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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 07:49

magnifique-paysage1

 

 

Nouvelle approche du ‘udhr bi el jahl

(Partie 5)

 

Voir notamment : taqrîrât aimmat e-da’wa fî mukhâlafat madhhab el khawârij wa ibtâlihi qui est une thèse es doctorat du D. Mohammed Hishâm Tâhirî, et ayant eu parmi les membres du jury le grand Mufti actuel d’Arabie Saoudite, ‘Abd el ‘Azîz Âl e-Sheïkh.

 

‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân est l’un des savants de aimmat e-da’wa ayant consacrés une réfutation à ‘Uthmân ibn Mansûr, qui, malheureusement, reçut la mauvaise influence de Dâwûd ibn Jarjîs. Il nous enseigne qu’il n’est pas nécessaire pour l’iqâma el hujja qu’un cas particulier ait conscience d’aller à l’encontre de la vérité. Il suffit qu’il déchiffre les termes du message qu’on lui transmet, ou en d’autres termes qu’il connaisse les intentions de son interlocuteur. Beaucoup d’habitants de l’Enfer ne savaient pas sur terre en effet qu’ils suivaient un mauvais chemin. Ne pas savoir qu’on est en tort n’est absolument pas une restriction du takfîr. Il suffit de faire correctement passer le message à un cas particulier pour que la preuve céleste soit établie contre lui. Ainsi, après l’iqâma el hujja, on n’a plus l’excuse de persister dans l’erreur, qu’on en ait conscience ou non. Le jugement est sans appel ![1]

 

Les chrétiens et certains païens de la Péninsule arabique étaient attachés à des conceptions erronées qui les confortaient dans leur égarement. Leur cas est différent des Juifs, de Pharaon, de son peuple, et de nombreux païens arabes qui connaissaient la vérité, mais qui s’étaient laissé aveugler par l’orgueil et l’obstination. Le Coran ne fait pas de distinction entre ces deux catégories d’individus ; toutes sont vouées à l’Enfer éternel. Nous pouvons dire la même chose pour les adeptes de cette religion qui s’entêtent dans les ténèbres de l’ignorance, après avoir eu connaissance de la preuve céleste.[2]

 

Ce même ‘Abd e-Latîf cite le long passage d’ibn Taïmiya tiré de e-radd ‘alâ el bakrî ou de son autre titre el istighâtha, que l’adversaire reprend curieusement à son compte, bien qu’il fustige littéralement sa tendance. Passage que nous reproduisons ici en entier tant celui-ci rend compte des réelles intentions de son auteur. Ibn Taïmiya a dit : « Quant à ces ignorants, comparables aux païens et aux chrétiens, ils s’inspirent de hadîth faibles ou inventés, de citations de savants qui ne font pas autorités, ou qui leur sont mensongèrement imputées, ou tout simplement qui sont des erreurs de leur part…

 

Je ne connais personne ayant rapporté une annale d’un savant de référence autorisant d’invoquer une créature. Certes, certains dévots comme le poète Sheïkh Yahyâ e-Sarsarî[3] et Sheïkh Mohammed ibn e-Nu’mân,[4]auteur de kitâb el mustaghîth bi e-Nabî fî el yaqazha wa el manâm, en vantent les vertus dans leurs ouvrages.

 

Certes, ces gens-là sont des pieux et des religieux, mais ils n’ont aucun lien avec les savants qui sont à même de pénétrer les intentions du Législateur. C’est de ces derniers que l’on prend les enseignements de la religion, car experts en Loi (le licite et l’illicite). Quant à ces dévots, ils ne se basent sur aucune preuve textuelle ni même une parole d’un savant de référence. Leurs pratiques sont plutôt à mettre au compte de l’usage. Beaucoup de gens en effet ont pris l’habitude de se tourner vers leurs Sheïkhdans les moments difficiles pour lui solliciter son aide.

Je connais personnellement certains Sheïkhconnus pour leur ascétisme et leur piété, s’avancer solennellement vers la tombe d’Abd el Qâdir pour lui implorer le secours.

 

Cette pratique est courante chez beaucoup de gens. Lorsqu’on attira l’attention de certains émérites parmi eux, ils revinrent tout de suite à la raison et comprirent que leur pratique n’avait rien à voir avec l’Islam, mais qu’elle était plus comparable à l’adoration des idoles.

