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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 15:25

copiedephotodroite7

 

 

 

Les conditions du takfîr

(Partie 2)

 

Que les Prières et les Salutations d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons ! 

 

Voir notamment : taqrîrât aimmat e-da’wa fî mukhâlafat madhhab el khawârij wa ibtâlihi qui est une thèse es doctorat du D. Mohammed Hishâm Tâhirî, et ayant eu parmi les membres du jury le grand Mufti actuel d’Arabie Saoudite, ‘Abd el ‘Azîz Âl e-Sheïkh.

 

Nous sommes toujours avec la quatrième condition :L’accusé doit avoir conscience qu’il s’oppose aux textes, qui est encore une autre question qu’irâda el kufr

 

‘Abd Allah, le fils d’ibn ‘Abd el Wahhâb, est l’auteur des paroles suivantes : « Certains textes scripturaires démontrent qu’Allah ne châtie pas pour une erreur commise par un adepte de notre communauté. D’après le recueil e-sahîh, selon Abû Huraïra (y), le Messager d’Allah a dit : « Un homme, qui n’avait fait aucune bonne action, recommanda à sa famille avant de mourir. « Après ma mort, brûler ma dépouille. Puis, dispersez-en une partie dans la mer et l’autre partie sur la terre ferme. Par Allah ! S’Il venait à me reprendre, Il m’infligerait un châtiment comme Il ne l’a jamais infligé à personne dans toute l’Humanité. » Après sa mort, ses vœux furent exaucés, mais Allah ordonna à la terre ferme et à la mer de rassembler ses cendres. Puis, Il le questionna : « Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cela ?

-           C’est la peur de ton courroux, Mon Seigneur ! » C’est alors qu’Il lui pardonna. »[1] 

Ce hadîth a été certifié par plusieurs voies que rapportent un certain nombre de Compagnons…

 

Cet homme en question doutait et ignorait qu’Allah (I) avait le Pouvoir de le reconstituer ; il avait alors recommandé à sa famille d’éparpiller ses cendres. Pourtant, cet homme était dans l’ensemble, un croyant. Il croyait dans l’ensemble au dogme de la Résurrection ; soit qu’Allah allait rétribuer les hommes en bien ou en mal après leur mort. Cette croyance est une bonne œuvre en elle-même. Elle intercéda en sa faveur lorsqu’Allah décida de lui pardonner. Son erreur fut mise au compte de la peur extrême ; en sachant que de nombreux adeptes de notre communauté commettent des erreurs de ce genre.

 

Pourtant, les savants s’accordent à ne pas kaffarpour les erreurs commises par les musulmans. Par exemple, certains Compagnons contestaient que les morts puissent entendre. D’autres contestaient que le voyage nocturne eut lieu à l’état d’éveil.

 

Shuraïh el Qâdhî, quant à lui, il contestait la lecture [bel ‘ajibtû wa yaskharûn][2] ; en ayant Allah pour sujet du verbe ‘ajiba (s’étonner ndt.), sous prétexte qu’Allah ne pouvait être étonné. Quand Ibrahim e-Nakha’î eut écho de son opinion, il eut la réaction suivante : « Shuraïh est un poète imbu de son savoir, mais ‘Abd Allah, qui est plus érudit que lui, lisait : [bel ‘ajibtû wa yaskharûn] (au lieu de ‘ajibta ndt.). »

 

Ce fameux Shuraïh contestait une lecture pourtant reconnue, et qui plus est, un Attribut confirmé par le Coran et la sunna. Or, à l’unanimité des musulmans, Shuraïh compte parmi les grandes références de la Nation. »[3]

 

Ainsi, pour les savants de aimmat e-da’wa, le takfîr d’un cas particulier a lieu seulement après l’iqâma el hujja dès lors qu’il s’érige en ennemi de la religion de Mohammed.[4] Sheïkh ‘Abd Allah Abâ Btîn établit à ce sujet : « Le takfîr d’un cas particulier et sa mise à mort réclament de lui transmettre au préalable la preuve prophétique s’appliquant contre tous ceux qui s’y opposent. On ne devient pas forcément mécréant en ignorant un enseignement de la religion. »[5]

 

5- Aucune restriction au takfîr ne doit faire obstacle au jugement

 

Il est faut de dire que les traditionalistes ne vouent personne à l’apostasie, mais ils soumettent leur jugement à des conditions. Sheïkh ‘Abd Allah Abâ Btîn établit à ce sujet : « … Auquel cas, nous lui sommons de se repentir, et s’il refuse, nous le mettons à mort. Or, la demande de repentir ne peut avoir lieu qu’avec un cas particulier. »[6] Certains savants de aimmat e-da’wa se sont abstenus de se prononcer sur certains cas particuliers, comme el Busaïrî, qui s’adonnaient à certaines pratiques païennes s’opposant clairement au dogme fondamental de la religion. La raison, c’est qu’ils n’avaient pas suffisamment d’éléments en mains pour les kaffar. Il existait en effet la forte probabilité qu’ils s’étaient imprégnés des conceptions erronées qui leur étaient difficiles d’évacuer.[7]

 

Sheïkh ‘Abd Allah Abâ Btîn se chargea de réfuter la tendance erronée et véhiculée par Dâwûd ibn Jarsîs et ibn ‘Ajlân. Ces deux hommes l’imputaient à ibn Taïmiya et son élève ibn el Qaïyim. Ils prétendaient que l’erreur d’interprétation rapportait systématiquement une récompense en plus du fait qu’elle était excusable. Ils voulaient  faire passer l’idée que seul un obstiné pouvait sortir de l’Islam. Le suivisme aveugle et l’ignorance seraient, à leurs yeux, dans tous les cas excusables.

