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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 11:07

 

Dialogue avec Karim Hanifi II3/6 

 

Des preuves de la Bible de la falsification de la Bible (suite)

 

Ésaïe 59:2,3,4

Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation Entre vous et votre Dieu ; Ce sont vos péchés qui vous cachent sa face Et l'empêchent de vous écouter. 3Car vos mains sont souillées de sang, Et vos doigts de crimes ; Vos lèvres profèrent le mensonge, Votre langue fait entendre l'iniquité. 4Nul ne se plaint avec justice, Nul ne plaide avec droiture ; Ils s'appuient sur des choses vaines et disent des faussetés, Ils conçoivent le mal et enfantent le crime.…

Michée 6:12

Ses riches sont pleins de violence, Ses habitants profèrent le mensonge, Et leur langue n'est que tromperie dans leur bouche.

1 Timothée 4:2 

par l'hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience,

Ésaïe 30:9,10

Va maintenant, écris ces choses devant eux sur une table, Et grave-les dans un livre, Afin qu'elles subsistent dans les temps à venir, Eternellement et à perpétuité. 9Car c'est un peuple rebelle, Ce sont des enfants menteurs, Des enfants qui ne veulent point écouter la loi de l'Eternel, 10Qui disent aux voyants : Ne voyez pas ! Et aux prophètes : Ne nous prophétisez pas des vérités, Dites-nous des choses flatteuses, Prophétisez des chimères !…

Ésaïe 28:15

Vous dites: Nous avons fait une alliance avec la mort, Nous avons fait un pacte avec le séjour des morts ; Quand le fléau débordé passera, il ne nous atteindra pas, Car nous avons la fausseté pour refuge et le mensonge pour abri.

Actes 13:10

et dit : Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites du Seigneur?

Jérémie 23:25,26

J'ai entendu ce que disent les prophètes Qui prophétisent en mon nom le mensonge, disant : J'ai eu un songe ! j'ai eu un songe ! 26Jusques à quand ces prophètes veulent-ils prophétiser le mensonge, Prophétiser la tromperie de leur cœur ?

Jérémie 14:14

Et l'Eternel me dit : C'est le mensonge que prophétisent en mon nom les prophètes ; Je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point donné d'ordre, Je ne leur ai point parlé ; Ce sont des visions mensongères, de vaines prédictions, Des tromperies de leur cœur, qu'ils vous prophétisent. 

Mais aussi Jérémie 5:31 Jérémie 20:6 Jérémie 23:16 Jérémie 23:21 Jérémie 23:25, 26 Jérémie 29:21

Deutéronome 18:20,21,22

Mais le prophète qui aura l'audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai point commandé de dire, ou qui parlera au nom d'autres dieux, ce prophète-là sera puni de mort. 21Peut-être diras-tu dans ton cœur : Comment connaîtrons-nous la parole que l'Eternel n'aura point dite ?

Psaume 4:2

Jusques à quand aimerez-vous la vanité, Chercherez-vous le mensonge ? 

Osée 8:5

L'Eternel a rejeté ton veau, Samarie ! Ma colère s'est enflammée contre eux. Jusques à quand refuseront-ils de se purifier ?

Ézéchiel 13:6,7

Leurs visions sont vaines, et leurs oracles menteurs ; Ils disent : L'Eternel a dit ! Et l'Eternel ne les a point envoyés ; Et ils font espérer que leur parole s'accomplira. 7Les visions que vous avez ne sont-elles pas vaines, Et les oracles que vous prononcez ne sont-ils pas menteurs ? Vous dites : L'Eternel a dit ! Et je n'ai point parlé.…

2 Pierre 2:1,2

Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. 2Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux.…

Michée 2:11

Si un homme court après le vent et débite des mensonges : Je vais te prophétiser sur le vin, sur les boissons fortes ! Ce sera pour ce peuple un prophète.

Michée 3:5

Ainsi parle l'Eternel sur les prophètes qui égarent mon peuple, Qui annoncent la paix si leurs dents ont quelque chose à mordre, Et qui publient la guerre si on ne leur met rien dans la bouche :

Sophonie 3:4

Ses prophètes sont téméraires, infidèles ; Ses sacrificateurs profanent les choses saintes, violent la loi.

Jérémie 6:13

Car depuis le plus petit jusqu'au plus grand, Tous sont avides de gain ; Depuis le prophète jusqu'au sacrificateur, Tous usent de tromperie.

Ésaïe 28:7

Mais eux aussi, ils chancellent dans le vin, Et les boissons fortes leur donnent des vertiges ; Sacrificateurs et prophètes chancellent dans les boissons fortes, Ils sont absorbés par le vin, Ils ont des vertiges à cause des boissons fortes ; Ils chancellent en prophétisant, Ils vacillent en rendant la justice. 

Ésaïe 10:1

Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, Et à ceux qui transcrivent des arrêts injustes,

Psaume 120:2,3

Eternel, délivre mon âme de la lèvre mensongère, De la langue trompeuse ! 3Que te donne, que te rapporte Une langue trompeuse ?

Ésaïe 59:13

Nous avons été coupables et infidèles envers l'Eternel, Nous avons abandonné notre Dieu ; Nous avons proféré la violence et la révolte, Conçu et médité dans le cœur des paroles de mensonge ;

Ésaïe 32:6

car l'insensé profère des folies, Et son cœur s'adonne au mal, Pour commettre l'impiété, Et dire des faussetés contre l'Eternel, Pour laisser à vide l'âme de celui qui a faim, Et enlever le breuvage de celui qui a soif. 

Là, Karim va nous dire qu’il incombe de contextualiser ces passages, ce qui n’est pas faux en soi, et pour les endroits où il est explicitement fait mention d’altération, il s’agit de l’esprit non de la lettre. Ce à quoi nous répondons que c’est exactement ces mêmes arguments qui relativiseront les Versets du Coran cités plus haut, sauf que : 1°) Cet exégèse de la falsification de l’esprit aux dépens de la lettre est ultra minoritaire dans les rangs des musulmans, et il fut maintes fois réfuté, notamment par ibn Hazm, même si ibn Taïmiya, comme à son habitude est beaucoup plus nuancé ; 2°) C’est l’ensemble de tous ces indices qui résoudra l’énigme, mais cela ne veut pas dire que chaque indice est clair comme de l’eau de roche, sinon, il n’y aurait pas divergence sur la chose ; 3°) Ibn ‘Abbâs tranche sur la question à la faveur d’une narration qui enlève les derniers doutes, s’il y en avait encore. C’est donc à la lumière de ses explications qu’il faut expliquer tous ces textes, tant bibliques que coraniques.

 

Et fait aggravant, d’un point de vue purement anthropologique, et sur ce point, nous rejoignons l’approche historico-critique, il existe une constante universelle qui traverse les peuples et l’Histoire, et selon laquelle l’erreur intellectuelle est motivée par deux facteurs. Bien sûr, le Coran n’est pas concerné par ce phénomène, étant donné que sa conservation, contrairement à la Bible, est transcendante, mais faut-il le rappeler.[1]

 

Il existe deux forces inhérentes à l’homme : une force intellectuelle qui touche à la connaissance, et qui va pousser à la réflexion, et une force émotionnelle qui va pousser à l’action.  Tout le Coran tourne autour de cette dualité constituant un véritable leitmotive qui parsème les pages du Livre sacré, avec, pour point d’orgue, la sourate de l’Ouverture qui met en garde contre ces deux fléaux à l’origine de la perdition : l’un touche au savoir, comme chez les chrétiens égarés qui accusent principalement une tare à ce niveau-là, et l’autre touche aux passions, comme chez les Juifs qui ont encouru la Colère divine pour avoir accusé une tare à ce niveau-là.

 

Pour les erreurs qui relèvent du domaine de la force intellectuelle, celles-ci sont éventuellement involontaires, et pour celles qui s’attachent à la force émotionnelle et aux passions, elles sont surtout volontaires. Il est donc péremptoire d’opter formellement pour l’une de ces deux options, pour ce qui concerne la conservation de la Bible, et de mettre de côté l’autre qui n’est pas moins vraisemblable, bien au contraire, comme nous l’avons vu plus haut. D’ailleurs, c’est exactement ce constat que déplore Jérôme de Stridon (m. 420) l’un des Pères de l’Église latine au moment de s’attaquer à ses travaux de traduction. Il relève que les erreurs de copistes sont de deux ordres (volontaires et involontaires), conformément à cette réalité anthropologiques. Voici une partie de la lettre-préface de « saint » Jérôme, adressée au pape Damase (m. 384), qui lui avait demandé de remanier tous les textes des Évangiles en cours pour former un livre de base, qui sera seul officiellement en cours depuis, ayant pour nom, la Vulgate :

 
"
Vous voulez qu'avec les matériaux d'un ancien ouvrage j'en refasse un nouveau ; que je me pose comme arbitre dans l'examen des textes de l'Écriture répandus dans le monde ; vous voulez, en un mot, que j'explique les variantes qu'on y trouve, et que je signale ses passages concordants avec la version grecque la plus authentique. C'est une pieuse entreprise, mais une présomption dangereuse que de s'établir juge des autres, quand soi-même on doit avoir pour juge l'opinion générale ; que de prétendre changer la langue des vieillards, ramener le monde, déjà vieux, au bégaiement de l'enfance. En effet, quel est l'homme de nos jours, savant ou non savant, qui, se décidant à prendre en main notre ouvrage, et voyant discréditer le texte dont il se sert habituellement et dans lequel il a appris à lire, ne se récrie aussitôt, et ne me traite de faussaire, de sacrilège, dont l'audace impie n'a point reculé devant des additions, des changements et des corrections à des textes consacrés par le temps ?

 
Contre de semblables reproches une double consolation m'est offerte ; la première, c'est que cette mission m'a été confiée par vous ; la seconde, c'est que, d'après le témoignage même de ceux qui nous attaquent, il ne pourrait y avoir de vérité complète dans les ouvrages où on ne peut signaler des variantes. En effet, si nos adversaires pensent que les exemplaires latins sont dignes de confiance, qu'ils désignent lesquels ; car il existe presque autant d'originaux que d'exemplaires. S'ils pensent, au contraire, que la vérité ne saurait être découverte que par la comparaison des différents textes , pourquoi trouvent-ils mauvais que j'aie la prétention de corriger, tout en remontant aux sources grecques, les parties du texte qui ont été ou mal comprises par des interprètes ignorants, ou tronquées, dans de mauvaises intentions, par des correcteurs inhabiles et présomptueux, ou surchargées d'additions et altérées par de paresseux copistes ?
"

 

(L’original du texte se trouve à la bibliothèque National de France, François Mitterrand, à Paris, sous le titre : Sanctii Eusebii Hieronymi).

 

Dans son fameux jawâb dha’îf, pour reprendre l’expression consacrée de l’érudit Karim, ibn Taïmiya fait exactement le même constat. Il est donc exclu de le discréditer sous prétexte qu’il serait chauvin ou qu’il utiliserait des versions de la Bible fabriquées de toute pièce par des musulmans, puisqu’il arrive aux mêmes conclusions qu’une grande sommité chrétienne préislamique que l’on ne peut soupçonner de parti pris. Ce dernier constate qu’il y a trois étapes pour avoir accès aux « Écritures saintes » :

Primo : il faut prouver l’affiliation des textes aux différents prophètes.

Secundo : la traduction doit être fidèle que ce soit en arabe ou dans la langue des personnes intéressées comme le Romain et le Syriaque. Il faut savoir que Moïse, David, Jésus, et les prophètes des tribus d’Israël en général parlaient l’Hébreu. Prétendre que la langue du Messie était syriaque ou romaine, c’est commettre une erreur.

Tercio : il faut veiller à la bonne interprétation du texte traduit et à sa bonne compréhension.[2]

 

En définitive, les gens du Livre (Juifs et chrétiens) s’accordent à dire avec les musulmans que les écritures anciennes ont été en partie falsifiées soit délibérément soit en raison des erreurs de traduction dans l’explication des mots, leur exégèse, et leur interprétation.

 

Quiconque veut prétendre que Mohammed (r) contredit les écritures doit se soumettre à deux prémices :

  • La première : il faut confirmer l’affiliation du texte avec le prophète en question (celui dont il est prétendu qu’il est en désaccord avec le Messager).
  • La deuxième : consiste à en détecter les sens. Quiconque veut se référer à un prophète quelconque doit nécessairement vérifier la validité de ses deux prémices : l’énoncé du texte et sa chaîne de transmission.[3]

 

Prenons l’exemple du verset : « Baptisez les hommes au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. »[4] Ibn Taïmiya note que, bien qu’il soit le fondement primordial du dogme trinitaire, ce passage se trouve uniquement dans l’Évangile de Mathieu.[5]  

Plus tard, Érasme de Rotterdam (m. en 1536) soulèvera la même problématique. Celui-ci a consacré sa carrière à la production des versions les plus fiables et les plus précises de textes grecs anciens en comparant les manuscrits les plus anciens possibles, puis en les purgeant des erreurs de copie et des malentendus linguistiques, voire des insertions savantes ultérieures. En produisant une nouvelle édition du texte grec original du Nouveau Testament, il découvrit qu’un verset qui faisait depuis longtemps partie de la Bible latine et qui était utilisé comme preuve définitive de la Trinité était un ajout ultérieur totalement absent du grec original. Ce verset se lit comme suit : ‘Et il y en a trois qui rendent témoignage au ciel, le Père, la Parole et le Saint-Esprit: et ces trois ne font qu’un…’ King James Bible 1 Jean 5: 7–8. Seuls quatre manuscrits grecs mentionnaient cette fameuse « virgule johannienne » et tous étaient historiquement tardifs ; Jerry Bentley, Humanists and Holy Writ , Holy Writ , p. 45, 152-153.

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

[2] Voir: El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (1/137,138).

[3] El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (5/124,125).

Voir : http://mizab.over-blog.com/article-ibn-taimiya-et-la-bible-111015014.html

[4] Mathieu; 28.19

[5] El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (2/81).

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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 06:23

Dialogue avec Karim Hanifi II2/6 

 

Or, pour ceux qui ne se laisserait pas convaincre par toutes ses preuves, alors voici comment le grand Exégète du Coran les a comprises à travers une narration fiable, citée par l’inébranlable Bukhârî qui relate le discours d’ibn ‘Abbâs : « Écoutez braves gens, s’écria-t-il à son public ! Comment pouvez-vous encore vous renseigner auprès des adeptes des Écritures, alors que le Livre qui fut révélé à votre Prophète vous rapporte des nouvelles fraiches du ciel que vous lisez au quotidien, et qui, vous le concevez aisément, n’a jamais été déformé ! En revanche, Allah vous a informé que les Juifs et les chrétiens ont changé la Parole de Dieu, en Lui imputant les Écritures qu’ils ont mensongèrement manipulées afin de les troquer contre un vil prix. »[1]   

 

En outre, si, comme le laisse entendre Karim, la Thora et l’Évangile avaient été épargné de la main coupable des scribes, à quoi bon interdire de valider ou de démentir les narrations israélites, dont la lettre, si l’on s’en tient au raisonnement de Karim, n’aurait pas été falsifiée ? Jâbir ibn ‘Abd Allah raconte : Un jour, ‘Omar ibn el Khattâb rencontra le Prophète (r) avec, entre les mains, un livre qu’il avait récolté d’un israélite. Il en lut un passage à l’Élu qui entra dans une colère troublante : « Serais-tu pris par le doute, ibn el Khattâb, s’écria-t-il ? Par celui qui détient mon âme entre Ses Mains, le message que je vous ai apporté est clair et limpide. Ne demandez rien aux israélites qui risquent de vous inciter à démentir la vérité ou à cautionner un mensonge. Par celui qui détient mon âme entre Ses Mains, Si Moussa était vivant, il n’aurait d’autre choix que de me suivre. » »[2]

 

Un jour, le Khalife ‘Omar vit un exemplaire de la Thora dans les mains de l’ancien rabbin Ka’b el Akhbâr : « Ka’b, s’exclama-t-il, si tu es sûr que cet exemplaire est la Thora révélé par Dieu à Moussa ibn ‘Imrân, alors tu n’as qu’à la lire. »[3]

 

D’après el Bukhârî, on demanda à ‘Abd Allah ibn ‘Amr (une autre version parle de l’ancien rabbin ‘Abd Allah ibn Sallâm) : « Parles-nous de la description du Messager d’Allah (r) dans la Thora :

  • Il est décrit dans la Thora, répondit-il, avec certaines qualités qui lui sont attribuées dans le Coran : « Ô Prophète ! Nous t’avons envoyé comme témoin, annonciateur, et avertisseur. Le protecteur des illettrés, tu es Mon serviteur et Mon Messager, Je t’ai appelé le Mutawakkil (celui qui s’en remet à Dieu). Tu n’es pas rude, tu n’as pas le cœur dur, tu ne cries pas dans les marchés, tu ne rends pas le mal par le mal, mais tu rends le mal par le bien. Tu pardonnes et fais grâce. Je ne le ferais pas mourir avant qu’il ne redresse la religion corrompue. Je vais ouvrir par lui des yeux aveugles, des oreilles sourdes, et des cœurs fermés, tous reconnaissants que Dieu seul soit digne d’être adoré. » »[4]

 

 

En commentaire à ce texte, ibn Taïmiya précise : « Il faut entendre par Thora soit le nom générique pour désigner les Ecritures anciennes soit la Thora particulière à Moïse. S’il en est ainsi, ce texte ne se trouve pas dans tous les exemplaires de la Thora que j’ai pu lire. Cependant, la prophétie d’Esaïe nous apprend : « Voici mon serviteur qui me réjouit, je lui ai consacré ma révélation. Il va faire régner ma justice sur les nations et leur faire part des recommandations. Il ne rira pas aux éclats, il ne fera pas entendre sa voix dans les marchés. Il va ouvrir des yeux borgnes, des oreilles sourdes, et faire vivre des cœurs sellés. Je vais lui octroyer ce que je n’ai donné à nul autre. Il va louer Dieu par de nouvelles louanges, il viendra de l’extrémité de la terre. Le désert et ses habitants vont exulter de joie. Ils vont clamer l’unicité de Dieu en grimpant chaque colline comme ils vont l’exalter en descendant chaque colline. Lui ne s’étiolera pas, lui ne ploiera pas, il ne penchera pas vers les passions ; il sera rayonnant, il n’avilira pas les pieux qui seront comme une poignée faible. Il va plutôt renforcer les véridiques. Il sera le prince des humbles, il sera la lumière de Dieu qui ne s’éteint pas, et les marques de son règne seront sur ses épaules.»[5]

 

Enfin : [Mohammed, le Messager d’Allah, et les croyants qui l’entourent sont durs avec les infidèles, mais plein de compassion les uns pour les autres ; eux, que tu vois s’incliner et se prosterner dans l’espoir de gagner la grâce et l’assentiment du Seigneur. On les reconnait à la marque laissée sur leur front à force de prosternation, comme les décrits la Thora, mais aussi l’Évangile. Ils sont semblables à une semence qui germe, puis, qui se raffermit, s’épaissit, pour enfin tenir sur sa tige à la grande joie des semeurs afin d’irriter les infidèles].[6] Ibn Hazm souligne que cette description est absente des versions actuelles de la Bible. Il en conclut qu’elle fut sciemment enlevée.[7]

 

Des preuves de la Bible de la falsification de la Bible

 

Luc 11:28
Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !

