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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 05:31

 


 

Voir : wa jâdil hum bi e-lî hiya ahsan de Bandar ibn Nayif el ‘Utaïbî (p. 72-75), 6ème édition. Le livre est préfacé par Sheïkh el ‘Ubaïkân et Mohammed ibn Hasan Âl e-Sheïkh, qui est un membre du Comité des grands savants d’Arabie Saoudite.

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Le terme tâghût n’est pas forcément synonyme de kufr akbar pour les raisons suivantes :

 

1- Le terme tâghût correspond étymologiquement à tout ce qui est une tête de file dans l’égarement. Il est dérivé du vocable tughiân, que l’on pourrait peut-être traduire en français par tyrannie, et qui signifie : dépasser les limites. Ce fameux tughiân peut certes atteindre le degré de kufr akbar, mais, il ne faut pas en faire une généralité.

 

En explication au Verset : [et éloignez-vous du tâghût],[1] el Qurtubî explique à ce sujet : « C’est-à-dire : délaissez toute adoration consacrée en dehors d’Allah, comme Satan, le sorcier, l’idole, et tout ceux qui appellent à l’égarement. »[2] Pour le linguiste el Faïrûz Âbâdî, le tâghût, c’est e-Lât, el ‘Uzza, le sorcier, Satan, toute tête de file dans l’égarement, les idoles, toute adoration vouée en dehors d’Allah, et les rebelles parmi les adeptes des Écritures.[3]

Ibn Bâz est encore plus clair : « Les limites que tu ne dois pas dépasser, c’est d’être un adorateur d’Allah obéissant. Si tu dépasses ces limites, tu deviens un tâghût en raison de ton acte qui peut ou non, en fonction de sa gravité, te faire atteindre le degré de mécréance. »[4]

 

2- Certains savants utilisent le terme tâghût pour simplement désigner le fait qu’une chose ou une personne dépasse les limites imposées par le Tout-Puissant, sans spécialement regarder les intentions, voir les actes, du coupable. Par exemple, les objets inertes qui font l’objet d’une adoration sont, par définition, des tawâghît. Il est pourtant élémentaire que ces objets en question ne sont pas concernés par les injonctions divines, avant que l’on puisse parler à leur sujet de musulmans/mécréants. Dans ce cas, il est possible d’utiliser le terme tâghût pour désigner l’idolâtre, non l’objet d’adoration.

 

Ibn el Jawzî explique à ce sujet : « Ibn Qutaïba a dit : Toute adoration (pierre, image, Satan) entre dans la définition du jibt wa tâghût.E-Zujâj, parmi les linguistes, rapporte la même définition. »[5] Le fameux ibn Taïmiya, donc le discours est parfois mal utilisé, ou tout simplement mal compris souligne pour sa part : « C’est un nom générique dans lequel entre Satan, les statuts, les sorciers, l’or, l’argent, etc. »[6]

Son élève ibn el Qaïyim en donne la définition suivante : « Un tâghût,c’est tout entité avec laquelle l’individu dépasse les limites : que ce soit un objet d’adoration, d’imitation, ou de soumission. »[7] En annotation à ces paroles, Sheïkh el ‘Uthaïmîn affirme : « L’auteur fait allusion à celui qui est consentant. Il possible de dire également qu’il est tâghût en regard de celui qui adore, imite ou se soumet à ses ordres, étant donné qu’il a dépassé les limites dans ces relations avec lui. Ainsi, son acte est un acte de tughiân pour avoir dépassé les limites. »[8]

 

3- Certains savants utilisent le terme tâghût pour désigner certains grands péchés. Si le tâghût était synonyme de kufr akbar, ils ne se seraient pas permis de le faire, sinon, force est de constater, qu’ils rejoindraient la tendance kharijite, ce qui est impensable !

