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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:33

Ibn Taïmiya

répond à Benoît XVI

(Partie III)

 

Certaines personnes sensées assument qu’il est possible de se représenter le crédo de la plupart des confessions à l’exception de celui des chrétiens ; ceux qui l’ont composé ne se rendaient pas compte de ce qu’ils disaient car ils parlaient avec ignorance et ils ont établi des concepts complètement contradictoires. D’où la parole de certain disant que si dix chrétiens se réunissaient pour polémiquer, ils en sortiraient avec une onzième tendance. Selon un certain autre, si tu interrogerais simplement un chrétien, avec sa femme, et son fils sur leur croyance, ils auraient tous les trois une opinion différente. (Ibn Taïmiya El Jawâb e-Sahîh (3/299).     

 

Le Pape et la Raison : « L’affirmation décisive poursuit Benoit, de cette argumentation contre la conversion par la force dit : « Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu » (6). L’éditeur du texte, Théodore Khoury, commente à ce sujet: « Pour l’empereur, byzantin nourri de philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, au contraire, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle qui consiste à être raisonnable ». Khoury cite à ce propos un travail du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui note que Ibn Hazm va jusqu’à expliquer que Dieu n’est pas même tenu par sa propre parole et que rien ne l’oblige à nous révéler la vérité. Si tel était son vouloir, l’homme devrait être idolâtre. »

 

Sous la rubrique « le Pape et la Raison »,[1] il incombe, dans la continuité du discours précédent, de parler de la transcendance divine. Dans un premier temps, Sheïkh el Islam ibn Taïmiya traite exclusivement de la nature de Dieu, mais nous aurons l’occasion par la suite de parler plus en détail in Shâ Allah de la Volonté divine qui occupe la deuxième partie du raisonnement du « Saint Pontife ».

 

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a dit : La religion musulmane repose sur le principe qu’il faut décrire Allah comme Lui-même s’est décrit dans Son Livre ou comme Ses messagers l’ont décrit sans altérer le sens de Ses Noms et Attributs ou les renier, ni chercher non plus à savoir comment ou à les assimiler. Les musulmans attribuent au Seigneur (I) ce qu’Il s’est attribué à Lui-même, et ils Lui refusent ce qu’Il se refuse à Lui-même.  

 

En cela, ils se conforment aux paroles des prophètes et ils s’interdisent tout discours qui serait contraire aux-leurs. Les prophètes ont décrit le Très-Haut avec des Attributs parfaits et ils l’ont « purifié » de tout défaut ou de tout Attribut qui n’exprime pas la perfection. Dans le domaine de ce qu’ils lui attribuent (attributs positifs), ils s’expriment avec détails mais ils évitent de faire toute ressemblance ; s’ils lui reconnaissent certaines caractéristiques en détail, ils restent concis concernant celles qu’ils Lui renient (dans le domaine des attributs négatifs). Quiconque renie les Attributs qu’Il se reconnaît à Lui-même est un négateur (Mu’attil), et quiconque cherche à le faire ressembler à Ses créatures est un assimilateur[2] (Mummaththil). Le négateur adore le néant tandis que l'assimilateur adore une idole. Ainsi, (Rien ne lui ressemble) va à l’encontre des Mummaththil et (mais Il est Entendant et Voyant) va à l’encontre des négateurs. Par exemple, les prophètes ont dit qu’Allah était Vivant et ils l’ont « purifié » de la mort, ils disent qu’Il est Savant et ils le purifient en même temps de l’ignorance, etc. Ces règles concernent aussi bien le Coran et la Sunna que la Thora et la prophétie en général. Celles-ci font l’unanimité des prophètes et concernent aussi bien les musulmans que les « gens du Livre ».

Ainsi, le « symbole » des chrétiens, n’est pas conforme au discours de Jésus ni à celui des prophètes en général ; ces derniers ont plutôt innové un crédo qui ne figure pas dans la Révélation. Ni le Messie ni aucun autre prophète n’a jamais attribué aucune hypostase à Dieu qui serait au nombre de trois ou plus. Les prophètes n’ont jamais avancé qu’Allah avait trois Attributs et ils n’ont jamais donné le nom de « fils » ou de « père » au moindre de Ses Attributs ; ils n’ont jamais affirmé que la Vie du Seigneur pouvait s’appeler l’ « Esprit » ou que Dieu avait un fils ;  il n’a jamais été question dans leur discours d’un « Vrai Dieu » venu d’un « Vrai Dieu » d’une même substance que le Père, qui serait créateur au même titre que le créateur, etc.

 

Leur symbole proclame en effet : « Nous croyons en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes choses visibles et invisibles. » jusqu’ici ils ont raison, mais le pire est à venir : « Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu venu de Dieu, engendré et non créé, d’une même substance que le Père et par qui tout a été fait ; qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s’est incarné par le Saint-Esprit dans la vierge Marie et a été fait homme. Il a été crucifié sous Ponce Pilate, il a souffert et il a été mis au tombeau. Il est ressuscité des morts le troisième jour, conformément aux écritures : il est monté aux cieux où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Nous croyons en l’Esprit-Saint, qui règne et donne la vie, qui procède du Père (par le Fils), qui a parlé par les prophètes. » Il n’est pas question dans les Écritures Saintes que Dieu serait à la fois le Père, le fils et le Saint-Esprit qui aurait tout autant que le fils des pouvoirs divins, ni d’hypostase (terme qu’ils ont emprunté aux romains) du nom de Jésus ou du Saint-Esprit. Le Seigneur n’a pas non plus engendré l’un de Ses Attributs qui serait à la fois engendré et prééternel, et Il ne s’est pas incarné en la personne d’un être humain.

 

Certains évêques ont innovés un crédo qui s’oppose tant aux Textes Sacrés qu’à la raison saine. C’est pourquoi, ils pourront vainement dire le Jour de la Résurrection : (Si nous avions écouté et réfléchi, nous ne serions pas parmi les gens du Feu).[3] Ils se réfèrent tout au plus à l’Évangile de Mathieu qui est le seul a rapporté les paroles suivantes du Christ : « Baptisez les hommes au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. »[4] Si Jésus est vraiment l’auteur de ces paroles, leur sens n’a rien à voir avec celui que les chrétiens veulent lui donner. Le fils prend ici le sens d’élu et de bien-aimé parmi les humains de la même façon que certains autres versets utilisent le même terme en parlant de Jacob ou des apôtres. Quant au Saint-Esprit, il s’agit de l’Ange Gabriel ou du « souffle » qu’Allah insuffle à Ses Prophètes en vue de les guider et de les seconder comme celui qui est descendu sur David,[5] les Apôtres, ou encore sur les « saints ». Dans ce cas, si le Fils et le Saint-Esprit étaient des Attributs, cela reviendrait à dire que Dieu se serait incarné dans certaines créatures comme Il l’aurait fait pour Jésus. En outre, la Thora proclame que les tribus d’Israël sont les enfants et les aînés de Dieu,[6] et elle dit la même chose pour David.[7] Jésus lui-même déclare au sujet des apôtres : « je monte vers mon Père qui est votre Père et mon Dieu qui est votre Dieu. »[8] Il leur a ordonné de dire également au cours de leur prière : « Notre Père qui es aux cieux. »[9] Cela signifie-t-il pour autant que les prophètes, les apôtres, les enfants d’Israël et les « saints » soient des idoles ?

  

Qu’ils le veuillent ou non les chrétiens reconnaissent trois divinités. Il suffit de se représenter la trinité pour constater qu’elle est complètement aberrante sans avoir recours à aucun argument pour la réfuter tant celle-ci est contraire à la raison. Est-il la peine de prouver que un ne fait pas trois et inversement ? Les opposés ne peuvent rationnellement se réunir, c’est comme vouloir prouver qu’une chose est à la fois existante et inexistante, ce qui est impossible. S’ils s’étaient contentés de dire que Dieu a plusieurs Attributs, la plupart des tendances musulmanes le leur auraient accordé, bien qu’il reste le problème de les restreindre à trois. Dans l’hypothèse même où la Trinité serait rationnellement possible, ils n’auraient pas le droit d’y adhérer en se référant à un Texte ambiguë au dépend des multiples autres Textes qui eux sont formels au sujet de l’Unicité. Par contre, s’ils établissent la divinité de Jésus sous prétexte que certains passages de l’Évangile le surnomment dieu ou en raison des miracles dont il fut l’auteur, il n’est pas en cela différent de Moïse que la Thora désigne comme le dieu de Aaron et de Pharaon et qui fit des miracles bien plus grandioses que ceux de leur prétendu dieu.

 

Par ailleurs, leur crédo les fait sombrer dans des difficultés imparables comme pour la question d’engendrer une chose qui provient automatiquement de deux entités distinctes. Venant d’une seule entité, il n’est pas question d’engendrement et il est encore moins pertinent d’avancer que Dieu a engendré l’un de Ses Attributs dans l’hypothèse où Jésus compterait parmi Ses Attributs, surtout en ce qui concerne les Attributs « intrinsèques » comme la Vie et le Savoir ; cela consisterait à dire par exemple qu’Il aurait engendré Son Savoir ou Sa vie ; ce qui n’a aucun sens pour toute personne sensée affiliée à n’importe quelle confession.

 

Il serait insensé de dire par exemple que le ciel engendre ses dimensions ou sa couleur, que le soleil engendre sa chaleur, que le feu engendre sa lueur, etc. bien qu’il soit possible de dire que le soleil engendre les rayons qui reflètent sur la terre étant donné que ces derniers proviennent de deux origines différentes. Aucune langue du monde, aucune religion céleste, et aucune raison n’utilisent le terme engendrer pour désigner une chose qui résulte d’elle-même. Pour sortir de cette impasse, ils ne leur reste qu’à dire que Marie est la compagne de Dieu ; certains extrémistes l’ont d’ailleurs fait et sont même allés plus loin en lui concédant la divinité et en l’appelant « Mère de Dieu ! »

 

C’est pourquoi, les sectes chrétiennes se maudissent les unes les autres ; les adeptes du symbole maudissent les ariens qui à leur tour les maudissent, et les trois tendances et autres qui adhèrent aux symboles se maudissent les unes les autres. Les Melkites et les Jacobins maudissent ceux qui prétendent que Marie n’a pas engendré dieu ; ils prétendent qu’elle a engendré à la fois une nature humaine et une nature divine. Au même moment, ces mêmes Melkites s’associent aux Nestoriens pour maudire ceux qui allèguent que cette fusion formerait une seule substance, aurait une seule nature et serait dotée d’une volonté unique.

En fait, les chrétiens et les égarés en général dont font parties les sectes juives et musulmanes, inventent un vocabulaire auquel ils font correspondre leurs textes pour lui donner plus de crédit quitte à leur donner les interprétations les plus invraisemblables. Les trois confessions reconnaissent que leurs textes respectifs ont été falsifiés au niveau du sens et, concernant la religion juive et chrétienne certains passages furent falsifiés dans les termes, bien qu’ils soient peu nombreux certes en regard de la quantité des textes qui furent conservés.

 

C’est comme pour le « Logos » qui est une « substance » autonome ; ni ce terme ni d’ailleurs celui de substance ne fait partie du vocabulaire des prophètes. Ils entrent plutôt dans le registre des philosophes à l’instar d’Aristote qui était un païen parmi les adorateurs des idoles. Les grecs avaient une mauvaise connaissance du Seigneur ; ils ne pensaient pas qu’Il était le Créateur des cieux et de la terre et qu’Il était Savant et Capable de toute chose. Adorateurs des astres du monde supérieurs, des idoles du monde inférieur, et des démons, ils se sont réellement soumis à Dieu qu’avec l’avènement du Christ, plus de trois cent ans après la mort du macédonien Alexandre le Grand que les ignorants confondent à tord à Dhû el Qurnaïn, et qui eu Aristote comme conseiller politique. Les écrits des chrétiens affirment que Paul se rendit à Athènes, la capitale de la philosophie, où il trouva sur l’autel d’un monument sacré l’inscription : au dieu inconnu qui serait en fait, le Créateur des cieux et de la terre.[10]

 

Les nazaréens ont fabriqué une religion à partir de deux origines différentes : le monothéisme prophétique et le paganisme grec auquel ils empruntèrent certaines idées et certaines pratiques.[11] Ils leur ont emprunté le terme d’hypostase et les images gravées ont remplacées les images sculptées ; la prière en direction du soleil, de la lune et des astres au lieu de prier en l’honneur des astres ; le jeûne au printemps afin de concorder entre la religion et la nature, etc. Les « intellects » ou « l’être » à la base de la théorie des péripatéticiens n’ont aucune réalité dans le langage des prophètes et de leurs adeptes. Les adeptes d’Aristote ne reconnaissent ni les anges ni les démons. Leur discours porte sur les « corps naturels » mais très peu initié à la théologie, ils commettent dans ce domaine des erreurs énormes. D’ailleurs les théories les plus aberrantes d’Aristote furent réfutées par certains de ses successeurs à l’exemple de Thâbit ibn Qurra. En fait, ils sont plus branchés sur les sciences de la nature et des mathématiques. La métaphysique, nom qu’ils donnent pour définir le domaine du divin, se trouve au summum  (ou à la limite ndt.) de leur philosophie.

 

Les chrétiens admirent les philosophes et les adeptes de la logique, en pensant qu’en lisant leurs ouvrages, ils sont à même de percer les mystères qui touche au Divin. Ils trahissent ainsi une grande ignorance de la Révélation et de la raison pure. Ni le Messie ni ses adeptes à l’exemple des apôtres n’ont éprouvé une quelconque admiration pour ces penseurs ; ils ne se sont jamais inspirés d’eux et ils se sont encore moins tournés vers eux. Ils les considéraient plutôt comme les chefs des ténèbres et de la mécréance. Cela est aussi valable pour Moïse, Mohammed, et les prophètes en général et leurs adeptes. Concernant la raison, comment peuvent-ils encenser les individus les plus ignorants qui soit dans le domaine de la théologie. Ils étaient certes ingénieux dans des domaines tels que les mathématiques, les sciences naturelles, la géométrie, et à un niveau moindre en astronomie ; ils maitrisaient également les sciences de l’éthique, des mœurs, et de la politique urbaine et domestique, qui fait partie de l’héritage de la prophétie. Même après avoir été falsifiées et abrogées, les adeptes de la religion juive et chrétienne sont beaucoup plus évolués qu’eux dans le domaine de la théologie, des mœurs, et de la politique, avant de l’être dans les autres domaines. L’erreur des platoniciens, c’est qu’ils fondent leurs jugements théologiques sur des concepts théoriques et restent dans le monde des idées sans tenir compte de la réalité des choses et des lois naturelles, ce qui les poussent à des erreurs monumentales dans leur conception du Divin.[12]

 

Or, il est notoire que les successeurs des philosophes qui sont affiliés à l’Islam, à l’instar d’el Fârâbî, ibn Sînâ (Avicenne), ibn Rushd (Averroès) qui en est devenu le maître incontesté, ont une meilleure maîtrise de leur savoir que les chrétiens. Les livres que les musulmans ont hérités des grands philosophes dans les domaines de la médecine, la logique, etc. ont été remanié par les philosophes musulmans, qui ont réussi à dépasser le savoir des anciens dans ces matières. Les juifs et les chrétiens reposent leurs connaissances sur ces nouveaux philosophes alors que ces derniers sont considérés par les savants musulmans, comme les plus ignorants et les plus égarés qui soient en matière de théologie. Que dire alors de leurs pères spirituels qui font l’admiration des juifs et des chrétiens ! Les grecs eux-mêmes sont revenus au bon chemin quand ils ont embrassé la religion chrétienne à l’époque où elle ne fut pas encore falsifiée ni abrogée.

