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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 16:59

des03a

 

Mohammed est-il le Prophète des Arabes ?

 (Partie 3)

 

Voir : El Jawâb e-Sahîh li man baddala din el Masîh d’ibn Taïmiya.

 

Apparemment le Coran se contredit, puisque d’un côté il accorde qu’il s’adresse aux Arabes et d’un autre côté il prétend que son message est universel. Nous répondons qu’une telle contradiction, si elle avait eu lieu, n’aurait pas échappé aux adversaires du Prophète (e) et, avant cela, à ses Compagnons qui n’auraient pas manqué de lui faire la remarque. Or, Si certains Versets s’adressent en effet aux Arabes, cela ne signifie nullement qu’ils ne s’adressent qu’à eux. Ils sont certes les premiers concernés (puisque matériellement ils vivaient avec le Prophète), mais ils ne sont pas les seuls. Il est question des juifs dans d’autres passages, mais cela ne fait pas du Coran leur Livre Sacré. Pour preuve, ailleurs il parle aussi aux chrétiens. En cela, il ne concerne pas plus les uns que les autres et il ne faut y voir aucune contradiction. Contre celui qui le prétend, nous répondons :

 

Premièrement : Les Anciennes Écritures donnent plus l’impression de se contredire que le Coran, bien qu’il ne puisse y avoir de contradiction dans la Parole d’Allah, mais c’est la compréhension des hommes qui, incapables d’en palper les nuances, est à remettre en cause.

Deuxièmement : les chrétiens ont plus tendance à s’inspirer des textes ambigus de leurs propres références aux dépens des textes formels qu’ils ne le font avec le Coran. Il n’y a donc rien d’étonnant à cela.

Troisièmement : S’il y avait des contradictions dans le Livre des musulmans, cela signifierait qu’il n’est pas la Parole d’Allah et l’imposture de Mohammed (e) aurait été dévoilée au grand jour. Le Très-Haut révèle en effet : [Ne méditent-ils pas sur le Coran, s’il venait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient des contradictions énormes].[1] S’il y avait des contradictions, il ne viendrait pas d’Allah et auquel cas, les chrétiens n’auraient pas le droit de l’utiliser à leur compte. Le fait est qu’il n’y a aucune contradiction à relever ; il est indubitable par conséquent que son message est universel.

Quatrièmement : lorsqu’on extrait certains cas particuliers d’un cas général ou d’un grand ensemble, cela ne le remet nullement en question. Le cas échéant, le fait que Mohammed s’adresse dans un premier temps à son clan,  aux Quraïshites (sa tribu) ensuite, puis à tous les Arabes, cela ne s’oppose nullement au fait qu’il s’adresse également dans une plus large mesure à tous les hommes.

Cinquièmement : Mohammed (e) ne fait que suivre en cela les pas de Jésus (u), dont le prêche s’adressait dans un premier temps aux juifs, comme en témoigne le verset suivant : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »[2] Il a ensuite élargi son prêche en ordonnant à ses apôtres : « Comme le père m’a envoyé, à mon tour, je vous envoie. »[3] « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. »[4] Il est possible d’expliquer cette évolution chronologique, en disant que son prêche respecte un certain ordre naturel ; des personnes les plus proches aux plus éloignées en fonction des possibilités et après avoir surmonté maintes difficultés, jusqu’au jour où il s’est répandu sur toute la terre.

 

Ainsi, lorsque le Seigneur révèle : [pour que tu avertisses un peuple dont les ancêtres n’ont pas été avertis, et qui est donc insouciant][5] ; il donne l’une des raisons pour lesquelles Mohammed fut envoyé aux hommes, mais cela ne signifie pas qu’il n’y en a pas d’autres. Le Coran, dont l’éloquence n’est un mystère aux yeux de personne, regorge de ce genre de procédé. Allah dit par exemple : [Un Livre bénit, que Nous t’avons révélé, afin qu’ils méditent sur ses Versets et que les gens doués de raison se rappellent].[6] Il va sans dire que le Coran a d’autres finalités.

