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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 05:39

 

 

 

 

Que les Prières et les Salutations d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !

 

Voir notamment : taqrîrât aimmat e-da’wa fî mukhâlafat madhhab el khawârij wa ibtâlihi qui est une thèse es doctorat du D. Mohammed Hishâm Tâhirî, et ayant eu parmi les membres du jury le grand Mufti actuel d’Arabie Saoudite, ‘Abd el ‘Azîz Âl e-Sheïkh.

 

Sheïkh‘Abd Allah le fils de l’Imam ibn ‘Abd el Wahhâb fait remarquer que le kufr et l’apostasie (ridda) consistent à renier un enseignement connu de façon élémentaire de la religion. Le problème, à ses yeux, c’est que les ignorants ne font pas la distinction entre les formes de kufr et de ridda. Beaucoup d’entre eux parmi ses contemporains y trouvaient un prétexte pour piller les musulmans.[1]

 

Le takfîr el mu’aïyin peut être sujet à l’erreur

 

S’il est mu par une erreur d’interprétation comme nous l’avons vu, il est excusable, bien qu’une menace terrible plane sur son auteur.[2] ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan affirme que les kharijites prennent les textes au premier degré au dépens des principes traditionalistes disant notamment que l’auteur d’un grand péché ne sort pas de l’Islam. il en conclut qu’en taxant illégitimement son frère de kâfîr, on n’est pas forcément exclu du cercle des musulmans.[3] si quelqu’un se rend compte de son erreur, il doit s’en repentir sur le champ et s’excuser auprès de son frère.[4]

 

Cela ne signifie nullement que les savants n’ont jamais recours à un vocabulaire dur avec notamment les innovateurs apostats, mais ils s’assurent pour cela que le contexte y soit favorable. Le discours sera différent en fonction de la situation.[5] Les savants de aimmat e-da’wa sont les premiers à tenir compte de ce paramètre. Ils appelaient leurs contemporains à la vérité, leur réservaient des invocations et étaient les plus prompts à leur chercher des excuses dans la mesure du possible. Malheureusement, leurs détracteurs les dépeignent avec une très mauvaise image. Certains ignorants qui se réclament de leur prédication ne font qu’alimenter et conforter ce sentiment.

 

Sheïkh‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân récuse l’accusation selon laquelle l’Imam sortait les musulmans de l’Islam et à fortiori les savants. Il avait un grand respect pour les représentants de la religion et ne tolérait pas qu’on leur fasse la moindre égratignure.[6]

 

Le takfîr relève de la compétence des savants

 

Dans l’une de ses fameuses lettres, l’Imam ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan dit : « On m’a appris que vous aviez ce genre d’idées, et que vous vous êtes aventuré dans des domaines tels que :

-          Les notions d’alliance (muwâlât/mu’âdât),

-          Les traités et les courriers « internationaux »,

-          Les financements et les cadeaux, et bien d’autres domaines comme :

-          Les tendances des païens égarés,

-          La non-application des Lois d’Allah (el hukm bi ghaïr mâ anzala Allah) par les Bédouins, etc.

 

Des domaines que seuls les savants érudits sont à même de traiter. Ces derniers sont en effet dotés d’une telle sagesse, et d’une telle perspicacité, qu’ils pénètrent parfaitement les intentions du Législateur.

 

Pour parler de ces choses, il incombe d’avoir un bagage dans les matières que nous avons citées précédemment. Il incombe de bien maitriser les règles générales et globales qui les concernent. Il n’est pas permis de s’y initier lorsqu’on est ignorant et qu’on ne tient pas compte des détails de ses règles. Un discours vague qui ne descend pas dans le détail, et qui ne sait pas comment situer ni pénétrer les intentions du législateur en détail, conduit automatiquement à l’erreur et à la confusion. C’est le meilleur moyen pour corrompre la religion des hommes et pour disperser les esprits. On se met ainsi une barrière entre soi et la compréhension du Coran et de la sunna. »[7]

 

Abâ Battîn, qui représente un symbole aux yeux de certaines tendances contemporaines, recommande de :

-          ne pas s’initier dans les questions du takfîr sans avoir les outils en main pour le faire.

