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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 06:31

magnifique-paysage1

 

Nouvelle approche du ‘udhr bi el jahl

(Partie 6)

 

Voir notamment : taqrîrât aimmat e-da’wa fî mukhâlafat madhhab el khawârij wa ibtâlihi qui est une thèse es doctorat du D. Mohammed Hishâm Tâhirî, et ayant eu parmi les membres du jury le grand Mufti actuel d’Arabie Saoudite, ‘Abd el ‘Azîz Âl e-Sheïkh.

 

Mais, restons pour le moment avec ‘Abd Allah, l’auteur des paroles : « Pour la réponse à la troisième question disant : celui qui commet un acte de mécréance sans intention, mais par ignorance, est-il excusable ou non, que ce soit au niveau des paroles, des actes, de la croyance ou en faisant du tawassul ?

Nous disons en réponse : si quelqu’un qui croit en Dieu et à Son Message commet du kufr, car ignorant des enseignements d’Allah et de Son Messager, que ce soit au niveau de la croyance, de la parole ou des actes, il n’est pas pour nous un mécréant ; et nous ne le taxons pas ainsi avant d’avoir appliqué contre lui la preuve céleste qui voue à la mécréance celui qui va à son encontre. Après l’iqâma el hujja, soit, après que les enseignements du Messager (r) lui soient parvenus, il devient mécréant en persistant dans son égarement… le Coran suffit en lui-même pour établir la hujja contre lui. Cependant, il  a besoin que les savants lui expliquent la chose, wa Allah (I)  a’lam ! »[1]

 

Le premier homme de la da’wa najdite répétait souvent dans ses assemblées qu’il ne condamnait personne à la mécréance avant l’iqâma el hujja. Il allait jusqu’à s’abstenir de se prononcer sur les adorateurs du mausolée el Kawwâz, étant donné que personne ne leur avait fait passer le message.[2] Ils sont considérés comme vivant dans une période de fatra (période où la lumière de la prophétie s’est estompée), ce qui en soi, leur offre une circonstance atténuante. Cependant, après la hujja ils n’ont plus d’excuse, même s’ils ne comprennent pas leur erreur.[3]

 

Sheïkh ‘Abd Allah Abû Batîn explique à ce sujet : « Prétendre que le Prophète (r) ou un autre peut sauver du châtiment d’Allah ou qu’il peut prendre Sa place est une forme de mécréance manifeste. Nous taxons tout fautif de mécréant après le lui avoir expliqué, s’il est ignorant. »[4] ‘Abd e-Latîf réfute l’accusation selon laquelle l’Imam sortait les gens de la religion sans faire de détails. Il explique qu’il ne se prononce même pas sur celui qui adore l’idole se trouvant sur la tombe d’Abd el Qâdir et celle d’el Badawî en raison de leur ignorance. Il ne diffère en rien de la voie du Prophète (r), sauf que son discours sera plus ou moins détaillé en fonction de la situation.[5]

Ailleurs, il met en lumière les véritables intentions d’ibn Taïmiya et d’ibn el Qaïyim sur la question : « Le discours des deux Sheïkh est suffisamment clair dans tous les passages en question. Ces derniers ne kaffar pas les auteurs de certaines paroles ou de certains actes, étant donné que la chose n’est pas facile à détecter pour ces gens-là, et qu’ils n’ont pas reçu la hujja. Ainsi, ils s’abstiennent de condamner certains fautifs au châtiment avant l’étape de l’iqâma el hujja. Ils parlent de questions bien précises et sur lesquelles il existe une divergence entre les savants de la communauté.

 

Quant à l’invocation et l’appel au secours des morts, en s’orientant vers eux lors des moments difficiles, tout le monde s’accorde à dire que c’est interdit et que cela relève de la grande association. Nous avons vu précédemment que le Sheïkh condamne à la peine de mort quiconque refuse de s’en repentir… »[6]

 

Le problème, c’est que Dâwûd ibn Jarsîs ne pénètre pas ces nuances. Il attribue à ibn Taïmiya et à son élève un discours erroné. Il s’imagine qu’ils ne condamnent pas ces pratiques païennes. Pire, il s’imagine que l’erreur dans ces domaines rapporte une récompense dans l’absolu à celui qui n’en a pas connaissance. Or, il incombe de distinguer entre l’acte auquel le Législateur donne le statut d’« association », de « mécréance » ou de « perversité »  et la personne. Le fait qu’une personne peut être excusable, cela ne rend en aucun cas son acte louable. Il y a une différence entre le statut d’un acte et le statut de son auteur.[7]

