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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 23:45

Chrysanthemum

 

Le Hadj du Prophète (e)

 

Par Sheïkh ibn Bâz

 

… Je recommande à chacun la piété où qu’il se trouve, et la probité dans la religion d’Allah Tout-Puissant en s'éloignant de toute action provoquant Sa Colère. Il faut savoir que la plus importante des obligations et le plus illustre des devoirs n'est autre que l'unicité d’Allah. Il incombe de procurer la sincérité exclusive dans l'accomplissement des rites prescrits et de se conformer strictement aux enseignements du Prophète (e) dans les paroles et les actes. Il faut veiller à effectuer les rites du pèlerinage et les autres rituels en général de la façon dont le Seigneur les a légiférés à travers les paroles de Son Messager et Ami, l'élu de Ses créatures, notre Prophète, notre exemple, notre guide et maître, Mohammed ibn ‘Abd Allah (e). La perversion et le crime les plus graves s’incarnent dans l’association. Autrement dit, dans le fait d’orienter l’adoration ou certains actes d’adoration à d’autre qu’à Allah (U)  comme le révèle le Verset : (Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit mais Il pardonne en dehors de cela à qui Il veut).[1] (Nous t'avons révélé à toi et à tes prédécesseurs que si tu associes quoi que ce soit à Allah, ton œuvre sera annulée et tu compteras parmi les perdants).[2] Après son immigration à Médine, le Prophète (e) a fait un seul pèlerinage (le pèlerinage de l’Adieu) juste avant de mourir. Il a instruit les gens par ses faits et gestes, les différents rites. Il (e) leur a déclaré à cet effet : « Prenez de moi vox rites. »

 

C'est pourquoi, il est du devoir de tout musulman d'appliquer sa recommandation et de le prendre en exemple en accomplissant les rites conformément à ses enseignements. Il est notre guide et enseignant. Allah nous l’a envoyé par miséricorde ; sa mission fait autorité et sert de preuve à l’encontre l’humanité. Allah a ordonné à tous de lui obéir. Il a clarifié que le fait de le suivre faisait entrer au Paradis et préservait ainsi l'individu de l'Enfer. Si celui-ci se conforme à ses prescriptions, ce sera l'indice révélateur attestant de son amour sincère envers Allah et de l’amour d’Allah envers lui. Le Seigneur Tout Puissant révèle :(Ce que le Messager vous a légué, prenez-le donc, et ce qu'il vous a interdit abstenez-vous-en, et craignez Allah car Il a le châtiment terrible).[3] (Dis-leur : Si vous aimez vraiment Allah, alors suivez-moi, Allah vous aimera et pardonnera vos fautes).[4]

 

(…) Je recommande à tous en commençant par moi-même de craindre le Seigneur à tout moment et dans toutes les situations ; comme je recommande de suivre avec sincérité et de façon exclusive les enseignements de Son Prophète (e) afin de parvenir au bonheur dans ce monde et dans l'au-delà et de s'épargner du malheur. Cher pèlerin, le 8 Dhû el Hidja, notre Prophète Mohammed (e) quitta la Mecque avec ses compagnons pour se rendre à Mina en faisant la Talbiya (formule du Hadj). Auparavant, il ordonna à ses compagnons de se mettre en état de sacralisation à partir de leur lieu de résidence ou de leur campement sans nullement leur avoir enjoint de faire le Tawâf de l'Adieu. Cela démontre bel et bien que toute personne voulant faire le pèlerinage, parmi les habitants de la Mecque, ses résidents et les pèlerins –qu’ils se soient désacralisés de la ‘Omra ou non – doit se diriger le huitième jour à Mina sans devoir se présenter à la Maison Sacrée et faire sept tours autour pour avoir quitter la Mecque ; et cela conformément à la Tradition.

 

Il est recommandé au moment de se mettre en état de sacralisation de faire les mêmes choses qu'au Miqât (l'endroit d'où commence la sacralisation). Autrement dit, de se doucher se parfumer et se nettoyer : conformément aux prescriptions du Prophète (e) faites à 'Aïcha lorsque celle-ci voulut se sacraliser pour le Hadj. Auparavant, elle subit un contretemps quand celle-ci s'apprêta à faire la ‘Omra. En raison des menstrues, en rentrant à la Mecque, elle dut s'abstenir de faire le Tawâf avant de se rendre à Mina. Il lui prescrivit ce fameux jour, de faire la grande ablution, et de se mettre en état de sacralisation pour le Hadj. C'est exactement ce qu'elle fit en optant pour la formule Qirân (en joignant le Hadj et la 'Omra). Puis, le Prophète (e) accompagné des pèlerins effectua à Mina respectivement les prières du Dhuhr, 'Asr, Maghreb, 'Ichâ et du Fadjr, en raccourcissant les prières sans les regrouper. En le prenant en exemple, voici donc la tradition à suivre.

 

L'usage veut que durant cette période, le pèlerin remplisse son temps à prononcer la Talbiya, à évoquer le Seigneur, et à réciter le Coran. Il ne manquera pas de se vouer à toute œuvre pie à l'exemple de la prédication. Il veillera à sermonner les gens  (ordonner le bien et interdire le mal) si l’occasion se présente, et à tendre la main aux pauvres…

 

● Au levé du soleil, le jour de 'Arafa, le Prophète (e) et ses compagnons partirent à ‘Arafa en prononçant en route pour certains, la Talbiya, d'autres étaient occupés à proclamer la grandeur du Seigneur. Lorsqu'il (e) parvint à ‘Arafa, il s’installa sous sa tente à Namira qui se trouve en dehors des limites de 'Arafa. Elle lui avait été préparée à l'occasion pour le couvrir du soleil. Cela prouve qu'il est tout-à-fait pertinent pour le pèlerin de se couvrir sous une tente, sous un arbre, etc.

 

Après le Zénith, il (e) sermonna les fidèles du haut de sa monture et attira leur attention. Il leur enseigna les rites du pèlerinage, les mit en garde contre l'usure, et les coutumes païennes. Il leur informa que leur sang, leur bien, et leur honneur étaient sacrés. Il leur enjoignit de s'accrocher à la corde d’Allah (le Coran et la Sunna) en leur faisant savoir qu'ils ne pourront s'égarer tant qu'ils s’y accrocheront. Il est donc impératif à tous les hommes qu'ils soient musulmans ou non, de se conformer à ces recommandations et de s'y tenir où qu'ils soient. Comme il est du devoir pour les chefs d’États musulmans de s'accrocher à la corde d’Allah, et de faire régner Ses Lois sur terre à tous les niveaux. Il est éminent qu'ils imposent à leurs peuples des juridictions basées sur la Législation Divine. Telle est la voie menant aux succès, à la puissance et au respect, et immunisant contre tout péril sur cette terre et dans l'autre monde. Qu’Allah concède à tous de pouvoir y parvenir !

 

Ensuite, il présida (e) la prière du Dhuhr et du 'Asr qu'il regroupa, raccourcit, et avanca à l'heure du Dhuhr en effectuant un seul Adhân et l'Iqâma pour chacune. Ensuite, il (e) se dirigea à ‘Arafa où il s'orienta en direction de la Mecque. Assis sur sa monture, les mains levées au ciel, il entama invocations et évocations qu'il perpétua jusqu'au couché du soleil. Nous pouvons souligner que ce jour-là, il n'a pas jeûné. Nous pouvons donc en déduire qu’il est prescrit pour les pèlerins d'en faire de même en portant leur attention uniquement à invoquer et à évoquer le Seigneur, sans oublier de faire la Talbiya jusqu’à la tombée de la nuit. Il faut veiller aussi à lever les mains au ciel pendant l'imploration du Seigneur sans n'être nullement à jain.

 

Il est authentifié que le Prophète (e) a dit : « Il n’y a pas un jour où le Seigneur affranchit autant de Ses serviteurs de l'Enfer que le jour de ‘Arafa. Ce jour-là, Allah Tout Puissant se rapproche de Ses créatures. Puis, Il fait l’éloge à Ses anges des pèlerins présents à ‘Arafa. » Il est rapporté aussi selon lui (e) que le Seigneur a dit à Ses anges : « Regardez Mes serviteurs ! Ils me sont venus ébouriffés, empoussiérés en quête de Ma Grâce ! J’assume que Je leur pardonne. » Il est certifié que le Messager d’Allah (e) a déclaré également : « J’ai choisi de m’arrêter ici, mais tout ‘Arafa peut servir de station. »

  

● À la nuit tombée, le Prophète (e) se dirigea à  Muzdalifa en poursuivant la Talbiya en cours de route. Il y pria le Maghreb normalement (en effectuant trois Rak’a) et raccourcit  le 'Ichâ (en priant seulement deux Rak’a) ; il effectua également un seul Adhân et l'Iqâma pour chacune. Après quoi, il y passa la nuit. À l'aube, il accomplit la prière du Fadjr en la faisant précéder de sa prière coutumière facultative. Ensuite, il se rendit au Mash'ar el Haram (L'endroit Sacré) où il proclama la grandeur (en disant Allah Akbar) et l'unicité d’Allah. Il se mit en outre à implorer le Seigneur en levant les mains au ciel. Il (e) précisa à cet effet : « J’ai choisi de m'arrêter ici, mais tout cet endroit peut servir de station. »Cela démontre qu’il est valable de s’arrêter et de passer la nuit dans tout le périmètre de Muzdalifa. Il ne faut pas forcément se rendre à l'endroit où se trouvait le Prophète (e). Il suffit au pèlerin de passer la nuit là où il s’installe. Il pourra se consacrer, sans se déplacer, à l'évocation du Seigneur et à solliciter Son repentir.

 

La nuit de Muzdalifa, le Prophète (e) donna la permission aux gens faibles de se rendre à Mina. Cela démontre qu'il n'y a aucun inconvénient pour les personnes en difficulté (femmes vieillards, malades) d'aller à Mina à partir de minuit (la deuxième moitié de la nuit) en profitant de cette opportunité d'une part, mais aussi pour éviter l'encombrement de la foule. Il leur est permis d'effectuer le rite du jet de pierres cette fameuse nuit, comme il est certifié dans les annales, selon les faits de Um Salama et d’Asma la fille d’Abû Bakr. Asma déclara même que le Prophète (e) donna la permission de le faire aux femmes. Après cela, quand le soleil commença à peine à rayonner, il se rendit à Mina en prononçant toujours la formule de Talbiya. Il se dirigea directement à la première colonne de lapidation (Jamrat el 'Aqaba) pour accomplir son rite. Il lança effectivement sept petits cailloux sans oublier de formuler à chaque jet : Allah Akbar ! Puis, il sacrifia sa bête et se rasa la tête. Après cela, 'Aïcha lui mit du parfum.

 

Ensuite, il se rendit (e) à la Maison Sacrée pour faire le Tawâf. On lui posa la question, le jour de l’Immolation concernant le fait de devancer le sacrifice avant le jet de pierres, ou de se raser les cheveux avant le sacrifice, ou encore de se rendre au Tawâf avant de faire le jet de pierres. Il répondit à chaque fois : « Il n'y a pas de mal. » Le rapporteur a confié : « Ce jour-là, rien ne lui fut demandé sans qu’il ne dise : tu peux le faire, Il n'y a pas de mal à cela. » Un homme lui demanda aussi : « Cher Messager d’Allah ! J'ai fais le Sa'î  avant leTawâf !

-          Il n'y a pas de mal à cela, répondit-il. »

Ainsi, comme on peut le constater, la Tradition veut que l'on commence le jour de l'Aïd par le Rami[5], en le faisant suivre par l'immolation pour celui qui aurait avec lui son offrande (ou aurait à le faire), le rite de se raser ou de se couper les cheveux –quoiqu’il vaille mieux se raser –. En effet, le Prophète (e) implora trois fois le pardon et la miséricorde en faveur de celui qui se rase la tête contre une seule fois pour celui qui se coupe seulement les cheveux. 

 

À ce moment-là, le pèlerin parvient à sa première désacralisation. Il pourra donc remettre ses habits, se parfumer, et faire tout ce qui lui fut interdit en état d’Ihram à l'exception des rapports avec sa femme. Dès lors, il pourra aller faire au choix son Tawâf le jour même de l'Aïd ou alors plus tard … il devra faire le Sa'î pour celui qui a choisi la formule de Tamattu'. C'est ainsi qu'il lui sera tout permis en s’étant désacraliser définitivement. Sa femme lui sera donc permise à nouveau. Or, le pèlerin ayant opté pour la formule de l'Ifrad ou de l'Iqrân, devra se contenter du premier Sa'î qu'il a effectué lors de son arrivée après le Tawâf. Mais dans le cas où il ne l'aurait pas fait, il lui sera désigné de le faire après Tawâf el Ifadha.

 

Ensuite, il (e) retourna à Mina pour y finir la journée de l'Aïd, et y rester les 11ème, 12ème et  13ème jour. Chaque jour pendant les trois jours de Tashrîq, il se vouait au rite du jet de pierre en début d'après midi (après le Zénith plus exactement). De la même façon, il faisait attention à lancer effectivement sept petits cailloux en formulant à chaque jet : Allah Akbar ! Après avoir terminé son rite à la première et à la deuxième colonne, il se tint un long moment debout (en laissant la première colonne à sa gauche, puis au niveau de la deuxième, en la laissant à sa droite). Les mains levées au ciel, il implorait Son Seigneur. Toutefois, il ne s'arrêta pas après son rite à la troisième colonne.

 

Ensuite, le 13ème jour, après avoir terminer sa lapidation (e), il se rendit à un endroit qui s'appelle el Abtah. Il y pria le Dhuhr, le 'Asr, le Maghreb, et le 'Ichâ.

 

Ensuite, il descendit à la Mecque (e) peu avant le lever du jour où il présida la prière du Fadjr. Avant la prière, il prit soin de faire leTawâf du départ. Le matin du 14ème jour, après la prière, il prit la direction de Médine. Ainsi, nous pouvons nous apercevoir que, suivant la Tradition, le pèlerin doit se conformer aux faits et gestes que le Prophète (e) accomplit les jours de Mina. (…) Il est donc recommandé et non obligatoire, en plus de devoir commencer ses rites après le zénith, de s'arrêter pour implorer Allah après la deuxième et la troisième colonne. Toutefois, si le pèlerin ne peut s'y présenter entre le début de l'après midi et la tombée de la nuit, il lui est toujours possible de s'y rendre dans la nuit. Il a l’opportunité de le faire jusqu'à l’aube selon la tendance la plus vraisemblable des savants. Et cela, par miséricorde de la part du Seigneur envers Ses serviteurs en vue de leur faciliter ainsi leur rite.

 

Il est possible de précipiter son départ le 12ème jour Pour celui qui voudrait le faire après avoir accompli son rite. Le mieux tout de même, c'est de rester pour le 13ème jour conformément à la pratique du Prophète (e). Le pèlerin doit passer la nuit du 11 et du 12 à Mina. Pour bon nombre de savants, cela est obligatoire. La plus grande partie de la nuit suffit pour se voir acquitter ce rite, dans les limites du possible. Les personnes ayant des excuses valables, à l'instar des bergers et des itinérants, seront dispensées d’y passer la nuit. Quant à la nuit du 13, il n'est pas obligatoire de rester à Mina, pour les pèlerins ayant décidé de précipiter leur départ à la condition d'en être sorti avant le couché du soleil. Or, celui qui s'y trouve après la tombée de la nuit, devra y rester pour la nuit. Il pourra s'en aller en début d'après midi après avoir effectuer son dernier rite. Après le 13ème jour, le jet de pierre ne sera plus valable, même pour les personnes qui resteraient à Mina.

 

Au moment du départ pour son pays, le pèlerin devra accomplir le Tawâf el Wadâ' en effectuant sept tours conformément aux paroles du Prophète (e)  « Personne d’entre vous ne doit partir avant de passer ses derniers moments autour de la Maison Sacrée. » Toutefois, la femme en période de menstrues ou après l'accouchement en est exclu comme il est certifié selon ibn 'Abbâs : « Il a enjoint les gens à passer leurs derniers instants à la Mecque autour de la Maison Sacrée, sauf qu’il a allégé la chose pour la femme ayant les menstrues. » Toujours est-il qu’il est possible de retarder le Tawâf el Ifâdha, en faisant un Tawâf uniquement le jour du départ en regard du sens général que comportent les deux Hadîth cités précédemment.

 

Traduit et adapté par : Karim ZENTICI



[1] Les Femmes ; 48

[2] E-zoumour ; 65

[3] Le Rassemblement ; 7

[4] La famille de 'Imrân ; 31

[5] Jet de pierre.

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Publié par mizab - dans Le hadj
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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:07

Hydrangeas

 

 

L’immolation au cours du Hadj

 

Voir : Durûs ‘Aqadiya Mustafâda min el Hadj de Sheïkh ‘Abd e-Razzâq el ‘Abbâd (77-83). 

