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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 12:10

 

En règle générale, le takfîr relève de la compétence des savants

 

‘Alî ibn Abî Talib nous dit  : « La terre ne sera jamais dépourvue d’individus qui établissent la preuve céleste, pour ne donner aucune excuse aux hommes. »[1] Selon un hadîth : « Il y aura toujours une partie de ma communauté maintenue sur la vérité… »[2] Le Prophète (r) prédit également : « Allah ne reprend pas le savoir en l’enlevant de la poitrine des hommes, mais en faisant mourir les savants. Et lorsqu’il n’y aura plus de savants, les hommes se tourneront vers les chefs de file des ignorants qui émettront des opinions sans aucune science ; égarés, ils égareront les autres. »[3]

 

« Les savants sont comme les étoiles dans le ciel qui permettent de guider les hommes sur terre et sur mer dans les ténèbres de la nuit. Quand les étoiles disparaissent, ceux qui cherchent leur chemin vont droit à l’égarement.»[4]

 

Dans l’une de ses fameuses lettres, l’Imam ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan déclare en s’adressant à l’un de ses contemporains en manque de zèle et qui se réclame de la pensée wahhabite pure et dure : « On m’a appris que vous aviez ce genre d’idées, et que vous vous êtes aventuré dans des domaines tels que :

  • Les notions d’alliance (muwâlât/mu’âdât),
  • Les traités et les courriers « internationaux »,
  • Les financements et les cadeaux, et bien d’autres domaines comme :
  • Les tendances des païens égarés,
  • La non-application des Lois d’Allah (el hukm bi ghaïr mâ anzala Allah) par les Bédouins, etc.

 

Des domaines que seuls les savants érudits sont à même de traiter. Ces derniers sont en effet dotés d’une telle sagesse, et d’une telle perspicacité, qu’ils pénètrent parfaitement les intentions du Législateur.

 

Pour parler de ces choses, il incombe d’avoir un bagage dans les matières que nous avons citées précédemment. Il incombe de bien maitriser les règles générales et globales qui les concernent. Il n’est pas permis de s’y initier lorsqu’on est ignorant et qu’on ne tient pas compte des détails de ses règles. Un discours vague qui ne descend pas dans le détail, et qui ne sait pas comment situer ni pénétrer les intentions du législateur en détail, conduit automatiquement à l’erreur et à la confusion. C’est le meilleur moyen pour corrompre la religion des hommes et pour disperser les esprits. On se met ainsi une barrière entre soi et la compréhension du Coran et de la sunna. »[5]

Abâ Btîn, qui représente un symbole aux yeux de certaines tendances contemporaines, recommande de :

  • Ne pas s’initier dans les questions du takfîr sans avoir les outils en main pour le faire ;
  • Ne pas sortir ou de faire entrer quelqu’un dans l’Islam selon ses propres appréciations, car c’est un domaine où seuls les textes font autorités ;
  • D’éviter, et ce point est d’une extrême importance, de se prononcer sur des questions où la divergence règne entre les savants. c’est un domaine où il faut être prudent, sauf s’il existe un texte explicite sur la question.

 

Malheureusement, selon Abâ Btîn, Satan est parvenu à faire glisser bon nombre de gens dans ce domaine, qui est des plus délicats. Entre faire du takfîr à outrance et interdire le takfîr à outrance, il a l’embarras du choix. Le plus étonnant, pour reprendre les termes d’Abâ Btîn, c’est que si on interrogeait les uns et les autres sur une simple question qui touche aux ablutions, ils seraient incapables d’y répondre, et, paniqués, ils s’appuieraient aussitôt sur les savants. En revanche, quand il s’agit des questions aussi graves que le takfîr, ils font étrangement preuve d’assurance et d’autonomie.[6]

 

Ibn Sahmân, quant à lui, approuve les paroles de Sheïkh Abâ Btîn.[7] En outre, en réponse à une lettre, il constate notamment que la plupart des religieux qui s’initient dans ce domaine, sont des gens lambdas n’ayant pas le moindre semblant de science ni la moindre expérience pouvant les épargner du péril. Souvent, ils n’ont jamais feuilleté les analyses des grandes références sur la question qui n’omettent pas de rappeler dans leur discours que seuls les grands érudits sont à même de s’y engager.[8]

 

