Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 08:32

magnifique-paysage1

 

Nouvelle approche du ‘udhr bi el jahl

(Partie 1)

 

 

Louange à Allah, nous Le louons, nous implorons Son aide et Son pardon. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos actions. Celui qu’Allah guide, nul ne peut l’égarer et celui qu’Il égare nul ne peut le guider.  J’atteste qu’il n’y a d’autre divinité (digne d’être adoré) en dehors d’Allah, Seul et sans associé, et j’atteste que Mohammed est Son serviteur et Son Messager. 

 

(Ô croyants ! Craignez Allah comme il se doit, et restez musulmans jusqu'à la mort)[1] ; (Ô vous les hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créé d'un seul être, et à partir duquel Il a créé son épouse. Il a répandu d'eux une multitude d'hommes et de femmes ; craignez Allah, celui par qui vous vous interpellez, et par le lien de sang, certes Allah vous observe)[2] ; (Ô croyants ! Craignez Allah, et prononcez des paroles pertinentes, Il raffermira vos œuvres et vous pardonnera vos fautes. Celui qui obéit à Allah et à son Messager acquerra alors un succès immense).[3]

 

Amma ba’dh ! La meilleure Parole est celle d’Allah et la meilleure des voies est celle de Son Prophète. Les pires des choses sont les inventions ; chaque invention est innovation, chaque innovation est égarement, et chaque égarement mène en enfer !

 

Thumma amma ba’dh !

 

Voir notamment : taqrîrât aimmat e-da’wa fî mukhâlafat madhhab el khawârij wa ibtâlihi qui est une thèse es doctorat du D. Mohammed Hishâm Tâhirî, et ayant eu parmi les membres du jury le grand Mufti actuel d’Arabie Saoudite, ‘Abd el ‘Azîz Âl e-Sheïkh.

 

Introduction

 

À la question récurrente, pourquoi accorder une excuse à l’ignorant qui commet du shirk akbar sans l’accorder aux kharijites ? Ces derniers, comme le souligne ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan, autorisent moralement (istihlâl) à verser le sang des musulmans,[4] ce qui en soi est une annulation de l’Islam ! Nous laissons le soin à l’Imam Abâ btîn de dissiper l’équivoque que peut susciter la chose, l’auteur des paroles : « … un certain nombre de savants affirment explicitement qu’en le faisant (sortir les savants de l’Islam ndt.) par une erreur d’interprétation (ta-wîl), on ne devient pas mécréant. »[5] Ainsi, la plupart des légistes accordent l’excuse de l’ignorance aux kharijites, étant donné qu’ils ne les sortent pas de l’Islam !

 

Quoi qu’il en soit, la plupart des kharijites ne tiennent pas compte des critères du takfîr, et plus particulièrement d’iqâma el hujja (établir la preuve céleste contre un cas particulier). À leurs yeux, il suffit qu’un cas particulier commette une annulation de l’Islam pour devenir apostat. Les najdâd partagent la religion en deux catégories :

1-      La connaissance d’Allah et de Son Messager, le caractère sacré du sang et des biens des musulmans, et la reconnaissance globale des enseignements de l’Islam. Dans ces domaines, l’excuse de l’ignorance n’est pas accordée.

2-      Les autres domaines de l’Islam pour lesquels l’ignorance est prise en considération dans l’iqâma el hujja.

 

En d’autres termes, ils n’accordent pas l’excuse de l’ignorance pour les questions sur lesquelles règne un consensus.[6] Mohammed ibn Yûsuf Itfîsh de la secte ibâdhite a un discours qui va dans ce sens, sauf qu’il émet une nuance : « … Certains de notre tendance accordent l’excuse de l’ignorance pour les domaines qui ne touchent pas au tawhîd (l’unicité) »[7]  Ainsi, le shirk (association) n’offre aucune excuse de l’ignorance selon leur tendance. Certains mouvements contemporains, influencés par la pensée kharijites, reprennent le flambeau de la secte.

 

El jawâb el mufîd fî hukm jâhil e-tawhîdqui est l’un des ouvrages de prédilection de la mouvance e-takfîr wa el hijra en est le meilleur témoin. On y trouve la répartition suivante : la religion se divise en deux parties :

1-      Une partie fondamentale(asl) qui touche au tawhîd, et au grand fondement de l’Islam (asl el islâm) ; il est constant et ne varie pas d’un prophète à un autre.

2-      Une partie subsidiaire(far’) qui représente les différentes législations des prophètes. Celles-ci varient en fonction des peuples et des époques.

