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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:21

Jahm ibn Safwân

(Partie 9)

Thomas d'Aquin

Il est considéré comme l'un des principaux maîtres de la philosophie scolastique et de la théologie catholique. Dans la continuité du propos de l'Église catholique, Thomas d'Aquin a proposé, au xiiie siècle, une œuvre théologique qui repose, par certains aspects, sur un essai de synthèse de la raison et de la foi, notamment lorsqu'il tente de concilier la pensée chrétienne et la philosophie réaliste d'Aristote. Il distingue les vérités accessibles à la seule raison, de celles de la foi, définies comme une adhésion inconditionnelle à la Parole de Dieu.

Il découvre sans doute alors Aristote à travers Averroès dont les traductions latines commencent à circuler (son maître, Albert le Grand, est un dominicain commentateur d'Aristote). Il entame ses commentaires sur Aristote par le Commentaire « De l'âme » (1267-1268), en adoptant la méthode d'explication mot à mot des grands commentaires (tafsîr) d'Averroès. Thomas d'Aquin, qui est un des premiers – sinon le premier – à distinguer une théologie naturelle et une théologie révélée, est parti en quête d'une intelligence de la foi, par la raison naturelle, en s'appuyant notamment sur Aristote. Cependant, les études contemporaines ont rappelé que Thomas d'Aquin est avant tout théologien, et que sa philosophie s'insère dans un système théologique chrétien, qui prend en compte la création, l'existence de Dieu, la vie de la Grâce, la Rédemption.

Depuis la fin du xixe siècle, les objections de la critique rationaliste ont incité l'apologétique catholique à mettre en évidence certaines positions de Thomas d'Aquin concernant les rapports de la foi et de la raison. Thomas d'Aquin soutient en effet que la foi chrétienne n'est ni incompatible, ni contradictoire avec un exercice de la raison conforme à ses principes, c'est-à-dire non détournée de ses fins naturelles par le vice et le péché. Les vérités de la foi et celles de la raison peuvent être intégrées dans un système synthétique harmonieux, sans se contredire.

À une époque où la philosophie commence à s'organiser en discipline autonome dans les écoles et les universités, il place les vérités transmises par la Sacra doctrina – la Révélation – au-dessus de toutes les sciences, puisque la Révélation vient de Dieu, qui, par définition, ne peut ni se tromper ni nous tromper. Dans cette perspective théologique, Thomas d'Aquin pose comme principe le respect de l'ordre rationnel, créé et voulu par Dieu pour permettre à l'homme de connaître la vérité. Il distingue de ce fait raison naturelle et raison éclairée par la Révélation (Écriture et Tradition), théologie naturelle et théologie révélée.

Thomas d'Aquin est l'héritier du schéma explicatif dit « des quatre sens de l'Écriture » qui repose essentiellement sur une distinction entre le sens littéral et le sens spirituel ou allégorique des textes sacrés, diffusée dès l'antiquité par les auteurs du Nouveau Testament. Thomas en affine l'explication théorique ou scolastique. Les choses signifiées par les mots de l'Écriture renvoient elles-mêmes à d'autres choses.

C'est ainsi que l'herméneutique scripturaire de Thomas d'Aquin expose le sens littéral ou historique comme étant le fondement des sens spirituels de l'Écriture : le sens allégorique, le sens tropologique et le sens anagogique.

La méthode de la théologie développée par Thomas d'Aquin est une théologie dite négative, car elle progresse par mode de privation. La méthode sera ainsi la suivante : Dieu est infini parce qu'il n'est pas fini, il est bon parce qu'il n'est pas mauvais, etc.

La connaissance intellectuelle humaine (cela ne vaut ni pour l'ange ni pour Dieu) est le fruit d'un processus cognitif d'abstraction qui conduit l'esprit humain de l'expérience sensible et matérielle à la connaissance immatérielle de l'intellect par la médiation de la connaissance sensible qu'il qualifie d'immatérielle.

Thomas établit que l'homme peut acquérir la connaissance de l'existence de Dieu à partir du monde et non à partir de la déduction de principes logiques ou abstraits. Il est tout à fait possible d'accéder à une certaine connaissance de Dieu - principalement son existence, son statut de cause première - sans Révélation, en observant le monde, par une connaissance indirecte et a posteriori. C'est le sens des voies dites cosmologiques qui conduisent à la connaissance de l'existence de Dieu à partir de l'observation de l'univers. Thomas d'Aquin proposera cinq voies qui conduisent à conclure, par l'exercice de la raison, à l'existence d'un être que tout le monde appelle Dieu.

