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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 16:41

chute-magnifique2

 

Le tashrî’

(Partie 11)

 

Parmi les tâghût, nous avons les gouverneurs tyrans qui changent (mughaïyr) les Lois d’Allah (Y)… Le gouverneur d’un pays impose par exemple d’effacer du Coran le Verset sur l’intérêt, en changeant ainsi la Loi d’Allah, ou d’enlever l’interdiction de commettre l’adultère que dénotent certains hadîth (…) Il faut bien faire attention au terme « changer » qui est ici synonyme d’abroger une Loi du Coran. Ce cas est différent de celui qui reconnait telle loi, mais qui en applique une autre. Il ne s’agit pas dans ce cas de mughaïyr. Il ne prétend pas abrogé une Loi d’Allah, mais, il se donne des prétextes comme le contexte actuel qui rend l’application de cette loi difficile, etc. Il peut être excusable comme il peut ne pas l’être, c’est en fonction des cas. (Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh).

  

 

Voir notamment : tabdîd kawâshif el ‘anîd fî takfîrihi li dawla e-tawhîd d’Abd el ‘Azîz e-Raîs, qui fut préfacé entre autre, par Sheïkh el Fawzân.

 

• Verset VIII : [Ne vois-tu pas ceux qui prétendent croire à la Loi, qui te fut révélée et qui fut révélée avant toi, ils veulent soulever leurs litiges au tâghût, alors qu’il leur est demandé de le renier. Satan veut uniquement les faire sombrer dans un lointain égarement].[1]

 

Argument : Ce Verset est la preuve que celui qui n’applique pas les lois d’Allah est un tâghût. Il dit en effet : [ils veulent soulever leurs litiges au tâghût]. Il s’agirait ici de Satan, ou, selon une autre tendance, de Ka’b ibn el Ashraf el Yahûdî. Une troisième opinion parle des sorciers, car chaque tribu arabe avait sous la main un devin chez qui elle ramenait ses litiges.

 

En réponse :

 

1- La plupart des annales que l’adversaire utilise pour appuyer son idée sont faibles, dont celle de Sha’bî qui est mursal (interrompue au niveau des Compagnons).

 

2-  Il existe certes une annale provenant d’ibn ‘Abbâs. Dans l’hypothèse où celle-ci était authentique, elle parle spécifiquement des hypocrites, et nous avons déjà expliqué que de ressembler aux hypocrites dans l’une de leurs caractéristiques n’est pas forcément synonyme de mécréance.[2]

 

3-  Nous avons expliqué également qu’ils veulent certes soumettre leurs litiges aux taghût, mais il ne s’agit pas de n’importe quelle volonté. Cette volonté en question s’oppose à l’obligation fondamentale de renier le taghût qui relève de la croyance même. Il va sans dire que ne pas fournir cette croyance relève du kufr akbar, comme le souligne Ibn Jarîr e-Tabarî.[3]

 

4- En prenant ce Verset à son compte, l’adversaire sombre dans une implication que lui-même ne s’impose pas, et qui exigerait de sortir de l’Islam celui qui n’applique pas les Lois d’Allah, ne serait-ce qu’une seule fois.

 

5- C’est implication erronée impose d’établir un vrai critère pour définir à quel moment on peut considérer qu’une personne ne renie pas le taghût au même titre que les hypocrites. Autrement dit, c’est… l’istihlâl.

 

6- Sheïkh el Fawzân explique à ce sujet : « Le Verset condamne à la mécréance l’auteur d’une telle initiative. Cela concerne celui qui n’applique pas sciemment les Lois d’Allah, et qui instaure des tribunaux civils pour régler les litiges entre les citoyens. Le but, étant de supprimer la sharî’a et de la confiner aux affaires d’État civil. Quant aux litiges qui opposent les citoyens, ils sont soulevés à des tribunaux civils. L’auteur d’une telle initiative est un kâfir.

 

Nous pouvons relever deux exceptions dans ce domaine :

Premièrement : celui qui n’applique pas les Lois d’Allah en raison d’une erreur d’interprétation, après avoir fourni un effort pour parvenir à la vérité. Dans la mesure où il est apte à fournir des efforts d’interprétation, il est récompensé pour son effort, et pardonné pour son erreur.

