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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 15:07

Mecca19.jpg

 

Ismâ’îl, le père d’une grande nation

(Partie 1)

 

 

Voir : Takhjîl man harrafa e-Tawrât wa el Injîl d’el Qâdhî Sâlih e-Ja’farî

 

Paul, connu sous le nom de l’Apôtre Paul a dit dans la quatrième épître qu’il écrivit à certains frères : « Il est écrit en effet qu’Abraham eut deux fils, un de la servante, un de la femme libre ; mais le fils de la servante était né selon la chair, tandis que le fils de la femme libre l’était par l’effet de la promesse. Il y a là une allégorie : ces femmes sont, en effet, les deux alliances. L’une, celle qui vient du mont Sinaï, engendre pour la servitude : c’est Agar – car le mont Sinaï est en Arabie. Et Agar correspond à la Jérusalem actuelle puisqu’elle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle notre mère (Sara selon l’auteur ndt.) »[1]

 

Il y a plusieurs enseignements à tirer de ce passage dont notamment :

Ismaël et sa mère Agar vivaient en terre arabe exprimée par le terme arabia prononcée sans le ‘Aïn au début.

Le mont Sinaï est relié à wâdî el ‘arab qui n’est autre qu’arabia. C’est cet endroit dont le passage de la Thora fait mention : « Le SEIGNEUR est venu du Sinaï. »[2]

Le Temple de La Mecque est comparé au Temple de Jérusalem, selon le témoignage de Paul.

Les deux enfants dont il est question hériteront d’une alliance et d’une loi, bien que Paul s’acharne ici contre Ismaël et sa mère à deux endroits ; le premier : « mais le fils de la servante était né selon la chair »[3] ; le second : « L’une, celle qui vient du mont Sinaï, engendre pour la servitude : c’est Agar – car le mont Sinaï est en Arabie. Et Agar correspond à la Jérusalem actuelle puisqu’elle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle notre mère.»[4]

 

Or, ces deux passages sont erronés. Il est faux en effet de dire qu’Ismâ’îl n’est pas né par l’effet de l’alliance, car ce dernier fut annoncé avant sa naissance, comme le révèlent les passages de la Thora que nous avons retranscrits.[5] Il est faux également de prétendre qu’Agar ressemble au mont Sinaï ; l’auteur fait preuve d’une mauvaise déduction. Cette comparaison n’apparaît nulle par ni dans la Thora ni dans les Évangiles ; aucune prophétie n’y fait allusion et aucun apôtre ne l’avait faite avant lui. Paul s’arroge contre l’Évangile en soutenant que la femme libre est meilleure dans l’ensemble que la femme servante. C'est pourquoi il compare la seconde à la Maison de Dieu sur terre et il compare la première à Sa Maison céleste. C’est une simple spéculation de l’esprit qu’il ne faut pas prendre en considération. Il est idiot de s’en remettre systématiquement à sa logique. Pour soutenir qu’une chose est meilleure, il faudrait en apporter la preuve venant d’Allah ou de la prophétie. Or, après avoir examiné – qu’Allah te fasse miséricorde – la Thora (le Pentateuque ndt.), les Livres prophétiques, et les quatre Évangiles, nous n’avons rien trouvé de tout cela. Aucun texte que cet homme pourrait utiliser n’affirme que Sara et son fils soient meilleurs qu’Agar et son fils. Plusieurs passages de la Thora expriment même le contraire, dont :

 

1- La Thoranotamment formule explicitement qu’Allah accorda le privilège à Hâjar d’offrir un premier fils à Ibrahim.[6] La Thora privilégie également, pour l’héritage, le fils aîné qu’elle comble d’éloges. Elle lui offre une double part par rapport aux autres enfants.[7] Selon un passage : « … mon fils premier-né, c’est Israël… Laisse partir mon fils pour qu’il me serve »[8] Ainsi, celle qui offre un premier-né à Ibrahim est meilleure que n’importe quelle autre de ses épouses étant donné que la qualité d’un arbre se reconnaît à ses fruits ; le fait est qu’Agar a eu une bonne récolte.

 

2- Allah ordonna à Ibrahim de laisser sa servante et son fils Ismaël dans le désert et de ne pas se préoccuper d’eux.[9] Le Seigneur les a donc pris en charge en sachant qu’Allah prend en charge Ses créatures vertueuses. Il les a pris des mains de Son Ami Ibrahim pour devenir le meilleur tuteur qui soit.

 

3- L’ange est apparu devant Agar, il lui a parlé sans voile, et a fait preuve de mansuétude à son égard à travers ses dires : «Qu’as-tu Hagar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix du garçon, là où il est. Lève-toi ! Relève l’enfant et tiens-le par la main, car de lui je ferai une grande nation.»[10] Ce privilège (ou cet épisode) ne concerne absolument pas Sara.

 

4- Allah lui fit jaillir une source en plein cœur d’une terre aride, dure, sauvage et sans eau comme le témoigne la Thora. Les juifs et les chrétiens qui cherchent à dénigrer Agar et son fils se discréditent eux-mêmes, se dévoilent de leurs propres mains et trahissent une mauvaise connaissance du Pentateuque et des Livres prophétiques.

 

5- Elle s’est retrouvée à un endroit sacré et qui devint par la suite un lieu de pèlerinage et une terre habitée sur laquelle les rois et les princes posent leur front et autour de laquelle ils tournent de la même façon que les anges tournent autour du Trône céleste au-dessus de leurs têtes ; quiconque en a les moyens peut s’y rendre sans contraintes pour y faire le pèlerinage.

 

6- Sa descendance n’a jamais subi de transformation à l’inverse des tribus d’Israël qui furent, pour certaines d’entre elles, transformées en singes et en porcs. Sa descendance n’a jamais non plus été frappée par la malédiction contrairement aux juifs que des prophètes comme Moïse, Isaïe, David et Jésus fils de Marie ont maudits dans la Bible.

 

7- Les prophètes ont annoncé qu’elle et sa descendance vivront sur une terre sacrée et que leur royaume et leur loi perdureront jusqu’à la fin des temps. Nous demandons à Paul de nous trouver un seul mérite qui soit à la hauteur de ceux que nous avons cité en faveur de nos ancêtres qu’Allah a pris sous Sa propre tutelle et contre lesquelles cet homme s’acharne : [Que la faveur d’Allah est tout entre Ses Mains et qu’Il l’accorde à qui Il veut, Lui qui détient la faveur immense].[11]

 

À suivre…

Traduit par :

Karim Zentici 

 

 



[1] Epître aux Galates ; 4.22-26

[2] Deutéronome ; 33-1, 3 

[3] La version de l’auteur dit : « Ismaël était né comme les autres hommes. »

[4] La version de l’auteur dit : « Agar ressemble au mont Sinaï qui est en Arabie et qui correspond à la Jérusalem actuelle. Quant à Sara, elle ressemble à Jérusalem qui est en haut. »

[5] Voici l’un des passages en question : « Je le rends fécond, prolifique à l’extrême » [La Genèse ; 17-20] La version de la Bible d’André Chouraqui est, elle,  plus littérale et plus typique. « Quant à Ishma’él, je l’ai entendu : voici, je l’ai béni, je le fais fructifier, je le multiplie beaucoup, beaucoup. »

[6] La Genèse ; 15.2-5, 16.15-16

[7] Deutéronome ; 21.17

[8] Exode ; 4.22-23

[9] La Genèse ; 16.12-14

[10] La Genèse ; 21.17-18

[11] Le fer ; 29

 

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 17:37

thora

 

Parân

(Partie 4)

 

Voir : El Jawâb e-Sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya.  

 

L’annonce de Sham’ûn

 

Voici un autre exemple de l’annonce de Mohammed (r) à travers les paroles de Sham’ûn, comme nous le dévoile l’une de leurs traductions reconnues où il est dit : « Dieu est venu avec les preuves évidentes du mont Parân. Sa louange et la louange de son peuple ont empli la terre »[1] Voici l’annonce explicite de la venue de Mohammed (r) ; il a reçu la révélation dans les montagnes de Farân ; sa louange et celle de sa communauté ont empli les cieux et la terre. Personne en dehors de cet homme n’est sorti de Farân pour emplir de sa louange et de celle de sa communauté, les cieux et la terre.

 

Le Messie ne sait jamais rendu sur les terres de Parân, et Moussa a reçu sa révélation sur le mont Tûr (Sinaï) qui ne se trouve pas sur les terres de Parân. Bien que le désert entre le mont Tûr et les terres du Hijâz entre dans son territoire, néanmoins la Thora n’a point été révélée dans cette contrée. Par ailleurs, la Thora avait déjà été annoncée sur le mont Tûr tandis que l’Évangile a été annoncé sur le mont Seïr. Dans cet ordre, il est annoncé dans les prophéties de Habaquq : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. Sa majesté comble le ciel. Sa louange (celle d’Ahmed)emplit la terre. Le sort des peuples est dans sa main droite. La terre est allumée de sa lumière et ses chevaux montent sur la mer.»[2]

 

Ce genre d’annonce est également faite dans le passage de la Thora, qu’ils détiennent actuellement, dans le premier de ses cinq livres.[3] Le neuvième chapitre exactement relate l’histoire de Hagar où après s’être séparée de Sara, elle reçoit les paroles de l’ange lui disant : « « Hagar, [servante de Sara,] d’où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « je fuis devant Sara ma maîtresse. » L’ange du SEIGNEUR lui dit : « Retourne vers ta maîtresse et plie-toi à ses ordres. » L’ange du SEIGNEUR lui dit : « Je multiplierai tellement ta descendance qu’on ne pourra la compter. » L’ange du SEIGNEUR lui dit : « Voici que tu es enceinte et tu vas enfanter un fils, tu lui donneras le nom d’Ismaël car le SEIGNEUR a perçu ta détresse. Véritable âne sauvage, cet homme ! Sa main contre tous, la main de tous contre lui. À la face de tous ses frères, il demeure. » »[4]

Les spécialistes ont dit au sujet de cette annonce qu’Il est notoire que la main des enfants d’Ismaël avant l’avènement de Mohammed (r) n’avait jamais été au-dessus de celle des enfants d’Israël ; ces derniers se distinguaient plutôt par la prophétie et l’écriture. Ils étaient en effet entrés en Égypte avec Jacob à l’époque de Joseph.

 

Dans cette période, les fils d’Ismaël ne concédaient aucun ascendant sur ces derniers. Ils en sortirent avec l’avènement de Moïse ; ils étaient d’ailleurs à ses côtés les hommes les plus puissants de la terre. Personne ne pouvait dès lors les rivaliser. Il en fut ainsi pour les générations suivantes de Josué à David en passant par Salomon qui reçut un pouvoir concédé à nul autre. Par la suite, lors de l’invasion de Nabuchodonosor, les fils d’Ismaël n’avaient toujours aucun ascendant sur eux.

 

Après l’avènement du Messie, les Juifs subirent la destruction du temple[5] pour la deuxième fois étant donné qu’ils avaient semé la corruption sur terre à deux reprises. Depuis cette période, leur règne se dissolut et Allah les dispersa sur terre en de multiples communautés.[6] Ils ont vécu ainsi sous l’autorité des Romains et des Perses. Les Arabes d’alors n’avaient pas plus d’autorité sur eux que les autres nations. D’ailleurs, les enfants d’Ismaël n’avaient d’ascendant sur aucun peuple ; ni parmi les gens du Livre ni parmi les incultes (ou illettrés, ignorants). Ils n’avaient pas la particularité d’avoir la main au-dessus de tous avant l’avènement de Mohammed (r) conformément aux invocations d’Ibrahim et de son fils lorsqu’ils implorèrent : (Seigneur ! Envoie-leur un Messager issu d’eux afin qu’il leur récite Tes Versets, qu’il leur enseigne le Livre et la Sagesse, et qu’il les élèvent ; Tu es certes le Fort et le Sage).[7]

 

Après son avènement, la main des fils d’Ismaël s’installa au-dessus de tous. Aucun empire sur terre ne fut aussi puissant ; Perses et Romains étaient sous leur domination. Ils ont assujetti les Juifs, les chrétiens, les mazdéens, les polythéistes, et les sabéens. Ainsi, la parole de la Thora s’est réalisée : « Sa main au-dessus de tous et toutes les mains sous la sienne. » cette prédication va se perpétuer jusqu’à la fin des temps. S’il est dit que cette annonce porte en fait sur son royaume et sa puissance, nous répondons qu’il existe deux sortes de royaumes : un royaume qui ne revendique pas la prophétie ; le cas échéant, les enfants d’Ismaël n’ont pas la main au-dessus de tout le monde ; et un royaume issu de la prophétie ; dans ce cas précis il est prévu pour les imposteurs : (Y a-t-il plus injuste que de tramer un mensonge sur Allah et de dire : je reçois la révélation alors que rien ne lui est révélé).[8]

L’auteur d’une telle revendication est le pire des hommes, c’est le plus grand menteur, le plus pervers, et le plus injuste qui soit. Son empire est pire que celui des tyrans qui ne revendiquent pas la prophétie à l’instar de Nabuchodonosor et de Sinjarib. Il n’est pas possible que ce genre de royaume puisse avoir été annoncé à la grande joie de Sara et d’Ibrahim. S’il était dit par exemple qu’il y aura bientôt un tyran despote qui fera régner la terreur à travers la tuerie, la captivité des femmes, et la spoliation des biens. Ce genre d’événement ne peut être considéré comme une bonne nouvelle, faisant la joie de celui qui l’entend. Une telle annonce devient une bonne nouvelle si le roi en question fait régner la justice, si sa domination est louable non condamnable. C’est aussi valable pour celui qui revendique la prophétie, un tel roi ne peut être que véridique non un menteur.

 

L’annonce de Habaquq

 

Les savants ont dit : Habaquq dont la prophétie mentionne le nom de Mohammed le Messager d’Allah à deux reprises, a déclaré : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. La majesté de Mohammed comble le ciel. Sa louange (celle d’Ahmed)emplit la terre. Les rayons de son regard sont comme la lumière, il entoure son pays de sa puissance, la mort marche devant lui, les rapaces deviennent ses soldats. Il s’est levé et a essuyé la terre, alors les montagnes antiques se sont pliées à lui et les collines se sont baissées, et les tentes des gens de Madiân ont été secouées.»[9]

 

Il a dit ensuite : « Ta colère contre les rivières et ta fureur s’est emportée contre les mers, tu grimpes sur tes chevaux et tu montes sur tes chars. Ton arc est à moitié mis à nu, et tes flèches s’abreuvent sur ton ordre Ô Mohammed ! Lorsque les montagnes t’ont vu, elles ont tremblé et se sont détournés de toi les trombes des torrents. Les lâches ont changé pleins d’effrois. Ils ont levé les mains avec peur et humilité. Les armées ont atteint la lueur de tes lances et à la lumière de tes flèches, tu vaincs la terre de fureur, et tu foules les nations de colère, car tu es apparu pour le salut de ton peuple et pour sauver l’héritage de tes ancêtres. »[10]

 

Les savants ont dit : ce passage mentionne explicitement Mohammed. Prétendre que la prophétie de Habaquq ne correspond pas à Mohammed, c’est comme vouloir couvrir le jour où arrêter le cours des rivières, mais comment le pourrait-on ? Il a cité son nom à deux reprises, il a informé de la puissance de son peuple et de la mort qui marche devant eux. Les oiseaux prédateurs vont suivre leurs traces. Cette prophétie ne peut que correspondre à Mohammed ; elle lui est tout à fait désignée. Si l’on cherche à lui donner un autre sens, c’est vouloir l’impossible. Il y est précisé que la lumière d’Allah va sortir à Témân qui se trouve dans les environs de La Mecque et du Hijâz, alors que les prophètes israélites venaient de la région du Shâm. Mohammed vient donc des environs du Yémen. Les montagnes de Farân sont les montagnes de La Mecque comme nous l’avons déjà expliqué, et personne ne peut le contester.