Ibn Sahmân est également l’auteur des paroles : « Je pense wa Allah a’lam, que seule la personne compétente est à même de faire l’iqâma el hujja, et que celui qui n’en est pas capable, comme l’ignorant, qui ne connait pas les règles de sa religion et qui ne connait pas les paroles des savants dites sur le sujet, ne peut l’établir. »[9]

 

Pour Mohammed ibn ‘Abd e-Latîf, à vouloir se passer des savants sous prétexte d’avoir majmû’ e-tawhîd sous la main, c’est foncer droit sur un mur. Sinon, le Prophète (r) n’aurait jamais dit que le savoir se dissipera avec la mort des savants, et qu’ensuite, les hommes auront pour références les plus grands égarés…[10]

 

Les savants tendent à réduire le takfîr, non à l’interdire

 

En règle générale, les savants tendent à réduire le takfîr, non à l’interdire,[11] comme le souligne Sâlih Âl e-Sheïkh. Le but est d’éviter les débordements, mais au même moment, il y a des cas, dont l’appréciation est élastique et donc aléatoire et subjective, où la chose est tellement évidente qu’il n’y a pas besoin d’une personne compétente sous la main pour constater un fait qui est aussi clair que l’eau de roche.

C’est ce que nous comprenons notamment d’une fatwa de Sheïkh Sâlih el Fawzân qui fait la distinction entre constater qu’un acte fait sortir de la religion et l’appliquer à un cas particulier.

 

Question :

 

Est-ce que le takfîr d’un individu coupable de grande association ou de blasphème est propre aux savants ?

 

En réponse :

 

Non ! Si on vient à entendre une telle parole, il incombe de réprouver son auteur en l’informant de son caractère condamnable, et intolérable. En revanche, il revient aux savants de le juger.

 

En outre, ce même Sheïkh ferme la porte à l’anarchie quand il formule dans une autre fatwa que le takfîr relève de l’autorité des tribunaux. Il est cependant beaucoup moins intransigeant avec le tabdî’ dont les effets sont largement moins graves que ceux du takfîr.[12]

 

Wa Allah a’lam !

                           

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Rapporté par Abû Na’îm dans el huliya (1/80).

[2] Rapporté par Muslim (n° 1920).

[3] Rapporté par el Bukhârî (n° 100) et Muslim (n° 2673), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn el ‘Âs.

[4] Hadîth rapporté par Ahmed (n° 12600), selon Anas (t).

[5] Voir : usûl wa dhawâbit fî e-takfîr de l’érudit ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan, qui fut édité avec les annotations de Sheïkh D. ‘Abd e-Salâm ibn Barjas – qu’Allah lui fasse miséricorde –.

[6] Ibn Sahmân cite ce passage dans manhâj el haqq wa el ittibâ’ (p. 77), mais il se trouve également dans e-durar e-saniya (10/374-375).

[7] Voir : manhâj el haqq wa el ittibâ’ (p. 80).

[8] Voir : e-durar e-saniya (10/374-375).

[9] Manhâj el haqq wa el ittibâ’ d’ibn Sahmân (p. 68).

[10] Voir : E-durar e-saniya (7/294-298) pour la 2ème édition et (9/127-135) pour la 5ème édition.

[12] فضيلة الشيخ وفقكم الله ؛ يقول السائل : ذكرتم حفظكم الله البارحة أنه يشترط في تكفير الشخص أن يحكم القاضي بذلك ؟ الشيخ : " أي نعم ؛ المعين يعني ، المعين لا يحكم عليه إلا بحكم القاضي أنه مرتد ، تطبق عليه أحكام الردة ، أما كل يكفر الثاني ويكفر الآخر ، لا ؛ هذه فوضى في التكفير ". يقول حفظ

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 12:07

Le takfîr à la hâte

(Partie 2)

Certains élèves des grandes références de la première époque appréhendaient mal les questions du takfîr ; ces derniers confondaient entre le takfîr el mutlaq (absolu) et le takfîr el mu’ayin (particulier), et attribuait cette tendance à l’imâm Ahmed.[1] Cette conception biaisée fut adoptée dans les rangs hanbalites,[2] à travers les siècles avec son lot d’anathèmes à l’emporte-pièce contre leurs coreligionnaires coupables d’hérésie, et son lot de troubles qu’ils engendrèrent. Les autres écoles canoniques ne furent pas épargnées par ce rigorisme. Sous l’influence du mu’tazilisme, voire du kharijisme, nombreux sont les légistes modernes qui distinguent entre les éléments fondamentales et subsidiaires de la religion avant de se prononcer sur un cas particulier ; ceux-ci n’accorde aucune circonstance atténuante à tout fautif éventuel dont l’erreur relève du premier domaine, en faisant preuve d’une plus grande tolérance pour le second. Ibn Taïmiya corrige cette approximation historique qui impute à tort cette tendance aux anciens, comme nous l’avons vu à maintes reprises.[3]