 

Quant aux Versets : [Comme nous avons envoyé parmi vous un prophète, qui, issu des vôtres,  vous récite Nos Versets].[7] [Allah a fait la faveur aux croyants d’envoyer au milieu d’eux un messager, qui, issu des leurs,  leur récite Ses Versets].[8] [Un messager issu des vôtres vous est venu ; les peines que vous endurez l’affligent et il vous porte une réelle attention. Il est certes compatissant et miséricordieux envers les croyants].[9] Il existe deux opinions différentes chez les exégètes sur le sens de : « issus des vôtres ». Pour les uns, il s’agit des hommes en général pour dire qu’il ne leur fut pas envoyé un ange. Allah leur a fait cette faveur, car ils n’auraient pas supporté la vue d’un ange, comme le souligne le Verset : [Ils disent : « Si au moins un ange lui fut venu » ; mais si Nous avions envoyé un ange, leur heure aurait sonné et ils n’auraient eu aucun sursis. Si nous avions fait de lui un ange, nous lui aurions donné une apparence humaine et nous aurions jeté sur eux la confusion comme ils aiment à le faire].[10] Pour les autres, il s’agit plus particulièrement des Arabes. Dans les deux hypothèses en tout cas, Allah fait la faveur aux hommes de leur envoyer un messager de la même origine (ou nature) qu’eux. Encore une fois, cela ne veut pas dire qu’il ne fut envoyé pour personne d’autre.

 

Dans le cas où ces Versets s’adressent à tous les hommes en effet, rien ne prête à dire qu’ils soient les seuls interlocuteurs. Le Coran s’adresse bien aux djinns, qui ont une nature différente des hommes. À fortiori, dans l’hypothèse où il s’agit uniquement des Arabes, il n’y aucun inconvénient à ce que cette faveur englobe également les autres hommes. Il y a un lien plus grand entre les Arabes et les non-Arabes qu’entre les djinns et les hommes.

 

Nous pouvons dire la même chose pour le Verset : [C’est un rappel pour toi et ton peuple et vous serez bientôt interrogés].[11] Ce passage parle des Quraïshites, la tribu de Mohammed (e), mais cela ne veut pas dire que les autres tribus arabes ou, dans une plus large mesure, tous les autres hommes ne soient pas concernés. Allah révèle en effet : [Peu s’en faut que les infidèles ne te transpercent du regard lorsqu’ils entendent le Rappel, et disent : « Ce n’est qu’un fou ! » • Ce n’est pourtant qu’un rappel pour l’univers].[12] [Gloire à Celui qui a descendu le Furqân sur Son serviteur afin qu’il soit un avertisseur pour l’univers].[13] [Nous t’avons envoyé comme Messager aux hommes].[14]

 

En fait, il existe deux opinions pour : [C’est un rappel pour toi et ton peuple].[15] C’est un rappel dans le sens où c’est un honneur pour toi et les membres de ton peuple qui ont donné foi au Coran. Ou bien, selon l’opinion la plus vraisemblable, c’est un rappel et un sermon pour ton peuple et les créatures en général.

 

En définitive, quiconque prétend que Mohammed est un messager, indépendamment du fait qu’il adhère à sa religion ou non, doit nécessairement reconnaître que sa mission s’adresse à tous les hommes. Sinon, il se contredit lui-même. Pour s’en sortir, il peut toujours avancer qu’il est un imposteur ; mais le cas échéant, il ne pourra plus dire que son message concerne uniquement les Arabes !

 

Par : Karim Zentici 

 

 

 

  



[1] Les femmes ; 82

[2] Mathieu ; 15.24 Dans un autre Verset, il commande aux douze apôtres : « allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. » Mathieu ; 10.6

[3] Jean ; 20.21

[4] Mathieu; 28.19 Mathieu, comme le souligne ibn Taïmiya, est le seul à rapporter ces paroles, qui fondent pourtant le credo sur lequel repose la religion chrétienne, ce qui jette la suspicion sur leur authenticité. En supposant qu’elles soient vraies, leur sens n’a rien à voir avec celui que les chrétiens veulent lui donner. Le fils prend ici le sens d’élu et de bien-aimé parmi les humains de la même façon que certains autres versets utilisent le même terme en parlant de Jacob ou des apôtres. Quant au Saint-Esprit, il s’agit de l’Ange Gabriel ou du « souffle » qu’Allah insuffle à Ses prophètes en vue de les guider et de les seconder comme celui qui est descendu notamment sur David. [Voir : Les Psaumes ; 51-12, 14]. D’ailleurs, le verset cité précédemment vient contredire l’interprétation qu’ils en font.

[5] Yâ-Sîn ; 6

[6] Sâd ; 29

[7] La vache ; 151

[8] La famille d’Imrân ; 164

[9] Le repentir ; 128

[10] Le bétail ; 8-9

[11] Les ornements ; 44

[12] Le Qalam ; 51-52

[13] Le Furqân ; 1

[14] Les femmes ; 79

[15] Les ornements ; 44

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