La thèse de Thomas est que foi et raison ne peuvent se contredire car elles émanent toutes deux de Dieu ; la théologie et la philosophie ne peuvent donc pas parvenir à des vérités divergentes. C'est l'argument de la double vérité que l'on trouve dans la Somme contre les Gentils et dans la question 1 de la Somme théologique : comme la lumière de la raison et celle de la foi viennent toutes deux de Dieu, elles ne peuvent se contredire. Mieux encore, la foi se sert de la raison.

Thomas d'Aquin rendra célèbre l'adage selon lequel « la philosophie est la servante de la théologie » (Philosophia ancilla theologiae) dans la mesure où la philosophie, en réfléchissant sur les conditions d'un usage cohérent des concepts et du langage, permet à la théologie de rendre raison de manière fondée et rationnelle des vérités de foi qui sont, par définition, inaccessibles à la raison mais non contraires à celle-ci. Il y a donc collaboration hiérarchisée entre la servante et la maîtresse, toutes deux subordonnées à la science divine, mais chacune à son rang : la théologie comme science supérieure parce qu'elle tient directement ses principes de la Révélation et se sert des conclusions de toutes les autres sciences, tandis que la philosophie, dont les fins sont ordonnées à celle de la théologie, tient ses principes de la seule raison.

La méthode pour remonter à Dieu par la raison se résume à trois points : par mode de causalité (il est la cause de ce monde), par mode de négation, c’est-à-dire en niant en lui ce qui est limite en nous (par exemple : Dieu n'est pas matériel, mortel, localisé etc.), et par mode d'éminence, en affirmant qu'il existe en lui éminemment ce qui est qualitatif en nous (par exemple : Dieu est amour, intelligence, puissance).

Thomas d'Aquin dit qu'il y a cinq voies (quinquae viae) pour prouver que Dieu existe :

par le mouvement : les choses sont constamment en mouvement, or il est nécessaire qu'il y ait une cause motrice à tout mouvement. Afin de ne pas remonter d'une cause motrice à une autre, il faut reconnaître l'existence d'un « Premier moteur non mû » : c'est Dieu.

par la causalité efficiente (ex ratione causae efficientis) : nous observons un enchaînement de causes à effet dans la nature, or il est impossible de remonter de causes à causes à l'infini ; il faut nécessairement une Cause Première : c'est Dieu.

par la contingence : il y a dans l'univers des choses nécessaires qui n'ont pas en elles-mêmes le fondement de leur nécessité. Il faut donc un Être par Lui-même nécessaire qui est Dieu.

par les degrés des êtres : preuve reprise de Platon, qui a remarqué qu'il y a des perfections dans les choses (bien, beau, amour, etc.) mais à des degrés différents. Or il faut nécessairement qu'il y ait un Être qui possède ces perfections à un degré maximum, puisque dans la nature toutes les perfections sont limitées.

par l'ordre du monde : on observe un ordre dans la nature : l'œil est ordonné à la vue, le poumon à la respiration, etc. Or à tout ordre il faut une intelligence qui le commande. Cette Intelligence ordinatrice est celle de Dieu.

Thomas d'Aquin n'avait aucunement pour but de prouver l'existence de Dieu ; il s'adressait en effet à des étudiants en théologie (c'est-à-dire des frères prêcheurs, des prêtres, etc.), pour lesquels cette existence était considérée comme acquise. L'intention de Thomas d'Aquin était plutôt de montrer que l'on pouvait accéder à Dieu au moyen de la raison naturelle, en partant de ce que l'on constate du monde. C'est pourquoi il ne propose pas de « preuves », mais des « voies ».

  • Les questions 2 à 26 de la première partie de la Somme théologique concernent le Dieu unique, c’est-à-dire le Dieu des métaphysiciens.

Nous y découvrons que Dieu existe (qu. 2), qu'Il est simple (qu. 3), infini (qu. 7-8), parfait (qu. 4-6) et immuable et éternel (qu. 9-10).

