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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 05:35

 

 

 

 

Voir notamment : taqrîrât aimmat e-da’wa fî mukhâlafat madhhab el khawârij wa ibtâlihi qui est une thèse es doctorat du D. Mohammed Hishâm Tâhirî, et ayant eu parmi les membres du jury le grand Mufti actuel d’Arabie Saoudite, ‘Abd el ‘Azîz Âl e-Sheïkh.

 

La différence entre le takfîr mu’aïyin et le takfîr d’une caractéristique

 

Quoi qu’il en soit, le takfîr mu’aïyin est soumis à des conditions à remplir et à des restrictions à exclure, contrairement au takfîr d’une caractéristique. Dans ce dernier cas, nous nous contentons des textes scripturaires décrivant une parole, un acte, ou une croyance. Ex. : celui qui fait, qui dit ou qui croit telle chose est un mécréant. Ce statut reste absolu et ne concerne pas forcément chaque cas particulier. Wa Allah a’lam !

 

L’Imam ‘Abd e-Latîf réfute l’accusation selon laquelle son arrière grand-père kaffar les habitants du Najd sans distinction. Il explique que son discours était d’ordre général.[1] Le discours ne sera pas le même pour un cas particulier étant donné qu’une restriction au takfîr ou certaines circonstances atténuantes peuvent influées sur le jugement. Les traditionalistes distinguent en effet entre le cas absolu et le cas particulier pour les questions qui touchent à la menace divine (wa’îd).[2]

 

Son élève ibn Suhmân maintient pour sa part qu’il n’y a pas de mal, après l’iqâma el hujja, à taxer un individu de mushirk, de kâfir ou de jahmî s’il s’entête dans l’erreur pour une raison ou pour une autre.[3] Ainsi, comme le souligne ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan, il faut distinguer entre le takfîr d’un acte et le takfîr d’une personne. Avant d’appliquer un statut absolu sur un cas particulier, ce dernier doit répondre à toutes les caractéristiques que réclame ce jugement.[4]

 

• Les différentes tendances face au takfîr

 

Il existe trois comportements différents par rapport aux questions du takfîr : deux extrêmes et un modéré.

1-      Les kharijites : qui kaffar à outrance sans tenir compte des critères du takfîr.

2-      Les murjites ultra : qui interdisent de kaffar un musulman quoi qu’il puisse commettre comme annulation de l’Islam.

3-      Les traditionalistes : qui tiennent compte des critères du takfîr avant de se prononcer sur un cas particulier.

 

Après s’être inspiré du passage d’ibn Taïmiya cité plus haut,[5] Sheïkh el ‘Uthaïmîn met en lumière la position des traditionalistes dans les questions du takfîr : « Ainsi, il devient clair que les paroles et les actes peuvent relever de l’apostasie ou de la perversité, mais cela ne veut pas dire que leur auteur soit un apostat ou un pervers sauf dans la mesure où les conditions requises pour le faire soient réunies (tawaffur e-shurût) et où toute restriction y faisant obstacle soit exclue (intifâ el mawâni’). »[6]

 

Par conséquent, avant de condamner une personne de kâfir, il faut considérer, comme nous l’avons vu, les deux principes suivants :

1-                 L’énoncé explicite des Textes que telle parole ou telle acte relève du kufr.

2-                 Que le statut en question (takfîr) soit applicable à une personne en particulier de sorte que les conditions pour le faire soient remplies et que toute restriction y faisant obstacle soit exclue.[7]

 

Le statut terrestre

 

Selon ‘Abd e-Latîf, on peut avoir des caractéristique de l’ère païenne, des Juifs et des chrétiens sans pour autant être un kâfir. Ex. : les pots de vin (rushwa) sont caractéristiques aux Juifs, mais, les musulmans qui en prennent ne sont pas forcément des mécréants.[8] Par ailleurs, avant l’iqâma el hujja, les actes gardent le nom que le Législateur leur donne, comme le kufr, le shirk, et le fisq. Cependant, personne ne mérite le châtiment avant que la preuve céleste ne lui soit parvenue. Il faut en outre distinguer entre l’acte et le statut de leur auteur.[9]

 

Le statut dans l’au-delà

 

C’est pourquoi, nous disons dans l’absolu que les muwahhidins iront au Paradis, même s’ils doivent passer par l’Enfer. En revanche, les mécréants n’y mettront jamais les pieds. Il faut savoir que ce jugement est absolu, mais nous ne pouvons dire formellement qu’un tel ira au Paradis ou en Enfer, en dehors de ceux que le Législateur à nommer. Nous n’avons pas le droit d’entrer dans les affaires du Seigneur, bien que nous disions dans l’absolu que les adeptes des autres religions sont des mécréants ; au même moment, nous sommes convaincus qu’Allah ne châtie personne avant l’iqâma el hujja. Quant à leur statut sur terre, nous les jugeons selon leurs apparences. Les enfants des mécréants sont affiliés à la religion de leurs pères, et les mongoliens à leurs tuteurs.[10]

 

 

Conclusion

 

Cette opération de l’esprit peut certes sembler difficile, mais elle permet de résoudre tous les problèmes que posent en apparence le discours de aimmat e-da’wa. Ces derniers distinguent en effet entre le takfîr général et le takfîr particulier, comme ils distinguent entre le takfîr d’une caractéristique et le takfîr d’un cas particulier. Ils sont ainsi conformes à la voie des traditionalistes qui ont établi des critères à respecter avant de s’aventurer dans les questions du takfîr. Ils se démarquent ainsi des kharijites qui vouent tous leurs opposants à la mécréance, sans faire de détails. La question du takfîr est une question grave et complexe. Elle est soumise à des critères stricts (condition à remplir et restriction à exclure). Les kharijites se sont d’autant plus égarés qu’ils ne respectent pas ces fameux critères, comme nous allons l’expliquer dans un prochain article in shâ Allah !

 

Wa Allah a’lam !

 

Allah est Celui à qui nous demandons notre aide et sur qui nous reposons notre confiance ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Maître Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

 

Par : Karim Zentici

      

 



[1] Voir : mish e-zhalâm (p. 67).

[2] E-durar e-saniya (1/471-472).

[3] Kashf e-shubhataïn (p. 31) et e-dhiyâ e-shâriq (p. 653 et 655).

[4] Irshâd tâlib el hudâ (p. 54-56).

[5] Idem. (10/372).

[6] El Qawâ’id el Muthla fi Sifât Allah wa Asmâihi (p. 92).

[7] Voir : El qawâ’id el muthlâ fî Sifât Allah wa Asmâihî de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (p. 88) et minhâj e-ta-sîs (p. 186).  

[8] Manhaj e-ta-sîs (p. 219).

[9] Idem. (p. 265).

[10] Idem. (p. ).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Takfir
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