 

Cette conception biaisée fut tellement ancrée dans les milieux hanbalites que des modernes, à l’image de certains érudits de la da’wâ nadjite, vacillent entre deux réactions vis-à-vis de la position d’ibn Taïmiya : les uns lui imputent de les rejoindre dans leur approche, et les autres, à l’instar d’Abâ Btîn, lui donne tort, ou, tout au moins, font preuve d’approximation dans l’avis qu’ils lui attribuent. D’ailleurs, ils commettent ce même genre d’approximation avec son élève, ibn el Qaïyim, un peu à la manière d’ibn Bâz – qu’Allah ait son âme – qui utilise le fameux passage de tarîq el hijrataïn où il parle des païens de la période d’intervalle entre deux prophéties, pour l’étendre aux musulmans coupables de shirk, et qu’il assimile aux païens d’origine. Il ne fait certes qu’une analogie, mais, aussi honorable soit-il, nous ne lui concédons nullement de comparer l’incomparable, comme l’établit Sheïkh Sa’dî ![4]

 

Ibn Taïmiya distingue entre les païens d’origine et les musulmans coupables de shirk dans des propos dont voici la teneur : « … Ce genre de pratiques est beaucoup répandu chez les païens purs et durs et chez les adeptes de cette communauté coupable d’association. »[5]

 

Ailleurs, il signe : « C’est la raison pour laquelle, tout fautif auteur d’une mauvaise interprétation (ta-wîl) ou d’un acte pervers (fisq), bien que, contrairement au premier, il jouisse d’une croyance saine, soit, d’un côté, louable, et blâmable, d’un autre côté, mais dans les deux cas, il se distingue des mécréants (païens et gens du Livre). »[6]

 

El islâm jâa li e-tafrîq baïna el mukhtalifaïn wa e-taqrîb baïna el mutamâthilaïn !

 

Quand à nous, simples observateurs, nous devons mettre en lumière les points de convergence et de divergences (el qadr el muftaraq wa el aqadr el mushtarak) qui se trouvent entre les différentes questions de la religion. Il ne s’agit pas d’uniquement empiler des connaissances sous leur forme la plus brute, mais faire preuve de dirâya (esprit d’analyse), wa Allah el musta’ân !

 

L’imam Ahmed disait : « Il incombe à toute personne qui s’initie à parler de figh d’éviter ces deux principes : les notions vagues et l’analogie. » Il soulignait également : « La plupart des erreurs des gens proviennent de la mauvaise interprétation et de l’analogie. »[7]

 

Le takfîr illégitime

 

L’Imam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb utilise plusieurs hadîth qui condamnent le takfîr illégitime.[8] Selon Abû Dharr notamment, le Prophète (r) prévient : « Quand l’accusation de pervers ou de mécréant est infondée, elle se retourne contre son auteur. »[9] Toujours selon Abû Dharr, un autre hadîth nous apprend : « L’accusation à tort de mécréant ou d’ennemi d’Allah se retourne contre son auteur. »[10]   Sheïkh Sulaïmân ibn ‘Abd Allah Âl e-Sheïkh met vivement en garde de traiter son frère musulman d’hypocrite pour un intérêt matériel ou par esprit de clan, etc.[11]

 

D’autres hadîth dénoncent de telles accusations infondées. Nous avons notamment :

  • « Taxer un croyant de mécréant revient à le tuer. »[12]
  • « L’accusation de mécréant contre son frère s’applique obligatoirement sur l’un des deux individus en présence. »[13]
  • « L’accusation de mécréant à l’encontre de son frère s’applique obligatoirement sur l’un des deux individus en présence ; si elle s’avère exacte, c’est tant mieux, sinon, elle se retourne contre son auteur. »[14]
  • « Si l’accusation de pervers ou de mécréant est infondée, elle se retourne contre son auteur. »[15]

