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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 05:33

Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

 

 

 

 

 

La question suivante fut posée à Sheïkh el ‘Uthaïmîn : « Que pensez-vous de ceux qui vont jusqu’à vous kaffar ? » Il a dit en réponse (qu’Allah lui offre le plus haut des Paradis) : « Je déclare que je renie le taghût et que je crois en Allah. J’implore à Allah de guider l’auteur d’une telle parole et de le ramener à la vérité ! »

 

 

Voici une analyse fructueuse sur le kufr dûn kufr d‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan, le descendant de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb qu’on ne peut accuser de cautionner le taghût ni d’être un murjite :

 

Il existe deux sortes de kufr :

 

Kufr ‘amal (apostasie au niveau des actes) et le kufr juhûd wa ‘inâd (l’apostasie au niveau du cœur et de la croyance) qui consiste à renier une chose en sachant pertinemment qu’elle vient du Messager (r) par obstination et dénégation. Cela concerne les Noms du Seigneur, Ses Attributs, Ses Actions, Ses Lois qui ont pour base, Son tawhîd et Son adoration unique sans Lui vouer le moindre associer.

Cette forme d’apostasie s’oppose à la foi à tous les niveaux. Concernant le Kufr ‘amal, il y a certains actes qui s’opposent à la foi à tous les niveaux, comme se prosterner devant une idole, dénigrer le Coran, tuer voire offenser un prophète.[1]

 

Quant au hukm bi ghaïr mâ anzala Allah et l’abandon de la prière, ils relèvent du kufr ‘amal non du kufr i’tiqâd.

 

Dans cet ordre, nous avons le hadîth : « Ne redevenez pas des mécréants après moi en vous tranchant mutuellement la nuque. »[2]

 

Le Prophète (r) dit également : « Quiconque visite un devin et donne crédit à ses paroles, ou qui sodomise sa femme aura mécru aux enseignements révélés à Mohammed. »[3]

 

Il s’agit ici du Kufr ‘amal qui n’a pas le même degré de gravité que les actes que nous avons cités précédemment, bien que dans tous les cas on parle de kufr.

 

En outre, le Coran désigne celui qui met en pratique une partie du Coran comme étant croyant pour la partie qu’il met en pratique et mécréant pour celle qu’il délaisse. Allah (I) révèle en effet : [Et lorsque nous primes votre engagement de ne pas verser votre sang et ne pas vous expulser des maisons] jusqu’à : [Est-ce que vous croyez à une partie du Livre et vous reniez une autre]. Ce Verset nous enseigne qu’ils ont accepté cet engagement et qu’ils y ont adhéré (iltazama). Cela démontre qu’ils y ont donné foi. Il nous informe pourtant, qu’ils ont désobéi à l’ordre de Leur Seigneur, et que certains d’entre eux ont versé le sang à un autre groupe parmi les-leurs qu’ils ont expulsé de chez eux. Ils ont donc renié l’engagement qui leur fut pris.

 

Le Coran nous apprend ensuite qu’ils réclamèrent une rançon en échange des prisonniers que le premier groupe avait constitué. Ils ont donc donné foi à l’engagement que le Seigneur avait pris sur eux dans le Livre. Ils étaient d’un côté croyants pour avoir mis en pratique le pacte qu’ils avaient pris avec Lui, et d’un autre côté mécréants pour en avoir négligé une partie.

 

Ainsi, la foi au niveau des actes s’oppose à la mécréance au niveau des actes et la foi au niveau de la croyance s’oppose à la mécréance au niveau de la croyance.

 

Selon un hadîth authentique : « Offenser un croyant relève de la perversion, et le tuer relève de la mécréance. »[4] Le Prophète (r) a distingué entre l’offense et le meurtre ; l’un étant un acte de perversion (fusûq) qui ne rend pas mécréant, et l’autre un acte de mécréance. Il va sans dire qu’il faisait allusion au Kufr ‘amalî non au Kufr i’tiqâdî. Ce genre de kufr ne fait pas sortir carrément de la religion musulmane, de la même manière que l’adultère, le vol, et l’alcool, bien qu’au même moment, les fautifs se voient retirer le nom de croyants.