 

Le ciel s’est rempli de la splendeur de Mohammed grâce à la lumière de la foi et du Coran qui ont émané de lui et de sa communauté. Il est évident que la terre s’est remplie de ses louanges et de celles de sa communauté au cours des prières. Ils sont donc louangeurs ; ils doivent absolument louer Allah à chaque prière et à chaque sermon. Tout fidèle doit dire dans chaque rak’a de son rituel : (Louange à Allah • Le Très Miséricordieux et le Tout Miséricordieux • Seigneur de l’univers • Le Roi du Jour des Comptes).[11] Quant il dit : (Louange à Allah), Allah lui répond : « Mon serviteur m’a loué. » Quant il dit ensuite : (le Très Miséricordieux et le Tout Miséricordieux), Il lui répond : « Mon serviteur M’a fait les éloges. » Quant il dit : (le Roi du Jour des Comptes), Il répond : « Mon serviteur M’a encensé. »[12] Ils commencent et finissent la prière par les louanges. En se relevant de l’inclination, l’Imam dit : « Allah entend celui qui le loue. » Dès lors, toute l’assemblée répond : « Notre Seigneur ! À Toi les louanges. » En conclusion à la prière, ils prononcent les salutations, les prières, et les belles paroles en l’honneur de leur Seigneur, et toute sorte de louanges qu’il serait long à recenser.

 

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] La recension de l’œuvre d’ibn Taïmiya El Jawâb e-Sahîh a été effectuée dans le cadre d’une thèse de doctorat par trois chercheurs ; ces derniers n’ont pas toujours mis la main sur certains textes en possession d’ibn Taïmiya comme il est le cas ici. (N. du T.)

[2] Habaquq ; 3, 3-4 voici le texte de la version entre nos mains : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. Sa majesté comble le ciel. Sa louange emplit la terre. La lumière devient éclatante. Deux rayons sortent de sa propre main : c’est là le secret de sa force.»

[3] Ceux-ci forment le Pentateuque. (N. du T.)

[4] La Genèse :16.7-12 ; L’auteur se réfère à des versions vraisemblablement différentes de la traduction œcuménique contemporaine, ce qui jette d’autant plus le discrédit sur la Bible compte tenue des multiples évolutions qu’elle a subies à travers les siècles, sans parler des différences de traductions. En effet, ses termes sont les suivants : « Il mettra sa main au dessus de tous. » Le sens est ainsi radicalement différent ! Par ailleurs, l’expression « âne sauvage » qu’André Chouraqui traduit par « onagre humain » est une transformation du terme hébreu para désignant la multitude. Les traducteurs de la Bible ont cherché à travers cela à détourner le sens de l’annonce faite en l’honneur d’Ismaël. Voir : la recension du livre dont nous traduisons le passage Takhjîl man harrafa at-Tawrât wal Injîl ; qui fut élaborée dans le cadre d’une thèse : doctorat ès par le Dr. Mahmûd ‘Abd ar-Rahmân Qadah.

[5] La destruction du temple et le massacre de ses habitants furent conduits par Titus en 7O apr. J.-C. (N. du T.)

[6] Cet exode est connu sous le nom de la diaspora. (N. du T.)

[7] La vache ; 127-129

[8] Le bétail ; 93

[9] Habaquq ; 3. 3-7 voici le texte de la version entre nos mains : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. Sa majesté comble le ciel. Sa louange emplit la terre. La lumière devient éclatante. Deux rayons sortent de sa propre main : c’est là le secret de sa force. Devant lui marche la peste, et la fièvre met ses pas dans les siens. Il s’est arrêté, il a pris la mesure de la terre. Il a regardé et fait sursauter les nations. Les montagnes éternelles se sont disloquées, les collines antiques se sont effondrées. A lui les antiques parcours ! J’ai vu les tentes de Koushân réduites à néant ; les abris du pays de Madiân sont bouleversés.»[9]

[10] Habaquq ; 3.8-15 Dans la version actuelle, il est dit : « Le SEIGNEUR s’est-il enflammé contre des rivières ? Ta colère s’adresse-t-elle aux rivières, ta fureur à la mer, lorsque tu montes sur tes chevaux, sur tes chars victorieux ? Ton arc est mis à nu, les paroles des serments sont des épieux. Tu crevasses la terre par les torrents. Les montagnes t’ont vu ; elles tremblent. Une trombe d’eau est passée, l’Abîme a donné de la voix, il a tendu ses mains vers le haut. Le soleil et la lune se sont arrêtés dans leur demeure à la lumière de tes flèches qui partent, à l’éclat foudroyant de ta lance. Tu parcours la terre dans ton courroux, tu foules aux pieds les nations dans ta colère. Tu es sorti pour le salut de ton peuple, pour le salut de ton messie. Tu as décapité la maison du méchant : place nette au ras des fondations ! Tu as percé de leurs propres épieux la tête de ses chefs, alors qu’ils arrivaient en tempête pour m’écarteler allègrement, comme si, dans l’embuscade, ils dévoraient déjà le vaincu. Tu as frayé le chemin de tes chevaux dans la mer, dans le bouillonnement des eaux puissantes. » 

[11] L’ouverture ; 1-3

[12] Voir : Muslim (395).

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 15:59

thora

 

 

Parân

(Partie 3)

 

Voir : El Jawâb e-Sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya.  

 

L’épisode d’Hajar

 

Ibn Qutaïba et d’autres savants musulmans mentionnent qu’Ismâ’îl a été élevé dans le désert de Farân, ce qui est conforme aux enseignements de la Thora où il est dit : « Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Hagar. Il mit l’enfant sur son épaule et la renvoya. Elle s’en alla errer dans le désert de Béer-Shéva. Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle jeta l’enfant sous l’un des arbustes. Puis elle alla s’asseoir à l’écart à la distance d’une portée d’arc. Elle disait en effet : « Que je n’assiste pas à la mort de l’enfant ! » Assise à l’écart, elle éleva la voix et pleura. Dieu entendit la voix du garçon et, du ciel, l’ange de Dieu appela Hagar. Il lui dit : « Qu’as-tu Hagar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix du garçon, là où il est. Lève-toi ! Relève l’enfant et tiens-le par la main, car de lui je ferai une grande nation. » Dieu lui ouvrit les yeux et elle aperçut un puits avec de l’eau. Elle alla remplir l’outre et elle fit boire le garçon. Dieu fut avec le garçon qui grandit [et habita au désert. C’était un tireur d’arc] ; il habita dans le désert de Parân… »[1]

 

Allah nous apprend donc dans la Thora qu’Ismaël a grandi et a vécu dans le désert de Parân, après avoir échappé à la mort en raison de la soif. Le Seigneur l’a en effet abreuvé de l’eau d’un puits. Il est répandu de façon unanime à travers les peuples qu’Ismaël a grandi à La Mecque et qu’ils ont construit, lui et son père Ibrahim, la Maison Sacré. Par conséquent, Mekka et Parân sont une seule et même terre. La Thora relate ainsi la bonne nouvelle concédée à Hagar et à son fils. Le Très-Haut a dit également : «(Pour Ismail je t’exauce,) je le bénis, je le rends fécond, prolifique à l’extrême [et quand Hagar ouvrit les yeux, elle vit un puits et se rapprocha, etc.] »[2]

 

Il nous apprend ailleurs au sujet d’Ismaël : «Sa main contre tous, la main de tous contre lui. »[3]

 

Il est connu à l’unanimité des peuples et des textes sacrés qu’Ismaël a grandi dans le pays de La Mecque, il devient évident que Mekka et Parân soient une seule et même terre et qu’ils aient construit lui et son père la Maison Sacrée, lieu de pèlerinage depuis l’époque d’Abraham ; les Arabes et d’autres hommes parmi les prophètes et autres lui consacraient le pèlerinage à l’instar de Moïse fils d’Amrân et de Yûnas ibn Matta comme le formule le recueil e-Sahîh, d’après la version rapportée par ibn ‘Abbâs et selon laquelle le Messager d’Allah (r) en passant près de Wâdî el Azraq, s’écria : « Quel est ce Wâdî (vallée) ?

-           C’est le Wâdî d’el Azraq lui répondirent ses Compagnons.

-          J’ai l’impression de voir Moussa (u) en train de descendre le versant de la montagne les doigts dans les oreilles ; il levait la voix pour implorer Allah (I) et faire la talbiyaen traversant cette vallée. »

 

Lorsque plus loin nous arrivâmes près du versant d’une montagne, il demanda : « comment s’appelle cet endroit ?

-          C’est Harsha.

-          J’ai l’impression de voir Yûnâs sur une chamelle blanche dont la bride était en fibre, habillé d’un manteau en laine, en train de traverser la vallée en faisant la talbiya. »[4]

 

Dans une version, il est précisé : « Quant à Moussa, c’est un homme brin, trapu, il était monté d’un chameau roux dont la bride était en fibre. »[5]

 

Depuis l’avènement de Mohammed (r), le Hadj incombe à tout le monde ; les pèlerins s’y rendent de tous les coins de la terre. Le puits d’où Ismâ’îl et sa mère se sont désaltérés, c’est Zem-Zem. Son histoire est relatée dans le recueil d’el Bûkharî, disant, selon ibn ‘Abbâs : « la première fois que les ceintures ont été utilisées par les femmes, c’est de la part de la mère d’Ismâ’îl ; elle s’en est servie pour effacer ses traces aux yeux de Sara. »[6] Ensuite, Abraham l’emmena avec son fils, pendant sa période d’allaitement pour les installer auprès du temple sacré, vers un arbre au-dessus de Zem-Zem, dans les hauteurs de la mosquée.

 

À l’époque, il n’y avait ni eau ni personne. Il lui laissa un sac de dattes et une outre remplie d’eau. Puis, lorsqu’il tourna les talons, Hagar le suivit et s’écria : « Ibrahim ! Où vas-tu ? Nous laisses-tu dans cette vallée où il n’y a rien ni personne ? » Elle l’interrogea plusieurs fois ainsi, mais il ne se retourna pas. « Allah t’a-t-il ordonné de le faire, s’exclama-t-elle alors ?

-          Oui, répondit-il.

-          Hé bien, Il ne nous abandonnera pas. »

 

Après ces mots, elle revint sur ses pas. Ibrahim s’en alla et s’arrêta sur le versant de la montagne de façon à ne pas se faire voir. Il se retourna en direction du futur Temple pour l’implorer en ces termes : (Seigneur ! J’ai laissé une partie de ma progéniture dans une vallée aride, auprès de Ta Maison Sacrée, etc.).[7]

 

Hagar allaita son bébé et épuisa l’eau de son outre. Ils furent pris par la soif. Comme elle le voyait se tordre de douleur, elle s’éloigna de lui pour ne pas souffrir ce spectacle. Elle se rendit à Safa qui était la montagne la plus proche ; elle grimpa dessus pour dominer la vallée du regard et trouver éventuellement quelqu’un, mais elle ne vit personne. Elle descendit de Safa pour se retrouver dans l’Oued. Elle leva un empan de son vêtement et se mit à courir à perdre haleine. Après avoir traversé l’Oued, elle se retrouva en bas de Marwa. Elle monta dessus et scruta l’horizon dans l’espoir de trouver quelqu’un. Comme elle ne vit personne, elle fit le parcourt inverse. Parcourt qu’elle réitéra à sept reprises.

 

Selon ibn ‘Abbâs, le Prophète a dit (r) : « C’est la raison pour laquelle, les gens font le parcourt entre Safa et Marwa aujourd’hui. » Arrivée enfin sur le mont Marwa, elle entendit un bruit. « Chut ! » se dit-elle a elle-même.  Après l’avoir entendu à nouveau, elle s’écria : « Tu t’es fait entendre, si tu as quelques secours à proposer. » Elle se retrouva face à l’ange qui se tenait à l’emplacement de Zem-Zem. Il tâta du talon – ou a-t-il dit de l’aile – à l’endroit de Zem-Zem, et l’eau se mit à jaillir. Elle l’entoura de ses mains et remplit son outre jusqu’à la faire déborder.

 

Selon ibn ‘Abbâs, le Prophète (r) a dit : « Allah fasse miséricorde à la mère d’Ismâ’îl, si elle avait laissé la source de Zem-Zem sans puiser l’eau de ses mains, elle coulerait aujourd’hui en surface. »[8] Elle en but, reprit-il, et allaita son bébé. « Ne craignez rien, vous ne serez pas laissés à l’abandon, dit l’ange, à cet endroit se trouve la Maison d’Allah que cet enfant et son père vont édifier. Allah ne laissera pas ses habitants à l’abandon. » La maison était surélevée au-dessus du sol comme une colline. Quand il y avait des torrents, ils la contournaient de part et d’autre, etc.

 

Avec le temps, le puits de Zem-Zem fut enseveli, mais ‘Abd el Muttalib le grand-père du Prophète (r) lui redonna vie. La distribution de l’eau (e-Siqâya) revint à son fils el ‘Abbâs et à sa postérité. Il avait la charge de distribuer Zem-Zem et l’eau potable ; il fait ainsi partie de la tradition (Sunna) d’en boire.

 

Ismâ’îl le père d’une grande nation

 

Allah a déclaré au sujet d’Ismâ’îl : « Je le rends fécond, prolifique à l’extrême »[9] Cette expression appuyée par une série d’adjectifs exprime l’abondance à outrance. À supposer que la Maison qu’il a construite soit désertée de tout pèlerin, et que sa postérité n’ait pas connu de prophète comme le soutiennent bon nombre de Juifs et de chrétiens, il ne serait pas possible que son futur peuple soit aussi nombreux et honoré. Au mieux, il laisserait derrière lui quelques héritiers ; une simple descendance ne peut rendre un homme aussi honoré, sauf si une partie d’entre elle serait croyante et obéissante au Tout-Puissant.

 

De la sorte, si l’expression « Je le rends fécond » s’adressait à une nation mécréante, celle-ci ne serait pas illustre ; on dirait plutôt que leur géniteur serait le père d’une nation infidèle. Nous comprenons ainsi que cette grande nation en question est composée de croyants qui se rendent au pèlerinage à la Maison Sacrée. Par conséquent, ce fameux rite est aimé et ordonné par Allah. Si l’on sait qu’il y a uniquement des croyants parmi les gens du Livre, nous pouvons nous rendre compte qu’ils ont consacré des œuvres aimées et agrées d’Allah. Leurs ancêtres et eux-mêmes qui perpétuent le pèlerinage à la Maison sacrée seraient donc une communauté dont la particularité est d’avoir été honoré par Allah et d’avoir reçu Ses éloges.