 

Quiconque s’imagine que le discours des prophètes s’accorde avec celui des grecs fait preuve d’une grande ignorance dans les domaines de la prophétie et de la philosophie. Le patrimoine philosophe a plutôt pris pied dans les milieux des « penseurs libres » affiliés aux trois grandes religions, comme chez les musulmans les auteurs des lettres Ikwân e-Safâ, et les Mulhidûn du même genre qui sont soit affiliés au shiisme soit affiliés au soufisme,[13] comme ibn ‘Arabî, ibn Sib’în, et d’autres. [14]

 

 

Traduit et compilé par :



[1] Que nous aurions pu aussi bien appeler « à la charge ! » étant donné que l’Islam n’est pas dans une position défensive face à ses adversaires qui devrait plutôt surveiller leurs arrières car il est pour le moins ridicule de jeter la pierre sur la maison du voisin, quand la nôtre est faite en verre.

[2] Certains orientalistes traduisent Mumaththil par anthropomorphiste qui signifie d’attribuer une forme humaine ou ce qui est caractéristique à l’être humain au Créateur. En cela, il ne prend pas le terme Mumaththil dans toute son essence qui englobe de faire la ressemblance avec des créatures vivantes ou inertes, autre que les humains.

[3] Le royaume ; 10

[4] Mathieu; 28.19

[5] Les Psaumes ; 51-12, 14

[6] L’exode ; 4-22

[7] Les Psaumes ; 2

[8] Jean ; 20-17

[9] Mathieu ; 6-9

[10] Voir Les actes des Apôtres ; 17-23, 25

[11] Dans sa préface de l'histoire du christianisme Ed­ward Gibbon écrit : «S'il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n'en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme. L'église de Rome a remplacé le déisme pur des premiers chrétiens, par l'incompréhensible dogme de la Trinité. Pareillement, de nombreuses doctrines païennes inventées par les Egyptiens et idéalisées par Platon ont été adoptées parce que considérées comme digne de foi

[12] Dans son article paru en anglais, Les musulmans et les grandes écoles philosophiques (en 1927), Sulaïmân e-Nadawî avance que les travaux des deux philosophes anglais John Mill et David Hum aboutissent aux mêmes conclusions que Sheïkh el Islam ibn Taïmiya dans sa réfutation de la logique aristotélicienne ; il ouvre ainsi la porte à un superbe sujet de recherche.

[13] Un orientaliste anglais du 19ème siècle estime que pour corrompre les musulmans, il faut propager dans leurs rangs l’une de ces deux doctrines : le soufisme ou le shiisme.

[14] Extrait d’El Jawâb e-Sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya (voir 4/405- 501 et 5/5-56 avec certaines modifications).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Autres religions
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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:28

Ibn Taïmiya

(m. 728/1328)

Répond à Benoît XVI

(Partie II)

 

J’ai complété d’Issa la lumière imparfaite.
Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur.
Le soleil a toujours l’aube pour précurseur.

(Victor Hugo).

 

…quand l’hôpital se moque de la charité : Le successeur de Jean-Paul II poursuit : « Sans entrer dans des détails comme le traitement différent des « détenteurs d’Écritures » et des « infidèles », il s’adresse à son interlocuteur d’une manière étonnamment abrupte – abrupte au point d’être pour nous inacceptable –, qui nous surprend et pose tout simplement la question centrale du rapport entre religion et violence en général. Il dit : « Montre moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l’inhumain comme ceci, qu’il a prescrit de répandre par l’épée la foi qu’il prêchait » (3). Après s’être prononcé de manière si peu amène, l’empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison. Elle est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l’âme. « Dieu ne prend pas plaisir au sang, dit-il, et ne pas agir selon la raison (‘σύν λόγω’) est contraire à la nature de Dieu. La foi est fruit de l’âme, non pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu’un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste et non pas de recourir à la violence et à la menace… Pour convaincre une âme douée de raison, on n’a pas besoin de son bras, ni d’objets pour frapper, ni d’aucun autre moyen qui menace quelqu’un de mort… » (4) »

 

Le Pape soulève ici diverses questions qui s’entremêlent les unes aux autres et sur lesquelles une mini introduction s’impose bien que notre premier article ait répondu à certaines d’entre elles ; son discours est riche car les mots qui émanent d’un érudit, ne s’y enchaînent pas par le simple fruit du hasard et il est par la même très intéressant pour un observateur, de se décarcasser quelque peu afin de remettre les pendules à l’heure. C’est pourquoi, il convient de sectionner les idées qui y sont exposées, pour mieux les décortiquer.

Le premier constat que l’on peut faire, c’est que son discours joue sur les sentiments et enrobe les réalités par des artifices pour le moins émotifs, qui ne résistent pas malgré tout à la critique. En outre, il est très délicat de fustiger ce genre de discours, -en sachant qu’un immense amalgame est fait au sujet de l’Islam dans l’esprit de certains spécialistes[1] avant de l’être dans celui du « vulgaire » - si ce n’est en l’opposant à un discours rationnel et objectif à la lumière du savoir qui domine de sa lueur, les ténèbres de la passion. Il nous faudrait donc plusieurs articles pour traiter des différentes questions dont ce discours fait notion. Le premier point sur lequel porte la réfutation d’ibn Taïmiya[2] consiste à montrer ce que Mohammed a apporté de nouveau à l’humanité et s’il est vrai qu’on y trouvera que du mauvais et de l’inhumain comme ceci, qu’il a prescrit de répandre par l’épée la foi qu’il prêchait.[3] Faisons donc un tour dans l’Histoire des hommes pour mieux comprendre, à travers une longue analyse, qu’elle fut l’évolution de la religion d’Abraham, et quelle part celle-ci a-t-elle eu dans le « choc des civilisations » :

 

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a dit : nous pouvons répondre à cela en plusieurs points :

Premièrement : il existe trois sortes de Loi céleste : une loi basée sur l’excellence, une loi basée sur la justice, et une loi qui réunit à la fois l’excellence et la justice dans le sens où elle ordonne la justice et recommande l’excellence (à un niveau moindre). En ce sens, le Coran offre la Loi la plus complète possible car il réunit entre la justice et l’excellence. Nous ne contestons pas que Moïse (u) ait pu ordonner la justice et recommander l’excellence comme le Messie également ait pu le faire. Quant à prétendre que Jésus ordonnait l’excellence et qu’il interdisait à l’opprimé de se faire justice ou que Mûsâ ne prônait pas la charité, c’est se méprendre au sujet des différentes missions prophétiques. Nous pouvons avancer par contre que la Thora est essentiellement basée sur la justice à l’inverse de l’Évangile qui axe son message sur l’excellence. Le Coran pour sa part a la particularité de proposer une harmonie parfaite entre ces deux notions (ou encore de les utiliser à leur paroxysme ndt.)

Le Coran mentionne que les « bienheureux » seront les occupants du Paradis ; les alliés de Dieu se partagent en deux catégories : il y a les « vertueux modérés » et les « élus devanciers ». Le premier degré s’obtient en s’imposant la justice qui consiste à observer les obligations et à s’éloigner des interdictions divines. Le plus haut degré cependant s’obtient uniquement par l’excellence ; cela consiste à non seulement observer les obligations mais aussi les œuvres recommandées ; en parallèle, il faut s’éloigner des interdictions mais aussi des œuvres déconseillées. La religion musulmane est donc parfaite car elle associe l’excellence et la justice. Par exemple, le Seigneur (I) révèle : (Si vous devez punir, faites subir la même chose que l’on vous a fait subir…), comme le réclame la justice, et quiconque ne s’y conforme pas s’expose à une sanction sur terre et dans l’autre monde : (…mais si vous voulez patienter, cela vaut mieux d’être patients).[4] C’est faire preuve d’excellence qui est simplement recommandé dans le sens où un tel individu sera récompensé par le Très-Haut pour son attitude et il pourra ainsi gravir les échelons de la piété, mais s’il choisit de se venger il n’aura aucun grief à son encontre. En outre, Allah interdit l’injustice et commande la justice dans toute chose ; vers la fin de la Surate La vache, Il traite des différents comportements envers l’argent. Il y a en effet, les bienfaiteurs qui font l’aumône, les justes à un niveau moindre qui sont équitables dans leurs transactions commerciales, et les injustes qui pratiquent l’usure.

 

Deuxièmement : il existe deux tendances bien connues concernant les Commandements du Seigneur (les Obligations et les interdictions). L’une assume qu’ils reviennent à la simple Volonté divine sans que celle-ci coïncident forcément avec l’intérêt des créatures. Il est possible toutefois qu’elle réponde dans la réalité à un certain intérêt.[5]

L’autre opinion, qui est conforme à celle de la majorité des savants affirme qu’Allah a envoyé les Messagers aux hommes en vue de satisfaire leur intérêts (présents et futurs) si ces derniers se soumettent à leur appel, comme le spécifie le Verset suivant : (Nous ne t’avons envoyé si ce n’est par miséricorde envers l’humanité).[6] Le Très-Haut a dit également : (Si une bonne voie vous vient de Moi… quiconque suit Ma voie ne pourra être malheureux ni s’égarer • Mais quiconque se détourne de Mon Rappel, il aura une vie malheureuse et Nous le ferons ressusciter aveugle le Jour de la Résurrection • Seigneur ! dira-t-il, pourquoi m’as-Tu ressuscité aveugle alors que j’étais voyant (sur terre) • Il dira : C’est ainsi que Mes Signes te sont parvenus mais tu les as négligé ; De la même façon alors, Nous te négligeons aujourd’hui).[7]

 

Si l’on s’en tient à la première tendance, l’envoi des prophètes aux hommes ne répond à aucune sagesse divine, mais en regard de la deuxième tendance, l’avènement de Mohammed (r) a été beaucoup plus bénéfique aux hommes que celui de Mûsâ ou du Christ. Il a rapporté beaucoup plus d’avantages qui reviennent en bien aux hommes ici-bas et dans l’au-delà que ces deux prophètes ont pu le faire envers leur communauté respective, tant au niveau de l’Ordre divin (Loi textuelle ndt.) qu’au niveau matériel (la création). Sa religion propose une meilleure voie (au niveau du savoir ndt.) et une pratique (Dîn el Haqq) plus complète (au niveau des actes ndt.). En outre, Allah a fait soumettre un plus grand nombre d’hommes à sa religion. Ainsi, sa religion a plus de mérite à deux niveaux : au niveau qualitatif car sa religion est meilleure et au niveau quantitatif car un plus grand nombre d’adeptes y adhère et qui plus est de la meilleure façon. La Loi de Moïse concernait exclusivement les juifs mais ces derniers ont fait preuve d’une grande rébellion tant au cours de sa vie qu’après sa mort, comme cela ne peut échapper à personne.

 

Or, la Loi de la Thora n’est pas aussi parfaite que celle du Coran. Le Coran parle de la Résurrection en détail et il établit par la preuve qu’elle aura effectivement lieu. Contrairement à la Thora, il fait une description précise de l’Enfer et du Paradis ; il relate les histoires de Hûd, Sâlih, Shu’aïb, et bien d’autres prophètes qui ne sont pas cité dans la Thora ; il traite des Noms et des Attributs divins, de la description des anges en mettant en lumière leurs différentes catégories, et de la création des génies et des hommes comme l’ « Ancien Testament » ne l’a pas fait de façon aussi détaillée ; il établi l’Unicité[8] divine avec toutes les sortes de preuve possibles, il évoque les différentes confessions répandues sur terre comme la Thora ne l’a pas fait ; il polémique avec les opposants aux prophètes et avance les preuves venant établir les fondements de la religion alors que la Thora n’en a pas fait autant.

 

Pourtant, aucun Livre révélé ne propose une meilleure voie que celle du Coran et de la Thora ; le Coran autorise les bonnes choses et interdit les mauvaises choses contrairement à la Thora qui interdit à ses adeptes bon nombre de choses qui leur étaient pures, par punition envers leurs mauvais agissements. Le Coran prescrit de recevoir le prix du sang contrairement à la Thora et en libérant ses adeptes des chaînes et des contraintes qui furent légiférées dans la Tawrât, il démontre qu’Allah les fait jouir de plus grands bienfaits.

 

L’Injîl pour sa part ne détient pas une Législation autonome, il n’y est pas question des notions de l’Unicité, de la création du monde, ou encore des aventures des prophètes avec leurs différents peuples. Il se contente pour ses notions-là de renvoyer la plupart du temps à la Thora. Néanmoins, le Messie a proscrit certaines interdictions de l’Ancien Testament et prône notamment la vertu, la clémence vis-à-vis de l’injuste, d’endurer le mal des autres, l’abstinence dans ce bas monde ; et il a ramené certaines paraboles pour expliquer ces notions. Le nouveau testament se distingue en gros de la Thora à travers les vertus qu’il encourage, l’ascétisme qu’il recommande, et certaines proscriptions des interdictions dont étaient frappés les adeptes du Livre avant lui.

Cependant, le Coran n’a rien à lui envier de ce côté-là ; il est même plus enrichissant. Il n’y a pas un savoir utile ni une œuvre pieuse que la Thora, l’Évangile ou la prophétie en général propose sans qu’il n’en fasse autant voir mieux. Celui-ci se distingue toutefois par des enseignements qui sont inexistants dans les livres anciens.

 

Or, les chrétiens ne suivent en fait ni le nouveau ni l’ancien testament car ils ont innové une religion qui ne s’accorde avec les enseignements d’aucun prophète. Ils ont composé le « symbole » à l’Empereur Constantin, et quarante ouvrages qui traitent du droit canoniques, et certains enseignements prophétiques. La plupart des textes qu’ils composèrent s’opposent à la prophétie, et sur de nombreux points les chrétiens sont revenus au crédo des religions païennes qui ont la particularité d’adorer des divinités en parallèle à Dieu et de démentir la révélation. La religion chrétienne entachée par le paganisme a transformé le monothéisme et la Loi de l’Évangile. C’est pourquoi, il règne une confusion énorme dans l’esprit de la plupart de ses adeptes au sujet de la provenance de leurs sources. Ils ne font même pas la différence entre les éléments de la Thora que le Messie a abrogés et ceux qu’il a entérinés, avant de pouvoir la faire avec les lois qu’ils ont inventées.

