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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 18:41

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Le jarh wa ta’dîl à la loupe

(Partie 5)

 

Voir notamment : el ibâna de Mohammed el Imâm, et qui fut préfacé par cinq sheïkh du Yémen, et lu et révisé par Sheïkh Rabî’.  

 

Comment prodiguer le conseil aux personnes respectables ?

 

L’homme intelligent sait comment aborder un leader ayant commis une faute. Déjà, il ne le fait pas en public, car, de par son rang, il risque de ne pas l’accepter et de se complaire dans son erreur. Ce qui, malheureusement, aggraverait son cas, et serait contraire aux ambitions recherchées. La discrétion est donc de rigueur.[1]

 

Un chauvinisme très subtil se cache souvent dans les débats entre deux savants respectables les poussant, éventuellement, à chercher tout ce qui leur tombe sous la main en vue de conforter leur position et faire flancher celle de l’autre, quand bien même ils seraient convaincus qu’elle est plus forte. Les plus objectifs et impartiaux ne sont pas épargnés par ce sentiment, surtout en présence de témoins. Il est extrêmement difficile dans ces conditions de faire abstraction de son orgueil. Peu se font violence et acceptent de perdre la face au nom de la vérité.[2]

 

Dans certains cas, le conseil peut consister à rappeler à la raison un savant qui critique sans raison valable l’un de ses confrères.

 

‘Abbâd ibn ‘Abbâd raconte : « Shu’ba voulait prendre à partie Khâlid el Hadhdhâ, une grande sommité du hadîth. Alors, nous sommes venus le voir Hammâd ibn Zaïd et moi pour le réprimander : « Tu es devenu fou ! Tu es plus savant ! » Il renonça alors face aux pluies de menaces qui lui tombaient dessus. »[3]

 

La patience est la meilleure des armes face à la calomnie

 

Dhahabî note que seul un envieux ou quelqu’un qui ne connait pas l’homme peut dire du mal de Shâfi’î. Selon une loi universelle,[4] quand Allah veut élever en rang l’un de ses élus, il envoie contre lui les armées du mal et les langues acerbes.[5] Les savants de même hiérarchie ne sont pas épargnés par les passions subtiles. Quand l’un d’entre eux atteint les sommets de la « gloire », il devient souvent la cible de ses adversaires.[6] Le tout est de prendre son mal en patience et d’attendre la victoire d’Allah.

 

Le grand biographe Mohammed ibn Ishâq était considéré par l’Imâm Mâlik comme un charlatan et un vulgaire menteur. E-Dhahabî nous en explique la raison. Le premier prétendait à tort que la famille du second était sous la protection et la captivité des Banû Taïm.[7] Il va sans dire que les savants n’ont pas tenu compte des considérations personnelles de l’Imâm. ‘Alî el Madînî s’étonnait d’ailleurs qu’il parlât sur un homme qu’il n’avait jamais rencontré, et qui n’avait rapporté aucune narration de Médine ![8] 

 

Mohammed ibn Ishâq ne se gênait pas non plus pour lui lancer des piques, qui n’affectèrent en rien à la notoriété de son contemporain. Bien au contraire. Ce dernier devint comme une étoile au milieu du ciel.[9]

 

Mohammed ibn Yahyâ e-Dhuhlî adressa un courrier à Abû Hâtim et Abû Zu’ra pour les mettre en garde contre l’Imâm el Bukhârî. Ces deux « tamiseurs » prirent alors la décision de boycotter ses narrations. Cela ne changea rien. L’Histoire faisait son cours. El Bukhârî allait devenir l’une des plus grandes perles jamais connues sur terre.[10] 

 

Attention aux rumeurs !

 

Selon el Marwazî, J’ai interrogé Abû ‘Abd Allah [l’Imâm Ahmed] sur Humaïd el Khazzâz, et voici ce qu’il m’a répondu : « Nous étions descendu chez lui Khalaf et moi à l’époque d’Abû Usâma qui l’honorait réellement. » Je lui demandais alors : « On peut retranscrire ses narrations ?

-           je pense, répondit-il, »

Puis, il fit ses éloges. J’expliquais ensuite : « J’ai interrogé à son sujet Yahyâ qui le critiqua durement. Voici ce qu’il lui reprochait notamment : « Cet homme a volé le livre de Yahyâ ibn Âdam à ‘Ubaïd ibn Ya’îsh, et ensuite il se l’appropria à lui-même.

-           Abû Zakariya, demandais-je, tu as entendu de tes propres oreilles ‘Ubaïd ibn Ya’îsh raconter cela ?

-          Non, mais certains de nos amis me l’ont rapporté. »

C’était le seul argument qu’il avait en main. Abû ‘Abd Allah, qui entra alors en colère, s’écria : « Gloire à Allah ! Peut-on accepter ce genre d’histoire sur lui ? Peut-on faire tomber un homme pour cela ?

-  On peut retranscrire ses narrations, m’empressai-je de demander ?

-          je pense, répondit-il»[11]

 

wa Allah a’lam !

 

 

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

  



[1] E-turuq el hakimiya d’ibn el Qaïyim (p. 58).

[2] Adab e-talab de Shawkânî (p. 81).

[3] Rapporté par el ‘Uqaïlî dans e-dhu’afâ (2/4).

[4] Voir les v. 51 de la s. ghâfir et les v. 69-70 de la s. el ahzâb.

[5] Siar a’lâm e-nubalâ (10/48).

[6] Siar a’lâm e-nubalâ (10/8-9).

[7] Siar a’lâm e-nubalâ (8/71).

[8] ‘ulûm el hadîth d’ibn Salâh ; voir : e-taqyîd wa el idhâh d’el ‘Irâqî (p. 138).

[9] Siar a’lâm e-nubalâ (7/41).

[10] Siar a’lâm e-nubalâ (12/463).

[11] Târikh Baghdâd (8/165).

 

 

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commentaires

Abou Malik 24/01/2013 15:56


salam aleykum


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