 

Allah a énormément honoré Ismâ’îl (ou l’a rendu énormément prolifique) en dotant sa postérité de la foi et de la prophétie. Ce privilège est pareil à celui dont Il a fait grâce à Noé et à Abraham en disant : (Nous avons envoyé Nûh et Ibrâhîm et avons mis dans leur postérité la prophétie et le Livre).[10] Il a dit également en parlant de l’Ami d’Allah Ibrahim : (Nous avons mis dans sa postérité la prophétie et le Livre).[11] Il devient facile de savoir ainsi qu’il existe dans la postérité d’Ismâ’îl certains hommes ayant reçus les honneurs et les éloges d’Allah tout comme Ismâ’îl est lui-même beaucoup, beaucoup honoré à l’instar de ses deux prédécesseurs Noé et son père. Ces honneurs dont jouissent Ismaël et sa descendance se vérifient dans la mesure où ils sont sur le chemin de la vérité ; les adeptes de cette grande nation se rendent à la Maison Sacrée. Après l’avènement de Mohammed, personne en dehors d’eux ne lui consacre le pèlerinage. C’est pourquoi, Allah (I) a révélé : (Les hommes doivent pour Allah faire le pèlerinage à la Maison sacrée).[12] Mais lorsqu’ils ont dénié faire le pèlerinage, Il a enchaîné : (et pour celui qui renie, alors Allah se passe aisément de l’Humanité).[13]

 

D’autre part, cet honneur immense dont jouissent les enfants d’Ismaël, les plaçant ainsi au-dessus des autres communautés, n’a été effectif qu’avec l’avènement de Mohammed ; cela prouve que sa prophétie est véridique et qu’elle avait déjà été annoncée. Cette description correspond à Mohammed non au Messie. Il a en effet reçu une Loi forte, il a pulvérisé les rois de la terre et leurs peuples pour la remplir de son joug (domination), les membres de sa nation à travers l’Orient et l’Occident. Son autorité va s’installer pour toujours et personne ne pourra l’effondrer contrairement aux empires des Juifs et des chrétiens qui se trouvaient sur les meilleures terres.

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

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[1] La Genèse ; 21.14-21

[2] La Genèse ; 17.20 la partie entre crochets ne figure pas dans notre version contemporaine. (N. du T.)

[3] La Genèse ; 16.12 l’auteur se réfère à des versions vraisemblablement différentes de la traduction œcuménique contemporaine, ce qui jette d’autant plus le discrédit sur la bible compte tenu des multiples évolutions qu’elle a connu à travers les siècles, sans parler des différences de traductions. Ses termes en effet sont les suivants : « Il mettra sa main au dessus de celle des autres. » le sens est ainsi radicalement différent ! (N. du T.)

[4] Rapporté par el Bukhârî (5913) et Muslim (166).

[5] Cette version revient à el Bukhârî.

[6] Voir Feth el Bârî (6/400-401).

[7] Ibrahim ; 37

[8] Voir Fath el Bârî (6/402).

[9] La Genèse ; 17-20. Voici les termes de la version de la Bible d’André Chouraqui qui s’avère plus littérale et plus typique. « Quant à Ishma’él, je l’ai entendu : voici, je l’ai béni, je le fais fructifier, je le multiplie beaucoup, beaucoup. » (N. du T.)

[10] Le fer ; 26

[11] L’araignée ; 27

[12] La famille de ‘Imrân ; 97

[13] La famille de ‘Imrân ; 96-97

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 16:13

thora

 

Parân

(Partie 2)

 

Voir : El Jawâb e-Sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya.

 

Le pays paisible

 

Il a enfin juré par le pays paisible, La Mecque. Ibrahim y installa sa servante et son fils ; Allah l’a rendu sacré et paisible. Autour, les hommes s’acharnent les uns contre les autres conformément aux Lois universelles (qui relèvent de la Volonté décrétive d’Allah ndt.) et aux Lois textuelles (qui relèvent de la Volonté préceptive d’Allah ndt.), alors qu’Ibrahim l’a rendu sacré et a imploré le Très-Haut en faveur de ses habitants.

 

Allah révèle : (Seigneur ! J’ai installé une partie de ma postérité dans une vallée aride, auprès de Ta Maison Sacrée, Seigneur ! Afin qu’ils observent la prière. Dirige le cœur de certains hommes vers eux et concède-leur de bons fruits ; ainsi seront-ils reconnaissants)[1] ; (Et quand Nous fîmes de la Maison Sacrée un asile pour les hommes et une terre paisible. Prenez la station d’Ibrahim comme lieu de prière. Nous avons pris le serment à Ibrahim et à Ismâ’îl de purifier Ma Maison pour ceux qui voudraient en faire le tour, s’y recueillir, s’y incliner, et s’y prosterner • Et quand Ibrahim a dit : Seigneur ! Rends cette terre paisible et accorde de bons fruits à ses habitants ; ceux parmi eux qui ont cru en Allah et au Jour dernier. Il a dit : le mécréant certes, Je le laisserais profiter un peu avant de le précipiter dans les tourments de l’Enfer ; quelle bien mauvaise destinée est-elle !)[2]

 

Allah (I) nous informe ainsi qu’Ibrahim L’implora de rendre La Mecque une terre paisible. Il a évoqué dans plusieurs endroits du Coran qu’Il exauça son souhait. Son fidèle serviteur y construisit la Maison sacrée comme le dévoile le Verset : (Quand Ibrahim et Ismâ’îl élevèrent les fondations de la Maison Sacrée, Seigneur ! Acceptes notre œuvre, tu es certes l’Entendant et le Savant • Seigneur ! Rends-nous soumis à Toi, et rends soumise à Toi une partie de notre postérité, fais-nous voir nos rites, et pardonne-nous ; Tu es certes Absoluteur et Miséricordieux • Seigneur ! Envoie-leur un Messager issu d’eux afin qu’il leur récite Tes Versets, qu’il leur enseigne le Livre et la Sagesse, et qu’il les élèvent ; Tu es certes le Fort et le Sage)[3] ; (La première Maison fondée pour les hommes est celle qui se trouve à Bekka ; bénite et direction pour l’univers • il y a des signes évidents et la Station d’Ibrahim. Quiconque y entre est en paix. Les hommes doivent envers Allah faire le pèlerinage à la Maison sacrée dans la limite des moyens, et pour celui qui renie, alors Allah se passe aisément de l’Humanité)[4] ;

 

(Pour l’alliance des Qoraïchites • l’alliance de leur itinéraire d’hiver et d’été • qu’ils adorent le Dieu de cette Maison • Celui qui a apaisé leur faim et qui a apaisé leur peur)[5] ; (Ils dirent : si nous devions suivre la bonne voie avec toi, nous serions arrachés à nos terres, mais ne les avons-Nous pas établis sur une terre sacrée et paisible où s’amoncèlent tous les fruits qui sont des bienfaits de notre part ? Mais la plupart ne savent pas)[6] ; (Ne voient-ils pas que Nous avons rendu ce pays sacré et paisible ; autour les gens s’acharnent les uns contre les autres. Croient-ils au faux alors qu’ils renient les bienfaits d’Allah).[7]

 

(Par le figuier et l’olivier • Par le mont Sinaï • Par ce pays paisible)[8] : Allah jure ainsi par ces trois lieux illustres d’où s’est manifestée Sa lumière et Sa voie ; Il y a révélé Ses trois Livres : la Thora, l’Évangile, et le Coran comme Il nous l’enseigne dans la Thora à travers Ses dires : « Le SEIGNEUR est venu du Sinaï, pour eux il s’est levé à l’horizon, du côté de Seïr, il a resplendi du côté de Parân. »[9]

 

Or, étant donné que la Thora y fait référence, elle a respecté dans son énumération, l’ordre chronologique (soit du plus ancien au plus récent). En revanche, Il a juré par ses lieux dans le Coran pour témoigner de leur grandeur qui relève de la grandeur de Son pouvoir (I), de Ses signes, de Ses Livres, de Ses Messagers ; cette fois, l’énumération respecte l’ordre croissant en fonction de leur importance, le dernier endroit cité étant le plus illustre. Il a tout d’abord juré par le figuier et l’olivier, puis par le mont Sinaï, puis pour finir par La Mecque étant donné que le Coran est le plus illustre des trois Livres saints, devant la Thora et enfin l’Évangile. Cette gradation est valable aussi pour leurs prophètes respectifs. Le serment respecte donc l’ordre croissant d’importance comme pour le Verset : (Par les vents éparpillant la poussière • Par les lourds nuages porteurs de la pluie • Par les astres qui voguent dans le ciel • Par les répartiteurs de toute chose selon un ordre reçu).[10]

 

Ici, le serment porte sur les catégories de la création citées l’une après l’autre. Il porte dans un premier temps sur les vents qui éparpillent la poussière, puis sur les nuages porteurs de la pluie qui sont au-dessus des vents, puis sur les astres qui voguent dans l’univers ; bien que certains assument qu’il est question dans ce Verset des vaisseaux qui voguent sur la mer, il est plus pertinent toutefois de le faire correspondre aux astres conformément à l’autre Verset disant : (Non ! Je jure par les étoiles couchantes • qui voguent vers leur refuge).[11] En les appelant Jawârî, Il a donné le même nom aux étoiles qui voguent dans le ciel qu’aux navires qui voguent sur les mers, comme dans le Verset suivant : (Parmi ses signes, il y a les navires qui voguent comme des repères sur la mer (ou pareils à des cimes)).[12]

 

Or, les étoiles se trouvent au-dessus des nuages. Il a dit ensuite : (Par les répartiteurs de toute chose selon un ordre reçu). Autrement dit, par les anges qui concèdent un degré supérieur à tous les éléments précités.

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

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[1] Ibrahim ; 37

[2] La vache ; 125-126

[3] La vache ; 127-129

[4] La famille de ‘Imran ; 96-97

[5] Les Qoraïchites

[6] Les récits ; 57

[7] L’araignée ; 67

[8] Les Figuiers ; 1-3

[9] Deutéronome ; 33-1, 3 

[10] Les vents ; 1-4

[11] Takwîr ; 15-16

[12] La concertation ; 32

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 17:30

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Parân

(Partie 1)

 

Voir : El Jawâb e-Sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya.

 

 

Allah(I) révèle : [Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré, qu’ils trouvent mentionnés dans leurs écrits, la Thora et l’Évangile. Celui-là même qui leur ordonne le bien et qui leur interdit le mal ; il leur autorise les bonnes choses et leur interdit les mauvaises ; il les soulage des liens et des carcans qui les enchainaient. Ceux qui croient en lui, qui le soutiennent, le défendent, et qui suivent la lumière qui fut descendue avec lui ; ceux-là seront les heureux].[1]

 

Introduction

 

Le témoignage des Livres saints antérieurs à la mission de Mohammed (r) constitue un argument irréfutable à l’encontre des gens du Livre, mais aussi des païens et des athées. Maints Versets du Coran vont dans ce sens. Nous avons, à titre d’exemple : (n’ont-ils pas entre les mains un signe connu des savants des tribus d’Israël)[2] ; (Si tu as un doute au sujet de ce que Nous t’avons révélé, alors demande à ceux qui ont eu lu le Livre avant toi)[3] ; (Dis : Allah suffit comme témoin entre vous et moi et ceux qui ont les sciences du Livre)[4] ; (Ceux à qui Nous avons donné le Livre le connaissent comme ils connaissent leurs propres fils)[5] ; (Et s’ils entendent les Versets révélés au Messager, tu peux voir leurs yeux se remplir de larmes pour y avoir reconnu la vérité ; ils disent : Seigneur ! Comptes-nous parmi les témoins • Qu’avons-nous à ne pas croire en Allah et à la Vérité qu’Il nous a envoyé dans l’espoir que Notre Seigneur nous fasse entrer dans le cercle des gens pieux)[6] ; (Ceux qui ont reçu la science avant lui, s’écroulent la face contre terre, s’ils viennent à l’entendre • Ils disent : Gloire à Notre Seigneur ! La Promesse de Notre Seigneur devait s’accomplir • Ils s’écroulent la face contre terre, pleurent, et redoublent de dévotion).[7]

 

L’annonce du Pentateuque

 

La Thora mentionne dans sa version traduite en arabe : « Le SEIGNEUR est venu du Sinaï, pour eux il s’est levé à l’horizon, du côté de Seïr, il a resplendi du côté de Parân. »[8]

 

Bon nombre de savants affirment (les termes appartiennent à Mohammed ibn Qutaïba) :

« Il n’y a aucun doute et aucune confusion, après considération, que la venue de Dieu au mont Sinaïcorrespond à la révélation de la Thora à Moïse au mont Sinaï, comme nous pouvons le constater dans les écritures des gens du Livre et dans les nôtres. Ainsi, sa splendeur étalée à Seïr doit indubitablement correspondre à la révélation de l’Évangile au Christ, en sachant qu’il est né dans la région de Seïr, sur les terres de l’Ami d’Allah Ibrahim, dans un village intitulé Nazareth, à l’origine de Nazaréen ; nom donné à ses adeptes.

De la même façon qu’Il devait resplendir à Seïr par l’intermédiaire du Christ, il devait également faire Son apparition sur les montagnes de Parân (Farân) ; cela correspond à la révélation du Coran à Mohammed (r). Les montagnes de Parân se situent dans la région de Mekka. Personne parmi les musulmans ni d’ailleurs parmi les gens du Livre ne conteste que Farânn’est autre que la ville de La Mecque. Bien qu’ils prétendent autre chose, ils n’ont pas réussi à cacher cette réalité à travers leurs mensonges et leurs textes falsifiés. »

 

La Thora ne nous apprend-elle pas qu’Ibrahim a installé Hagar et Ismâ’îl à Farân[9] ?

Désignez-nous le fameux endroit dont le nom est Farân où Allah est apparu, ainsi que le nom du prophète ayant reçu la révélation après Jésus !

 

Se manifester ou faire son apparition ; cela ne signifie-t-il pas la même chose ? Autrement dit : se dévoiler et se découvrir. Connaissez-vous une religion comme l’Islam dont la domination s’est répandue à travers tout l’Orient et l’Occident ?

 

Ibn Zhafar a dit : « Seïroù s’est manifesté la prophétie du Messie est une montagne dans la région du Shâm. »

 

Elle se trouve près de Bethléem, le village où il est né. Le village de Seïr s’appelle ainsi jusqu’aujourd’hui ; la montagne avoisinante porte le même nom. La Thora dit que les descendants d’Esaü étaient les habitants de Seïr. Dieu ordonna à Moïse de ne pas leur faire de mal. Ainsi, la citation des trois montagnes devient tout à fait pertinente. Hira, lieu où le Prophète (r) reçut pour la première fois la révélation, est le plus haut sommet des environs de La Mecque. Il y a tellement de montagnes autour, qu’il y en aurait paraît-il, douze milles dans son périmètre. Cette région où le Coran est descendu pour la première fois s’appelle Farân jusqu’à nos jours.

 

Le désert entre le mont Sinaï et La Mecque porte le nom de Farân. Personne ne peut prétendre qu’après Jésus, un livre soit révélé quelque part dans ce pays ou qu’un prophète y soit venu. Par conséquent, il n’est pas possible d’expliquer l’apparition d’Allah sur les montagnes de Farân, si ce n’est que par l’avènement de Mohammed (r). Le Seigneur (I) a énuméré dans la Thora ces révélations selon l’ordre chronologique : la Thora, l’Évangile, et le Coran. Ces Livres saints représentent la lumière d’Allah et ils mènent à Sa voie.

