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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 00:50

 

 

Voir : e-takfîr wa dhawâbituhu de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî.

 

Ainsi, quelqu’un est susceptible de prononcer une parole qui relève de la mécréance, car il n’a pas en main les textes lui permettant de parvenir à la vérité ; ou bien même en sa possession, il remet en question leur sens ou leur authenticité ; ou il n’est pas en mesure de les comprendre correctement ; ou encore est-il accroché a des arguments ambigus qui font obstacle à la bonne compréhension et qui font qu’il est excusable. Allah pardonne au croyant qui qu’il soit, lorsqu’il commet une erreur malgré ses efforts à la recherche de la vérité. Il n’y a pas de différence en cela, entre les questions théoriques (usûl ndt.) ou pratiques (furû’ ndt.) ; cette tendance est celle des Compagnons et la plupart des grandes références de l’Islam.[1]

 

Allah ne tient pas rigueur de l’erreur et de l’oubli et l’état de mécréance ne peut être constaté avant l’étape d’éclaircissement ou avant d’en fournir les preuves.[2] En outre, iqâma el hujja varie en fonction des époques, des lieux et des personnes. La preuve d’Allah peut ainsi s’appliquer à certaines époques, à certains endroits et contre certaines personnes ; elle ne s’applique pas contre l’enfant, le fou, celui qui à du mal à comprendre le message et qui n’a personne sous la main pour lui expliquer (ou pour lui traduire) en termes compréhensibles. Le cas échéant, il est comme le malentendant qui, ne comprenant pas ce qu’on lui dit, compte parmi les quatre catégories qui, le Jour de la Résurrection, auront un prétexte devant Allah.[3]

 

La question qui se pose d’elle-même ici, c’est pourquoi les paroles de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb laissent entendre que l’ignorance n’intercède pas en faveur de celui contre qui la preuve d’Allah est appliquée ? Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan comprend des paroles de son arrière-grand-père que le Coran constitue en lui-même une preuve contre celui qui l’a entre les mains, indépendamment du fait qu’il comprenne son message ou non.[4]  Ce dernier s’inspire de trois passages du Sheïkh avant de conclure : « Voici trois passages qui démontrent que la preuve est établie par le Coran contre tous ceux qui le reçoivent et l’entendent, bien qu’ils ne le comprennent pas. »[5]

 

L’un des arguments probablement les plus éloquents de cette tendance provient des paroles mêmes du Sheikh qu’il écrivit dans l’une de ses lettres : « À nos frères, salâm ‘alaïkom wa Rahmat Allah wa Barakâtuhu ! Les paroles que vous avez citées du Sheïkh (ibn Taïmiya ndt.) disant que quiconque renie telle et telle chose après que la preuve soit établie contre lui… Et vous, vous hésitez sur ses taghût et leurs adeptes en vous demandant si la preuve est établie contre eux. C’est vraiment étonnant ! Comment pouvez-vous douter sur une chose pareille ! Je vous l’ai pourtant expliqué à maintes reprises. Celui contre qui la preuve s’applique, c’est celui qui vient de se convertir, qui habite loin des villes, ou qui se trompe sur des points subtils comme el sarf et le ‘atf (liés à la sorcellerie ndt.). Dans ces cas, ils ne sont pas mécréants avant d’avoir reçu le savoir. Quant aux fondements de la religion (el usûl) qu’Allah a expliqués de façon formelle dans Son Livre, leur preuve c’est le Coran. Quiconque reçoit le Coran reçoit la hujja (preuve).

Le problème, c’est que vous ne faites pas la différence entre établir la hujja et comprendre la hujja. La majorité des mécréants et des hypocrites parmi les musulmans ne comprennent pas la preuve d’Allah, qui, pourtant, est établie contre eux, comme le révèle le Verset : [Penses-tu que la plupart entendent ou comprennent ; ils sont plutôt comme du bétail ou encore plus égarés].[6] Établir et recevoir la hujja est une chose, en sachant qu’elle est établie contre eux, et la comprendre en est une autre. Ainsi, ils sont mécréants pour l’avoir reçue bien qu’il ne la comprenne pas. »

 

Ce texte du Sheïkh – qu’Allah lui fasse miséricorde – est l’un des arguments les plus éloquents utilisés par ceux qui défendent qu’il ne tient pas pour condition de comprendre la hujja afin qu’elle soit établie sur un cas particulier. Or, ce dernier est l’auteur d’autres paroles qui expliquent de façon formelle qu’il impose comme condition de comprendre la hujja. La lettre qui s’adresse au Sharîf nous enseigne : « Si l’on sait que nous ne taxons pas d’apostasie ceux qui adorent la stèle érigée au-dessus de la tombe de ‘Abd el Qadîr, ainsi que celle sur le tombeau d’Ahmed el Badawî et d’autres dans le genre, en raison de leur ignorance et car ils n’ont personne pour leur éclaircir, comment pouvons-nous dès lors le faire pour celui qui n’associe rien à Allah sous prétexte qu’il n’a pas émigré chez nous, dans la mesure où il n’a pas apostasié ni combattu la vérité. Gloire à Allah ! Quelle énorme calomnie ! »[7]  

  « en raison de leur ignorance et car ils n’ont personne pour leur éclaircir » ou selon certains manuscrits : « car ils n’ont personne pour leur faire comprendre » Ce passage formule explicitement qu’à ses yeux, il faut comprendre la hujja pour qu’elle soit effective. Il va sans dire que les personnes auxquelles il fait allusion vivent en terres musulmanes au sein desquelles le Coran et la Sunna sont répandus, sauf qu’elles ont besoin que la hujja leur soit expliquée de la part des savants traditionalistes.