 

Il est connu de façon élémentaire que le Prophète (r) n’a jamais légiféré à sa communauté d’invoquer qui que ce soit parmi les morts : Prophètes, gens pieux, etc. ni à travers la formule d’el istighâtha (appel au secours) ou autre ni à travers la formule d’el isti’âna(appel au soutien) ou autre. Il n’a pas légiféré non plus à sa communauté de se prosterner pour un mort ou en sa direction, etc. Nous savons plutôt qu’il (r) a formellement interdit ce genre de pratiques qu’il a jugées comme relevant de l’association interdite par Allah et Son Messager.

Néanmoins, en raison de l’ignorance prépondérante, du nombre restreint de personnes initiées aux traces de la Prophétie parmi les dernières générations, nous ne pouvons pas condamner facilement les gens d’apostats pour ces raisons ; pas avant de les avoir mis au courant des enseignements du Messager stipulant la non-pertinence de leurs pratiques.C’est pourquoi, je n’ai jamais démontré ce point à des personnes imprégnées de l’Islam sans qu’elles ne se remettent en question en disant : c’est le principe même de la religion. Certains grands doyens expérimentés parmi nos amis disaient : c’est la plus grande chose que tu ais pu nous expliquer, car ils avaient pleine conscience que cela concernait le principe élémentaire de la religion. »[5]

 

‘Abd e-Latîf a fait plusieurs fois le commentaire de ce passage dans ses ouvrages. Il souligne que Sheïkh el Islam n’a pas kaffar certains de ses contemporains, qui pourtant étaient des savants, car à ses yeux, la preuve céleste n’avait pas été établie contre eux. Ce qui démontre que l’Islam était devenu étranger pour beaucoup de gens à son époque.[6] Il explique également que les plupart des savants accordent à ibn Taïmiya en gros que le Législateur ne tient pas rigueur des erreurs commises avant la transmission du message. Il va sans dire qu’après l’iqâma el hujja, il n’y a plus de contestation possible. Il existe même un consensus sur la question.[7] En revanche, il s’est abstenu de kaffar les ignorants parmi les adorateurs des tombes qui n’avaient pas été prévenus.[8] S’ils refusent de se repentir après avoir eu les preuves en main, ils sont coupables d’apostasie qu’il incombe de réprimer par les armes.[9]

 

Sulaïmân ibn Sahmân explique quant à lui, que Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb n’a rien inventé en faisant sortir de la religion ceux qui enfreignent le premier principe de l’Islam, l’unicité, à condition qu’ils aient reçu la hujja.[10] Il préconise notamment de ne pas affronter les gens avec des invectives du genre « hé mécréant ! ». La prédication réclame en effet d’être sage et de prodiguer le beau sermon, du moins pendant la phase où les musulmans sont faibles. Cependant, il ne faut pas en faire une constante. Dès qu’ils sont suffisamment forts, autour d’un État, et que la prédication s’est propagée, le comportement sera différent, comme en témoigne la biographie du Prophète (r) et de ses Compagnons.[11] Il n’est pas pertinent, selon lui, de taxer quelqu’un de kâfir ou de jahmî, avant l’iqâma el hujja.[12]

 

Il rapporte également un long passage de tarîq el hijrataïn dont nous avons parlé dans Éclaircissement, et qui pose la lumière sur les différentes formes de suivisme aveugle. Puis, il conclu avec une citation de son Sheïkh ‘Abd e-Lâtîf que voici : « … ibn el Qaïyim fait uniquement exception à ceux qui n’ont pas accès à la vérité, bien qu’ils la recherchent activement. C’est de ces derniers dont fait allusion les textes des grands spécialistes comme Sheïkh el Islam et son élève. »[13]

 

‘Abd Allah, le fils de l’Iman s’inspire également du texte d’ibn Taïmiya cité plus haut. Voici la teneur de ses paroles : « Faire des demandes au mort et l’appeler au secours pour résoudre ses problèmes relève de la grande association condamnée par Allah (I) et Son Messager. Tous les Livres célestes et les prédications prophétiques s’accorde à l’interdire, à kaffar tout coupable, à se désolidariser de lui, et à s’en faire un ennemi.