 

L’avènement des trois grandes « religions »

 

Concernant le premier livre Il a dit : il est venu ou il s’est montré ; au sujet du deuxième il a précisé : il a resplendi ; et pour le troisième il a indiqué : il est apparu. La Thora est venue en effet comme les premières lueurs de l’aube ou de façon un peu plus intense. La révélation de l’Évangile a été comme le rayonnement du soleil procurant plus de lumière illuminant le droit chemin.

 

Quant au Coran, il est comparable au soleil ayant envahi le ciel. Par son entremise, le Prophète (r) a répandu la lumière d’Allah à travers l’Orient et l’Occident avec plus d’intensité que les deux Livres précédents à l’instar du soleil qui domine les deux horizons.[10] Ainsi, Allah qualifie le Coran de lampe lumineuse comme il a qualifié le soleil de lampe flamboyante. Or, l’humanité a plus besoin d’une lampe lumineuse qu’une lampe flamboyante dont l’utilisation est ponctuelle ; il est dit que celle-ci rayonne pendant une période déterminée tandis que la lampe lumineuse est indispensable à tout moment et n’importe où ; de jour comme de nuit, en public ou en privé.

 

Le Prophète a dit (r) : « Les horizons de la terre m’ont été rejoints ; l’Orient et l’Occident. Le règne de ma communauté va atteindre les frontières de ces horizons. »[11]

 

Par ailleurs, Allah (I) jure dans le Coran par ces trois localités dans le Verset suivant : (Par le figuier et l’olivier • Par le mont Sinaï • Par ce pays paisible • Nous avons créé l’homme de la plus belle façon • Nous l’avons ramené ensuite au plus bas degré •  À part les croyants ayant accompli les bonnes œuvres ; ils auront une récompense inépuisable • Pourquoi dès lors démentir le jugement ? • Allah n’est-il pas le meilleur des juges ?).[12] Il a donc juré par le figuier et l’olivier qui correspondent à la Terre sainte où ces arbres poussent, où Jésus est né, et où il a reçu l’Évangile. Il a ensuite juré par le mont Sinaï qui est la montagne d’où le Seigneur parla à Moïse ; Il l’appela à partir de l’arbre sur le lieu bénit qui se trouve dans le flanc droit de la vallée.

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

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[1] El A’râf ; 157

[2] Les Poètes ; 188

[3] Yûnâs ; 94

[4] Le tonnerre ; 43

[5] La vache ; 146

[6] Le repas céleste ; 83-84

[7] Le Voyage nocturne ; 107-108

[8] Deutéronome ; 33-1, 3 

[9] Voir La Genèse 21-21. Les exégètes juifs et chrétiens prétendent que le désert de Parân se trouve dans la péninsule du Sinaï au sud de la Palestine. Le passage en question relate l’histoire où Abraham abandonna sa servante et son fils (le père d’une future grande nation), désigné incorrectement par Isaac, dans le désert de Parân, l’endroit ou la mère des Arabes a miraculeusement découvert le puits de Zem Zem par l’intermédiaire de l’Archange Gabriel. (N. du T.)  

[10] Victor Hugo prend judicieusement le soleil en métaphore pour comparer entre la révélation de Jésus et celle de Mohammed. Voici le texte en question :

J’ai complété d’Issa la lumière imparfaite.

Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur.

Le soleil a toujours l’aube pour précurseur. (N. du T.) 

[11] Rapporté par Muslim (2889).

[12] Sourate Les Figuiers

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 17:09

lamecque

 

La Mecque dans la Bible

(Partie 2)

 

 

Voir : Takhjîl man harrafa at-Tawrât wal  Injîl du cadi Sâlih e-Ja’farî

 

Ésaïe a dit : « C’est moi le Seigneur, il n’y d’autre dieu en dehors de moi ; je suis celui que rien n’échappe. J’annonce plutôt des choses aux créatures avant qu’elles n’aient lieu et je leur dévoile les événements et les mystères de l’inconnu. Ma volonté sera toute exécutée et j’appellerai bientôt un oiseau du désert éloigné et étendu. »[1]

 

Cet oiseau qui sera appelé du désert lointain et étendu n’est autre que Mohammed le Messager d’Allah (r).

 

Ésaïe prophétise au sujet de la Mecque : « Mets-toi debout et deviens lumière, car elle arrive, ta lumière : la gloire du SEIGNEUR sur toi s’est levée. Voici qu’en effet les ténèbres couvrent la terre et un brouillard les cités, mais sur toi le SEIGNEUR va se lever et sa gloire, sur toi, est en vue. Les nations vont marcher vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever. Porte tes regards sur les alentours et vois : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils et tes filles seront élevés sur des trônes et des coussins. »[2]

 

Cette prophétie concerne particulièrement la Mecque vers laquelle se dirigeront les hommes et où la foi en Dieu se manifestera ; ses habitants règneront et la lumière du savoir qui sera hérité par ses fils y dissipera les ténèbres du paganisme. Pour ceux qui n’en seraient pas convaincus qu’ils nous désignent un temple et une société sur toute la surface de la terre qui répondent à ce signalement !

 

Ésaïe encense la Mecque vers laquelle les cœurs se tourneront : « Oui, les îles tendent vers moi, vaisseaux de Tarsis en tête, pour ramener tes fils du lointain et avec eux leur argent et leur or, en hommage au nom du SEIGNEUR, ton Dieu, en hommage au Saint d’Israël, car il t’a donné sa splendeur. Les fils de l’étranger [re]bâtiront tes murailles et leurs rois contribueront à tes offices… Tes portes, on les tiendra constamment ouvertes, de jour, de nuit, jamais elles ne seront fermées, pour qu’on introduise chez toi la troupe des nations, et leurs rois, mis en colonne ! – Nation et royaume qui ne te serviront pas périront, les nations seront totalement dévastées. – La gloire du Liban viendra chez toi, le cyprès, l’orme, et le buis ensemble, pour encenser (parfumer, selon la version actuelle : pour rendre splendide ndt.) le socle de mon sanctuaire ; oui, le socle de mes pieds, je le rendrai glorieux, ils iront vers toi en se courbant, les fils de ceux qui t’humiliaient, ils se prosterneront à tes pieds… Je ferai de toi la fierté des siècles, l’enthousiasme des générations et des générations. Tu suceras le lait des nations, tu dévoreras la richesse des rois, et tu sauras que ton Sauveur, c’est moi le SEIGNEUR, moi qui gardera tes lampes illuminées à jamais. »[3]

 

Ésaïe évoque ainsi explicitement la Mecque. L’adversaire est-il capable de nous trouver un temple sur terre qui réponde à cette description, qu’Allah a autant honoré et qui attise autant les cœurs ?

 

Ésaïe prophétise au sujet de la Ka’ba et de la Pierre Noire : « Ainsi parle le SEIGNEUR : Voici que j’élèverai ma main vers les nations, que je dresserai mon étendard vers les peuples : ils ramèneront tes fils sur leurs bras et tes filles seront hissées sur leurs épaules. Des rois seront tes tuteurs, et leurs princesses, tes nourrices. Visage contre terre ils se prosterneront devant toi, ils lècheront la poussière de tes pieds. Tu sauras alors que je suis le SEIGNEUR ; ceux qui espèrent en moi n’auront point de honte. »[4] Les nourrices correspond ici aux sages-femmes, aux femmes d’atours, et aux mères nourrices. Ainsi, les rois et les reines vont servir la Sainte Mosquée ; ils vont la couvrir et l’orner d’or, d’argent, et de brocart. Ils vont l‘enduire de musc, la laver avec de l’eau de rose, et la parfumer avec de luxueux parfums. Ils deviendront ses humbles serviteurs et seront au service de ses habitants et des fidèles qui tourneront autour d’elle ; ils embrasseront sa Pierre, ils auront les pieds nus, la tête dénudée et seront remplis d’humilité. Y a-t-il plus éloquent pour celui dont Allah a illuminé le cœur, à qui Il veut du bien et qu’Il a préservé des passions ?

 

« Le SEIGNEUR a dit : Et moi le SEIGNEUR ton Dieu, moi, je t’ai élevé dans le désert dans un pays aride, ravagé et inhabité, dans un pays sans compagnie. »[5]

 

Seuls Mohammed (r) et son ancêtre Ismaël (r) répondent à ce signalement.

 

Le prophète Michée prophétise au sujet de la Maison d’Allah, la Sainte Mosquée de la Mecque, vers laquelle se rendront les pèlerins de tous les horizons : « Il arrivera à la fin des temps (dans l’avenir dans la version actuelle ndt.) que [la montagne de] la Maison du SEIGNEUR sera établie au sommet des montagnes et elles dominera les collines. Toutes les nations diront : « Venez, montons à la montagne du SEiGNEUR. » »[6]

 

La Maisonen question c’est la Ka’ba et la montagne en question c’est ‘Arafa bien que les « gens du Livre » en disent autrement. Il s’agirait selon eux de Jérusalem. Mais que disent-ils de : «Il arrivera à la fin des temps » ? Jérusalem existait déjà à l’époque de Michée, l’auteur de cette prophétie, et les juifs l’encensaient déjà. Une prophétie parle d’évènements à venir et non d’évènements présents !

 

Habaquq dont la prophétie mentionne le nom de Mohammed le Messager d’Allah (r) à deux reprises, déclare : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. La majesté de Mohammed (le loué ndt.) comble le ciel. Sa louange (celle d’Ahmed) emplit la terre. Les rayons de son regard sont comme la lumière, il entoure son pays de sa puissance, la mort marche devant lui, les rapaces deviennent ses soldats. Il s’est levé et a essuyé la terre, alors les montagnes antiques se sont pliées à lui et les collines se sont baissées, et les tentes des gens de Madiân ont été secouées.»[7]

 

Il y est précisé que la lumière d’Allah va sortir à Témân qui se trouve dans les environs de la Mecque et du Hijâz, alors que les prophètes israélites venaient de la région du Shâm. Mohammed vient donc des environs du Yémen. Les montagnes de Farân sont les montagnes de la Mecque comme nous l’avons déjà expliqué, et personne ne peut le contester. Le ciel s’est rempli de la splendeur de Mohammed grâce à la lumière de la foi et du Coran qui ont émané de lui et de sa communauté.

 

Le prophète Sophonie (r) prophétise au sujet de « la parole de l’unicité » qui correspond à l’attestation qu’il n’y a d’autre dieu en dehors d’Allah : « Ô vous les hommes ! Attendez le jour où je me lèverai pour témoigner. Voici le temps où ma sentence sera de rassembler les nations de la terre entière. Alors, je leur renouvellerai la langue favorite pour qu’ils annoncent tous le nom du SEIGNEUR, pour qu’ils l’adorent dans un même effort. Des rivages des fleuves de Nubie, ils apporteront à cette époque des offrandes. »[8]

 

La langue favorite (ou choisie) correspond à la langue arabe. Elle s’est répandue sur la terre entière et fut utilisée par les autres peuples qui renoncèrent à leur langue d’origine qui étaient bien moins pratiques. Les rivages des fleuves de Nubie concernent les environs du Yémen et du Hijâz. De ces rivages seront apportés les troupeaux et les offrandes destinées au Temple Sacré de la Mecque. Prétendre que ces troupeaux et ses offrandes soient destinés aux terres du Shâm et à Jérusalem C’est vouloir l’impossible !

 

Jean l’Apôtre relate la conversation qui a eu lieu entre Jésus et une femme de la tribu de Jacob (samaritaine selon la version actuelle ndt.), lorsque celle-ci s’écria : « « Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu’à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer. » Jésus lui dit : « Crois-moi femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. »[9]

 

Ces paroles du Masîh font allusion à la Ka’ba étant donné qu’avec l’avènement de Mohammed, toute autre direction qibla (direction) que la sienne est abrogée. Il n’est plus toléré de se prosterner en direction ni de Jérusalem ni d’aucun autre endroit. La Ka’ba est la seule qibla valable. Il annonçait ainsi le kingdom of heaven. Lui qui lança à la samaritaine « Crois-moi femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. »[10] Jésus s’exclama au milieu d’une assemblée : « Aussi, je vous le dis, beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux, tandis que les héritiers du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. »[11]

 

Mathieu l’Apôtre a dit : Jésus a déclaré : « N’ont-ils pas lu dans les Écritures : la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ; c’est là l’œuvre du Seigneur : quelle merveille à nos yeux. Aussi, je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera elle l’écrasera. »[12]

 

 

Par : Karim Zentici

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[1] Ésaïe ; 46.9-11 Voici le texte de la version actuelle : « Rappelez-vous les premiers événements, ceux d’autrefois : Oui, c’est moi qui suis Dieu, il n’y a en pas d’autre, Dieu et il n’y a que du néant en compagnie de moi. Dès le début j’annonce la suite, dès le passé, ce qui n’est pas encore exécuté. Je dis : « Mon dessein subsistera et tout ce qui me plaît, je l’exécuterai. » J’appelle du levant un oiseau de proie, d’une terre éloignée, l’homme du dessein que je revendique. » L’oiseau est ici une image pour désigner l’étendu de l’empire et de la religion de Mohammed (r). Voir : el Ajwiba el Fâkhira d’el Qarrâfî (182, 183).

[2]  Ésaïe ; 60.1-4  Dans la version actuelle, la dernière phrase est comme suit : « tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils vont arriver du lointain, et tes filles sont tenues solidement sur la hanche »

[3]  Ésaïe ; 60.9-16 L’auteur ne rapporte pas les passages où Jérusalem est citée et qui vraisemblablement ont été rajoutés.

[4] Ésaïe ; 49.22-23

[5] Osée ; 13.4-5 La version actuelle dit : « Et moi, le SEIGNEUR ton Dieu, depuis le pays d’Egypte, - et moi excepté, tu ne connais pas de Dieu, et de sauveur, il n’y en a point sauf moi -, moi, je t’ai connu au désert, dans un pays de fièvre. »

[6] Michée ; 4.1-2 La partie entre crochets ne figure pas dans la version actuelle qui dit notamment : « Des peuples y afflueront. Des nations nombreuses se mettront en marche et diront : « Venez… » »

[7] Habaquq ; 3. 3-7 voici le texte de la version entre nos mains qui ne mentionne pas le nom de Mohammed : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. Sa majesté comble le ciel. Sa louange emplit la terre. La lumière devient éclatante. Deux rayons sortent de sa propre main : c’est là le secret de sa force. Devant lui marche la peste, et la fièvre met ses pas dans les siens. Il s’est arrêté, il a pris la mesure de la terre. Il a regardé et fait sursauter les nations. Les montagnes éternelles se sont disloquées, les collines antiques se sont effondrées. A lui les antiques parcours ! J’ai vu les tentes de Koushân réduites à néant ; les abris du pays de Madiân sont bouleversés.»