Premièrement, Il n'est pas corps : Dieu est le premier moteur immobile, or aucun corps ne meut à moins qu'il soit mû, donc Dieu n'est pas un corps. Il ne peut être composé de matière et de forme, puisque la matière est en puissance et que Dieu est acte pur. Son existence inclut l'essence ou « Dieu est identique à son être » car l'acte d'exister ne demande que la cause d'existence, qui est par soi en Dieu.

Thomas d'Aquin est considéré comme un philosophe réaliste. Il retient d'Aristote le fait que toute connaissance est d'abord sensible avant d'être dans l'intelligence. La réalité n'est donc pas en dehors de l'être humain, comme chez Platon, mais elle ne relève pas uniquement du sensible. Thomas d'Aquin écarte la position de Platon pour qui les idées sont des substances totalement séparées des corps sensibles. Il faut aussi écarter la position de Démocrite pour qui les sens et l'intelligence étaient exactement la même chose. Seul Aristote avait une position intermédiaire satisfaisante. C'est sur ce dernier que Thomas d'Aquin s'inspire afin de développer une théorie de la connaissance réaliste.

« Aristote, lui, prit une voie intermédiaire. (…) Dans la mesure où il dépend des images, l’acte intellectuel est causé par le sens. »

Nous trouvons donc chez Thomas d'Aquin une interprétation du réalisme aristotélicien situé entre le platonisme et l'empirisme de Démocrite, où l'intelligence est un intellect agent qui actualise l'intelligence humaine à partir de perceptions sensibles, purement passives, car elles ne font que recevoir l'action d'un objet extérieur. Ainsi, tout ce que nous connaissons par la sensibilité est individuel ou singulier : seul l'intellect agent généralise ensuite les perceptions sensibles en idée générale, c’est-à-dire en concept.

Thomas d'Aquin distingue les sens internes des sens externes :

  • les sens externes sont les cinq sens (vue, odorat, toucher, ouïe, goût) qui permettent à l'homme de faire expérience du monde matériel ;
  • les sens internes sont le sens commun (discernement et synthèse des sensations), la fantaisie, l'imagination, l'estimation et la mémoire.

Par : Karim Zentici

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Publié par mizab
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commentaires

alain 10/09/2013 17:28

Qu'Allâh te récompense pour ces précisions akhy !

mizab 10/09/2013 17:45

amin !

wa anta kadhalik !

mizab 09/09/2013 10:31

Sinon, pour revenir à Descartes, ce dernier emprunte vraisemblablement à el Ghazali dalil el fitra disant que la reconnaissance de l'existence de Dieu est innée, et s'oppose aux philosophes avant lui qui basent cette reconnaissance sur la seule raison :

On distingue généralement la connaissance innée de Dieu de la connaissance acquise de Dieu. Ce n’est pas une distinction strictement logique, parce que, en dernière analyse, toute connaissance humaine est acquise. La théorie des idées innées est plus philosophique que théologique, on en trouve les racines dans la « doctrine des idées » de Platon, mais c’est Cicéron qui l’a développée dans son De Natura Deorum. En philosophie moderne, Descartes a été le premier à enseigner l’innéité du concept de Dieu. Il n’a pas cru nécessaire de considérer cette innéité au sens où le concept de Dieu serait consciemment présent dans l’esprit humain dès le départ; il en traite au sens où l’homme a une tendance naturelle à former ce concept lorsque son esprit atteint la maturité. Finalement, la théorie a été formulée ainsi : certaines idées, parmi lesquelles celle de Dieu est la plus remarquable, sont infuses, présentes dans la conscience humaine depuis la naissance. C’est à cette expression de la « doctrine des idées » que Locke s’est attaqué, bien qu’il soit tombé dans l’autre extrême de l’empirisme philosophique.

mizab 09/09/2013 10:26

Voici un joli texte sur la reconnaissance du tawhid el rububiya :