 

Voici une compilation de passages de la Bible qui font allusion de près ou de loin à l’altération matérielle et volontaire des AT et NT, en sachant que la transmission orale est déterminante pour expliquer ce phénomène ; et qu’il n’y a pas si longtemps, Karim épousait cette opinion, et, si l’on en juge le blog dans lequel il était actif, il associait sa voix à celle de ses coreligionnaires jugés chauvins par leurs adversaires chrétiens.[8] Et, fait aggravant, nous remarquons qu’il existe une similitude, et parfois au mot près, entre les témoignages de la Bible et ceux du Coran. Or, nous l’avons démontré dans le prologue, c’est le Livre sacré des musulmans qui va trancher dans cette affaire.

 

Deutéronome 31:24,29

24Lorsque Moïse eut complètement achevé d'écrire dans un livre les paroles de cette loi, 25il donna cet ordre aux Lévites qui portaient l'arche de l'alliance de l'Eternel: 26Prenez ce livre de la loi, et mettez-le à côté de l'arche de l'alliance de l'Eternel, votre Dieu, et il sera là comme témoin contre toi. Car je connais ton esprit de rébellion et la roideur de ton cou. Si vous êtes rebelles contre l'Eternel pendant que je suis encore vivant au milieu de vous, combien plus le serez-vous après ma mort! 28Assemblez devant moi tous les anciens de vos tribus et vos officiers ; je dirai ces paroles en leur présence, et je prendrai à témoin contre eux le ciel et la terre. Car je sais qu'après ma mort vous vous corromprez, et que vous vous détournerez de la voie que je vous ai prescrite ; et le malheur finira par vous atteindre, quand vous ferez ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, au point de l'irriter par l'œuvre de vos mains.

Exode 32:9

L'Eternel dit à Moïse : Je vois que ce peuple est un peuple au cou roide.

Néhémie 9:16

Mais nos pères se livrèrent à l'orgueil et raidirent leur cou. Ils n'écoutèrent point tes commandements, 17ils refusèrent d'obéir, et ils mirent en oubli les merveilles que tu avais faites en leur faveur. Ils raidirent leur cou ; et, dans leur rébellion, ils se donnèrent un chef pour retourner à leur servitude. Mais toi, tu es un Dieu prêt à pardonner, compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et tu ne les abandonnas pas,

Ésaïe 48:4 

Sachant que tu es endurci, Que ton cou est une barre de fer, Et que tu as un front d'airain, 

Psaume 78:8

Afin qu'ils ne fussent pas, comme leurs pères, Une race indocile et rebelle, Une race dont le cœur n'était pas ferme, Et dont l'esprit n'était pas fidèle à Dieu

Jérémie 8:8

Comment pouvez-vous dire : Nous sommes sages, La loi de l'Eternel est avec nous ? C'est bien en vain que s'est mise à l'œuvre La plume mensongère des scribes.

Jude 1:11

Malheur à eux ! car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l'égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de Coré. 

Jérémie 23:36

Mais vous ne direz plus : Menace de l'Eternel ! Car la parole de chacun sera pour lui une menace ; Vous tordez les paroles du Dieu vivant, De l'Eternel des armées, notre Dieu.

Galates 1:7

Non pas qu'il y ait un autre Evangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Evangile de Christ.

2 Corinthiens 2:17

Car nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs ; mais c'est avec sincérité, mais c'est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu.

2 Corinthiens 4:2

Nous rejetons les choses honteuses qui se font en secret, nous n'avons point une conduite astucieuse, et nous n'altérons point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité, nous nous recommandons à toute conscience d'homme devant Dieu.

1 Thessaloniciens 2:3,4

Car notre prédication ne repose ni sur l'erreur, ni sur des motifs impurs, ni sur la fraude; 4mais, selon que Dieu nous a jugés dignes de nous confier l'Evangile, ainsi nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu, qui sonde nos cœurs.…

Actes 20:29, 30

Je sais qu'il s'introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n'épargneront pas le troupeau, 30et qu'il s'élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux.

Matthieu 23:13,14,15

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l'apparence de longues prières ; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement. 15Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et, quand il l'est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous.

Actes 13:10

et dit : Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites du Seigneur ?

2 Thessaloniciens 2:1,2

de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu'on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là.3Que personne ne vous séduise d'aucune manière ; car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition,…

2 Pierre 3:16,17

C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine. 17Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, mettez-vous sur vos gardes, de peur qu'entraînés par l'égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté.…

Matthieu 15:3

Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ? 

Tite 1:14,15

et qu'ils ne s'attachent pas à des fables judaïques et à des commandements d'hommes qui se détournent de la vérité.15Tout est pur pour ceux qui sont purs ; mais rien n'est pur pour ceux qui sont souillés et incrédules, leur intelligence et leur conscience sont souillées.…

2 Timothée 4:3,4

Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, 4détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.

Tite 1:11

Ils bouleversent des familles entières, enseignant pour un gain honteux ce qu'on ne doit pas enseigner. 

2 Corinthiens 11:13

Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. 

Apocalypse 2:2

2Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants ; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs ;

Romains 16:17,18

Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Eloignez-vous d'eux. 18Car de tels hommes ne servent point Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre ; et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les cœurs des simples.

Philippiens 3:19

Leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu'aux choses de la terre.

2 Pierre 2:3

Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point

1 Pierre 5:2

Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ;

1 Timothée 3:8

Les diacres aussi doivent être honnêtes, éloignés de la duplicité, des excès du vin, d'un gain sordide,

Tite 1:7

Car il faut que l'évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu ; qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête ;

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Narration rapportée par Bukhârî (n° 2539).

[2] Hadîth rapporté par Ahmed (3/387) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans Zhilâl el Janna (n° 50).

[3] Nous reviendrons sur ce récit, mais en attendant, ibn Taïmiya explique que, je cite : « Le successeur d’Abou Bakr a laissé la chose en suspens, sans prétendre de façon formelle que cette version est falsifiée, faute de preuve en main allant dans ce sens. »

[4] Rapporté par el Bukhârî (2125).

[5] Voici le passage en question dans la version actuelle : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu que j’ai moi-même en faveur. J’ai mis mon Esprit sur lui. Pour les nations il fera paraître le jugement, il ne criera pas, il n’élèvera pas le ton, il ne fera pas entendre dans la rue sa clameur, etc. » Esaïe ; 42.1-12 voir également : Esaïe ; 35.1-10 et 9.5,6.

[6] La grande conquête ; 29

[7] Voir : el fisal wa e-nihal (1/160).

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 20:07

Dialogue avec Karim Hanifi II1/6

 

[Parmi les gens du Livre, il y en a qui croient en Dieu, et à la révélation que vous a été dictée, ainsi qu’à la-leur ; et pleinement soumis à Dieu, ils ne tronquent jamais Ses enseignements contre un vil prix ; ceux-là trouveront leur récompense auprès de Leur Seigneur toujours prompt dans Ses comptes].[1]

 

Voir : https://www.youtube.com/watch?v=Llqf_NA16n8&t=321s

https://www.youtube.com/watch?v=iWbUkyDCSdA&t=1s

 

Nous avons vu dans le prologue les limites de la méthode historico-critique grâce à une analyse de Jonathan Brown, professeur associé à la chaire en histoire de la civilisation islamique à l’Université de Georgetown, qui démontre peut-être encore une fois que les anglo-saxons sont en avance sur nous, même dans ce domaine. Il explique notamment que : « … la critique occidentale de la tradition des hadiths peut être considérée comme un acte de domination dans lequel une vision du monde affirme son pouvoir sur une autre en dictant les termes selon lesquels la « connaissance » et la « vérité » sont établies.

Dans cette perspective, on pourrait se demander pourquoi la « lumière » que les érudits occidentaux ont mise sur les hadiths est nécessairement plus utile pour « faire progresser la compréhension humaine » que ce que la tradition du hadith a déjà offert. Comme l’ont montré des intellectuels comme Edward Saïd, la connaissance, c’est le pouvoir, et étudier un objet, c’est en établir le contrôle.

Ce n’est donc pas un hasard si quatre des cinq principaux axes de progression de l’étude occidentale du monde islamique se sont développés à partir d’intérêts coloniaux ou diplomatiques européens (l’étude française du droit et de la culture islamique en Afrique du Nord coloniale, des études néerlandaises similaires en Asie du Sud-Est, études britanniques sur l’islam en Inde et intérêt diplomatique européen pour l’Empire ottoman).

Vers la fin du XIXe siècle, les diplomates européens avaient défendu l’idée de promouvoir un islam « progressiste » parmi les populations colonisées. Les discussions occidentales sur la fiabilité de la tradition des hadiths s’inscrivent donc dans un contexte historique et ne sont pas neutres.

Cette question se développe par ailleurs dans le cadre d’un débat plus large sur la dynamique du pouvoir entre « religion » et « modernité » et entre « islam » et « occident ».

Au lieu d’aborder la question de l’authenticité d’un point de vue téléologique, en supposant que la vision « musulmane » de la tradition du hadith serait erronée et que les érudits occidentaux l’auraient réveillée de son sommeil millénaire en la guidant progressivement vers une approche plus précise, nous dirons que la tradition des hadiths est si vaste et nos tentatives pour évaluer son authenticité si inévitablement limitée à de petits échantillons, que toute attitude à son égard repose nécessairement davantage sur notre vision critique du monde que sur des faits empiriques.

La tradition musulmane des hadiths et l’étude académique occidentale des origines islamiques représentent des approches diamétralement opposées pour évaluer l’authenticité historique du hadith. Les deux approches sont critiques, en ce sens qu’elles se préoccupent de la fiabilité des sources historiques, mais les deux reposent sur deux séries d’hypothèses qui sont à l’origine des problèmes rencontrés. La tradition sunnite de la critique des hadiths est fondée sur un engagement, celui de filtrer l’authenticité des hadiths non fiables à partir de hadiths fiables sur la base de critères qui examinent à la fois les sources d’un rapport et son contenu.

En l’absence de preuves contradictoires ou d’objections fortes, les érudits et les juristes du hadith ont traité un propos attribué prima facie au Prophète comme quelque chose qu’il aurait vraiment déclaré. Le scepticisme envers les hadiths n’était pas le paramètre par défaut des critiques musulmans du hadith.

Selon Ibn Hanbal, même un hadith dont l’authenticité n’était pas établie constituait une meilleure source de droit que le fait de statuer par sa seule raison. Un examen critique d’un hadith n’était requis que lorsqu’un érudit avait une raison impérieuse de douter de son authenticité. L’approche des universitaires occidentaux a été strictement inverse. Selon le célèbre Lord Acton (mort en 1902), un historien moderne ne peut pas croire en la présomption d’innocence. Sa première réaction à une source historique doit être marquée par la suspicion. »[2]

 

Bien que biaisée, cette méthode d’investigation a été reprise par des musulmans progressistes qui l’ont adapté à la foi islamique dans l’objectif de rejeter toutes les narrations prophétiques qui ne les arrangent pas, fussent-elles rendues fiables par les deux plus grands spécialistes en la matière que sont les incontestables Bukhârî et Muslim. C’est un peu ce que nous fait Karim Hanifi, qui, de ses propres aveux, est rigoriste en matière de critique de hadîth. Sous couvert de débarrasser le corpus du hadîth des légendes et des superstitions, il élimine, dans la règle de l’art, des pans entiers du patrimoine. Bien que son idée de départ soit éventuellement louable, il procède à une véritable amnésie collective dont il veut nous faire les complices, et qui aura des conséquences irréversibles sur sa vision des annonces de la Bible de la venue de Mohammed. D’ailleurs, ces deux postulats sont si étroitement liés dans la thématique de Karim qu’il construit, peut-être même par un phénomène inconscient, l’un sur l’autre, de sorte qu’ils sont chez lui indissociables. Il l’avouera, nous le verrons bientôt.

 

Son château de carte tient sur la théorie que la Bible n’est pas falsifiée. Elle a certes, à ses yeux, eu des problèmes de conservation dus à des erreurs de scribe qui, malgré tout, restent mineures et, sauf cas rares, sont sans incidences dogmatiques. Il suffit donc de démonter cette théorie pour ébranler son château de carte, et par la-même, sa vision extrêmement exigüe, voire biblo-compatible, des annonces bibliques. C’est ce à quoi nous nous attelons dans le prochain paragraphe.

 

La falsification de la Bible entérinée par le Coran

 

Nous ne nous arrêterons pas ici sur les preuves historico-critiques de la falsification de la Bible. Néanmoins, sachons que Karim s’inscrit aux antipodes de chercheurs tels que Thomas Römer, voire dans une moindre mesure, du Professeur Bart Erhman[3] qui ont leur pendant au sein des musulmans (ce qui, soit dit en passant, démontre que ces musulmans ne sont pas moins objectifs que les chercheurs modernes). Et, comme souvent, la vérité se trouve au milieu, nous apprend en substance ibn Taïmiya qui va occuper une part grandissante de notre présente démonstration. Ce dernier rejoint l’avis minoritaire que la Bible est dans l’ensemble conservée, mais qu’elle n’échappe pas à la manipulation volontaire des copistes.[4] Cet avis marginal a servit de prétexte aux détracteurs du doyen damascène pour jeter le discrédit sur son érudition. C’est dire en quoi il est révolutionnaire ; et pourtant, malgré cela, il n’a pas contenté les faveurs de Karim. C’est d’ailleurs ce qui m’a mis la puce à l’oreille, mais ne précipitons pas les évènements, nous aurons largement le temps de revenir sur ce point, si Dieu nous prête vie !

 

Arrêtons-nous ici aux textes coraniques qui dévoilent les agissements des compilateurs du Nouveau et de l’Ancien Testament. Commençons dans l’ordre avec ce Verset ô combien éloquent : [Ô fils d’Israël ! Souvenez-vous des faveurs dont Je vous ai comblé, et tenez la promesse que vous M’avez nouées afin que vous jouissiez de la Mienne, et c’est bien Moi que vous devez craindre plus que tout ! Ajoutez foi à la Parole que J’ai révélée, et qui ne fait que corroborer les Écritures qui sont entre vous mains ; ne soyez pas les premiers à la renier, en la troquant contre un vil prix, car c’est bien Moi que vous devez redoutez plus que tout ! Ne mêlez pas le vrai et le faux, et ne dissimuler pas la vérité, alors que vous savez ce qu’il en est réellement ?][5] ; 

Enchainons : [Gardez-vous encore l’espoir de les rallier à votre cause, malgré les crimes qu’ils ont perpétrés contre la Parole de Dieu que plusieurs d’entre eux ont altérée en toute âme et conscience, après l’avoir assimilée][6] ;

[Certains d’entre eux sont de piètres illettrés pour lesquels la connaissance du Livre se borne à sa lecture ou à de vulgaires conjectures • Malheur à ceux qui imputent à Dieu les Écritures qu’ils manipulent de leurs mains afin de les troquer contre un vil prix ! Que le malheur s’abatte sur eux, ceux-là même qui ont fabriqué des écrits de leurs mains coupables au prix d’un vilain salaire][7] ;

[Ceux à qui Nous avons accordé le Livre connaissent le Prophète aussi bien que leurs propres fils, sauf que plusieurs d’entre eux ont dissimilé la vérité en toute âme et conscience][8] ;

(Vous les adeptes des Écritures, qu’avez-vous à mêler le vrai et le faux, et à dissimuler la vérité, alors que vous savez ce qu’il en est réellement ?)[9] ;

(Parmi les adeptes des Écritures, il y en a à qui tu peux confier aisément un quintal d’or, car ils se feraient un devoir de te le rendre ; il en est d’autre, en revanche, qui ne te restitueraient pas même un dernier, à moins de les harceler sans relâche, car ils ne se sentent tenu par aucun devoir à l’égard des illettrés, en prêtant ainsi sciemment à Dieu leurs propres mensonges)[10] ;

(Il y en a parmi eux qui tordent les Écritures avec leur langue pour vous induire en erreur en faisant passer leurs affabulations pour la Parole de Dieu, alors qu’il n’en est rien. En toute âme et conscience, ils profèrent le mensonge sur le compte de Dieu)[11] ;

(Et souviens-toi de l’engagement que les adeptes des Écritures nouèrent avec Dieu, d’exposer aux hommes le Livre en toute clarté, sans rien dissimuler ; et au lieu de cela, l’ayant trahi et jeté derrière leur dos, ils troquèrent le Livre contre un vil prix pour recevoir le plus ignoble des salaires)[12] ;

[Parmi les hébreux, il y en a qui altèrent le sens des Écritures, et qui déforment les mots en s’adressant au Prophète à qui ils promettent : « Nous écoutons et nous refusons d’obéir ! Écoute, puisse-tu ne rien entendre ! » Ils lui laissent entendre de leur langue fourchue : « aie des égards pour nous », alors qu’ils lui profèrent une offense en se rendant ainsi coupables d’un blasphème ! Il aurait été plus juste, et même plus profitable pour eux qu’ils disent : « Nous écoutons et nous obéissons ! Écoute, et aie de l’attention pour nous ! » Sauf qu’ils furent frappés par la malédiction d’Allah à cause de leur impiété, et de leur foi tiède][13] ;

[Mais, dès lors qu’ils trahirent leur engagements, nous les maudîmes, et rendîmes leur cœur dur comme de la pierre, eux qui s’employaient à altérer le sens des Écritures, et qui oublièrent en partie la Loi qui leur fut dictée ; chaque jour te dévoile davantage leurs perfidies auxquelles ils n’ont toujours pas renoncé à l’exception d’une partie infime parmi eux ; mais, fais montre d’indulgence envers eux et ne leur tiens pas rigueur de leurs exactions, car Allah aime les bienfaiteurs • Nous prîmes également l’engagement de ceux qui se revendiquent chrétiens, mais dès lors qu’ils oublièrent en partie la Loi qui leur fut dictée, Nous attisâmes entre eux la haine et l’animosité qui se perpétueront jusqu’à la fin du monde][14] ;