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Le Jour du Sacrifice, qui a lieu le 10 de Dhû el Hidja est un jour extraordinaire. Il est correspond au Aïd el Adhha.[1] Il fut appelé le Jour de l’immolation (Nahr) car ce jour-là, les musulmans, tant les pèlerins à la Mecque que leurs coreligionnaires partout dans le monde, tuent une bête par dévotion envers Allah.[2] Allah (I) révèle : (Nous avons établi à chaque communauté un rite afin qu’ils évoquent le Nom d’Allah sur une bête qu’Allah leur a fait don. Votre Dieu est un seul Dieu, soumettez-vous donc à Lui, et annonce la bonne nouvelle aux humbles (ou aux dévoués) • Ceux dont le cœur frémit au seul rappel d’Allah, qui patientent dans l’adversité, qui  observent la Prière et qui donnent de ce que Nous leur avons fait don • La chamelle grasse, Nous vous l’avons compté parmi les rites d’Allah ; vous y avez un bien. Invoquer Allah au moment de l’immoler, lorsqu’elle se tient debout l’un des pieds attachés. Après s’être affalée sur le sol, vous pouvez en manger et en offrir aux pauvres qu’ils en réclament ou non.  Ainsi, Nous vous l’avons soumise, ainsi serez-vous reconnaissants • Allah n’a que faire de sa chair et de son sang, mais Il vous demande uniquement d’être pieux. Ainsi, Il vous l’a soumise afin que vous exaltiez Allah pour vous avoir guidé ; et annonce aux bienfaiteurs).[3]

 

Le but, ce n’est pas uniquement d’immoler une bête, mais il incombe d’invoquer le nom d’Allah au moment de le faire afin de se rappeler qu’Il est  votre Créateur et le Pourvoyeur de vos besoins. Le Très-Haut n’a que faire de sa viande ou de son sang car Il est riche et Il peut se passer de toute chose     : (mais Il vous demande uniquement d’être pieux), c’est-à-dire qu’Il demande d’être sincère au moment d’accomplir cette dévotion à travers laquelle on aspire à la récompense divine, d’avoir de bonnes intentions, et de rechercher à travers elle uniquement Son Visage. Allah n’accepte que les œuvres qui Lui sont vouées exclusivement comme Il le révèle (I) dans le Verset suivant : (Dis : ma prière, mon offrande, ma vie et ma mort reviennent à Allah le Seigneur de l’Univers • qui n’a point d’associé ; Voilà ce qu’on m’a commandé et j’en suis le premier soumis).[4]

 

Ibn Kathîr –qu’Allah lui fasse miséricorde – a fait le commentaire suivant en exégèse à ce Verset : « Allah ordonne à Son Messager d’informer les païens qui adorent d’autres divinité que Lui, et qui immolent des offrandes en invoquant un autre nom que le Sien, qu’il est différent d’eux en consacrant sa prière à Lui et son offrande en Son Nom sans Lui vouer aucun associé. Un autre Verset du même genre nous apprend : (Prie Ton Seigneur et immole). Autrement dit, voue-Lui une prière et une immolation sincère et exclusive à Lui. Les polythéistes en effet adoraient les idoles en l’honneur desquelles, ils égorgeaient leurs bêtes. Le Très-Haut a donc enjoint à son Prophète (r) de se distinguer d’eux et de ne pas faire comme eux en s’orientant vers Lui avec une intention sincère et résolu. Pour ce qui est de l’offrande dans le Verset : (Dis : ma prière, mon offrande), Mujâhid affirme qu’elle concerne les rites du Hadj et de la ‘Umra. e-Thawrî rapporte selon e-Suddî, selon Sa’îd ibn Jubaïr, que « mon offrande » signifie « mon immolation ». le même commentaire fut rapporté de la part de e-Suddî lui-même et de e-Dhahhâq. »[5] Fin de citation.

 

L’immolation est ainsi un rituel extraordinaire par lequel les musulmans se rapprochent de leur Seigneur (U) à l’occasion du Hadî, de l’Udhhiya, d’un vœu, etc. Il est donc strictement interdit de la consacrer à un autre que Lui au même titre que n’importe quelle adoration. Il est certifié dans e-Sahîh, selon Amîr el Mu-minîn ‘Ali ibn Abî Talib (t), que ce dernier a dit : « Le Messager d’Allah (r) m’a rapporté quatre paroles : Allah maudit celui qui égorge pour un autre que Lui, Allah maudit celui qui maudit ses parents, Allah maudit celui qui héberge l’auteur d’un délit (qu’il soit pénal ou religieux ndt.), Allah maudit celui qui change les contours d’un terrain. »[6] Recevoir la malédiction divine consiste à être exclu et éloigné de la Miséricorde du Seigneur. Au demeurant, l’acte le plus périlleux et le plus condamnable des quatre est l’immolation dédiée à un autre qu’au vrai Dieu. C’est pourquoi, le Messager (r) l’a énumérée en premier, ce qui confirme le péril extrême auquel s’expose l’auteur d’un tel acte. L’immolation faite à quelqu’un d’autre qu’au Seigneur est une forme d’Association contrairement aux autres actions qui figurent dans le même Hadith, et qui étant des péchés majeurs, n’atteignent pas cependant le degré d’Association. Toute immolation consacrée à qui que ce soit en dehors d’Allah est une forme d’Association même si la victime devait être des plus insignifiantes à l’exemple d’une mouche ou autre. Que dire alors de ceux qui consacrent, la bête la plus sacrée à leurs yeux et la meilleure du bétail.

 

D’après l’Imam Ahmed dans son recueil e-Zuhd, Abû Na’îm dans el Huliya, et d’autres, selon Salmân el Fârisî (t), avec une chaîne narrative qui s’arrête à lui, ce dernier a dit : « Un homme est entré au Paradis à cause d’une mouche et un autre homme est entré en Enfer à cause d’une mouche.

-          Comment cela ? Lui a-t-on demandé.

-         Deux hommes des générations avant vous sont passés sur le territoire d’un clan que les membres laissaient franchir à condition de vouer une offrande à leur idole : « Fais une offrande ont-ils lancé à l’un d’eux.

-         Je n’ai rien à proposé.

-         Fais-le, ne serait-ce qu’avec une mouche. »

Il sacrifia alors une mouche et il pu passer mais il a fini en Enfer : «  Fais une offrande ont-ils lancé eu deuxième.

-         Je ne ferais d’offrande à personne en dehors d’Allah Tout-Puissant. »

Dès lors, ils lui frappèrent le cou avec une épée mais il se retrouva au Paradis. »[7]

 

 Cette histoire démontre la gravité que constitue l’Association et le péril terrible qu’elle fait encourir à celui qui en pratique la moindre partie. Le premier homme s’est retrouvé en Enfer pour avoir sacrifié une mouche, un vil insecte, en ayant commis ainsi un acte d’Association dans l’adoration. Si une mouche fait mériter une telle sentence, que dire alors quand il s’agit d’immoler un chameau que l’on a bien engraissé, ou d’adorer en dehors d’Allah, une vulgaire tombe, un mausolée, une pierre, un arbre, etc.

 

L’Imam e-Shawkânî a souligné à ce sujet dans son livre Sharh e-Sudûr : « Parmi les inconvénients extrêmes qui propulsent son auteur derrière les murs de l’Islam pour le laisser tomber sur la tête de l’endroit le plus haut, c’est que bon nombre d’entre eux choisissent le meilleur animal de leur bétail et le plus précieux de leur troupeau pour l’immoler auprès de cette fameuse tombe par dévotion envers son occupant, dans l’espoir qu’il réalise ses attentes décelées au fond au lui. Il offre ainsi un sacrifice qu’il ne consacre pas à Allah mais qu’il dévoue à une idole ; il n’y a pas de différence entre dédier un sacrifice sur un autel en pierre qu’ils appellent une idole ou le trou d’un défunt qu’ils appellent une tombe. Si les noms changent, cela ne change rien à la réalité des choses et cela n’a aucune influence en matière de licite et d’illicite. Appeler les boissons enivrantes par d’autres noms ne change en rien à leur statut ; les consommer sous leur noms ou non, cela revient strictement à la même chose. Nul doute cependant que l’immolation est une forme d’adoration qu’Allah a légiféré à Ses serviteurs de Lui consacrer.

Que ce soit une offrande, un rachat, ou un sacrifice, l’auteur d’une telle dévotion et d’une telle immolation devant un tombeau, et qui n’a pas d’autre intention que d’encenser son occupant en vue d’obtenir un bien de sa part et d’éloigner un mal, nul doute que c’est une forme d’adoration. Il suffit de l’entendre pour se faire mal aux oreilles mais il n’y a de « Force » et de Puissance qu’en Allah ! Nous sommes à Allah et c’est vers Lui que nous retournons !  Le Prophète (r) est l’auteur des paroles suivantes : « Il n’y a pas de saigner en l’Islam » ‘Abd e-Razzâq e-San’ânî commente à ce sujet : « Les païens faisaient saigner une vache ou une chèvre devant les tombes. Le Hadith est rapporté par Abû Dâwûd avec une chaîne narrative authentique, selon Anas ibn Mâlik (t). »[8] Fin de citation.

 

e-Shawkânî nous témoigne ici –qu’Allah lui fasse miséricorde – d’un grand conseil et d’une bonne mise en garde contre cette terrible pratique. Nous ne pouvons qu’implorer Allah de nous préserver tous de commettre quoi que ce soit de ce genre ! Qu’Il fasse que nos œuvres soient sincères à Son Noble Visage et en conformité à la Sunna de Son Prophète Mohammed (r) ! Il est certes Prodigue et Généreux !

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Traduit pour Islam.house par :

Karim ZENTICI  

           



[1] Plus communément connu en France sous le nom de la fête du mouton.

[2] Le sacrifice s’appelle Hadî (qui signifie offrande) pour les pèlerins et Udhhya (qui signifie sacrifice) pour les non pèlerins.

[3] Le pèlerinage ; 34-37

[4] Le bétail ; 162, 163

[5] Voir : Tafsîr ibn Kathîr (3/377).

[6] Rapporté par Muslim (1978).

[7] E-Zuhd(p. 32, 33), el Huliya (1/203).

[8] Sharh e-Sudûr de Shawkânî (compilé avec el Jâmi’ el Farîd p. 529, 530).

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Publié par admin - dans Le hadj
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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:06

Hydrangeas

 

 

L’habit du pèlerin et le linceul du mort

 

Voir : el Hadj wa Tahdhîb e-Nufûs de Sheïkh ‘Abd e-Razzâq el ‘Abbâd (146-152). 

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Les leçons et les avantages que l’on peut tirer du Hadj sont innombrables. Les différents rites auxquels est confronté le pèlerin suscitent certaines morales pour le moins émouvantes. Arrivé au Mîqât (les lieux que le Messager d’Allah (r) a fixés pour entrer en sacralisation), il doit en effet enlever tous ses habits et revêtir un Izar (pagne) pour le bas, et un Rida pour le haut et que l’on porte sur les épaules. Sous cette tenue, tous les pèlerins sont égaux ; il n’y aucune différence entre le riche et le pauvre, entre le gouverneur et le gouverné. Cela nous rappelle que tous les hommes sont égaux face à la mort car chacun ne porte d’autre vêtement le jour de l’enterrement, que son linceul. Ainsi, enveloppé nu dans un tissu blanc, il n’y a plus ni riche ni pauvre.

 

D’après l’Imam Ahmed dans son recueil el Musnad, selon Samura ibn Jundub (t), le Prophète (r) a déclaré : « Habillez-vous en blanc car c’est plus pur et plus embellissant, et servez-vous-en pour vos morts. »[1] À sa mort, le meilleur des hommes (r) fut enveloppé de trois habits blancs en coton ; il n’avait ni chemise ni turban. D’après el Bukhârî et Muslim, selon ‘Âisha, le Messager d’Allah (r) eut trois habits Sahûliya (tissu blanc du Yémen ndt.) yéménites en coton pour linceul ; il n’avait ni Qamis ni ‘Imâma.[2] Ainsi, après avoir rendu l’âme, la personne est débarrassé de se vêtements ; on doit la laver, l’entourer de trois tissus de couleur blanche, prier sur elle, et l’enterrer. Quand le pèlerin ôte ses vêtements profanes au Mîqât pour revêtir ceux de l’Ihrâm, il doit penser à sa situation future et garder à l’esprit que la mort est un passage entre à la vie sur terre et l’au-delà. Il est ô combien bénéfique d’avoir toujours en tête que la vie a un terme qui éloigne à jamais des amis et des proches ici-bas ! Le linceul, encore qu’il puisse se conserver, est le seul bien que l’on portera avec soi sous terre. Le poète a dit :

 

Tu n’auras de tous ce que tu as amassés

Que deux tissus qui t’entoureront et de l’encens

     

Un autre a affirmé :

 

Se contenter et ne l’échanger contre rien

Permet de mieux savourer et se reposer

Vois ceux qui ont la terre entière pour fortune

Autre chose qu’un linceul en coton, ont-ils emporté ![3]

 

Un Hadith authentique nous apprend que le Prophète (r) a préconisé : « Pensez souvent à ce qui met un terme aux plaisirs. »[4] Autrement dit, pensez souvent à la mort. Ibn Mas’ûd (t) a affirmé quant à lui : « La mort suffit pour faire morale. » Penser à la mort, c’est faire un pas vers l’Au-delà, et c’est montrer que nos ambitions et nos connaissances ne s’arrête pas à la vie d’ici-bas. Réfléchir sur l’autre monde dissuade de faire des péchés, radoucit les cœurs durs, frêne l’entrain que l’on éprouve pour ce bas monde, et permet de mieux supporter les malheurs.

 

Par ailleurs, le linceul que le défunt emporte avec lui dans sa tombe, ne lui est plus, dès les premiers instants, d’aucune utilité, et à terme –dernière trace de son ancien monde – celui-ci va même se décomposer. En fait, la seule chose qui pourra lui être utile en ce lieu hostile, ce sont ces bonnes actions passées. Il est certifié en effet d’après el Bukhârî et Muslim, et selon Anas ibn Mâlik (t), que le Prophète (r) a affirmé : « Trois choses suivent un mort ; deux d’entre elles reviennent et une seule reste avec lui. Si sa famille, ses biens, et ses actes le suivent, sa famille et ses biens reviennent tandis que ses actes restent avec lui. »[5] Chacun sait qu’un individu a besoin de sa famille et de sa richesse pour vivre. Pourtant, il faudra bien un jour s’en détacher. Le plus heureux, c’est celui qui utilise cet avantage pour l’aider à faire le bien et les actes d’adorations. Par contre, il perd tout quand la fortune et les proches lui font oublier Son Créateur, comme les bédouins l’ont reconnu au Prophète (r) dans le Verset suivant : (Nos biens et nos proches nous ont occupés l’esprit, alors implore le Pardon en notre faveur).[6] Allah (I) révèle également : (Vos biens et vos proches ne doivent point vous distraire de l’évocation d’Allah ; quiconque sombre dans cela… ces gens-là sont alors les grands perdants).[7]

 

La seule chose dont on peut espérer après la mort de ses biens et de sa famille, c’est soit recevoir en son honneur des invocations et la demande de Pardon de la part de ces derniers, soit de les avoir utilisé à bon escient en ce qui concerne les premiers. Allah (I) révèle : (Le jour où ni les biens ni les proches ne seront d’une quelconque utilité • si ce n’est celui qui se présentera avec un cœur sain).[8] Il (I) dit également : (Vous Nous venez aujourd’hui un par un comme Nous vous avons créé la première fois mais vous avez laissez derrière vous, ce que sur terre, Nous vous avons concédé).[9] L’être humain laisse derrière lui sa famille et son argent qui lui offraient une certaine jouissance sur terre et qui désormais ne peuvent plus rien lui rapporter, si ce n’est les invocations que les uns les réservent après son décès et les dépensent utiles qu’il a pu faire au cours de sa vie.

 

D’après Sahîh Muslim, selon Abû Huraîra (t), le Prophète (r) a dit : « Quand quelqu’un meurt, toutes ses œuvres s’interrompent à l’exception de trois ; une aumône en cours, un enfant pieux qui implore en sa faveur, et un savoir utile aux autres. »[10] Or, sa famille ne prie pas forcément en sa faveur et la richesse qu’il s’était approprié ne peut lui venir en aide une fois sous terre, si ce n’est la partie qu’il consacrait pour faire le bien et qui compte ainsi parmi ses bonnes œuvres. En dehors de cela, aucun argent ne va l’accompagner dans l’autre demeure. Il sera plutôt distribué à ses héritiers quel que soit le montant de l’héritage dont il n’était en fait, que le gardien. D’après Sahîh Muslim, le Prophète (r) a déclaré : « Le fils d’Adam réclame : mon argent ! Mon argent ! Mais fils d’Adam ! Détiens-tu autre chose de ton argent que celui qui t’a servi à manger alors que tu n’es plu ; il t’a permis de t’habiller alors que tu t’es décomposé, mais celui que tu consacrais à l’aumône, tu l’as mis en valeur. »[11]

D’après Sahîh el Bukhârî, le Prophète (r) a demandé aux Compagnons : « Qui d’entre vous préfère l’argent de ses héritiers au sien ?

