Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 18:02

chute-magnifique2

 

Le tashrî’

(Partie 15)

 

Selon Abû Huraïra, le Messager d’Allah (r) a prédit : « À la fin des temps, il y a aura un peuple qui va mélanger la religion avec les choses de ce bas monde. Ils feront passer aux yeux des gens la peau de chèvre pour du poil doux. Leur langue sera plus mielleuse que le sucre, mais ils auront des cœurs de loups. Allah (U) révèle : « Osez-vous mentir sur Moi ? Osez-vous vous ériger contre Moi ? Par Moi ! Je jure que Je vais envoyer une épreuve à ces gens-là ébahissant le plus posé d’entre eux. » » [Rapporté par e-Tirmidhî (2404) et el Baghawi dans Sharh e-Sunna (14/394).]

  

S’il y avait une phrase pour résumer la relation qu’entretient Safar el Hawâlî avec le kharijisme et le murjisme, ce serait : entre les deux, mon cœur balance !

 

13- L’élève de Mohammed Qotb n’y va pas avec le dos de la cuillère dans l’un de sescours d’el ‘aqîda e-Tahâwiya, dans lequel il déclare : « ... Le Métropolitain en question, c’est une espèce d’hôtel qui se trouve dans l’un des pays du golf : à Dubaï plus exactement… Dans ce fameux hôtel, il y a certaines boissons que ces gens-là appellent eau de vie. Je veux dire qu’il propose de l’alcool en supplément aux autres distractions, avec notamment des vidéos, etc. Ils invitent ouvertement à boire de l’alcool. Pour le comble ils invitent pleinement également, comme le prouvent les photos à l’appui –qu’Allah nous préserve – à participer aux soirées dansantes dans lesquelles hommes et femmes habillés en tenues indécentes sont mélangés, et peuvent boire de l’alcool. Qu’Allah nous préserve de cette mécréance ! Car autoriser ce qu’Allah (I) a interdit fait partie sans aucun doute de la mécréance ouverte ! »

 

Ainsi, afficher ouvertement sa débauche est une forme d’Istihlâl aux yeux du D. Safar, en parlant des photos indécentes et en considérant que les publicités qui les accompagnaient étaient une forme d’Istihlâl. Il en déduit ensuite que c’était de l’apostasie. Dans le bénéfice du doute, nous aurions pu penser qu’il faisait allusion à la fameuse règle « c’est de la mécréance sans être de la mécréance », mais il nous a enlevé le doute en précisant que c’était « de la mécréance ouverte ! ». La confusion règne chez nos activistes harakî sur les questions d’Istihlâl (autoriser moralement les interdictions) et d’Istikhfâf (prendre les interdictions à la légère), en sachant qu’ils ne font aucune distinction entre ces deux notions et el Mujâhara bi el Ma’âsî (afficher ouvertement ses péchés). Ils trahissent ainsi leur affinité avec le Kharijisme.

 

Quelle est la différence en effet entre ce genre de péchés et les autres péchés en général ? Est-il impossible de voir sur terre un pervers qui n’invite pas l’un de ses amis à pécher avec lui ? Le plus triste, c’est que de telles aberrations soient prononcées lors d’un cours de… Sharh el ‘Aqîda e- Tahâwiya ![1]

 

14- En fait, nos activistes harakî ont trouvé une  bonne parade pour avoir le champ libre. Il suffit de stigmatiser les savants traditionalistes contemporains qui constituent un rempart contre leurs complots. Rien de plus simple que d’adosser l’étiquette de murjites à tous ceux qui s’opposent à leur projet de révolte contre les autorités en place. Pourtant, sans entrer dans les détails, les murjites ne s’opposent nullement à l’épée, comme en témoignent ces annales :

 

• Selon ibn Shâhîn, Sufiân e-Thawrî a dit : « Craignez toutes ces « passions » égarées. » Quand on lui demanda des explications, ce dernier répondit : « Les murjites disent….Puis, il évoqua certaines de leurs opinions avant d’enchaîner : Ils voient l’épée contre les adeptes de la qibla. »[2]

 

• Selon ibn Shâhîn, on demanda à ibn el Mubârak : « Est-ce que tu adhères à la pensée murjite ?