 

Jésus ne leur a jamais prescrit d’encenser des images qu’ils auraient façonnées et encore moins d’invoquer les personnages qu’elles représentent. Aucun prophète avant lui n’a prévu pour ses adeptes une chose pareille. Il n’a jamais été question dans la Loi d’un prophète d’invoquer les anges et de solliciter leur intercession et encore moins de vouer le culte aux tombeaux des saints et des prophètes avant de pouvoir le faire à leur statut, ce qui est le principe même du paganisme (association) contre lequel les messagers ont mis leurs peuples en garde.[9] Ces pratiques sont à l’origine du paganisme ayant corrompu les générations qui vivaient entre Adam (u) et Nûh (u). Allah (I) révèle en effet au sujet du peuple de Noé : (Ne délaissez pas vos divinités, ne délaissez pas Wadd, Suwâ’, Yaghûth, Ya’ûq, et Nasra • Ils en ont égaré énormément).[10] Bon nombre d’exégètes dont notamment ibn ‘Abbâs affirment que ces idoles étaient des membres vertueux du peuple du premier messager venu aux hommes. Après leur mort, leurs descendants ont encensés leurs tombes et ils leur ont façonnés des images avant de les adorer. ‘Îsâ lui-même et les savants chrétiens après lui n’ont pas manqué de rappeler cette réalité.

 

Le Messie (u) n’a ordonné à personne de l’adorer et il n’a jamais revendiqué qu’il était Dieu et il n’a jamais prescrit la trinité et l’incarnation que les chrétiens ont innovés. Il n’a jamais dit qu’il avait proscrit toutes les interdictions qu’Allah a défendu aux juifs dans la Thora et qu’il autorisait ainsi de consommer de la nourriture impure comme le porc ou autre. Les chrétiens se sont ainsi autorisés de manger de la viande impure et ils ont transformé la Thora et l’Évangile. Le Messie n’a jamais prescrit de prier en direction de l’Orient ni d’encenser la croix ou encore de ne plus se circoncire, de se consacrer à la vie monacale ou de se vouer aux enseignements qu’ils ont innovés après son ascension.

Ainsi, étant donné que la religion chrétienne avait atteint ce degré de corruption, certains lettrés à l’instar d’Abû ‘Abd Allah e-Râzî en ont conclu la chose suivante : « Seule une portion infime des chrétiens qui se trouvait avant l’avènement de Mohammed (r) ont vraiment profité de la religion du Christ. La religion que la plupart des chrétiens connaissaient n’avait aucun lieu avec Jésus. » Pour mieux comprendre cela, nous disons :

 

Troisièmement : supposons que les deux religions du Livre permettent de se passer de la dernière Loi révélée aux hommes, cela serait possible dans la mesure où les deux lois en questions serait bien gardées et bien respectées. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Ils ont perdu la trace de bon nombre de leurs enseignements respectifs. Les « gens du livre » se sont déjà énormément divisés sur la personne même du Messie et autre comme le souligne le Verset suivant : (Parmi ceux qui disent : « Nous sommes chrétiens », Nous avons pris leur alliance mais ils ont négligés (ou oubliés) une partie de ce qui leur a été rappelé. Nous avons alors suscité entre eux la haine et l’animosité jusqu’au jour de la Résurrection ; Allah leur rappellera bientôt ce qu’ils faisaient).[11] Cela, en sachant qu’Allah a dit : (Les hommes étaient une seule communauté)avant de se diviser, (Allah envoya ensuite des prophètes annonciateurs et avertisseur, et Il a fait descendre avec eux le Livre en toute vérité afin de trancher entre les hommes sur leur divergences…).[12] À l’époque où Allah envoya Mohammed (r), plus personne ne mettait en évidence la prophétie révélée avant lui. Son avènement a eu lieu après une période d’intervalle (fatra) sans prophète.

 

D’après Sahîh Muslim en effet, selon ‘Iyâdh ibn Himâr, le Messager d’Allah (r) a déclaré : « Allah a contemplé les occupants de la terre et les a alors exécré –les arabes et les non arabes – à l’exception des derniers adeptes du Livre. »[13] À cette période, il y avait soit les illettrés païens et adorateurs des idoles soit les détenteurs de l’écriture qui avaient falsifié ses lois et changé son interprétation de sorte qu’il n’était plus possible d’y distinguer le vrai du faux.[14] Le sceau des prophètes est venu avec un Livre qui confirme et qui a autorité sur les anciennes écritures : il permet désormais de distinguer entre le vrai qui s’y trouve et le faux, entre la lumière et les ténèbres.

Allah (I) révèle : (Ô gens du livre ! Notre Messager vous est venu pour vous dévoiler ce que vous cachiez et il se tait sur beaucoup de choses ; il vous est venu de la part d’Allah une lumière et un Livre clair • Il guide quiconque recherche Sa Satisfaction sur les sentiers du salut et il vous sort des ténèbres pour vous mener à la lumière par Sa Volonté, et il vous guide sur un chemin droit • Ceux qui ont dit : « Allah est le Messie fils de Mariam » sont devenu mécréants. Dis : Qui peut intervenir dans le royaume d’Allah s’Il décide de faire périr le Messie fils de Mariam, sa mère, et même tous les habitants de la terre. À Allah appartient le royaume des cieux et de la terre et ce qui se trouve entre eux ; Il crée ce qu’Il veut et Il est capable de toute chose) jusqu’à : (Ô gens du Livre ! Un Messager vous est venu pour vous montrer le chemin après un intervalle sans messager… Vous ne direz pas qu’aucun annonciateur ni avertisseur ne vous ai venu, il vous est plutôt venu un annonciateur et un avertisseur ; Allah est certes capable de toute chose).[15]

Quatrièmement : la Thora penche plus vers la rigueur et la dureté tandis que l’évangile penche plutôt vers la douceur et la tolérance. Le Coran pour sa part se trouve au juste milieu en réunissant ces deux qualités à la fois comme le formule le Verset : (Ainsi, Nous avons fait de vous une communauté médiane afin que vous soyez des témoins à l’encontre les hommes).[16] Le Seigneur décrit la communauté du Prophète (r) de la façon suivante : (Mohammed le Messager d’Allah et ceux qui le suivent sont durs envers les mécréants et charitables entre eux).[17] Il a dit également : (Allah viendra alors avec un peuple qu’Il aime et qui L’aiment ; humbles envers les croyants et fiers envers les infidèles).[18]

 

Ainsi, le Prophète de l’Islam (r) qui est le meilleur et le plus parfait d’entre tous était à la fois le Prophète de la Miséricorde mais aussi le Prophète de la guerre. En cela, il est plus parfait que celui qui inclinerait plus soit vers la dureté soit vers la douceur. Pour expliquer cette prépondérance et cette répartition des sentiments dont se distinguent chaque communauté, une certaine hypothèse assume que les juifs vivaient sous la domination et la persécution de Pharaon. Face à cet état d’esclavage et d’humiliation, il leur fut légiféré la colère afin de se défendre et pour les rendre plus courageux, mais ces derniers n’ont pas répondu à l’ordre de Moïse lorsqu’il leur ordonna d’entrer en terre de Canaan sous prétexte qu’elle était habité par des tyrans.[19] (…) Cependant, après qu’Allah leur ai offert le triomphe, le pouvoir fut emparé par des jeunes qui firent régner la tyrannie à la manière de Pharaon. La mission de ‘Îsâ offrait de nouvelles dispositions ; celle-ci fut basée essentiellement sur l’indulgence, la vertu, et la douceur pour remédier à l’esprit dur et tyrannique dont les juifs s’étaient investis.

 

Dès lors, les adeptes de la nouvelle religion étaient tellement doux qu’ils sombrèrent dans le laxisme ; ils ont ainsi renoncé à répandre la morale (ordonner le bien et interdire le mal), à la « Guerre Sainte », et ils ne voulaient même plus appliquer la justice entre eux et les peines corporelles. Les plus pieux d’entre eux se retiraient dans des monastères.

Pourtant, si les premiers chrétiens furent persécutés, quand ils eurent le pouvoir –à l’image du premier Empereur chrétiens qui imposa par le glaive la religion qui lui fut dictée au Concile de Nicée, [20] et fit massacrer ses opposants parmi les « gentils » en commençant par les juifs – leurs rois n’y allaient pas de main morte avec leurs sujets bien qu’ils n’appliquaient pas les Lois d’Allah. Ils faisaient impunément couler le sang des innocents que ce soit sous l’emprise de leurs savants et de leurs dévots ou bien selon leur propre caprice. En cela, ils n’étaient pas différents des juifs.[21] Par contre, Mohammed (r) propose une Législation parfaite et modérée qui ne sombre ni d’un côté ni de l’autre. Ses adeptes sont cependant durs envers les ennemis d’Allah et doux envers Ses élus. Ils sont cléments et indulgents pour ce qui les concerne mais ils sont intransigeants lorsqu’il s’agit des droits du Seigneur. Cette religion est plus prompt à la vertu et aux bonnes mœurs que l’Évangile mais elle est aussi plus prompt à la guerre sur le sentier d’Allah et à la justice que la Thora ; elle incarne le summum de la perfection. C’est ainsi que certains ont pu dire que Moïse incarnait la majesté, Jésus incarnait la beauté, et Mohammed incarne la perfection…

Les philosophes reconnaissent eux-mêmes que le monde n’a jamais connu un « génie » (Nâmûs : traduction très approximative) comme Mohammed. Ils lui reconnaissent même une prépondérance par rapport à Mûsâ (u) et à ‘Îsâ (u). Pourtant, ils ne manquent pas de dénigrer les grands hommes des autres civilisations, mais ils n’ont pas osé le faire pour le sceau des prophètes, si ce n’est quelques marginaux qui enfreignent le code de la philosophie qui impose de fonder les jugements sur la science et l’objectivité.[22]

 

Cinquièmement : avant l’avènement de la Thora, Allah frappait d’un châtiment par une Loi universelle, tous les peuples qui reniaient ses envoyés. Il a fait périr le peuple de Noé sous les eaux, le peuple de Hûd par un vent glacial, celui de Sâlih par un cri strident, le peuple de Shu’aïb par une canicule, et celui de Loth par une tempête de pierres (selon l’une des opinions ndt.), et celui de Pharaon par la noyade. Après la révélation de la Thora, il fut prescrit la « Guerre Sainte » pour les détenteurs du Livre ; si certains d’entre eux ont vaillamment répondu à cet appel, d’autres y ont renoncé. Ainsi, il y avait désormais deux moyens de répandre la lumière prophétique ; le savoir et la force…[23]

 

En cela, il n’y a rien de nouveau dans la mission de Mohammed, si ce n’est qu’il a apporté la plus parfaite et la plus répandue des religions qui restera universelle jusqu’à la fin des temps, et cela sans ne jamais subir ni réforme ni abrogation.

(À suivre…)

 

Traduit et compilé par :

Karim ZENTICI

   

 

 

 

 

    

 

         

 

 

 

    



[1] Il est possible de classer les orientalistes en deux catégories : il y a les orientalistes scrupuleux et les orientalistes partisans ; si les premiers sont moins dominés par les passions que par l’analyse scientifique comme un certain Henry Laoust, nous ne pouvons pas en dire autant des autres dont les objectifs sont plus que flagrants. Claude Gilliot pour ne citer que lui, avance des allégations si pernicieuses, que celles-ci dépassent les simples idées reçues. Peut-on d’ailleurs s’attendre à autre chose de la part d’un spécialiste acharné ?

[2] Celle-ci peut tout aussi correspondre au célèbre article à sensation paru dans le Figaro, écrit par le « philosophe » Robert Redecker qui parle pour Jésus (t) du Prophète de l’amour et pour Mohammed (r) du prophète de la haine. Sans vouloir donner des leçons au philosophe ni au prof de philo, nous lui rappelons que l’homme est un « animal politique », ce qui implique qu’il soit un « animal social » et par voie de conséquence, un « animal guerrier » dans sa lutte perpétuelle pour sa survie qui s’incarne dans ses deux sentiments les plus primitifs qui sont l’amour et la haine ; l’amour des plaisirs qu’il cherche à se procurer et la haine contre la douleur qu’il cherche sans cesse à repousser (voir : Traité de l’amour en Dieu d’ibn Taïmiya dont le texte est actuellement disponible en arabe).

[3] Nous ne voulons pas entrer dans une étude comparative entre les conquêtes musulmanes et les croisades ni parler du rôle que la religion chrétienne « universelle et impérialiste » à joué dans la traite des noirs par les européens –faut-il le rappeler –, l’extermination de la race indienne, les colonisations, et un antisémitisme latent dont le nazisme est l’une des expressions.

[4] Les abeilles ; 126

[5] Benoit XVI allègue à ce sujet juste après le passage que nous avons cité en introduction : « L’affirmation décisive de cette argumentation contre la conversion par la force dit : « Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu » (6). L’éditeur du texte, Théodore Khoury, commente à ce sujet: « Pour l’empereur, byzantin nourri de philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, au contraire, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle qui consiste à être raisonnable ». Khoury cite à ce propos un travail du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui note que Ibn Hazm va jusqu’à expliquer que Dieu n’est pas même tenu par sa propre parole et que rien ne l’oblige à nous révéler la vérité. Si tel était son vouloir, l’homme devrait être idolâtre. » Sheïkh el Islam se contente ici de réfuter succinctement (non d’un point de vue dogmatique) cette allégation, que nous allons traiter plus amplement in shâ Allah, dans un prochain article.

[6] Les prophètes ; 107

[7] Ta-Ha ; 123-126

[8] Le terme « Unicité » qui marque la spécificité  et l’exclusivité dans la Seigneurie et l’adoration est plus adéquat que celui d’ « Unité » utilisé par H. Laoust dans ses traductions d’ibn Taïmiya, et qui évoque l’union particulière (Hulûl) si chère aux partisans de l’incarnation comme chez les chrétiens et les soufis les plus modérés, et l’union générale ou l’indivisibilité (Ittihâd) si chère aux partisans du monisme et du panthéisme comme chez ibn ‘Arabî et ses coreligionnaires qui se rendent ainsi plus éloignés du principe de l’Unicité que les chrétiens eux-mêmes. 

[9] Malheureusement, certains milieux shiites et soufis notamment ont été contaminés par ses pratiques chrétiennes et païennes qui reposent sur le culte des saints.

[10] h ; 23, 24

[11] Le Repas Céleste ; 14

[12] La vache ; 213

[13] Rapporté par Muslim (4/2197).

[14] Dans un autre passage, l’auteur parle également des anciennes philosophies perse, hindoue, et grecque.

[15] Le Repas Céleste ; 15-19

[16] La vache ; 143

[17] La grande conquête ; 29

[18] Le Repas Céleste ; 54

[19] Voir : Le Repas Céleste ; 21-24

[20] L’histoire chrétienne est pavé de réforme qui l’éloigne à chaque fois un peu plus de la religion de Jésus ; c’est ainsi qu’elle a dû à ses débuts faire d’énormes concessions avec l’autorité romaine pour échapper à la percussion comme le souligne ibn Patrick, l’un des plus célèbres chroniqueurs chrétiens des premiers siècles. Le premier concile a eu pour résultat de faire adopter aux romains païens et nourris de philosophie, une religion mixte entre le paganisme et le monothéisme, en incarnant la divinité dans un corps mixte. A travers les siècles, ils ont toujours fait preuve de laxisme, lorsqu’il s’agissait de préserver leurs privilèges ou bien d’asseoir une plus grande autorité. Paradoxalement, cela ne les a pas empêché de mener des campagnes de persécution lorsqu’ils se sentaient suffisamment fort pour le faire. Le Pape Benoît XVI n’a certainement pas échappé à la règle lors de son discours à RATISBONNE ; il a voulu faire une démonstration rhétorique pour rappeler que l’Eglise était encore dans la course pour la grande Europe chrétienne ; il s’avait très bien qu’ici les concessions étaient uniquement d’ordre rhétorique car la religion chrétienne avait perdu son essence depuis longtemps… il s’est alors tourné vers la tête de turc favorite. Etait-ce un mauvais calcul ? L’histoire nous le dira…

[21] La question qui se pose d’elle-même, c’est de savoir lequel entre l’Empereur Manuel II et le Pape Benoît XVI se moque-t-il vraiment de la charité ?