[Toi, Prophète, ne sois pas affligé à cause de ces gens qui se précipitent dans la mécréance tant dans les rangs de ceux qui affichent du bout des lèvres leur adhésion à la foi, à l’inverse de leur cœur qui reste incrédule, que dans les rangs des hébreux qui, friands de mensonges, prêtent une oreille complaisante au discours de leurs coreligionnaires qui ne viennent jamais écouter le tiens ; ceux-là même qui s’emploient à altérer partiellement le sens des Écritures et qui prônent de piocher dans tes enseignements les arrangeant, et de se méfier du reste. Il ne t’appartient pas de sauver ces cœurs dans lesquels Allah a jeté le désarroi et qu’Il refuse de purifier. Ces gens-là sont voués à l’opprobre ici-bas, et un châtiment terrible les attend dans l’autre monde][15] ;

[Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière, et à partir de laquelle les prophètes dévoués à Dieu font régner la justice sur les juifs, au même titre que les rabbins et les docteurs de la Loi, ces dignes témoins et gardiens de leur héritage ; et c’est Moi, et non les hommes que vous devez craindre ; alors, ne troquez pas mes commandements contre un vil prix, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un infidèle][16] ;

(Répond-leur : Qui donc a révélé le Livre à Moïse, duquel émane droiture et lumière pour les hommes, et que vous consignez sur des feuillets à destination du public tandis que vous en dissimulez une grande partie ? Et qui donc vous a enseigné ce que ni vous ni vos ancêtres n’aviez connaissance ? Réponds-leur : qui d’autre que Dieu ! Puis, laisse-les divaguer dans leurs vaines disputes)[17] ; [Quoi de plus injuste que de prêter de tels mensonges à Dieu dans le but d’égarer les hommes sans la moindre clairvoyance ? Allah n’allait pas guider les prévaricateurs].[18]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] La famille d’Imrân ; 199

[5] La vache ; 40-42

[6] La vache ; 75

[7] La vache ; 78-79. Nous avons traduit amânî par « lecture », en nous appuyant notamment sur un autre Verset qui reprend cette acception dans un autre domaine : [Il n’y a pas eu de prophète avant toi ni de messager envoyé par Nos soins sans que Satan n’insuffle, dans sa lecture, son venin] [Le pèlerinage ; 52]

« sa lecture » : c’est-à-dire en arabe tamannî comme ici : [Une partie d’entre eux sont de vulgaires illettrés qui ne connaissent du livre que la lecture, et qui se livrent à de viles conjectures] [La vache ; 78] ; [amânî (la lecture ou des conjectures ndt.)] : Ils sont plus portés par la lettre que par l’esprit des saintes Écritures. Le poète utilise tamannî dans ce sens-là pour faire les éloges de ‘Uthmân (t) à travers les vers :

Il a lu (tamannâ) le Coran au début de la nuit

Et juste avant l’aube, il rencontra le destin

Il s’agit de la nuit de son assassinat (t) qu’il consacra à la prière et à la lecture du Coran. Juste avant l’aube, les kharijites firent irruption chez lui (t) pour le tuer.

Le passage qui nous intéresse de ces vers, c’est l’expression tamannâ qui signifie dans ce contexte précis lire le Coran. Tammanî a donc le sens de « lecture ». Le Prophète lisait donc le Coran.  [sans que Satan n’insuffle, dans sa lecture (umniya), son venin] : umniya, autrement dit dans sa lecture du Coran.

[8] La vache ; 146

[9] La famille d’Imrân ; 71

[10] La famille d‘Imrân ; 75

[11] La famille d’Imrân ; 78

[12] La famille d’Imrân ; 187

[13] Les femmes ; 46

[14] Le repas céleste ; 13-14

[15] Le Repas céleste ; 41

[16] Le Repas céleste ; 44

[17] Le bétail ; 91

[18] Le bétail ; 144 De nombreux Versets condamnent ceux qui forgent impunément un mensonge sur le Créateur Tout-Puissant, tels que : v. 32 s. 39, v. 60 s. 39, v. 21 s. 6, v. 37 s. 7, v. 17 s. 10, v. 68 s. 29.

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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 14:53

Dialogue avec Karim Hanifi I/3

 

Explication

 

Il est possible de déceler la raison de cette mystérieuse liaison entre le Coran et la Thora à travers le contenu de certains des Versets que nous avons cités précédemment. À titre d’exemple, nous pouvons recenser : (Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière)[1] jusqu’à : (Nous te révélâmes, en toute vérité, le Livre venu corroborer les anciennes Écritures et faisant force d’autorité. Alors, appuie-toi dessus pour arbitrer les litiges que te soulèvent les fis d’Israël, et ne cède pas à leurs passions au dépend de la vérité qui y prévaut).[2]

 

Ces Versets dévoilent la raison pour laquelle les deux missions ont été rassemblées dans un seul contexte. Dans la sourate le Repas céleste, le Tout-puissant fait les éloges de la Thora auxquelles Il fait suivre les éloges du Coran. Il met l’accent sur l’autorité que constitue ce dernier sur l’ensemble des messages dont la Thora fait partie. Autrement dit, il en est le Juge, le Témoin, et le Dépositaire loyal. Il en est le Juge pour les avoir abrogés, le Témoin car ils ont été falsifiés alors qu’il est sauvegardé. Il en est le Dépositaire étant donné que tous les enseignements de ces derniers en accord avec lui correspondent à la vérité ; et tout ceux qui le contredisent sont automatiquement jugés faux (voir éventuellement abrogés, ndt.) comme Allah le déclare clairement dans le verset : (Ce Coran expose aux fils d’Israël la plupart des discordes qui les opposent).[3] Ce rapprochement veut probablement nous dire que s’il est reconnu les mérites des Livres sacrées précédents, cela n’autorise pas à les mettre en pratique après l’avènement de Mohammed (r) puisque le Coran fait autorité sur eux.

 

C’est pourquoi, ibn Taïmiya a souligné dans le contexte que nous avons désigné précédemment à l’occasion de la sourate Le voyage nocturne, dans son ouvrage tafsîr Âyât ashkalat : « (En vérité, ce Coran guide vers le chemin le plus droit)[4] : Il est plus droit que celui des dépositaires de la Thora. De plus, il est plus juste au niveau de la direction que le Livre précédent. Malgré la particularité de la Thora à guider sur le droit chemin, le Coran a une plus grande propension à le faire. C’est pourquoi, ce Verset est cité juste après celui dans lequel il est dit : (Nous avons octroyé à Moïse le Livre qui a servi pour les enfants d’Israël de guide).[5]. Ensuite, Il dit : ( En vérité, ce Coran guide vers le chemin le plus droit).[6] »[7]

 

Un autre Verset dans la sourate Les nations agenouillées vient confirmer ce principe : (Puis, Nous t’avons placé sur une voie normative, alors veille à la suivre sans que les passions des ignorants n’exercent sur toi la moindre influence).[8] Le Seigneur Tout-Puissant l’a affirmé après avoir dit : (En vérité, Nous avons concédé aux enfants d’Israël le Livre).[9] Néanmoins, dans la sourate La famille d‘Imrân, le passage suivant en l’occurrence : (Lui qui, en toute vérité, te révéla progressivement le Livre venu corroborer les anciennes Écritures telles que la Thora et l’Évangile qu’Il révéla • Auparavant en guise de bonne direction pour les hommes. Puis, il révéla le Livre du discernement).[10] Allah a fait suivre dans cette énonciation le Coran à la Thora et l’Evangile en le nommant Furqân, le différenciateur (que nous avons traduit pas le Livre du discernement). Il exprime ainsi cette qualité recensée en lui qui est la particularité de trancher entre le vrai et le faux. Cela va certainement dans le sens qu’il est impératif pour toute nation en quête de la vérité, de suivre le Coran indépendamment des autres Livres révélés, après l’avènement de la mission Mohammadienne.

 

Ibn el Qaïyim précise à ce sujet : « Il a évoqué la révélation du Coran le Guide, le Différenciateur qui correspond à la victoire venant trancher entre le vrai et le faux. La subtilité dans le fait de lier la victoire à la bonne direction (le droit chemin, ndt.), c’est que tous deux ont la propension à trancher entre le vrai et le faux. Ainsi, le Très Haut dénomme el Furqân la chose à l’origine de la victoire offerte à Ses Serviteurs comme dans le Verset suivant : (… pour peu que vous croyez en Dieu et à la Loi que Nous avons révélé à Notre serviteur le jour de gloire (Furqân) qui vit s’affronter les deux armées).[11]

Il a donc cité les deux principes : la révélation descendue le jour de gloire qui correspond à la victoire de Badr ; le jour où Allah a séparé le vrai du faux en donnant la victoire à Son messager et à Sa religion, en opposition à l’humiliation et à la débâcle qu’Il a infligé à Ses ennemis. »[12]

 

Ainsi, Allah mentionne ce genre de Versets pour exprimer la nécessité de suivre le Coran en particulier indépendamment des autres Livres comme nous l’avons déjà vu à travers notamment : (À présent, voici un Livre béni que Nous révélons, alors honorez ses Lois).[13] C’est pourquoi, lorsque le Seigneur a mis les croyants en garde de suivre la confession des gens du Livre, Il dit : (Les Juifs et les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi aussi longtemps que tu daignes te soumettre à leur confession. Dis-leur : la voie du Seigneur est pourtant la meilleure. Et si, d’aventure, tu t’avisais à te plier à leurs passions, malgré les enseignements qui te sont parvenus, tu ne trouveras en Allah ni soutien ni protecteur).[14] Il est dans ce contexte fait mention aux adeptes du noble Livre : (Ceux à qui Nous avons donné le Livre, ils le lisent fidèlement, ceux-là y croient réellement, mais les autres qui le renient sont les véritables perdants).[15] Ibn ‘Abbâs donne l’explication suivante : « Ils le suivent fidèlement. » ‘Iqrima, qui n’est autre que le rapporteur d’ibn ‘Abbâs, clarifie : « Ne vois-tu pas que tu peux dire : quelqu’un lit les traces de quelqu’un, c'est-à-dire qu’il le suit. (Par le soleil et sa clarté • Et par la lune quant elle le suit).[16] Mot à mot : quant elle le lit. »[17]

 

Cette description concerne indépendamment les gens du Livre ou les Compagnons (compte tenu de la fameuse divergence sur la question entre les exégètes). Quoi qu’il en soit, les gens du Livre reçoivent les éloges dans la mesure où ils croient au Coran et où ils le suivent effectivement comme nous l’avons déjà vu.

 

Et l’Évangile ?

 

Si l’on demandait pourquoi la plupart de ces Versets font mention uniquement de la Thora indépendamment de l’Évangile ? Nous dirions parce que l’Évangile est dans la continuité de la Thora, et qu’il en est le complément. Ibn Kathîr l’a notifié en faisant l’explication des versets 38 à 51 de la sourate Les récits : « Il est élémentaire pour les gens doués de raison que le Très-Haut n’a pas descendu du ciel parmi les différents livres révélés, de plus complet, de plus vaste, de plus clair, de plus illustre, et de plus noble que le Livre révélé à Mohammed (r), le Coran en l’occurrence. Le Livre accordé à Moïse fils d‘Imrân se situe tout de suite après lui, dans sa noblesse et sa magnificence. Ce Livre qu’Allah a décrit ainsi : (Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière, et à partir de laquelle les prophètes dévoués à Dieu, font régner la justice sur les juifs, au même titre que les rabbins et les docteurs de la Loi, ces dignes témoins et gardiens de leur héritage).[18] Tandis que l’Évangile fut révélé pour justement compléter les enseignements de la Thora, et pour défaire certaines interdictions passées infligées aux Israélites. »[19]

 

Cette analyse  est corroborée par le Verset suivant qui fait dire à Jésus : (Je viens aussi confirmer la Thora qui fut transmise avant moi, mis à part quelques interdits que je vous soulage désormais).[20] Compte tenu que le Coran et la Thora s’avèrent plus achevés que les autres Livres, Allah les a désignés ainsi : (Dis-leur : Alors, apportez-moi un livre céleste plus éclairé que ces deux-là afin que je le suive, si vous êtes vraiment sincères).[21]

 

En résumé, cette fameuse liaison a pour fonction de couper court à toute suspicion éventuelle concernant la pérennité des Livres abrogés bien que l’amalgame soit de taille. En effet, tous proviennent du Seigneur de l’univers. L’un est donc motivé par les éloges que peuvent susciter même dans l’absolu, les livres précédents, l’autre s’applique à en faire les éloges par rapport à leur premier statut, avant d’avoir subit toute altération.[22]

 

À la lumière de l’analyse précédente, il devient clair que les relatifs éloges émis par le Tout-Puissant à l’adresse de la Thora et de l’Évangile mettent en exergue le statut illustre du Coran qui exerce dessus un droit de regard et d’éventuelles corrections qui font suite à leur altération volontaire. En cela, ces fameux éloges ne pointent que les textes originaux qui restent malgré tout soumis à l’approbation du Coran, ce qui, en aucun cas ne ressort de la méthode hanifiya, ne serait-ce que de manière implicite. Ainsi, si on veut écrouler son château de cartes sur lequel il a construit toute sa rhétorique, il suffit de démontrer que l’Ancien et le Nouveau Testaments furent sujets à des falsifications volontaires, en plus des erreurs innombrables qui les parsèment. Ce sera donc l’objet de notre prochain article, si Dieu nous prête vie, qui mettra sérieusement à mal la pierre angulaire de sa fragile démonstration ! Que Dieu nous vienne en aide !

 

 

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

[1] Le Repas Céleste ; 46

[2] Le Repas Céleste ; 48

[3] Les fourmis ; 76

[4] Le voyage nocturne ; 9

[5] Le voyage nocturne ; 2

[6] Le voyage nocturne ; 9

[7] Tafsîr Âyât Ashkalat (1/424).

[8] Les nations agenouillées ; 18

[9] Les nations agenouillées ; 16

[10] La famille d‘Imrân ; 3-4

[11] Le butin ; 41

[12] Badâi’ el Fawâid (2/253).

[13] Le bétail ; 155

[14] La Vache ; 120

[15] La Vache ; 121

[16] Le soleil ; 1-2

[17] Narration rapportée par Abû ‘Ubaïd dans Fadhâil el Qur-ân (p. 130), ibn Jarîr dans son tafsîr (2/388 et 492), et ibn el Muqrî dans el Mu’jam (n° 105) avec une chaîne narrative authentique.

[18] Le Repas Céleste ; 44

[19] Voir : el Jawâb e-Sahîh d’ibn Taïmiya (6/517).

[20] La famille de ‘Imrân ; 50

[21] Les récits ; 49

[22] J’emprunte à longue analyse au livre raf’ e-zhull wa e-sighâr du Sheïkh ‘Abd el Mâlik Ramadhânî.

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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 10:22

 

 

Dialogue avec Karim Hanifi I/2

 

Coran, la première et ultime source en matière de critique de la Bible

 

Il est possible que le Livre saint des musulmans peigne les références originales judéo-chrétiennes sous un habit élogieux, non pour souligner leur inerrance, contrairement aux appréhensions non dites de notre spécialiste, mais pour marquer son excellence et sa prééminence. S’il est vrai que nous avons là la preuve que les véritables textes scripturaires de l’Ancien et du Nouveau Testament aient relativement survécu aux aléas du temps et aux erreurs de retranscription et de traduction, il n’en demeure pas moins qu’ils furent également l’objet de manipulation coupable de la part de scribes peu scrupuleux. Ainsi, le Coran ne se contente pas de les corroborer, mais, avant tout, il y sépare le bon grain de l’ivraie ; il les corrige des erreurs volontaires ou non qu’ils regorgent, il abroge éventuellement ses Lois, et surtout il entérine ses commandements constants et universels. Voici seize passages coraniques démontrant notre propos, et qui interpellent notre frère, qui, nous l’espérons, rectifiera son tir, car, nous ne jouissons pas du luxe de nous passer d’un pourfendeur aussi précieux contre nos contempteurs invétérés.

 

1- Le Verset du Chapitre La vache : (Nous avions déjà offert le Livre à Moïse à qui Nous avions fait succéder d’autres Messagers, tels que Jésus fils de Marie que Nous avions armé de signes éclatants grâce au soutien du Saint-Esprit. Alors jusqu’à quand accueillerez-vous les prophètes avec morgue, traitant les uns d’imposteurs et massacrant les autres, chaque fois que le message qu’ils vous apportent ne flatte pas vos caprices ?)[1] ; Le Coran a été mentionné ensuite en ces termes : (Ils eurent entre les mains un Livre venu du ciel corroborant leurs propres Écritures sur lesquelles ils se basaient pour invoquer le sauveur qui leur accorderait le triomphe sur les païens. Pourtant, dès son avènement, ils dénièrent le reconnaitre et renièrent son ministère, maudit soient ces infidèles !)[2]

 

2- Le Verset de la sourate La famille d‘Imrân : (Lui qui, en toute vérité, te révéla progressivement le Livre venu corroborer les anciennes Écritures telles que la Thora et l’Évangile qu’Il révéla).[3] Le Tout-Puissant a tout de suite après évoqué le Coran : (Auparavant en guise de bonne direction pour les hommes. Puis, il révéla le Livre du discernement).[4] Autrement dit le Coran comme l’a précisé Qatâda et e-Rabî’ ibn Anas dans l’exégèse d’ibn Kathîr. Rien ne sert de réfuter que cela voudrait dire qu’il serait cité à deux reprises comme nous allons l’expliquer prochainement si Dieu le veut !