 

L’Ami d’Allah (r) a donc mis sa communauté en garde de prendre le takfîr des musulmans à la légère, et de les condamner ainsi sans scrupule, à travers des paroles qui nous interpellent profondément.[16] Le takfîr téméraire des musulmans est extrêmement dangereux, et engendre des répercussions terribles.[17] L’une des plus grandes manifestations de l’excès, est de sortir impunément les musulmans de la religion en se basant sur de simples suspicions ou sur l’interprétation aléatoire des textes.[18]

Ibn ‘Abd el Barr – qu’Allah ait son âme – souligne : « Les textes du Coran et de la sunna démontrent formellement qu’il est interdit de taxer impunément un musulman de pervers ou de mécréant. »

 

 

[1]Mujmû’ el fatâwâ (12/487-488).

[3] Voir : minhâj e-sunna (5/240).

[5] Voir : minhâj e-sunna (2/396).

[6] Voir : jâmi’ e-rasâil (1/244-245).

[7] El qawâ’id e-nurâniya de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (2/437).

[8] Voir : kitâb el kabâir inclus dans majmû’ mu-allafât e-Sheïkh (6/293).

[9] Rapporté par el Bukhârî (6045).

[10] Rapporté par Muslim (112).

[11] E-durar e-saniya (8/165-166).

[12] Rapporté par el Bukhârî (n° 6652).

[13] Rapporté par Muslim (n° 111).

[14] Rapporté par el Bukhârî et Muslim.

[15] Rapporté par el Bukhârî.

[16] Sheïkh Husaïn Âl e-Sheïkh au cours d’un sermon du vendredi.

[17] Sheïkh D. ‘Abd e-Rahmân e-Sudaïs au cours d’un sermon du vendredi.

[18] Sheïkh Husaïn Âl e-Sheïkh au cours d’un sermon du vendredi.

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 14:11

 

D’après el Baïhaqî, j’ai entendu dire Abû Hâzim el ‘Abdawî, j’ai entendu dire Zâhir ibn Ahmed e-Sarkhasî : peu avant de rendre l’âme, Abû el Hasan el Ash’arî que j’avais hébergé sous mon toit, m’a appelé à son chevet pour me témoigner : «  Je témoigne que je ne kaffar aucun adepte de la qibla, car, bien qu’ils ont des mots différents pour le décrire, tous adhèrent au même Dieu. »

 

L’historiographe Dhahabî a cautionné ses propos qu’il a enregistrés dans son encyclopédie avant de conclure : « Je partage la même conviction. À la fin de sa vie, ibn Taïmiya, notre maitre disait : « Je ne kaffar aucun membre de la communauté, conformément aux propos prophétiques : « Seul le croyant préserve les ablutions. » Ainsi, en étant assidu à la prière qu’on fait précéder des ablutions, on est un musulman. » »[1]

 

Ibn Taïmiya insiste sur le caractère sacré du musulman : « En principe, nous dit-il, le sang des musulmans ainsi que leurs biens et leur honneur sont mutuellement sacrés (interdit, défendu). Il est interdit de les profaner sans la permission d’Allah et de Son Messager. Le Prophète (r) déclara au cours du Pèlerinage de l’Adieu : « Votre sang, vos biens, et votre honneur vous sont sacrés comme le sont ce jour-ci, cette terre où vous êtes aujourd’hui, et ce mois-ci. »[2] Il a dit également : «  Tout ce qui touche au musulman est sacré pour son frère : son sang, ses biens, et son honneur. »[3] ; « Quiconque accomplit notre prière, s’oriente vers notre direction, et mange notre viande, est musulman. Il est sous la protection d’Allah et de Son Messager. »

 

Dans ce registre, nous avons le hadîth : « Si deux musulmans se rencontrent  l’épée à la main, le tueur et la victime sont passibles de l’Enfer.