-      Comment pourrais-je être un murjite, a-t-il répondu, alors que je ne vois pas l’épée !»[3]

 

• D’après Abû Ishâq el Fuzârî, j’ai entendu dire Sufiân et el Awzâ’î : « Le discours des murjites aboutit à l’épée !»[4]

 

• D’après e-Sâbûnî, avec une chaîne narrative authentique qui fait dire à Ahmed ibn Sa’îd e-Ribâtî, ‘Abd Allah ibn Tâhir m’a dit : « Ahmed ! Vous, vous ne savez pas pourquoi vous détestez ces gens-là – en parlant des murjitesalors que moi, je sais pourquoi je les déteste. Je les déteste parce que ; premièrement : ils ne voient pas l’obéissance au sultan… »[5]

 

15- Le problème chez nos activistes harakî, c’est qu’ils maitrisent mal le dogme traditionaliste. En plus de cela, ils font en sorte, d’une façon ou d’une autre, de cacher aux gens tous les enseignements traditionalistes qui vont à leur encontre. Ils ne portent pas en affection ceux qui stigmatisent leurs symboles. Malheur à celui qui ose toucher à leur groupe ou à l’un des leurs. Ils se sentent trahis et répondent de façon disproportionnée. Ils arborent une chose qui s’appelle « critique », car cela divise et fait du mal à la jamâ’a… leur jamâ’a. Pourtant, comme le souligne ibn Taïmiya, l’attitude qu’ils adoptent est propre aux… murjites, chez qui les notions de morale (amr bi el ma’rûf) et de bons conseils sont faibles,[6] sauf bien sûr lorsque cela touche au sujet qu’ils affectionnent, le gouverneur. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui, le tamyî’.

 

16- L’auteur de Zhâhirat el irjâ récidive lorsqu’il condamne à l’irja les savants, à l’instar de Sheïkh el Albânî, qui ne taxent pas de mécréants celui qui ne fait pas la prière (târik e-salât), sans renier son aspect obligatoire ni l’autoriser moralement (istihlâl), et cela sous prétexte notamment de contredire le consensus des Compagnons Au meilleur des cas, ils seraient influencés par l’irja.[7] Or, comme le souligne ibn Taïmiya, les fagih qui sont influencés par l’irja sont ceux qui ne considèrent pas apostat celui qui refuse de prier sous la menace de l’épée.[8]

 

Le D. Safar lui-même le reconnait dans son même livre,[9] et… Sheïkh el Albânî.[10] En sachant que certains grands légistes à l’image d’ibn Qudâma notent qu’il existe une divergence sur la question entre les savants traditionalistes eux-mêmes. Il impute cette opinion à ibn Batta, et dit même que c’est celle de la plupart des savants des quatre écoles.[11] E-Nawawî, quant à lui, attribue cette tendance à la majorité des savants.[12] Abû el Faraj el Maqdîsî va plus loin en rapportant l’unanimité des savants de son école sur la question.[13] Est-ce que tous ces gens-là sont des murjites ou bien sous leur l’influence Mr. Safar ? Il est vrai que les murjites rejoignent certains traditionalistes sur cette question comme le fait remarquer ibn ‘Abd el Barr, à la différence que pour ces derniers la foi est composée des paroles et des actes et que târik e-salât n’a pas une foi parfaite.[14] El Albânî établit que son cas est très grave et qu’il peut atteindre le degré de kufr.[15]

 

Il reste le problème de celui qui ne fournit aucun acte apparent. C’est la question du jisn el ‘amal que je compte développer dans un avenir proche in shâ Allah !

 

Mais dors et déjà, il faut savoir que bon nombre de savants ne vouent pas à l’apostasie celui qui ne fait pas la prière. Il y a notamment e-Zuhrî, Abû Hanîfa, Mâlik, e-Shâfi’î, même Ahmed selon l’une de ses tendances, Abû Thawr, Abû ‘Ubaïd, ibn Batta, el Muwaffaq ibn Qudâma el Maqdîsî, et son neveu Abû el Faraj, ibn ‘Abd el Barr, Abû Mohammed e-Tamîmî, e-Nawawî, ibn Hajar, ibn e-Salâh, el Qurtubî, e-Tabarî, e-Safârînî, etc.[16]

 

Indépendamment de savoir de quelle côté penche la vérité, il faut garder à l’esprit que de nombreux savants notent la divergence sur la question (el Marwîzî, e-Sabûnî, Abû Bakr el Ismâ’îlî, ibn ‘Abd el Barr, ibn Taïmiya, Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, son petit-fils ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan, son arrière petit-fils ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân, et d’autres savants de aimma e-da’wa comme ibn Mu’ammar, et plus tard ibn Bâz, ibn ‘Uthaïmîn, el ‘Abbâd, une fatwa de la lajna e-dâima, etc.).