-          Chacun d’entre nous préfère son argent à celui de ses héritiers ont-ils répondu.

-          Son argent, c’est celui qu’il a avancé alors que l’argent de ses héritiers c’est celui qu’il a laissé. »[12]

 

Allah (I) révèle : (Celui qui renie, il le fait contre lui mais ceux qui font des bonnes œuvres, ils se préparent leur couche).[13] Certains anciens ont fait savoir en commentaire à ce Verset, que cela concernait la tombe. Autrement dit, les bonnes œuvres serviront de couche dans un lieu, où l’individu ne pourra plus jouir d’un tapis, d’un oreiller, ou d’un lit. [14]Chacun étendra ses bonnes ou mauvaises œuvres, sur lesquelles il va s’allonger. Dans un Hadith, le prophète (r)  nous apprend enfin : « Jibrîl m’a dit : « Mohammed ! Tu peux vivre autant que tu veux, tu mourras quand même ; tu peux aimer qui tu veux, tu le quitteras quand même ; Tu peux faire toutes les œuvres que tu veux, tu les va les retrouver. »[15]

 

Ainsi, j’implore Allah d’arranger notre situation à tous, de nous offrir une fin heureuse, et de nous faciliter les œuvres qu’Il aime et agrée !

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Traduit pour Islam.house par :

Karim ZENTICI  

   

    



[1] El Musnad (20154).

[2] Sahîh el Bukhârî (1264) et Sahîh Muslim (941).

[3] Voir : e-Tadhkira d’el Kurtubî (1/28).

[4] Sunan e-Tirmidhî (2307) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans Sahîh el Jâmi’ (1210).

[5] Sahîh el Bukhârî (6514) et Sahîh Muslim (2960).

[6] La Grande Conquête, 11

[7] Les hypocrites ; 9

[8] Les poètes ; 88, 89

[9] Le bétail ; 94

[10] Sahîh Muslim (1631).

[11] Sahîh Muslim (2958).

[12] Sahîh el Bukhârî (6442).

[13] Les romains ; 44

[14] Voir : Juz-un fî el Kalam ‘ala Hadith : « utba’u el Mayït Thalâth… » d’ibn Rajab (p. 40).

[15] Hadith rapporté par e-Tiyâlisî (1862), el Hâkim (4/325) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans Sahîh el Jâmi’ (4355).

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:05

 

Hydrangeas

 

 

Les mérites de la Mecque

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Voir : Zâd el Ma’âd d’ibn el Qaïyam el Jawziya (1/42-52).

 

En méditant un peu sur l’univers, on se rendra compte qu’en élisant et en choisissant certaines créations, le Tout-Puissant fait preuve d’une grande Sagesse et Majesté, comme Il fait preuve de Sa Toute Puissance. Il exprime également à travers cela, Son Unicité en sachant qu’Il élit qui Il veut parmi Sa création.[1] Parmi les sept cieux qu’Il a créés, Il en a élu le plus haut, comme Il a élu le Firdaws –qui se trouve juste en-dessous de Son Trône – d’entre tous les Paradis. Parmi, les anges, Il en a choisi trois ; Jibrîl, Mikâîl, et Isrâfîl.[2] Parmi les fils d’Adam, Il a élu cent vingt quatre mille prophètes, au milieu desquels Il a élu trois cent treize messagers. Parmi ces derniers, Il a choisi les « messagers-résolus » (Ûlû el ‘Azm), qui sont au nombre de cinq : Nuh, Ibrâhîm, Mûsâ, ‘Îsâ, et Mohammed. ces deux Amis sont Ibrâhîm et le descendant d’Ismâ’îl qui est le grand élu de la création.

 

Sa communauté est la meilleure d’entre toutes ; cela se vérifie aussi bien dans leur savoir et dans leurs actes sur terre que dans leurs demeures et leurs degrés qui seront les plus élevés dans l’autre monde. Il convenait à cette nation d’avoir dans son patrimoine le lieu et le pays le plus illustre qui soit, autrement dit la Mecque. Le Seigneur (I) a choisi cette ville pour Son Prophète (r), Il y a prescrit à Ses serviteurs certains rituels. Il leur a ordonné en effet de s’y rendre partout où qu’ils soient. Ils doivent ainsi y entrer en toute humilité, en ayant veillé auparavant à se découvrir la tête et à enlever leurs habits profanes. Mekka est sacrée et paisible ; il est interdit d’y verser le sang, de couper ses arbres, de faire fuir son gibier, et de couper sa végétation vivante. Il n’est pas permis de s’approprier tout objet trouvé en son sein, si ce n’est pour le signaler. Il suffit de s’y rendre pour se voir effacer tous ses péchés passés et purifier de ses fautes. D’après el Bukhârî et Muslim en effet, selon Abû Huraïra, le Messager d’Allah (r) a déclaré : « Quiconque se rend à ce Temple sans ne commettre ni dire de mal, reviendra chez lui comme le jour où sa mère le mit au monde. »[3] En s’y rendant, on ne peut prétendre d’autre récompense que le Paradis. D’après les recueils e-Sunan, selon ‘Abd Allah ibn Mas’ûd (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « Faites succéder le Hadj et la ‘Umra car ils éliminent les péchés et la pauvreté comme le soufflet élimine les scories (déchets) du fer, de l’or, et de l’argent ; un pieux pèlerinage ne peut mériter moins que le Paradis. »[4]

 

Si la « Terre Paisible » n’était pas la plus aimée du Seigneur, Il ne lui aurait accordé aucune élection ; Il a fait de son enceinte un lieu de rituels, Il a prescrit à Ses serviteurs de s’y rendre en considérant cela parmi les obligations les plus impérieuses de l’Islam. En outre, Il jure par la « Terre Paisible » à deux endroits de Son Livre Illustre.[5] Il est imposé nul par ailleurs pour celui qui en est capable, de faire le Tawâf (circuit) autour d’un monument et le Sa’î (circuit) entre deux repères. Il n’existe aucun endroit sur la surface de la terre qu’il serait légiféré d’embrasser ou de passer la main dessus, ou qui permettrait encore d’effacer les péchés, en dehors de la Pierre Noire et du Coin Yéménite (pour ce qui est de passer la main dessus ndt.). Une prière dans la Sainte Mosquée vaut cent mille prières. On peut dire ainsi que la Mecque est le meilleur endroit sur terre, c’est pourquoi il incombe de lui consacrer un « voyage spirituel ». La ville natale de Mohammed sert de Qibla (direction) à l’humanité entière, aucun lieu dans le monde ne peut s’arroger un tel privilège.

 

Parmi ses particularités, il y a interdiction de se mettre dans sa direction ou bien de lui tourner le dos pendant les « besoins ». En cela, il n’y aucune différence entre le fait d’être couvert par un mur et d’être à l’air libre selon la plus pertinente des opinions des savants.

Parmi ses particularités, nous pouvons mentionner que la Sainte Mosquée est le premier Temple édifié aux hommes. D’après el Bukhârî et Muslim en effet, selon Abû Dar, ce dernier demanda au Messager d’Allah : « Quel fut la premier mosquée (temple) édifiée sur terre ?

-          La Sainte Mosquée, répondit-il.

-          Et ensuite ?

-          La Mosquée el Aqsa.

-          Combien de temps y a-t-il eu entre les deux ?

-          Quarante ans. »[6]

         

Ce Hadith pose problème pour celui qui n’en pénètre pas le sens car il est connu que Sulaïmân fils de Dâwûd est le fondateur el Aqsa, en sachant qu’il y a plus de mille ans qui le sépare d’Ibrâhîm. L’auteur d’une telle parole est somme toute un ignorant car Sulaïmân n’a fait que rénover le Temple, mais il n’en est pas le fondateur. Son premier fondateur en fait, c’est son ancêtre Ya’qûb le fils d’Ishâq (r), qui s’est mis à l’ouvrage quarante ans après la construction de la Ka’ba par son grand-père.

 

Allah nous apprend notamment qu’elle est la « Mère des cités » dans le sens où toutes les autres cités lui succèdent (ou dépendent d’elle) et sont issus d’elle ; elle a donc un rôle de génitrice. En dehors de ceux qui sont souvent poussés à s’y rendre, il n’est pas permis d’y entrer sans sacralisation (Ihrâm) ; en cela, elle se distingue des autres villes bien qu’il existe sur la question certaines nuances et certaines divergences.

 

Le simple fait de projeter de faire une mauvaise action en son sein est compté comme un péché comme le révèle le Verset suivant : (Nous ferons gouté un châtiment douloureux à quiconque veut y commettre une déviation quelconque).[7] À partir de là, les péchés qui y sont commis sont plus condamnable non d’un point quantitatif mais du point de vue de leur gravité. Bien qu’un péché –petit ou grand – soit compté qu’une seule fois, il n’en demeure pas point qu’il a plus de gravité quand celui-ci est commit au cœur de la Ville Sacré ; désobéir à un roi loin de sa cour ce n’est pas comme lui désobéir dans sa propre cour wa Allah a’lam !

 

Si les cœurs sont tant attirés et envoûtés par ce pays de lumière, ce n’est pas sans raison. Allah nous informe en effet qu’il est un lieu de refuge et de retour pour les hommes ; c’est-à-dire qu’ils y reviennent constamment toutes les années et de tous les horizons. Cette attirance ne peut s’assouvir à travers une simple visite mais celle-ci se transforme en besoin grandissant.

 

À peine cligne-t-on des deux yeux en la contemplant

 Que sa vue devient encore plus envoutante      

 

Combien d’âmes et d’argent lui sont-ils sacrifiés ! Combien est-il doux de quitter les êtres les plus chers en vue de la rencontrer ! Et de quitter sa terre chérie pour traverser tous les dangers et un long et dur périple ! Si doux pourtant pour le cœur qui est envahit de son amour et plus doux encore que les délices les plus succulents auxquels il est familier !

 

Peut-on à la fois aimer et considérer

Comme une souffrance, les efforts pour son bien-aimé ?

 

Voici la clef du mystère qui explique pourquoi le Seigneur se l’est-Il affilié dans le Verset : (et purifie Ma Maison).[8] Cette affiliation particulière invite à éprouver plus d’admiration et d’encensement envers la « Maison d’Allah ». Toute affiliation au Tout-puissant confère à la chose en question une considération particulière qui l’élève au rang d’élection…

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Traduit et compilé pour Islam.house par :

Karim ZENTICI  

  



[1] Voir : Les récits ; 67

[2] Chacun de ces trois anges est responsable d’une forme de vie ; Jibrîl est chargé de la Révélation qui alimente la vie spirituelle ; quant à Mîkâîl, celui-ci est chargé de la pluie qui alimente le corps humain, la nature, et les animaux ; Isrâfîl pour sa part est chargé de souffler dans la Trompe pour donner le signal de la Résurrection des hommes le Jour du Grand Jugement. 

[3] Rapporté par el Bukhârî (3/302) et Muslim (1350).

[4] Rapporté par e-Tirmidhî (810), et e-Nasâî (5/115), et Ahmed (3669) dans son Musnad avec une bonne chaîne narrative.

[5] E-Tîn ; 3 et El Balad ; 1

[6] Rapporté par el Bukhârî (6/290, 291), et Muslim (520).

[7] Le pèlerinage ; 25

[8] Le pèlerinage ; 26

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:05

Hydrangeas

 

Les surnoms de la Mecque

 

Voir : Fadhâil Makka du D. Mohammed Ghabbân (1/23-28). 

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Les savants se sont penchés très tôt sur les noms de la Mecque ; certains d’entre eux, surtout parmi les nouvelles générations, se sont étendus sur le sujet. Celle-ci est digne d’intérêt d’autant plus qu’un nombre important de qualificatifs pour désigner une seule et même chose exprime son importance et la considération qu’elle concède dans le cœur des gens. E-Nawawî signale à cet effet : « Sache que la multitude de noms pour désigner quelque chose témoigne de son importance à l’exemple des Noms d’Allah (I) et de ceux de Son Messager (r). À notre connaissance, aucune ville ne possède plus de noms que la Mecque et Médine étant donné qu’elles sont les meilleurs endroits sur terre. »[1]

E-Zarkashî souligne également : « Celle-ci –autrement dit la Mecque – a de nombreux noms. La sagesse qui se cache derrière cela, c’est que la multitude de noms pour désigner quelque chose témoigne de son importance. »[2] Le poète a dit pour sa part :

 

Nombre de noms traduit son importance

Allah la fait aimer d’eux pour la Ka’ba

 

Nous allons recenser dans les lignes suivantes certains surnoms de la Mecque dont certains Textes font mentions. Cela ne signifie nullement que ces noms ne doivent pas sortir des Textes Sacrés, mais ils dénotent tout au moins un sens élogieux. Il y a notamment :

 

1- Mekka : Le Coran mentionne ce nom dans le Verset suivant : (C’est Lui qui vous a épargné de leurs mains et qui les ont épargné des vôtres au cœur de Mekka après qu’Il vous a fait triomphé d’eux…).[3]Mekka est le nom le plus connu et le plus répandu. Celui-ci figure souvent dans la Tradition prophétique. Or, les opinions divergent concernant le sens étymologique de ce terme. Selon une hypothèse, il signifierait à l’origine éteindre l’ardeur des tyrans ; une autre hypothèse avance qu’il aurait le sens de chasser le pervers de son enceinte ; selon une troisième hypothèse, cette contrée fut désigné ainsi car elle attire le cœur des hommes de la même façon que le petit de la chamelle vide les mamelles de sa mère. D’autres hypothèses sont avancées concernant l’origine du vocable « Mekka » qui sert à désigner les contours de cette contrée.

 

2- Bekka : dans le Verset suivant : (Le premier temple édifié aux hommes, celui qui se trouve à Bekka, est bénit et il est un guide pour l’humanité).[4] Ce nom voudrait dire la même chose que Mekka selon une certaine tendance, mais d’autres opinions assument qu’il a un sens différent. Il désignerait en effet pour certains savants l’endroit où le Temple est situé. D’autres avancent qu’il désigne le Temple lui-même et la Mosquée Sacrée, ou la « Maison d’Allah » et ses alentours, ou encore le périmètre entre les deux sommets de la région. Plusieurs thèses peuvent expliquer la raison pour laquelle la Ville fut baptisée ainsi :

- ce serait en raison de la foule immense qui s’y entasse.

- ou bien celle-ci réduirait à néant le cou des tyrans.

- en encore celle-ci rabaisserait le zèle des orgueilleux.

 

3- Um el Qurâ : la « Mère des cités » apparaît dans le Verset suivant : (Voici un Livre que Nous avons descendu, bénit, et venant confirmé le Livre révélé avant lui et afin que tu mettes en garde la Mère des cités et ses alentours…).[5] Le Très-Haut révèle par ailleurs : (Ainsi, Nous t’avons révélé une lecture (coran) en arabe afin que tu mettes en garde la Mère des cités et ses alentours…).[6] Ni e-Tabarî ni ibn Kathîr n’ont évoqué une opinion éventuelle qui viendrait s’opposer au consensus autour de l’opinion disant qu’il s’agit ici de la Mecque. La divergence porte cependant sur la raison pour laquelle, la Ville Sainte fut surnommée ainsi.

- car la Mecque serait l’endroit en-dessous duquel la terre fut étendue au début de la création.

- car celle-ci est la direction vers laquelle se tournent tous les peuples.

- car c’est la plus illustre des villes de la terre.

- car il s’y trouve la « Maison d’Allah » ; l’usage veut que la ville où le roi élit résidence et où il installe son palais principale a plus d’importance que tout autre endroit. En cela, elle prend le statut de capitale ou de ville-mère en raison de sa prépondérance par rapport aux provinces.

 

La première raison évoqué ci-dessus réclame une preuve textuelle venant l’appuyer. Nous verrons plus loin qu’il n’existe aucun texte authentique sur la question. Quant aux autres hypothèses, celles-ci ne posent pas problème bien qu’il soit plus adéquat de les prendre toutes autant qu’elles sont en considération étant donné qu’elles ne se contredisent pas les unes les autres.