ولا بن الوزير اليماني ـ رحمه الله ـ كلام طيب مفيد في هذه المسألة يحسن ذكره، حيث يقول:" الطرق إلى الله تعالى كثيرة جداً ولكننا نقتصر منها على أصحها وأجلاها وأوضحها وأشفاها حتى نأمن بالسلوك فيها من الضلال في الطرُق التي تُبعد السائر فيها عن مقصوده والعياذ بالله.
فنقول: في بيان شيء من طريق معرفة الله تعالى على مناهج الرسل والسلف على جهة التفصيل. للإجمال المتقدم في الباب الذي قبل هذا، فلنذكر إشارة لطيفة على قدر هذا المختصر إلى ثلاثة دلالات: دلالة الأنفس، ودلالات المعجزات، ودلالة الآفاق، وكلها دلَّ عليها القرآن الذي وصفه الله تعالى بأنه يهدي للتي هي أقوم.
أما دلالة الأنفس فإنها بليغة، قال الله تعالى:  قتل الإنسان ما أكفره من أي شيء خلقه من نطفة خلقه فقدره. وقال تعالى:  وفي أنفسكم أفلا تبصرون . وقال تعالى:  يا أيها الإنسان ما غرَّك بربك الكريم الذي خلقك فسواك فعدلك في أي صورة ما شاء ركبك .
وقال تعالى:  كيف تكفرون بالله وكنتم أمواتاً فأحياكم ثم يميتكم . وأبسط آية في ذلك آية الحج:  يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنْ كُنْتُمْ فِي رَيْبٍ مِنَ الْبَعْثِ فَإِنَّا خَلَقْنَاكُمْ مِنْ تُرَابٍ ثُمَّ مِنْ نُطْفَةٍ ثُمَّ مِنْ عَلَقَةٍ ثُمَّ مِنْ مُضْغَةٍ مُخَلَّقَةٍ وَغَيْرِ مُخَلَّقَةٍٍ. وقال تعالى: أَوَلَمْ يَرَ الْأِنْسَانُ أَنَّا خَلَقْنَاهُ مِنْ نُطْفَةٍ فَإِذَا هُوَ خَصِيمٌ مُبِينٌ . وَضَرَبَ لَنَا مَثَلاً وَنَسِيَ خَلْقَهُ . ومن ثم قيل فكرك فيك يكفيك.
وقد جمع الله تعالى ذكر دلالتي النفوس والآفاق في قوله تعالى : سَنُرِيهِمْ آيَاتِنَا فِي الْآفَاقِ وَفِي أَنْفُسِهِمْ حَتَّى يَتَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُ الْحَقُّ فصلت:53. وذلك أنا نعلم بالضرورة وجودنا أحياء قادرين عالمين ناطقين سامعين مبصرين مدركين بعد أن لم نكن شيئاً، وأن أول وجودنا كان نطفة قذرة مستوية الأجزاء والطبيعة غاية الاستواء، بحيث يمتنع في عقل كل عاقل أن يكون منها بغير صانع حكيم.
وقد اختار المؤمن هذه الحجة في قوله لصاحبه الكافر المخاصم له:  قَالَ لَهُ صَاحِبُهُ وَهُوَ يُحَاوِرُهُ أَكَفَرْتَ بِالَّذِي خَلَقَكَ مِنْ تُرَابٍ ثُمَّ مِنْ نُطْفَةٍ ثُمَّ سَوَّاكَ رَجُلاًالكهف:37. وأثنى الله تعالى عليه بذلك وخلَّد ذكره في أفضل كتبه، فكيف لا يختاره المؤمن لتقوية يقينه، ودفع وساوس خصومه وشياطينه؟!
وأما دلالة الآفاق: فما يحدث ويتجدد في العالم من طلوع القمرين والكواكب وغروبها عند دوران الأفلاك الدائرات والسفن الجاريات، والرياح الذاريات والنجوم الثوابت منها، والمعالم والرواجم. والاستدلال بالرواجم جيد لدلالته الواضحة على الفاعل المختار كما يدل على ذلك حركة القمرين الدائمة وسائر النجوم و الأفلاك.
وكذلك تغير أحوال الهواء بالغيوم والصواعق والبروق العجيبة، المتتابعة المختلطة بالغيوم الثقال الحاملة للماء الكثير، والمطفئ بطبعه للنار المضادة له، وما في الجمع بينها وإنشائها، وإنزال الأمطار منها بالحكمة البالغة، لا تختلط قطرة بأخرى ولو اشتدت الرياح العواصف وصغرت القطرة وكثرت وتقاربت حتى تقع متفرقة غير ضارة، فتأتي هذه الأمطار فتعم الأرض سهولها ووعورها وشعابها و شعافها، لينبت الأشجار والفواكه والأزهار والثمار، وتمد البحار والأنهار والآبار.
وقد جمع الله تعالى ذلك في قوله: إِنَّ فِي خَلْقِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَاخْتِلافِ اللَّيْلِ وَالنَّهَارِ وَالْفُلْكِ الَّتِي تَجْرِي فِي الْبَحْرِ بِمَا يَنْفَعُ النَّاسَ وَمَا أَنْزَلَ اللَّهُ مِنَ السَّمَاءِ مِنْ مَاءٍ فَأَحْيَا بِهِ الْأَرْضَ بَعْدَ مَوْتِهَا وَبَثَّ فِيهَا مِنْ كُلِّ دَابَّةٍ وَتَصْرِيفِ الرِّيَاحِ وَالسَّحَابِ الْمُسَخَّرِ بَيْنَ السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ لَآياتٍ لِقَوْمٍ يَعْقِلُونَ إلى قوله:  لآياتٍ لقومٍ يعقلون .
وكيف يُنكَر هذا أو يُستبعد وقد حكى الله عن الهدهد وهو من العالم البهيمي أنه وحَّد الله واحتج على صحة توحيده بهذا الدليل المذكور في الآفاق، قال الله حاكياً عنه: أَلَّا يَسْجُدُوا لِلَّهِ الَّذِي يُخْرِجُ الْخَبْءَ فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَيَعْلَمُ مَا تُخْفُونَ وَمَا تُعْلِنُونَالنمل:25. يعني المطر والنبات، فاحتج بحدوث هذين الأمرين العجيبين المعلوم حدوثهما مع تكررهما بحسب حاجة الجميع إليهما.
وكذلك قيل لبعض الأعراب بم عرفت ربك؟ فقال: البعرة تدل على البعير وآثار الخطا تدل على المسير، فسماء ذات أبراج، وأرض ذات فجاج، كيف لا تدل على العلي الكبير ؟!"[ ].