 

On a beau dire qu’un consensus des Compagnons est rapporté sur la question, mais ce n’est pas le genre de consensus qui remet en question l’appartenance au traditionalisme pour celui qui le déroge. Étant donnés notamment, et sans entrer dans les détails, qu’en plus du fait qu’il est discutable, de nombreux exemples dans la pratique démontrent que les consensus revendiqués par certains légistes ne sont pas toujours pris en compte par les savants.

 

Le pire, c’est qu’une secte kharijite du nom d’el Mansûriya taxe de murjites les savants qui ne condamnent pas à l’apostasie celui qui délaisse la prière sans renier son aspect obligatoire, car cela implique de dire que la foi est composée du qawl sans le ‘amal.[17]

 

… entre les deux, mon cœur balance !

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

 

 



[1] Voir : madârik e-nazhar fî e-siyâsa de Sheïkh ‘Abd el Mâlik Ramadhânî.

[2] Voir : el kitâb e-latîf (15), e-sharî’a d’el Ajurrî (2062), et sharh usûl el i’tiqâd d’e-Lalakâî (1834).

[3] Voir : el kitâb e-latîf (n° 17).

[4] Rapporté par ‘Abd Allah ibn Ahmed dans e-sunna (363) avec une chaîne narrative authentique.

[5] Voir : ‘aqîda e-salaf wa ashâb el hadîth (p. 109).

[6] Voir : majmû’ el fatâwa (12/467) et (20/111). Pour un exemple où Safar fait preuve de tamyî’ envers ahl el bida’, voir : Zhâhirat el irjâ (p. 85).

[7] Zhâhirat el irjâ (2/651 et 657).

[8] Voir : majmû’ el fatâwa (1/615-616), (7/219) et (22/47-49).

[9] Zhâhirat el irjâ (459-561).

[10] Hukm târik e-salât (p. 38).

[11] El mughnî (1/445-446).

[12] El majmû’ (3/17).

[13] E-sharh el kabîr (3/38).

[14] E-Tamhîd (4/242).

[15] Silsilat el ahâdith e-dha’îfa (1/212-213).

[16] Voir : ta’zhîm qadr e-salât d’el Marwizî (2/956), majmû’ el fatâwa (7/610-611), e-sharh el kabîr (3/38), el mughnî (2/444), etc.

[17] El burhân fî ma’rifa ‘aqâid ahl el adiyân d’Abû el Fadhl ‘Abbâs ibn Mansûr e-Saksakî (p. 95-96).

Partager cet article

Repost 0
Publié par mizab - dans Takfir
commenter cet article

commentaires

Sa3id 13/11/2014 00:19

BarakaAllah oufik jazakaAllah ou khayran qu'Allah t'accorde le plus haut degré du paradis pour ce travail que tu fais que j'ai rarement vu sur un site. tu pourrais pas mettre quelque paroles des compagnons que ibn qudamah rapporte juste pour être sur et certain et avoir les références en main?

mizab 13/11/2014 09:32

Amin ! wa anta kadhalik, c'est une bonne idée, en effet, après, il s'agira de discuter de leurs chaines narratives, mais en attendant, voici ce que j'écrivais sur le sujet dans l'article :

Le seuil minimum de la foi


La divergence sur l’abandon de la prière

Le Qâdhî Abû Ya’lâ établit en parlant du désobéissant musulman : « Il s’agit de quelqu’un ayant fourni la croyance du cœur, et la parole, mais ayant délaissé les actes de dévotion – excepté la prière – et ayant commis des actes de débauche ; prend-il le nom de croyant ? » Ensuite, il enchaine : « L’Imâm Ahmed – qu’Allah lui fasse miséricorde – semble lui accorder le nom de croyant ayant certes une foi faible, mais sans lui enlever complètement ce statut. »

Après ce passage, l’auteur de la recension du livre, Su’ûd el Khalaf, qui est enseignant à l’Université de Médine fait le commentaire suivant : « S’il est fait ici exception à la prière, c’est en raison de la divergence qui existe sur la question entre savants. L’Imâm Ahmed a deux opinions concernant celui qui la délaisse sciemment, mais sans renier son aspect obligatoire. L’une le voue à la mécréance… et l’autre, dans laquelle il rejoint les Imâms Mâlik et Shâfi’î, le considère musulman. »

Plusieurs savants, à l’instar d’ibn Taïmiya et d’ibn Rajab, font mention de la tendance d’Ahmed selon laquelle il ne kaffar pas l’abandon des quatre piliers, avec la prière à leur tête, tout en reconnaissant leur aspect obligatoire.