  • Cher Messager d’Allah, lui at-on demandé, pour le tueur c’est compréhensible, mais quel mal a fait la victime ?
  • Il cherchait à tuer son adversaire, at-il expliqué.»[4]

Un autre hadîth nous apprend : « Ne devenez pas mécréants après moi en brandissant vos épées les uns contre les autres. »[5] Mais encore : « L’accusation de mécréant à l’encontre de son frère s’applique inévitablement sur l’un des deux individus en présence. »[6] Tous ces propos prophétiques se trouvent dans les deux recueils authentiques. »[7]

 

Toutes ces précautions de la part d’ibn Taïmiya ne signifient nullement qu’il n’applique jamais le takfîr sur un cas particulier. Lui-même taxe d’apostats certaines adeptes du soufisme panthéiste et jahmiste comme el Hallâj, ibn Sab’în, ibn ‘Arabî, el Qunâwî, e-Tlemceni.[8] Il n’épargne pas non plus les philosophes musulmans, à l’instar d’el Fârâbî,[9] ibn Sîna, etc.[10]

 

Le Sheïkh Taqî e-Dîn distingue entre les adeptes affiliés à l’Islam qui sont des croyants non apostats et les zindîq, hypocrites.[11]

 

Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh entérine le principe cité plus haut à travers ses dires : « En principe, toute personne affiliée à l’Islam est musulmane jusqu’à preuve du contraire, et la mécréance est un état nouveau qui vient interférer l’état initial, l’Islam, et qui le remet en question, sous certaines conditions et considération. Ou bien, est-ce le contraire ? Soit qu’un acte d’apostasie évidente annule d’entrée le statut de musulman à un accusé potentiel jusqu’à ce que la preuve céleste vienne définitivement tranchée sur son cas.

Bien sûr, la première hypothèse est la bonne, soit qu’il reste musulman jusqu’à ce que la preuve céleste démontre de façon claire et limpide qu’il est un apostat. Nous devons avoir autant de certitude qu’il est sorti de l’Islam que nous en avons eu lorsqu’il y est entré : « Tu l’as tué après qu’il ait dit : lâ ilâh illâ Allah ! » nous apprend le hadîth.[12] L’attestation de foi nous donnait la certitude de son affiliation à l’Islam, et pour l’en faire sortir, l’accusation doit faire le même poids. »[13]

 

Le takfîr anarchique est caractéristique aux kharijites

 

Ibn Taïmiya : « Tout au long de ma vie, jusqu’à cette heure, je n’ai jamais convié personne à suivre dans les bases de la religion (usûl) ni le madhhab hanbalî ni aucun autre madhhab. » Majmû’ el fatâwa (3/229).

Alors certes, il faut distinguer entre les grands péchés et la grande mécréance, ce que ne faisaient pas les kharijites, mais nous devons, pour nous éloigner définitivement de ces hérétiques, mettre une frontière nette entre le statut absolu d’un acte et son application sur un cas particulier.

 

Selon ibn Taïmiya, il est plus grave d’appliquer les textes de la menace divine (comme la malédiction) à grande échelle que de kaffar les auteurs des grands péchés à la manière des kharijites et des mu’tazilites ;[14] en sachant que le takfîr entre dans le domaine de la menace divine.[15]

 

Il est donc fallacieux, pour échapper à la vindicte des traditionalistes, de se cacher derrière l’idée que les kharijites se distinguent pour faire sortir les musulmans désobéissants de la religion.[16] C’est ce que chercha éperdument à établir Salmân el ‘Awda dans son fameux échange avec ibn Bâz sur la question du hukm bi ghaïr mâ anzala Allah ; en voici un extrait : « Ainsi, explique l’ancien Muftî, on s’épargne et on s’éloigne de la pensée Kharijite. Sinon, on sombre dans les mêmes travers que les Kharijites, et les mêmes confusions qui a régnées dans leur esprit, à vouloir ainsi généraliser. 

  • Vous avez évoqué la question d’exclure le désobéissant de la religion et de l’auteur d’un grand péché, lança Salmân en vue de rebondir ; il n’y a pas de divergence sur ce point.
  • Quoi qu’il en soit, lui fustigea-t-il, telle est la méthode et l’erreur des Kharijites ; ils ont tendance à tout généraliser au dépend du sens particulier que revêt un sujet précis. En résultat, ils taxent tout le monde d’apostats, alors que le Prophète (r) a dit à leur sujet : « Ils sortent de l’Islam pour ne plus jamais y revenir. » »[17]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

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[1] Voir : siar a’lâm e-nubalâ (15/88).

[2] Rapporté par el Bukharî (1741) et Muslim (1679), selon Abû Bakra, qu’Allah l’agrée.

[3] Rapporté par Muslim (2564), selon Abû Huraïra, qu’Allah l’agrée.

[4] Rapporté par el Bukharî (31) et Muslim (2888), selon Abû Bakra.