 

3- El Balad (pays) : le Très-Haut révèle en effet : (J’en jure par ce pays • Ce pays qui te fut désacralisé).[7] Ibn Jarîr a fait le commentaire suivant : « Le Très-Haut déclare : Je jure Ô Mohammed ! Par ce pays sacré qui est la Mecque. Les exégètes ont avancé la même interprétation de ce Verset. »[8] Il a ensuite cité une série d’annales allant dans ce sens. La Mecque fut appelé « le Pays » qui a un sens général, pour exprimer son importance de la même façon que l’Algenid (Thariya) fut appelé l’Étoile.[9] Cette cité est donc à la tête de toutes les cités car le terme Balad prend dans la Langue le sens de Sadr (qui signifie être à la tête ndt.).[10]

 

4- El Balda (ville) : Allah révèle : (Il me fut simplement ordonné d’adorer le Seigneur de cette ville qu’Il a rendu sacrée).[11] Dans la Langue, el Balad et el Balda sont synonymes bien que certaines hypothèses soutiennent que le « pays » à un sens plus vaste que celui de « ville » qui serait en fait une partie d’el Balad.[12]

 

5- El Balad el Amîn (le pays paisible) : comme nous l’apprend le Verset : (et ce pays paisible).[13] Ibn Jarîr a souligné à cet effet : « Ce pays paisible est épargné de se faire attaquer ou envahir par ses ennemis. Une autre hypothèse avance que paisible (Amîn) à le sens ici d’abri (Âmin). » Il a poursuivi ensuite : « le « pays paisible » fait allusion à la Mecque ; les exégètes ont eu la même interprétation que la nôtre. »[14]

 

7- El Masjid el Harâm : la « Mosquée Sacrée » est évoquée à quinze endroits différents du Coran que nous pouvons répertorier en quatre sous-ensembles :

 

1-      Certains passages désignent la Ka’ba

2-      D’autres parlent de la Mosquée et de ses alentours

3-      D’autres parlent de tout le territoire sacré

4-      D’autres parlent enfin de la ville de la Mecque.[15]

 

Le Verset suivant notamment parle de la Mecque : (Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur de la Mosquée Sacrée à la Mosquée el Aqsa dont nous avons béni les alentours).[16] Selon une autre opinion cependant, il s’agirait exclusivement du Temple Sacré.

 

8- Ma’âd (destin) : Allah (I) déclare : (Celui qui T’a prescrit le Coran va te ramener vers un certain destin).[17] Les avis des spécialistes divergent concernant le sens du terme Ma’âd ; il ferait allusion à la mort, au Jour de la Résurrection, au Paradis, ou à la Mecque.[18]

Ibn ‘Abbâs (t) notamment a sur la question plusieurs opinions au sujet desquelles ibn Kathîr fait le point en disant : « La façon dont nous pouvons accorder entre ces différentes opinions consiste à dire qu’ibn ‘Abbâs fait parfois allusion au retour du Prophète (r) à la Mecque qui correspond à la Grande Conquête que lui-même considère comme un signe annonçant la mort prochaine du Prophète. C’est par exemple l’interprétation qu’il fait du Verset : (Quand viendra la victoire d’Allah et la Conquête).[19] »[20]

 

9- El Qaria (la Citée) : Allah (U) révèle : (Allah donne en exemple une citée paisible et tranquille).[21] Selon certains, il s’agirait de Mekka qui était une contrée paisible ; alors qu’à ses alentours, les hommes se déchiraient, quiconque entrait en son sein était en paix.

 

L’auteur a dit :le terme « citée » n’est pas précédé par un article défini bien qu’il désigne la Mecque ; devenu un nom propre, il ne peut correspondre dans ce contexte à la citée en général.

 

10- El Haram : selon Abû Qatâda, le Messager d’Allah (r) a imploré Allah en ces termes : « Ô Allah ! Ibrahim Ton Prophète et Ami a invoqué en faveur des habitants de la Mecque… » Il a continué plus loin (en parlant de Médine) : « Ô Allah ! Je l’ai rendu sacré entre ses deux plaques volcaniques comme Ibrahim a rendu sacré el Haram. »[22]

 

Les différents noms de la Mecque que nous venons de recenser sont puisés des Textes du Coran et de la Sunna bien que certains d’entre font l’objet d’une divergence. Il est possible toutefois d’en dénombrer plus, en sachant qu’elle fut « baptisée » par d’autres noms à l’exemple d’el Bâssa, e-Nâssa, e-Nassâsa, el Hâtima, Salâh, el Muqaddasa, Um Rûh, etc.

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Traduit pour Islam.house par :

Karim ZENTICI  

        

 

     

  



[1] Tahdhîb el Asmâ wa el Lughât (3/157).

[2] I’lâm el Masâjid (p. 78).

[3] La Grande Conquête ; 24

[4] La famille de ‘Imrân ; 96

[5] La famille de ‘Imrân ; 92

[6] La concertation ; 7

[7] Le pays ; 1, 2

[8] Jâmi’ el Bayân (30/193).

[9] Voir : Lisân el ‘Arab (3/94).

[10] Voir : el Qamûs el Muhît (p. 343).

[11] Les fourmis ; 9

[12] Voir : Lisân el ‘Arab (3/94).

[13]Le figuier ; 3

[14] Jâmi’ el Bayân (30/341-342).

[15] Voir : Tahdhîb el Asmâ wa el Lughât (3/152).

[16] Le voyage nocturne ; 1

[17] Les récits ; 85

[18] Voir : Jâmi’ el Bayân (15/3-5).

[19] La Conquête ; 1

[20] Tafsîr ibn Kathîr (3/403).

[21] Les abeilles ; 112

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:04

Hydrangeas

 

 

Les interdits liés à l’Ihrâm

 

Voir : El Manhaj Li Murîd el ‘Umra wa el Hadj de Sheïkh Mohammed ibn Sâlih el ‘Uthaïmîn (p. 29-35).

  

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Les interdits (Mahzhûrât) de l’Ihrâm correspondent aux actions que le pèlerin doit s’abstenir de commettre au cours de l’Ihrâm. Ceux-ci se répartissent en trois catégories : La première catégorie concerne indifféremment les hommes et les femmes, la deuxième catégorie concerne les hommes indépendamment des femmes et la troisième catégorie concerne les femmes indépendamment des hommes.

 

Les interdits liés à la première catégorie :

 

1-              S’enlever les cheveux de la tête en se les rasant ou autre. Dans cet ordre, il y a les poils du corps selon l’opinion la plus répandue. Cependant, il est possible de se débarrasser des cheveux ou des poils qui sont nuisibles de sorte que le seul moyen de s’épargner de cette nuisance, c’est de s’en débarrasser. Dans ce cas, il est permis de le faire sans que le pèlerin n’ait aucun grief à son encontre. Ce dernier peut également se gratter la tête avec modération et s’il se fait tomber des cheveux sans le faire exprès, il n’a rien non plus à son encontre.

2-              Se mettre du parfum sur le vêtement ou le corps après s’être sacralisé. Il est possible toutefois de se parfumer le corps avant d’entrer en sacralisation sans qu’il n’y ait d’inconvénient à ce que ses effets persistent au cours de l’Ihrâm. Il est interdit en effet de se mettre du parfum en état d’Ihrâm non de sentir encore le parfum pendant l’Ihrâm. Dans ce registre, il n’est pas permis au pèlerin de boire du café mélangé au safran qui est une forme de parfum, sauf si le goût et l’odeur sont partis avec la cuisson bien qu’il en reste encore la couleur.

3-              Regarder ou toucher une personne de l’autre sexe avec jouissance.

4-              Porter des gants.

5-              Chasser du gibier qui correspond à tuer un animal sauvage que l’homme a le droit de manger comme le lézard du désert, le lapin, le pigeon, et même les sauterelles ou les crickets. Il est permis toutefois pour le pèlerin de pêcher du poisson et de tuer un animal domestique à l’exemple de la poule. Si des sauterelles se trouvent sur son chemin et qu’il n’y a aucun moyen de les éviter, il ne lui sera fait aucun grief s’ils en écrasent involontairement quelques unes dans la mesure où il ne peut faire autrement et que son intention n’est pas de les tuer.

 

Au demeurant, il n’est pas interdit de couper une branche ou une feuille d’un arbre ; cela n’a aucune influence sur l’état de sacralisation. Cette interdiction s’applique au périmètre de la Ville Sainte et celle-ci concerne aussi bien les pèlerins que les non pèlerins. Ainsi, il est autorisé de toucher aux arbres de ‘Arafa, qui n’entre pas dans le périmètre sacré contrairement à Muzdalifa et à Mina qui intègre le territoire sacré. Si le pèlerin arrache involontairement une branche d’un arbre, il n’aura rien à son encontre. En outre, cette interdiction ne concerne pas les arbres morts qu’il est permis de couper.

 

Quant aux interdits qui frappent les hommes indépendamment des femmes, ceux-ci sont au nombre de deux :

 

1-                 Porter des vêtements cousus qui correspondent aux habits ou autre qui épousent généralement la forme du corps comme le Qamîs (chemise), le pull, et le pantalon. Il n’est donc pas permis à l’homme en état d’Ihrâm de porter normalement ce genre de vêtements. Il peut toutefois s’en servir sans les enfiler en portant par exemple son Qamîs sur les épaules ou son manteau en le renversant. Il n’y a pas d’inconvénient non plus à porter un haut de l’Ihrâm (Ridâ) ou un bas (Izâz) raccommodé ou en une seule pièce. Il est possible également de porter une ceinture, une montre, des lunettes ou encore de faire tenir son habit avec des épingles ou autre étant donné que le Prophète (r) n’a pas interdit ce genre de choses. rien ne décèle au niveau du sens des Textes d’une telle interdiction. Par contre, lorsqu’on interrogea le Législateur (r) au sujet de l’habit du pèlerin, celui ne fit que répondre : « Il ne porte pas de Qamîs, de ‘Imâma (turban), de Sarâwîl (pantalon), de Burnûs (manteau), et de chaussons. » A  la question de savoir ce qu’il doit porter, il a répondu par ce qu’il ne doit pas porter ; cela démontre qu’il est possible de mettre toute sorte de chose qui ne figure pas dans cette liste. Le Prophète (r) a par ailleurs autorisé au pèlerin de vêtir des chaussons en absence de sandales car il a besoin de se protéger les pieds. De la même façon, il est alors autorisé de porter des lunettes qui protègent les yeux. Selon l’opinion la plus répandue de notre École, les légistes autorisent notamment à l’homme de porter un anneau en état d’Ihrâm. S’il ne trouve pas d’Izâr ou s’il n’a pas les moyens d’en acheter, le pèlerin peut habiller un pantalon de la même façon qu’il peut habiller des chaussons s’il n’a pas de chaussures et s’il n’a pas les moyens de les acheter conformément au Hadith d’ibn ‘Abbâs (t), selon lequel le Prophète (r) a déclaré lors de son sermon de ‘Arafa : « Celui qui ne trouve pas de sandale peut habiller des chaussons et celui qui ne trouve pas d’Izâr peut habiller un Sarâwîl. »

2-                 Se couvrir la tête avec un turban, une ‘Ghutra (foulard), une Tâqiya (calotte), etc. il n’y a pas d’inconvénient à se couvrir avec quelque chose qui ne colle pas la tête comme une tante, une ombrelle, le toit d’une voiture ; il est interdit en effet de se coiffer la tête non de se mettre à l’ombre. Selon le Hadith d’Ûm el Husaïn el Ahmasiya, cette dernière explique : « Nous étions avec le Prophète (r) lors du Pèlerinage de l’Adieu. Je l’ai vu au moment du « jet de pierre » à Jamra el ‘Aqaba. Il s’est éloigné en compagnie de Bilal et d’Usâma ensuite alors qu’il se tenait sur sa monture ; l’un la conduisait et l’autre tenait un vêtement au-dessus de la tête du Prophète (r) pour le couvrir du soleil. » Une autre version précise : « Il l’a couvert contre la chaleur du soleil jusqu’à ce qu’il ait lancé à Jamra el ‘Aqaba. » Rapporté par Muslim et Ahmed. Cet épisode à eu lieu le jour de l’Aïd avant que le Prophète (r) se soit désacralisé étant donné qu’il a effectué les autres lancer de pierre à pied non monté de sa chamelle. Il est également permis au pèlerin de porter des affaires sur sa tête si son intention n’est pas de se la couvrir, comme il peut également se plonger la tête sous l’eau.

 

Il est spécifiquement interdit aux femmes de se voiler le visage avec un Niqab qui couvre une partie du visage en laissant les yeux à l’air libre afin de lui permettre de voir. Certains savants avancent cependant que l’interdiction ne porte pas uniquement sur le Niqab, mais qu’elle englobe n’importe quel voile recouvrant le visage, sauf dans la situation où des hommes venaient à passer devant une femme ; dans ce cas, il lui est imposé de se couvrir le visage sans n’avoir aucune compensation à sa charge que son voile vienne à toucher la peau ou non.

Une personne enfreint un interdit dans trois cas différents :

 

Premièrement : il y a le cas où la personne enfreint  un interdit sans excuse valable et pour aucune raison quelconque. Le cas échéant elle est passible d’un péché et elle est soumise à une compensation.

Deuxièmement : il y a le cas où elle l’enfreint pour une raison quelconque comme par exemple si elle a besoin de porter un vêtement en raison du froid ou si elle craint pour elle-même. Dans ce cas précis, elle peut le faire mais elle doit compenser malgré tout cette action comme ce fut le cas pour Ka’b ibn ‘Ajwa (t) qui reçu la permission du Prophète (r) de se raser la tête étant donné que les poux lui rongeaient les cheveux et le visage.

Troisièmement : il y a le cas où la personne ayant enfreint un interdit bénéficie d’une circonstance atténuante soit qu’elle ne connaissait pas la chose, soit qu’elle avait oublié, soit qu’elle l’ait faite au cours de son sommeil ou sous la contrainte. Le cas échéant, ni elle est passible d’un péché ni elle est soumise à une compensation conformément au Verset suivant : (Il ne vous sera pas tenu compte de vos erreurs, mais de ce que vos cœurs éprouvent consciemment). Le Très-Haut révèle également : (Seigneur ! Ne nous tiens pas rigueur de nos oublis et de nos erreurs). À Allah de répondre : « Je m’y engage ! » Le Prophète (r) nous apprend également à travers un Hadith : « Allah ne tient pas rigueur à ma communauté des actions que ses membres ont pu faire par erreur, par oubli, et sous la contrainte. »

Ces textes englobent notamment les fautes, au cours de la sacralisation, commises par erreur, par ignorance, ou sous la contrainte. Allah (I) décrète concernant spécialement l’un des interdits de l’Ihrâm qui consiste à chasser du gibier : (Ô croyants ! Ne tuez pas du gibier alors que vous êtes en état de sacralisation. Quiconque parmi vous tue consciemment un animal devra en compensation offrir une bête équivalente). Cette compensation incombe au fautif dans la condition où ce dernier l’ait fait intentionnellement ; l’acte intentionnel correspondait parfaitement à l’obligation de se soumettre à une compensation ; il est tout-à-fait adéquat pour devenir ici le critère de considération, dans le sens où la faute non intentionnelle n’est pas soumise au péché ni à aucune compensation.

 

Or, à partir du moment où la personne se réveille, n’est plus soumise à la contrainte, se souvient ou apprend qu’elle ait commise une erreur, elle n’aura plus d’excuse et devra immédiatement cesser son erreur. Si elle persiste dans la faute alors qu’elle n’est plus excusable, elle sera passible d’un péché et sera soumise à une compensation. Par exemple, si un homme se couvre la tête au cours de son sommeil, il n’aura aucun grief à son encontre mais dès son réveil, il devra se découvrir la tête sur-le-champ. S’il persiste à se la couvrir en sachant pertinemment que cela lui est interdit, il devra expier sa faute.

 

En cas de violation de l’un des interdits que nous avons précédemment énumérés, la compensation correspondante se décompose de la façon suivante :

 

1- Concernant le fait de s’enlever les cheveux et les poils du corps, se parfumer, toucher sa femme avec envie, porter des gants, et pour les hommes uniquement porter des vêtements cousus et se couvrir la tête, et enfin porter le Niqab pour la femme ; la compensation correspondante consiste au choix pour chacun de ces interdits à soit égorgé un mouton, soit nourrir six pauvres ou soit jeûner trois jours. Le mouton à immoler doit être un adulte qu’il soit un mâle ou une femelle, selon les mêmes critères que l’Udhhiya (le sacrifice de l’Aïd) ; il est possible de choisir un septième d’un chameau ou d’une vache. Il faudra distribuer toute la viande aux pauvres sans rien en manger. Si l’on choisi de nourrir six pauvres, il incombe de donner à chaque pauvre la moitié d’un Sar de nourriture qui l’on consomme habituellement comme les dattes, le blé, etc. Si l’on choisi de jeûner, il faut le faire pendant trois jours qu’ils soient au choix consécutifs ou non.

2- Concernant la chasse, si le gibier dispose d’un équivalent, trois possibilités se présentent alors : il est possible d’égorger une bête équivalente et de distribuer toute sa viande aux pauvres de la Mecque ; il est possible également d’évaluer en argent cette bête équivalente et de convertir la somme correspondante en nourriture afin de distribuer à chaque pauvre la moitié d’un Sar de nourriture ; il est possible enfin de jeuner un nombre de jours équivalent au nombre de pauvres à nourrir. Si le gibier ne dispose pas d’équivalent, on pourra choisir l’une des deux options suivante : on peut soit évaluer le prix de l’animal tué et de le convertir ensuite en nourriture afin de le distribuer aux pauvres en veillant à donner à chacun d’entre eux la moitié d’un Sar de nourriture, soit jeuner un nombre de jours équivalent au nombre de pauvres à nourrir.