[22] Il est concevable qu’un Pape soit motivé par l’ardeur religieuse mais un philosophe digne de ce nom, M. Redecker, peut-il par essence se laisser aveugler par le feu de la passion ou bien est-ce sa conscience qui lui en dicte le droit ? Vous devriez interrogez vos élèves sur la question !

[23] Extrait d’El Jawâb e-Sahîh li man baddala dîn el Masîh d’ibn Taïmiya (5/résumé des pages 58 à 113 avec certaines modifications).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Autres religions
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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:19

Ibn Taïmiya

(m. 728/1328)

Répond à Benoît XVI

 

… lorsque, dans notre relation tumultueuse avec l’Orient musulman, la tempête menace, ce ne sont pas les réflexes de l’appréhension et les raccourcis de l’ignorance qui doivent guider nos politiques mais bien les ressorts de la connaissance scientifique, qu’il faut plus que jamais prendre le temps de mobiliser. (François Burgat).

 

Rappelons les faits : au cours d’une conférence que le Pape Benoit XVI a donnée en Allemagne à l’université de Regensburg dans laquelle il a enseigné, ce dernier a fait la déclaration suivante –nous ne voulons pas entrer dans certaines considérations sur lesquelles portait son discours, alors nous irons droit au but – :

« L’empereur en arrive à parler du thème du jihad », « l’empereur savait certainement que dans la sourate II, 256, il est écrit pas de contrainte en matière de foi – c’est l’une des sourates primitives datant de l’époque où Muhammad lui-même était privé de pouvoir et se trouvait menacé. Mais l’empereur connaissait aussi les dispositions inscrites dans le Coran – d’une époque plus tardive – au sujet de la guerre sainte ».

 

En d’autres termes, le chef du « Saint Siège » estime que le Verset 256 de la Surate la vache est pré-hégirienne (autrement dit, elle remonterait à la période mecquoise), ère à laquelle le Jihâd n’était pas encore légiféré. Il sous-entend ainsi que l’Islam tolère en la personne de Muhammad (r) la présence des autres cultes pour des raisons de conjonctures, étant donné qu’il ne fut pas suffisamment puissant pour forcer aux hommes de se convertir par le glaive. S’il est vrai que les dispositions du Jihâd fut inscrites dans le Coran en plusieurs étapes et s’il est vrai également que le Législateur tient compte de certaines conjonctures afin que celui-ci soit en vigueur, il n’en demeure pas moins que la raison pour laquelle il fut légiféré est différente dans son essence, comme nous allons le démontrer, de celle avancée par le premier homme du Vatican. Voyons plutôt ce que Sheïkh el Islam ibn Taïmiya pense de ses propos à travers une réponse qui comme chacun a pu le constater, est anachronique :

 

 

La Surate la vache est médinoise dans son ensemble ; celle-ci comprend plus d’un Verset qui commande le Jihâd dont notamment : (Il vous a été prescrit la guerre). Comment oser dire dès lors que le Verset en question (le Verset 256 en l’occurrence ndt.) s’inscrit dans le temps bien avant l’institution de la guerre. Par ailleurs, le « contexte de la révélation du Verset » nous apprend que l’événement auquel il se rattache eut lieu après que la guerre fut prescrite. Les spécialistes relèvent quatre hypothèses concernant cet événement ; chacune confirme qu’il eut bien lieu avant l’ordre de combattre un ennemi quelconque. Ibn ‘Abbâs et d’autres exégètes nous en relatent la plus célèbre.

 

Selon ces derniers en effet, une femme parmi les Ansâr était stérile (Miqlât : qui ne garde pas ses enfants). Celle-ci fit le vœu si elle gardait un enfant vivant de le convertir à la religion juive, car contrairement aux païens, les juifs détenaient entre leurs mains un Livre Sacré. Ils étaient ainsi plus proches du savoir et de la religion que les arabes. Quand la tribu juive de Banû e-Nadhîr fut expulsée de Médine, il y avait dans leurs rangs certains enfants des Ansâr dont les pères se sont alors écriés : « Cher Messager d’Allah ! Nos enfants ! » Dès lors, le Verset en question fut révélé.[1]

 

Ne nous détrompons pas, le chef de l’Église catholique romaine est un érudit. Certaines nuances ne peuvent lui échapper. De deux choses l’une, soit le Pape est ignorant car qui ne dit mot consent, auquel cas nous lui rappelons les paroles du poète :

 

Toi, si tu ne le savais pas c’est déjà un malheur

 Mais tu le savais, alors c’est encore pire

 

Soit il détourne sciemment la vérité… mais revenons à notre propos : Sheïkh el Islam ibn Taïmiya démontre dans certains passages de ses divers ouvrages, que le Jihâd appelé « Guerre Sainte » par certains orientalistes n’a nullement pour vocation d’exterminer les non musulmans ou de les convertir par la force. Il souligne en effet :

 

Si l’essence de la guerre légitime s’incarne à travers le Jihâd, qui a pour ambition de rendre la religion entière au Seigneur et de rendre Sa parole la plus Haute, quiconque constitue une entrave à ce dessein doit être combattu à l’unanimité des musulmans.[2] Au début, le Prophète (r) a reçu l’ordre de combattre les mécréants avec la parole sans utiliser les mains. Il se concentrait sur le Prêche à travers le sermon et la polémique effectuée dans les limites de la bienséance. Son grand combat d’alors fut de fustiger ses adversaires à coups de Versets du Coran. Il ne devait pas cependant avoir recours aux armes étant donné que les musulmans se trouvaient dans une situation de faiblesse. Par la suite, il émigra à Médine où il trouva un soutient. Dès lors, il reçut le droit de se défendre. Puis, lorsque les musulmans devinrent une puissance, la guerre leur fut prescrite. Ils n’avaient pas le droit toutefois de s’attaquer à des tribus avec lesquelles ils étaient liés par des accords de paix ; ils ne pouvaient se permettre dès lors de combattre tout le monde. Après qu’Allah ait conquis la Mecque, que la guerre contre les Quraïshites qui étaient les rois des arabes pris fin, et que les délégations de la Péninsule se rendaient à Médine pour annoncer leur conversion, le Très-Haut donna l’Ordre à Son Prophète (r) de déclarer la guerre à tous les infidèles.[3]

 

Les Khalifes après lui en les personnes d’Abû Bakr et de ‘Omar, à la tête des Muhâjirîns (émigrés mecquois) et des Ansârs (auxiliaires médinois) encore vivants à leur époque, qui sont ses partisans les plus fidèles, les plus obéissants, et les plus respectueux envers ses engagements, ont ouvert un front contre les romains (byzantins ndt.) et un front contre les perses (sassanides ndt.). Leurs deux ennemis de l’époque étaient les « gens du Livre » et les mazdéens. Ils combattaient uniquement ceux qui les combattaient. Sinon, la Jiziya (le tribut) fut soumise à l’ennemi qui s’y résignait ; ils devaient la remettre en main propre en signe de soumission.[4] Quand ‘Omar ibn el Khattâb a conquis le Shâm, il prit de ses habitants la Jiziya qu’ils devaient remettre de main en main en guise de soumission. beaucoup d’entre eux dont Seul Allah (I) en connaît le nombre ont embrassé l’Islam. la plupart du commun des gens, des paysans, et autres étaient chrétiens.

 

Les musulmans ne savaient pas cultiver la terre et ils avaient une seule mosquée où se réunir à Damas tellement ils étaient peu nombreux. Par la suite, la plupart des habitants du Shâm et d’autres contrées se sont convertis de leur propre gré, non par la force ! il n’est pas permis en effet de soumettre par la force les Dhimmis à l’Islam comme le stipule le Verset : (nul contrainte en religion. Le droit chemin s’est distingué de l’égarement. Quiconque renie les Tâghût (Tyrans) et croit en Allah, il se sera attaché à un lien bien solide qui ne peut se dénouer • Allah est l’Allié des croyants, Il les sort des ténèbres pour les mener à la lumière. Quant aux mécréants, ils sont les alliés des Tâghût qui les sortent de la lumière pour les mener aux ténèbres ; ceux-là sont les habitants de l’Enfer dans lequel ils demeurent à jamais).[5]

 

Ainsi, selon le Verset suivant : (Combattez sur le sentier d’Allah ceux qui vous combattent mais ne transgressez pas les limites),[6] il n’est pas permis de s’en prendre à des innocents.[7] Parmi les limites à ne pas transgresser, il y a notamment le meurtre des femmes et des enfants, et de faire la guerre à des peuples qui ne prennent pas les armes.[8] La guerre fut légiférée en cas de nécessité dans le sens où si les hommes avaient cru aux Versets et aux preuves évidentes du Coran, il n’y aurait pas eu besoin d’en venir aux armes. Il incombe donc de manière absolue et principale de présenter aux hommes le message de l’Islam. Quant aux Jihâd, il est uniquement légiféré en cas de nécessité.[9] Si l’Islam considère comme un forme de corruption sur terre de s’attaquer gratuitement à la végétation et aux animaux, il est beaucoup plus scrupuleux concernant la vie humaine.[10]

 

Par conséquent, si Allah (I) autorise à prendre la vie de certains hommes, c’est dans le but de réformer l’humanité, comme le formule le Verset : (La tentation est pire que le meurtre).[11] Autrement dit, s’il est vrai que la guerre engendre le mal et le désordre, la tentation dont font preuve les mécréants constitue un plus grand mal et un plus grand désordre. C’est pourquoi, si quelqu’un ne cherche pas spécialement à empêcher aux musulmans d’établir la religion d’Allah sur terre, les méfaits de sa mécréance ne reviennent qu’à lui-même.[12] Ainsi, la condition de pouvoir combattre une personne, c’est qu’elle prenne les armes.[13] Il n’est pas permis de tuer un mécréant d’origine (contrairement à l’apostat) qui ne prend pas part au combat selon la plupart des savants à l’instar d’Abû Hanîfa, de Mâlik, et d’Ahmed.[14] Il ne faut pas tuer quiconque ne participe ni de près ni de loin aux hostilités tel que les femmes, les enfants, les moines, les aveugles, et les vieillards conformément à la tendance de la majorité des savants,[15] contrairement à ceux qui associent leur voix ou qui prêtent main forte aux combat à l’exemple de Hind et de certaines autres femmes qui ont connu un sort tragique lors de la prise de la Mecque.[16]

 

En principe, le sang humain est sacré ; il est interdit d’y toucher si ce n’est que pour une raison valable. Tuer une personne sous prétexte qu’elle est mécréante n’est pas un principe sur lequel s’entendent les différentes législations divines à travers les époques contrairement à la mise à mort pour meurtre que s’accordent à reconnaître la religion et la raison.[17] Le jour de la Conquête de la Mecque, le Prophète (r) a laissé en vie tous les combattants ennemis à l’exception de certains d’entre eux qu’il n’a pas épargnés et dont le crime ne pouvait rester impuni comme celui de ‘Abd Allah ibn Khatal. Ainsi, il ne tuait pas un ennemi simplement sous prétexte qu’il était mécréant ou qu’il était en guerre.[18]

 

Quant au Verset : (Tuez-les partout où vous les trouvez),[19] celui-ci revient deux fois dans le Coran dont notamment à la suite du Verset [que nous avons évoqué précédemment] : (Combattez sur le sentier d’Allah ceux qui vous combattent mais ne transgressez pas les limites • Tuez-les partout où vous les trouvez et sortez-les d’où ils vous ont sorti)[20] (…) tout homme armé qui s’attaque aux croyants doit être tué là où il se trouve. La sentence qui le concerne ne s’applique pas uniquement au champ de bataille.

Toute personne parmi les combattants ennemis qui sème la terreur au milieu des musulmans doit périr par les armes qu’il soit debout, assis, ou couché, et même s’il est prisonnier. Le Prophète (r) a exécuté plus d’un prisonnier à l’exemple de ‘Uqba ibn Abî Mu’aït, et e-Nadhr ibn el Hârith. Par ailleurs, Sa’d ibn Mu’âdh a prononcé contre les Banû Quraïzha lorsque ces derniers se sont rendus à son jugement, d’exécuter les combattants et de capturer les femmes et les enfants. Deux cent combattants furent exécutés.[21] [Les textes scripturaires judaïques prescrivent le même sort à leurs prisonniers dans le meilleur des cas, sinon tous les vaincus sont passés au fil de l’épée sans ne laisser aucun survivant parmi les femmes et les enfants  voir : Deutéronome 20 ; 10-17 ndt.]

 

En fait, l’Imam a le choix concernant le sort des prisonniers, entre les exécuter, les mettre en captivité, les libérer, ou les échanger contre une rançon. Son choix va dépendre de l’intérêt supérieur des musulmans.[22] Il est permis de tuer (sans condition contrairement aux dissidents musulmans pour lesquels l’expédition punitive est soumise à certaines restrictions) tout ennemi non musulman même s’il est fait prisonnier parce qu’il a tenu les armes mais aussi pour prévenir contre toute nuisance à venir. Rien ne lui empêche à l’avenir en cas de libération ou de demande de rançon, de causer du tort aux musulmans.[23] Dans le cas des Banû Quraïzha, le Législateur savait qu’à l’avenir les musulmans n’étaient pas en mesure d’empêcher le mal immense qu’ils cogitaient contre l’Islam.[24]

 

Par ailleurs, le Prophète (r) et les croyants qui étaient avec lui faisaient prisonniers des hommes et des femmes parmi les païens ; il ne leur a jamais imposé de se convertir sous la contrainte. Il a en effet capturé Thumâma ibn Aththâr qui était polythéiste, il l’a ensuite libéré sans ne l’avoir jamais contraint à l’Islam. Il s’est d’ailleurs converti de lui-même. Certains prisonniers de la bataille de Badr ont prie la même initiative. Quant aux femmes captives, celles-ci furent nombreuses mais le Prophète (r) n’a jamais imposé à l’une d’entre elle de se convertir ; il ne l’a fait ni pour aucune femme ni pour aucun homme.

 

Le jour de la Conquête de la Mecque, il a laissé ses habitants libres et n’a pas cherché à les convertir par la force. Il les a relâchés alors qu’ils s’étaient rendus. C’est pourquoi, ils furent appelés les Tulaqâ (les libérés), qui sont les convertis de la Grande Conquête. Le terme libéré vient en opposition à celui de prisonnier. Cela prouve qu’ils furent bel et bien prisonniers ; il les a libérés comme on libère des prisonniers, et sans les contraindre à la religion musulmane. Safwân ibn Umaïya et tant d’autres qui étaient restés polythéistes ont rejoint les rangs des musulmans à la bataille de Hunaïn. Ils n’ont reçu aucune menace mais ils se sont convertis par la suite de leur plein gré. Y-a-t-il plus éloquent pour affirmer qu’il n’y eu aucune conversion forcée ! Nul n’est en mesure de prouver qu’un seul homme fut invité à embrasse l’Islam sous la menace, qu’il s’y soit soumis ou non.