De grands commentateurs hanbalites reconnaissent la divergence sur l’abandon de la prière au sein de l’école. Ces derniers vont jusqu’à reprendre à leur compte la tendance selon laquelle celui qui délaisse la prière est passible de la peine de mort, mais sans devenir apostat. Nous avons pour ne citer qu’eux, Shams e-Dîn Abû el Faraj ibn Qudâma, le cousin et l’élève d’el Muwaffaq ibn Qudâma, qui impute cette opinion à ibn Batta et à la plupart des légistes dont Mâlik, Shâfi’î et Abû Hanîfa. El Mardâwî, pour sa part, impute cette opinion à ibn ‘Abdûs, el Majd, ibn Razîn, etc. El Muwaffaq lui-même la reprend à son compte dans el mughnî (2/442).

L’érudit Saksâkî qui est d’obédience hanbalite souligne : « Quand on délaisse la prière sans renier son aspect obligatoire, on est musulman, selon l’opinion la plus juste de l’Imâm Ahmed. La secte mansûriya, qui s’oppose à cette tendance, taxe les traditionalistes de murjites, car cela implique de dire, à leurs yeux, que la foi est composée de la parole sans les actes. »

Nous avons vu plus haut une annale, selon laquelle Ahmed fut interrogé par son fils Sâlih : « J’ai interrogé mon père au sujet du crédo selon lequel la foi monte et descend, sur les éléments qui la font monter et descendre ?
- Elle monte grâce aux actes et descend en délaissant les actes comme la prière, le pèlerinage, et les obligations religieuses. »

sa3id 11/11/2014 01:02

salam o 3alayka wa rahmatoAllah wa barakatoh sur le fait que il y à consensus chez les compagnons il est bel et bien rapporté un consensus des compagnons c'est authentifié et il y en à qui disent qu'on ne peux pas s'opposer au consensus des compagnons mais de quel délaissement parlaient ils les compagnons? est-ce du délaissement par paresse ou autre chose? et comment peux-on le savoir?

mizab 11/11/2014 17:44

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !

En fait, ce consensus est controversé, ou plus exactement, il est mal posé !

Déjà, celui qui le rapporte parle des derniers Compagnons, et en l’occurrence, il en a rencontré 10 tout au plus !

En outre, il n'est pas possible qu'il y ai un consensus sur la chose et que les savants divergent dessus la génération suivante !

Des savants comme ibn Qudama rapporte des annales de Compagnons disant le contraire et impute cette opinion à la grande majorité des savants, dont les savants des 4 écoles, si on compte celle de l'Imam Ahmed selon une version, comme le rapporte ibn Taïmiya et ibn Rajab !

Pour résoudre cette énygme, il est possible de dire que la question ne se posait peut-être pas à l'époque des Compagnons, avant de parler de consensus, tant la chose était rare !

Il est possible que ce péché se répandit les générations suivantes, et c'est ce qui aurait obligé les savants a en parler !

Donc, il n'y a aucune contradiction à cela...

Ensuite, il existe un consensus qui celui-ci est incontestable et qui parle de renier la prière...

wa Allah a'lam !

abu al harith 06/06/2013 22:48

Salam 'aleykum

Vous écrivez au point 15 :

"Ils arborent une chose qui s’appelle « critique », car cela divise et fait du mal à la jamâ’a..."

Je suppose que vous vouliez écrire : "abhorrent" du verbe abhorrer qui est un synonyme de détester contrairement à arborent du verbe arborer qui lui est plutôt synonyme d'afficher, déployer, élever...

wa Allah a'lem

wafaqakum Allah

mizab 08/06/2013 16:16

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !


Oui, jazaka Allah kheir !

Je corrige de suite, in sha Allah !