[8] Sophonie ; 3.8-10 La version actuelle dit : « Eh bien ! Attendez-moi – oracle du SEIGNEUR. Attendez le jour où je me lèverai comme témoin à charge ! Ma sentence sera d’extirper les nations, d’entasser les royaumes, de déverser sur eux mon indignation, toute l’ardeur de ma colère, car la terre toute entière sera consumée au feu de ma jalousie. Alors je ferai que les peuples aient les lèvres pures pour qu’ils invoquent tous le nom du SEIGNEUR, pour qu’ils le servent dans un même effort. D’au-delà des fleuves de Nubie, ceux qui m’adorent – ceux que j’ai dispersés – m’apporteront une offrande. »

[9] Jean ; 4.19-21

[10] Jean ; 4.19-21

[11] Mathieu ; 8.11-12

[12] Mathieu ; 21.42-44 D’après Sahîh Muslim (kitâb el Fadhâil ; hadîth : 21) , selon Abû Huraïra, le Messager d’Allah (r) a dit : « Je suis par rapport aux  prophètes avant moi comme un homme ayant construit une belle maison qu’il a pris soin de bien finir, sauf qu’il manquait une brique à l’un des coins. Les passants étaient étonnés et se disaient : « Il manque une brique ici pour finir la construction. » Mohammed s’exclama alors : « Je suis cette fameuse brique ! » »

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 17:08

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La Mecque dans la Bible

(Partie 1)

 

Voir : Takhjîl man harrafa at-Tawrât wal  Injîl du cadi Sâlih e-Ja’farî

 

« Moïse dit : « Le SEIGNEUR est venu du Sinaï, pour eux il s’est levé à l’horizon, du côté de Seïr, il a resplendi du côté de Parân [et à sa droite se tiennent les purs si nombreux (mot-à-mot : des groupes de gens ou les seigneurs]» »[1]

 

« Dieu fut avec le garçon qui grandit [et habita au désert. C’était un tireur d’arc] ; il habita dans le désert de Parân… »[2] Selon Paul le commentateur, les montagnes de Parân se rattachent (ou sont attenantes) aux terres d’Arabie.[3]

 

Dâwûd déclare dans les Psaumes : « Notre Seigneur est Grand et comblé de louange, dans la ville de notre Dieu, sa montagne sainte et Mohammed (le loué ndt.) rempli de joie la terre entière. » [4] Dâwûd a cité explicitement le nom de Mohammed et celui de sa terre natale qu’il a appelé la cité de Dieu ; il a informé que sa parole va remplir la terre entière.[5]

 

Dâwûd a déclaré dans les Psaumes : « Afin que se reposent les habitants du désert et des villages et que deviennent la terre de Qidhar (Qédar) des prairies, et que rendent gloire les grottes et qu’ils hèlent des sommets des montagnes les louanges du Seigneur et qu’ils répandent ses gloires dans les îles. »[6]

 

À qui d’autre appartiendrait le désert si ce n’est au peuple de Mohammed ? Qui d’autre serait Qidhar si ce n’est le fils d’Ismâ’îl,[7] l’ancêtre du Messager d’Allah (r) ? Qui d’autres seraient les habitants des grottes et de ces montagnes si ce n’est les arabes ?

 

Dâwûd prophétise dans les Psaumes l’avènement de Mohammed (r) en ces termes : « Malheur à moi ! J’ai dû [émigrer à Mèshek,] rester parmi les tentes de Qédar. Je suis trop resté chez ceux qui détestent la paix. Je suis la paix mais si je parle ils sont pour la guerre. »[8]

Ce passage fait allusion à la personne du Messager d’Allah (r) qui habite les terres de Qédar. Sinon, il faudrait dire quand David a quitté Jérusalem pour se rendre à la Mecque dans le territoire de Qédar le fils d’Ismaël ?

 

Le prophète Ésaïe (u) a annoncé au sujet de la Mecque – qu’Allah l’honore – : « Lève tes regards autour de toi et tu seras rayonnante et heureuse car les richesses des mers te viendront et les ligues des nations te visiteront, jusqu’à t’inonder de lourds chameaux et te rétrécir le sol en raison des trésors qui te seront rassembler. Les béliers de Madiân te seront ramenés, les gens de Saba te viendront, et le bétail de Fâran te sera regroupé, et les gens de Maareb (Nebayoth) vont te servir. »[9] Il fait allusion aux gardiens du temple de la Mecque qui sont les enfants de Maabar, le fils d’Ismâ’îl. Toutes ces choses se sont réalisées à la Mecque. Il y est déposé les trésors des deux mers, les ligues des nations viennent y faire le pèlerinage, les moutons de Fâran[10] y sont amenés pour les offrandes et le rite du pèlerinage.

 

Le prophète Ésaïe a dit en parlant de la Mecque : « Toi qui te morfond dans la désolation et qui ne jouit d’aucun égard, voici que moi je mettrai un cerne de fard autour de tes pierres, je te fonderai sur des saphirs, je ferai tes créneaux en rubis, tes portes en pierres étincelantes et pour ton pourtour en pierre ornementales. Je répandrai la paix sur tes fils, je t’ornerai de la probité (ou justice ndt.) et de la piété. J’éloignerai de toi le malheur et la souffrance. Celui qui me voudra n’aura qu’à te prendre pour direction et lieu de séjour, car tu seras un asile et un refuge pour ceux qui vivront en ton sein. »[11]

 

Ce passage fait la description de la Mecque, de la Ka’ba la Maison Sacrée. Le Khalife Mahdî (m. en 169 h. ndt.) de la dynastie Abbasside et les rois de tous temps, entretenaient la construction du Temple Sacrée avec grand soin. Ils l’ornèrent d’or, de pierres précieuses, de teintures et de pierres d’azur (lapis). Les couronnes et les trésors des différents empires lui furent emmenés pour lui servir d’ornement. Les plafonds du Haram que j’ai pu voir illuminent les yeux de leurs éclats. Il faut vraiment avoir l’esprit étroit et l’haleine courte pour accoler cette prophétie d’Ésaïe à un autre lieu saint que la Ka’ba. Elle ne peut correspondre à Jérusalem au sujet de laquelle on n’a jamais pu dire, contrairement à la Mecque à une époque : « Toi qui te morfond dans la désolation et qui ne jouit d’aucun égard ».

 

« Pousse tes acclamations, toi, stérile, qui n’enfantais plus, explose en acclamation et vibre, toi qui ne mettais plus au monde ; car les voici en foule, les fils de la désolée, plus nombreux que les fils de l’épousée, dit le SEIGNEUR. Élargis  l’espace de la tente, les toiles de tes demeures qu’on les distende ! Ne ménage rien ! Allonge tes cordages et tes piquets, fais-les tenir, car à droite et à gauche tu vas déborder : ta descendance héritera des nations qui peupleront les villes désolées. »[12]

 

« Avance et vibre, toi stérile qui n’as pas enfanté, prononce la gloire et jubile, toi qui n’as pas porté d’enfant ; ta famille sera plus nombreuse que ma famille. »[13]

 

Il entend par famille les Lieux Saints de Jérusalem et par stérile la Mecque étant donné qu’elle n’a pas enfanté avant notre Prophète (r). Il ne convient pas de dire que la stérile serait les Lieux Saints de Jérusalem, le temple des prophètes et la source de la révélation. Cette terre a ainsi toujours été fertile.

 

« Voici que sur mes paumes je t’ai gravée, et bientôt tes enfants viendront vite, celui qui veut te faire peur ou te trahir sera éloigné de toi ; lève donc ton regard autour de toi, ils te viendront et se rassembleront vers toi. Tu porteras mon nom, je suis le Vivant, tu seras vêtue de manteaux, et ornée d’une couronne. Tes endroits seront étroits tellement il y aura d’habitants et d’invocateurs. Ceux qui s’érigent contre toi devront te craindre, tes fils vont se multiplier tellement que tu vas t’écrier : qui donc m’en a offert autant alors que je suis seule ? Ils voient une stérile, mais qui me les a fait grandir et me les a pris à sa charge ? »[14]

 

Ésaïe décrit l’importance de la Ka’ba. Allah l’a recouvert d’un tapis de brocart luxueux, et a chargé son entretient aux Khalifes et aux rois. Mekka est la ville dont Allah a fait grandir le nombre d’enfants grâce aux pèlerins et à ses résidents. Louange à Allah qui nous a montré le chemin de la religion et qui a détruit l’argument des impies !

 

Ésaïe a prophétisé que le savoir s’épanouira au Hijâz (Médine et la Mecque ndt.) pour se répandre aux quatre coins de la terre, en disant : « Habitant de Téma, donnez de l’eau aux assoiffés et nourrissez-les avec votre pain. »[15]

L’eau est une métaphore pour exprimer le savoir. Le Messie affirme à cet effet dans l’Évangile : « Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie [éternelle]. »[16] L’eau prend le sens ici de savoir et de sagesse. Ésaïe annonce ainsi la future émergence du Livre d’Allah et de la Sunna (Tradition) de Son Prophète. Il en est de même pour l’expression : « nourrissez-les avec votre pain. » ; elle est comparable aux paroles de Jésus disant : « C’est moi le pain de vie ; celui qui en mange n’aura pas faim. »[17] Ainsi, il faut prendre ce passage dans son sens figuré.

 

Ésaïe fait état des bienfaits dont Allah fera don aux habitants du Hijâz et du Yémen : « Les humiliés et les indigents qui cherchent de l’eau, mais vainement, et dont la langue sèche de soif, moi le SEIGNEUR, je leur répondrai, moi Dieu [au lieu de le Dieu d’Israël ndt.], je ne les abandonnerai pas. Je ferais jaillir des fleuves sur les coteaux pelés et des sources au milieu des ravines, je transformerai le désert en étang et la terre aride en fontaine. [Je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte, et l’olivier ; j’introduirais dans la steppe le cyprès, l’orme et le buis ensemble], afin que les gens voient et sachent, qu’ils s’appliquent et saisissent ensemble que la main du SEIGNEUR a fait cela, que le Saint d’Israël l’a créé. »[18]

 

« Les bêtes sauvages me rendront gloire, les chacals et les bétails, car je procure en plein désert de l’eau, des fleuves dans la lande, pour abreuver mon peuple mon élu, peuple que j’ai formé pour moi et qui redira ma louange. »[19]

 

Ce passage confirme les paroles du Messager d’Allah (r) s’adressant à ‘Attâb ibn Usaïd qu’il investit émir à la tête de la Mecque : « ‘Attâb ! Sais-tu à la tête de quels gens t’ai-je investi ? Je t’ai investi à la tête de la famille d’Allah. » En l’ayant répété deux ou trois fois. [20] En outre, les arabes surnommaient les habitants du Hijâz et du désert « chacals », et ceux des plaines désertiques « bétails ». Ésaïe nous fait savoir qu’Allah (r) a élu ce peuple sur tous les autres peuples.

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

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[1] Deutéronome ; 33.1-3 Les rédacteurs de la Bible ont supprimé dans La version moderne la partie entre crochets qui leur posait effectivement problème. Un autre passage [Habaquq ; 3.3-4] nous parle de Parân : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. Sa majesté comble le ciel. Sa louange (celle d’Ahmed) emplit la terre. Le sort des peuples est dans sa main droite. La terre est allumée de sa lumière et ses chevaux montent sur la mer.» voici le texte de la version entre nos mains : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. Sa majesté comble le ciel. Sa louange emplit la terre. La lumière devient éclatante. Deux rayons sortent de sa propre main : c’est là le secret de sa force.»

[2] La Genèse ; 21.20-21

[3] Ce passage semble inexistant dans la version actuelle. Il est simplement fait mention des terres d’Arabie dans l’Épître aux Galates ; 4.25 disant : « car le mont Sinaï est en Arabie. » 

[4] Les Psaumes ; 48.1-2 La version actuelle ne cite pas explicitement Mohammed, qui rappelons-le signifie le loué ou celui qui est comblé de louanges ; le verset dit : « Belle et altière, elle réjouit toute la terre. »

[5] Conformément aux paroles du Prophète (r) : « Allah m’a réuni les extrémités de la terre ; l’Orient et l’Occident. Ma nation va étendre son royaume jusqu’à ces extrémités. » Rapporté par Ahmed (5/278) et Muslim (4/2215). 

[6] Nous avons un passage proche de celui-ci dans Ésaïe ; 42.11-12

[7] Voir : la Genèse ; 25.12-18

[8] Les Psaumes ; 120.5-6

[9] Ésaïe ; 60.4-7 dans la version actuelle, il est dit : « Porte tes regards sur les alentours et vois : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils vont arriver du lointain, et tes filles sont tenues solidement sur la hanche. Alors tu verras, tu seras rayonnante, ton cœur frémira et se dilatera, car vers toi sera retournée l’opulence des mers, la fortune des nations viendra jusqu’à toi. Un afflux de chameau te couvrira, de tout jeunes chameaux de Madiân et d’Eifa ; tous les gens de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens, et se feront les messagers des louanges du SEIGNEUR. Tout le petit bétail de Qédar sera rassemblé pour toi, les béliers de Nebayoth seront pour tes offices. »

[10] Fâran ou Parân est le large désert à l’intérieur duquel se trouve la Mecque. Sa terre s’est rétrécie en raison des flux de lourds chameaux qui portent les personnes et leurs charges, et les gens de Saba – qui sont les yéménite – y sont venus, comme le souligne ibn Taïmiya dans El Jawâb e-Sahîh.  

[11] Voir Ésaïe ; 54.11-15 La version contemporaine est sensiblement différente. Elle dit en effet : « Humilié, ballottée, privée de réconfort, voici que moi je mettrai un cerne de fard autour de tes pierres… Tous tes fils seront disciples du SEIGNEUR, et grande sera la paix de tes fils. Dans la justice tu seras stabilisée, loin de toi l’extorsion : tu n’auras plus rien à craindre ; loin de toi la terreur : elle ne t’approcheras plus. On complote, on monte un complot ? Cela ne vient pas de moi ! Qui complote contre toi, devant toi s’écroulera. »

[12] Voir : Ésaïe ; 54.1-7

[13] Ésaïe ; 54.1-7 dans la version actuelle, il est dit : « Pousse des acclamations, toi stérile, qui n’enfantait plus (dans une autre version : qui n’a pas enfanté), explose en acclamation et fibre, toi qui ne mettait plus au monde ; car les voici en foule, les fils de la désolée, plus nombreux que les fils de l’épousée dit le SEIGNEUR. »  

[14] Voir : Ésaïe dans tes termes proches ; 49.16-21

[15] Ésaïe ; 21.14-15 Selon la version œcuménique : « Allez à la rencontre de l’assoiffé, apportez de l’eau, habitants du pays de Téma ; allez au-devant du fugitif avec son pain, car ils s’enfuient devant les épées. »

[16] Jean ; 4.14

[17] Jean ; 6.35-48 Selon la version œcuménique : « … celui qui vient à moi n’aura pas faim. »

[18] Ésaïe ; 41.17-20 Nous avons repris les termes de la version actuelle en sachant que l’auteur ne fait pas mention des parties entre crochets.

[19] Ésaïe ; 43.20-21 Dans la version actuelle, « les bétails » est remplacé par « les autruches ».

[20] Rapporté par ibn ‘Adî dans Dhu’afa e-rijâl (7/245) avec une chaîne narrative dont l’un des éléments est jugé faible par les spécialistes. Il existe cependant un autre hadîth –qui lui est authentique – selon lequel le Prophète () a dit : « Les gens du Coran sont la famille d’Allah. » Rapporté par ibn Mâja ; voir : Sahîh ibn Mâja (1/42).

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 17:21

bible light

 

Le paraclet

(Partie 3)

 

D’après le livre : El jawâb e-sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya.