Si quelqu’un tue un pigeon par exemple dont l’équivalent est un mouton, nous disons que le fautif à le choix entre soit égorger un mouton, soit évaluer le mouton en argent afin de distribuer la somme correspondante aux pauvres habitants des Lieux Saints et en veillant à donner à chacun d’entre eux la moitié d’un Sar de nourriture ou soit de jeûner un nombre de jours équivalent au nombre de pauvres à nourrir. Dans le cas où l’animal tué volontairement n’a pas d’équivalent en offrande comme la sauterelle ou le cricket, le fautif peut soit convertir son équivalent en nourriture en faveur des pauvres habitants des Lieux Saints en veillant à donner à chacun d’entre eux la moitié d’un Sar de nourriture, soit jeuner un nombre de jours équivalent au nombre de pauvres à nourrir.

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Traduit pour Islam.house par :

Karim ZENTICI  

      

  

 

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:03

Hydrangeas

El Quds

 

Louange à Allah ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !

 

Voir : Majmû’ el Fatâwa de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (v. 27).

 

D’après el Bukhârî et Muslim, le Prophète a déclaré (r) : « Ne faites aucun voyage (spirituel) en dehors des trois mosquées : La Sainte Mosquée, la Mosquée el Aqsâ, et ma mosquée que voici. » Les savants s’accordent à dire qu’il est recommandé de se rendre à Jérusalem pour y effectuer certaines adorations légiférées comme la prière, l’invocation, l’évocation (Dhikr), la lecture du Coran, et l’I’tikâf (retraite spirituelle). El Hâkim rapporte dans son recueil e-Sahîh que Sulaïmân (u) implora trois faveurs au Seigneur ; il Lui demanda de lui offrir un règne qui n’incombe à plus personne après lui, un jugement conforme au Sien, et de pardonner à quiconque se rend au Temple de Jérusalem uniquement pour y consacrer la prière. C’est pourquoi, lorsqu’ibn ‘Omar (t) s’y rendait pour prier, il se privait même de boire de l’eau en vue de bénéficier de l’invocation de Salomon. Cela implique d’avoir une intention sincère avant de partir et de ne pas entreprendre ce voyage pour des raisons matérielles ou pour y faire des innovations. Dans l’ordre, la mosquée la plus méritoire est celle de la Mecque, puis celle de Médine, et enfin celle d’el Aqsa car, comme il est certifié d’après el Bukhârî et Muslim, le Prophète (r) a affirmé : « Une prière dans ma mosquée vaut mieux que mille prières partout ailleurs en dehors de la Sainte Mosquée. » Dans un autre Hadith rapporté par Ahmed, e-Nasâî et d’autres, le Prophète (r) a précisé : « Une prière dans La Sainte Mosquée vaut cent milles prières. »[1] Concernant el Aqsa, il a souligné qu’une prière dans son enceinte en vaut cinquante ou cinq cent dans une autre version qui paraît plus plausible.[2]

 

Il est interdit à l’unanimité des Imams des quatre écoles de s’acquitter du vœu de se rendre à la tombe d’Ibrahim (u), à celle du dernier des messagers (r), au mont Sinaï où Allah parla à Mûsa (u), à la montagne de Hira où le Prophète (r) se retirait avant son avènement et où il reçut la Révélation, à la caverne mentionnée dans le Coran, et à tous les mausolées construits sur les tombeaux supposés de certains prophètes et de certains Sheïkh. [Pour l’anecdote], on fit la découverte au Liban de morceaux d’un squelette immense sur lesquels on fit construire un mausolée en passant qu’ils appartenaient à Noé, alors que le corps des prophètes ne se décompose pas. Des gens de confiance m’ont même indiqué qu’ils ont trouvé des crânes d’une dimension incroyable dans un cimetière non loin de cet endroit et dont les dimensions correspondaient parfaitement au premier squelette. Ces ossements appartenaient certainement aux ‘Amâlîq (les Amorites) de l’ancienne époque ou à d’autres.[3]

 

Quoi qu’il en soit, en dehors des trois endroits précédemment cités, il est formellement interdit de consacrer un voyage « spirituel » vers une direction quelconque. Cette interdiction n’épargne pas les autres mosquées qui pourtant sont les maisons d’Allah dans lesquelles il incombe de prier cinq fois par jour. La mosquée de Quba elle-même n’y échappe pas bien qu’il soit recommandé de s’y rendre à quiconque se trouve à Médine. D’après el Bukhârî et Muslim en effet, selon ibn ‘Omar, tous les samedis (ou toutes les semaines),  le Prophète (r) se rendait à Quba à pied ou en monture. En outre, d’après e-Tirmidhî et autre, le Messager d’Allah (r) a prescrit : « Quiconque se purifie chez lui en s’appliquant dans ses ablutions, pour se rendre ensuite à la mosquée de Quba, uniquement pour y faire une prière, aura la récompense d’une ‘Omra. » Il est également légiféré une fois dans la ville du Prophète (e) de visiter le cimetière du Baqî’ et celui des martyrs de la montagne de Uhûd.

 

La Mosquée el Aqsa ne se distingue par aucun rite par rapport à la mosquée de Médine ou à n’importe quelle autre mosquée en dehors de celle de la Mecque dans laquelle il est légiféré de faire le Tawaf (circuit) autour de la Ka’ba, de saluer le coin yéménite du temple et celui de la Pierre Noire, et d’embrasser la Pierre Noire. Il n’est pas permis de faire le Tawâf autour de la tombe du Prophète (r), du « Dôme du Rocher » à Jérusalem, ou partout ailleurs ; comme il n’est pas permis d’embrasser ni de passer la main sur aucun endroit du monde en dehors de la Qa’ba. Ainsi, ramener des moutons ou des vaches à Jérusalem en vue de les égorger sur place convaincu que le sacrifice de l’Aïd y ait plus de valeur, ou bien s’y raser la tête le jour de l’Aïd, ou encore d’y séjourner l’après-midi de ‘Arafa relèvent de la pure innovation. Il est aussi condamnable de croire à la légitimé de ses rites que de croire qu’il est méritoire de prier en direction de Jérusalem. C’est pourquoi, ‘Omar ibn el Khattâb a fait construire le lieu de prière des musulmans devant le temple de Jérusalem.

 

En fait, el Aqsa correspond au périmètre du temple construit par Sulaïmân (u) bien que par la suite, elle fut associée dans l’esprit de certains gens à la Musalla édifiée sous l’ère du deuxième Khalife. La prière dans la partie de ‘Omar est plus méritoire que dans celle de l’ancien temple. Lors de la conquête de Jérusalem, le « Prince des croyants » découvrit une énorme décharge sur la place du « Rocher ». Les chrétiens cherchaient ainsi à dénigrer la Qibla des juifs. ‘Omar ordonna tout d’abord de débarrasser l’endroit de ses déchets. Il  consulta ensuite Ka’b el Akhbâr (un savant juif converti) pour savoir où il fallait construire le lieu de prière des musulmans « Derrière le Rocher répondit-il.

-               Fils d’une juive ! S’exclama-t-il, tu t’es imprégné de ton ancienne religion. Je vais plutôt le construire devant car le front des lieux de prières nous revient »

  

Ainsi, les grandes références de la nation se rendaient dans la partie de ‘Omar pour prier. certaines annales relèvent que ce dernier (t) pria dans le Mihrâb (niche) de Dawûd, mais ni lui ni les Compagnons en général ne l’ont fait auprès du « Rocher ». À l’époque des quatre Khalife d’ailleurs, il n’y avait aucun dôme installé au-dessus. Il est plutôt resté à l’air libre sous le règne de ‘Omar, de ‘Uthmân, de ‘Ali, de Yazîd, et de Marwân. Quand ‘Abd el Malik le fils de ce dernier devint gouverneur du Shâm, il fit élevé un dôme au-dessus du « Rocher » qu’il recouvrait d’un tapis en été et en hiver (pour des raisons politiques).

 

Cependant, les hommes de sciences parmi les Compagnons, et leurs fidèles successeurs n’encensaient nullement cet endroit. Il n’appartient pas aux musulmans de l’encenser à la façon des juifs et de certains chrétiens (qui prennent dans leurs pratiques les païens en exemple) de la même façon qu’il ne leur appartient pas de réserver certaines pratiques le samedi voir le dimanche ; si ce jour fut institué jour de fête dans la Loi de Moïse, cette loi fut abrogée avec l’avènement de la dernière religion. Il ne faut pas non plus se fier aux légendes qui entourent cet encensement comme celles qui concernent les soi-disant traces de Mohammed (r) le jour de l’Ascension ou le lieu de naissance de ‘Issa (u) qui fut en fait le lieu de baptême des anciens chrétiens. En dehors d’el Aqsa, il n’y a aucun endroit dans Jérusalem où certaines adorations seraient réservées. Il est possible toutefois de visiter les cimetières en vue de prier en faveur des morts en se conformant à la pratique de la première époque. Il n’est pas légiféré de visiter les lieux sacrés des non musulmans comme la montagne de Sion, ou certaines églises chrétiennes. Par ailleurs, Jérusalem n’est pas considérée comme une ville sainte car ce statut incombe sans conteste à la Mecque et à Médine. Il existe certes un désaccord au sujet de Wujj, une vallée de Tâif, mais la quasi majorité des savants ne lui accordent aucun aspect sacré. En dehors des deux villes, il existe aucun lieu où il serait interdit de chasser le gibier et d’y couper la végétation.

 

Il est permis de visiter el Aqsa à n’importe quelle période de l’année mais il faut éviter de le faire en même temps que les égarés qui lui consacre un voyage à l’occasion de la fête du mouton et pour y stationner le jour de ‘Arafa. Il incombe de ne pas leur ressembler et de ne pas renforcer leurs rangs, sans compter que sa visite d’entre pas dans les rites du Hadj. Quant au Hadith : « Quiconque fait ma visite et celle de mon père (Ibrahim) dans une même année sera garanti d’entrer au Paradis. » Celui-ci est un pur mensonge à l’unanimité des spécialistes. Tous les Hadith en général vantant les mérites de la visite de la tombe du Prophète (r) sont faibles, voir purement inventés. Aucune annale de ce genre ne figure dans les recueils e-Sahîh, e-Sunan, ou les Musnad, comme le Musnad de l’Imam Ahmed.

 

Par contre, d’après Abû Dâwûd, le Prophète (r) a dit : « À chaque fois qu’un homme me salue, Allah me rend mon âme afin que je lui rende son salut. » Il rend le salut à celui qui se trouve devant sa tombe et on le lui fait parvenir pour celui qui se trouve ailleurs conformément au Hadith rapporté par e-Nasâî, et selon lequel le Prophète (r) a déclaré : « Allah a chargé à certains anges auprès de ma tombe de me rendre le Salam qui me parvient des membres de ma communauté. » Dans les recueils e-Sunan, il (r) a précisé : « Multiplier les prières en ma faveur la veille et le jour du jumu’a car vos prières m’y sont exposées.

-               Comment nos prières pourront-elles t’être exposées alors que tu deviendras poussière ? lui demanda-t-on.

-               Allah a interdit à la terre de manger la chair des prophètes. »

Il nous apprend ainsi (r) qu’il reçoit les Prières et les Salutations qui lui parviennent de loin, en sachant qu’Allah nous a prescrit de prier sur lui. Il est enfin certifié dans e-Sahîh que ce dernier a dit : « Allah prie dix fois sur quiconque prie sur moi une seule fois. »

 

La meilleure terre dans l’absolu est celle de la Mecque comme le confirme le Hadith de ‘Abd Allah ibn ‘Adî ibn el Hamra rapporté par e-Tirmidhî, et selon lequel le Prophète (r)  s’exclama le jour de son départ de sa terre natale en se tournant dans sa direction : « Par Allah ! Tu es la meilleure terre d’Allah et la terre la plus aimées d’Allah ; si l’exil ne m’avait été imposé par mon peuple, je ne t’aurais jamais quitté. » Cependant, d’après Abû Dâwûd dans son recueil e-Sunan, selon ‘Abd Allah ibn ‘Omar, le Prophète (r) nous apprend ailleurs : « Il y aura des émigrations les unes à la suite des autres mais les meilleurs gens de la terre seront ceux qui s’attacheront le plus au lieu d’émigration d’Ibrahim. »

D’après el Bukhârî et Muslim, selon Mu’âdh ibn Jabal, le Prophète (r) a assuré : « Il y aura toujours une partie de ma communauté maintenue sur la vérité ; ils ne subiront aucunement le mal de ceux qui dévieront  de leur chemin ou qui les abandonneront, et cela jusqu’à la fin du monde. » Dans une certaine version, il est précisé : « Ils seront dans le Shâm. » Dans celle de tarîkh el Bukhârî, il est spécifié : « Ils seront à Damas » ou : « dans les environs de Jérusalem. » Toujours d’après el Bukhârî et Muslim, selon ibn ‘Omar, le Prophète (r) nous informa que les anges du Miséricordieux couvrent le Shâm de leurs ailes.

 

Pour mieux comprendre, il faut savoir que le Coran et la Sunna mais aussi les annales qui nous viennent des prophètes précédents, les sens, la raison, et les « dévoilements » des initiés démontrent que l’origine de la création et de la Loi provient de la Mecque[4] la « Mère des citées » ; la « Mère de la création ». Le message Mohammadien y a pris ses racines pour étendre sa lumière ensuite sur toute la surface de la terre. Elle est le point de repère des musulmans qui s’orientent vers elle au cours de leurs prières et pour le pèlerinage. Ils y trouvent des avantages aussi bien spirituels que matériels. À la première époque, l’Islam était plus prépondérant dans la région du Hijâz. Les mêmes références précédemment citées démontrent aussi que le « règne prophétique » s’épanouit dans le Shâm et les alentours de Jérusalem qui est la terre du rassemblement et la terre vers laquelle reviendront la création et la Loi. C’est le lieu du grand rassemblement des hommes.

 

Si la Mecque est plus honorable que Jérusalem, cela concerne également les hommes des premiers siècles qui sont plus honorables que ceux des dernières générations à vivre sur terre. Ainsi, l’histoire de l’humanité se terminera dans le Shâm ; c’est pourquoi, la nuit de son Ascension, le dernier des prophètes voyagea de Mekka à Baït el Maqdis. C’est pourquoi également les meilleurs hommes à la fin des temps seront ceux qui s’attacheront le plus à la terre d’exil d’Ibrahim (u), en plein cœur du Shâm. Le Coran parle de la bénédiction du Shâm dans cinq versets différents. Le Seigneur révèle en effet : (Nous avons ensuite fait hériter le peuple qui fut opprimé, à l’est et à l’ouest de la terre que Nous avons bénite).[5] Allah donna en héritage la terre du Shâm aux tribus d’Israël.[6] Le Tout-Puissant dit également : (Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit son serviteur de la Sainte Mosquée à la Mosquée el Aqsa dont Nous avons bénit les alentours).[7] (Nous les avons amené lui et Loth sains et saufs sur la terre que Nous avons bénite).[8] (Et à Sulaïmân, (Nous lui soumîmes) les vents furieux qui soufflaient sous son ordre vers la terre que Nous avons bénites).[9] (Nous avons placé entre eux et les cités bénites, des cités visibles (de l’une à l’autre),etc.).[10] Il y avait tout au long du parcourt entre Saba au Yémen et le Shâm des cités-relais, proches les autres des autres.

 

Quant Abû Darda (t) invita par courrier Salmân el Fârisi à se rendre en Terre Sainte, ce dernier lui répondit : « La terre ne rend sacré aucun homme mais ce sont ses actes qui le rendent sacré. »

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Traduit et compilé pour Islam.house par :

Karim ZENTICI               



[1] Voir notamment pour ces deux Hadith : Fadhâil Makka du D. Mohammed Ghabbân (2/761-816).

[2] Le Hadith concernant les valeurs respectives des trois mosquées clefs de l’Islam est authentique, mais il n’est pas question de cinq cent prières concernant les mérites d’el Aqsa. Sheïkh el Albânî en effet, a jugé cette partie faible [voir : Dha’îf el Jâmi’ e-Saghîr (3523)]. D’autres annales nous apprennent cependant que la prière dans la mosquée prophétique a quatre fois plus de valeur que dans celle d’el Aqs; cela correspond exactement à 250 prières wa Allah a’lam ! [Voir :Tamâm el Minna (294)].

[3] La découverte récente en Arabie Saoudite et en Iraq de squelettes géants donnera certainement plus de précision à l’avenir sur ce « mystère ».  Les Amorites (‘Amâlîq), mais aussi les Emites et les Anaqites avant eux étaient des peuples Philistins de géants vivant sur les terres de Canaan qui longeaient le littorale Méditerranéen entre l’Égypte et la Palestine ; voir : les nombres ; 13.31-33 et  Deutéronome ; 1.28, 2.11

[4] C’est l’endroit à partir duquel Allah étendit la terre au début de la création comme nous l’informe certains Hadith et certaines annales dont l’authenticité est plus qu’hypothétique. Voir : Fadhâil Makka du D. Mohammed Ghabbân (1/456-471).