 

3- [Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière, et à partir de laquelle les prophètes dévoués à Dieu font régner la justice sur les juifs, au même titre que les rabbins et les docteurs de la Loi, ces dignes témoins et gardiens de leur héritage ; et c’est Moi, et non les hommes que vous devez craindre ; alors, ne troquez pas mes commandements contre un vil prix, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un infidèle][5] ; pour dire un peu plus loin : (Nous mimes sur leurs traces Jésus fils de Marie venu corroborer la Thora révélée avant lui. Nous lui transmîmes l’Évangile duquel émanent droiture et lumière en accord avec la Thora révélée auparavant, et revêtant droiture et exhortation à l’adresse des pieux • Que les adeptes de l’Évangile appliquent la loi divine qui y fut révélée, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un pervers).[6]

 

Juste après avoir évoqué la Thora, le Très-Haut fait intervenir le Coran dans Son discours : (Nous te révélâmes, en toute vérité, le Livre venu corroborer les anciennes Écritures et faisant force d’autorité. Alors, appuie-toi dessus pour arbitrer les litiges que te soulèvent les fis d’Israël, et ne cède pas à leurs passions au dépend de la vérité qui y prévaut ; certes, à chacun d’entre vous, Nous avons assigné une Loi et une voix à suivre. Allah aurait très bien pu vous réunir sous l’égide d’une même nation, mais Il préféra vous éprouver pour voir l’usage de ce que chacun d’entre vous détient entre ses mains. Alors, faite montre d’émulation dans les œuvres pies, car c’est vers Allah que vous serez tous ramenés, et là, Il vous instruira sur l’objet de vos divergences).[7] En exégèse à ce Verset ibn Kathîr fait le commentaire suivant : « Le Très-Haut a d’abord évoqué le Livre révélé à Moïse Son Confident, la Thora qu’Il a couverte d’éloges, et à laquelle Il a ordonné de se soumettre à l’époque où elle était encore en vigueur. Puis, Il a cité l’Évangile dont Il a également vanté les vertus à l’endroit de ses partisans les enjoignant de le mettre en pratique et de suivre ses enseignements comme nous l’avons vu précédemment. Enfin, le Très-Haut en vient à citer le Coran Illustre qu’Il a descendu à Son serviteur et adorateur, le noble Messager. »

 

4- (Répond-leur : Qui donc a révélé le Livre à Moïse, duquel émane droiture et lumière pour les hommes, et que vous consignez sur des feuillets à destination du public tandis que vous en dissimulez une grande partie ? Et qui donc vous a enseigné ce que ni vous ni vos ancêtres n’aviez connaissance ? Réponds-leur : qui d’autre que Dieu ! Puis, laisse-les divaguer dans leurs vaines disputes).[8] Tout de suite derrière, il est fait référence au saint Coran : (Et à présent, voici révélé un Livre béni, venu corroboré les anciennes Écritures afin que tu avertisses la cité-Mère et ses alentours. Tous ceux qui croient au jour dernier ajoutent foi à ce Livre, et observent la prière avec assiduité).[9]

 

5- Dans le même chapitre, le Très-Haut révèle : (Puis, Nous avons offert à Moïse, en insigne récompense à l’égard des bienfaiteurs, le Livre qui expose toute chose en détail, et duquel émanent droiture et miséricorde pour inviter les enfants d’Israël à donner foi à la rencontre qui les attend avec Leur Seigneur • À présent, voici un Livre béni que Nous révélons, alors honorez ses Lois, et craignez Dieu dans l’espoir d’être touché par Sa Grâce).[10] Le grand exégète Mohammad Amîn Shanqîtî explique : « Nous avons évoqué la tendance de la part du Seigneur à faire référence au Coran et à la Thora ensemble. Ils sont en effet les deux Livres révélés les plus prestigieux, et les plus exhaustifs au niveau des lois, comme le précise le Seigneur : (le Livre qui expose toute chose en détail). Avec la révélation du Coran, Le Très-Haut propose le Livre le plus complet et le plus illustre, car Il y cumule le savoir des premières et des nouvelles générations. Par ailleurs, le Coran comporte des enseignements qui ne figuraient pas dans les livres antérieurs. C’est pourquoi, après avoir rappelé la révélation de la Thora à travers Ses dires : (Nous avons offert à Moïse, en insigne récompense à l’égard des bienfaiteurs), il a tout de suite après évoqué le Coran en disant : (À présent, voici un Livre béni que Nous révélons).

 

Ce procédé revient souvent dans le Livre sacré des musulmans,  comme ici : (Répond-leur : Qui donc a révélé le Livre à Moïse, duquel émane droiture et lumière pour les hommes, et que vous consignez sur des feuillets à destination du public tandis que vous en dissimulez une grande partie ? Et qui donc vous a enseigné ce que ni vous ni vos ancêtres n’aviez connaissance ? Réponds-leur : qui d’autre que Dieu ! Puis, laisse-les divaguer dans leurs vaines disputes).[11] Il a dit ensuite : (Et à présent, voici révélé un Livre béni, venu corroboré les anciennes Écritures).[12] Il a donc mentionné le Coran tout de suite après l’évocation de la Thora, à l’image de cet autre passage : (Auparavant, il y avait le Livre de Moïse qui constituait à la fois un guide et une miséricorde, et voici révélé en langue arabe) ; c’est-à-dire le Coran : (un Livre approbateur qui sert d’avertissement aux injustes, et qui annonce la bonne nouvelles aux bienfaiteurs)[13] ; (Et lorsque Nous mirent la vérité sous leurs yeux, ils objectèrent : « Si seulement cet homme qui se prétend prophète était l’auteur des mêmes signes que Moïse ! » Pourtant, ils accueillirent avec autant de rejet les enseignements de Moïse sous prétexte qu’ils avaient affaire à deux sortes de magies)[14] ; dans l’autre lecture : (à deux magiciens qui se soutiennent mutuellement).

 

Par ailleurs, les êtres du monde parallèle  font ce même rapprochement entre Moussa et Mohammed : [Et souviens-toi de ce groupe de djinns que nous dirigeâmes vers toi pour leur faire entendre le Coran ; une fois sur place, ils imposèrent le silence, et, la lecture terminée, ils retournèrent auprès des leurs pour les avertir • Ils s’écrièrent : Ô gens, nous venons d’entendre un Livre qui fut révélé après Moïse et venu corroborer les anciennes Écritures ; il guide vers la vérité et sur le droit chemin)[15] »[16]

 

6- (Ces gens-là sont-ils comparables à ceux que le Seigneur éclaire d’une preuve éclatante en accord avec la Parole d’un témoin venu corroboré le Livre de Moïse duquel émanent droite et miséricorde ?).[17] Ibn Kathîr explique : « c’est-à-dire que le Coran s’inscrit dans le temps après le Livre de Moussa qui incarne la Thora en l’occurrence. »

 

7- (Les messagers que Nous avons envoyés avant toi n’étaient que des hommes que Nous avons comblés de la Révélation ; vous n’avez qu’à interroger les détenteurs du Rappel au cas où cela vous aurait échappé).[18] Les détenteurs du rappel ne sont autres, selon l’exégèse notamment d’ibn ‘Abbas, que les docteurs des religions monothéistes antérieures. Ibn Kathîr entérine cette thèse. La suite du passage fait mention du Coran, cet autre Rappel : (Ces messagers étaient appuyés par des preuves éclatantes ainsi que les Écrits saints. Et à toi aussi Nous avons révélé le Rappel qui les éclaire sur le message afin de les pousser à la réflexion).[19]

 

8- (Nous avons octroyé à Moïse le Livre qui a servi pour les enfants d’Israël de guide leur enjoignant de ne prendre aucun protecteur en dehors de Moi).[20] Après avoir achevé le discours sur les Israélites, le Créateur des cieux et de la terre a tout de suite enchaîné sur le Coran qu’Il évoque en ces termes : (En vérité, ce Coran guide vers le chemin le plus droit, et il annonce aux croyants bienfaiteurs qu’une immense récompense leur est réservée).[21] Nous verrons plus loin qu’ibn  Taïmiya reprend cette idée dans son livre tafsîr Âyât ashkalat (1/424).

 

9- (Nous avons soutenu Moïse grâce à neuf miracles éclatants).[22] Après avoir achevé le discours autour de ces fameux signes, et de la réaction des Juifs qu’ils suscitèrent, le Livre saint poursuit : (Ce Coran, Nous te l’avons révélé progressivement afin que tu le récites aux hommes avec sérénité).[23]

 

10- (Nous avions déjà octroyé à Moïse et Aaron le Livre du discernement qui procure clarté et rappel à l’adresse des gens pieux).[24] Il l’a fait suivre de : (Et voila à présent le Coran, ce rappel béni qui fut révélé à votre intention, alors gardez-vous de le renier ?)[25] Ibn Kathîr fait remarquer – je cite : « Nous avons déjà souligné qu’Allah le Très-Haut réunit souvent dans un seul contexte les personnes de Moussa et de Mohammed (r) accompagnés de leur Livre respectif. » Il fait probablement allusion à son commentaire au sujet du Verset de la sourate Le bétail : (Puis, Nous avons offert à Moïse, en insigne récompense à l’égard des bienfaiteurs, le Livre qui expose toute chose en détail),[26] etc. Nous avons cité précédemment le commentaire de Shanqîtî au sujet de ces Versets, et l’allusion qu’ibn Kathîr fait à ce propos.

 

11- (De la même manière que Pharaon, Coré, et Hâman à qui pourtant Moïse avait apporté des signes éclatants, mais aveuglés par leur orgueil, ils n’allaient point échapper à Notre rigueur implacable)[27] ; Il a dit ensuite : (Récite le Livre qui te fut révélé, et observe la prière qui éloigne de la turpitude et du vice).[28]

 

12- (Évitez de polémiquer avec les adeptes du Livre sans respecter les règles de la convenance, à moins que vous n’ayez affaire à ceux d’entre eux qui font preuve d’injustice. Dites-leur : Nous croyons au Livre qui nous fut révélé, ainsi qu’au vôtre, Notre Dieu et le Vôtre ne font qu’un seul et même Dieu, Celui-là même à qui nous exprimons notre entière soumission).[29] Puis, Il poursuit : (C’est ainsi que Nous t’avons révélé le Livre à qui les détenteurs des Écritures ont donné foi, au même titre que certains membres de ton peuple, et seul un impie peut renier nos signes).[30]

 

13- (En vérité, Nous avons concédé aux enfants d’Israël le Livre, la Loi, et la prophétie. Nous leur avons prodigué de bonnes nourritures, et les avons élus par rapport au reste de l’Humanité).[31] Il l’a fait suivre par : (Ce Livre est une source de clarté pour les hommes, un guide, et une miséricorde pour les gens emprunts de certitude).[32] Ibn Kathîr certifie dans son exégèse qu’il s’agit du Coran.

 

14- (Dis-leur : s’il s’avère que ce Coran que vous reniez procède réellement de Dieu, qu’en diriez-vous, alors qu’un témoin parmi les enfants d’Israël atteste de sa conformité aux anciennes Écritures, et qu’il y adhère lui-même pendant que vous, vous restez figés dans votre orgueil ? C’est qu’Allah ne guide certainement pas la gente injuste).[33] Le Négus d’Abyssinie rend témoignage en faveur de la loi mohammadienne : « Par Dieu, c’est un seul et même flambeau qui anime cette loi et celle de Moïse. » Ibn Taïmiya l’a recensé dans sa compilation de fatwa (16/202).

 

15- (Auparavant, il y avait le Livre de Moïse qui constituait à la fois un guide et une miséricorde, et voici révélé en langue arabe un Livre approbateur qui sert d’avertissement aux injustes, et qui annonce la bonne nouvelles aux bienfaiteurs).[34] Nous avons cité précédemment le commentaire de Shanqîtî a propos de ce Verset.

 

16- Il dit encore au sujet des djinns : (Ils s’écrièrent : Ô gens, nous venons d’entendre un Livre qui fut révélé après Moïse et venu corroborer les anciennes Écritures ; il guide vers la vérité et sur le droit chemin).[35] Cette référence faite au Coran concerne la révélation descendue après celle de Moussa : elle a été faite après l’évocation du frère d’Aaron.

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

[1] La vache ; 87

[2] La vache ; 89

[3] La famille d‘Imrân ; 3

[4] La famille d‘Imrân ; 4

[5] Le Repas céleste ; 44

[6] Le Repas céleste ; 46-47

[7] Le Repas céleste ; 48

[8] Le bétail ; 91

[9] Le bétail ; 92

[10] Le bétail ; 154-155

[11] Le bétail ; 91

[12] Le bétail ; 92

[13] El Ahqâf ; 12

[14] Les récits ; 48

[15] El Ahqâf ; 29-30

[16] el ‘Udhb e-Namîr (2/602).

[17] Hûd ; 17

[18] Les abeilles ; 43

[19] Les abeilles ; 44

[20] Le voyage nocturne ; 2

[21] Le voyage nocturne ; 9

[22] Le voyage nocturne ; 101

[23] Le voyage nocturne ; 106

[24] Les Prophètes ; 48

[25] Les Prophètes ;

[26] Le bétail ; 154

[27] L’araignée ; 39

[28] L’araignée ; 45

[29] L’araignée ; 46

[30] L’araignée ; 47

[31] Les nations agenouillées ; 16

[32] Les nations agenouillées ; 20

[33] El Ahqâf ; 10

[34] El Ahqâf ; 12

[35] El Ahqâf ; 30

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 16:12

 

Dialogue avec Karim Hanifi I/1

 « Le débat autour de l’exégèse moderne n’est pas en son fond un débat entre historiens, mais un débat philosophique. Ce n’est qu’à ce niveau qu’il peut se mener correctement; autrement, on en reste à un combat dans le brouillard. »

J. Ratzinger, Schriftauslegung im Widerstreit, in id., Herausgegeben von Joseph Ratzinger (Quaestiones disputatae 117) Herder, Freiburg im Breisgau, 1989, 15-44. = L’interprétation de la Bible en conflit. Problème des fondements et de l’orientation de l’exégèse contemporaine. Texte français publié dans R. Guardini, H. de Lubac, H. Urs von Balthasar, J. Ratzinger, I. de la Potterie, L’exégèse chrétienne aujourd’hui, Fayard, Paris, 2000, 67-109, 93.

Cf JP II dans l’encyclique Fides et Ratio : « Ceux qui se consacrent à l’étude des saintes Écritures doivent toujours avoir présent à l’esprit que les diverses méthodologies herméneutiques ont, elles aussi, à leur base une conception philosophique : il convient de l’examiner avec discernement avant de l’appliquer aux textes sacrés. »

Jean-Paul II, Fides et Ratio (1998) § 55.

« Il est donc urgent que l’on s’interroge également du point de vue philosophique sur le rapport qui existe entre le fait et sa signification, rapport qui constitue le sens spécifique de l’histoire. »

(FR § 94)

 

Prologue

 

Edward Saïd, la connaissance, c’est le pouvoir, et étudier un objet, c’est en établir le contrôle.

 

L’homme est la somme d’une double dimension : physique et spirituelle, et en réaction aux dérives spirituelles du catholicisme, l’ère dite moderne, hérité des philosophies de l’Antiquité, sous l’impulsion des mouvements humanistes avec pour point d’orgue, la Révolution française, vont procéder à un déséquilibre inversé.[1] Cette tare accouchera des grandes idéologies modernistes à l’instar du darwinisme qui se basent sur une méthode d’investigation purement matérialiste.[2] Celle-ci s’inscrit dans le cadre de la domination hégémonique de l’Occident qui impose son mode de vie aux autres civilisations.

 

L’étude occidentale et moderne de l’histoire, désignée communément (en dépit de sa diversité interne) par la méthode historico-critique trouve ses origines à l’époque de la Renaissance et de l’approche critique des sources de l’histoire et de la religion qui s’est ensuite développée en Allemagne aux XVIIIe et XIXe siècles.  Maintenir une perspective « historique critique » dans l’étude du passé signifie qu’il n’est pas possible d’accepter ce que les sources historiques nous disent sans leur poser des questions. Au lieu de cela, nous les interrogeons et essayons d’établir leur fiabilité en fonction d’un ensemble d’hypothèses sur le fonctionnement de la société humaine. La redécouverte de l’héritage antique a donné aux érudits européens un sentiment de distance historique par rapport au passé et a révélé les changements historiques subis par des textes anciens comme la Bible.

 

Les historiens grecs et romains exprimaient un scepticisme cosmopolite que les esprits européens trouvèrent irrésistible. La redécouverte de la philosophie antique n’a pas parallèlement alimenté de nouveaux débats sur la métaphysique et la théologie autant qu’elle a pu conduire à une focalisation sur l’étude des règles régissant le monde matériel. Tandis que la Réforme protestante a pour sa part démantelé le monopole de l’Église en matière d’interprétation des Écritures, ce qui a finalement abouti à une vision de la Bible comme étant un produit historique lié à son propre contexte plutôt qu’à la manifestation infaillible, intemporelle et littérale de la vérité.[3]

 

Les racines de la méthode historico-critique remontent à une période comprise entre le XIVe et le XVIe siècle, lorsque des humanistes italiens et français ont réintroduit l’héritage gréco-romain grâce à des manuscrits provenant du monde musulman et de Byzance. Cela a amené les spécialistes d’Europe occidentale à adopter une nouvelle perspective concernant leur rapport à leur patrimoine culturel. L’Europe occidentale s’est toujours considérée comme l’héritière de la tradition romaine, invoquant sans cesse le droit et la littérature romains comme des exemples.

La renaissance de la philosophie, ou l’idée que la vérité métaphysique ne pouvait être atteinte que par la raison, conduisit, en Angleterre au dix-septième siècle, au développement du déisme et à la croyance en un Dieu rationnel connaissable par la raison. Si la vérité pouvait être connue de l’extérieur des Écritures, soit par la raison, soit par l’inspiration, et si cette Écriture elle-même semblait de plus en plus perçue comme le produit historique d’une tradition déformée de l’Église, la Bible était-elle encore véritablement ce vase intemporel de la vérité universelle ? Le canon biblique était un développement historique, et ses significations particulières étaient liées à la vision du monde de ses publics d’origine. La Bible n’était plus le seul « entrepôt » de vérité pour l’humanité. Au contraire, il ne s’agissait que d’une étape dans le cheminement de l’Homme vers une plus grande vérité philosophique qui se frayait un chemin à travers l’histoire.

 

Outre un doute a priori sur la fiabilité textuelle et la construction humaine de l’orthodoxie religieuse, la méthode historico-critique reposait sur d’autres fondements méthodologiques. L’un des autres principes centraux de la méthode historico-critique était donc le principe d’analogie (parfois improprement qualifiée d’uniformitarisme) traduisant l’idée selon laquelle, bien que les cultures puissent différer considérablement d’un lieu à l’autre et d’une époque à l’autre, les sociétés humaines fonctionnent toujours essentiellement de la même manière.

 

Outre le principe d’analogie et la détection des anachronismes pour identifier les informations historiquement peu fiables, la méthode historico-critique s’est également appuyée sur un outil souvent appelé le principe de dissemblance. Ce principe stipule qu’un élément qui semble contredire ou défier l’orthodoxie est probablement vrai à l’origine, puisqu’aucune personne engagée dans la construction ou la défense de cette orthodoxie n’aurait pu l’inventer. Dans l’étude de la Bible, ces courants de pensée ont conduit au développement, en Allemagne et au cours des premières décennies du XXe siècle, de ce qu’on a appelé la critique formelle.

