivante au légiste : « Le premier commandement, c’est de croire que Dieu est unique et qu’il est composé de trois hypostases. Moi, je suis la deuxième hypostase et le fils de Dieu. » Étant donné que ni Jésus ni la Thora ni les Livres des prophètes ne font allusion à ce principe, il devient évident que le salut consiste à se soumettre à la vraie unicité de Dieu qui s’oppose par essence à la Trinité, au polythéisme, et à l’idée selon laquelle Il aurait enfanté. Les livres de l’Ancien Testament regorgent de passages qui établissent l’unicité du Très-Haut.[4]

 

Troisièmement : « Mais ce jour ou cette heure, nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le fils, personne sinon le Père. »[5] Cette parole réfute catégoriquement la Trinité et la divinité du Christ qui remet l’Heure de la fin du monde à la seule connaissance d’Allah. Elle réfute l’idée qu’il puisse en percer le mystère, lui ou n’importe quelle autre créature. Il s’est ainsi mis au même niveau que le reste de la création dans ce domaine. S’il était vraiment un dieu, le moment où l’Heure sonnera ne pourrait échapper à son savoir, et il n’aurait jamais infirmé qu’il puisse en avoir connaissance.

 

Quatrièmement : « Vers trois heures, Jésus s’écria d’une voix forte : « Eli, Eli, lema sabaqthani », c’est-à-dire : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Certains de ceux qui étaient là disaient en l’entendant : « Le voila qu’il appelle Elie ! » Aussitôt l’un deux courut prendre une éponge qu’il imbiba de vinaigre ; et, la fixant au bout du roseau, il lui présenta à boire. Les autres dirent : « Attends ! Voyons si Elie va venir le sauver. » Mais Jésus criant de nouveau d’une voix forte, rendit l’âme. »[6] Dans l’évangile de Luc, il est précisé : « Jésus poussa un grand cri ; il dit : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. » Et, sur ces mots, il expira. »[7] Voici les dernières paroles supposées du Messie relatées dans la Bible. Celles-ci remettent en question la divinité de Jésus. Un dieu ne peut en tout état de cause implorer le secours d’un autre dieu. On ne peut attribuer au vrai Dieu des caractères déficients propres à l’humain, tels que la faiblesse, la peine, la fatigue, le cri de détresse et de douleur, l’impuissance et la mort. Allah est le Vivant et le Saint. Le livre d’Esaïe nous apprend notamment : « Ne sais-tu pas, n’as-tu pas entendu ? Le SEIGNEUR est le Dieu de toujours, il crée les extrémités de la terre. Il ne faiblit pas, il ne se fatigue pas ».[8] Les passages du Nouveau et de l’Ancien Testament abondent dans ce sens.[9] Tous ces passages démontrent que le vrai Dieu est Eternel, Vivant, Saint ; Il ne peut mourir comme il ne peut y avoir d’autre dieu en dehors de Lui. Il ne peut être atteint par la faiblesse, la fatigue, l’impuissance. Une créature faible et mortelle peut-elle être une divinité ? Nul doute que le vrai Dieu est celui auquel Jésus se serait adressé –si l’on s’en tient à leur version des événements – à travers son cri de détresse.

Il convient ici d’attirer l’attention du lecteur concernant le verset suivant : « N’est-ce pas toi qui, dès l’origine, es le SEIGNEUR, mon Dieu, mon Saint ? Tu ne meurs (ou ne mourras) pas ? »[10] Quand les chrétiens se sont rendus compte qu’il n’était pas compatible avec leur dogme, ils l’ont transformé dans les nouvelles versions de la Bible, en disant : « N’est-ce pas toi qui, dès l’origine, es le SEIGNEUR, mon Dieu, mon Saint ? Nous ne mourrons pas ? »[11]

 

Cinquièmement : dans l’évangile de Jean, Jésus déclare à Marie de Magdala : « Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. »[12] À travers cette parole, Jésus se met sur le même pied d’égalité que tous les autres membres de son espèce. Il précise en effet qu’Allah est Son Père et Leur Père, Son Dieu et Leur Dieu. Ils ne pourront pas ensuite mentir à son sujet en avançant qu’il serait le fils de Dieu. De la même façon que ses disciples ne sont pas réellement des enfants de Dieu, il en va de même pour lui, qui comme eux, est un simple serviteur. Le terme fils a ici un sens métaphorique (Majâzî), il n’offre aucunement à Jésus le statut de divinité. Sinon, il faudrait le donner également à ses disciples. Jésus aurait dit cette parole après avoir ressuscité du royaume des morts. Autrement dit, peu avant de monter au ciel. Cela signifie bien qu’il ne revendiquait pas la divinité jusqu’à ses derniers instants passés au milieu des hommes. On retrouve le même discours dans le Coran, lorsqu’il dit en s’adressant aux siens : (Allah est Mon Seigneur et Le vôtre, alors adorez-Le).[13] Il déclara dans un autre passage : (Adorez Allah Mon Seigneur et Le vôtre).[14] Ainsi, le dogme de la Trinité et la divinité de Jésus vont à l’encontre des dernières paroles prononcées par la personne concernée, comme pour dire adieu à ses apôtres, avant de monter au ciel. Il prêcha jusqu’à ses derniers instants sur terre, l’unicité d’Allah et l’obligation de lui vouer le culte. Il inculqua en outre qu’il n’est qu’un humble serviteur soumis à Son Seigneur.