[5] El A’râf ; 137

[6] La « terre promise » n’est pas un gage éternel qu’Allah accorderait indifféremment à un « peuple élu » mais celui-ci doit passer certaines épreuves révélatrices et rester fidèle à la Loi divine. En cela, elle s’acquiert en récompense à certains sacrifices et à de grands efforts. Or, ce « don du ciel » n’est pas un bien acquis, mais il peut être repris des mains d’un peuple rebelle et offert ensuite soit à un autre peuple qui lui, le mérite soit à un peuple bien plus pervers, par punition certes envers ses premiers occupants mais aussi par épreuve afin que ces derniers se remettent en question ; la porte du repentir restant toujours ouverte pour retrouver la paix du cœur dans ce bas monde et pourquoi pas, la « terre promise ». Allah révèle : (La terre appartient au Seigneur ; Il l’a fait hérité à qui Il veut parmi Ses serviteurs mais la fin heureuse revient aux pieux). [El A’râf ; 128] quant à la récompense de l’Au-delà pour les gens pieux, celle-ci est éternelle.

[7] Le Voyage Nocturne ; 1

[8] Les prophètes ; 71

[9] Les prophètes ; 81

[10] Saba ; 18

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:03

Hydrangeas

 

 

Le sacrifice d’Abraham

 

Louange à Allah ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons ! 

 

Voir : Majmû’ el Fatâwa de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (4/331-336).

 

 Ismâ’îl est le fils d’Ibrahim qui fut choisi pour le sacrifice de son père comme l’établissent le Coran, la Sunna, et un certain nombre de preuves qui sont notoires. D’ailleurs, la Thora qui est entre les mains des « gens du Livre » le confirme.  Les anciennes écritures disent en effet : « égorge ton fils unique. »[1] L’autre traduction parle d’un premier-né. Ismaël fut bel et bien le fils unique à cette époque et le premier-né du Patriarche à l’unanimité des savants musulmans et des hébreux, mais ces derniers ont falsifié leurs écritures en y insérant Isaac. Par la suite, d’autres gens ont pris d’eux cette information, dont l’origine provient des Textes hébraïques falsifiés ; c’est pourquoi il est répandu chez certains musulmans que l’enfant en question fut Ishâq.

 

La Surate les rangs, qui relate l’histoire du sacrifice, démontre notamment à travers le Verset suivant, que l’enfant concerné fut Ismâ’îl : (Nous lui annonçâmes la naissance d’un enfant sage).[2] Cette annonce nous offre trois informations : la nouvelle d’une enfant mâle, qui atteindra l’âge de raison ou de la puberté (Hulm qui a les mêmes racines que Halîm ndt.), et qui de surcroît sera sage. Peut-on faire plus grande preuve de sagesse (dans le sens de résignation ndt.) en s’abandonnant ainsi à son père en guise d’offrande, quand ce dernier lui dit : (Tu me trouveras si Dieu le veut parmi les patients).[3] Certains disent que la moindre des qualités qu’Allah puisse attribuer à l’un de ses prophètes, c’est celle d’être sage, étant donné qu’il dégage une grande force (ou qu’il domine par sa présence, ou encore qu’Allah garantit par sa présence la victoire à Ses élus ; le texte n’est pas très clair ndt.).

Ibrahim lui-même fut qualifié ainsi dans les deux Versets suivant : (Ibrahim était sage et dévoué).[4] (Ibrahim était sage, dévoué, et repentant).[5] L’événement témoigne en faveur de ses deux hommes qu’ils sont vraiment « sages » : (Quand il parvint à l’âge mûr, il lui dit : « Mon fils ! J’ai vue en songe que je devais t’égorger, alors vois ce que tu dois faire. » Il répondit : « Père ! Fais ce qu’on t’ordonne, tu me trouveras si Dieu le veut parmi les patients »),[6] jusqu’à : (Nous l’échangeâmes contre une offrande immense • et nous laissâmes leur souvenir dans les générations futures • Paix à Ibrâhîm ! • C’est ainsi que nous rétribuons les bienfaiteurs • Il comptait parmi  nos serviteurs croyants • Nous lui annonçâmes ensuite la naissance d’Ishâq qui fut un prophète parmi les vertueux • Nous les avons bénis lui et Ishâq. Dans leur descendance, il y a des bienfaiteurs et d’autres qui sont injuste envers eux-mêmes de façon manifeste). [7]

 

Cette histoire démontre que l’enfant en question fut bien Ismâ’îl et cela pour plusieurs raisons[8] :

 

Premièrement : le Seigneur annonce à Ibrahim la naissance d’un enfant qu’il devra vouer plus tard en sacrifice. Dans un premier temps, le Coran relate l’événement du sacrifice, pour enchaîner ensuite par le Verset : (Nous lui annonçâmes ensuite la naissance d’Ishâq qui fut un prophète parmi les vertueux • Nous les avons bénis lui et Ishâq). Il y a donc deux annonces différentes : l’une concerne le « héros » du sacrifice et l’autre concerne Isaac, comme cela ne peut échapper à personne.

 

Deuxièmement : l’histoire du sacrifice est uniquement mentionnée à cet endroit du Coran, alors que les autre passages se contentent d’évoquer l’annonce de la naissance d’Ishâq, comme par exemple dans la Surate Hûd où le Très-Haut révèle : (Alors que sa femme se tenait debout, elle se mit à rire ; nous lui annonçâmes la naissance d’Ishâq et de Ya’qûb après Ishâq).[9] Si le sacrifice concernait effectivement Ishâq, la naissance promise de Ya’qûb n’aurait plus lieu d’être. Le verset dit en effet : (Quand il a ressenti de la peur vis-à-vis d’eux, Ils lui dirent : « N’ais pas peur ! » ils lui annoncèrent ensuite la naissance d’un enfant savant. Sa femme est apparu en se frappant le visage et en criant : « Quoi ! Une vielle femme stérile ! »).[10] Allah (I) révèle également dans la Surate el Hijr : (Ils dirent : « Ne tremble pas ! Nous t’annonçons la prochaine naissance d’un enfant savant » • Il répondit : « Vous m’annoncez cela alors que je suis déjà vieux ! Que m’annoncez-vous au juste ! » Ils dirent : « Nous te l’annonçons en toute vérité, ne sois donc pas au nombre de ceux qui désespèrent. »).[11] Il n’est question ici d’aucun sacrifice. De plus, en annonçant les deux bonnes nouvelles, qui sont l’annonce du futur sacrifice et celle d’Isaac après lui, cela démontre qu’Isaac et l’enfant-sacrifice sont deux personnes différentes. D’autant plus que selon certains Versets, le Seigneur à fait don du frère d’Ismâ’îl et de Jacob à Son Ami Abram (comme le nomme ainsi la bible), à travers le Verset : (Nous lui avons fait don d’Ishâq et Nous lui avons offert Ya’qûb en plus ; tous deux étaient des gens pieux).[12] Le Seigneur révèle également : ( Nous lui avons fait don d’Ishâq et de Ya’qûb, et nous avons établi dans sa descendance le Livre et la prophétie. Nous l’avons rétribué sur terre et dans l’Au-delà il comptera parmi les pieux).[13] Aucun de ces deux Versets ne fait mention de l’enfant-sacrifice.

 

Troisièmement : Allah nous apprend que le futur sacrifice était un enfant sage. Quand à Ishâq, son père reçut l’heureuse nouvelle qu’il sera un enfant savant dans un autre passage du Coran. Il y a forcément une raison pour laquelle les deux enfants furent qualifiés différemment. Cette distinction se vérifie d’autant plus lorsque l’une de leur qualité respective en accompagne une autre. La sagesse convient tout-à-fait à la patience qui revient à l’enfant-sacrifice. Le Coran affirme en effet qu’Ismâ’îl est patient dans le Verset suivant : (évoque Ismâ’îl, el Asa’, et Dhû el Kifl, tous comptaient parmi l’élite).[14] Voici donc une troisième raison, car un autre Verset dit au sujet de l’enfant-sacrifice : (Père ! Fais ce qu’on t’ordonne, tu me trouveras si Dieu le veut parmi les patients).[15]Allah a donc reconnu à Ismâ’îl la qualité de patient comme Il lui a reconnu ailleurs de respecter ses engagements à travers le Verset : (Il était sincère envers ses engagements).[16] Il avait promis en effet à son père d’endurer patiemment son épreuve.

 

Quatrièmement : La naissance prochaine d’Ishâq relevait du miracle car sa mère était vielle et stérile. C’est pourquoi, l’Ami d’Allah (u) a réagi avec étonnement à l’annonce de la nouvelle céleste : (Vous m’annoncez cela alors que je suis déjà vieux ! Que m’annoncez-vous au juste !)Sa femme n’en fut pas moins surprise pour avoir dit : (Vais-je enfanter alors que je suis veille et que mon époux a également un âge avancé).[17] Nous avons déjà vu que cette annonce lui vint vers la fin de sa vie, et que cette nouvelle la concernait elle et son mari. Par contre, Ibrahim (u) fut le seul concerné par l’annonce de l’enfant-sacrifice. Il fut mis à l’épreuve de le tuer sans que la mère d’Isaac n’ait aucun lien avec cet événement. Cela corrobore tout-à-fait avec le Hadith rapporté dans le recueil e-Sahîh, et selon lequel le Prophète (r) et ses Compagnons nous apprennent qu’à la naissance d’Ismâ’îl, Sâra fut jalouse de sa mère Hâjar. Dès lors, Ibrahim a pris l’enfant et la servante pour les emmener à la Mecque actuelle. Sur place, il reçut l’ordre des années plus tard de tuer son fils. Ainsi, l’enfant-sacrifice et Isaac sont deux personnes différentes.

 

La preuve également que l’enfant-sacrifice n’est pas Isaac, c’est que le Seigneur révèle juste avant ce Verset : (Nous lui annonçâmes la naissance d’Ishâq (à Sâra), et celle de Ya’qûb après Ishâq).[18] Comment Ishâq peut-il être voué au sacrifice dans ces conditions ? L’annonce de Ya’qûb implique forcément que son père reste en vie avant que son fils ne vienne au monde. Personne ne conteste que l’histoire du sacrifice a eu lieu avant la naissance de Jacob. Bien plus, ce dernier n’a vu le jour qu’après la mort de son grand-père Ibrahim (u) ; nul ne doute pourtant que l’anecdote du sacrifice s’est déroulée avant son décès.

La preuve, c’est que cette histoire s’est déroulée à la Mecque. Le jour de la Conquête de la Ville Sainte, le Prophète (r) a trouvé les cornes du fameux bélier d’Abraham à l’intérieur de la Ka’ba. Il s’est alors adressé au gardien du Temple en ces termes : « Je t’ordonne de recouvrir les cornes du bélier car il ne doit rien y avoir en direction de la Qibla qui puisse distraire le fidèle en prière. » C’est pourquoi, l’endroit où s’est produit l’événement sert de rite depuis l’époque d’Ismaël et de son père, qui ont construit le Temple comme le formule explicitement le Coran.

 

Personne n’assume qu’un jour Isaac, s’est rendu à la Mecque ni parmi les « gens du Livre » ni personne d’autre. Néanmoins, certains croyants appartenant à la religion juive prétendent que l’histoire du sacrifice a eu lieu dans la région du Shâm, mais ce n’est qu’un pur mensonge ! Si certaines montagnes du Shâm avaient assistées à cet événement, on l’aurait obligatoirement su, et on y aurait certainement consacré un rite, de la même façon que la Mosquée qu’Ibrahim a construite, et ses environs sont devenus des lieux de rituels…

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Traduit pour Islam.house par :

Karim ZENTICI



[1] Voici les termes de la Traduction œcuménique : « Prends ton fils, ton unique, Isaac, que tu aimes. Pars pour le pays de Morriya et là, tu l’offriras en holocauste sur celle des montagnes que je t’indiquerais. » [Genèse ; 22-3]

[2] Les rangs ; 101 Ismâ’îl fut qualifié ici de Halîm que nous traduisons par sage mais qui prend en fait des sens multiples comme magnanime (qui est enclin au pardon comme nous le souligne e-Sa’dî), longanime (qui supporte ce qu’il pourrait réprimer comme nous l’apprend el Baghawî), ou qui se résigne, fait preuve de patience et d’une maitrise de soi. (N. du T.) 

[3] Les rangs ; 102

[4] Le repentir ; 114 D. Masson explique en ces termes le sens de Awwah (que nous avons traduit par « dévoué » mais qui a aussi le sens d’humilité) : « celui qui gémit, qui soupire, et qui implore la miséricorde de Dieu. » Elle corrobore ainsi l’exégèse des grands spécialistes à l’exemple d’el Baghawî et du linguiste exégète e-Râghib el Asfahânî dans Mufradât Alfâdh el Qurân que chaque arabophone, et  plus particulièrement chaque traducteur, doit compter dans sa bibliothèque.

[5] Hûd ; 75 repentant est l’un des sens de Munîb, mais de façon plus général il signifie revenir à Allah.

[6] Les rangs ; 101, 102. Certains exégètes assument que l’événement s’est passé quand Ismaël a atteint l’âge de treize ans. Toutefois le début du premier Verset peut avoir d’autres sens. Il peut vouloir dire : quand le père l’a emmené jusqu’au pied de la montagne, ou quand il devint vieux.

[7] Les rangs ; 106-113

[8] Voir notamment Tafsîr ibn Kathîr.

[9] Hûd ; 71 Il s’agit dans cette épisode de Sarah fille de Hârân fils de Ahwar qui fut marié à son cousin Ibrahim (Voir Tafsîr el Baghawî qui précisent notamment que Saraï se tenait derrière un rideau).

[10] E-Dhâriyât ; 28 Selon certains exégètes, elle n’a fait que crier d’où elle était, sans se montrer à ses visiteurs, mais par un effet de rhétorique, c’est sa voix qui se serait déplacée.

[11] El Hijr ; 53

[12] Les Prophètes ; 72

[13] L’araignée ; 27

[14] Sâd ; 48

[15] Les rangs ; 101, 102

[16] Mariam ; 54

[17] Hûd ; 72

[18] Hûd ; 71

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Publié par admin - dans Le hadj
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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 14:55

Hydrangeas

 

 

 

Quelle est la meilleure formule du Hadj

selon ibn Taïmiya ?

(m. 728/1328)

 

…les Compagnons qui disent que le Messager d’Allah (r) était en état de Tamattu’, c’est parce qu’ils n’étaient pas habitués à utiliser le terme de Qirân. Pour eux, le Qirân faisait partie du Tamattu’ (pause) entre la ‘Umra et le Hadj. C’est pourquoi, pour les grandes références il incombe à la personne en état de Qirân d’immoler une offrande conformément au Verset : (Quiconque jouit (Tamatta’a) librement entre la ‘Umra et le Hadj doit immoler une offrande à son aise).[1] Le vrai sens de Tamattu’ en effet, c’est de faire une ‘Umra pendant la période du Hadj, pour ensuite faire le Hadj la même année. Le pèlerin peut jouir ainsi de l’opportunité de faire un seul voyage car il peut après la ‘Umra faire le Hadj ou bien il peut se sacraliser pour le Hadj et la ‘Umra, ou il peut encore introduire le Hadj dans sa sacralisation pour la ‘Umra. Il a ainsi l’opportunité d’effectuer à la fois le Hadj et la ‘Umra dans la saison du Pèlerinage sans n’avoir à voyager entre les deux rites. Cette formule a donc l’avantage de proposer un seul voyage. Toutes ces opportunités entrent dans le sens de Tamattu’[2] 

 

Le Prophète (r) a donné l’ordre à ses Compagnons de se désacraliser et de transformer leur rite du Hadjen ‘Umra à l’exception de ceux qui avaient emmené l’offrande avec eux étant donné qu’ils projetaient de réunir entre le Hadjet la ‘Umra, d’autant plus que cette formule les épargnait d’effectuer une ‘Umra mecquoise[3] et de refaire un voyage pour la ‘Umra. Il vaut mieux pour la personne qui se trouve dans ce cas de figure, de choisir le Tamattu’. Quant aux Compagnons, cette formule leur était désignée s’ils voulaient opter pour la meilleure formule. Au début certes, il leur a été autorisé de transformer leHadjen ‘Umra sans que cela ne leur fut imposé.[4]

 

Personne ne conteste parmi les savants que le Prophète (r) a ordonné à ses Compagnons, après avoir fait le Tawâf autour du Temple et le Sa’î entre Safa et Marwa, de se désacraliser et de transformer leur rite en ‘Umra comme le transmettent communément les Hadith sur la question.[5]

 

En réalité, le Prophète (r) a fait le Qirân ; il a joint (Qarana) entre le Hadj et la ‘Umra et a emmené l’offrande avec lui… cette opinion est la bonne ; celle-ci est confirmée par les spécialistes qui dans l’analyse des Hadith, ont recensé les chaînes narratives sur la question et qui en ont compris le sens. Abû Mohammed ibn Hazam a compilé un livre intéressant sur le Pèlerinage de l’Adieu.[6]