 

Ces détails sont conformes à l’opinion des Compagnons, qui sont les plus éclairés de la communauté sur le Livre d’Allah, sur l’Islam, la mécréance, et leurs implications. Il n’est donc pas pertinent de se tourner pour ces questions vers quelqu’un d’autre. Les nouvelles générations ont mal appréhendé leur discours, c'est pourquoi elles se sont divisées en deux groupes :

Un groupe qui a sorti de la religion les auteurs des grands péchés, en les condamnant à l’Enfer éternel ; et un groupe qui les a considérés à l’opposée comme des croyants ayant une foi parfaite. Les premiers ont sombré dans le rigorisme et les seconds dans le laxisme. Néanmoins, Allah guida les traditionalistes, qui sont au milieu des tendances musulmanes comme l’Islam est au milieu des autres religions, sur la meilleure voie, qui est la voie du milieu.

 

Ainsi, on parle de kufr dûn kufr (mécréance sans être de la mécréance), de nifâq (hypocrisie) dûn nifâq, de shirk dûn shirk, et de zhulm (injustice) dûn zhulm.

 

Selon ibn ‘Abbâs en effet au sujet du Verset : [Ceux qui n’appliquent pas les Lois d’Allah sont eux les mécréants] : « Ce n’est pas la mécréance à laquelle vous pensez. » Cette annale est rapportée par Sufiân et ‘Abd e-Razzâq. Une version précise : « il s’agit de la mécréance qui ne fait pas sortir de la religion. »[5]

 

Selon ‘Atâ : « Il s’agit du kufr dûn kufr, zhulm dûn zhulm, et du fisq dûn fisq. »

 

Ce principe est clairement exposé dans le Coran pour celui qui se penche dessus. Allah (I) en effet appellent « mécréant » celui qui n’applique pas Ses lois. La même désignation est consacrée à celui qui renie les Lois qu’Il a révélées à Son Messager. Pourtant, il n’est pas question du même statut dans les deux cas.

 

En outre, le Coran taxe le mécréant de zhâlim (injuste) dans le Verset suivant : [Les mécréants sont eux les injustes]. Il taxe du même nom celui qui dépasse les limites dans les domaines du mariage, du divorce, etc. Il affirme à ce sujet : [Celui qui outrepasse les Limites d’Allah, est vraiment injuste envers lui-même]. Yûnas fait également l’aveu : [Je comptais vraiment parmi les injustes]. Ce genre d’injustice est encore différent du premier.

 

Le mécréant est également qualifié de fâsiq (pervers) dans le Verset : [mais Il n’égare par son biais que les pervers] ; mais aussi : [Nous avons descendu sur toi des Versets détaillés, seuls les pervers peuvent les renier].

Or, les désobéissants musulmans ont droit à la même appellation : [Ô croyants ! Quand un pervers vous ramène une nouvelle, alors vérifiez-la]. Un autre Verset parle des diffamateurs en ces termes : [ceux-là sont vraiment les pervers]. Pour le hadj, il est dit : [il ne faut ni approcher sa femme ni faire de perversité ni se disputer lors du pèlerinage].[6]

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici



[1] Les font une distinction entre ce que l’on appelle mâ yudhâd el iman mi kulli wajh (qui s’oppose à la foi à tous les niveaux) pour lequel le fautif devient unkâfir si les conditions sont réunis et les restrictions exclues et mâ lâ yudhâd el iman mi kulli wajh (qui ne s’oppose à la foi à tous les niveaux). Quant au deuxième cas, il incombe de l’interroger sur ses intentions, comme le Prophète l’a fait avec Hâtib ibn Abî Balta’a ; voir el umm de Shâfi’î (4/250).

[2]Rapporté par el Bukhârî et Muslim.

[3]Rapporté par e-Tirmidhî, ibn Mâja, et Abû Dâwûd ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans irwâ el ghalîl (7/68).

[4]Rapporté par el Bukhârî et Muslim.

[5]Cette annale d’ibn ‘Abbâs est authentique, je me proposerais plus tard in shâ Allah, d’en faire une analyse en m’inspirant des travaux des savants.

[6] Voir : usûl wa dhawâbit fî e-takfîr de l’érudit ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan, qui fut édité avec les annotations de Sheïkh D. ‘Abd e-Salâm ibn Barjas – qu’Allah lui fasse miséricorde –.

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Takfir
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commentaires

Mohamed 03/01/2014 19:44

Salam 'alayka wa rahmatollah.

Une des meilleurs série d'article écrite sur le sujet! Machaa a Lah.