Cette méthode de critique combinait le doute présumé quant à l’intégrité des textes avec la conviction de la critique moderne que la construction de ces mêmes textes était affectée ou déterminée par des intérêts profanes.

 

Du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle, les divers courants de pensée européens (scientifiques, historiques et religieux) ont convergé pour former une vision du monde qui nous est immédiatement familière aujourd’hui. Cette vision, qualifiée de positiviste, soutenait que grâce à leurs méthodes scientifiques et à la rigueur de leur savoir, les humains étaient en mesure d’écarter l’ignorance et la superstition et de révéler la vérité sur leur environnement et leur passé. Seule la vérité ainsi découverte méritait d’être suivie. Bien que l’on en ait eu un aperçu dès la Renaissance et à l’époque de la Révolution française, l’un des piliers essentiels du positivisme était la notion de progrès qui devait conduire nécessairement à l’amélioration de la civilisation humaine. Les historiens qui appliquèrent la méthode historico-critique pensaient que des éléments ou des témoignages d’acteurs historiques étaient crédibles à la triple condition que « ce qu’ils disent d’eux-mêmes est à leur désavantage, lorsque leurs récits ressemblent à la vérité et ne contredisent pas l’ordre de la nature ». 

Les hypothèses et critères constituant la méthode historico-critique utilisée par les historiens européens et américains peuvent être donc résumés de la manière suivante :

1) Une présomption de doute sur l’authenticité ou la fiabilité d’un texte ou d’une information historique.

2) Un scepticisme général à l’égard des récits orthodoxes présentés dans ces sources historiques.

3) La conviction que, en analysant les sources historiques et en utilisant les méthodes décrites précédemment, un chercheur pourra distinguer les sources fiables des sources peu fiables en identifiant quelles parties du texte ont servi quels intérêts et quels agendas historiques.

 

Le développement de la méthode historico-critique aurait donc également des conséquences immédiates sur la question de l’authentification des sources dans la tradition islamique. Au XIXe siècle en particulier, des savants français et britanniques commencèrent à enquêter sur la vie de Muhammad et sur les origines de l’islam dans le contexte de la mise en place de politiques coloniales et des efforts pour dominer les populations musulmanes. Pour les savants allemands spécialisés dans l’antiquité proche-orientale, l’étude de l’islam était en quelque sorte une sous-catégorie des études bibliques. Mais, il est à souligner que cette recherche des origines de l’islam et de ses sources écrites s’effectuait dans le cadre d’un univers mental marqué par le projet de domination musulmane, fusse-t-il bien intentionné. À titre d’exemple, c’est dans ce contexte qu’était fièrement annoncé, en 1902 au cours d’une conférence orientaliste allemande, les assertions suivantes : « Les ténèbres de l’Antiquité ont été illuminées » ou encore « la lumière a été projetée dans les forêts obscures » de l’Inde, de l’Afrique et du Moyen-Orient par des Européens déterminés à dévoiler les origines et les développements de ces religions et de ces peuples.

 

Le livre influent de Theodor Nöldeke sur les origines du Coran, en 1860, caractérisait en ce sens « la nouvelle confiance de l’Europe dans sa connaissance supérieure des textes et des traditions orientales ». Plus important, ces orientalistes formulaient une supposition déterminante : ce qui s’était révélé vrai du christianisme et de la Bible devait l’être également de toutes les autres religions et de tous les autres textes sacrés. Bientôt, les méthodes des spécialistes de la Bible étaient appliquées à la tradition arabo-islamique.[4]

 

L’influence de la méthode historico-critique sur les chercheurs musulmans réformistes

 

Une approche conventionnelle, illustrée par le professeur de théologie Johann Semler (décédé en 1791), fut que la véritable fonction de la Bible était de transmettre une vérité spirituelle, et non un fait historique ou scientifique. La première étape historique de l’étude d’un texte consistait à mettre en doute sa fiabilité et à déterminer son authenticité. En d’autres termes, le paramètre par défaut pour les spécialistes était de douter de la fiabilité historique des documents transmis. Au moment même où la révolution scientifique scellait l’hypothèse selon laquelle les miracles ou l’implication directe de Dieu ne pouvaient être appelés à expliquer l’histoire et les Écritures, les historiens européens faisaient du mot d’ordre du poète romain Horace « Ne laissez aucun dieu intervenir (nec deus intersit) » leur devise.[5]

 

Aussi savante qu’elle puisse paraitre, la méthode orientaliste historico-critique, dont rappelons-le l’hypercritique n’est qu’une dérive, n’est que la matérialisation de ce fait anthropologique. Elle est donc viciée à la base, sauf que, nourrie par un profond complexe d’infériorité, une frange active des défenseurs de la cause musulmane, a, tant bien que mal, en sachant que nul n’échappe à sa condition, adapté ses méthodes aléatoires aux sources islamiques. Des ténors de l’interreligieux, tels que Karim Hanifi, revisitent l’Histoire de l’Islam qu’ils passent au peigne fin sous couvert de la défense du culte face aux attaques islamophobes. Karim opère un véritable dépeçage en bonne et du forme du patrimoine historique en nous entrainant ainsi vers une véritable amnésie collective grâce à l’outil approprié de la critique du hadîth qu’il met au service de son énergie faramineuse, voire quasi hors-norme, en matière d’étude comparée pour décourager ses détracteurs, notamment du côté des musulmans dans les rangs desquels le zèle religieux est plus prononcé que chez nos pauvres catholiques. Notre « sheïkhcheur », comme il plait à s’appeler lui-même, teinte son discours d’une cohérence imparable. Et, il y arrive avec brio, sauf que sa démarche, aussi rigoureuse soit-elle, ne lui accorde en rien un label de viabilité. Bien au contraire, comme nous allons le démontrer, celle-ci revêt des lacunes irréversibles, malgré les terribles efforts qu’il entreprend pour les maquiller.

 

Après, on peut comprendre que ses vidéos rassurent et réconfortent nombre de musulmans occidentalisés en manque de mentor, sauf qu’elles cachent de terribles enjeux invisibles qui échappent à ses âmes apeurées, et peut-être à Karim lui-même. C’est en tout cas, tout le mal qu’on lui souhaite !

 

Paradoxalement, peut-être bien malgré lui, Karim se réapproprie la méthode historico-critique,[6] qui, à la base fut destinée à ébranler les convictions catholiques, pour défendre la… Bible contre les assauts qui l’assaillent de toute part, comme pour donner des gages de son objectivité. À cette fin, il utilise cette fameuse méthode pour éliminer tous les éléments islamiques qui ne sont pas biblo-compatible, et dans une mesure plus large, qui ne sont pas adaptés à l’air du temps.

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 10:12

Ibn Taïmiya et la falsification de la Bible

 

« Comment pouvez-vous dire : Nous sommes sages, La loi de l'Eternel est avec nous ? C'est bien en vain que s'est mise à l'œuvre La plume mensongère des scribes. »

(Jérémie, 8 : 8)

 

Voir : majmû’ el fatâwâ (13/102-109).

 

… On peut toujours avancer que les copies existantes des Évangiles relatent la crucifixion de Jésus qui, au bout de plusieurs jours, fit son apparition devant les apôtres à qui il adressa ces mots : « Je suis le Christ ! » Il ne leur est pas venu à l’idée que le Diable, qui n’est pas fait de chair et de sang, ait pris sa forme. Ils ont bien remarqué notamment les marques de clous ayant transpercé ses membres. Dieu Tout-Puissant enjoint bien de se référer à l’Évangile : [Que les adeptes de l’Évangile appliquent la loi divine qui y fut révélée][1] Ce commandement s’inscrit subséquemment au passage : (Nous mimes sur leurs traces Jésus fils de Marie venu confirmer la Thora révélée avant lui. Nous lui transmîmes l’Évangile duquel émanent droiture et lumière en accord avec la Thora révélée auparavant, et revêtant droiture et exhortation à l’adresse des pieux • Que les adeptes de l’Évangile appliquent la loi divine qui y fut révélée, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un pervers).[2]

 

Trois Versets plus hauts, on peut lire : [Comme si la Thora qui les abreuve de la Loi du ciel ne leur suffisait pas, ils sollicitent ta sentence qu’ils récusent à partir du moment où elle ne leur convient pas ; ces gens-là n’ont rien de commun avec les croyants • Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière, et à partir de laquelle les prophètes dévoués à Dieu, font régner la justice sur les juifs, au même titre que les rabbins et les docteurs de la Loi, ces dignes témoins et gardiens de leur héritage, et c’est Moi, et non les hommes que vous devez craindre ; alors, ne troquez pas mes commandements contre un vil prix, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un infidèle].[3]

 

D’autres textes coraniques vont dans ce sens, notamment : (Si au moins ils observaient la Thora, l’Évangile, et la Parole révélée à leur égard de la part de leur Seigneur, ils jouiraient abondamment des richesses venues du ciel et des entrailles de la terre)[4] ; (Dis-leur aux adeptes du Livre : jamais vous ne serez dignes tant que vous daignez observer la Thora, l’Évangile, et la Parole révélée à votre égard de la part du Seigneur, et remarque que les enseignements célestes exacerbent chez nombre d’entre eux leur esprit rebelle et tyrannique, alors ne sois pas affligé par les écarts de conduite de ce peuple infidèle).[5] 

 

Le Prophète (r) reçoit l’ordre de transmettre un message à l’adresse des adeptes du Livre soumis à sa Loi qui entre en vigueur depuis son avènement jusqu’à la fin du monde. Les convertis sont donc exclus de cette exhortation. Ses contemporains juifs détenaient la Thora empreinte de la Loi d’Allah. Les chrétiens sont également sommés de se référer à leur Livre. Or, de quel Évangile s’agit-il ?

 

En réponse, nous disons déjà qu’il n’existe, selon un avis, aucune copie originale de la Thora et de l’Évangile à travers le monde aujourd’hui. Les versions présentes auraient toutes été modifiées. La transmission narrative de la Thora a été interrompue depuis des lustres, tandis que l’Évangile actuel puise sa source chez quatre auteurs. Au sein de cet avis, trois grandes opinions se dégagent : 1°) Les textes bibliques, qui ont été altérés en grande partie, ne représentent pas la Parole de Dieu ; 2°) la partie falsifiée reste infime par rapport à l’ensemble des textes conservés ; 3°) la lettre fut conservée dans sa totalité, et seul l’esprit de la Bible fut dénaturé.

Chacune de ses opinions récolte l’assentiment d’un grand nombre de musulmans, sauf qu’en réalité, il existe des originaux encore intacts. Il y en avait en tout cas à l’époque de l’Élu (r). Il est vrai que la plupart des copies actuelles furent manipulées par la main coupable des scribes. Rien ne permet d’affirmer formellement qu’aucune version n’ait été frauduleusement endommagée, mais rien non plus ne prête à dire formellement que depuis l’avènement de l’Islam, il n’existe plus aucune copie originale sur la surface de la Terre. Le saint Coran enjoint les Juifs et les chrétiens à se référer à leur livre respectif dans lequel se trouve la Loi divine, et nulle part nous n’avons l’information que toutes les copies furent sujettes à la manipulation humaine.

 

Si cela est clair, sachons que la Loi de l’Évangile se confine dans les enseignements de Jésus. Ceux-ci n’ont aucun lien avec les passages du Nouveau Testament qui relatent les évènements s’étant déroulés après son élévation au ciel. De la même manière que les passages de l’Ancien Testament qui évoquent la mort de Moïse n’ont aucun lien avec la Loi mosaïque émanant de la Thora originelle. Les éléments biographiques qui parsèment les deux Bibles sont l’œuvre des témoins oculaires. Sans forcément remettre en cause leur valeur historique, il n’est pas pertinent de les incorporer dans le corpus canonique, car ils ne représentent pas la volonté de ces deux grands Apôtres. Il était donc demandé aux Juifs et aux chrétiens d’observer les commandements révélés à Moussa et au fils de Marie. L’observance de la loi islamique consiste à donner foi aux enseignements révélés à Mohammed qu’il ne faut pas confondre avec sa biographie consignée par l’historiographie. À titre de comparaison, les inscriptions en fin d’ouvrage (identité, âge de l’auteur, etc.) ne sont pas à mettre au compte de son auteur.

 

En outre, l’élite des Compagnons et des érudits ont préconisé à l’occasion de la compilation du saint Coran de n’y introduire que la Parole d’Allah. Les premiers manuscrits étaient dépourvus des mentions telles que le nom des sourates, la subdivision de la lecture en dix ou cinq parties, la déclaration de foi « amine », les arrêts ou les reprises de la lecture, etc. Bien sûr, ces éléments ne font pas partie du Coran, tout comme la signature des copistes qui apposent, dès l’achèvement de leur ouvrage, leur cachet, leur nom, et qui émettent aussi des prières, etc.

 

[La pertinence de la crucifixion

 

« Si un homme, coupable d’un crime capital, a été mis à mort et que tu l’aies pendu à un arbre, son cadavre ne pourra être laissé la nuit sur l’arbre ; tu l’enterreras le jour même, car un pendu est une malédiction de Dieu, et tu ne rendras pas impur le sol que Yahvé ton Dieu te donne en héritage. » (Deutéronome, 21 : 22-23)

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois. » (Galates, 3 : 13)]

 

Nous comprenons mieux désormais pourquoi la crucifixion et la « résurrection » du Christ qui se serait manifesté à ses apôtres n’intègrent nullement le corps de l’Évangile révélé par le Créateur des cieux et de la terre.

On pourrait objecter qu’il est tentant de le penser si l’on sait que les Apôtres eux-mêmes furent dupés par le « sosie » du Christ dont ils sont pourtant les dignes représentants.

 

En réponse, nous disons que les Apôtres logent à la même enseigne que tous les disciples des Messagers de Dieu. On ne retient que les enseignements qu’ils véhiculent, non leurs impressions ou la description des évènements auxquels ils assistent. La Preuve céleste se confine dans la loi prophétique, et la moindre information qui satellite autour est acceptée uniquement dans la mesure où elle est conforme à la vérité, non dans l’absolu. Il incombe d’observer les enseignements de la religion enregistrés par la chronique islamique ayant retranscrit le texte coranique, mais aussi les faits et gestes du Bien-aimé. Ses enseignements font d’autant plus autorité lorsqu’ils s’appuient sur des narrations communément transmises à l’image de la conservation du Livre saint et d’un grand nombre de traditions prophétiques. En dehors de cela, nous ne sommes pas tenus de suivre les opinons émises par les Compagnons si ce n’est que dans la mesure où elles sont frappées d’un consensus. Et, pour les points où ils divergent, seule l’autorité des textes scripturaires va trancher entre eux.

 

Dès le décès de l’Ami d’Allah annoncé, sous le choc, ‘Omar ne voulait pas y croire. Il fallut qu’Abou Bakr intervienne pour le ramener à la raison. Un litige faillit éclater également sur les modalités de l’enterrement, mais il fut aussitôt éteint par le premier Calife qui avait en main une narration dont il fut le rapporteur. Le gendre du Prophète exerça aussi son autorité par la force des textes le jour où il lança Oussama à la tête d’une armée à la conquête du Croissant fertile. Il ne flancha pas non plus, grâce à l’autorité du Coran et de la sunna, lors de sa campagne de répression à l’encontre des récalcitrants s’étant émancipés de l’aumône légale. Jamais ces divergences entre Compagnons ne jetèrent le doute sur la fiabilité des enseignements prophétiques dont ils avaient la charge de transmettre aux générations futures.

 

Or, pour revenir à la crucifixion, il faut savoir que les chrétiens ne sont pas unanimes sur la chose. Aucun des apôtres ne fut témoin de la scène. Ce furent les juifs qui mirent le supplicié en croix en pensant qu’ils avaient à faire à Jésus. Certains vont jusqu’à dire qu’ils savaient pertinemment qu’il y avait erreur sur la personne, sauf qu’ils préférèrent entretenir le mensonge pour tromper tout le monde. Néanmoins, cette hypothèse marginale rallia très peu de voix à sa cause.

 

Ainsi, les chrétiens ne disposent d’aucun élément probant de la part de leurs références primitives qui validerait la thèse de la crucifixion. Ils se basent uniquement sur l’apparition supposée, au troisième jour suivant, de Jésus qui aurait parlé aux apôtres. Il s’agissait indubitablement du Diable. Eux-mêmes reconnaissent que les démons prennent souvent apparence humaine en vue de fourvoyer les hommes.[6] Ceux-ci se font passer pour un saint ou un prophète, et ils parlent en son nom. De nombreuses anecdotes sur le sujet parsèment l’histoire chrétienne, à l’exemple de ce moine qui ne se laissa pas duper par Satan ayant pris la forme de Jésus : « Je suis venu te montrer la voie, lui lança-t-il !

  • Tu nous as transmis le message que nous mettons en pratique, rétorqua sereinement le dévot. Alors, ne nous ramène pas aujourd’hui des éléments nouveaux le contredisant, car nous n’y donnerions pas foi. »

 

Les Juifs et les chrétiens sont incapables de vérifier que le Christ fut effectivement crucifié : (Et pour avoir soutenu qu’ils avaient mis à mort Jésus fils de Marie, et messager de Dieu, alors qu’ils ne le tuèrent point, ni même ne le crucifièrent, mais ils furent victimes d’une illusion. D’ailleurs, ceux-là même qui se divisèrent sur la chose, n’en avaient aucune certitude. Ils se livraient à de vulgaires conjectures, envahis qu’ils furent par le doute sur sa mort probable • Allah, Tout-Puissant et Sage, l’éleva plutôt vers Lui).[7]

 

Les juifs ne sont donc pas coupables de son meurtre, mais d’en avoir émis l’intention, comme le dévoile le Coran. Non seulement ils projetaient son assassinat, mais ils s’en vantaient en pensant avoir mis leur volonté à exécution. Pourtant, il n’y avait pas de quoi se vanter puisqu’il n’est pas mort entre leurs mains. Ils restent, néanmoins, moralement condamnables. Selon un hadîth : « Deux musulmans qui s’affrontent en duel sont passibles de l’Enfer, aussi bien le gagnant que sa victime.