Or, il est certifié selon ibn ‘Abbâs et une partie des anciens que le Tamattu’ est obligatoire. Selon eux, quiconque fait le Tawâf et le Sa’î se désacralise automatiquement s’il n’a pas emmené son offrande avec lui, qu’il ait l’intention de choisir cette formule ou non. Pour eux, le Tamattu’ est désigné à tous le monde. Cette tendance est celle d’ibn Hazm et d’autres littéralistes.[7]

 

Par ailleurs, selon ‘Âicha (t) : « Lors de notre voyage avec le Messager d’Allah (r) l’année du Pèlerinage de l’Adieu, certains d’entre nous se sont sacralisés pour la ‘Umra, d’autres se sont sacralisés pour le Hadj et la ‘Umra, et d’autres enfin se sont sacralisés pour le Hadj. Le Messager d’Allah (r) pour sa part, s’est sacralisé pour le Hadj.» Rapporté par el Bukhârî et Muslim.[8]

 

Trois Compagnons rapportent que le Prophète (r) a fait le Hadj Ifrâd : ‘Âicha, ibn ‘Umar, et Jâbir. Pourtant, il est rapporté selon ces mêmes Compagnons qu’il a fait le HadjTamattu’. Or, les Hadith de ‘Âicha et d’ibn ‘Umar selon lesquels il a fait le HadjTamattu’ sont plus authentiques que leurs propres Hadith disant qu’il a fait le Hadj Ifrâd bien que les Hadith authentiques venant de ces deux Compagnons signifient en fait qu’il a fait uniquement les rites du Hadjou que le rapporteur se soit trompé comme il arrive en pareil cas. Les Hadith du Tamatu’ nous sont en effet communément transmis par l’élite des Compagnons à l’instar de ‘Omar, ‘Uthmân, ‘Ali, et ‘Umrân ibn Husaïn. ‘Âicha, ibn ‘Umar, et Jâbir eux-mêmes les ont rapportés. Au moins une quinzaine de Compagnons rapportent que le Prophète (r) a fait le Tamattu’ (dans le sens de Qirân comme l’auteur l’a précédemment précisé ndt.). [9]

 

En réalité, tous les Hadith s’accordent sans être nullement contradictoires si ce n’est sur des points insignifiants comme il est possible de le voir ailleurs. Il est certifié que les Compagnons ont fait le Tamattu’ ; ce rite englobe pour eux le Qirân. D’autres part, si certains Compagnons rapportent que le Prophète (r) a fait l’Ifrâd, ceux-là rapportent également qu’il a fait le Tamattu’.[10]

 

Les arguments qui prouvent que le Prophète a fait le Tamattu’ dans le sens de Qirân

 

D’après el Bukhârî et Muslim selon Marwân ibn el Hakam : « J’ai rencontré ‘Uthmân et ‘Ali ; ‘Uthmân interdisait de faire le Tamattu’ et de réunir entre la ‘Umraet le Hadj. Mais quand ‘Ali l’a su, il s’est sacralisé pour la ‘Umraet le Hadj en disant : Labbaïk bi ‘Umra wa Hadja ! Ensuite, il s’est expliqué ainsi : je n’allais pas délaisser la Tradition du Prophète (r) pour la parole de quiconque ! »[11] Dans la version de Sa’îd ibn el Musaïyib, il a précisé : « Arrivé à ‘Asafân, Uthmân et ‘Ali se sont mis en désaccord sur la question du Tamattu’. ‘Ali s’est exclamé : veux-tu interdire une pratique que le Messager d’Allah (r) a faite ? Dès lors, ‘Ali s’est sacralisé pour la ‘Umra et le Hadj. »[12]

Selon ‘Ali ibn el Husaïn, Marwân ibn el Hakam a dit : « J’étais assis auprès de ‘Uthmân. Après l’avoir entendu se sacraliser pour le ‘Umra et le Hadj, il s’est exclamé : N’as-tu pas interdis de le faire ?

- Si ! Mais j’ai entendu le Messager d’Allah se sacraliser en évoquant ensemble le ‘Umra et le Hadj. Je n’allais pas délaisser la parole du Messager d’Allah (r) pour prendre la tienne ! »[13]

Selon Humaïd ibn Hilâl, j’ai entendu dire Mutarrif, ‘Imrân ibn Husaïn a dit : « Je vais te raconter un Hadith qu’Allah te rendra utile. Le Messager d’Allah (r) a réuni entre le Hadj et la ‘Umra. Par la suite, ni il ne l’a interdit et cela jusqu’au jour de sa mort ni le Coran ne l’a interdit à travers la révélation. »[14]

D’après el Barâ ibn ‘Âzib : « J’étais avec ‘Alî (t) quand le Messager d’Allah (r) lui a confié l’émirat du Yémen. On m’a même fait profiter avec lui de ses revenus. Arrivé à la Mecque, il a raconté : « J’ai trouvé Fâtima –qu’Allah l’agrée – habillé d’un vêtement teint, en train de parfumer le Temple. Qu’as-tu s’est-elle exclamée ! Le Messager d’Allah a ordonné à ses Compagnons de se désacraliser.

- Je me suis sacralisé avec le rite du Prophète (r) ai-je répondu.

Lorsque je me suis présenté auprès du Prophète (r), il m’a demandé : qu’est-ce que tu as fais ?

-          Je me suis sacralisé avec le rite du Prophète (r) ai-je répondu.

Moi, j’ai emmené mon offrande avec moi a-t-il expliqué et j’ai fais le Qirân, etc. »[15]

Selon ‘Omar ibn el Khattâb (t), j’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : « Un Messager de Mon Seigneur (Y) est venu pour m’annoncer : « Prie dans cette vallée bénite et dis : ‘Umra fi Hadj ! » »[16]

Selon Hafsa –qu’Allah l’agrée – : « Comment se fait-il ai-je demandé au Prophète (r) que les gens se soient désacralisés alors que tu es toujours en état de sacralisation ?

- Car j’ai emmené mon offrande avec moi et je me suis mis de la « gomme » sur les cheveux ; je ne vais pas me désacraliser jusqu’à la fin du Hadj. » Rapporté par el Bukhârî et Musli ; l’énoncé revenant à Muslim.[17]

Selon Anas (t) : « J’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : Labbaïk bi ‘Umra wa Hadja. » Rapporté par Muslim.[18] Dans une version, il a précisé : « Le Messager d’Allah a réuni entre les deux rites ; il a réuni entre le Hadj et la ‘Umra. »[19]

Selon ibn ‘Omar (t) : « Le Messager d’Allah (r)a fait le HadjTamattu’ (en intégrant la ‘Umra au Hadj) lors du pèlerinage de l’Adieu. Il avait son offrande et l’a emmené avec lui à partir de Dhû el Hulaïfa. Il s’est d’abord sacralisé pour la ‘Umra et plus tard pour le Hadj. Les gens ont également fait le HadjTamattu’ (en intégrant la ‘Umra au Hadj). Certains avaient emmené leur offrande avec eux tandis que d’autres n’en avaient pas. Arrivé à la Mecque, il s’est adressé à la foule ainsi : « Celui parmi vous qui a son offrande ne doit pas se désacralisé avant la fin du Hadj, et celui qui n’en a pas doit faire le Tawâf, se raccourcir les cheveux, et se désacraliser. Puis, il devra se sacraliser le jour du Hadj, et immolé une offrande… »[20]

D’après el Bukhârî et Muslim également, selon ‘Urwa : « ‘Âicha l’a informé que le Messager d’Allah (r) a fait le HadjTamattu’ (en intégrant la ‘Umra au Hadj) et que les pèlerins ont fait la même chose, exactement comme me l’a informé également Sâlim, selon ibn ‘Omar (t), selon le Messager d’Allah (r). » Rapporté par el Bukhârî et Muslim.[21]

Selon Nâfi’ : « Ibn ‘Omar a joint (fait le Qirân) entre le Hadj et la ‘Umra pour lesquels il a consacré un seul Tawâf. Puis, Il a commenté : « Le Messager d’Allah (r) a fait la même chose... » » Rapporté par Muslim.[22]

 

Selon ibn ‘Abbâs : « Le Messager d’Allah (r) a fait quatre ‘Umra : celle d’el Hudaïbiya, la deuxième lorsqu’ils se sont entendus pour revenir l’année suivante, la troisième à partir d’el Ju’râna, et la quatrième est celle qu’il a jointe (Qarana) au Hadj. »[23]

 

Selon Mujâhid : « On demanda à ibn ‘Omar combien de fois le Messager d’Allah a-t-il fait la ‘Umra ? Deux fois a-t-il répondu. ‘Âicha a commenté : Ibn ‘Omar savait très bien que le Messager d’Allah en avait fait quatre sans compter celle qu’il a jointe  (Qarana) au pèlerinage de l’Adieu. »[24]

 

Ainsi, il vaut mieux consacrer un voyage pour le Hadj Ifrâd et un autre pour la ‘Umra, que de faire un seul voyage pour le Qirân ou le Tamattu’ comme le formule explicitement Ahmed, Abû Hanîfa, Mâlik, e-Shâfi’î, et bien d’autres. Il correspond au Hadj Ifrâd qu’Abû Bakr et ‘Omar ont effectué. ‘Omar ainsi que ‘Ali l’ont même préconisé aux gens. Au sujet du verset : (et achevez pour Allah le Hadj et la ‘Umra),[25] Ces deux Khalifes assument que les achever correspond à se sacraliser à partir de la localité où vivent les siens…[26]

Il est communément transmis que le Prophète (r) a ordonné à ses Compagnons au cours du Pèlerinage de l’Adieu, après avoir fait le Tawâf et le Sa’î entre Safâ et Marwa, de se désacraliser de leur rite pour en faire une ‘Umra à l’exception de ceux n’ayant pas emmené l’offrande avec eux. Il a ordonné en effet à ces derniers de rester en Ihram jusqu’au jour de l’immolation. C’est pourquoi, lorsque Salama ibn Shabîb s’écria à Ahmed : « Abû ‘Abd Allah ! Tu n’as fais que renforcer les cœurs des Râfidhites[27] en faisant la Fatwa aux habitants de Khurasân qu’ils pouvaient faire la Mut’a (autrement dit le Hadj Tamattu’).

-          Salama ! Lui fustigea-t-il, on m’avait déjà dis que tu étais un imbécile alors que je prenais ta défense. Mais maintenant je constate que tu es vraiment un imbécile ! J’ai onze propos selon lesquels le Messager d’Allah (r) a ordonné de transformer le Hadj en ‘Umra, et toi tu veux que je les délaisse pour prendre le tiens ? »

 

Ahmed a donc affirmé que les Hadith selon lesquels le Prophète (r) ordonna de faire le Tamattu’ à tous ses Compagnons n’ayant pas emmené l’offrande avec eux, sont Mutawâtir (communément transmis). Cet ordre concerne également les pèlerins qui faisaient l’Ifrâd ou le Qirân. Il n’est pas concevable que le Prophète (r) leur préconise d’abandonner la meilleure formule au profit d’une formule de moindre mérite. Il ne peut que leur proposer la meilleure chose possible.[28]

 

[En synthèse],  il est établi que le Tamattu’ est meilleur que l’Ifrâd ou le Qirân pour trois raisons :

Premièrement : il correspond à la dernière formule que le Messager d’Allah (r) a ordonné de faire à Ses Compagnons. Si au Miqât, ils avaient encore l’initiative de faire un autre rite, il leur a imposé par la suite d’effectuer uniquement le Tamattu’.

Deuxièmement : le Tamattu’ a été institué par le Prophète (r) aux Compagnons ayant fait le Hadj en sa compagnie, en sachant que son ordre « verbal » est prépondérant à sa simple pratique dans la situation où celle-ci contredit son ordre.

Troisièmement : Le Prophète (r) n’a fait qu’un seul Hadj à la tête des fidèles. Cette année-là, Allah a parachevé la religion musulmane et a parfait de Ses bienfaits à ses adeptes. Cette fameuse année, les sites sacrés de l’époque d’Ibrahim (u) ont été revivifiés. Allah n’allait pas choisir à Son Messager et aux croyants si ce n’est le meilleure voie et la plus adéquate à suivre, en sachant qu’Il a choisi pour eux le Tamattu’.[29]

 

[En conclusion], au regard de l’analyse, à la question quelle est la meilleure formule pour le Pèlerinage, la réponse varie en fonction de la situation du pèlerin. S’il consacre un voyage pour le Hadj et un autre pour la ‘Umra, et s’il se rend aux Lieux Saints avant la saison du Pèlerinage pour faire la ‘Umra et résider à la Mecque jusqu’au Hadj, dans ses conditions il vaut mieux faire l’Ifrâd à l’unanimité des Imams des quatre Ecoles.[30]

 

Cette formule correspond au Hadj Ifrâd qu’Abû Bakr et ‘Omar ont effectué. ‘Omar ainsi que ‘Ali l’ont même préconisé aux gens.[31]

Par contre, le pèlerin peut décider de réunir comme le font la plupart des gens, entre le Hadj et la ‘Umra au cours d’un seul voyage, en venant à la Mecque durant la saison du Hadj. S’il emmène l’offrande avec lui, dans cette situation il vaut mieux faire le Qirân et s’il ne l’emmène pas avec lui il vaut mieux se désacraliser en faisant la ‘Umra. Il est établi de façon exhaustive à l’unanimité des spécialistes, à travers desHadiths authentiques, que le Prophète (r) a ordonné à tous les Compagnons qui étaient avec lui lors du Pèlerinage de l’Adieu, de se désacraliser pour changer leur rite en ‘Umra. Néanmoins, il a enjoint à ceux qui avaient emmené leur bête avec eux de rester en état d’Ihrâm jusqu’au moment de l’immolation. En effet, le Prophète (r) et une partie de ses Compagnons avaient emmené leur offrande avec eux, il a donc joint (Qarana) entre le Hadj et la ‘Umra en disant lors de sa sacralisation : Labbaïk bi ‘Umra wa Hadja ![32]

 

Si quelqu’un entreprend un voyage dans lequel il fait la ‘Umra et s’il veut revenir pour le Hadj, dans cette situation il vaut mieux faire le Tamattu’. Bon nombre de Compagnons en effet ont fait le Hadj avec le Prophète (r) alors qu’ils avaient effectué la ‘Umra auparavant. Malgré cela, il leur a ordonné de faire le Tamattu’ sans faire allusion à l’Ifrâd. Il vaut mieux additionner entre deux ‘Umra, un Hadj, et une offrande que d’additionner entre une seul ‘Umra et un Hadj.[33]

 

Traduit par : Karim Zentici

         Article pour Islam.house

 

 



[1] La vache ; 196

[2] Majmû’ el Fatâwa (26/81-82). Les annotations proviennent du Sheïkh ‘Abd e-Salâm e-Sahaïmî dans son livre El Qawl el Haq fî Nusuk el Hadj e-ladhî Ahrama bihi khaïra el Khalq (r) ma’a Baïân Nusuk el Hadj el Ukhar…

[3] C’est une ‘Umra dont la sacralisation se fait dans l’enceinte de la Mecque.

[4] Majmû’ el Fatâwa (26/51-52).

[5] Majmû’ el Fatâwa (26/61-62).

[6] Ibid.

[7] Majmû’ el Fatâwa (26/94) ; cette opinion est également celle de Sheïkh el Albânî –qu’Allah lui fasse miséricorde – (voir : Hujat e-Nabî (r)  p. 10).

[8] Fath el Bârî (3/421) et Sharh Muslim de Nawawî (8/141).

[9] Majmû’ el Fatâwa (26/72-74).

[10] Voir : Majmû’ el Fatâwa (26/66-74)

[11] Fath el Bârî (3/421-422).

[12] Fath el Bârî (3/423).

[13] Rapporté par e-Nasâî (5/149). Nous avons vu précédemment qu’il était dans les recueils de Bukhârî et de Muslim mais avec un énoncé différent. Ibn el Qaïyam l’a cité avec les Hadith qu’il a considérés authentiques et qui viennent soutenir cette tendance. Voir : Zâd el Ma’âd (2/11O).

[14] Sahîh Muslim (4/39-43).

[15] Rapporté par Abû Dawûd (2/158) et e-Nasâî (5/149). Ibn el Qaïyam l’a cité avec les Hadith qu’il a considérés authentiques et qui viennent soutenir cette tendance. Voir : Zâd el Ma’âd (2/109).

[16] Fath el Bârî (3/392).

[17] Fath el Bârî (3/422) et et Muslim (4/50).

[18] Sahîh Muslim (4/52-53).

[19] Sahîh Muslim (4/52-53).

[20] Fath el Bârî (3/539) et Muslim (4/49).

[21] Fath el Bârî (3/539-540) et Muslim (4/50).

[22] Avec une partie de cet énoncé. Voir : Muslim (4/50-52).

