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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 05:41

...Suite...

 

 

 

Voir notamment : taqrîrât aimmat e-da’wa fî mukhâlafat madhhab el khawârij wa ibtâlihi qui est une thèse es doctorat du D. Mohammed Hishâm Tâhirî, et ayant eu parmi les membres du jury le grand Mufti actuel d’Arabie Saoudite, ‘Abd el ‘Azîz Âl e-Sheïkh.

 

Nous sommes toujours dans : 4- Le fautif ne doit pas avoir agi par une erreur d’interprétation ou ignorance

 

L’Imam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb reproche à Dawûd ibn Jarsîs d’adhérer à la tendance selon laquelle toute erreur est excusable ou toute interprétation des textes est tolérable, comme s’il n’existait aucune interprétation condamnable (ta-wîl bâtil ou fâsid). Il souligne que les textes d’ibn Taïmiya qu’il utilise ne vont absolument pas dans le sens qu’il lui donne.[1]

 

‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân dit pour sa part : « En commettant une erreur par une mauvaise interprétation (ta-wîl) ou par ignorance, on n’est pas excusable, sauf celui qui est incapable d’avoir accès à la vérité. C’est la raison pour laquelle ibn el Qaïyim précise : « une interprétation qui est excusable ». Il ne parle pas de n’importe quelle interprétation et de n’importe quelle ignorance. Les péchés ne sont pas tous à mettre au compte de l’interprétation et n’offrent pas forcément l’excuse de l’ignorance.

Nous avons vu plus haut que, depuis l’époque de Nûh, la plupart des mécréants (kuffâr) et des païens (mushrikîn) étaient motivés par l’ignorance et une mauvaise interprétation. Nous pouvons dire la même chose pour les adeptes du panthéisme et du monisme et les autres sectes soufies. Les adorateurs des tombes et les mushrikîn, sur lesquels porte la divergence, sont également animés par le ta-wîl… et les chrétiens également. »[2]

 

Ailleurs, Sheïkh ‘Abd e-Lâtîf signe : « … ibn el Qaïyim fait uniquement exception à ceux qui n’ont pas accès à la vérité, bien qu’ils la recherchent activement. C’est de ces derniers dont fait allusion les textes des grands spécialistes comme Sheïkh el Islam et son élève. »[3]

 

Or, nous avons expliqué à maintes reprises que ces choses sont relatives. Comme le souligne ibn el Qaïyim lui-même, l’iqâma el hujja varie en fonction des époques, des lieux et des personnes. La preuve d’Allah peut ainsi s’appliquer à certaines époques, à certains endroits et contre certaines personnes ; elle ne s’applique pas contre l’enfant, le fou, celui qui à du mal à comprendre le message et qui n’a personne sous la main pour lui expliquer (ou pour lui traduire) en termes compréhensibles. Le cas échéant, il est comme le malentendant qui, ne comprenant pas ce qu’on lui dit, compte parmi les quatre catégories qui, le Jour de la Résurrection, auront un prétexte devant Allah.[4]

 

En outre, il n’est pas permis d’appliquer les lois propres au statut d’apostat à un cas particulier sous le prétexte qu’il a commis une annulation de l’Islam sans regarder si aucune restriction ne joue en sa faveur. Il est possible en effet qu’un cas particulier remplisse toutes les conditions pour le juger mécréant au niveau du hukm, mais il n’est pas possible de lui appliquer les lois de l’apostat en raison d’un paramètre extérieur, qui en soi, est une restriction. Ibn ‘Abd el Wahhâb a un discours qui va dans ce sens en disant : « Quand ce dévot lui lança : « Sois juste ! » Il utilisa des paroles très sévères. Un Compagnon lui demanda alors la permission de le tuer. Le Prophète (r)ne lui en fit pas le reproche, mais il ne répondit pas à sa demande pour la raison qu’il évoqua. »[5]

 