 

S’il est dit : le Messie a désigné le Paraclet comme l’Esprit de vérité, et l’Esprit Saint, il est dit en réponse : Jean a dit dans les actes des apôtres connu sous le nom de praxis : « Mes bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit, mais distinguez entre les esprits qui viennent de Dieu et les autres. Sachez que tout esprit qui croie à la venue du Messie Jésus dans la chair, provient de Dieu, et tout esprit qui ne croie pas à la venue du Messie (Christ) Jésus dans la chair ne provient pas de Dieu ; il provient plutôt de l’Antéchrist dont vous avez entendu annoncé qu’il vient, et dès maintenant il est dans le monde. »[1] S’il en est ainsi, nous pouvons comprendre que dans leur jargon, l’esprit comprend aussi bien un prophète envoyé parmi les humains, que l’Archange Gabriel l’intermédiaire qui a transmis la révélation à Mohammed (r) ; il est à la fois l’Esprit Saint et l’Esprit de vérité comme le désigne ainsi le Seigneur en ces termes : (Dis : l’Esprit Saint l’a descendu de Ton Seigneur en toute vérité).[2] (L’Esprit Loyal l’a descendu • Dans ton cœur).[3] (Quiconque se fait l’ennemi de Jibrîl… celui-ci l’a descendu dans ton cœur par la permission d’Allah).[4]

 

Cet Esprit en question a fait son apparition avec l’avènement de Mohammed. La parole qu’il a descendu, c’est la révélation transmise à Mohammed. C’est pourquoi, le Seigneur (I) a dit : (Allah élit des messagers parmi les anges et parmi les hommes).[5] Il a élu Jibrîl parmi les anges et Mohammed parmi les hommes. C’est pourquoi, tantôt la Parole d’Allah incarnée par le Coran est affiliée à l’un, tantôt elle est affiliée à l’autre comme le précise le Verset suivant : (Cette Parole provient d’un Noble Messager • Un être fort auprès du Maître du Trône, illustre, obéi, et loyal de surcroît).[6] Ce Messager c’est Jibrîl. Dans l’autre Verset, le Seigneur (I) a dit : (C’est la Parole d’un Noble Messager • Ce n’est pas la parole d’un poète mais vous croyez très peu • Ni la parole d’un sorcier mais vous vous rappelez très peu • C’est une révélation venant du Seigneur de l’univers).[7] Le Messager ici, c’est Mohammed. Le terme Messager a été affilié indépendamment aux deux, étant donné qu’il sous-entend que son auteur a transmis un message de la part de Son Seigneur. Le Verset ne dit pas que cette Parole provient d’un prophète ou d’un ange. Une telle assertion serait plutôt passible d’apostasie comme le Seigneur le souligne à l’encontre d’el Wahîd (el Walîd ibn Mughîra). Allah (I) a également déclaré dans le Coran : (Allah vous a descendu un Rappel • Un Messager qui vous récite les Versets clairs d’Allah afin de sortir les croyants ayant accompli les bonnes œuvres des ténèbres à la lumière).[8] Evidemment, le Messager n’est pas descendu du ciel, mais le Verset remplace le Messager par le Rappel puisqu’il est le porteur de ce Rappel.

 

Or, la liaison entre les émissaires d’Allah qu’ils soient de nature humaine ou angélique, et le Rappel descendu du ciel implique qu’il faille tous les reconnaître. La croyance aux uns incombe nécessairement de croire aux autres. Si le Coran est vérité, par conséquent Jibrîl et Mohammed sont vérités. De la même façon, si Mohammed est vérité, alors Jibrîl et le Coran sont vérités. Enfin, si Jibrîl est vérité, cela implique que Mohammed et le Coran sont vérités.

Ainsi, Allah réuni entre la foi aux anges, aux Livres, et aux Messagers notamment dans le Verset : (Le Messager a cru à la révélation qu’il a reçu ainsi que les croyants. Tous croient en Allah, à Ses anges, à Ses livres, et à Ses Messagers.).[9] Les enseignements de Mohammed, son rappel, et son témoignage proviennent des enseignements du Saint-Esprit, et de son émanation (esprit). Par ailleurs, de nombreux textes évoquent qu’anges et démons s’expriment à travers les paroles des hommes. Entre autre, selon ibn ‘Omar : « Nous disions que la tranquillité (Sakîna) s’exprimait à travers les paroles de ‘Omar. »[10]

Selon l’expression également, certaines personnes dans leur propos ne peuvent être qu’inspirer par les démons. L’homme toutefois s’exprime de lui-même et de son propre gré à l’inverse de la personne envoûtée. Celle-ci n’est pas consciente de ses paroles lorsque le démon parle  à sa place. Ainsi, il est dit : ceci est une parole venant du Messager humain ou encore du Messager angélique.

 

Il est possible de dire également : le Paraclet est l’Esprit de vérité tandis que l’Esprit Saint rend témoignage en ma faveur ; il vous donne et vous rappelle les enseignements, etc. le Paraclet sous-entend à la fois Jibrîl et Mohammed. Les paroles de l’un correspondent aux paroles de l’autre. En syntaxe, on parle de substitut d’implication (Badal el Ishtimâl) comme dans le Verset suivant : (Ils t’interrogent au sujet du mois sacré, le fait d’y faire la guerre. Dis : la guerre y est…).[11] Le mois en question ne correspond pas à la guerre elle-même, néanmoins, lorsqu’il impliquait la guerre l’un était substitué à l’autre.

 

Allah a dit dans ce registre : (Allah vous a descendu un Rappel • Un Messager).[12] Dans cet ordre, le Messager a été substitué par le Rappel qui l’impliquait. Le deuxième élément est donc substitué au premier. Le Messager de nature angélique avait une relation cachée avec le Messager de nature humaine. La révélation lui était ainsi très pénible au moment de la recevoir. D’après el Bukhârî et Muslim, selon ‘Âicha – qu’Allah l‘agrée – : « El Hârith ibn Hishâm a demandé : Cher Messager d’Allah ! Comment te vient la Révélation ?

- Parfois, elle me vient comme le son lourd d’une cloche ou bien m’est-elle encore plus pénible. Lorsqu’elle cesse, j’ai déjà assimilée ses paroles. D’autres fois, l’ange me vient sous la forme d’un homme qui me parle. J’assimile dès lors ses paroles. ‘Âicha a commenté : je l’ai vu recevoir la Révélation certains jours glacials. Lorsqu’elle cessait, on pouvait voir son front dégouliner de sueurs. »[13] La Révélation cesse dans le sens où elle rompt (Fasm) avec la personne intéressée et se sépare lorsqu’elle est une matière souple, à l’exemple du Verset : (Quiconque renie le Tyran (Taghût) et croit en Allah, il s’est alors accroché à un lien solide qui ne rompt pas ; Allah est certes Entendant et Savant).[14] Tandis que Qasm avec un Qaf, concerne plutôt des éléments durs dont la rupture se fait par une cassure (non par une séparation).

 

Ce texte nous informe qu’au moment où l’ange transmet la Révélation, il se met en contact avec le Prophète et l’imprègne. Après quelques instants, il se sépare et se détache de lui. Cette inclusion (implication) et cette séparation se présentent ainsi sous leur forme la plus marquée. Il devient alors pertinent que l’un représente la meilleure forme de substitut qui soit par rapport à l’autre. On peut dire ainsi que le Coran transmis par le Messager Prophète, lui est transmis par Jibrîl qui le transmet d’Allah. Les Evangiles disent que le Père – correspondant à Dieu dans leur langue – a envoyé le Paraclet. Certains passages précisent même : « Moi, je prierai le père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours.» Ailleurs, il est dit : « Le Paraclet, l’esprit de vérité que mon père enverra, vous enseignera toute chose. » il est clair qu’Allah va l’envoyer et que Jésus en a fait la demande.

 

Quant aux paroles du Messie : « si, au contraire je pars, je vous l’enverrai. » il faut les prendre dans le sens où il va l’envoyé grâce aux invocations consacrées au Père. Cette demande est comparable à la requête transmise aux autorités d’envoyer un émissaire, de nommer le gouverneur d’une province, ou d’octroyer telle chose à untel. L’auteur de cette requête pourra dire : j’ai envoyé untel, j’ai nommé untel, ou j’ai octroyé à un untel, dans le sens où il en fut la cause. Il faut savoir que si Allah décide de concevoir quelque chose, il met en œuvre les causes matérielles à l’origine de cette chose. Il a prévu entre autre parmi ces causes, les invocations provenant de certains de Ses serviteurs. En exauçant les demandes d’un tel et un tel, Il couvre Ses créatures de Ses bienfaits. Ainsi, Mohammed est le résultat des invocations de l’Ami d’Allah Ibrahim (u), quand il a imploré : (Seigneur ! Envoi-leur un messager issu d’eux qui leur récite Tes Versets, leur apprenne le Livre et la Sagesse, et les élèvent. Tu es certes le Puissant et le Sage).[15] Or, Allah avait déjà décrété de l’envoyer et avait déjà annoncé son nom auparavant. On posa en effet la question suivante au Prophète (r) : « Cher Messager d’Allah ? Quand es-tu devenu prophète ?

- Quand Adam était entre le corps et l’esprit répondit-il. »[16]

Il a dit également : « Il était écrit auprès d’Allah que je fus le sceau des prophètes alors qu’Adam était encore enveloppé de son argile. »[17]

 

Dans cet ordre, le Seigneur a décrété la victoire de Badr avant son déroulement. Pourtant, Mohammed (r) est en partie à l’origine de ce triomphe grâce à son appel au secours à Allah. Les invocations des adorateurs peuvent aussi être la cause de la pluie, etc. il n’est pas impossible que le Messie ait invoqué le Très-Haut d’envoyer Mohammed, après son élévation au ciel ; ses invocations seraient donc à l’origine de l’avènement du dernier des prophètes. Toutefois, Ibrahim a fait cette demande sur terre, c’est pourquoi Allah l’a évoqué, contrairement à ‘Issa qui l’a demandé après être monté au ciel.

 

Traduit par :

Karim ZENTICI

 

 


 



[1] Première  épître de Jean ; 4.1-3

[2] Les abeilles ; 102

[3] Les poètes ; 193-194

[4] La vache ; 97

[5] Le pèlerinage ; 75

[6] L’extinction du soleil ; 20-21

[7] La vérité dévoilée ; 40-43

[8] La répudiation ; 10-11

[9] La vache ; 285

[10] Rapporté par Ahmed 1/106.

[11] La vache ; 217

[12] La répudiation ; 10-11

[13] Rapporté par el Bukhârî 18/1 et Muslim (2333).

[14] La vache ; 257

[15] La vache ; 129

[16] Rapporté par Ahmed 66/4 et e-Tirmîdhî (3688).

[17] Rapporté par Ahmed 127-128/4

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 17:33

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Le paraclet

(Partie 2)

 

D’après le livre : El jawâb e-sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya.

 

L’avènement de Mohammed correspond à l’approche de la fin du monde comme il nous l’apprend lui-même : « Mon avènement est aussi proche de l’Heure que ces deux doigts, en montrant l’index et le majeur. »[1] Lorsqu’il parlait de l’Heure, il élevait la voix. Son visage devenait rouge et il redoublait de colère comme une sentinelle donne l’alerte.[2] Dans cet ordre, il a déclaré : (Je vous suis un avertisseur entre les mains d’un châtiment terrible).[3] Il a dit également : « Je suis l’avertisseur nu. »[4] Il a informé de certains événements futurs qu’aucun prophète n’avait révélés auparavant comme le confirme Jésus à travers ses paroles : « il vous communiquera tout ce qui doit venir. » Avant lui (r), jamais personne parmi les prophètes n’a eu un tel discours. À fortiori, rien de tel n’a pu descendre du ciel pour pénétrer dans le cœur de certains apôtres.

- « Il vous fera connaître tout ce qui vient du père. » il informe qu’il va faire connaître aux hommes toutes les choses concernant le Très-Haut. Cela comprend la connaissance des Noms et Attributs divins, des droits du Seigneur, ce que chacun doit croire Le concernant, et concernant Ses anges, Ses livres, et Ses messagers. De la sorte, ses enseignements englobent tous ce qu’Il mérite. Cette particularité est propre à Mohammed et sa mission comprend les sciences du Livre et de la Sagesse. Evidemment, le savoir descendu aux apôtres n’est pas aussi vaste ; il n’en vaut pas la moitié, ni même le tiers. D’ailleurs, les enseignements du Christ lui-même sont bien plus considérables que les leurs comme les enseignements de Mohammed sont plus considérables que les siens.

 

- « Lorsque viendra le Paraclet que mon père vous enverra, l’Esprit de vérité qui provient du père, il rendra témoignage de moi. Je vous ai dis cela afin que vous croyez en lui et que vous ne doutez pas de lui. »[5] ‘Issa leur a parlé de lui afin qu’ils croient en lui au moment de sa venue et qu’il ne doute pas de lui. Il rendra ainsi témoignage du Christ. Telle est la description de celui que le Messie a annoncé ; il a rendu en effet témoignage de lui comme le confirme le Seigneur : (Et quand ‘Issa fils de Mariam a dit : Ô enfants d’Israël ! Je suis le Messager d’Allah venu à vous ; je confirme la Thora venue avant moi et vous annonce la venue d’un Messager après moi qui s’appelle Ahmed).[6] Cet homme va blâmer le monde à cause de la faute. Personne avant Mohammed (r) n’avait ainsi blâmé l’humanité en raison des péchés qui s’y répand. Il a en effet averti la planète entière, toute catégorie de gens confondue.

 

Il a fait le sermon aux hommes de s’éloigner de la faute qui englobe la mécréante, la perversité, et la désobéissance au Tout-Puissant. Il a condamné tous les païens qu’ils soient arabes, indiens, turcs, etc. il a blâmé les mazdéens qui jouissaient du plus grand empire à son époque. Il a blâmé aussi les détenteurs de l’Ecriture : les Juifs et les chrétiens. Il a déclaré dans un Hadith authentique : « Allah a contemplé les habitants de la terre ; il les a tous répugné, arabes et non arabes, à l’exception des derniers détenteurs du livre. »[7] Il ne s’est pas contenté de prêcher aux hommes les commandements (obligations/interdictions) d’Allah, il les a de surcroît sévèrement condamnés et menacés.     

        

 - Jésus a informé qu’il ne parlait pas de lui-même mais qu’il était guidé dans ses paroles par ce qu’il entendait. Cela signifie en clair qu’il est inspiré dans tous ses propos par la Révélation. Son message, il ne l’a pas appris des gens, ni acquis par simple déduction. Cette particularité est propre à Mohammed (r). En effet, les prophètes avant lui dont ‘Issa fait partie, prenaient leurs enseignements d’autres personnes, en plus de la révélation qu’ils recevaient. Par conséquent, ils avaient une instruction supplémentaire à la révélation. Par contre, Mohammed n’a d’autre discours que celui de la Révélation ; elle est son unique référence. Il lui a été enjoint : (Divulgue les enseignements qui te sont révélés de Ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, alors tu n’auras pas rempli ta mission ; Allah te préserve des hommes).[8] Allah lui a garanti de le préserver s’il remplissait sa mission. C’est pourquoi, il a orienté les hommes vers la vérité toute entière. Il a en effet confié certaines choses qu’aucun prophète n’aurait osé divulguer avant lui de peur de se faire tuer, comme il a été dit au sujet du Messie et d’autres.