alain 08/09/2013 12:53

BaarakaAllâhoufyka, oui exactement pour le 5 : ils reconnaissent le tawhyd rouboubiya et même des asmâ wa Siffat (celui qui: crée, qui donne la mort, qui crée, qui fait vivre, qui administre tout, qui accorde la subsistance...) c'est Allâh.
Mais ils disaient ceci : sourate 38 verset 5 Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu? Voilà une chose vraiment étonnante".

mizab 08/09/2013 15:28

oui, le Verset parle de la divinité, non de la Seigneurie, comme l'explique en détail ibn Taïmiya,

en outre, Descartes a également l'approche des mutakallimins sur le sujet, c'est ce qu'il explique son je pense donc je suis qu'il aurait emprunté à el Ghazali !

c'est ce qui explique également le pari de Pascal :

Au nom d’Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

Qu’avez-vous à perdre à croire en Dieu ?

Dieu. Les uns craignent de le perdre, les autres craignent de le trouver. (Pensées)

Le Pari de Pascal
C’est le nom donné à un passage des Pensées de Blaise Pascal où il met à plat le gain que l'on peut avoir en croyant en Dieu.
« Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée, en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter. »
Si vous pariez sur l'existence de Dieu :
- soit il existe et vous allez au paradis
- soit il n'existe pas et vous retournez au néant.
Si vous pariez sur l'inexistence de Dieu :
- soit il existe et vous allez en enfer ou retournez au néant
- soit il n'existe pas et vous retournez au néant.
Croire n'expose à aucune perte.
Nous retrouvons un principe similaire dans le Coran à travers le Verset suivant : et lorsqu’ils dirent : Ô Allah ! Si ceci est vraiment la vérité venant de Toi, alors fais pleuvoir sur nous des pierres du ciel, ou envoie-nous un châtiment douloureux.

Ibn Kathîr fait remarquer dans son exégèse au sujet des païens de l’ère préislamique : « Le Coran leur reproche cet excès d’ignorance, d’obstination, d’insolence, et d’incrédulité. Il aurait été plus intelligent de leur part de demander à Allah de les guider si c’était vraiment la vérité. Au lieu de cela, ils ont non seulement préférer le châtiment, mais ils ont insisté à ce qu’il leur vienne plus hâtivement. Un autre Verset dépeint cette réaction : Ils te demandent par ironie que le châtiment leur soit précipité, mais s’il n’avait pas été fixé, il leur serait venu et les aurait frappés à l’improviste sans qu’ils ne s’en rendent compte,
Ils dirent : Seigneur ! Hâte-nous notre règlement, avant le Jour des Comptes, Quelqu’un demanda : le châtiment sera pour quand ? • Les infidèles ne pourront pourtant le repousser • à Allah appartient les voies d’ascension.