[23] Rapporté par Abû Dawûd dans e-Sunan (1993). Ibn el Qaïyam l’a cité avec les Hadith qu’il a considérés authentiques. Voir : Zâd el Ma’âd (2/109).

[24] Sunan Abû Dawûd (1993).

[25] La vache ; 196

[26] Majmû’ el Fatâwa (26/85-86). 

[27] Car les Râfidhites comme les traditionalistes considèrent que le Tamattu’ correspond à la meilleure formule à tel point qu’ils n’en tolèrent aucune autre.

[28] Majmû’ el Fatâwa (26/54).

[29] Sharh el ‘Umda (1/442-443). Voir également el Mughnî (5/88).

[30] Majmû’ el Fatâwa (26/101-102)

[31] Majmû’ el Fatâwa (26/85). 

[32] Majmû’ el Fatâwa (26/101).

[33] Majmû’ el Fatâwa (26/88).

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 14:49

Hydrangeas 

Tout sur le Hadj

Son statut, ses mérites, les conditions le rendant obligatoire, et la meilleure formule à choisir

 

La définition du Hadj :

 

D’un point de vue étymologique : le Hadj ou le Hidj signifie : prendre une destination quelconque.[1] D’un point de vue terminologique : plusieurs définitions proches au niveau du sens lui ont été données dont entre autre :

Ibn Abî Hubaïra dans el Ifsâh propose la définition suivante : « Il correspond à des œuvres déterminés accomplies dans un lieu déterminé à une période déterminée. »[2] Les œuvres déterminés correspondent à tout ce que le pèlerin doit faire ou ne pas faire ; le lieu déterminé comprend la Sainte Mosquée et les différents sites du pèlerinage ; la période déterminée correspond à la saison du Hadj. Sheïkh Mohammed ibn Sâlih el ‘Uthaïmîn –qu’Allah lui fasse miséricorde – l’a défini ainsi : « Vouer l’adoration à Allah (Y) en faisant les rites du pèlerinage conformément à la Tradition du Messager d’Allah (r). »[3]

 

Le statut du Hadj :

 

Il compte parmi les cinq piliers sur lesquels repose l’Islam. Son aspect obligatoire puise ses origines dans le Coran, la Sunna, et le consensus.[4] Quant au Coran, le Seigneur (I) révèle : (Les hommes doivent envers Allah faire le Pèlerinage à la Maison Sacrée pour celui qui le peut).[5] La préposition ‘Ala (pour) donne un sens impératif à la phrase surtout dans la situation où celui envers qui l’ordre est destiné (Allah en l’occurrence) est présent dans le contexte comme lorsqu’on dit par exemple qu’untel doit à untel de faire telle chose. Le Seigneur précise tout de suite après : (Si quelqu’un veut renier, Allah se passe alors aisément de l'humanité). Ainsi, quiconque n’est pas convaincu de son aspect obligatoire est un mécréant.[6] Allah (I) révèle également : (Achevez pour Allah le Hadj et la ‘Umra).[7] Au niveau de la Sunna, le Prophète (r) a dit : « L’Islam est fondé sur cinq piliers. » il a cité notamment le pèlerinage. D’après Abû Huraïra (t), le Messager d’Allah (r) nous a fait un sermon dans lequel il a dit : « Ô gens ! Allah vous a imposé le Hadj alors faites-le.

-          Devons-nous le faire toutes les années cher Messager d’Allah ? demanda quelqu’un. Comme le Prophète (r)  se taisait, il réitéra sa demande à trois reprises.

-          Si j’avais dis oui a-t-il déclaré finalement, cela vous aurait été imposé et vous n’auriez pu le faire. épargnez-moi des choses ajouta-t-il ensuite, dont je ne vous ai pas parlé. »[8]

Par ailleurs, la communauté s’accorde à reconnaître l’aspect obligatoire du Hadjqu’il faut effectuer au moins une fois dans la vie, pour toute personne capable de le faire.[9]

 

Les mérites du Hadj :

 

Bon nombre de Hadith parle des mérites du Hadj dont entre autre :

 

1- Selon Abû Huraïra (t) : « Quelle est la meilleure œuvre demanda-t-on au Prophète (r) ?

-          La foi en Allah et en Son Messager répondit-il.

-          Quelle est la meilleure œuvre ensuite ?

-          La guerre sur le sentier d’Allah.

-          Quelle est la meilleure ensuite ?

-          Le pieux pèlerinage. » [10]

 

2- Selon Abû Huraïra (t), j’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : « Quiconque accomplit le Hadj sans dire ou faire de mauvaises choses, il en revient comme le jour où sa mère l’a mis au monde. »[11]

 

3- La « Mère des croyants » ‘Âicha (t) s’est exclamée : « Cher Messager d’Allah ! Nous voyons que le Jihâd est la meilleure œuvre, ne devrions-nous pas le faire ?

- Le meilleur Jihâd toutefois, c’est un pieux pèlerinage. » [12]

 

Le pieux pèlerinage selon certains savants, signifie qu’il est accepté ; selon d’autres il correspond à celui qui n’a été altéré par aucun péché ; selon d’autres enfin les définitions retenues sont proches les unes les autres au niveau du sens. Autrement dit, il correspond au Hadj accompli fidèlement par le pèlerin comme il a été prescrit et sous sa meilleure forme, mais certes Dieu Seul le sait ![13]

 

Les conditions rendant le Hadj obligatoire :

 

Les conditions à remplir pour que le Hadj soit obligatoire sont au nombre de cinq : il faut être musulman, sain d’esprit, pubère, libre, et apte à le faire[14] ; ces conditions sont reconnues à l’unanimité des savants.

 

Celles-ci se répartissent en trois catégories :

 

Premièrement : les conditions de validité (ou nécessaires) rendant l’aspect du Hadj obligatoire ; celles-ci sont au nombre de deux : l’Islam et la raison. Ainsi, le Hadj n’incombe ni au mécréant ni à la personne n’ayant pas sa raison. S’ils venaient à le faire, leur rite ne serait pas valide étant donné qu’ils ne sont pas concernés par les actes d’adoration.[15]

 

Deuxièmement : les conditions d’accomplissement (ou suffisantes) rendant l’aspect du Hadj obligatoire ; celles-ci demandent d’être pubère et d’être libre sans toutefois qu’elles soient nécessaires pour que le Hadj soit valide. Le pèlerinage accompli par un esclave ou par un enfant reste valide bien qu’il ne peut se substituer à Pèlerinage obligatoire (Hadj el Islam).[16]

 

Troisièmement : la condition rendant simplement l’aspect du Hadj obligatoire qui n’est autre que l’aptitude. Si une personne qui n’en a pas les moyens se lance dans l’aventure du Hadj sans provision ni monture, son rite est à la fois valide et accompli. Dans cet ordre, la personne qui se force à prier debout ou à jeûner alors qu’elle n’en est ni capable ni astreinte, se verra valider son rite.[17]

 

Deux conditions sont sujettes à divergence :

 

1-               La sûreté de la route : c’est-à-dire que la route ne doit pas être entravée par un ennemi ou autre.

2-               L’accessibilité du parcours : cela signifie qu’il faut remplir les conditions requises et pouvoir voyager dans les temps.[18]

 

Les différentes formules du Hadj

       

La définition de Nusuk[19]d’un point de vue étymologique : il correspond à l’adoration et à tous les actes voués à Allah (I) en général ; la Nasîka étant l’immolation.[20] D’un point de vue terminologique : el Mutli’ nous apprend que les Nusuk représentent tous les rites de la religion. Avec l’usage, ce terme s’est appliqué spécifiquement au Hadj en raison de la nombreuse variété de rites consacrée à cette occasion.[21] Il existe trois formules (Nusuk) du Hadj : le Tamattu’, le Qirân, et l’Ifrâd.[22]

 

Le Tamattu’ :

 

Etymologiquement : le Tamattu’signifie jouir d’une chose.[23] D’un point de vue terminologique :il correspond à se sacraliser seulement pour la ‘Umra à partir du Mîqât au cours des mois du Hadj. Après la ‘Umra, le pèlerin se sacralise la même année pour le Hadj.[24] Cette formule est intitulée ainsi car le pèlerin à la liberté de jouir entre la fin de la ‘Umra et le début du Hadj, de tout ce qui lui est interdit durant la sacralisation. D’autre part, le pèlerin peut jouir d’effectuer deux rites au cours d’un seul voyage.[25]

 

Le Qirân :

 

Etymologiquement : le Qirânconsiste à réunir entre deux choses en général. Autrement dit il signifie ici joindre entre le Hadj et la ‘Umra.[26] D’un point de vue terminologique : il consiste à réunir entre le Hadj et la ‘Umralors d’une seule sacralisation ou bien à se sacraliser pour la ‘Umra pour ensuite introduire le Hadjdans son rite avant d’entamer le Tawâf.[27] Dans l’usage, les anciens emploient le terme Tamattu’ pour exprimer la formule du Qirân. Ibn ‘Abd el Bar fait remarquer en effet : « Le Qirân est une forme de Tamattu’ également car le pèlerin peut jouir de faire deux rites en un seul voyage. »[28]

 

L’Ifrâd :

 

Etymologiquement : le terme Fard désigne une unité impaire et un élément seul, dont Afrâd est le pluriel. Farada Yafrudu du même registre que Qatala signifie devenir seul. Afrada signifie rendre seul. Par conséquent séparer le Hadj de la ‘Umra consiste à rendre seul chacun de ses deux rites[29]D’un point de vue terminologique : il consiste à se sacraliser uniquement pour le Hadj.[30]

Le Qirân et l’Ifrâd ont les mêmes rites pour les trois grandes références Mâlik, Shâfi’i, et Ahmed. Il suffit pour le Qirân de faire un seul Tawâf (l’un des piliers du Hadj) et de se contenter des rites du Hadj ; les rites de la ‘Umra s’intègrent ainsi à ceux du Hadj. Par contre, les Hanafites impose pour le Qirânde faire deux Tawâf et deux Sa’î (parcourt) entre Safa etMarwa. Ils considèrent que les rites de la ‘Umran’entrent pas dans ceux du Hadj. Selon eux, la ‘Umra précède le Hadj sauf au moment de la sacralisation car ils se rejoignent à ce moment précis.[31]

 

Le choix entre les différentes formules

 

Plusieurs savants mentionnent qu’il est autorisé à l’unanimité de choisir l’une des trois formules du Hadj pour toute personne responsable en règle générale. Mais, en réalité, il n’est pas concédé à ces fameux savants que l’autorisation de se sacraliser en choisissant n’importe laquelle des trois formules, fasse l’unanimité des opinions. Sheïkh el Islam ibn Taïmiya souligne en effet : « Il est certifié selon ibn ‘Abbâs et une partie des anciens que le Tamattu’ est obligatoire. Selon eux, quiconque fait le Tawâf et le Sa’î se désacralise automatiquement s’il n’a pas emmené son offrande avec lui, qu’il ait l’intention de le faire ou non. Pour eux, le Tamattu’ est désigné à tous le monde. Cette tendance est celle d’ibn Hazm et d’autres littéralistes. »[32]

 

Deux opinions sont donc à recenser dans cette question : La première : il est autorisé de se sacraliser en choisissant n’importe laquelle des trois formules selon l’opinion de la plupart des savants parmi les Compagnons, leurs successeurs, et les générations suivantes. Cette opinion est celle des références des quatre écoles de Fiqh. La deuxième : quiconque n’emporte pas son offrande avec lui ne peut prendre la formule de son choix ; seul le Tamattu’ lui est désigné selon ibn ‘Abbâs et ses disciples, et les littéralistes ; ibn el Qaïyam penche aussi pour cette opinion…[33]

 

En définitive, désigner laquelle des formules du Hadj est la meilleure, cela dépend de la situation du pèlerin. Si ce dernier entreprend un voyage pour la ‘Umra et un autre pour le Hadj, il vaut mieux pour lui de faire l’Ifrâd que de réunir les deux rites dans un seul voyage, à travers le Tamattu’ ou le Qirân. Par contre, s’il décide de réunir les deux rites dans un seul voyage, il vaut mieux qu’il fasse le Tamattu’ s’il n’emporte pas d’offrande avec lui. Tandis que s’il emporte son offrande avec lui, il vaut mieux le cas échéant faire le Qirân. Dans cet ordre, si après avoir consacré un voyage pour la ‘Umra, il décide d’en faire un autre pour le Hadj, il est préférable pour lui de faire le Tamattu’ car il est meilleur d’additionner deux ‘Umra avec un Hadj qu’une seule ‘Umra avec un Hadj.

 

Extrait de El Qawl el Haq fî Nusuk el Hadj e-ladhî Ahrama bihi khaïra el Khalq (r)ma’a Baïân Nusuk el Hadj el Ukhar… du Sheïkh ‘Abd e-Salâm e-Sahaïmî.

 

Traduit par : Karim Zentici

         Article pour Islam.house

 



[1] El Mish el Munîr (1/121) et el Qâmûs el Muhît (223).

[2] El Ifsâh (1/262).

[3] E-Sharh el Mumti’ ‘alâ Zâd el Mustaqni’(7-8/8).

[4] El Mughnî d’ibn Qudâma (5/5).

[5] La famille de 'Imrân ; 97

[6] Sharh el ‘Umda (1/76).

[7] La vache ; 196

[8] Voir Sharh Muslim de Nawawî (9/100-101).

[9] El Mughnî (6/5), el Ijmâ’ d’ibn el Mundhir (p. 53), el Ifsâh (2/262), et el Hâwî (6/4).

[10] Voir Fath el Bârî (3/381).

[11] Voir Fath el Bârî (3/381).

[12] Voir Fath el Bârî (3/381).

[13] Voir Fath el Bârî (3/381).

[14] Les avis sont partagés pour délimiter l’aptitude en question. Certains savants assument que la présence du mari ou du tuteur pour la femme au cours du voyage est une condition d’aptitude la concernant de sorte que si la femme n’a pour l’accompagner au Hadj ni son mari ni aucun tuteur, elle n’est pas considérée apte à le faire selon la tendance de l’Imam Ahmed et d’Abû Hanîfa. Voir : el Mughnî (5/30) et Mukhtasar ikhtilâf el ‘Ulamâ (2/57).

Pour l’Imam Mâlik et Shâfi’i, la présence du mari ou du tuteur auquel le voyage de la femme est astreint, n’est pas une condition pour lui rendre l’aspect du Hadj obligatoire. La femme peut en effet aller à la Mecque accompagnée de personnes de confiances. Voir Bidâyat el Mujtahid (5/278-279) et el Majmû’ (7/86). En réalité, le pèlerinage n’incombe à la femme qu’en présence d’un tuteur, elle n’a pas le droit de voyager sans la présence d’un tuteur ou de son mari conformément aux paroles du Prophète (r) : « Il n’est pas permis à la femme croyant en Allah et au Jour Dernier de voyager sans tuteur. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. Voir : Fath el Bârî (4/72) et Sharh Muslim de Nawawî (9/103).

[15] C’est-à-dire tant qu’ils sont dans cette situation ; le Hadj n’est pas valide pour celui qui n’est pas musulmans avant qu’il n’embrasse l’Islam, et pour celui qui est atteint de folie avant qu’il ne recouvre la raison.

[16] Autrement dit, lorsque l’enfant atteint la puberté ou que l’esclave est affranchi, ils doivent s’acquitter du pèlerinage qui leur incombe (N. du T.).

[17] Voir ses conditions dans : el Mughnî (5/6-7), el Ifsâh (1/262), el Muhadhdhib ma’a el Majmû’ (2/7), et el Hâwî (5/4).

[18] Idem.

[19] Qui a le sens de rite mais que nous traduisons dans ce contexte par formule (N. du T.).

[20] El Mish el Munîr (2/603) et el Qâmûs el Muhît (1233).

[21] El Mutli’ ‘alâ Abwâb el Muqni’ (p. 156).

[22] El Mughnî (5/82).

[23] El Mish el Munîr (2/562).

[24] El Mughnî (5/82) et el Majmû’ (7/171).

[25] Fath el Bârî (3/423) et Sharh el ‘Umda d’ibn Taïmiya (1/480).

[26] El Mish el Munîr (2/500) et el Qâmûs el Muhît (1579).

[27] El Mughnî (5/82) et Fath el Bârî (3/423).

[28] E-Tamhîd (8/354).

[29] El Mish el Munîr (2/466).

[30] El Mughnî (5/282) et Fath el Bârî (3/423).

[31] Voir Sharh Muslim de Nawawî (8/141), el Isrâr d’Abû Zaïd (278) dans Kitâb el Manâsik, et el Ifsâh (1/263).

[32] Majmû’ el Fatâwa (26/94). Voir el Mahallâ (7/99), Sharh Muslim de Nawawî (8/229-230), et Zâd el Ma’âd (2/186).

[33] Voir les références précédentes et Zâd el Ma’âd (2/193). Cette opinion est également celle de Sheïkh el Albânî –qu’Allah lui fasse miséricorde – (voir : Hujat e-Nabî (r)  p. 10).

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