 

Le linguiste e-Râghib el asfahânî donne l’explication suivante : « Le tâghût est une expression pour désigner toute ce qui dépasse les limites et toute adoration voué en dehors d’Allah… Ainsi, comme nous l’avons vu précédemment, le sorcier, le mage, et le rebelle parmi les démons, et celui qui détournent du droit chemin est un tâghût. »[9]

 

Dans les fameuses e-durar e-saniya, l’Imam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb est encore plus éloquent sur la question : « Il existe de nombreux tawâghît ; ceux qui nous intéressent ici sont au nombre de cinq, avec à leur tête : Satan, le sultan tyran, celui qui mange la corruption, celui qui reçoit l’adoration sous son consentement, et celui qui fait des œuvres sans avoir de science. »[10]

 

Sheïkh el ‘Uthaïmîn donne plus de détails : « … Les mauvais savants qui appellent à l’égarement et à la mécréance, ceux qui appellent à l’innovation, qui appellent à autoriser ce qu’Allah a interdit et inversement, sont des tawâghît. »[11]

    

Pour être plus précis, nous disons que le terme tâghût désigne deux choses :

 

A-               Le sujet ou le participe présent/actif (ism el fâ’il) dans le sens où celui qui commet un acte de tughiân, ou en d’autres termes, que celui qui dépasse les limites est un tâghût par ses actes. En sachant que son acte peut ou non faire sortir de la religion, en fonction de sa gravité.

B-                Le complément ou le participe passé/passif (ism el maf’ûl) en parlant de l’objet ou de la personne qui subit l’action. C’est un tâghût, si on regarde l’auteur de cette action. Cette forme de tughiân peut également faire sortir ou non de la religion en fonction de la gravité de l’acte. Quant à l’objet ou la personne qui subit l’action, celui-ci n’a aucun grief à son passif.

 

En résumé : avant de taxer de mécréant, l’auteur d’un acte qui relève du tughiân, il incombe de vérifier deux paramètres indispensables :

-               Est-ce que ce tughiân atteint dans la gravité le degré de mécréance ? Ce paramètre concerne donc l’acte.

-               Est-ce que le terme tâghût s’applique à l’objet de cet acte ou à son sujet. ensuite, s’il concerne le sujet, il faut vérifier si ce dernier est consentant ou non.

 

Gloire à Toi Ô Allah ! Et à Toi les louanges ! J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu (digne d’être adoré) en dehors de Toi ! J’implore Ton pardon et me repens à Toi !

 

Traduit par :

Karim ZENTICI  



[1]Les abeilles ; 36

[2]Tafsîr (5/75).

[3]El qâmûs el muhît (ta-ghâ).

[4]Sharh thalâtha el usûl (cassette n°2 ; 1ère face : de tasjîlât el bardaïn à Riadh).

[5]Nuzhat el a’yun e-nawâzhir (p. 410 bâb e-tâghût).

[6]Majmû’ el fatâwâ (16/565).

[7]I’lâm el muwaqqi‘în (1/50).

[8]El qawl el mufîd (1/30).

[9]Mufradât alfazh el qur-ân p. 108 (ta-ghâ).

[10] E-durar e-saniya (1/137).

[11] Sharh el usûl e-thalâtha (p. 151).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Takfir
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commentaires

Souleyman 11/11/2013 16:18

As salam o alayka wa rahmatollah akhy lkarim tout d'abord baraka'allah o fik pour le grand travaille que tu fait ! J'ai une question est ce qu'un da'i moubtadi' qui n'accepte pas le conseil et qui reste appeler les musulmans a l'égarement devien taghut ? Wa baraka'allah o fik !

Souleyman 11/11/2013 16:18

As salam o alayka wa rahmatollah akhy lkarim tout d'abord baraka'allah o fik pour le grand travaille que tu fait ! J'ai une question est ce qu'un da'i moubtadi' qui n'accepte pas le conseil et qui reste appeler les musulmans a l'égarement devien taghut ? Wa baraka'allah o fik !

mizab 14/11/2013 13:43

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah wa barakatuhu !

wa fik baraka Allah !

Je pense que la réponse n'est pas binaire, et que cela dépend des cas en faisant la distinction entre la bid'a mukaffira et la bid'a ghaïr mukaffira..

ensuite, si tu entends par taghut, le simple fait d'égarer les gens (d'un point de vue linguistique), sans le prendre de le sens de statut (d'un point de vue shar'i), alors là oui, on peut dire qu'il est un taghut, wa Allah a'lam !