-          De ne pas sortir ou de faire entrer quelqu’un dans l’Islam selon ses propres appréciations, car c’est un domaine où seuls les textes font autorités.

-          D’éviter, et ce point est d’une extrême importance, de se prononcer sur des questions où la divergence règne entre les savants. c’est un domaine où il faut être prudent, sauf s’il existe un texte explicite sur la question.

 

Malheureusement, selon Abâ Battîn, Satan est parvenu à faire glisser bon nombre de gens dans ce domaine, qui est des plus délicats. Entre faire du takfîr à outrance et interdire le takfîr à outrance il a l’embarras du choix. Le plus étonnant, pour reprendre les termes d’Abâ Battîn, c’est que si on interrogeait les uns et les autres sur une simple question qui touche aux ablutions, ils seraient incapables d’y répondre, et, paniqués, ils s’appuieraient aussitôt sur les savants. En revanche, quand il s’agit des questions aussi graves que le takfîr, ils font étrangement preuve d’assurance et d’autonomie.[8]

 

Ibn Sahmân, quant à lui, approuve les paroles de Sheïkh Abâ Battîn. [9] En outre, en réponse à une lettre, il constate notamment que la plupart des religieux qui s’initient dans ce domaine, sont de simples gens n’ayant pas le moindre semblant de science ni la moindre expérience pouvant les épargner du péril. Souvent, ils n’ont jamais feuilleté les analyses des grandes références sur la question qui n’omettent pas de rappeler dans leur discours, que seuls les grands érudits sont à même de s’y engager.[10]

 

Ibn Sahmân est également l’auteur de ces paroles : « Je pense wa Allah a’lam, que seule la personne compétente est à même de faire l’iqâma el hujja, et que celui qui n’en est pas capable, comme l’ignorant, qui ne connait pas les règles de sa religion et qui ne connait pas les paroles des savants dites sur le sujet, ne peut l’établir. »[11]

 

Pour Mohammed ibn ‘Abd e-Latîf, à vouloir se passer des savants sous prétexte d’avoir majmû’ e-tawhîd sous la main, c’est foncer droit sur un mur. Sinon, le Prophète (r) n’aurait jamais dit que le savoir se dissipera avec la mort des savants, et qu’ensuite, les hommes auront pour références les plus grands égarés…[12]

 

Au sujet des savants qui ont été touchés par le shirk akbar

 

Nous avons vu dans un article précédent que les savants de aimmat e-da’wa ne se prononçaient pas sur certains cas ayant pourtant été touchés par le shirk akbar. Dans le passage suivant, ‘Abd Allah Abâ Battîn corrobore cette tendance : « Il faut savoir que nous ne nous hasardons pas à kaffar certains auteurs dont le discours revêtait du shirk, à l’exemple de l’auteur de la Burda et tant d’autres. Ces erreurs sont gravissimes, mais il est possible qu’ils seraient revenus dessus si on leur avait fait la remarque. Nous ne dénigrons pas les morts qui ne sont plus de ce monde. Nous demandons plutôt à Allah de ne pas dévier nos cœurs après les avoir guidés et qu’Il étende sur nous Sa Miséricorde, Lui le Donateur ! »[13]

 

 

 

Le dernier mot à ibn Sahmân

 

Pour conclure cet article, rien de mieux qu’un passage extraordinaire d’ibn Sahmân qui peint le profil psychologique des mauvais prédicateurs qui n’ont d’autre ambition que de vouloir tourner les regards vers eux. Malheureusement, de nombreux contemporains qui ont pour vocation de dénigrer les savants de référence se reconnaitront dans ce portait.

 

« Il est vraiment étonnant qu’on puisse tendre l’oreille à des gens qui ne sont nullement des savants, et qui n’ont jamais étudié chez eux ! Comment peut-on se faire une bonne opinion de leurs paroles et de celles qu’ils rapportent tout en ayant une mauvaise opinion des savants ? Pourtant, ces derniers connaissent beaucoup mieux qu’eux le discours des porteurs du savoir. Leur seule ambition est de guider les gens et de leur montrer la vérité…

 

Quant à ces vulgaires ignorants qui s’autoproclament savants, nombre d’entre eux – surtout ceux qui n’ont pas étudié chez les savants – bien qu’ils appellent à la vérité, ils appellent en fait à eux-mêmes. Leur ambition est de tourner les regards vers eux dans le but de gagner le pouvoir et les honneurs. Ils veulent étendre leur autorité sur les autres. Quand on leur pose des questions, ils font des fatwas sans aucune connaissance. Égarés, ils égarent les autres. »[14]

 

Wa Allah a’lam !