 

Cependant, les périodes où la lumière de la prophétie s’est estompée (fatarât) et où l’ignorance est répandue, il n’est pas permis de kaffarun cas particulier avant d’appliquer contre lui la preuve céleste, et de lui montrer la vérité. Qu’il sache qu’il a commis un acte relevant de la grande association condamnée par Allah et Son Messager. Ainsi, dès qu’il reçoit la hujja, qu’on lui récite les Versets coraniques et les hadîth prophétiques sur la question, il devient mécréant en s’entêtant à faire de l’association.

 

Son cas est donc différent de celui qui le fait par ignorance et qui n’a pas été prévenu. Nous disons pour l’ignorant que son acte est de la mécréance, mais nous ne le taxons pas de mécréant pour autant, pas avant de lui avoir transmis la hujja. Si, après l’iqâma el hujja, il persiste à faire du shirk, il devient alors mécréant, bien qu’il dise lâ ilâh illâ Allah Mohammed Rasûl Allah, qu’il fasse la prière, qu’il verse l’aumône et qu’il croit aux six piliers de la foi…

Quant au mort, qui faisait du shirk au cours de sa vie, nous remettons son sort à Allah (I). Il ne faut pas lui consacrer d’invocations ni prier pour lui le Pardon et la Miséricorde d’Allah. La raison, c’est que de nombreux savants avancent que le Coran suffit en lui-même pour établir la hujja, comme le confirme le Verset : [afin qu’il vous avertisse par son biais, et tous ceux qui le reçoivent].[14] Si quelqu’un se détourne du Coran après l’avoir reçu et qu’il ne se renseigne pas sur ses lois (obligations/interdictions), il mérite le châtiment. Allah (I) a dit : [à celui qui se détourne de Mon Rappel, Je lui infligerais une vie malheureuse].[15] Puis, il enchaîne : [Alors que tu avais reçu Mon Rappel ; ceux qui s’en détournent porteront leur péché, le Jour de la Résurrection • Ils y demeureront éternellement]. »[16]

 

Contre toute attente, la fin du passage ne va pas en faveur de l’adversaire, bien que, il est vrai, il reste ambigu. D’autres passages de ce même ‘Abd Allah sont tout aussi ambigus,[17] mais en aucun cas, ils ne viennent confirmer la théorie du ism et du hukm, ou du moins, pas de la façon dont la présente l’adversaire, comme nous allons le démontrer in shâ Allah, dans un prochain article, wa Allah a’lam !

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

 

 

 

 

 

 

 



[1] Voir : mish e-zhalâm (p. 367-379).

[2] Idem. (p. 324-325).

[3] Poète soufi ultra hanbalite (m. 656 h.).

[4] Maitre soufi ultra malékite  (m. 656 h.).

[5] El istighâtha (2/731).

[6] Voir : e-durar e-saniya (1/417-418).

[7] ‘Abd e-Latîf rapporte le consensus dans e-durar e-saniya (1/467-468).

[8] Voir : mish e-zhalâm (p. 324-325).

[9] Voir : e-durar e-saniya (1/427).

[10] Voir : e-dhiyâ e-shâriq (p. 161-162).

[11] Voir : kashf e-shubhataïn (p. 28).

[12] Idem. (p. 33-34).

[13] Idem. (p. 85-90).

[14] Le bétail ; 19

[15] Ta-Hâ ; 124

[16] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (1/79-80).

[17] Voir : e-durar e-saniya (10/136-137) ; hamd ibn Nâsir a également des paroles de ce genre dans e-durar e-saniya (10/335-337).

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Publié par mizab - dans Takfir
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commentaires

alain 05/09/2013 19:51

baarakaAllâhoufyk

mizab 08/09/2013 07:43

wa fik baraka Allah !

alain 30/08/2013 20:15

as salaamou 'alayka : Dans l'article il est mentionné :
'abd Allâh le fils de l'imâm
De quel imâm il s'agit ?

mizab 01/09/2013 07:20

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !

il s'agit d'abd Allâh ibn 'Abd el Wahhab !

mizab 26/06/2013 07:32

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !

amin !

wa antum kadhalik !

Amîra 25/06/2013 22:59

salamu alaykum ,
qu'Allah te récompense de l'aide que tu apporte aux frères et soeurs non-arabophone!
Cet article est très explicite !
Jazakaallahu khayr !