 

Le Messie a affirmé à son peuple qu’il n’avait pas divulgué tout ce qu’il savait car il n’était pas capable de le supporter. Les prophètes reconnaissaient qu’ils craignaient de dévoiler certaines vérités à leurs différentes communautés ? Quant à Mohammed (r), Allah l’a soutenu comme Il n’a soutenu personne d’autre. Il l’a préservé du mal des hommes de sorte qu’il pouvait leur parler sans crainte. Il l’a doté d’un savoir et d’une éloquence qu’aucun prophète n’a eu avant lui. Le Livre qui lui a été révélé détient certaines clefs des mystères non dévoilés dans aucun autre livre.

 

Allah a aussi aidé sa communauté à supporter le dépôt qui leur a été confié. Par contre, les détenteurs de la Thora étaient livrés à eux-mêmes pour son entretient. Par la suite, ils ont failli à leur responsabilité. Les adeptes du Coran sont différents aussi des détenteurs des Evangiles au sujet desquels Jésus a déclaré : « J’ai encore bien des choses à vous dire mais vous ne pouvez les porter maintenant. »

 

Nul doute que la communauté de Mohammed jouit d’une raison plus mûre, d’une foi plus grande, d’une adhésion et d’un sacrifice plus sincère. Ses membres ont un savoir, une dévotion intérieure, et une foi bien plus considérable. Ils se distinguent également par des actes d’adoration extérieurs bien plus considérables. Allah révèle : (Le Messager a cru à la révélation qu’il a reçu ainsi que les croyants. Tous croient en Allah, à Ses anges, à Ses livres, à Ses Messagers. Nous ne faisons aucune distinction entre Ses Messagers. Ils ont dit : nous avons entendu et nous avons obéi, (nous réclamons) Ton pardon Seigneur ! Car le retour se fera vers toi • Allah n’impose rien à une personne au-dessus de ses forces ; elle a en sa faveur ce qu’elle a acquit et à sa charge ce qu’elle a commis. Seigneur ! Ne nous blâme pas pour nos erreurs et nos oublis, Seigneur ! Ne nous charge pas de fardeaux comme Tu l’as fait pour les peuples avant nous. Seigneur ne nous impose pas de charges que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes, pardonne-nous, et fais-nous miséricorde ; Tu es Notre Maître, donne-nous la victoire sur le peuple infidèle).[9] D’après un Hadith certifié dans le recueil e-Sahîh, selon le Prophète (r), le Seigneur a dit : « Je consens ! »[10]

 

 - Selon Jésus, le Paraclet va rendre témoignage en son honneur et va enseigner toute chose aux hommes. Il va rappeler toutes les paroles du Messie. Un témoignage ne peut pertinemment être considéré comme tel s’il n’est pas entendu par autrui. Il ne peut correspondre à des sensations du cœur qu’un nombre restreint d’individus ressent. En dehors de Mohammed (r), personne n’a rendu témoignage du Christ à grande échelle. Il a mis en valeur la mission de ‘Issa et a témoigné de sa véracité. La majeure partie des habitants de la terre a eu écho de ce témoignage. Il atteste de la crédibilité de Jésus et l’innocente des accusations calomnieuses lancées contre lui par les juifs et de la vénération à outrance que les chrétiens lui vouent. Il rend ainsi témoignage de lui en toute vérité. C’est pourquoi, quand e-Najâshî a entendu des Compagnons le témoignage que Mohammed rend de Jésus, il leur a déclaré : « ‘Issa n’a pas ajouté à vos propos la longueur de ce  morceau de bois. » Allah a assigné à la nation de Mohammed le rôle de témoin à l’encontre de l’humanité ; ils témoignent contre les hommes en vertu de la vérité qui leur a été enseigné.

Ils sont ainsi une communauté médiane et juste. Ainsi, elle n’entérine pas le faux. Ses membres sont des témoins probes contrairement aux injustes qui dans leur témoignage rajoutent ou taisent certains propos à l’instar des Juifs et des chrétiens au sujet du Messie.

 

- Si le Paraclet signifie le Loueur, le Loué, la Louange, ou le Consolateur, alors ce surnom convient tout à fait à Mohammed (r). Lui et sa communauté en effet, louent énormément le Seigneur ; ils Le louent dans toutes les situations. Le Prophète (r) lui-même détient l’étendard des louanges ; il les prononce au début de ses sermons et au début de ses prières. Il mérite ainsi de se faire qualifié de loué en sachant que le salaire des œuvres est de même nature que les œuvres elles-mêmes. Ainsi, il porte le nom de Mohammed et d’Ahmed. Quant à Mohammed (le loué), il est sur la même racine que Mokarram (l’honoré), Mo’adhdham (l’encensé), ou que Moqaddis (le saint). Sous une forme accentuée, ce terme signifie que son auteur est comblé de louanges toutes méritées. Comme il louait énormément son Seigneur, il méritait d’être loué. Dans un vers, Hassân ibn thâbit a dit :

 

Il a extrait son nom du Sien pour l’honorer     

L’un loué sur Son Trône, l’autre est Mohammed (le loué)                    

 

Quant à Ahmed, c’est un adjectif au superlatif. Autrement dit, son auteur mérite mieux de recevoir les plus amples louanges qu’un autre. On dit qu’untel est mieux loué qu’untel, c’est-à-dire qu’il est plus en droit de se voir louer. Il y a donc un rapport préférentiel entre Ahmed et autrui sur la façon d’être loué. Le terme Mohammed implique une distinction quantitative, tandis que le terme Ahmed implique une distinction qualitative (sur la manière).

 

Pour certains savants, Ahmed signifie faire plus de louange qu’un autre. Il prend ainsi le sens de grand loueur et de loué. Si certains ont choisi de traduire Paraclet dans leur langue, par louange, comme nous l’avons déjà vu, cela correspond tout à fait au Verset du Coran : (et vous annonce la venue d’un Messager après moi qui s’appelle Ahmed).[11]

 

Les savants ont dit : nul doute pour  eux, que ce vocable est dérivé des louanges, comme il est dit dans notre langue : Dhârib (frappeur) et Madhrûb (frappé). Quant au consolateur, jamais un prophète n’a été plus au côté des adeptes de l’Unicité d’Allah et de la foi que Mohammed. Il est à plus même que quiconque de se voir attribuer un tel surnom.

Le sauveur est aussi l’un de ses attributs. Le Messie est certes le premier sauveur comme le mentionnent les Evangiles. Il est connu chez les chrétiens pour être le sauveur. Par conséquent, il est le premier Paraclet ; celui-ci annonce un autre Paraclet après lui en ces termes : « moi, je prierai le père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours.» [12]Il annonce ainsi un deuxième sauveur qui restera pour toujours avec les hommes.

Le Messie est donc le premier sauveur.  Or, personne n’a qualifié de sauveur les insufflations du cœur. Il convient d’expliquer les paroles du Messie uniquement par les sens contenus dans sa langue originelle avec laquelle il s’est adressé aux hommes. D’ailleurs, cela concerne n’importe quel autre prophète ou plutôt toute être doué de parole. Le Messie a informé que ce deuxième sauveur va rester avec les hommes pour toujours. Mohammed, dont la Législation ne sera jamais abrogée jusqu’à la fin des temps, est cet homme.

 

- Dans l’Evangile, celle de Jean, le Messie a déclaré : « Le prince de ce monde va venir, et je n’ai aucune autorité. »[13]  Le prince (Arkûn) signifie dans leur langue la personne noble. Les princes sont donc les notables. Les Juifs accusaient le Messie de façon mensongère d’être secondé par le Prince des démons. « Le prince de ce monde » c’est le chef, le maître, le grand de la terre. S’il a annoncé sa venue prochaine, il ne pouvait parler de lui-même ou d’un autre semblable à lui. Après le Messie, personne n’a gouverné le monde en dehors de Mohammed ; cela correspond tout à fait à l’annonce du Messie. On demanda au Prophète (r) : « Comment a eu lieu le début de ta mission  ?

- Par les invocations de mon ancêtre ’Ibrahim, l’annonce de ‘Issa, et la vision de ma mère ; elle a vu au moment de me mettre au monde, un lumière émanant d’elle qui a illuminé les palais du Shâm. »[14]

      

En gros, il est connu à l’unanimité des hommes que personne au cours de sa vie et après sa mort, n’a gouverné le monde intérieur et extérieur, n’a dominé les cœurs et les êtres, ne fut obéi en public et en secret, dans tous les coins de la terre, dans les meilleures régions de l’Est et de l’Ouest, en dehors de Mohammed. L’obéissance à un roi se fait en public non en privé, et au cours de sa vie non après sa mort. Les religieux ne cherchent nullement à travers son obéissance, la récompense d’Allah dans l’autre monde, ils ne sont pas motivés non plus par la crainte de Son châtiment dans l’Au-delà, contrairement à l’obéissance aux prophètes. Mohammed (r) a mis en évidence la religion des prophètes précédents. Il a confirmé leur prophétie et leur a rendu hommage. Grâce à Mohammed, des nations entières ont cru à des prophètes et envoyés comme Moussa, le Messie, et d’autres. Sans lui, elles n’auraient jamais cru en eux. Si les gens du Livre en connaissaient certains, ils étaient toutefois divisés à leur sujet, comme ils le sont au sujet de ‘Issa. Ils savent pertinemment que certains disaient du mal de Dâwûd, de Sulaïmân, et d’autres.

 

- Il leur a cité un certain nombre d’envoyés dont ils n’avaient jamais entendu parler auparavant, à l’exemple de Hûd, Sâlih, Shu’aïb, etc. Mohammed (r) a notamment certifié la prophétie du Messie attestant qu’il est le Prince du monde. Il a déclaré en effet : « Sans prétention, je suis le maître des fils d’Adam ; Adam et sa descendance sont sous ma bannière (le Jour de la Résurrection) ; Je serais l’orateur des prophètes lorsqu’ils vont venir, et l’Imam des prophètes lorsqu’ils vont se rassembler. »[15] Il détient la bannière des louanges et la Place d’Honneur (louée) qui lui sera enviée la Jour de la Résurrection par les premières et les dernières générations. Il est véritablement le maître du monde conformément aux paroles du Messie : « Il est le Prince de ce monde » Il est le Prince des dernières générations ici-bas et dans l’au-delà comme il est le Prince des premières générations ici-bas et dans l’au-delà.

« Le prince de ce monde va venir, et je n’ai aucune autorité. » Cette phrase comprend les deux grands principes : l’affirmation de la prophétie et l’affirmation de l’Unicité. L’ordre des choses appartient en effet à Allah. Telle est l’attestation de foi : Il n’y a de Dieu (digne d’être adoré) en dehors d’Allah et Mohammed est le Messager d’Allah.

« Je n’ai aucune autorité. » Il dénie toute affiliation divine que les chrétiens lui ont attribuée. Cette négation est valable pour toute la création. Allah (I)  révèle en effet au sujet de Mohammed : (Tu ne peux intervenir en rien dans l’Ordre d’Allah).[16] (Dis : je ne prétends pas vous avoir les richesses d’Allah, et de connaître l’inconnu ; je ne vous dis pas non plus que je suis un ange, je me contente de suivre la révélation que je reçois).[17] (Dis : je n’ai pas le pouvoir de vous refouler un mal ou de vous fournir un bien. • Dis : personne ne peut me préserver d’Allah et je ne peux trouver aucun refuge en dehors du sien • Il m’appartient uniquement de divulguer la Parole d’Allah et de Son Message, mais quiconque désobéit à Allah et à Son Messager, ira dans le feu de la Géhenne où il demeurera à jamais).[18] (Dis : je n’ai le pouvoir ni de me refouler un mal ni de me fournir un bien sauf si ce n’est par la volonté d’Allah).[19]

 

- La prophétie d’Ésaïe désigne Mohammed comme le Prince de la paix. La paix (Silm) et le salut (Salâm) correspondent à l’Islam. Il est le Maître de la religion musulmane. Nul doute que tous les prophètes ont transmis l’Islam à leurs peuples. Cependant, cette religion sous son nom n’a pas été connue et répandue comme elle l’a été avec l’avènement de Mohammed ; le Prince de l’Islam rassemble tout le bien possible et toutes les vertus parallèlement à Satan qui est le Prince du Mal. Allah révèle au sujet de Nûh : (Ô peuple ! Si ma présence parmi vous et le rappel des signes d’Allah vous sont pénibles, alors je m’en remets entièrement à Allah ; rassemblez vos associés et vos forces, mais que votre dessein ne vous soit pas ensuite obscur. Puis, finissez-en avec moi et surtout n’hésitez pas • Si vous vous détournez, je ne vous demande aucun salaire, mon salaire provient d’Allah et j’ai reçu l’ordre de Lui être soumis).[20]h est le premier Messager envoyé sur terre ; Allah a mentionné qu’il a reçu l’ordre d’être soumis (muslim : musulman). Les sorciers du Pharaon également se sont exclamé, après lui avoir annoncé leur conversion, lorsque ce dernier a projeté de les exécuter : (Seigneur ! Arme-nous de patience et fais-nous mourir musulman).[21] Il a dit en outre : (Nous avons révélé la Thora où il y a direction et lumière. Soumis, les Prophètes se référaient à sa Loi pour l’appliquer aux adeptes du judaïsme).[22] (Et lorsque nous avons révélé aux apôtres : croyez en Moi et à Mes Messagers. Ils ont dit : Nous avons cru, témoigne alors que nous sommes soumis).[23] Le Seigneur a dit notamment au sujet d’Ibrahim : (Personne ne se détourne de la confession d’Ibrahim si ce n’est les insensés, Nous l’avons élu ici-bas et il compte dans l’au-delà parmi les vertueux • Lorsque Son Seigneur lui dit : soumet-toi. Il dit : je me soumet au Seigneur de l’univers • Ibrahim l’a recommandé à ses fils, ainsi que Ya’qûb : Mes fils ! Allah a élu votre religion, alors restez soumis (musulmans) jusqu’à la mort).[24] (Moussa a dit à son peuple : si vous croyez vraiment en Allah alors placez votre confiance en lui, si vous êtes musulmans).[25] La reine Balqîs a dit : (Seigneur ! J’ai commis une injustice envers moi-même et je me suis soumise avec Suleïmân à Allah le Seigneur de l’univers).[26]   

 

Traduit par :

Karim ZENTICI

 

 



[1] Rapporté par el Bukhârî 190/7 et Muslim 4/2268-2269.

[2] Rapporté par e-Nasâî 3/188-189.

[3] Saba ; 46

[4] Rapporté par el Bukhârî (6382). Un homme a averti son peuple du haut d’une montagne de l’approche imminente d’une armée. Il a dû se déshabiller pour donner plus de crédit à son information, et leur faire prendre conscience du danger. Les arabes prennent en exemple cette anecdote pour exprimer la véracité et la gravité des propos d’une personne.

[5] Jean ; 15.26-27

[6] Les rangs ; 6

[7] Rapporté par Muslim (2865).

[8] Le Repas Céleste ; 67

[9] La vache ; 285-286

[10] Rapporté par Muslim (126).

[11] Les rangs ; 6

[12] Voir : Jean ; 14.15-19

[13] Jean ; 14.30

[14] Rapporté par Ahmed 262/5.