Les ignorants des civilisations anciennes avaient le même comportement, à l’exemple des concitoyens de Shu’aïb qui lancèrent à ce dernier : Si tu dis vrai, alors fais tomber sur nous un fragment du ciel. »

Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison. (Pensées, 253 [éd. Brunschvicg])

Par ailleurs, le Coran a souvent recours à des procédés cartésiens afin de mettre les incrédules devant le fait accompli : si vous reconnaissez l’existence de Dieu, alors vous devez vous soumettre à Son adoration.

En voici un exemple : Qui donc a créé les cieux et la terre et vous a fait descendre une eau faisant pousser des vergers resplendissants ; vous ne pouviez certes faire pousser ses arbres. Y a-t-il un dieu avec Allah ? Ils sont plutôt un peuple perverti • Qui donc a rendu la terre stable, l’a fait sillonné de fleuves, lui a fixé des montagnes, et a fait une barrière entre les deux mers. Y a-t-il un dieu avec Allah ? Mais la plupart ne savent pas • Qui donc répond à l’appel de la personne en détresse et dissipe le malheur. Il a fait de vous des lieutenants sur terre. Y a-t-il un dieu avec Allah ? Mais vous ne vous rappelez que très peu • Qui donc vous guide dans les ténèbres des continents et des mers, qui vous envoie les vents porteurs d’espoir entre les mains de Sa miséricorde. Y a-t-il un dieu avec Allah ? Allah est bien au-dessus de leur association • Qui donc intervient au commencement de la création et la faire revenir ensuite ! Qui pourvoit à votre nourriture provenant des cieux et de la terre ! Y a-t-il un dieu avec Allah ? Dis : apporter vos preuves si vous êtes vraiment sincères.

D’autres passages du Coran nous apprennent que même les plus incrédules sont convaincus au fond d’eux de l’existence de Dieu. Blaise va-t-il dans ce sens en disant : Douter de Dieu, c'est y croire. (Pensées) ?

mizab 08/09/2013 07:53

La 1 et la 4 sont de la pure spéculation phylosophique, et les scolastiques des trois religions s'en servent pour dire, comme nous l'avons vu dans l'article qu'Allah est simple et lui reconnaitre les Noms et Attributs en tout et partie, c'est lui reconnaitre un corps, et donc faire de l'anthropomorphisme !

nous pouvons remarquer que c'est argument est emprunté aux grecs, et n'a aucune origine dans les écritures !

La 3 est prônée par les mutakallimins, ce qui en soit est vrai, mais ils l'utilisent pour renier tout en partie les Noms et Attributs divins, comme nous l'avons vu dans l'article !

la 5 est entérinée par le Coran, mais cela ne suffit pas pour devenir croyant, car même les païens reconnaissaient l'Unicité d'Allah dans la Seigneurie et l'ordre des choses ! En voici un exemple :

Qui donc a créé les cieux et la terre et vous a fait descendre une eau faisant pousser des vergers resplendissants ; vous ne pouviez certes faire pousser ses arbres. Y a-t-il un dieu avec Allah ? Ils sont plutôt un peuple perverti • Qui donc a rendu la terre stable, l’a fait sillonné de fleuves, lui a fixé des montagnes, et a fait une barrière entre les deus mers. Y a-t-il un dieu avec Allah ? Mais la plupart ne savent pas • Qui donc répond à l’appel de la personne en détresse et dissipe le malheur. Il a fait de vous des lieutenants sur terre. Y a-t-il un dieu avec Allah ? Mais vous ne vous rappelez que très peu • Qui donc vous guide dans les ténèbres des continents et des mers, qui vous envoie les vents porteur d’espoir entre les mains de Sa miséricorde. Y a-t-il un dieu avec Allah ? Allah est bien au-dessus de leur association • Qui donc intervient au commencement de la création et la faire revenir ensuite ! Qui pourvoit à votre nourriture issue des cieux et de la terre ! Y a-t-il un dieu avec Allah ? Dis : apporter vos preuves si vous êtes vraiment sincères.