  • Messager d’Allah, s’étonna son auditoire, nous comprenons que le gagnant aille en Enfer, mais qu’en est-il de sa victime ?
  • Ne cherchait-il pas lui aussi à tuer son adversaire ? »[8]

 

(D’ailleurs, ceux-là mêmes qui se divisèrent sur la chose, n’en avaient aucune certitude) : il s’agit soit des juifs soit des chrétiens, l’exégèse n’a pas un avis uniforme à ce propos, sauf que, en réalité, le Verset renvoie aux deux communautés. En outre, l’exégèse diverge aussi sur l’objet du doute : ils doutent de l’avoir tué ou de l’avoir crucifié. Il existe un troisième point de divergence : les enfants d’Israël accusent le Messie d’être un sorcier, alors que les « Nazaréens » l’érigent au rang de divinité. Les deux parties se rejoignent sur un point ; aucune des deux n’affirme avec certitude que Jésus fut mis en croix, alors à fortiori, la suspicion règne sur la résurrection présumée ou sur l’identité de celui qui s’est manifesté trois jours après l’évènement.

 

On peut toujours avancer que les disciples de Jésus furent ébranlés dans leur foi, alors qu’ils sont censés représenter l’élite des croyants, comme les décrit le Coran : (Alors, Allah s’adressa à Jésus : Je vais te reprendre, t’élever vers Moi, te débarrasser des infidèles, et placer tes adeptes, jusqu’au Jour de la Résurrection, au-dessus de ces derniers. Puis, vous serez ramenés vers Moi, et là Je trancherais sur ce qui faisait l’objet de vos divergences)[9] ; (Vous, croyants, soyez les partisans d’Allah tels que l’entendait Jésus fils de Marie qui s’adressant aux apôtres : Lesquels, parmi vous, soutiendra ma cause qui mène à Dieu ? Nous sommes tes partisans, répondirent les apôtres ! Ce fut ainsi qu’une partie des enfants d’Israël ajouta foi, alors que les autres se complurent dans la mécréance, mais Nous apportâmes Notre soutien aux croyants qui, bientôt, allaient triompher sur leurs ennemis).[10]

 

Nous disons en réponse que certes, les apôtres pensaient que Jésus fut mis en croix, sauf que cela n’affectait en rien à leur foi dans la mesure où ils n’avaient altéré aucun de ses enseignements. Ils reconnaissaient que le Christ était un humble serviteur du Seigneur, un Messager envoyé par Lui [aux brebis perdues d’Israël], et la Parole qu’Il insuffla dans le sein de Marie par l’intermédiaire du Saint-Esprit. À partir du moment où leur crédo resta sain, cela n’eut aucune incidence sur leur foi. La crucifixion n’est qu’une forme de mise à mort à laquelle n’importe quel homme est exposé, même un prophète. Son assassinat éventuel ne remet nullement en cause son ministère. Les fils d’Israël sont la cause de la mort d’un nombre important d’hommes de Dieu.

Le Très-Haut nous révèle : (Combiens de prophètes, à la tête d’un grand nombre de leurs disciples, s’engagèrent sur la voie du combat sans jamais se laisser abattre ni fléchir ni capituler aux mains de leurs ennemis, au service de Leur Seigneur qui aime Ses serviteurs endurants)[11] ; (Mohammed n’est qu’un messager parmi tant d’autres qui l’ont précédé, alors s’il venait à mourir ou à être tué, oseriez-vous abandonner le combat ? Le cas échéant, vous ne sauriez nuire à Dieu qui réserve une énorme récompense en l’honneur de Ses serviteurs reconnaissants).[12]

 

Dans ce registre, nous avons la croyance en la résurrection du Christ qui se serait adressé à ses compagnons trois jours après sa crucifixion. Celle-ci n’est pas pire que celle répandue au sein des confréries soufies qui attribuent à leurs maitres de rencontrer le Prophète à  l’état d’éveil.[13] Cette croyance ne fait pas d’eux des apostats. Bien au contraire, d’honorables ascètes qui se distinguent de la masse par leur piété et leur attachement à la sunna prétendent en avoir fait l’expérience. Ils se trompent certes, mais cela ne les exclut pas pour autant du giron de la religion. Satan s’est amusé d’eux de la même manière qu’il s’est amusé des Apôtres le jour où ils pensèrent avoir vu Jésus. Ils n’en demeurent pas moins les ambassadeurs attitrés des enseignements de leur maitre. Pour sa part, le Khalife ‘Omar était convaincu que le Prophète ne pouvait mourir avant ses Compagnons, au même titre que Moïse qui ne fit que rejoindre Son Seigneur. Dès qu’il se rendit compte de son erreur, le gendre de l’Élu revint aussitôt à la raison.

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

[1] Le Repas céleste ; 47

[2] Le Repas céleste ; 46-47

[3] Le Repas céleste ; 43-44

[4] Le Repas Céleste ; 66

[5] Le Repas Céleste ; 68

[6] Un passage de la Bible va dans ce sens : « Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. » (2 Corinthiens, 11 : 14).

[7] Les femmes ; 157-158

[8] Hadîth rapporté par Bukhârî (n° 30, 6367) et Muslim (n° 5139).

[9] La famille d‘Imrân ; 55

[10] Les rangs ; 14

[11] La famille d‘Imrân ; 146

[12] La famille d‘Imrân ; 144

[13] La secte Ahmadite, qui est propagée en Inde, cautionne l’idée que Jésus n’est pas mort sur la croix, malgré qu’il fût crucifié. Des spécialistes de l’interreligieux contemporain, à l’image d’Ahmed Deedat et de son élève Zakir Naik leur concèdent ce point en vue d’opérer à un syncrétisme entre les thèses musulmane et bibliste grâce à une démarche d’intertextualité.

https://www.islam-ahmadiyya.org/dires-messie-promis/130-la-mort-de-jesus-christ-selon-le-saint-coran.html

 

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 09:31

 

Des traces du cube de la Kaaba dans le culte et la culture hébraïque 2/2

 

Moyses, le miraculé

 

 

 

 

« N’approche pas d’ici, ôte tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte » (Ex 3,5).

 

Moïse, de la lignée lévitique, fut adopté par la nièce du cruel Pharaon,  Pépi II (je rappelle que les datations officielles sont aléatoires, voire arbitraires), qui exerça le pouvoir sur le royaume en déclin avec un joug implacable. Ce qu'on sait surtout de ce tyran, c'est qu'il resta au pouvoir extrêmement longtemps. Manéthon lui prête 94 années de règne, et il aurait vécu plus de cent ans. Le Sefer Hayachar, le livre du juste, une référence rabbinique, parle de Mélul qui régna 94 ans ; il s’agit de Pépi II, Pharaon de la VI dynastie. Il fut intronisé au Trône dès son enfance, et ce fut sa mère, alors régente du pays, qui aurait ordonné la mise à mort du mâle premier né de tous les foyers israélites. Ce monarque tyrannique fit construire, dans sa folie des grandeurs, deux villes Pithom et Ramsès, et prit les Hapirou (les hébreux) pour mains d’œuvre, comme le révèlent les papyrus de Leyde 348.

 

Moïse fut élevé à l’intérieur du Karnak qui était pris en charge par les prêtres lévites. Il jouissait d’une double culture, et connaissait sur le bout des doigts tous les secrets du Temple qui, par décret pharaonique immuable, jouissait de privilèges en hommage à Joseph. Les lévites furent donc épargnés des mesures draconiennes dont furent frappés les ouvriers de l’Empire, sous ordre du tyran, afin d’accélérer les grands travaux de construction qui visait à redorer le prestige des ancêtres. Malheureusement, leurs frères de Deir el Medineh, bien que relativement bien lotis, se plaignirent de la surcharge de travail dont ils furent accablés. La goûte qui déborda le vase survint le jour où les approvisionnements furent subitement coupés. Des manifestations de mécontentement, révèle le papyrus de la grève, furent exprimés par les ouvriers qui boycottèrent le travail. Un jour, arrivé à la fleur de l’âge, Moussa sortit de son confort pour se rendre aux nouvelles auprès des gens de sa race qui logeaient de l’autre côté de la rive. Là, il vit un notable égyptien prendre à partie un membre du clan frère. Dans un élan de solidarité, il assena à l’agresseur un coup de poing qui le foudroya sur place. Il avait mal dosé sa force qui était prodigieuse.

 

Malgré le rang qu’il concédait auprès de la cour et des privilèges dont jouissait son clan, il dut prendre la fuite pour échapper au courroux de Pharaon qui ne lui pardonnerait jamais cet homicide perpétré sur un citoyen de condition supérieure. Cet acte fut interprété comme un véritable sacrilège. Le fugitif se réfugia dans le désert de Madian, de l’autre côté de la Mer rouge où, Jéthro, un proto-arabe issu d’une tribu semi-nomade, lui accorda la main de sa fille en échange de ses services à l’entretien des troupeaux et des besognes quotidiennes. Une fois qu’il eut remboursé sa dote, et que  Pépi II s’éteignit, il décida de se rentre à Tsoan, actuellement Tanis, la Capitale de la Basse Égypte qui était contrôlée par Néferkarê II sur lequel on sait bien peu de choses si ce n’est qu’aucun reste de lui n’a été retrouvé. Il aurait régné quatre années qui furent ponctuées par une période de déchéance et d’anarchie. Notamment, les trésors égyptiens furent pillés par les hébreux. Dans ce climat délétère, qui fut probablement provoqué à la suite d’une vacation du pouvoir, la reine Nitocris monta sur le trône avec l’ambition d’endiguer autant que faire ce peu, la chute inéluctable qui se profilait.

 

Le Papyrus d'Ipou-Our relate avec une précision chirurgicale les dix plaies d’Égypte. Historiquement, les sources non bibliques nous ramènent sur la plage de Nuweiba où campèrent les fugitifs avec affaires, familles, troupeaux, et provisions. Bien sûr, le chiffre de deux millions, dont le calcul est peut-être dû à une erreur de scribe, est hautement farfelu. L’essentiel est que de part et d’autre qui séparait le Sinaï de l’Arabie, deux piliers imputés à l’œuvre de Salomon furent érigés en commémoration à l’évènement.

 

Il existe un pont de terre le long duquel les eaux sont peu profondes, et qui relient les deux bords. Des fouilles sous-marines ont permis de retrouver des roues de chars à 4 ou 8 rayons, un modèle de l’époque de la 5ième dynastie, les autres dynasties fabriquaient des roues à 6 rayons. On a débusqué un fémur humain et un sabot de cheval. Les cartes anciennes indiquent l’endroit exact où le miracle se produisit. Des inscriptions hiéroglyphiques sur un sarcophage noir trouvé dans les années 60 à el Arish décrit la mort sous les eaux du Pharaon du nom de Thom ou Thoum en référence à Pithom, ville rattachée à Ramsès qui, avant tout, était un titre au même titre que César chez les Romains.

 

Il devint facile à Moshé ben Amram, qui retrouvait un endroit familier, de mener son peuple vers le lieu de rendez-vous que lui avait donné le Seigneur, de la même manière qu’à l’époque où il avait fait paitre les troupeaux de Jéthro. En route, il fit halte auprès d’un oasis coiffé d’un riche palmerais et de douze puits qui existent toujours aujourd’hui. Les bédouins du coin les nomment encore les puits ou les douze sources de Moussa. Il se dirigea vers Jabal Al Lawz, une montagne dans les environs de laquelle fut découvert des inscriptions proto-hébreux, des représentations bibliques comme la Menorah, des gravures de taureaux, de veaux, et de vaches, voire l’autel sur lequel siégeait le veau d’or. Les élus avaient atteint le Mont Sinaï, le Mont Tor, le fameux Mont Horeb de la Bible. Les hébreux seront restés 210 ans en Égypte dont 86 ans en esclavage.

 

Notons que le Temple de Salomon sera une copie exacte de Karnak où git le sépulcre de Joseph. Sa stèle commémorative transmet à la postérité des enseignements exclusivement scientifiques, loin de toute incantation magique et de rite païen. Il est possible que le fils de David ait reçu cet héritage par le biais de son ancêtre Moïse ayant grandit à l’intérieur du Temple.

 

Nous venons de brosser l’Histoire des deux plus grands miraculés de la vieille Alliance, Joseph et Moïse aux périples extraordinaires, en nous appuyant essentiellement sur des références extrabibliques.[1]

 

Voir pour la thèse révisionniste :

https://eschatologiablog.wordpress.com/2017/05/15/document-exclusif-al-%C2%ADhijaz-terre-dorigine-dabraham-et-des-prophetes-israelites/

 

 

La Bible, le vivier, le puits qui dessert… La Mecque

 

 

 

 

« Porte tes regards sur les alentours et vois : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils vont arriver du lointain, et tes filles sont tenues solidement sur la hanche. Alors tu verras, tu seras rayonnante, ton cœur frémira et se dilatera, car vers toi sera retournée l’opulence des mers, la fortune des nations viendra jusqu’à toi. Un afflux de chameau te couvrira, de tout jeunes chameaux de Madiân et d’Eifa ; tous les gens de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens, et se feront les messagers des louanges du SEIGNEUR. Tout le petit bétail de Qédar sera rassemblé pour toi, les béliers de Nebayoth seront pour tes offices ; ils monteront sur mon autel, ils y seront en faveur ; oui, je rendrai splendide la Maison de ma splendeur. »

Ésaïe ; 60.4-7

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/2017/04/l-invention-de-la-mecque-partie-6/1.html

http://mizab.over-blog.com/2017/04/la-bible-le-puits-le-vivier-qui-dessert-la-mecque-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2017/04/la-mecque-la-terre-de-la-nouvelle-alliance-partie-1.html

 

Là où nous rejoignons Kamal Salibi, c’est qu’il existe tout un vocabulaire autour de La Mecque et de ses alentours que les copistes de la Bible se sont réappropriés pour décrire Jérusalem et ses alentours. C’est d’ailleurs cette confusion qui a dû notamment induire notre chercheur en erreur. Des auteurs musulmans de l’époque classique ont répertorié un nombre incalculable de versets bibliques qui prophétisent l’avènement ou qui tout au moins vantent les vertus de la Ville sainte de la Presqu’île arabique. Alors certes, il incombe de relativiser cette approche apologétique qui est propre à toute communauté d’idées, mais celle-ci a forcément un fond de vérité. Elle a donc le mérite de pointer du doigt une réalité ô combien troublante, et nous allons le démontrer.

 

Parân ou Pharan est le désert rocailleux du Hijâz ; Kadish (Saint, Qadesh ou Kadesh­Barnea, désert sacré d’errance) où Moussa arriva à la fin de l’exode, n’est rien d’autre qu’un ancien nom de la Mecque, comme le rapportent des sources médiévales arabo-musulmanes ; Béthel (bétyle : beït/el, Maison de El) désigne la Kaaba, la Maison de Dieu ; la vallée de Baca correspond à Bakka, un autre nom de la Cité sacrée ; Beer-Shiva évoque le puits de Zam-Zam au milieu d’un désert aride, d’ailleurs des écrits rabbiniques parlent explicitement de Zamum, Zamzum, etc.[2]

 

Au début de l’ère chrétienne, le Mont Sinaï était localisé en Arabie. Ce fut en tout cas ce que croyait Paul de Tarse : « Il est écrit en effet qu’Abraham eut deux fils, nous dit-il, un de la servante, un de la femme libre ; mais le fils de la servante était né selon la chair, tandis que le fils de la femme libre l’était par l’effet de la promesse. Il y a là une allégorie : ces femmes sont, en effet, les deux alliances. L’une, celle qui vient du mont Sinaï, engendre pour la servitude : c’est Agar – car le mont Sinaï est en Arabie. Et Agar [Hajar] correspond à la Jérusalem actuelle puisqu’elle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle notre mère. »[3] « Notre mère » serait donc Sarah. Paul nous parle de cette rivalité entre ces deux sites sacrés sur laquelle nous allons revenir.

 

Dors et déjà sachons qu’il fallut attendre le 4ième siècle, sous l’impulsion d’Hélène l’Impératrice, pour que le Sinaï fût délocalisé à la pointe de la Péninsule qui porte aujourd’hui son nom. John D. Keyser, un historien de renom, explique que : « Le monde Chrétien a longtemps cru, depuis l’empereur Constantin, que la péninsule dite de Sinaï est en fait l’endroit où se situe la légendaire montagne dont il est fait état dans l’Ancien et le Nouveau testament, et où l’on dit que Dieu aurait parlé à Moïse. Ce que la grande majorité des gens ne savent pas, c’est que le choix de cette péninsule comme emplacement de la montagne biblique est en fait le résultat de l’opinion personnelle de l’empereur Constantin. »

 

Nous nous rapprochons donc du site sacré où vécut une tribu de laquelle le sceau des prophètes sera issu, les Qurayshites (les descendants de Qédar, Adnan) qui avaient la charge d’approvisionner les pèlerins en eau. La fonction de ce clan (ou de ses ancêtres) est délivrée dans le Thora en Ésaïe ; 21.14-15 qui révèle selon la version œcuménique : « Allez à la rencontre de l’assoiffé, apportez de l’eau, habitants du pays de Téma ; allez au-devant du fugitif avec son pain, car ils s’enfuient devant les épées. »

 

Mieux, les fils d’Israël, nouvellement baptisé ainsi, entrèrent en contact avec la Maison de Dieu, bien avant l’existence des gardiens du Temple mecquois. L’hérésiographie musulmane, qui s’inspire certainement des annales israélites, envoie en Terre sainte auprès du parallélépipède Béthel 70 000 pèlerins juifs (ce chiffre est déjà beaucoup plus raisonnable que les deux millions supposés de la Bible) sous l’égide de Moïse. Cette obsession musulmane confinerait-elle à la paranoïa ?[4] Hé bien, figurez-vous que le Pentateuque enregistre cet évènement, bien que la plupart des traductions actuelles veillent, inconsciemment ou non, à l’enterrer dans les oubliettes de la conscience humaine.

 

Exode 5.1  « Moïse et Aaron se rendirent ensuite auprès de Pharaon, et lui dirent : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Laisse aller mon peuple, pour qu’il célèbre au désert une fête en mon honneur. »[5] Au milieu de toutes ces traductions qui tournent autour de la célébration d’une fête en l’honneur de Yahvé en plein désert, on dégote : « Ensuite, Moïse et Aaron vinrent dire au Pharaon : « Ainsi parle le SEIGNEUR, Dieu d’Israël : Laisse partir mon peuple et qu’il fasse au désert un pèlerinage en mon honneur. » Ces deux traductions ne s’opposent pas si l’on sait que l’aïd se déroule en plein hadj.[6]

 

Ce thème est repris dans un autre passage de l’Exode 12.14 : « Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

 

Inconsciemment, la tradition juive commémore cette procession grâce au rite du phylactère, appelé également tefillin : un Cubes de cuir noir contenant des bandes de parchemin sur lesquelles sont inscrits des passages de la Torah. On les porte au bras gauche et sur le front, fixés par des lanières de cuir, par sept fois autour du bras ; Dieu dit à Israël : « Tu les attacheras comme symbole sur ton bras, et les porteras en fronteau entre les yeux. » (Deutéronome 6.8).