 

D’ailleurs, il n’y a aucun intérêt à ce qu’un tel individu se convertisse, mais nous devons plutôt recevoir la conversion de celui qui l’exprime même si nous pensons qu’il l’ait fait par crainte de l’épée, à l’exemple des païens ou des adeptes du Livre qu’il est permis de tuer sur le champ de bataille. À partir du moment où l’un d’eux extériorise sa conversion, son sang et ses biens deviennent sacrés, conformément aux paroles du Prophète (r) : « J’ai reçu l’ordre de combattre les hommes jusqu’à ce qu’il atteste qu’il n’y a de dieu en dehors d’Allah et que Mohammed est le Messager d’Allah. S’ils l’attestent, ils se préservent contre moi leur sang et leurs biens sauf ce que le droit en réclame, et leur compte revient à Allah. »[25] Il a en outre reproché à Usâma ibn Zaïd de tuer un homme en plein champ de bataille alors qu’il s’était converti. Pourtant, Usâma maintenait que sa victime s’était soumise à l’Islam sous la pression de l’épée.[26]

 

Or, il y a une différence entre le fait que le Prophète (r) puisse ou que quelqu’un puisse forcer l’ennemi à se convertir et le fait de leur faire la guerre en vue de parer à leur injustice et à leur animosité contre la religion. Une fois convertie, la personne compte parmi les membres de l’Islam, il n’est donc plus permis de la combattre. Ainsi, si le Prophète (r) savait que quelqu’un ne causait aucun tord à la religion et à ses adeptes, il évitait de s’en prendre à lui, que ce dernier adhère à la religion du Livre ou non (…) le Prophète (r) ne s’est jamais attaqué au non musulmans avec lesquels il avait noué un traité de paix. Les ouvrages sur la biographie prophétique, de Hadith, d’exégèse, de Figh, et sur les expéditions prophétiques témoignent de cette réalité communément transmise. Il n’a jamais pris l’initiative des hostilités contre quiconque ; si Allah lui avait imposé de tuer tous les mécréants, il leur aurait alors déclenché la guerre sans sommation.

 

Quant aux chrétiens, il n’a jamais combattu l’un d’entre eux en vue qu’il se convertisse. Il envoya ses messagers après l’accord de paix conclu à el Hudaïbiya aux rois de la terre afin de les inviter à l’Islam. Il fit transmettre un courrier à Chosroes  (empereur Sassanide ndt.), César (l’empereur romain qui fut Héraclius à cette époque ndt.), el Muqawqas (le gouverneur d’Égypte ndt.), le Négus (le roi d’Abyssinie ndt.), et les rois arabes des régions du Nord et du Shâm. Une partie des chrétiens et d’autres ont alors embrassé l’Islam. Les armées chrétiennes ont alors fait route vers le Shâm où ils ont éliminé à  Ma’ân certains convertis parmi leurs élites. Ce sont les chrétiens qui ont ouvert les hostilités contre les musulmans à travers une campagne inique d’élimination de tous ceux qui avait renoncé à leur religion. Le Prophète (r) n’a fait qu’envoyer des courriers dans lesquels il invitait les peuples à embrasser la nouvelle religion de leur plein gré non par la force. Il n’a forcé personne à le faire. En réaction à l’hostilité des chrétiens, il fit sortir ses troupes à la tête de Zaïd ibn Hâritha ; le martyre lui fit remettre l’étendard à Ja’far puis celui-ci revint à ibn Rawâha. La première bataille qui eut lieu entre les musulmans et les chrétiens se déroula à Mu-ta dans les terres du Shâm où une grande armée chrétienne s’était réunie.[27]

 

 Quant à la Jiziya, elle permet au non musulman de préserver son sang. Le glaive ne sert nullement à éliminer les mécréants comme il ne peut les préserver contre les châtiments de l’Au-delà. Il sert plutôt à parer à leur mal et à leur tentative de détourner les hommes de la vraie religion. La seule façon de remédier à ce mal, c’est de les soumettre au tribut. En les Soumettant à un pacte de dépendance, ils ne s’attaqueront plus à l’Islam ni par la parole ni par les actes. Par ailleurs, les Dhimmîs ne participent pas à la guerre, ce sont plutôt les musulmans qui défendent leurs biens et leur vie contre un ennemi éventuel. Le tribut est une sorte de butin qui permet d’entretenir les armées musulmanes ; en cela, c’est une marque de bienfaisance envers le vaincu.[28] Ainsi, le sang est préservé soit par l’adhésion à l’Islam soit par le tribut et l’état de soumission. Soit l’individu se soumet à l’adoration du Seigneur soit il devient utile aux musulmans. Le croyant remplit son devoir en adorant Allah et le non musulman est utile au croyant en lui versant ce qui permet de compenser (du moins sur terre) sa non soumission au Tout-Puissant. Il fut épargné ainsi dans l’esprit qu’Allah le guide et qu’il se repente. Les « gens du Livre » plus particulièrement détiennent la preuve dans leurs écriture de la prophétie de Mohammed (r) ; cet intérêt en lui-même justifie de les épargner. Vouloir les punir à cause de leur mécréance, ne remédie en rien à leur situation quoi que haïssable. [29]

 

En conclusion :

 

Certains font un amalgame lorsqu’ils comparent Jésus le prophète de l’amour et Mohammed le prophète de la haine car l’Islam est la religion du corps et de l’esprit, du spirituel et du temporel, du culte et de l’état, du Livre et du sabre, de l’amour et de la rigueur. Loin d’être utopiste, la dernière des Grandes Religions est dans son prosélytisme, pragmatique et rationnelle. L’amour et la haine sont en fait deux sentiments aussi inhérents à l’homme que les deux ailes d’un oiseau, s’il en manque une, il ne peut s’envoler. Il est aussi ridicule de condamner le concept du Jihâd – sous sa forme originelle bien sûr – que de condamner la présence de l’armée française sans laquelle le drapeau national ne pourrait arborer les murs de l’Élysée.

 

Quand aux nouveaux penseurs musulmans, sous couvert de défendre l’Islam, ces néo-rationalistes essayent d’adapter ses textes scripturaires à la pensée moderne qui signifie en fait la pensée européenne contemporaine. Cette approche n’est en rien objective et est encore moins fidèle à l’esprit critique car la rigueur scientifique veut d’étudier un phénomène selon ses sources non selon la représentation qu’on s’en fait ou qu’on veut lui donner. Ce n’est pas de cette façon que l’on mène le troupeau Yâ Sa’d !

Quand à la Raison, nous disons au Pape que la raison saine ne s’oppose nullement à la vraie religion mais celle-ci à ses limites, elle ne peut transcender les voies du ciel qui sont impénétrables mais le sujet est long, il faudrait si Dieu nous prête vie y consacrer une étude à part, mais certes Dieu Seul le sait !

 

Par : Karim Zentici                         

 

 

                                                   



[1] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr wa Muhâdanatihim wa Tahrîm Qatlihim li Mujarrad Kufrihim (127-128) de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya.

[2] Majmû’ el Fatâwa (28/354).

[3] El Jawâb e-Sahîh li Baddala Dîn el Masîh (1/237). L’auteur va expliquer ce point par la suite plus en détail.

[4] Majmû’ el Fatâwa (4/205).

[5] La vache 256-257

[6] La vache ; 190

[7] E-Sârim el Maslûl ‘ala Shâtim e-Rasûl (2/207).

[8] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (115).

[9] El Jawâb e-Sahîh (1/238).

[10] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (202-203).

[11] La vache ; 191

[12] Majmû’ el Fatâwa (28/355).

[13] E-Sârim el Maslûl (2/513).

[14] Majmû’ el Fatâwa (28/354).

[15] Majmû’ el Fatâwa (20/102). Certains contemporains voient en cela un progrès par rapport aux sociétés primitives, mais c’est surtout un progrès par rapport aux sociétés les plus évoluées car les sociétés dites primitives ne sont pas capable d’organiser des massacres à grand échelle comme ce fut le cas pour l’extermination de la race indienne. Plus récemment l’impérialisme européen dont le nazisme est l’une des illustrations, s’est manifesté à travers les colonisations.

[16] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (191).

[17] E-Sârim el Maslûl (2/210). Il faut resituer ce discours dans son contexte historique, car malheureusement à notre époque beaucoup de valeurs sont inversées. Nous devrions d’ailleurs demandé au Souverain Pontife ce qu’il pense de la peine de mort !

 [18] Idem. (2/266).

[19] La vache ; 191 et Les femmes ; 91

[20] La vache ; 190-191

[21] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (102-103). Certaines sources estiment que le nombre des exécutions varie entre six cents et sept cents [voir : Zâd el Ma’âd d’ibn el Qaïyam (3/135)]. Quoi que cet événement puisse être choquant, il faut le replacer dans son contexte historique. Nous sommes au septième siècle de l’ère chrétiennes, il faut s’imaginer ce que les puissances de l’époque étaient capables de faire à leurs prisonniers. Mohammed (r) n’étaient pas soumis aux Conventions de Genève que les fondateurs eux-mêmes ne respectent pas à l’aube du troisième millénaire. Accusés de haute trahison, il ne faut pas voir dans ce jugement prononcé contre la tribu des Banû Quraïdha une épuration ethnique comme l’allèguent certaines personnes mal intentionnées. Pour preuve, les femmes, les enfants, et toute personne n’ayant pas participée au combat en général furent épargnés. En outre, les deux autres tribus juives de Médine, les Banû e-Nadhîr et les Banû Qaïnuqar qui étaient liés avec les autres habitants de la ville par un pacte d’entraide furent accusés également de trahison, mais ils n’ont pas connu le même sort que leurs coreligionnaires. D’ailleurs il existe un amalgame entre la religion juive et la race juive ; quoiqu’il en soit l’Islam interdit formellement de s’en prendre gratuitement à toute personne appartenant à cette ethnie religieuse. Contrairement au judaïsme, l’Islam ne fait aucune discrimination raciale comme le souligne ibn Taïmiya en disant : « Si tu t’imprègnes de ce qu’était réellement la Tradition prophétique, tu te rendras compte que le Messager (r) n’a jamais fait de distinction entre un arabe et un non arabe (…) il n’a jamais privilégié les arabes dans la religion, ni en ce qui concerne le tribut, ni en ce qui concerne la captivité. Il ne les jamais favorisé dans les traités de paix, il n’a jamais décrété qu’un non arabe n’était pas du même rang qu’un arabe au niveau du mariage, et il ne leur a jamais permis de jouir d’une chose indépendamment des autres. Il fondait cependant ses jugements sur les hommes en fonction des noms que le Coran leur donne comme : croyant/mécréant, vertueux /pervers. » [Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (179, 183).]      

[22] E-Sârim el Maslûl (2/469).

[23] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (195-196).

[24] Idem. (200).

[25] Rapporté par el Bukhârî (25, 392) et Muslim (20, 21). Ce Hadith donne la raison pour laquelle le Prophète (r) fait la guerre aux hommes, cela ne signifie pas qu’il doit combattre chaque être humain pour obtenir sa conversion. Voir Qâ’ida Mukhtasara (95-96). 

[26] Rapporté par el Bukhârî (4021) et Muslim (96).

[27] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (129-138).

[28] Idem (214-215).

[29] Idem (218-219).

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:15

 

terre.jpg

 

 

Au nom d¡¦Allah, l¡¦Infiniment Misericordieux, le Tres misericordieux


                                                     Est-ce que la terre est ronde ?