Il fait allusion au hadîth : « Afin que les gens n’aillent pas dire que Mohammed tue ses Compagnons. »

 

Si les conditions du takfîr sont remplies, et qu’aucune restriction ne vienne interférer à ce jugement, le responsable de l’autorité somme au coupable de se repentir. S’il refuse de le faire, il devra lui appliquer la peine de l’apostat. Un cas particulier jugé mécréant au niveau du hukm sera soumis aux Lois prévues par le Coran et la sunna sur le shirk et le kufr.[6]

 

Le statut d’apostat engendre un certain nombre de lois :

 

1-      Il devient interdit de manger la viande qu’il a égorgée.[7]

2-      On doit le séparer de son épouse musulmane.

3-      On lui somme de se repentir.

4-      On lui applique la peine capitale pour apostasie.

5-      On ne lui consacre pas la prière du défunt après l’exécution.

6-      On ne lui consacre pas le lavage des morts et on ne l’enterre pas dans un cimetière musulman.

7-      Ses héritiers musulmans ne pourront jouir de son héritage.

 

Voici quel est le sort réservé à l’apostat sur terre. Quant à son sort dans l’au-delà, il sera voué à l’Enfer éternel, qu’Allah nous en préserve !

 

Pour conclure ce chapitre, il serait intéressant de noter que les guerres intestines entre musulmans n’impliquent pas de se taxer mutuellement de mécréants. ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân fait observer que le contraire est aussi vrai, soit, qu’on peut sortir un groupe de l’Islam sans obligatoirement le combattre.[8]

 

Remarque :

 

La règle du statut absolu et du statut particulier est valable également pour les péchés qui ne font pas sortir de la religion. La menace qui pèse sur les grands péchés est soumise à l’absence de restrictions. L’amour d’Allah et de Son Prophète (r), le djihad sur le sentier d’Allah, le poids des bonnes actions sur la balance, le Pardon d’Allah et Sa Clémence, l’intercession des croyants, les épreuves subies dans les trois mondes (sur terre, dans la tombe et le Jour de la Résurrection) sont tous autant des facteurs pouvant intercéder en faveur d’un pécheur musulman.[9]

 

Sheïkh‘Abd Allah Abâ Btîn établit à ce sujet : « Les textes de la menace divine sont vrais. Cependant, nous ne disons pas qu’un individu en particulier est concerné par cette menace. Nous ne vouons pas à l’Enfer un cas particulier affilié à l’Islam. Il est possible en effet que les conditions ne soient pas réunies dans son cas ou qu’une restriction vienne s’interposer. Il se peut notamment qu’il n’ait pas entendu parler de l’interdiction en question, etc. »[10]

 

Ainsi, les conditions et les restrictions légales au takfîr sont des paramètres dont tiennent compte les savants de aimmat e-da’wa avant de se prononcer sur un cas particulier. Parmi ces restrictions, nous avons en premier lieu, l’iqâma el hujja. Compte tenu de son importance et de la polémique qui tourne autour, nous lui avons réservé une série d’articles, que nous avons appelé Nouvelle approche du ‘udhr  bi el jahl, wa bi Allah e-tawfîq !

 

Par : Karim Zentici



[1]kashf e-shubhataïn (p. 80-81).

[2]Minhâj e-ta-sîs (p. 45).

[3] Idem. (p. 85-90).

[4] Tarîq el hijrataïn (p. 414).

[5]Voir : fadhâil el qur-ân incluse dans majmû’ muallafât e-Sheïkh (2/1/84).

[6]Voir : mish e-zhalâm d’Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân (p. 320).

[7]Voir : e-rasâil e-shakhsia incluse dans majmû’ muallafât e-Sheïkh (3/2/78).

[8]Voir : mish e-zhalâm (p. 359).

[9]Voir : majmû’ e-rasâil wa el masâil (3/8-9) et e-durar e-saniya (1/471-472).

[10]e-durar e-saniya (12/89).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Takfir
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