 

Le terme « phylactère » est même expressément cité dans le Nouveau Testament pour décrier l’ostentation des scribes et des pharisiens en Mathieu, 23.5.

 

Les manuscrits de la mer morte parlent d’une façon directe de la sainte Kaaba dans l’un des ces manuscrits intitulé : Livre d’Adam et Êve où nous lisons : Verset 29 : 5 – 7 : « Adam informe son fils Sheth que Dieu indiquera aux personnes fideles où construire sa maison (MAISON DE DIEU). » Le Docteur Charles qui a traduit le livre en anglais écrit : « ne pas mentionner le temple de Jérusalem au chapitre 29 (où il est mentionné la maison de Dieu) indique que ce livre est écrit dans une ville étrangère ». Puis, il précise pour seul commentaire : « L’endroit où Adam avait l’habitude de faire sa prière est le même lieu où les musulmans ont appris à vénérer la Kaaba. »

 

Parmi les livres appelés pseudépigraphes, il y a celui intitulé Livre d’Hénoch (ch. 70) en référence au fameux prophète Idris de la tradition musulmane, et dans lequel figure la description d‘une maison de culte céleste dont la ressemblance est si proche de la description islamique de la Kaaba, comme elle est proche de la description de la nouvelle Jérusalem de l ‘Apocalypse.

Ce livre désigne une ascension du prophète Hénoch vers le ciel, où il trouva un bâti en cristal dans le septième ciel, et qui contenait quatre coins autour desquels les anges tournaient et entraient dedans. Un cube identique a la Bakka qui sert de pèlerinage aux Anges dans le « Temple céleste », qui est la « réplique » de la Ka’ba terrestre, sauf qu’elle est destinée aux habitants d’en haut. Chaque jour, il y a soixante-dix mille anges qui entrent par sa porte, sans plus jamais n’en sortir. Le lendemain, c’est un nouveau groupe qui se présente devant son battant pour renouveler la même procession.

 

Le livre des Jubilés, appelé Pseudepigrapha, évoque la «  Maison d’Abraham » qui a un double sens : une lignée et un Temple édifié en l’honneur du Dieu du ciel. Il ne fit, en fait, que reconstruire la Kaaba datant de l’époque d’Adam.

 

Enfin, d’aucun voit dans le Pasteur d’Hermas une allusion à la Kaaba : « La douzième montagne était toute blanche ; son aspect était très riant, et en elle-même la montagne était très belle. 79. (2) 1. Au milieu de la plaine, il me montra un grand rocher blanc qui s'y dressait. Il était plus haut que les montagnes et carré, de façon à contenir le monde entier. 2. Ce rocher était ancien, une porte y était creusée, mais cette porte paraissait avoir été creusée récemment. Elle resplendissait plus que le soleil : je m'étonnais de son éclat. 3. Autour de la porte se tenaient douze vierges. Les quatre qui se tenaient aux angles me paraissaient plus glorieuses, mais les autres l'étaient aussi. Aux quatre côtés de la porte, à mi-distance des quatre premières, se tenaient deux par deux les (autres) vierges. 4. Elles étaient revêtues de tuniques de lin, avec une charmante ceinture et laissaient sortir l'épaule droite, comme si elles se préparaient à porter un fardeau. »[7]

 

Quoi qu’il en soit, la Mecque est la Mère des citées, le berceau de l’Humanité, et la Kaaba, le premier édifice construit à l’attention des hommes.[8] C’est peut-être le message que veut nous faire passer l’obscur Stanley Kubrick dans son fameux 2001, l'Odyssée de l'espace s’ouvrant sur l’image d’un cube noir qui s’inscrit dans le temps à l’aube de la présence des hommes sur terre. On a l’impression qu’il nous dit : « Au commencement était la Kaaba », à moins qu’il pense au symbole occulte de Saturne…

 

La guerre des Temples

 

La tradition judéo-chrétienne oppose Sarah qui renvoie à l’image positive de Jérusalem, à Agar représentée par La Mecque aux connotations négatives, car enchainée par les carcans du paganisme et tenue à l’écart de la civilisation. L’islam est venu rétablir la vérité, et rappelle que la Kaaba incarne le symbole de la Nouvelle Alliance, comme prophétisé par l’Ancien Testament, et Jésus lui-même, qui, s’adressant à la samaritaine proclamera : « Crois-moi femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. »[9] Jésus s’exclama au milieu d’une assemblée : « Aussi, je vous le dis, beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux, tandis que les héritiers du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. »[10]

 

Selon Mathieu l’Apôtre, Jésus a déclaré : « N’ont-ils pas lu dans les Écritures : la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ; c’est là l’œuvre du Seigneur : quelle merveille à nos yeux. Aussi, je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera elle l’écrasera. »[11]

 

Devenu Messager, Mohammed dira plus tard : « Je suis au milieu des autres prophètes, à l’image d’une belle maison construite avec soin sauf qu’il manque une brique à l’un des coins. Étonnés, les passants s’exclament tour à tour : « Il manque une brique ici pour finir la construction. » Et moi, je suis cette fameuse brique ! »[12]

 

L’Élu posa la dernière pierre de la Ka’ba qui fut l’objet de travaux à l’ère préislamique, annonçant ainsi symboliquement la clôture du cycle de la prophétie.

 

« Le sceptre ne s’écartera pas de Juda, ni le bâton d’entre ses pieds jusqu’à ce que vienne celui à qui il appartient et à qui les peuples doivent obéissance. »[13] « Ils m’ont donné pour rival ce qui n’est pas Dieu, ils m’ont offensé par leurs vaines idoles. Eh bien ! moi, je leur donnerai pour rival, ce qui n’est pas un peuple, par une nation folle je les offenserai. »[14]

 

Ésaïe confirme : « Je me suis laissé rechercher par ceux qui ne me consultaient pas, je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas, j’ai dit : « Me voici, me voici » à une nation qui n’invoquait pas mon nom. J’ai tendu mes mains, à longueur de jour, vers un peuple rebelle, vers ceux qui suivent le chemin qui n’est pas bon, qui sont à la remorque de leurs propres pensées. C’est un peuple qui me vexe, en face, sans arrêt : ils font des sacrifices dans des jardins, ils font fumer des aromates sur des briques, ils se tiennent dans des sépulcres (…) ; attention cela est mis par écrit en face de moi, si bien que je ne resterai pas inactif, jusqu’à ce que j’ai payé de retour, et payé de retour en plein cœur vos perversités et les perversités de vos pères. »[15]

 

Les fils d’Israël jouissaient du statut de peuple élu depuis l’époque d’Isaac jusqu’à l’avènement de Jésus, mais ayant failli à leur devoir de conserver le pacte noué avec le Seigneur, ils perdirent ce privilège. Et, la tâche de sauver le monde de la perdition revint à un peuple insignifiant, sauvage, illettré, et dont la civilisation naitra sur les cendres de l’ancien monde. Jamais les descendants des douze tribus ne digéreront ce double affront.

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/article-the-kingdom-of-heaven-partie1-66674889.html

                           

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

 

 

[2] Selon l’encyclopédie linguistique Al Yaqût, « Bakka » désigne l’emplacement de la Kaaba tandis que Mekka désigne l’ensemble de la cité qui porte une vingtaine de noms : Nassa, Bassa, Kutha, al Haram, ar Râs, Al qâdis (le Qadesh de la Bible) al Hatîma, et plus souvent : Umm-l-Qurâ (métropole ou mère des cités) et aussi Bayt-al-‘atiq : le temple antique… Géographes et commentateurs pensent que le terme de « Bakka » serait d’origine chaldéenne.

[3] Epître aux Galates : 4.22-26

[4] Sans vouloir pousser le bouchon, des références très sérieuses vont jusqu’à affirmer que Sion, la « Terre sainte » ferait allusion à… La Mecque.

[6] René Brunel confirme : « (…) Nous supposerons quand à nous que l'antique Ka'aba, dont Diodore de Sicile parlait cinquante ans avant Jésus-Christ comme étant le véritable panthéon de l'Arabie païenne, était visitée par le culte Égyptien de Bubastis dans le pèlerinage chaque année, lors des fêtes votives qui s'y donnaient (...) » René Brunel, Le monachisme errant dans l'Islam, Sidi Eddi et les Heddawa, Paris, Maisonneuve et Larose, 2001, p. 428

[7] Ce rapprochement est peut-être tiré par les cheveux, surtout qu’à la base la Kaaba n’est pas carré. Le Livre de l'Apocalypse - chapitre 21 fait également allusion à une construction en forme de carré.

[9] Jean ; 4.19-21

[10] Mathieu ; 8.11-12

[11] Mathieu ; 21.42-44

[12] Rapporté par Muslim (kitâb el fadhâil ; hadîth n° 21).

[13] La Genèse ; 49.1-12

[14] Deutéronome ; 32.21 Une version de la Bible de 1844 parle d’un peuple ignorant, ce qui correspond tout à fait au peuple arabe illettré. Voir : Izhâr el Haq de Rahmatu Allah el Kaïrânawî, résumé par Mohammed Mulkâwî.

[15] Ésaïe ; 65.1-7

 

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 11:19

Des traces du cube de la Kaaba dans le culte et la culture hébraïque 1/2

 

Pour paraphraser J. Johns, l'absence d'une preuve n'est pas la preuve d'une absence.

 

Lors d’un voyage, raconte ibn ‘Abbâs, la caravane dirigée par le Prophète de l’Islam (r) longea la vallée de oued el azraq : « Quel est cet oued, lança-t-il à ses Compagnons ?

  • C’est l’oued d’el azraq, lui assura-t-on.
  • J’ai l’impression de voir Moussa (u) en train de descendre le versant de la montagne les doigts dans les oreilles. Pendant toute la traversée de la vallée, il veillait à lever la voix à la gloire du Seigneur (I) pour faire entendre au loin la formule liturgique du pèlerinage (talbiya). »

 

Plus loin, poursuit le rapporteur de l’évènement, nous arrivâmes près du versant d’une autre montagne : « comment s’appelle cet endroit, s’enquit l’Élu ?

  • C’est Harsha.
  • J’ai l’impression de voir Jonas fils d’Amitthaï sur une chamelle blanche dont la bride était en fibre ; habillé d’un manteau en laine, il faisait la talbiya en traversant la vallée. »[1]

 

Une version offre le portrait de Moïse : « Moussa, un homme brun et trapu, était monté d’un chameau roux tenu par une bride en fibre. »[2]

 

Les textes scripturaires nous apprennent que même Jésus devra s’y rendre à l’occasion de son retour sur terre : « par Celui qui détient mon âme entre Ses Mains, jure le Messager, ibn Mariam va se sacraliser à partir du défilé de Rawha pour entreprendre le grand ou/et le petit pèlerinage. »[3]

 

Introduction

 

Kamal Salibi revisite la geste proto-israélite pour la situer au cœur de l’Arabie heureuse dans les vastes plaines d’Asir bordées de montagnes luxuriantes au Sud de l’enclave sacrée de la Mecque. Promu chef du département d'histoire et d'archéologie de l'Université américaine de Beyrouth, c'est avant tout un philologue. Sa démonstration s'appuie essentiellement sur l'analyse linguistique des noms de lieux bibliques. Aussi attrayante soit sa thèse, on n’écroule pas la version officielle sous le simple prétexte qu’elle revêt des énigmes philologiques. En se basant sur les sources coraniques, il soulève notamment l’exactitude du vocable utilisé par le Livre sacré des musulmans pour désigner le Mont Tor, une montagne recouverte de verdure.

 

Il ne va pas sans rappeler les enjeux politiques et idéologiques qui se cachent souvent derrière les idées (il n’y a aucun intérêt à vouloir délégitimer historiquement Israël), à l’image d’un Laurent Guyénot, un spécialiste non déclaré de l’historiographie hébraïque qui jette le trouble sur l’existence historique de Joseph fils de Jacob. Ce dernier a visiblement du mal à imaginer qu’une lignée vertueuse d’origine juive ait pu se mêler aux dynasties égyptiennes en vue de promouvoir le monothéisme et la justice ; et qu’il amalgame inconsciemment à ces lignées ténébreuses qui ont infiltrées les grandes dynasties européennes, ces pharaons des temps nouveaux, dans le but avoué d’asservir les hommes.[4] Depuis toujours, le mal imite le bien pour mieux pervertir ses codes.

 

Par ailleurs, l’Ancien Testament constitue une source intarissable d’informations sur les vestiges du passé dont se passent ostensiblement nombre de nos contemporains sous le prétexte péremptoire de rester fidèles à la science. Or, le simple fait d’occulter un vivier d’une grande valeur historique trahit un manque cruel d’objectivité : on ne remplace pas une croyance par une croyance, sauf si on a en main les preuves formelles que celle-ci est plus solide. Le scepticisme moderne est à double tranchant, car il ouvre la porte aux conjectures les plus farfelues qui vont se substituer aux légendes et aux mythes qui décèlent malgré tout un fond de vérité. Alors que dire de la Bible, un livre révélé, dont les analyses philologiques sont déconcertantes, et qui, bien que retravaillé par les scribes, recèlent encore ses trésors. Il faut juste y séparer le bon grain de l’ivraie ; un véritable travail d’orfèvre, sans jeu de mots. On opère sur les saintes Écritures avec un laser, non avec un scalpel, et encore moins avec un marteau-piqueur !

 

L’énigme Joseph

 

Notons que nous plaçons essentiellement l’évènement du point de vue égyptien profondément imprégné de l’idolâtrie ; des dissonances peuvent donc sonner avec la phraséologie biblique et coranique. Alors, mettons de côté la Bible pour nous intéresser à l’archéologie et à l’égyptologie retraçant l’aventure des hébreux dans l’ancienne Égypte. Tout d’abord, la seule mention connue dans les textes égyptiens d’Israël, une population vivant le long de la rive orientale de la Méditerranée, provient de la stèle de Mérenptah (Mineptah), appelée aussi stèle de la Victoire ou encore stèle d'Israël qui vante les exploits du treizième fils de Ramsès II en terre de Canaan. Celle-ci fait explicitement allusion à l’exode à travers le message que « celui qui s’est enfui en raison de la faute » existe encore. Il se trouve actuellement sur les rives du Jourdain. La stèle, qui a valeur d’incantations magiques, invoquent des entités supérieurs pour exterminer ces fugitifs, sauf que dans les faits, il n’y a rien eu de tel.

 

Alors, la question qui s’impose d’elle-même est : comment en sommes-nous arriver là ?

 

Tout commence sur l’Île de Sehel qui regorge d’inscriptions en hiéroglyphe, dont la stèle de la famine qui relate une grave pénurie qui s’étendit pendant sept ans à l’époque du pharaon Djoser. Djéser, qui signifie « le saint » en égyptien ancien, serait à l'origine d'une grande réforme religieuse dans tout le pays. Roi à l'image de pacifique, il est considéré comme le « bâtisseur » de l'Ancien Empire, non par la grandeur de ses œuvres, mais par les innovations qu'il a introduites avec l'aide d'Imhotep. Son règne connut une réelle prospérité économique et culturelle du pays avec des ouvertures sur l'Orient. Il est le bâtisseur de la pyramide à degrés de Saqqarah. Le génial architecte de cette construction fut Imhotep qui possédait entre autres les fonctions de grand chancelier de la Basse-Égypte, prince royal, grand prêtre d'Héliopolis et médecin royal. Imhotep fut l’un des deux principaux personnages ayant marqué profondément la culture pharaonique.

L’autre, Amenhotep fils de Hapou (1437-1356 av. J.-C. selon certaines sources), qui fut le premier ministre d'Amenhotep III, était un homme polyvalent (vizir, premier ministre, général, directeur des ressources humaines, scribe, architecte, médecin, et théologien) et de grande culture. Or, on remarque une troublante ressemblance entre ces deux personnages clefs du patrimoine de l’Antiquité. La difficulté augmente si l’on sait que la datation des monarques ayant régné sur les rives du Nil est plus qu’aléatoire. Il semblerait que l’épisode de la famine se déroula à l’époque d’Amenhotep fils de Hapou, appelé également Aménophis. La traduction de la stèle nous apprend qu’une famine frappa l’Égypte sept années durant, et que le Dieu Khnoum s’entretint en rêve avec la plus haute dignité du royaume qui fit chercher un interprète dans les prisons d’Hermopolis. Nous sommes en plein récit biblique qui relate la cabale du Joseph fils de Jacob.

 

On peut ne pas se laisser convaincre par cet argument, alors passons au suivant :

En 2006, Joseph Davidovits (chercheur et archéologue français né en 1935, il est l’inventeur des géopolymères et de la chimie de la géopolymérisation) fit le rapprochement du texte de la fresque découverte en 1935 et l’un des textes les plus anciens de la Bible : Joseph, Genèse 41, 40-46.[5]

En 1935 à Karnak, en Égypte, deux égyptologues français A. Varille et C. Robichon découvrent une fresque en piteux état dans les ruines du temple mémorial d’Aménophis Fils de Hapou, le plus éminent scribe et savant de l’Égypte, grand chancelier du pharaon Amenhotep III, père du pharaon monothéiste Akhenaton.

 

Dans un livre qu’il consacra au sujet, Joseph Davidovits, qui probablement de par ses origines, lisait l’hébreu, fait état de sa propre expérience que retracent ces lignes :

« Récemment, 75 ans plus tard, l’auteur constate que le texte de cette fresque est repris mot pour mot dans la Bible, Genèse 41, lorsque Pharaon installe le Patriarche Joseph aux commandes de toute l’Égypte. Le scribe Aménophis Fils de Hapou et le Patriarche Joseph sont donc une seule et même personne. De plus, la fresque contient un détail surprenant qui souligne son authenticité. En effet, dans Genèse 41, Pharaon nomme Joseph : Çaphenat-Paneah (Sapnath-Panéakh), un nom qui ne signifie rien en hébreux, mais qui doit être d’origine égyptienne. Or, l’auteur découvre que Çaphenat-Paneah est le nom égyptien d’Aménophis Fils de Hapou, lut à l’envers, de gauche à droite, l’hébreu se lisant de droite à gauche. Le détail surprenant de la fresque est que, précisément, le nom d’Aménophis est aussi écrit en hiéroglyphe à l’envers. Il y a donc concordance absolue entre le texte de la fresque et celui de la Bible. »[6]

Fait étonnant, cette fresque commémorative dépeint Aménophis comme « l’homme au beau visage », exactement dans l’optique des données prophétiques. On retrouve plusieurs enseignements de Joseph inscrit à l’intérieur du temple de Ptah dans le Lévitique.