 

Conclusion

 

Ainsi, contrairement aux kharijites, aimmat e-da’wa prennent en considération l’iqâma el hujja avant de se prononcer sur un cas particulier ayant commis une annulation de l’Islam. Matériellement, la hujja consiste à transmettre les textes du Coran, de la sunna ou du consensus de façon à ce qu’ils soient bien appréhendés, aux yeux de la plupart des savants de aimmat e-da’wa. Pour la minorité d’entre eux, seule la présence du Coran est à même de faire l’affaire. Or, on peut très bien en avoir un exemplaire à la maison, sans pour autant être au courant de ses enseignements en détail.

 

Sheïkh e-Sa’dî nous enseigne que notre relation sera différentes avec les deux sortes d’individus suivants : les mécréants d’origine qui ne sont pas affiliés à l’Islam et les musulmans qui commettent une annulation de l’Islam. Concernant la première catégorie, aucune distinction n’est faite entre le savant et l’ignorant, dans le sens où tous les deux sont voués à l’Enfer éternel. Pour la deuxième catégorie, les textes du Coran et de la sunna expriment que les erreurs non intentionnelles commises tant dans les usûls que lesfurû’ constituent une circonstance atténuante avant de se prononcer sur un cas particulier.[8] Le shirk akbar ne fait pas exception à la règle. Voir l’article : El ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar. 

 

Ailleurs, il explique : « En un mot, en démentant (takdhîb) Allah ou en démentant Son Messager dans les enseignements qu’il rapporte, on devient mécréant ; ou bien, en n’adhérant pas (lam yaltazim) aux commandements d’Allah et de Son Messager. Toutes ces choses s’opposent à la foi conformément au Coran et à la sunna. Tous les discours des légistes expliquant en détail les formes d’annulations reconnues de l’Islam reviennent à cette cause. »[9] La cause en question, c’est le takdhîb ou ‘adam el iltizâm. Il veut dire que l’origine du kufr a lieu soit au niveau du qawl el qalb, comme chez les chrétiens et certains païens arabes soit au niveau de ‘amal el qalb comme pour Pharaon et les Juifs et de nombreux païens arabes qui connaissaient la vérité, mais qui s’étaient laissé aveugler par l’orgueil et l’obstination.

 

Nous avons vu que aimmat e-da’wa se sont abstenus de kaffar certains cas particuliers, qui pourtant, non seulement avait fait du shirk akbar, mais qui avaient composé des ouvrages vantant ses vertus ; ce qui en soi, est une circonstance aggravante. Ils ne les ont pas sortis de la religion, car toutes les conditions n’étaient pas réunies pour le faire. Ils ne se prononçaient pas également sur les musulmans morts, et ils se fiaient aux apparences dans leurs relations avec ceux qui se revendiquaient musulmans en leur donnant leur droit, sauf si certains éléments venaient confirmer le contraire. Il est vrai que certains de leur discours portent à confusion, mais gardons en même temps à l’esprit que le sujet est complexe, mais surtout dangereux, car lourd de conséquences. C’est la raison pour laquelle, le takfîr est, en gros, le domaine gardé des savants, car, ils sont à même d’évaluer tous les paramètres qui tournent autour, et d’en tenir compte dans leur jugement, wa Allah a’lam !

 

Allah est Celui à qui nous demandons notre aide et sur qui nous reposons notre confiance ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Maître Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

 

Par : Karim Zentici

 

 

 



[1] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (1/247-248).

[2] Voir : kashf e-shubhataïn (p. 75-75), et e-dhiyâ e-shâriq (p. 371-372).

[3] Voir : ijmâ’ ahl e-sunna e-nabawiya (p. 160).

[4] Majmû’ e-rasâil wa el masâil (2/3/130).

[5] Voir : mish e-zhalâm (p. 43).

[6] Voir : minhâj e-ta-sîs (p. 265).

[7] Idem.

[8] El irshâd ilâ ma’rifat el ahkâm (p. 556-558).

[9] El irshâd ilâ ma’rifa el ahkâm (p. 210).

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Publié par mizab - dans Takfir
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