 

Voici un passage de la réfutation qu’il leur consacra : « Ceux qui polémiquent en faveur des païens s’inspirent de l’histoire de l’homme ayant demandé à sa famille de brûler son corps après sa mort. Ils en concluent que l’ignorant ayant commis un acte de mécréance (kufr) est excusable. Seul un obstiné, à leurs yeux (mu’ânid), peut devenir mécréant…

 

Dans les ouvrages de figh, les légistes – qu’Allah leur fasse miséricorde – définissent l’apostat comme suit : un musulman qui renie sa religion dans les paroles, les actes, la croyance, ou par scepticisme. Or, c’est l’ignorance qui est la cause du scepticisme. Cela impliquerait de ne pas kaffar les Juifs, les chrétiens, ceux qui se prosternent pour le soleil, la lune, et les idoles en raison de leur ignorance ! On devrait dire la même chose pour ceux qu’Ali ibn Abî Tâlib a condamnés au bûché, alors que nul ne doute qu’ils étaient des ignorants. Les savants – qu’Allah leur fasse miséricorde – sont unanimes à sortir de la religion celui qui ne kaffar pas les Juifs et les chrétiens ou qui tout simplement douterait de leur mécréance. Pourtant, nous sommes convaincus que la plupart d’entre eux sont des ignorants…

 

Donner une excuse à celui qui commet du kufr par une erreur d’interprétation (ta-wîl), un effort d’interprétation (ijtihâd), une erreur involontaire (khata), par suivisme ou par ignorance, c’est aller à l’encontre du Coran de la sunna et du consensus. Il n’y a aucun doute là-dessus ! Sans compter que les partisans de cette tendance sont obligés d’aller à l’encontre de leur propre principe. Sinon, nul doute qu’ils deviennent eux-mêmes des mécréants. C’est du même ordre que de s’abstenir de kaffar celui qui doute de la mission de Mohammed (r).

Quant à l’homme qui demanda à sa famille de brûler son corps après sa mort, Allah lui pardonna certes, bien qu’il doutait d’un Attribut divin. La raison, c’est que la preuve céleste ne lui était pas parvenue sur le sujet, comme le prétend plus d’un savant.

 Sheïkh Taq-ï e-Dîn [ibn Taïmiya] – qu’Allah lui fasse miséricorde – explique qu’en doutant d’un des Attributs du Seigneur on devient mécréant ; dans le cas d’un individu qui n’est pas censé ignorer ce point. Ce statut n’englobe pas celui qui n’est pas censé le savoir. C’est la raison pour laquelle le Prophète (r) n’a pas kaffarl’homme ayant douté pourtant du Pouvoir d’Allah, étant donné que la preuve céleste ne lui était pas parvenue. »[8]

 

Ainsi, les savants de aimmat e-da’wa ne voient pas d’inconvénients à kaffar un cas particulier, mais ils respectent avant cela un certain nombre de conditions à remplir comme nous l’avons vu, mais aussi des restrictions à exclure. C’est de ces restrictions que nous allons parler dans la prochaine série d’articles in shâ Allah ! 

 

Par : Karim Zentici



[1] Cette histoire est rapportée par el Bukhârî (7505) et Muslim (2757).

[2] Les rangées d’anges ; 12

[3] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (1/195-196) et e-durar e-saniya (10/245-246).

[4] Voir : kashf e-shubhataïn de Sulaïmân ibn Sahmân (p. 75-76).

[5] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (5/510).

[6] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (5/510).

[7] Voir : e-durar e-saniya (1/34).

[8] El intisâr li hisb Allah el muwahhidîn (p. 16-18) ; voir également : e-durar e-saniya (12/72-73) et (12/85). Je reviendrais plus tard in shâ Allah sur ce discours Abâ Btîn qui peut poser problème pour un lecteur non averti.

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Publié par mizab - dans Takfir
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commentaires

Amy 28/01/2013 13:46


Jazaka LLAHU kheiran !!!!! 

mizab 28/01/2013 14:00



 


 


Amin, wa anta kadhalik !



Amy 27/01/2013 22:59


Salam,


mais c'est bien le savant et uniquement le savant qui a le droit de taxer un individu précis de - Kaffir - ? Et non pas un simple musulman qui va taxer un homme ayant commis un
blasphème,et cela même si cet homme,répondait à toute les conditions?


qu'Allah te récompense mon bien-aimé frère .. 

mizab 28/01/2013 06:29



 


 


wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !


 


Il est possible d'aborder la chose sous plusieurs angles !


Si par exemple la mécréance constatée est claire comme l'eau de roche (si toutes les conditons sont réunies, comme tu le soulignes à juste titre), alors même les gens simples peuvent désigner un
tel comme un kafir


 


Le fait est que les conséquences de ce takfir (mise à mort, etc.) reviennent aux savants pour la fatwa et au juge pour l'application de la mise à mort !


 


Sinon, il y a d'autres angles de vue, dont je parles ici :


 


http://www.fourqane.fr/forum/viewtopic.php?t=4745&start=15


 


et ici :


 


http://www.planete-islam.com/showthread.php?59526-Le-Takfir-n-appartient-pas-qu-aux-savants


 


http://www.planete-islam.com/showthread.php?59253-La-r%E9alit%E9-du-Takfir-d-apr%E8s-les-savants-du-Najd


 


http://www.planete-islam.com/showthread.php?59255-Shaykh-Mouhammed-Ibn-Abdil-Wahhab-sur-celui-qui-insulte-de-Khawarij-les-Musulmans


 


Je disais notamment :


 


Les savants mettent en garde contre le takfir pour atténuer l'ardeur de certains (fermer la porte à l'anarchie), non qu'il soit interdit de kaffar dans l'absolu !


 


wa Allah a'lam !