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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 16:34

chute-magnifique2

 

 

Le tashrî’

(Partie 10)

 

On interrogea l’Imam Ahmed sur celui qui dit que la foi monte et descend. Ce dernier répondit : « Il n’a aucun lien avec l’irjâ. » [Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 1009).]

  

 

Voir notamment : tabdîd kawâshif el ‘anîd fî takfîrihi li dawla e-tawhîd d’Abd el ‘Azîz e-Raîs, qui fut préfacé entre autre, par Sheïkh el Fawzân.

 

Avant de continuer, j’aimerais m’arrêter sur le terme qawânîn (codes), qui est le pluriel de qânûn.[1] En revenant à la définition de ce terme dans les ouvrages linguistiques, nous nous rendons compte qu’il n’a aucune connotation péjorative en lui-même.[2] C’est l’utilisation qui en est faite qui décidera de son statut.

 

Il existe trois sortes de qânûn :

 

Premièrement : mettre en place des codes en vue de régir certains aspects de la vie des hommes en société, et pour lesquels le Législateur ne prévoit pas de texte spécifique. Dans la mesure où ils ne s’opposent pas à la Législation divine, ils sont autorisés. Selon la règle en effet, les « moyens » peuvent avoir le même statut que leur « fin ». Ex : le Code de la route, les réglementations scolaires, les réglementations de forum internet, les règles de grammaire, de mustalah el hadîth, et d’asûl el figh, qui ne s’opposent pas à la religion.

 

Ces règles entre dans les masâlih el mursala (intérêt général) qui sont autorisés à l’unanimité des savants, à ma connaissance, pour reprendre les termes d’Usâma el ‘Utaïbî.

 

Deuxièmement : mettre en place des codes pour des activités interdites, comme ceux qui sont en vigueur dans les maisons de prostitution, les entreprises qui produisent de l’alcool, les sociétés d’intérêt, les associations de malfaiteurs, etc.

 

Dans la mesure où celui qui les met en place ne les autorise pas moralement, ou en d’autres termes, où il est convaincu que ces activités sont interdites par la religion, il ne devient pas mécréant. Il faut savoir que les codes d’intérêt était en vigueur à l’époque du Prophète (r). Ils ne sont pas différents dans leur essence de ceux d’aujourd’hui. Pourtant, il n’a jamais taxé d’apostat celui qui consigne des opérations d’intérêt dans un registre. Les Compagnons, leurs successeurs, et les grandes références anciennes avaient la même position.

 

Troisièmement : codifier des pratiques qui relèvent de l’apostasie (tawaf autour des mausolées, gestion des cérémonies où règnent des actes d’association), décréter par une loi qu’une telle interdiction est religieusement autorisée et inversement, établir des règles contraires au traditionalisme dans le domaine des Noms et Attributs divins, à la manière des adeptes du kalâm. Dans ce cas, le coupable devient apostat une fois que la preuve céleste soit établie contre lui (iqâma el hudja). Certains vont certes se précipiter pour dire que la preuve céleste est établie contre les chefs d’État actuel, mais nous répondons qu’il faudrait dire la même chose pour el Ghazâlî, Abû el Ma’âlî el Juwaïnî, el Qâdhî Abû Bakr el Baqallânî, les kharijites, les murjites, etc.[3]

C’est pour cette dernière catégorie que prévalent les paroles d’Ahmed Shâkir, non pour tous les cas.[4]

 

Nous pouvons donc continuer :

 

• Verset VI : [Ils ont pris leurs prêtres et leurs moines pour des maitres en dehors d’Allah].[5]

 

Argument : dans ce Verset, suivre aveuglément les savants et les dévots revient à leur attribuer la divinité.

 

En réponse : il existe deux sortes d’obéissance aveugle, comme le souligne ibn Taïmiya. Pour la première, il s’agit de les suivre dans le tabdîl. Autrement dit, les suivre dans la croyance que telle interdiction est autorisée ou que telle autorisation est interdite, ce qui est une forme… d’istihlâl. Pour l’autre, il s’agit de les suivre par désobéissance envers Allah, tout en étant convaincu qu’ils enfreignent Ses Lois.[6] Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh a des paroles qui vont dans ce sens, dans son explication du kitâb e-tawhid, dans un chapitre qui vient juste avant celui que nos adversaires se targuent de prendre à leur compte.

 

• Verset VII : [La loi de toute chose sur laquelle vous divergez revient à Allah].[7]

 

Argument : ceux qui ne soumettent pas leurs litiges à Allah enfreignent l’ordre d’Allah.

 

En réponse : il est sûr que ceux qui n’appliquent pas les Lois d’Allah commettent un grand crime, mais nous ne pouvons les sortir de la religion sans une preuve spécifique et explicite. Il va sans dire qu’il incombe à tous les musulmans sans exception de soulever leurs litiges au Coran, pas seulement aux gouverneurs, mais rien ne prête à dire en regard de ce Verset que tout transgresseur est coupable d’apostasie.

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici 

 



[1] Voir pour cette démonstration : mushkila e-tasarru’ fî e-takfîr d’Usâma el ‘Utaïbî.

[2] Voir : lisân el ‘arab d’ibn manzhûr (13/249-250), mukhtâr e-sihâh d’el Jawharî (p. 231), et el qâmûs el muhît (p. 1582).

[3] Voir : dar ta’ârudh el ‘aql wa e-naql d’ibn Taïmiya (1/5-7).

[4] Kalima el haqq (p. 88) dans l’article e-sam’ wa e-tâgha.

[5] Le repentir ; 31

[6] Voir : majmû’ el fatâwâ (7/70).

[7] Le repentir ; 31

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Publié par mizab - dans Takfir
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