Que les prieres d¡¦Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,
et tous ses Compagnons !
Cette question peut-etre saugrenue a une epoque ou la reponse est evidente ! Mais il est
interessant ici de proposer un texte, ecrit par un traditionaliste et vieux de plus de sept cents
ans ; periode a laquelle l¡¦obscurantisme (temporel et religieux) regnait sur toute l¡¦Europe.
Paradoxalement, certaines tendances musulmanes se plaisent a denigrer ses representants
aujourd¡¦hui, a l¡¦image de Sheikh ibn Baz accuse a tort de dire que la terre est plate.1
Remettons donc les pendules a l¡¦heure en faisant un retour dans le temps !
Sheikh el Islam ibn Taimiya a dit [voir : Majmu¡¦ el Fatawa (25/193-201)] :
Il est etabli par le Coran, la Sunna, et le consensus de la communaute musulmane que les
astres sont ronds. Allah (ƒ¹) revele a ce sujet : ƒvParmi Ses signes, il y a la nuit et le jour, le soleil
et la luneƒw. ƒvIl est Celui qui a cree la nuit et le jour, le soleil et la lune ; chacun d¡¦eux vogue dans
une orbiteƒw. ƒvIl n¡¦appartient pas au soleil de rejoindre la lune ni a la nuit de devancer le jour ;
chacun d¡¦eux vogue dans une orbiteƒw. Selon ibn ¡¥Abbas l¡¦orbite en question (Falak : pouvant
egalement etre traduit pas sphere NDT) est ronde comme un fuseau a coudre. Lisan el ¡¥Arab
en donne la meme explication. Dans ce sens, on parle des seins arrondis (Fallaka) d¡¦une fille.
Le Tres-Haut dit egalement : ƒvIl fait envelopper la nuit par le jour comme Il fait envelopper le
jour par la nuitƒw. . Envelopper . a le sens ici d¡¦entourer comme le fait d¡¦entourer et d¡¦enrouler
(Kawwara) son turban. D¡¦ou le terme de Kura pour definir un corps rond. C¡¦est pourquoi, on
dit que les astres ont une forme ronde (Kurawiya). Le verbe Kawwara est employe notamment
dans le Hadith suivant : . Le soleil et la lune seront enroules le jour de la Resurrection, pour ensuite
etre projetes dans la Gehenne ressemblant ainsi a deux taureaux. .
Allah (ƒ¹) dit : ƒvLe soleil et la lune evoluent selon une mesureƒw comme la mesure d¡¦un
moulin. ƒvTu ne vois aucun ecart dans la creation du Misericordieuxƒw. Cela concerne les corps en
forme de cercle contrairement aux polygones triangulaires, quadrangulaires, etc. ou il y a des
ecarts entre les angles et la base. Quant au corps rond, tous ses rayons sont egaux et
n¡¦accusent aucun ecart. Un jour, un Bedouin s¡¦adressa au Prophete (ƒâ) en ces termes : . Nous
intercedons par ton intermediaire aupres d¡¦Allah et nous intercedons par l¡¦intermediaire d¡¦Allah
aupres de toi.
- Malheur a toi ! A-t-il repondu, personne ne peut interceder par l¡¦intermediaire d¡¦Allah
aupres de qui que ce soit parmi Sa creation. Il est bien plus illustre que cela ; Son Trone est
au-dessus des cieux de cette facon. . Il a ensuite donne la forme d¡¦une coupole avec ses
mains : . Il emet un bruit comme celui du chameau qui sert de nouvelle monture. .2
1 Voici la reference du texte dans lequel Sheikh ibn Baz dement en personne cette accusation : Majmu¡¦ Fatawa wa
Maqalat Mutanawwi¡¦a (3/156-162).
2 Rapporte par Abu Dawud et d¡¦autres savants, selon Jubair ibn Mut¡¦im.
- 2 -
D¡¦apres el Bukhari et Muslim, selon Abu Huraira, le Prophete (ƒâ) a dit : . Lorsque vous
implorez Allah, demandez-Lui le Firdaws ; il se trouve au sommet (mot-a-mot : au milieu et a l¡¦endroit
le plus haut ndt.) du Paradis. Son toit, c¡¦est le Trone du Misericordieux. . Nous sommes donc
informes que le Firdaws constitue le sommet du Paradis ; cette description concerne
uniquement les formes arrondies. Quant aux formes carrees, leur milieu n¡¦est pas a leur
point le plus haut puisque tous les cotes sont egaux (traduction approximative ndt.).
Concernant le consensus des savants, Iyas ibn Mu¡¦awiya ¡Vle fameux Imam de la periode
des successeurs des Compagnons (Tabi¡¦in) qui fut juge a Bassora ¡V affirme que le ciel se tient
au-dessus de la terre comme une coupole. I¡¦Imam Abu el Husain Ahmed ibn Ja¡¦far ibn el
Munadi, est l¡¦un des fameux grands specialistes et fin connaisseurs des annales et des grands
ouvrages ecrits dans le domaine religieux, il fait partie de la . deuxieme classe . des disciples
de l¡¦Imam Ahmed. Ce dernier nous apprend : . Il n¡¦existe aucune divergence entre les savants
sur le fait que le ciel est en forme de sphere et qu¡¦il est en mouvement en faisant tourner avec lui tous
les astres en son sein a la maniere d¡¦un moulin qui tourne autour de deux pivots immobiles non en
mouvement ; l¡¦un en direction du Nord l¡¦autre en direction du Sud. Pour preuve, poursuit-il, toutes
les etoiles se deplacent depuis l¡¦Est en suivant quasiment un meme ordre dans leur mouvement et leur
distance, jusqu¡¦au moment ou elles atteignent le zenith pour entamer ensuite, leur descente en
respectant le meme ordre a la maniere d¡¦un moulin qui les ferait tourner a partir d¡¦un meme axe. Les
savants dit-il, sont unanimes egalement a dire que les mers et les continents de la terre se deplacent
dans un mouvement circulaire comme un moulin. Pour preuve, poursuit-il, le soleil et la lune ne se
levent pas ou ne se couchent pas sur tous les endroits de la terre a un meme moment. Ils entament
cependant leur rotation de l¡¦est pour finir a l¡¦ouest. . L¡¦auteur a dit : . Le globe terrestre est donc
dans un point fixe au milieu de la Voie lactee comme un point au milieu d¡¦un cercle. Pour preuve, il
est possible de voir tous les astres qui ornent la voute celeste a distance egale. Cela demontre que la
distance qui separe le ciel de la terre est la meme a partir des quatre points cardinaux, ce qui implique
necessairement que la terre se situe en plein milieu du ciel. .3
Or, selon certaines personnes, les annales prophetiques disant que le Trone serait le toit
du Paradis et qu¡¦Allah serait au-dessus du Trone, sont contradictoires avec le principe de la
forme spherique des astres et de l¡¦univers. Un tel principe supposerait notamment, comme le
soulignent certaines tendances a l¡¦image de certains Jahmites, que le Seigneur se trouverait en
dessous de certaines de Ses creations. Par consequent, Allah ne pourrait etre etabli au-dessus
de Son Trone si l¡¦univers etait en forme ovale, car auquel cas selon eux, Allah se retrouverait
en bas ! Cette conception des choses est pourtant erronee.
Les plus hauts degres du Paradis (¡¥Iliyyun) en effet constituent le toit de l¡¦univers dont la
base se trouve au centre de la terre, au plus profond des abimes (Sijjin et Asfal e-Safilin). Le
principe de la forme spherique de l¡¦univers se conjugue tres bien avec cette realite. Le haut et
le bas sont donc des opposes ou on peut dire encore que l¡¦etendue de l¡¦univers s¡¦oppose a
l¡¦etroitesse des entrailles de la Terre. Le haut est donc synonyme d¡¦etendue et le bas
synonyme d¡¦etroitesse. Ce principe se conjugue egalement avec une autre realite soutenant
que le ciel se trouve toujours au-dessus de la terre. Il est absolument inimaginable qu¡¦il
3 Sheikh Mahmud Shukri el Alusi precise au sujet du mouvement de la terre dans l¡¦univers : . A notre epoque, la
theorie de Pythagore, le fameux philosophe astronome, a gagne les esprits apres avoir longtemps connu l¡¦anonymat et le
mepris. Celle-ci avance que la terre tourne sur elle-meme dans un cycle quotidien, et autour du soleil qui est le centre du
systeme solaire, dans un cycle annuel. La terre en mouvement dans l¡¦espace, ne serait qu¡¦une orbite dans ce systeme, elle est
en gravitation autour du soleil comme n¡¦importe quelle autre planete. En cela, cette theorie s¡¦oppose a celle de Ptolemee disant
que les astres sont fixes comme des clous fixes sur une porte. . [Voir Ma Dalla ¡¥alaihi el Qur-an d¡¦el Alusi, recension de
Mohammed Zuhair e-Shawish, analyse des Hadith par Sheikh el Albani (p. 11-12)]
- 3 -
puisse etre en dessous bien qu¡¦il entoure la terre de sa forme arrondie. Ainsi, plus on monte,
plus le ciel est haut et vaste.
Ce principe se conjugue egalement avec une autre realite disant qu¡¦il existe deux sortes
de direction : une direction absolue, cela concerne uniquement le haut et le bas dans l¡¦absolu
et une direction relative qui prend un sujet determine comme point de repere. En fonction de
sa situation, on dira qu¡¦une chose est devant lui, derriere lui, a sa droite, a sa gauche, audessus
de sa tete, et en dessous de ses pieds. Ces positions sont tout a fait relatives, car meme
dans le cas ou un homme se tient sur les mains, ne dira-t-on pas que le ciel est en haut bien
que sa tete soit en bas et que ses pieds soient en haut ? Nous pouvons dire la meme chose
pour la fourmi qui marche sous un toit, le ciel sera au-dessus de ses pieds et son dos audessus
du sol, en sachant que le bas se termine dans les entrailles de la terre.
En outre, certaines etoiles se trouvent au fin fond de la galaxie bien qu¡¦au meme moment
elles soient au-dessus de nos tetes ; aucune d¡¦entre elles ne se situe en dessous de nous. Si
dans l¡¦esprit, celles-ci donnent l¡¦illusion d¡¦etre en bas, c¡¦est uniquement de facon relative.
C¡¦est la raison pour laquelle, selon certains Jahmites dire qu¡¦Allah est au-dessus de Son Trone,
cela revient a dire qu¡¦Il se trouve en dessous de la moitie de la terre, ou qu¡¦Il soit un nouvel
astre. Les sciences fondees ne font que confirmer les enseignements du Messager d¡¦Allah (ƒâ).
Par consequent, ne pas reconnaitre que les astres sont ronds, c¡¦est aller a l¡¦encontre de toutes
les formes de preuve possible (tant textuelle que rationnelle).
Que les prieres d¡¦Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,
et tous ses Compagnons !
Traduit et adapte par :
Karim ZENTICI
Relu par Abu Hamza Al-Germany

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:13

Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

 

Les sept preuves de la prophétie !

 

Voir : Tabâshîr e-Tawrât wa el Injîl bi el islâm wa rasûlihi Mohammed du D. Nasr Allah ‘Abd ‘Ahmân Abû Tâlib (357-359).

 

Dans son livre Bible prophecy, Mark Hitchcock recense sept indices pour reconnaitre un vrai prophète, en s’inspirant de l’Ancien Testament.[1] Il précise qu’un même prophète n’est pas obligé de tous les réunir. Voici ces sept indices en question :

 

1-                           Un prophète n’a jamais recours à la sorcellerie, la magie, et l’astrologie,[2] mais il reçoit la parole de Dieu.

2-                           Un vrai prophète ne fait pas de concession ; il n’adapte pas son prêche aux exigences de son peuple,[3] contrairement aux imposteurs pour qui l’argent et la notoriété passent avant tout. Un vrai prophète présente son prêche sous son vrai visage sans tenir compte de ses intérêts personnels, de la critique et des préjudices que lui font subir les autres.

3-                           Un vrai prophète se distingue par un comportement noble, pondéré et sans tâches.

4-                           Un vrai prophète endure toutes les épreuves au service de son prêche.

5-                           Un vrai prophète présente un prêche en accord avec les enseignements de la Thora et la mission prophétique révélée avant lui. Il appuie et confirme la Révélation qu’il ne peut contredire. Il ne peut qu’appeler au monothéisme.[4]

6-                           La prophétie qui vient des mains d’un vrai prophète se réalise à 100 %, contrairement aux illuminés des temps modernes. Une prophétie qui ne se réalise pas à 100 % n’a aucune valeur. Il incombe de chasser les faux prophètes des villes et de les lapider avec des pierres jusqu’à ce que mort sans suive, nous dit l’Ancien Testament.[5]

7-                           Les vrais prophètes sont parfois assistés par des miracles pour accréditer leur message. Cependant, cet indice n’est pas toujours perceptible par tout le monde. De faux prophètes sont aussi capables, parfois, de produire des choses surnaturelles.[6]

 

Quelle jolie enquête, bien que l’auteur ne va pas au bout du raisonnement. Il ne dit pas notamment que non seulement Mohammed (r) répond à ce signalement, mais qu’il réunit tous ces indices en même temps. Il ne fait pas non plus un point de comparaison avec Paul, contre lequel le Messie a mis en garde ses disciples. Paul qui innova des enseignements contraires à la Thora qu’il abrogea sans scrupules, à contre-courant des attentes de Jésus, et contraires aux enseignements mêmes de Jésus ; Paul qui prétendit être l’auteur de miracles ; Paul qui attribua, contrairement au message de Jésus lui-même et à toute la prophétie, la divinité au Christ ; Paul qui dans un élan laxiste, innova le principe de rédemption et du rachat des péchés des hommes ; Paul qui revivifia avec force le paganisme avec le dogme de la Trinité en gestation.

 

En revanche, Mohammed interdit et combattit la sorcellerie et l’astrologie ; Mohammed appela à l’adoration unique d’Allah ; Mohammed qui endura les attaques et la longue persécution qu’il a subie de la part de son peuple ; Mohammed qui n’a fait aucune concession au paganisme contrairement à Paul, même dans les moments les plus difficiles ; Mohammed  qui fut porteur de miracles venant confirmer sa prophétie ; Mohammed qui interdit sévèrement de vouer le culte à qui que ce soit en dehors du Seigneur, même les nobles prophètes à l’instar de Jésus n’étaient pas épargnés par son jugement ; Mohammed qui honora les prophètes avant lui, qui défendit leur prophétie, et qui lava les accusations mensongères que les gens du Livre leur attribuèrent ; Mohammed par qui se concrétisèrent les annonces de la Bible, et qui ainsi coupa court à toute excuse à ceux qui ne voulaient pas croire en lui ; Mohammed dont le comportement était plus qu’exemplaire, il n’a jamais traité ses opposants d’hypocrites, de guides aveugles, d’ignorants, de serpents et de vipères[7] ; assisté par les anges, Mohammed qui n’a jamais perdu sur le champ de bataille ; Mohammed qui réussit grâce à Dieu à ouvrir les cœurs de ses contemporains qui étaient animés pourtant, par un grand esprit partisan…

 

Laquelle entre la religion paulienne et la religion mohammadienne colle le mieux à ses indices ? Laissons aux chrétiens le soin d’y répondre…

 

 

Par : Karim ZENTICI   

 

 

 

 



[1]Voir notamment : Deutéronome ; 13.1-18, Deutéronome ; 18.9-22,  Jérémie 23.9-40, Ézéchiel ; 12.21 et 14.11.  

[2]Deutéronome ; 18.9.14, Michée ; 7.3, Ézéchiel ; 24.12.

[3]Jérémie 11.8,   Ézéchiel ; 12.21

[4]Deutéronome ; 13.1-3

[5]Deutéronome ; 18.20-22

[6]Exode ; 7.8-10, Marc ; 13.22, Deutéronome ; 13.1-3

[7]Voir : Mathieu ; 23.13-37 et Luc ; 11.37-53.

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 21:46

The kingdom of heaven

(Partie 3)

 

La question qui se pose d’elle-même ici, c’est quel est ce Temple qui remplacera le Temple de Jérusalem et vers lequel se tournera la terre entière.

Jésus n’apprend rien de nouveau, les prophètes avant lui l’avaient annoncé : La Mecque sera désigné comme le nouveau sanctuaire des croyants :

 

Le prophète Ésaïe (u) a annoncé au sujet de La Mecque – qu’Allah l’honore – : « Lève tes regards autour de toi et tu seras rayonnante et heureuse, car les richesses des mers te viendront et les ligues des nations te visiteront, jusqu’à t’inonder de lourds chameaux et te rétrécir le sol en raison des trésors qui te seront rassemblés. Les béliers de Madiân te seront ramenés, les gens de Saba te viendront, et le bétail de Fâran te sera regroupé, et les gens de Maareb (Nebayoth) vont te servir. »[1]

 

Le prophète Ésaïe a dit en parlant de La Mecque : « Toi qui te morfonds dans la désolation et qui ne jouis d'aucuns égard, voici que moi je mettrai un cerne de fard autour de tes pierres, je te fonderai sur des saphirs, je ferai tes créneaux en rubis, tes portes en pierres étincelantes et pour ton pourtour en pierres ornementales. Je répandrai la paix sur tes fils, je t’ornerai de la probité (ou justice ndt.) et de la piété. J’éloignerai de toi le malheur et la souffrance. Celui qui me voudra n’aura qu’à te prendre pour direction et lieu de séjour, car tu seras un asile et un refuge pour ceux qui vivront en ton sein. »[2]

« Pousse tes acclamations, toi, stérile, qui n’enfantais plus, explose en acclamation et vibre, toi qui ne mettais plus au monde ; car les voici en foule, les fils de la désolée, plus nombreux que les fils de l’épousée, dit le SEIGNEUR. Élargis  l’espace de la tente, les toiles de tes demeures qu’on les distende ! Ne ménage rien ! Allonge tes cordages et tes piquets, fais-les tenir, car à droite et à gauche tu vas déborder : ta descendance héritera des nations qui peupleront les villes désolées. »[3]

 

« Avance et vibre, toi stérile qui n’as pas enfanté, prononce la gloire et jubile, toi qui n’as pas porté d’enfant ; ta famille sera plus nombreuse que ma famille. »[4]

« Voici que sur mes paumes je t’ai gravée, et bientôt tes enfants viendront vite, celui qui veut te faire peur ou te trahir sera éloigné de toi ; lève donc ton regard autour de toi, ils te viendront et se rassembleront vers toi. Tu porteras mon nom, je suis le Vivant, tu seras vêtue de manteaux, et ornée d’une couronne. Tes endroits seront étroits tellement il y aura d’habitants et d’invocateurs. Ceux qui s’érigent contre toi devront te craindre, tes fils vont se multiplier tellement que tu vas t’écrier : qui donc m’en a offert autant alors que je suis seule ? Ils voient une stérile, mais qui me les a fait grandir et me les a pris à sa charge ? »[5]

Le prophète Michée prophétise au sujet de la Maison d’Allah, la Sainte Mosquée de La Mecque, vers laquelle se rendront les pèlerins de tous les horizons : « Il arrivera à la fin des temps (dans l’avenir dans la version actuelle ndt.) que [la montagne de] la Maison du SEIGNEUR sera établie au sommet des montagnes et elle dominera les collines. Toutes les nations diront : « Venez, montons à la montagne du SEIGNEUR. » »[6]

 

De nombreux textes bibliques vont dans ce sens. Contrairement à une lecture paulienne de la Bible, Jésus n’est pas venu pour racheter les péchés de l’humanité. Son message était confiné aux brebis perdues d’Israël. Il parcourait les villes de Judée pour leur annoncer la bonne nouvelle du Royaume de Dieu : « car c'est pour cela que j'ai été envoyé. »[7] Il demandait même à ce qu’il soit souhaité dans les prières : « Il leur dit : Quand vous priez, dites : Père ! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne. »[8]

 

Ses coreligionnaires n’étaient pas prêts à entendre un tel discours, ni à subir un tel affront : « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu'ai-je à désirer, s'il est déjà allumé ? Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu'il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais la division. »[9] Dans leur ivresse, ils ne se rendaient pourtant pas compte que leur destin était scellé : « Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. »[10]

 

Il n’était pas tendre avec les scribes et les Pharisiens qu’il traita d’hypocrites, de guides aveugles, d’ignorants, de serpents et de vipères.[11] Il avait le verbe acerbe : « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive. »[12] Si l’on sait qu’il n’a jamais constitué d’armée contrairement au dernier prophète, il ne peut que s’agir du glaive de Titus, quand bien même le contexte ne prête pas à le dire.