Deuxièmement : celui qui n’applique pas les Lois d’Allah, et qui a conscience de désobéir à Allah. Cependant, il est motivé soit par les passions soit par certaines ambitions financières soit par des gratifications illicites. Au même moment, il reste convaincu qu’il incombe de suivre les Lois d’Allah et qu’il est dans l’erreur. Le cas échéant, c’est un simple pécheur auteur d’un grand péché. »[4]

 

7- Qu’on n’aille pas dire que ce discours ne concerne pas celui qui se réfère à des lois forgées (qawânîn wadh’iya). Une fatwa de la lajna e-dâima ne fait aucune distinction entre les cas. Le seul paramètre qu’elle prend en considération, c’est… l’istihlâl.[5]

 

8- Sheïkh el Fawzân lui-même affirme en réponse à la question : « qu’Allah vous récompense ! Quelle est la différence entre changer les Lois d’Allah et ne pas appliquer les Lois d’Allah ?

En réponse : C’est la même chose. Néanmoins, l’accent est mis sur ceci dans le but de le condamner plus sévèrement. Ne pas appliquer les Lois d’Allah en effet, cela revient à les changer, et auquel cas on devient un tyran. La justice s’incarne dans les Lois d’Allah (I) et l’injustice dans les autres lois. »[6]

 

9- Ailleurs, il donne les mêmes détails qu’ibn Bâz. Qu’on en juge : « Gouverner par une autre législation que celle d’Allah est un acte d’apostasie dans la mesure où l’on pense que c’est autorisé, ou qu’il est autorisé de choisir entre la législation divine et les législations humaines (tant que les litiges des citoyens sont réglés selon certains ; ce but est indifféremment atteint avec n’importe quelle législation ; on peut adopter celle d’Allah ou celle des hommes, cela revient au même).

 

Nous disons : gloire à Allah ! Peut-on mettre sur un même pied d’égalité la législation divine et celle des taghût ?Appliquer les lois d’Allah (U) sur terre est un acte d’adoration. Il ne s’agit pas simplement de régler les différends, mais, avant tout, d’adorer le Très-Haut à travers l’application de Ses Lois. Ainsi, se soumettre à un autre législateur, c’est une forme de shirk au niveau de l’obéissance et celui de la législation. Que disent les Versets ? [ou bien ont-ils des associés qui leur légifèrent de la religion des lois pour lesquels Allah n’a descendu aucune autorité],[7] [Si vous leur obéissez, vous deviendrez des païens],[8] [Ils ont pris leurs prêtres et leurs moines pour des maitres en dehors d’Allah, ainsi que le Messie fils de Mariam] jusqu’à : [Gloire à Lui, qui est au-dessus de ce qu’ils Lui associent].[9] Ceux-ci disent que c’est du shirk. Cela concerne celui qui met sur le même pied d’égalité la Loi d’Allah et celle des taghût.

 

En sachant, qu’un taghût correspond à toute loi qui n’est pas d’inspiration divine. Cela concerne aussi bien les coutumes bédouines que les législations non-musulmanes (française, anglaise, etc.). Le terme taghût englobe toutes ces lois à la fois. Dans ce registre, nous avons les décisions des sorciers. Prétendre qu’elles sont égales à celle d’Allah, relève de la mécréance. Pire, c’est de prétendre que les lois révélées par Allah sont moins bien que celles forgées par les hommes, sous prétexte que la religion musulmane ne convient pas à notre époque et qu’elle est dépassée ; la conjoncture moderne réclamant de se tourner vers les législations humaines et de suivre son époque. Nos tribunaux doivent se conformer à la tendance actuelle pensent-ils, mieux adaptée à nos besoins nouveaux que la Législation divine. Cette forme de mécréance est pire que de simplement mettre sur le même pied d’égalité la Loi d’Allah et celle des hommes.

 

En revanche, celui qui n’applique pas les Lois d’Allah, soit parce qu’il ne les connait pas, soit parce qu’il se soumet à ses passions, bien qu’au même moment il reconnaisse que la Loi d’Allah incarne la vérité et que son application nous est imposée, il commet un grand péché. C’est de la mécréance sans n’être de la mécréance (kufr dûn kufr). »[10]

 

Wa Allah a’lam !

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

 

 

 

 

 

 



[1] Les femmes ; 60

[2] Voir : jâmi’ el bayân fî tafsîr el qur-ân (5/99).

[3] Tafsîr e-Tabarî (5/96).

[4] Voir : sharh ma’na e-tâghût de Sheïkh el Fawzân.

[5] Fatâwa e-lajna (1/781-782).

[6] Voir : sharh ma’na e-tâghût de Sheïkh el Fawzân.

[7] La concertation ; 21

[8] Le bétail ; 121

[9] Le repentir ; 31

[10] Voir : sharh nawâqidh el islâm de Sheïkh el Fawzân.

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Publié par mizab - dans Takfir
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