 

Sixièmement : des passages innombrables des évangiles affirment explicitement que Jésus est un homme, un maître, un envoyé, un prophète qui reçoit la Révélation. L’évangile de Mathieu nous apprend par exemple : « Qui vous accueille m’accueille moi-même, et qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. »[15] « Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » »[16] « Quand Jésus entra dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi : « Qui est-ce ? » disait-on ; et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus de Nazareth en Galilée. »[17] « Pour vous, ne vous faites pas appeler ‘’Maître’’, car vous n’avez qu’un seul Maître et vous êtes tous des frères. »[18] Dans l’évangile de Luc, il est dit : « Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi il me faut annoncer la bonne nouvelle du Règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »[19] Voici quelles furent les commentaires après que le Messie ait ressuscité un mort : « Tous furent saisis de crainte, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple. »[20] « Qui vous écoute m’écoute, et qui vous repousse me repousse ; mais qui me repousse repousse celui qui m’a envoyé. »

 

D’après l’évangile de Jean, Jésus déclara : « Or je possède un témoignage qui est plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a données à accomplir ; je les fais et ce sont elles qui portent à mon sujet témoignage que le Père m’a envoyé. Le Père qui m’a envoyé a lui-même porté témoignage à mon sujet. Mais jamais vous n’avez écouté sa voix ni vu ce qui le manifestait, et sa parole ne demeure pas en vous puisque vous ne croyez pas à celui qu’il a envoyé. »[21] Après qu’il ait accompli le miracle de nourrir une foule abondante, les réactions ne se sont pas fait attendre : « A la vue du signe qu’il venait d’opérer, les gens dirent : « Celui-ci est vraiment le Prophète, celui qui doit venir dans le monde. »[22] Dans un autre passage, il est dit : « Les Juifs en étaient surpris et ils disaient : « Comment est-il si savant, lui qui n’a pas étudié ? » Jésus leur répondit : « Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire la volonté de Dieu, il saura si cet enseignement vient de Dieu ou si je parle de moi-même. »[23]

 

« Je me rend témoignage à moi-même et le Père qui m’a envoyé me rend témoignage lui aussi… mais celui qui m’a envoyé est véridique, et ce que j’ai entendu auprès de lui, c’est cela que je déclare au monde… Celui qui m’a envoyé est avec moi… Or, vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendu auprès de Dieu…Si Dieu était votre Père, vous m’auriez aimé, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de mon propre chef, c’est lui qui m’a envoyé. »[24] Après le miracle de l’aveugle, les gens interrogèrent ce dernier : « « Et alors, tes yeux, comment se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, m’en a frotté les yeux… Alors, ils s’adressaient à nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de celui qui t’a ouvert les yeux ? » Il répondit : « C’est un prophète ? » »[25] « Vous m’appelez ‘’le Maître et le Seigneur’’ et vous dites bien car je le suis. »[26] « Or, cette Parole que vous entendez, elle n’est pas de moi mais du Père qui m’a envoyé. »[27]

 

Tous ces passages de la Bible décrivent Jésus comme un homme, un maître pour ses disciples, un prophète envoyé par Dieu. Cet homme reçoit effectivement la Révélation d’Allah. Il ne prononce que des paroles de vérité qu’il a entendues du Seigneur. Il est loyal et ne cache rien de la Révélation. Il l’enseigne à ses adeptes comme il l’a reçu du Très-Haut, aidé qu’il est de son Seigneur par des miracles en sa qualité d’être humain non qu’il soit un dieu ou le fils de Dieu. 

 

Septièmement : deux longs passages de la Bible décrivent les prières de Jésus avant son arrestation.[28] Ils montrent un homme affligé, triste, qui prie en s’humiliant à l’extrême devant Son Créateur. Un homme qui part ainsi à la mort ne peut prétendre à la divinité.

 

Traduit pour Islam.house par :

Karim ZENTICI

       

 



[1] Voir : Jean ; 17.3

[2] Marc ; 12.28-34

[3] Mathieu ; 22.34-40 Ce passage souligne que la question du légiste fut posée pour tendre un piège à Jésus. (N. du T.).

[4] Voir à titre d’exemple : Deutéronome ; 4.35-39, 6.4-5, et Esaïe ; 45.5-6, 46.9.

[5] Marc ; 13.32

[6] Mathieu ; 27.46-50

[7] Luc ; 23.46

[8] Esaïe ; 40.28

[9] Voir notamment : Esaïe ; 44.6, Jérémie ; 10.10, première épître de Paul à Timothée 1.17.

[10] Habaquq ; 1.12

[11] Habaquq ; 1.12

[12] Jean ; 20.17

[13] La famille de ‘Imrân ; 51 voir également : Mariam ; 37, et les ornements ; 64

[14] Le repas céleste ; 117

[15] Mathieu ; 10.40

[16] Mathieu ; 15.24

[17] Mathieu ; 21.11

[18] Mathieu ; 23.8

[19] Luc ; 4.43

[20] Luc ; 7.16

[21] Jean ; 5.36-37

[22] Jean ; 6.14

[23] Jean ; 7.15-17

[24] Jean ; 8.18, 26, 29, 40 et 42

[25] Jean ; 9.10, 11 et 17

[26] Jean ; 13.13

[27] Jean ; 14.24

[28] Voir : Mathieu ; 26.36-46 et Luc ; 22.39-46

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Autres religions
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