 

Ces menaces ne firent aucun effet. Il fut même projeté d’assassiner le dernier des prophètes hébreux, alors que le sang de Jean-Baptiste dégoulinait encore. Cette dernière offense sonna le glas d’une longue alliance. ‘Îsâ pouvait monter au ciel, et Titus préparer ses armées. Pas loin de quarante ans après, les soldats du sanguinaire foulaient l’esplanade du Temple, exactement comme l’avaient prédit les calculs des fragments de la Mer Morte, retrouvés récemment.  Et, comme prévu, le dévastateur fit cesser le sacrifice et l'offrande et commit les choses les plus abominables. Il introduisit notamment des idoles dans le Temple. À plus de 2000 km au Sud, un bout de désert perdu attendait son entrée en scène.

 

Ici, une nouvelle ère commence pour les Juifs ; c’est celle de la désolation et de la diaspora. 500 ans plus tard, comme les révèlent également les écrits de la Mer Morte, le monde sera enfin délivré des chaines du paganisme. Le deuxième Khalife pouvait entrer tranquillement dans la Jérusalem libérée, et voir se réaliser ainsi, une prophétie vielle de plusieurs siècles.

 

Or, deux questions s’imposent ici. La première, est pour quelle raison les Juifs n’ont-ils pas suivi à la lettre les recommandations de Jésus ? Pourquoi n’ont-ils pas, comme certains croyants sortis des rangs, fui dans les montagnes ? Quelle force les somma de promptement  tenir tête aux légions romaines ? Allah leur avait en fait, tendu une ruse : [Lorsqu’ils s’égarèrent, Allah égara leur cœur ; certes, Allah ne guide point les pervers].[13] [Si les gens des cités avaient cru et s’ils avaient été pieux, Nous leur aurions comblé des bénédictions du ciel et de la terre, mais ils ont voulu démentir Nos Signes ; nous les avons alors frappés pour ce qu’ils œuvraient],[14] [S’ils avaient appliqué la Thora et l’Évangile et ce que Nous leur avons révélé, ils auraient trouvé leur nourriture au-dessus d’eux et en dessous de leurs pieds].[15]

 

L’insurrection fut menée par un imposteur qui parvint à convaincre les rangs que la victoire était assurée et que Dieu ne pouvait abandonner le Temple et ses fidèles. Il fit miroité à ses concitoyens que les prophéties parlant de Mohammed d’adressait à lui. Jésus les avait pourtant prévenus, comme nous l’avons vu. Il ajoute ici : « Mes bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu ; car beaucoup de prophètes de mensonges se sont répandus dans le monde… »[16] « Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous vêtus en brebis, mais qui au-dedans sont des loups rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur un buisson d’épines, ou des figues sur des charbons ? Ainsi, tout arbre produit de bons fruits, mais l’arbre malade produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un arbre malade porter de bons fruits. Tout arbre qui ne produit pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. Ainsi donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »[17]

 

La deuxième question : Qu’est-ce qui a poussé certains Juifs en exil à prendre pour asile Taïma, Khaïbar, et Yathrib qui deviendra médine, de vulgaires bourgades qui jonchaient le désert au banc de la civilisation. La réponse, c’est le Coran qui nous l’a donne : (Celui qu’ils trouvent inscrit dans leurs livres ; la Thora et l’Évangile )[18]et qu’ils connaissent aussi bien que leurs propres enfants…

 

(La terre appartient au Seigneur ; Il l’a fait hérité à qui Il veut parmi Ses serviteurs mais la fin heureuse revient aux pieux).[19]

 

Les musulmans devaient comprendre qu’ils ne devaient pas servir de témoignage, qu’ils devaient leur salut à leur fidélité à la sharî’a, et qu’il ne s’agissait pas de se revendiquer être le « peuple élu », sans que cela ne se traduise dans les actes. Les Juifs en avait fait l’amère expérience. La même menace qui planait sur le peuple de Moïse plane toujours et encore sur le peuple de Mohammed. L’épisode tragique des croisades parle de lui-même.

 

La diaspora juive atteint son paroxysme avec un nouvel holocauste, et par les mains d’un autre tyran. Peut-on comparer entre Hitler et Titus ? C’est tentant, mais laissons le soin aux historiens d’y répondre. Ensuite, une sorte de trêve avec l’Histoire s’installa. Comment expliquer ce phénomène, alors que le Coran et la Bible stipule clairement que les enfants d’Israël seront frappés par l’avilissement et la désolation où qu’ils se trouvent ? Il y a plusieurs raisons à cela, l’une d’entre elles, c’est la suite du Verset qui nous l’apprend ; le passage où il est fait une exception, qui est : sauf si Allah ou bien les hommes leur tendent une corde. Une autre raison serait de dire qu’ils ne sont pas retournés en Palestine en tant que « peuple élu », puisque ce statut leur fut retiré. En cela, ils sont plus comparables au méchant Goliath qu’à David, voire et même si c’est un peu tiré par les cheveux, à Nabuchodonosor et Titus. Les rôles sont donc inversés. Les musulmans et les Palestiniens en particulier savent ce qu’il leur reste à faire.

 

Leur destin est avant tout entre les Mains du Seigneur Compatissant, et il dépend aussi de leur comportement. Il ne dépend pas en tout cas des élections américaines, ni des mouvements antisionistes, des associations juives pro-palestiniennes, des manifestations à Londres, Paris, Karachi, du Fatar, du Hamas, du Hisballah, du président iranien, de l’émancipation démocratique, de l’ONU, des accords d’Oslo, des aides internationales, de la clémence du grand Goliath, du rêve d’un monde multipolaire, ni des voix dissidentes de Thierry Messan, Robert Fisk, Dieudonné, du grand Jean Bricmont, Bruno Guigue, Alain Gresh, François Burgat, etc. Ils doivent plutôt se tourner vers Leur Créateur, qui est Seul à même de les délivrer de leurs tourments. Qu’ils soient fidèles à ses lois, en commençant par délaisser les pratiques païennes qui malheureusement polluent le paysage musulman, comme le culte des mausolées hérité des Juifs et des chrétiens, et la sorcellerie héritées du Samaritain, etc.

 

Quoi qu’il en soit, les Juifs auront un ultime rendez-vous avec l’Histoire qui aura lieu dans l’éternelle Palestine, où sera écrite la dernière page des grands événements du monde. Ce sera la lutte finale entre le bien et le mal, l’apothéose entre les armées du Mahdi et du Messie contre les armées de l’Antéchrist. Il y aura probablement beaucoup d’évènements avant ce jour, et beaucoup de surprises également auront lieu. Il faudra choisir son camp, en sachant que dans Son infinie Bonté, le plus Miséricordieux des miséricordieux accordera encore une chance aux descendants du Peuple de l’Exode, et, cela en leur donnant l’opportunité de choisir le bon camp, comme à l’époque de Titus.

 

Wa Allah a’lam !

 

Par : Karim ZENTICI   



[1]Ésaïe ; 60.4-7 dans la version actuelle, il est dit : « Porte tes regards sur les alentours et vois : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils vont arriver du lointain, et tes filles sont tenues solidement sur la hanche. Alors tu verras, tu seras rayonnante, ton cœur frémira et se dilatera, car vers toi sera retournée l’opulence des mers, la fortune des nations viendra jusqu’à toi. Un afflux de chameau te couvrira, de tout jeunes chameaux de Madiân et d’Eifa ; tous les gens de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens, et se feront les messagers des louanges du SEIGNEUR. Tout le petit bétail de Qédar sera rassemblé pour toi, les béliers de Nebayoth seront pour tes offices. »

[2]Voir Ésaïe ; 54.11-15 La version contemporaine est sensiblement différente. Elle dit en effet : « Humilié, ballottée, privée de réconfort, voici que moi je mettrai un cerne de fard autour de tes pierres… Tous tes fils seront disciples du SEIGNEUR, et grande sera la paix de tes fils. Dans la justice tu seras stabilisée, loin de toi l’extorsion : tu n’auras plus rien à craindre ; loin de toi la terreur : elle ne t’approchera plus. On complote, on monte un complot ? Cela ne vient pas de moi ! Qui complote contre toi, devant toi s’écroulera. »

[3]Voir : Ésaïe ; 54.1-7

[4]Ésaïe ; 54.1-7 dans la version actuelle, il est dit : « Pousse des acclamations, toi stérile, qui n’enfantait plus (dans une autre version : qui n’a pas enfanté), explose en acclamation et fibre, toi qui ne mettait plus au monde ; car les voici en foule, les fils de la désolée, plus nombreux que les fils de l’épousée dit le SEIGNEUR. »  

[5]Voir : Ésaïe dans tes termes proches ; 49.16-21

[6]Michée ; 4.1-2 La partie entre crochets ne figure pas dans la version actuelle qui dit notamment : « Des peuples y afflueront. Des nations nombreuses se mettront en marche et diront : « Venez… » »

[7]Luc ; 4.43

[9] Luc ; 12.49-51

[10] Luc ; 13.5

[11]Voir : Mathieu ; 23.13-37 et Luc ; 11.37-53.

[12]Mathieu ; 10. 34

[13]Les rangs ; 5

[14]El A’râf ; 96

[15]Le Repas Céleste ; 66

[16]Première Épître de Jean ; 4.1

[17]Mathieu ; 7.15-20

[18] El A’râf ; 157 voir : El Jawâb e-Sahîh li man baddala din el Masîh (5/155-158).

[19]El A’râf ; 128

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 21:44

The kingdom of heaven

(Partie 2)

 

Acte IV : alors même qu’il se trouvait en déportation dans l’ancien Iraq, Daniel noua l’espoir de retrouver la terre promise. Il trouva un Dieu Compatissant et Absoluteur :

 

« Je parlais encore, je priais, je confessais mon péché et le péché de mon peuple d'Israël, et je présentais mes supplications à l'Éternel, mon Dieu, en faveur de la sainte montagne de mon Dieu ; je parlais encore dans ma prière, quand l'homme, Gabriel, que j'avais vu précédemment dans une vision, s'approcha de moi d'un vol rapide, au moment de l'offrande du soir. Il m'instruisit, et s'entretint avec moi. Il me dit: Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence. Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie, et je viens pour te l'annoncer ; car tu es un bien-aimé.

 

Sois attentif à la parole, et comprends la vision ! Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, pour expier l'iniquité et amener la justice éternelle, pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le Saint des saints. Sache-le donc, et comprends ! Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu'à l'Oint, au Conducteur, il y a sept semaines et soixante-deux semaines, les places et les fossés seront rétablis, mais en des temps fâcheux. Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché, et il n'aura pas de successeur. Le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin arrivera comme par une inondation ; il est arrêté que les dévastations dureront jusqu'au terme de la guerre. Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine, et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l'offrande ; le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. »[1]

 

C’est exactement dans la continuité de l’interprétation du rêve que le tyran Nabuchodonosor avait fait sur l’énorme statut aux pieds d’argile,[2] et qu’Ibrâhim Khalîl, un chrétien converti, déchiffre ainsi : la tête en or correspond à l’empire Babylonien (701 av. J.-C.) ; l’argent correspond à l’empire chaldéen à l’époque des Mèdes (612 av. J.-C.) ; le bronze correspond à l’empire Grec à l’époque d’Alexandre le Macédonien (326 av. J.-C.) ; le fer correspond à l’Empire romain (53 av. J.-C.) ; ensuite il y a eu l’Empire byzantin en Occident et l’empire sassanide en Orient ; puis, il y a eu l’avènement de l’islam (en 638 apr. J.-C.).

 

Allah tendit encore une fois, la main aux Juifs, et les ramena en Palestine, mais leur ingratitude ne se fit pas attendre, et revint même au galop. Titus devait entrer en scène, et à ce moment de l’Histoire, les Arabes insignifiants continuaient encore leur petit bonhomme de chemin, dans leur petit coin de désert reculé du monde, sans que personne ne suspecte quoi que ce soit. Le plan d’Allah prenait des formes.

 

Acte V : cet épisode est particulièrement tragique et laissera des traces indélébiles sur le devenir de l’ancien peuple élu. Jésus naquit. Il fut investi d’une mission qui ne rejoignit pas l’assentiment de ses contemporains. Il n’était certainement pas venu pour leur apporter des roses. Le temps des espoirs et du grand pardon n’était plus à la page, il n’y aura plus de retour en arrière. Le pacte était rompu. La prophétie allait leur être reprise pour être déposée chez un peuple insignifiant. Quel affront pour le peuple élu ! Le Messie était porteur d’un message implacable, bien qu’il demeurait encore une lueur d’espoir. Il fallait se ranger dans les rangs du futur sauveur, mais avant cela, il fallait suivre à la lettre les injonctions du fils de Marie, pour gagner le salut. Le Temple sera bientôt détruit, et le temps des moissons était arrivé.