 

Il est possible toutefois de concorder entre ses paroles en disant qu’il distingue entre une compréhension approximative du discours qui permet de pénétrer les « intentions » du Législateur dans l’ensemble et une compréhension approfondie qui relève de la compétence des savants. La première forme de compréhension est suffisante afin que la hujja, qui ne s’applique qu’à travers ce moyen, soit effective. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ses paroles. Autrement dit, cette compréhension est nécessaire pour établir la hujja et taxer d’apostasie (kaffar) un cas particulier. La deuxième forme de compréhension n’est pas nécessaire pour établir la hujja. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ses paroles qui, en apparence, semblent se contredire.

Certaines paroles du Sheïkh qu’il a prononcées dans le même contexte où il ne tient pas compte de la compréhension des textes pour établir la hujja contre un cas particulier, consolident notre idée. Il souligne en effet : « Si un cas particulier est taxé d’apostasie après avoir établi la hujjacontre lui, de toute évidence, cela ne signifie pas qu’il doit comprendre la Parole d’Allah et de Son Messager comme Abû Bakr e-Saddîk (t). Néanmoins, s’il la reçoit, il devient mécréant dans la mesure où aucune excuse n’intercède en sa faveur. »[8]

 

Ainsi, le Sheïkh ne demande pas de cerner toutes les subtilités du discours du Législateur à la manière d’Abû Bakr (t), mais il tient compte d’une compréhension minimum et suffisante pour saisir Sa Volonté. Ainsi, Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb rejoint les grands spécialistes traditionalistes qui imposent comme condition, avant de constater la mécréance chez un cas particulier, que ce dernier comprenne la preuve qui est adressée contre lui. Il est donc erroné d’attribuer au Sheïkh qu’il ne tient pas compte d’une compréhension minimum des textes.

 

Cette analyse n’a pas échappé à Mohammed Rashîd Ridâ, qui souligne en annotation à majmû’ e-rasâil e-najdiya : « Cette restriction de la part du Sheïkh qui impose ici une compréhension minimum dissipe la confusion qui s’impose à l’esprit en lisant d’autres passages de ses œuvres. En s’en tenant à ces derniers passages, certains savants du Najd soutiennent que la présence du Coran est suffisante pour établir la hujja contre les hommes, quand bien même ils ne comprendraient pas son message. Cette conception illogique s’oppose au Verset disant : [Celui qui s’écarte du Messager, après avoir distingué la bonne voie].[9]  Elle ne va pas non plus dans le sens des thèses soutenues par les grands spécialistes et disant qu’il est nécessaire de faire comprendre le prêche prophétique (da’wa) avec ses arguments, avant d’établir la hujja »[10]

 

Gloire à Toi Ô Allah ! Et à Toi les louanges ! J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu (digne d’être adoré) en dehors de Toi ! J’implore Ton pardon et me repens à Toi !

 

Traduit par :

Karim Zentici    



[1] Majmû’ el fatâwa d’ibn Taïmiya (23/326).

[2] Idem. (12/523-524).

[3] Tarîq el hijrataïn (p. 414).

[4] Voir : la risâla dont il est l’auteur : hukm takfîr el mu’ayin wa el farq baïna iqâmat el hujja wa fahm el hujja (p. 13).

[5] Idem. (p. 13).

[6] El Furqân ; 44

[7] Fatâwa wa masâil e-Sheïkh (p. 11) et e-Durar e-Sunniya (1/66).

[8] Muallafât e-Sheïkh (p. 220).

[9] Les femmes ; 115

[10] majmû’ e-rasâil e-najdiya (5/638).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Takfir
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commentaires

Yous' 17/02/2013 10:12


inchaaLLAH j'essai de ne pas trop vous embettez ^^

BarakaLLAHo fik, waffaqakaLLAH.

mizab 17/02/2013 15:21



 


 


wa fik baraka Allah !


 


Non, tu ne n'embête pas !



Yous' 17/02/2013 09:53


naam j'ai trouver une explication de cheikh salah al cheikh hamdouliLLAH.. InchaaLLAH je serais sans doute amenner a vous posez plusieur question concernant des sujets diverses, dois-je vous
questionner directement ici en commentaire ou par e mail ?? jazakaLLAHo khayr

mizab 17/02/2013 09:57



 


 


Amin !


 


L'honneur serait pour moi !


 


En fait, si ce sont des questions liées au sujet, il est plus intéressant de les poser en commentaire, mais si c'est sur d'autres sujets, plus personnelle, alors, en effet, ce serait mieux par
i-mail !



Yous 14/02/2013 21:38


Salamou alaykoum mashaaLLAH je lis toujours vos publication avec beaucoup d'interet.. La ou je suis il y a beaucoup de ash3ary il me vienne avec des parole sans explications et des hadith dons la
comprehension est confuse comme le suivant إن الشيطان قد يئس أن يعبد بأرضكم ، ولكنه رضي أن يطاع فيما سوى ذلك مما تحاورون من أعمالكم ،
فاحذروا


se serait pour eux une preuve que le shirk a definitivement disparu en Arabie et que jamais le shirk est rentrer a la Mecque apres la mort du
Prophete alayhi salat wa salam

mizab 16/02/2013 09:34



 


 


 


wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !


 


Je n'ai pas dans l'immédiat en tête la parole des savants sur le sujet, mais il s'agit, wa Allah a'lam, de l'adoration des idoles, alors que les musulmans font du shirk, sans n'adorer
explicitement les idoles,


 


wa Allah a'lam !