 

Une fois hissé à la tête du pouvoir, le fils d’Hapou (Hapou, qui signifie « celui qui est caché », fait probablement allusion à Jacob dont on ignorait l’identité sur la terre d’accueil de son fils) entreprit des réformes et des travaux qui propulsèrent l’Empire dans une ère de prospérité jamais inégalée. L’un de ses projets porte encore son nom aujourd’hui. Il s’agit de Bahr Youssouf, un canal qui est toujours en activité, alimentant, grâce aux eaux du Nil, un énorme réservoir d’eau à Fayoum. Aménophis (Joseph vécu à la fin de la 1ière et 2ième dynastie d’Égypte et au début de la 3ième) fit également construire des puits saqiya, aux quatre coins du pays, dont un, en plein cœur du Caire, qui descendait à 88 m de profondeur. Il réforma également le culte, et introduisit l’adoration exclusive du Dieu suprême et créateur des cieux et de la terre, Ptah, le Dieu unique (parfois inter-changé avec Amon d’où la difficulté de distinguer entre eux) invisible à l’œil nu et non représenté par des statues. Avec le temps, Ptah prendra des formes polythéistes. Des écrits de médecine sont imputés à Joseph qui aurait également améliorés les techniques de momification, mais aussi de construction, comme en témoigne, la première pyramide à étage, une véritable prouesse architecturale qui inspirera ses successeurs, notamment dans le choix d’un nouveau matériau. Il maitrisa l’astronomie, mais renonça à la magie qu’il condamnait fermement à tel point qu’il utilisa une autre écriture pour éviter celle qui traditionnellement avait des connotations magiques.

 

Youssef prit pour femme Neth, d’origine libyenne. Les annales archéologiques enregistrent trois de ses frères et son unique sœur. Deux des garçons sont explicitement nommés, Héby (Lévi de son nom biblique) et Youya (Juda de son nom biblique). L’une des filles de Youya, Tiyi, était mariée à un Pharaon ; Néfertiti, femme d’Akhenaton, est donc l’une des descendantes de Juda, et Âanen le grand prêtre, était Shéla un autre de ses enfants. Le troisième frère de Joseph est Ruben. Ce dernier ne fut pas nommé par l’historiographie pharaonique, car il s’était marié avec une égyptienne de haut rang, ce qui venant d’un étranger fut amèrement apprécié.

 

Les Tablettes d’el Amarna, la Capitale du nouvel Empire, fondée par Akhenaton parlent de Abdi-Heba Palu (celui qui fut distingué), roitelet de Canaan, fils de Ruben qui régna sur Urushalim (Jérusalem) et qui échangea des correspondantes avec le neveu de Joseph, le fils de Tiyi. Des vestiges datant de l’époque d’Ézéchias, qui furent retrouvés à Jérusalem, confirment l’existence de ces courriers.

 

Sous l’influence de sa femme à la beauté légendaire, Akhenaton accélérera la réforme amorcée par son père, en vue d’imposer le culte monothéiste. Il sera assassiné par les prêtres d’Isis qui voyait d’un mauvais œil son zèle en faveur du Dieu unique. Son fils, Toutankhamon, réhabilitera le paganisme d’antan, et constituera ce qui peut être assimilé à l’ancêtre du premier ghetto à el Amarna en vue d’exercer une surveillance élevée sur les artisans qui furent sélectionnés pour matérialiser sa mégalomanie.

 

La dépouille de Joseph fut momifiée (celle-ci inspirera la légende du film la momie). Cette dérogation exceptionnelle accordée à un étranger montre la place croissante que la lignée hébraïque occupera dans les plus hautes instances du Pouvoir.  Il fut enterré dans le Temple de Ptah à Karnak, situé dans le Haut Nil ayant Thèbes pour Capitale. Depuis, les noms de la Maison de Joseph furent repris par les différentes dynasties successives. Karnak fut entretenu par son frère Lévi (appelé Kenel et Héby dans les hiéroglyphes) instaurant ainsi une tradition dans sa descendance dont Moïse sera issu. Une longue rivalité s’installa entre Thèbes au Sud sous l’emprise des Lévitiques, et Memphis, la Capitale du Bas Nil au Nord, qui promouvait l’idolâtrie.

 

Chéops, un nordique, qui érigea à sa gloire la grande pyramide de Gizeh, fut, aux dires d’Hérodote et de Théodore de Sicile, un despote cruel et blasphémateur. Celui-ci dispersa les hébreux au pouvoir grandissant. Il ignora le patrimoine de Joseph et expulsa les lévites au Sud faisant l’objet d’une diaspora avant l’heure. Il embrigada les artisans hautement qualifié de Deir el Medineh qui vouaient le culte au Dieu de Joseph (non loin du Temple de Ptah), et qui jouissaient malgré tout d’un relatif confort, à l’inverse des ouvriers traditionnels exploités par l’Empire.

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

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[1] Rapporté par el Bukhârî (n° 5913) et Muslim (n° 166).

[2] Cette version revient à el Bukhârî.

[3] Rapporté par Muslim (n° 1252).

[5] Ce chercheur, a également prouvé avec sa science des géopolymères, que les Pyramides avaient été en grande partie construite avec des pierres calcaires moulées, reconstituées sur place, confirmant le fait qu’il y avait peu d’esclaves en Egypte ancienne, et qu’il n’y a jamais eu de problèmes de transports ni d’énormes main-d’œuvre pour la construction des pyramides et Temples. Cette découverte, aussi révolutionnaire soit-elle, ne fait pas l’unanimité dans les milieux scientifiques, et elle ne résout pas tous les problèmes que posent les mégalithes.

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 09:35

Le secret des pyramides ou l’origine de la franc-maçonnerie II/2

 

La croix des Templiers

 

À la lumière des explications précédentes, il est facile de deviner que le symbole de l’ordre des gardiens du Temple n’a de lien avec la religion chrétienne que la forme, pour mieux leurrer les crédules ; pas plus d’ailleurs que celui de ses dignes héritiers, Les lucifériens rosicruciens, qui reprirent le flambeau de la secte entrée dans la clandestinité depuis la virulente cabale dont elle fut l’objet. De l’aveu de Serge Toussaint, son actuel grand Maitre, citant sur son blog un grand spécialiste en la matière : « Les Rose-Croix sont une sorte de chaînon manquant entre les Templiers et les Francs-Maçons, qui permet de dire qu’il y a eu une lignée ininterrompue de transmissions ésotériques, du Temple de Salomon, voire de l’Égypte, jusqu’à nous. »[1] Tout le monde connait la suite (voire la première partie).

 

En réalité, nos chevaliers des temps anciens cachaient un autre trésor, et non des moindres. Il s’agit de leur immense fortune qu’ils accumulèrent au terme d’un long labeur, et qu’ils acheminèrent, en pleine tourmente, dans le nouveau paradis financier, la jeune confédération helvétique ayant vu le jour une poignée d’heures, le temps d’un voyage, après la chute de St Jean d’Acre dans l’actuel Israël, le dernier bastion Templiers en Orient, tiens, tiens, bizarre ! La Suisse, la sœur d’Isis, comme la baptisent les complotistes endurcis,  reprendra en main, et avec brio, les entreprises spéculatives basées, bien sûr, sur l’intérêt intéressé pour s’ériger en pole position des places bancaires du nouveau monde qui se met en place. Notons que l’une des villes de ce pays minuscule porte le nom de… Sion, vous avez dit bizarre !

 

Dans l’ère moderne, Albert Pike (un marrane lui aussi ?), le grand Commandeur du tentaculaire Rite écossais ancien et accepté, redonnera ses lettres de noblesse aux Chevaliers déchus, en initiant l’ordre suprémaciste du Ku Klux Klan, etc. Dans la culture actuelle, on retrouve une allusion aux moines chevaliers du Moyen-âge dans la saga de la guerre des étoiles, créée par le propagandiste hollywoodien, George Lucas avec l’ordre des Jedi qui furent initiés par, le maitre Yoda, un curieux sorcier kabbaliste issu du monde parallèle.[2]

 

Qu’est-ce que le Sefer HaBahir ?

 

Le Sefer HaBahir (ou Livre de la Clarté) date de la fin du xiie siècle de l'ère courante et réinterprète un traité plus ancien, le Sefer Yetsirah (le Livre de la Création). Bahir peut se traduire par « dans la Lumière », mais aussi par « dans la Sérénité. » Ce livre développe un système de mystique juive appuyé sur la notion rabbinique fort ancienne de Shekhina, conçue comme l'Immanence Divine de l'Ineffable et Saint Nom. Cette doctrine semble s'apparenter au gnosticisme qui, depuis l'époque hellénistique ancienne, pénétra progressivement toute l'Europe médiévale, et s'inscrit dans le mouvement mystique juif de la Kabbale.

Après le Sefer Yetsirah, apparu au xe siècle, c'est le deuxième ouvrage-phare de la Kabbale médiévale. Il apparaît au xiie siècle dans les écoles juives de Rhénanie, du Languedoc et de Catalogne. 

 

Le nom de ce livre contient une étrange similitude phonétique avec Âsif ibn Barkhiya, un érudit de la cour de Salomon, dont la connaissance du Nom ineffable d’Elohim lui conféra le pouvoir, par la force du Tout-Puissant, de « téléporter » en un clin d’œil, du Yémen à Jérusalem, le trône de Balqis, la reine de Saba. En réalité, ce sont des anges, dont la vitesse est bien supérieure à celle des djinns, qui ont déplacé l’objet avec une rapidité fulgurante ; La force du bien finit toujours par l’emporter sur la force du mal.

 

La tradition rabbinique est truffée d’exemples de téléportation. Selon le Rav Ron Chaya,  les hauts initiés à la Kabbale sont capables de se déplacer instantanément n’importe où dans le monde grâce à un nom de Dieu qu’ils inscrivent sur un parchemin avant de le glisser dans le creux d’un bambou. Ils enfourchent ensuite le bambou en prononçant la destination souhaitée et aussitôt ils se dématérialisent et se re-matérialisent à l’endroit voulu. Visiblement Le Rav confond entre plusieurs phénomènes, car même aidés par les démons, les sorciers kabbalistes sont incapables de s’approprier des pouvoirs relevant de la force des anges qui couvrent des distances vertigineuses à une vitesse quasi instantanée.

 

Quoi qu’il en soit, Âsif ibn Barkhiya était versé dans le Livre qui renvoie aux Écritures saintes, non à des grimoires sataniques. Celui-ci aurait eu la connaissance du Nom sublime de Dieu gardé secret à l’insu des profanes. Les occultistes aiment s’accaparer les symboles de la prophétie pour mieux les tordre et les pervertir. Ils affichent ainsi leur rébellion à l’encontre du Créateur des cieux et de la terre tout en leurrant les crédules qui les croient acquis à la bonne cause. Par ce tour de passe-passe, ils font une pierre deux coups ; voici tout le secret de l’ésotérisme.

 

Ibn Taïmiya explique que nombreux sont les juifs et les chrétiens qui blasphèment sur la personne de Salomon en l’assimilant à un vulgaire sorcier qui aurait dompté les démons grâce à des formules maléfiques. Certains d’entre eux pensent que le fils de David aurait été déchu de son rang de prophète, et qu’il n’était qu’un sage parmi les sages.

 

Cette légende fut construite par les démons eux-mêmes qui profitèrent de la mort de Salomon pour s’adonner à la magie qu’ils couchèrent par écrit. Pour donner de la crédibilité à leurs pratiques démoniaques, ils placèrent sous son trône ces cryptogrammes qu’ils indiquèrent à ses sujets en deuil, qui furent indignés par une telle révélation. Les réactions furent partagés entre ceux qui condamnèrent sévèrement leur maitre et ceux qui cautionnèrent l’hermétisme. Aux yeux de ces derniers, il était inconcevable qu’un saint homme se livre à des œuvres détestées de Dieu. Ils ouvraient ainsi la porte aux incantations païennes sous couvert d’imiter un Prophète infaillible. Des légendes commençaient à prendre forme sur les pouvoirs exponentiels de l’anneau de Salomon sur lequel serait gravé le sceau prophétique. Âsif ibn Barkhiya, un vertueux qui comptait dans l’entourage du fils de David, eut son lot de calomnies qui se transformèrent également en légendes.[3]

 

Conclusion

 

À plonger dans la vie de Salomon le Sage, qui cache des trésors intarissables, on reste émerveillé. Celle-ci s’accapare à elle seule tous les codes de fonctionnement des civilisations qui ont émaillées l’histoire de l’Humanité. Elle dévoile en substance le combat perpétuel entre le dieu impersonnel de la gnose et le Dieu Éternel de la Révélation ; chacun possédant ses armées avec d’un côté les suppôts de Satan parmi les hommes et les démons, et de l’autre, les vertueux, avec tous les dégradés possible qu’il peut y avoir entre eux.

On comprend mieux désormais la provenance des légendes maritimes (les djinns plongeurs des mers), et terrestres (les djinns bâtisseurs, les grands démons, et les subalternes parmi les éléments de l’entité parallèle vivants en parasite au milieu des hommes), et qui composent le panthéon des divinités ayant traversées les époques. C’est ce qui explique notamment les récurrences architecturales (pyramides, mégalithes, etc.) d’une société à une autre.

 

Il est possible d’éluder le mystère des pyramides en se référant à la méthode de construction qui eut court sous Salomon. On suppose donc que les djinns, dont la présence sur terre remonte à bien avant celle des hommes, s’attelaient à la tâche de soulever les monuments lourds, de transmettre aux hommes les techniques de construction telles que le mystérieux Shamir que l’on retrouve dans la culture hébraïque, et qui serait, selon les hypothèses, un silex, du diamant (probablement récolté par les djinns plongeurs dans les profondeurs marines), du quartz, voire un… laser (cela expliquerait l’absence de bruit lors des travaux ?).

 

Les mystérieux glyphes en tout genre, notamment ceux découverts au fond d’un lac en Oregon seraient l’œuvre des démons. On peut supposer qu’ils se chargent eux-mêmes de couper la roche pour lui donner les formes les plus diverses. Preuve en est la découverte récente en Arabie Saoudite de puits creusés dans la pierre, probablement des djinns sous les ordres de Sulaïmân. 

 

Les démons auraient aussi enseigné aux hommes le génie astronomique et astrologique qui est véhiculé, par les sociétés à mystère depuis l’Antiquité. Nous sommes donc loin de la thèse des ovnis, une légende des temps modernes qui visent à faire croire, dans ce monde matérialiste, que Satan n’existe pas. La science est donc liée aux pratiques occultes (d’où cette nouvelle accointance entre l’occultisme et le transhumanisme avec les mouvements new-âge). D’ailleurs, on reproche souvent aux chasseurs de sorciers de s’opposer à la science, encore une ruse du Diable !

 

La thèse développé ici exclut également qu’il aurait existé une tradition primordiale issue des peuples hyperboréens du Nord qui engendreront l’Atlantide, une civilisation extrêmement avancée perdue sous les eaux du déluge. Sans remettre en question l’existence de l’île au-delà des colonnes d’Hercule, la légende dit que ses émissaires, les baptiseurs civilisateurs seraient partis aux quatre coins du monde pour transmettre leur savoir…

 

Ce savoir occulte qui est un mélange de magie, d’alchimie, de mathématique, d’architecture, et de gnose d’où émanerait l’illumination, la science infuse qui émanciperait l’homme des fardeaux de la révélation, sera légué aux Templiers par l’entremise d’une étrange lignée : une lignée physique qui remonterait à David, et une lignée idéologique affiliée au roi-sorcier Nemrod. Les gardiens du Temple auraient trouvé dans les excavations intérieures des manuscrits de magie noire imputés insidieusement à Salomon.[4]

 

Ce trésor leur procurera pouvoir et richesse, notamment grâce à la mise en place des premières banques à intérêt ; domaine dans lequel les enfants d’Israël excellent (ce qui somme toute peut notamment s’expliquer d’un point de vue purement anthropologique), bien qu’ils empruntent l’idée à… Babylone.[5] Quand les Templiers tomberont en déchéance, les banques suisses reprendront le relais, et grâce à une lignée obscure des grandes dynasties européennes, l’Occident s’érigera sur le toit du monde. Les Templiers faisaient une fixation sur Sion et Jérusalem, tout comme l’élite cosmopolite moderne qui caresse l’espoir machiavélique d’instaurer une gouvernance mondiale avec Jérusalem pour capitale, après avoir fait sauter le verrou des nations, sauf qu’à terme le bien aura raison du mal, exactement comme nous l’apprend le bras de fer entre l’homme vertueux de la cours de Salomon et le grand démon aux pouvoirs maléfiques. Jacques Attali, un fervent défenseur de ce qui ne restera qu’une utopie diabolique, appelle de tous ses vœux : « Cette mondialisation qui est en marche depuis 3000 ans est inarrêtable et nécessaire » Il fait explicitement référence à Salomon. Tout s’emboite !

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[2] Voir ce dessin de l’époque médiévale qui serait en fait l’illustration biblique de l'histoire de Samson, sauf que cela nous ramène à nos sorciers-rois mérovingiens : https://www.lematin.ch/loisirs/yoda-manuscrit-moyenge/story/24075627

 

[3] Il y a longtemps, je fus abordé par deux missionnaires des Témoins de Jéhovah, qui auraient une origine occulte. Ils m’exposèrent, ce que j’ignorais à l’époque, l’histoire de cet homme savant qui, dans la sourate la fourmi, avait en sa possession le Nom secret de Dieu. Ils en conclurent que c’était Jéhovah, ce qui à l’époque, m’avait quelque peu déstabilisé. La morale est qu’il faut bien connaitre ses textes avant d’affronter des missionnaires de tout bord.

[4] En voici un exemple : https://www.binocheetgiquello.com/lot/80646/7133412

Les Templiers auraient également eu en leur possession les fameuses Tables d’Émeraude imputée au dieu Thot de l’Ancienne Égypte (assimilé à Hermès de la Grèce Antique qui donnera naissance à l’hermétisme) à moins qu’elles ne fussent déjà entre leurs mains.

Le Moyen-âge confectionnera ses propres grimoires à la mémoire du Roi Salomon, comme la clavicule du Roi Salomon.

[5] Le mythe du retour sur la terre du grand Israël qui s’étendrait du Nil à l’Euphrate ne serait que la reproduction des frontières de l’Empire assyrien que les déportés auraient incrusté dans l’inconscient collectif pour remobiliser les rangs, et mettre du baume au cœur à ses âmes en mal du pays.

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