 

Les Juifs n’acceptaient pas leur sort, et voyaient en ce décret la marque de l’injustice. Jésus répondait par la parabole d’un créancier qui remit à ses débiteurs des dettes inégales, et il ne craignait pas de préférer le sort de celui à qui fut remise la dette la plus forte, et toute sorte de paraboles pour leur montrer que l’espoir était vaincu.[3] Il annonçait ainsi le kingdom of heaven. Lui qui lança à la samaritaine « Crois-moi femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. »[4] Jésus s’exclama au milieu d’une assemblée : « Aussi, je vous le dis, beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux, tandis que les héritiers du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. »[5] Mathieu l’Apôtre a dit : Jésus a déclaré : « N’ont-ils pas lu dans les Écritures : la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ; c’est là l’œuvre du Seigneur : quelle merveille à nos yeux. Aussi, je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera elle l’écrasera. »[6]

 

Dans la continuité de l’ancienne prophétie, ce message n’était pas nouveau en réalité. Qu’on en juge : « Le sceptre ne s’écartera pas de Juda, ni le bâton d’entre ses pieds jusqu’à ce que vienne celui à qui il appartient et à qui les peuples doivent obéissance. »[7] « Ils m’ont donné pour rival ce qui n’est pas Dieu, ils m’ont offensé par leurs vaines idoles. Eh bien ! moi, je leur donnerai pour rival, ce qui n’est pas un peuple, par une nation folle je les offenserai. »[8]

 

Ésaïe confirme : « Je me suis laissé rechercher par ceux qui ne me consultaient pas, je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas, j’ai dit : « Me voici, me voici » à une nation qui n’invoquait pas mon nom. J’ai tendu mes mains, à longueur de jour, vers un peuple rebelle, vers ceux qui suivent le chemin qui n’est pas bon, qui sont à la remorque de leurs propres pensées. C’est un peuple qui me vexe, en face, sans arrêt : ils font des sacrifices dans des jardins, ils font fumer des aromates sur des briques, ils se tiennent dans des sépulcres (…) ; attention cela est mis par écrit en face de moi, si bien que je ne resterai pas inactif, jusqu’à ce que j’ai payé de retour, et payé de retour en plein cœur vos perversités et les perversités de vos pères. »[9]

 

Jérémie prophétise également que la nation mohammadienne aura la victoire sur les juifs, les chrétiens, et les autres nations : « Je vais amener contre vous, gens d’Israël, une nation lointaine [– oracle du SEIGNEUR –]  une nation inépuisable, une nation de vieille souche, une nation dont tu ignores la langue, dont tu ne comprends pas les propos. Ils sont tous expérimentés et puissants. »[10] Dans un autre passage, il est dit : « Je mettrai ma loi dans leur bouche et je l’inscrirai dans leur cœur. Je deviendrai Dieu pour eux, et eux, deviendront un peuple pour moi. Un homme n’aura plus besoin de s’instruire chez un autre de la religion et de la confession. On n’aura plus besoin de leur faire connaître Dieu, car ils me connaîtront tous, petits et grands [– oracle du SEIGNEUR]. Alors, je pardonnerai leurs péchés et je leur effacerai leurs fautes. »[11]

 

Daniel a dit : « J’ai imploré Dieu et je lui ai supplié de me montrer ce que les fils d’Israël allaient devenir, est-ce qu’il va leur pardonner, leur rendre leur royaume, et leur envoyé encore des prophètes ou bien va-t-il déposé la prophétie chez un autre peuple ? Daniel a dit : l’ange m’est apparu sous la forme d’un jeune homme au beau visage. Celui-ci m’a dit : salut à toi Ô Daniel ! Dieu –le Très-Haut – a dit : les fils d’Israël ont déclenché ma colère et se sont rebellés contre moi. Ils ont adoré d’autres dieux en dehors de moi… » [12]

 

Ainsi, Jésus prévenait contre le jour fatidique, à travers des passages gardés en partie intacts : « Comme quelques-uns parlaient des belles pierres et des offrandes qui faisaient l'ornement du temple, Jésus dit : Les jours viendront où, de ce que vous voyez, il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée. Ils lui demandèrent : Maître, quand donc cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que ces choses vont arriver ? Jésus répondit : Prenez garde que vous ne soyez séduits. Car plusieurs viendront en mon nom, disant : C'est moi, et le temps approche. Ne les suivez pas. Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne soyez pas effrayés, car il faut que ces choses arrivent premièrement.

 

Mais ce ne sera pas encore la fin. Alors il leur dit : Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume ; il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines ; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel. Mais, avant tout cela, on mettra la main sur vous, et l'on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous mènera devant des rois et devant des gouverneurs, à cause de mon nom.

 

Cela vous arrivera pour que vous serviez de témoignage. Mettez-vous donc dans l'esprit de ne pas préméditer votre défense ; car je vous donnerai une bouche et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister ou contredire. Vous serez livrés même par vos parents, par vos frères, par vos proches et par vos amis, et ils feront mourir plusieurs d'entre vous. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom. Mais il ne se perdra pas un cheveu de votre tête ; par votre persévérance vous sauverez vos âmes.

 

Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche. Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui seront dans les champs n'entrent pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l'accomplissement de tout ce qui est écrit. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Car il y aura une grande détresse dans le pays, et de la colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplies. »[13]

 

« C'est pourquoi, lorsque vous verrez l'abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint, -que celui qui lit fasse attention! - alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes ; que celui qui sera sur le toit ne descende pas pour prendre ce qui est dans sa maison ; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Priez pour que votre fuite n'arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat. Car alors, la détresse sera si grande qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais. Et, si ces jours n'étaient abrégés, personne ne serait sauvé ; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés. »[14]

 



[1]Daniel ; 9.20-27

[2]Voir : L’histoire de la version actuelle dans : Daniel : 2.

[3]Voir : Mathieu : 21.33-45 ; Mathieu ; 20.1-16 ; Mathieu : 22.1-11 ; Mathieu : 13.3-9, 18-23 ; Mathieu : 13.1-32 ; 23-30 ; Mathieu 13.37-43.

[4]Jean ; 4.19-21

[5]Mathieu ; 8.11-12

[6]Mathieu ; 21.42-44 D’après Sahîh Muslim (kitâb el Fadhâil ; hadîth : 21) , selon Abû Huraïra, le Messager d’Allah () a dit : « Je suis par rapport aux  prophètes avant moi comme un homme ayant construit une belle maison qu’il a pris soin de bien finir, sauf qu’il manquait une brique à l’un des coins. Les passants étaient étonnés et se disaient : « Il manque une brique ici pour finir la construction. » Mohammed s’exclama alors : « Je suis cette fameuse brique ! » »

[7]La Genèse ; 49.1-12

[8]Deutéronome ; 32.21 Une version de la Bible de 1844 parle d’un peuple ignorant, ce qui correspond tout à fait au peuple arabe illettré. Voir : Izhâr el Haq de Rahmatu Allah el Kaïrânawî, résumé par Mohammed Mulkâwî.

[9]Ésaïe ; 65.1-7

[10]Jérémie ; 16.15-16 La partie entre crochets ne figure pas dans la version actuelle qui dit notamment : « Leur carquois est un sépulcre géant ; ils sont tous des héros » à la place de : « Ils sont tous expérimentés et puissants. »

[11]Jérémie ; 51.20-24 La partie entre crochets ne figure pas dans la version actuelle qui dit : « Voici donc l’alliance que je conclurai avec la communauté d’Israël – oracle du SEIGNEUR : je déposerai mes directives au fond d’eux-mêmes, les inscrivants dans leur être ; je deviendrai Dieu pour eux, et eux, ils deviendront un peuple pour moi. Ils ne s’instruiront plus entre compagnons, entre frères, répétant : « Apprenez à connaître le SEIGNEUR», car ils me connaîtront tous, petits et grands – oracle du SEIGNEUR. Je pardonne leur crime ; leur faute, je n’en parle plus. »

[12]Voir : Daniel ; 9, 10, 11, 12 en sachant que la version actuelle propose une version différente.

[13]Luc ; 21.5-24

[14]Mathieu : 24. 15-22 Les anciennes prophéties parlent également de la destruction du temple ; voir notamment : Michée 3.12 « C'est pourquoi, à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de pierres, Et la montagne du temple une sommité couverte de bois. C'est pourquoi, à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de pierres, Et la montagne du temple une sommité couverte de bois. » 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 21:26

 

 

Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux 

 

The kingdom of heaven

(Partie 1)

 

… [Dieu] fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes. (La Bible : Mathieu 5.45).

 

Introduction

 

L’un de nos articles précédents regroupait 84 annonces de Mohammed dans la Bible. Cependant, j’aimerais mettre l’accent ici sur un événement d’une importance historique capitale, et que peu de chercheurs introduisent dans le chapitre des annonces bibliques du sceau des prophètes.[1] Certes, chacune à leur façon, les différentes confessions interprètent cette prophétie, mais, comme nous allons le voir, elle prend un tout autre sens, si nous la replaçons dans un contexte plus cohérent et moins apocalyptique, voire moins fabuleux. Il s’agit de la destruction du temple par Titus. Cet événement est donc lié à l’avènement de Jésus dont la mission était axé sur deux grands thèmes (en plus de soulager les Juifs de certaines lois « rigides » de la Thora), dans la continuité des hommes de Dieu qui vinrent avant lui. Il s’agit de l’annonce de la destruction du Temple et de, suite à cela, la venue imminente du royaume de Dieu, avec à sa tête, le Prince de la paix, celui dont le message perdurera tant qu’il y aura des hommes…

 

Avant cela, faisons un petit rappel historique

 

Le Tout-Puissant créa Adam de Ses deux Mains et lui offrit une descendance, qui dix siècles durant, vouait un culte exclusif au Seigneur de l’Univers. Puis, elle sombra dans le paganisme, et, ensuite de quoi, elle fut victime du premier fléau céleste qui frappa les hommes. Seuls Noé et ses descendants en réchappèrent ; Noé qui fut le premier messager envoyé à l’humanité et dont la mission principale fut de redresser le paganisme.

 

Issu de sa progéniture, le Patriarche allait bouleverser la marche de l’Humanité. Les plans d’Allah sont impeccables.

 

Acte I : avant même la construction du Temple de Jérusalem, Allah posa le décor en ordonnant au Père du monothéisme pur d’abandonner son fils et sa servante dans un désert perdu et aride. Puis, il retourna en Palestine pour écrire l’Histoire. Sa mission ne pouvait s’achever sans qu’il ne dépose sa deuxième graine, qui s’incarnera en la personne d’Isaac ; le père d’une nation qui sera l’héroïne de notre grande fresque. Ishâq donna Jacob, le père de Joseph par lequel se réalisera le plan de Dieu…

 

Acte II : il est possible que dar Yasîn et les évènements de Gaza prennent leur racine au cours de cette période. C’est un peuple en gestation qui couve en Égypte. Après la mort de Yûsaf, les choses iront mal pour les Hébreux qui subiront une répression pharaonique terrible. Le plan d’Allah était en marche. Il était en train de former Son peuple. Ses souffrances devaient s’atténuer avec l’avènement d’un premier sauveur, avec lequel commencera une nouvelle ère, celle d’une loi forte dont l’autorité allait s’exercer par le glaive. C’est l’instauration du djihad. Auparavant, Allah punissait les hommes uniquement à travers des calamités célestes. Moïse sera élevé dans le giron de son ennemi et à cette époque se peaufinent les notions de « peuple élu » et de « terre promise ».

 

Dieu s’adresse dans la Bible à Israël en ces termes : « … Ne faites pas ce qui se fait au pays d’Égypte où vous avez habité ; ne faites pas ce qui se fait au pays de Canaan, où je vais vous faire entrer ; ne suivez pas leurs lois ; mettez en pratique mes coutumes et veillez à suivre mes lois. C’est moi, le SEIGNEUR votre dieu. Gardez mes lois et mes coutumes : c’est en les mettant en pratique que l’homme à la vie. C’est moi, le SEIGNEUR. »[2]

 

« Gardez toutes mes lois et toutes mes coutumes, et mettez-les en pratique, afin qu’il ne vous vomisse pas, ce pays où je vais vous faire entrer pour vous y installer. Ne suivez pas les lois de la nation que je vais chasser devant vous ; c’est parce qu’ils ont pratiqué tout cela que je les ai pris en dégoût et que je vous ai dit : « C’est vous qui possèderez leur sol, et c’est moi qui vous le donne en possession, pays ruisselant de lait et de miel… »[3] Cette menace planera comme un leitmotiv tout au long de l’histoire des enfants d’Israël.

 

Le Tout-Puissant sauva des mains de Pharaon, Son peuple qui se rendit aux portes de la « terre promise ». Juste après avoir été touché par la Grâce divine, il manifesta sa rébellion avec l’épisode du Veau d’or et des pratiques païennes qui feront le lot de leur histoire. « Moïse dit aux enfants d’Israël : « N’écoutez pas ceux qui pratiquent l’incantation et consultent les oracles ; Dieu enverra bientôt un prophète comme moi, alors écoutez-le» »[4] Le Dieu Jaloux leur demandait de l’aimer, et ne comptait partager cet amour avec personne : « Ils ont excité ma jalousie par ce qui n'est point Dieu, Ils m'ont irrité par leurs vaines idoles; Et moi, j'exciterai leur jalousie par ce qui n'est point un peuple, Je les irriterai par une nation insensée. »[5] De leur désert, les bédouins arabes illettrés ne bronchaient pas. Le décret divin voulait qu’ils vivent en marge de la civilisation jusqu’au jour où leur tour viendra. Qui l’aurait deviné ? Les voies d’Allah sont impénétrables !

 

Acte III : il s’agit de la grande période qui part de Josué jusqu’au pouvoir des prophètes, en pensant par l’épisode de David qui donne des leçons extraordinaires aux croyants. Il nous apprend notamment que la victoire ne s’obtient pas par le nombre, mais qu’elle s’obtient avant tout par la foi. Allah honora les tribus d’Israël en plaçant à leur tête des prophètes successifs. La rébellion quasi endémique des cousins des Arabes sémites fit naitre des textes d’une explicité incroyable sur l’avènement prochain du kingdom of God, d’une nouvelle qibla (orientation), des braves et fidèles croyants qui, sous l’impulsion du meilleur des hommes, étendront la religion du Dieu Unique sur les deux orients. Le message ne passait pas, car leur cœur s’était endurci. C’est alors que Nabuchodonosor se fit entendre, avec ce qui sera le premier grand rendez-vous des Juifs avec leur histoire. La ruse d’Allah les avait rattrapées, eux qui s’était reposés sur leurs lauriers, et qui se sentaient intouchables derrière les grandes murailles du Temple de Jérusalem.

 

Par : Karim ZENTICI    



[1]Voir : Tabâshîr e-Tawrât wa el Injîl bi el islâm wa rasûlihi Mohammed du D. Nasr Allah ‘Abd ‘Ahmân Abû Tâlib.

[2]Le Lévitique 20.22-24

[3]Le Lévitique 18.3-5

[4]Deutéronome : 18. 14-15 La version actuelle précise : « Ces nations que tu déposséderas écoutent ceux qui pratiquent l’incantation et consultent les oracles. Mais pour toi, le SEIGNEUR Ton Dieu n’a rien voulu de pareil : c’est un prophète comme moi que le SEIGNEUR Ton Dieu te suscitera  du milieu de toi, d’entre tes frères ; c’est lui que vous écouterez.» Si l’on en croit le discours de Pierre [Les actes de Apôtres : 3.19-26], qui reprend la prédiction de Moïse, les chrétiens attendent encore ce fameux prophète. Ils prétendent certes qu’il serait Jésus, mais en cela ils détruisent littéralement leur dogme, car ils attendent un prophète auquel il voue déjà le culte divin ! Par essence, la nature d’un prophète est différente de celui qui l’envoie en sachant que sa mission est de faire adhérer les hommes au culte du Roi des hommes !

[5] Deutéronome : 32.21

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