 

Par : Karim Zentici

      

 

 

 



[1]Voir : majmû’ e-rasâil wa el masâil (1/84-84).

[2]Voir : irshâd tâlib el hudâ (p. 54-55).

[3]E-durar e-saniya (8/270-271).

[4]Voir : majmû’ e-rasâil wa el masâil (2/138).

[5]Voir : kashf e-shubhataïn (p. 27-28).

[6]Voir : majmû’ e-rasâil wa el masâil (3/449).

[7]Voir : usûl wa dhawâbit fî e-takfîr de l’érudit ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan, qui fut édité avec les annotations de Sheïkh D. ‘Abd e-Salâm ibn Barjas – qu’Allah lui fasse miséricorde –.

[8]Ibn Sahmân cite ce passage dans manhâj el haqq wa el ittibâ’ (p. 77), mais il se trouve également dans e-durar e-saniya (10/374-375).

[9]Voir : manhâj el haqq wa el ittibâ’ (p. 80).

[10]Voir : e-durar e-saniya (10/374-375).

[11]Manhâj el haqq wa el ittibâ’ d’ibn Sahmân (p. 68).

[12]Voir : E-durar e-saniya (7/294-298) pour la 2ème édition et (9/127-135) pour la 5ème édition.

[13]Voir : e-radd ‘alâ el Burda (p. 415).

[14]Minhâj ahl el haqq wa el ittibâ’ (p. 24 et 80).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Takfir
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Nordine 18/02/2014 16:07

Salam 'alaika Karim,

Désolé de poster un commentaire d'un article sous un autre, je lis en effet les articles sur le nouveau site (plus pratique), or les notes me renvoie à d'autres articles sur ton blog. De même je ne retrouve plus le commentaire dans lequel tu m'indiquais ta réponse à 'Ali Khudheir, wallahu musta'an, si tu pouvais me le copier à nouveau mon frère Karim.

Je lisais donc : ibn Taymiyyah et le 'urdh bi l-Jahl.

Je voulais te montrer cette faida de shaykh Al-Fawzan puisse Allah le préserver et poser ma question :


*الجهل والعذر به/ الشيخ العلامة الوالد صالح بن فوزان الفوزان
أولًا: يعذر بالجهل من لم تبلغه الدعوة ولم يبلغه القرآن ويكون حكمه أنه من أصحاب الفترة.

ثانيًا: لا يعذر من بلغته الدعوة وبلغة القرآن في مخالفة الأمور الظاهرة كالشرك وفعل الكبائر لأنه قامت عليه الحجة وبلغته الرسالة، وبإمكانه أن يتعلم ويسأل أهل العلم عما أشكل عليه، ويسمع القرآن والدروس والمحاضرات في وسائل الإعلام.

ثالثًا: يعذر بالجهل في الأمور الخفية التي تحتاج إلى بيان حتى تبين له حكمها ولهذا قال النبي صلى الله عليه وسلم: "إن الحلال بين والحرام بين وبينهما أمور مشتبهات لا يعلمهن كثير من الناس فمن اتقى الشبهات فقد ستبرأ لدينه وعرضه، ومن وقع في الشبهات وقع في الحرام كالراعي يرعى حول الحمى يوشك أن يقع فيه ألا وإن لكل ملك حمى ألا وإن حمى الله محارمه"، فالحلال بين يؤخذ والحرام البين يتجنب والمختلف فيه يتوقف فيه حتى يتبين حكمه بالبحث وسؤال أهل العلم.

J'ai l'impression que la position de Al Fawzân est plus « abrupte » que celle de ibn Taymiyyah, ou alors ils n'évoquent pas la même chose en vertu de ce que shaykh écrit " لأنه قامت عليه الحجة", en cela les propos de Al Fawzân se voudrait plus généraux et ceux d'ibn Taymiyyah spécifiques au second point justement, qu'en penses-tu Karim qu'Allah te préserve ?