[15] Rapporté en partie par e-Tirmîdhî (3615).

[16] La famille de ‘Imrân ; 128

[17] Le bétail ; 5

[18] Les Djins ; 21-23

[19] El A’râf ; 188

[20] Yunâs ; 71-72

[21] El ‘A’râf ; 126

[22] Le Repas Céleste ; 44

[23] Le Repas Céleste ; 111

[24] La vache ; 130-132

[25] Yûnâs ; 84

[26] Les fourmis ; 44

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:28

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Le paraclet

(Partie 1)

 

D’après le livre : El jawâb e-sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya.

 

Les savants ont dit : Jean l’évangéliste a dit : Jésus le Messie a déclaré dans le quinzième chapitre : « Le Paraclet, l’esprit de vérité que mon père enverra, vous enseignera toute chose. »[1] D’après l’apôtre Jean également, Jésus a déclaré à ses apôtres : « Si vous m’aimez, alors appliquez mes commandements ; moi, je prierai le père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours. C’est lui l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d’accueillir (de tuer selon la version de l’auteur ; ce qui vraisemblablement est une erreur ndt. d’inscription) car il ne le connaît pas. Je ne vous laisserais pas orphelin, car je viendrai à vous bientôt. » [2]

Jean a dit : « Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera : il viendra à lui et établira chez lui sa demeure. Je vous dis cette parole, car je suis présent avec vous. Le Paraclet, l’Esprit de vérité (Saint selon la version de l’auteur ; ce qui vraisemblablement est une erreur ndt.) que mon père enverra, vous enseignera toute chose et vous fera ressouvenir de tout ce que j’ai dit. Je vous donne (ou vous laisse) mon salut. Que votre cœur cesse de se troubler ou de craindre. Je m’en vais et je reviendrais vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouirez de ce que je vais au père. Si vous vous attachez à ma parole et si ma parole s’attache à vous, alors vous aurez ce que vous voulez. C’est avec cela que mon père a (ou est) loué. »[3]

Il a dit également : « Lorsque viendra le Paraclet que mon père vous enverra, l’Esprit de vérité qui provient du père. Il rendra témoignage de moi. Je vous ai dit cela afin que vous croyez en moi et que vous ne doutez pas de lui.»[4] Il a dit également : « C’est votre avantage que je m’en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si, au contraire je pars, je vous l’enverrai. Quand il viendra, il blâmera le monde en raison de la faute. J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant, mais viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité toute entière. Car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu’il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir. Il vous fera connaître tout ce qui vient du père. »[5] Jean l’Apôtre a dit : Jésus a dit : « Le prince de ce monde vient et je n’ai aucune autorité. »[6]

 

Mathieu l’Apôtre a dit : Jésus a déclaré : « N’ont-ils pas lu dans les Écritures : la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ; c’est là l’œuvre du Seigneur : Quelle merveille à nos yeux. Aussi, je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en mangera (ou produira) les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre s’épanouira, et celui sur qui elle tombera elle le fera disparaître. »[7]

Jean le disciple a dit dans les Épîtres des Apôtres que l’on appelle Praxis : « Mes bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit, mais distinguez entre les esprits qui viennent de Dieu et les autres. Sachez que tout esprit qui croit à la venue du Messie Jésus dans la chair, provient de Dieu, et tout esprit qui ne croit pas à la venue du Messie (Christ) Jésus dans la chair ne provient pas de Dieu ; il provient plutôt de l’Antéchrist dont vous avez entendu annoncer qu’il vient, et dès maintenant il est dans le monde. »[8]

 

Sham’ûn e-Safâ (Simon-Pierre) le chef des Apôtres dans le livre Praxis a dit : « C’est le moment, en effet, où le jugement commence par la maison de Dieu. »[9]

 

L’auteur a dit : dans leur langue, il y a plusieurs explications possibles du terme Paraclet. Parmi les hypothèses, il y a le grand loueur, le loué, le consolateur, la louange qui est l’explication retenue par certaines tendances. Ils assument que les preuves étymologiques viennent appuyer cette opinion. Ils prennent comme argument les paroles de Yûsha’ disant : « Quiconque œuvre en bien peut espérer un bon paraclet. » C'est-à-dire : une bonne louange. Ils s’inspirent également de l’expression en usage dans leur relation : Fâraqlit (Paraclet) et Fâraqliten, et ce qui est au-dessus de tout ; autrement dit : les louanges. En outre, comme il est dit chez nous : main et faveur.

D’autres optent pour le Sauveur en affirmant que ce vocable d’origine syriaque, signifie le sauveur. Ils avancent qu’il est dérivé du terme : Râwif en arabe qui veut dire Fârûq en syriaque, qui serait devenu Fâriq. Lit est ainsi un préfixe. Il correspondrait à dire en arabe : un homme lui (Rajoul Houwa) une pierre elle (Hadjar Hiya), une pleine lune elle, un mâle lui. Dans cet ordre, en syriaque on appose le préfixe Lit. L’autre tendance soutient que Paraclet veut dire le consolateur en grec.

 

Il est possible de réfuter ces deux opinions, en disant que le Messie ne parlait ni le syriaque ni le grec, mais il parlait l’hébreu. En réponse, il convient de dire que sa langue originelle était certes l’hébreu ; cependant, ses paroles furent traduites dans d’autres langues. L’un des Évangiles fut retranscrit en grec, une autre fut traduite en Romain, et une troisième est restée dans sa version en hébreu. La plupart des chrétiens penchent vers : le sauveur. Le Messie lui-même est désigné comme tel. Dans les Évangiles qu’ils ont entre les mains, il a déclaré : « Je ne suis pas venu juger (embellir chez l’auteur ndt.) le monde, je suis venu sauver le monde. »[10] Les chrétiens disent notamment dans leur prière : un sauveur nous est né.

 

Les opinions le concernant divergent chez les chrétiens. Certains affirment qu’il correspond à un esprit descendu sur les Apôtres. Certains peuvent avancer que des langues de feu sont descendues du ciel sur les disciples ; elles ont fait des miracles et des choses extraordinaires. C’est pourquoi, selon certains spécialistes en religion chrétienne, aucun d’eux n’est capable d’être précis sur la venue de ce Paraclet que pourtant ils attendent. Pour certains, il serait le Messie en personne ; il serait néanmoins revenu quarante jours après sa crucifixion et se serait dressé sur sa tombe. Or, il est erroné de l’interpréter par l’esprit et il est encore plus erroné de l’interpréter par le Messie et cela, pour plusieurs raisons :

                          

-  L’Esprit Saint n’a pas cessé de descendre sur les prophètes et les vertueux avant et après l’avènement du Messie comme s’accordent unanimement à le dire les détenteurs des Écritures. Il ne se particularise pas pour avoir de tels attributs. Allah (I) révèle : (Tu ne peux trouver un peuple qui croit en Allah et au Jour dernier, avoir de l’affection pour ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, quand bien même ils seraient leurs pères, leurs enfants, leurs frères, ou leurs proches. Ceux-là Allah a imprimé la foi dans leur cœur et les a soutenu par un esprit venant de Lui).[11] Lorsque Hassân ibn Thâbit s’est (de ses vers) attaqué aux païens, le Prophète (r) a invoqué : « Ô Allah ! Soutiens-le par l’Esprit Saint. » Il lui a dit : « L’Esprit Saint sera avec toi tant que tu défendras le Prophète d’Allah. »

Ainsi, l’Esprit n’a été par aucun d’eux, surnommé le Paraclet. Cela prouve que le Paraclet est bien autre chose. Par ailleurs, les prophètes et les vertueux ont toujours été soutenus par l’Esprit tandis que le Messie a annoncé un événement très important qui surviendra après lui ; il sera bien plus important que cela.

 

- Le Paraclet a été décrit par des attributs qui ne conviennent pas à l’Esprit. Ils conviennent plutôt à un homme comme le Christ qui viendra après lui, comme il l’a dit lui-même : « Si vous m’aimez, alors appliquez mes commandements ; moi, je prierai le père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours.»[12]Un autre Paraclet signifie qu’il en existe un premier venu avant lui. De son vivant, Il n’y avait personne d’autre au milieu des hommes que le Christ, et aucun esprit ne leur est venu. Par conséquent, un homme comme lui viendra après lui et son avènement ne sera pas un fait habituel.

 

- « qui restera avec vous pour toujours» cette caractéristique est constante et durable jusqu’à la fin des temps. Comme pertinemment cette constance ne fait pas allusion à son corps – elle concerne uniquement sa loi – il devient évident que la religion et la loi du premier Paraclet ne va pas perdurer jusqu’à la fin des temps. Cela démontre que la législation du second ne sera jamais abrogée contrairement à celle du premier. Cela correspond tout à fait à Mohammed (r).

 

- Il a informé que ce Paraclet dont il a fait la description, rendra témoignage de lui, et va apprendre toute chose aux hommes. Il va rappeler les paroles du Christ et va blâmer le monde, l’auteur du péché. Il a dit en effet : « Le Paraclet, l’esprit de vérité que mon père enverra, vous enseignera toute chose et vous fera ressouvenir de tout ce que j’ai dit.»[13] Il a dit également : « Lorsque viendra le Paraclet que mon père vous enverra, l’Esprit de vérité qui provient du père, il rendra témoignage de moi. Je vous ai dit cela afin que vous croyez en lui et que vous ne doutez pas de lui. »[14] Il a dit également : « C’est de votre avantage que je m’en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si, au contraire je pars, je vous l’enverrai. Quand il viendra, il blâmera le monde en raison de la faute. J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant, mais viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité toute entière. Car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu’il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir. Il vous fera connaître tout ce qui vient du père. »[15]

 

Tous ces attributs évoqués par le Messie ne peuvent correspondre à une chose insufflée dans le cœur de certaines personnes et que l’on ne peut ni voir ni entendre. Ils concernent quelqu’un que l’on voit physiquement et dont on entend les paroles. Il va ainsi rendre témoignage du Messie, va enseigner toute chose aux hommes, va remémorer les paroles du Messie, va blâmer le monde à cause des péchés ; il va les orienter vers la vérité toute entière. Il ne parlera pas de lui-même, il se contentera de répéter les paroles qu’il aura entendues. Il informera les hommes de toutes les choses à venir, et il va les renseigner sur tout ce qui concerne le Seigneur de l’univers.

 

Cela ne peut être le fait d’un ange que personne ne voit ; cela ne peut être non plus une direction ou un signe insufflé dans le cœur de certaines gens. Ce ne peut être qu’un homme dont le destin est illustre. Il aura la particularité d’informer les hommes de ce qu’il aura entendu. C’est donc un humain envoyé par Allah et dont le rang est plus élevé que celui du Christ. Il sera capable de faire, selon le Messie, ce dont lui-même n’était pas en mesure de faire. Il aura un savoir que Jésus n’a pas. Il informera des choses à venir et de tout ce dont le Seigneur mérite (ce qui le concerne), comme le dit la Bible : « J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant, mais viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité toute entière. Car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu’il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir. Il vous fera connaître tout ce qui vient du père. »[16] Cette description ne peut que correspondre à Mohammed (r). Les informations qu’il détient en effet concernant Dieu, Ses Attributs, Ses anges, Son royaume, la promesse du Paradis pour Ses élus, et l’Enfer pourvu à Ses ennemis ; ne peut être assimilé en détail par bon nombre d’esprit.

 

C’est pourquoi, comme l’affirme ‘Ali (t) : « Parlez aux gens en fonction de leur entendement, et évitez les discours qu’ils ne peuvent appréhender ; voudriez-vous ainsi qu’ils démentent Allah et Son Messager ? »[17] Ibn Mas’ûd a dit également : « Si quelqu’un parle à des gens de choses que leur esprit ne peut appréhender, son discours va forcément perturber certains d’entre eux.»[18] Quelqu’un interrogea ibn ‘Abbâs au sujet du Verset : (Il a créé sept cieux et autant de terres, et Son Ordre descend entre eux).[19] « Qui te garantit répondit-il, que si je t’informe de son exégèse, tu ne vas pas renier. En démentir le sens, c’est une façon de renier. »[20]

 

Le Messie a informé ainsi : « J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant. » À la fois il dit vrai et à la fois il n’est pas démenti dans ses informations. Ainsi, les Attributs d’Allah ne figurent pas dans les Évangiles ; Son royaume n’y est pas décrit ni le Jour de la Résurrection si ce n’est de façon superficielle. La Thora également ne décrit qu’en surface le Jour de la Résurrection bien que Moussa ait préparé le terrain à ‘Issa. Malgré cela, ‘Issa a confié à ses adeptes : « J’ai encore bien des choses à vous dire mais vous ne pouvez les porter maintenant. » Il a dit tout de suite après : « mais viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité toute entière. » Plus loin, il a dit : « il vous communiquera tout ce qui doit venir. Il vous fera connaître tout ce qui vient du père. »

 

Le Paraclet fera ainsi des choses en dehors des compétences du Messie. Mohammed (r) a orienté l’humanité vers la vérité toute entière de sorte que le Seigneur a parachevé la religion par son intermédiaire, et a parfait aux hommes de Sa Miséricorde.

 

C'est pourquoi il est le sceau des prophètes. Personne ne peut ramener un nouvel enseignement en dehors du sien. Il a informé de tous les évènements précurseurs à l’Apocalypse, de la Résurrection, du Jugement, du Pont jeté au-dessus de la Géhenne, des œuvres des hommes pesées sur la Balance, de l’Enfer et de ses différents châtiments. Le Coran se caractérise pour décrire en détail les événements de la vie future, le Paradis, l’Enfer. Tous ces détails ne s’avèrent pas dans la Thora ni dans les Évangiles, conformément à la prophétie de Jésus : « il vous communiquera tout ce qui doit venir. »

  

 

Traduit par :

Karim ZENTICI

 

 



[1] Jean ; 14.26

[2] Voir Jean ; 14.15-19

[3] Jean ; 14.23-29. La version actuelle offre un passage que l’auteur n’a pas évoqué ici et dans lequel Jésus a dit : « Je vous ai parlé dès maintenant avant l’avènement, afin que, lorsqu’il arrivera, vous croyiez, car le prince de ce monde vient. Certes il n’a en moi aucune prise ; mais de la sorte, le monde saura que j’aime mon père et que j’agis conformément à ce que mon père m’a prescrit. Levez-vous partons d’ici ! » Jean ; 14.29-31

[4] Jean ; 15.26-27

[5] Jean ; 16.7-14

[6] Jean ; 14.30 Selon la version actuelle : « Certes, il n’a en moi aucune prise »

[7] Mathieu ; 21.42-44

[8] Première Épître de Jean ; 4.1-3

[9] Première Épître de Pierre ; 4.17

[10] Jean ; 47.12

[11] La polémique ; 22

[12] Voir : Jean ; 14.15-19

[13] Jean ; 14.23-29.

[14] Jean ; 15.26-27

[15] Jean ; 16.7-14

[16] Jean ; 16.7-14

[17] Rapporté par el Bukhârî en suspens. Voir Fath el Bârî (225/1).

[18] Rapporté par Muslim (5).

[19] La répudiation ; 12

[20] Rapporté par ibn Jarîr dans Jâmi’ el Bayân 153/27.

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