 

L’excuse de l’ignorance est accordée avant l’iqâma el hujja pour les erreurs qui touchent à cette dernière partie. En revanche, personne n’est excusable pour celles qui touchent au premier fondement, peu importe qu’on soit ignorant ou non. Autrement dit, l’iqâma el hujja contre un cas particulier n’intervient pas dans ce domaine. Il est imposé à tous les musulmans d’avoir le même niveau de connaissance pour les points qui touchent à ce domaine, car la vérité dans ses détails est vulgarisée et est disponible à tout le monde. C’est la raison pour laquelle, les musulmans contemporains sont sortis de la religion, étant donné que leur croyance, prétendent-ils, est corrompue.[8]

 

Les traditionalistes et l’iqâma el hujja

 

Quant aux traditionalistes, qui sont les plus cléments, mais aussi les plus savants des hommes ne vouent personne à l’apostasie, sans tenir comptes d’iqâma el hujja ; soit, des conditions à remplir et des restrictions à exclure avant de se prononcer sur un cas particulier. L’un des principes traditionalistes veut que la réception du message divin soit une condition rendant un homme responsable de ses actes devant Dieu.

 

Néanmoins, il existe une divergence entre les traditionalistes dans la façon dont cela se matérialise dans la pratique. Les savants de aimmat da’wa eux-mêmes n’ont pas une position uniforme sur la question. Mohammed Rashîd Ridâ explique à ce sujet : « La preuve céleste n’est pas établie contre celui qui ne comprend pas la prédication… Cette question fut l’objet d’une divergence entre les grands savants contemporains du Najd lors d’une assemblée de l’Imam ‘Abd el ‘Azîz ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Faïsal Âl Sa’ûd à La Mecque. l’argument le plus fort fut en faveur du Sheïkh ‘Abd Allah ibn Bulaïhid disant qu’il était essentiel de comprendre la preuve céleste afin qu’elle soit établie ; sa présence en elle-même ne suffisait pas si elle n’était pas comprise. Pour appuyer ses dires, ce dernier s’inspira d’un passage d’ibn el Qaïyim – qu’Allah lui fasse miséricorde – qui était clair sur la question. Il parvint ainsi à convaincre les autres membres de l’assemblée. »[9]

 

Plus loin, il donne plus de détail : « Cette restriction de la part du Sheïkh (en parlant de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb ndt.) qui impose ici une compréhension minimum dissipe la confusion qui s’impose à l’esprit en lisant d’autres passages de ses œuvres. En s’en tenant à ces derniers passages, certains savants du Najd soutiennent que la présence du Coran est suffisante pour établir la hujja contre les hommes, quand bien même ils ne comprendraient pas son message. Cette conception illogique s’oppose au Verset disant : [Celui qui s’écarte du Messager, après avoir distingué la bonne voie].[10]  Elle ne va pas non plus dans le sens des thèses soutenues par les grands spécialistes et disant qu’il est nécessaire de faire comprendre le prêche prophétique (da’wa) avec ses arguments, avant d’établir la hujja »[11]

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici



[1] La famille de ‘Imrân ; 102

[2] Les femmes ; 1

[3] Les coalisés ; 70-71

[4] E-durar e-saniya (11/447).

[5] E-durar e-saniya (10/360).

[6] Voir : el farq baïna el firaq d’el Baghdâdî (p. 97).

[7] El jâmi’ e-saghîr (p. 29-30).

[8] Voir : shubuhât e-takfîr du D. ‘Omar Quraïshî (p. 29).

[9] majmû’ e-rasâil e-najdiya (5/514-519).

[10]Les femmes ; 115

[11] majmû’ e-rasâil e-najdiya (5/638).

Partager cet article

Repost 0
Publié par mizab - dans Takfir
commenter cet article

commentaires

Nordine 12/03/2013 21:30


salam 'alaykoum Karim,

Que signifie "najdâd" ?

Si j'ai bien compris, parmi les dogmes des khawarij le fait de ne pas considérer iqamatû al-hujjâ pour les fondamentaux de la religion contrairement aux traditionnalistes qui considère iqamatû
al-hujjâ dans tout les cas et divergent au sujet de la compréhension ou pas de cette iqamah ?

Puisse Allah te récompenser.

mizab 13/03/2013 06:35



 


 


wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !


 


Najdât est une secte kharijite affilié à Najda ibn 'Amir el hanafi !


 


http://ar.wikipedia.org/wiki/%D9%86%D8%AC%D8%AF%D8%A7%D8%AA


 


En fait, comme l'explique la seconde partie de l'article, les traditionalistes divergent sur l'iqama el hujja, et pour certains d'entre eux, la hujja est établie dans les questions du tawhid


 


En cela, ils rejoignent certes les najdat, mais dans les conclusions, non dans le raisonnement...


 


certains kharijites contemporains vont jusqu'à dire que la fitra suffit en elle-même pour faire iqama el hujja dans les questions du tawhid...


 


En outre, la tendance traditionaliste qui ne voit pas l'excuse de l'ignorance dans le tawhid fait allusion aux questions claires, non subtiles, même s'ils peuvent se contredirent sur ce point,
mais le sujet est long...


 


tandis que les kharijites ne font pas cette distinction à ma connaissance, ou, pour être plus précis, ils l'occultent...


 


quoi qu'il en soit, il est possible de rejoindre une secte égarée sur un point précis, mais sans s'afflilier à eux...


 


ce sujet reste complexe...


 


 


wa Allah a'lam !