[5] Rapporté par el Bukharî (121) et Muslim (65), selon Jarîr ibn ‘Abd Allah, qu’Allah l’agrée.

[6] Majmû’ el Fatâwa (3/283).

[7] Rapporté par el Bukharî (6104) et Muslim (60), selon ibn ‘Omar, qu’Allah l’agrée.

[8] Voir : majmû’ el fatawa (2/175), et majmu’ e-rasâil wa el masâil (4/82, 85).

[9] Voir : dar-u e-ta’ârudh (1/10) et Majmû’ el fatâwâ (2/67, 86).

[12] Usâma apprit cette règle à ses dépens, le jour où il tint un combattant ennemi à sa merci. Face à la mort, ce dernier s’empressa de faire la shahâda, mais cela n’entama en rien à la détermination d’ibn Zaïd qui le transperça de son épée. Quand le Messager d’Allah (r) eut écho de la nouvelle, il le réprimanda violemment en s’écriant : « As-tu tué un homme qui dit lâ ilâh illâ ?

  • Il l’a dit uniquement pour sauver sa vie, se défendit-il !
  • As-tu ouvert sa poitrine pour savoir si c’était vraiment son attention ? » [Rapporté par el Bukhârî (n° 4269), et Muslim (n° 96), selon Usâma ibn Zaïd (t).]

Selon une autre version, le Prophète (r) renchérit : « Que feras-tu quand lâ ilâh illâ se présentera le Jour de la résurrection ? » [Rapporté par Muslim (n° 97).]

[14] Voir : majmû’ el fatâwa (20/263-264).

[15] Idem. (3/231).

[16] La définition classique d'un kharijite est approximative, comme le démontre cet article : http://mizab.over-blog.com/2016/07/la-definition-classique-d-un-kharijite-est-approximative.html

[17] Voir : Madârik e-nazhar fî e-siyâsa de Sheïkh ‘Abd el Mâlik Ramadhânî.

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 13:57

Le takfîr à la hâte

(Partie 1)

Personne n’aime autant qu’Allah offrir des excuses à ses créatures à qui il envoya le Livre sacré, et des messagers avertisseurs du châtiment et annonciateurs de la bonne nouvelle…[1]

 

Mieux vaut relâcher un coupable que condamner un innocent !

 

Plusieurs anciens prônent de trouver jusqu’à soixante-dix excuse à son frère ayant commis une erreur. ‘Omar ibn el Khattâb encourageait à se faire une bonne opinion du musulman, et cela, dans la mesure du possible. ‘Omar ibn ‘Abd el ‘Azîz disait : « L’homme le plus raisonnable est le plus enclin à accorder des excuses aux autres. »[2] Ibn Taïmiya insiste souvent sur la règle : les traditionalistes sont les plus savants des hommes et les plus cléments des hommes. En cela, il n’a rien inventé, comme à son accoutumé, car un Verset va exactement dans ce sens : [Seigneur, Tu embrasses toute chose de Ta Miséricorde et de Ta science].[3] 

 

Sheïkh Sâlih el ‘Uthaïmîn souligne qu’il n’y a pas de place pour les sentiments dans les questions qui touchent à la religion. Le Seigneur (I) nous dit bien : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! »[4] Comment peut-on être coupable d’un péché quand on n’a même pas conscience que s’en est un ![5]

 

À ses yeux, avant de condamner toute personne de kâfir, il incombe de prendre en considération deux paramètres :

  1. L’énoncé explicite des Textes que telle parole ou tel acte relève du kufr.
  2. Que le statut en question (takfîr) soit applicable à une personne en particulier de sorte que les conditions pour le faire soient remplies et que toute restriction y faisant obstacle soit exclue.[6]

 

Les dangers du takfîr

 

Le takfîr est une disposition légale qui émane exclusivement d’Allah et de Son Messager (r)[7] ; seuls les textes du Coran et de la sunna juge que l’auteur de tel acte est un mécréant. Ce droit n’appartient qu’à Allah seul et à personne d’autre.[8] Nous ne faisons le takfîr que pour des péchés qui font l’objet d’un consensus des musulmans ou d’une preuve infaillible.[9]

 

Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya établit à sujet : « Cet usage était en vigueur chez les savants traditionalistes qui ne vouaient pas leurs opposants à la mécréance, quand bien même, ces mêmes opposants ne se gênaient pas pour les sortir de l’Islam. Le takfîr est, en effet, une disposition légale. »[10]

 

Ibn el Qaïyim – qu’Allah lui fasse miséricorde – est l’auteur des vers suivants :

 

Le kufr est le droit d’Allah, et de Son Prophète

Il est fixé – non l’avis d’un tel – par la loi

Quand le Seigneur et Mohammed le décrète

C’est que tel acte fait sortir de la foi

 

C’est en sortant de la religion les musulmans à cause des péchés qu’on en arrive à autoriser moralement leur sang et leurs biens ; les tenants de cette tendance décrète mécréants les pays musulmans, et ils confinent les limites de la terre musulmane à l’endroit où ils vivent.[11]

 

E-Tahâwî affirme : « Nous ne sortons de la religion aucun adepte de la qibla à cause des péchés, à condition de ne pas les autoriser moralement. »[12]

 

Ibn ‘Abd el ‘Izz souligne : « Le domaine du takfîr ou du non takfîr, a suscité d’énormes divisions et malheurs. »[13]

 

El Ghazâlî – qu’Allah ait son âme – met en garde : « Il incombe de prendre le plus de précautions possibles dans le domaine du takfîr, car autoriser moralement le sang et les biens des fidèles affiliés à l’Islam, qui adhèrent ouvertement à l’attestation de foi est une grossière erreur, en sachant qu’il vaut mieux laisser en vie mille mécréants par erreur, que de verser le sang d’un seul musulman par erreur.. »[14]

 

Ailleurs, il renchérit, comme le rapporte ibn Taïmiya : « Le takfîr est une disposition légale qui débouche sur la mise à mort, la réquisition des biens, et l’enfer éternel. Au même titre que n’importe quel statut dans la religion, celle-ci oscille entre la certitude à la forte probabilité, quand elle ne suscite pas l’hésitation. Dans ce dernier cas, il est plus sain de s’abstenir, en sachant que le takfîr à la hâte est souvent le lot d’individus empreints d’ignorance. »[15]

Ibn Taïmiya explique qu’un émir à plus intérêt à pardonner par erreur que de punir par erreur.[16] Il ne convient pas de punir qui que ce soit ni d’affirmer que telle chose est vraie ou fausse en se basant sur de simples conjectures.[17]

 

Ainsi, comme l’établit ibn Taïmiya, Lorsque la foi est avérée chez un individu avec certitude, on ne peut la lui retirer sur une simple suspicion. La seule chose qui permet de le faire, c’est d’établir toutes les preuves contre lui et de dissiper de son esprit toute ambigüité (iqâmat el hujja wa izâlat e-shubha).[18] À ses yeux, je cite : « Le takfîr ne peut s’avérer pour des choses où plusieurs hypothèses sont possibles. »[19]

 

 

[1] Hadîth rapporté par el Bukhârî (n° 7416) et Muslim (n° 2760).

[2] Voir : mudârât e-nâs d’ibn Abî e-Duniya (p. 49).

[3] L’Absoluteur ; 7

[4] Rapporté par el Bukhârî (n° 3194), et Muslim (n° 2571).

[5] Voir : Liqâ-ât el bâb el maftûh de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (33/question nº 12).

[6] Voir : El qawâ’id el muthlâ fî Sifât Allah wa Asmâihî de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (p. 88) et minhâj e-ta-sîs (p. 186).  

[7] Sheïkh Husaïn Âl e-Sheïkh au cours d’un sermon du vendredi.

[8] Sheïkh D. Sâlih ibn Humaïd au cours d’un sermon du vendredi.

[9] Sheïkh D. ‘Abd e-Rahmân e-Sudaïs au cours d’un sermon du vendredi.

[10] E-radd ‘alâ el Bakrî (2/492). Ibn Taïmiya, en effet, dit ouvertement qu’il n’a pas kaffar el Bakrî qui, lui, ne s’est pas gêné pour le faire. Voir : e-radd ‘alâ el Bakrî (2/494).

[11] Majmû’ el fatâwâ d’ibn Taïmiya (19/73).

[12] El ‘aqîda e-tahâwîya (p. 19).

[13] Sharh el ‘aqîda e-tahâwîya (p. 316).

[14] El iqtisâd fî el i’tiqâd (p. 269) ; fath el Bârî (12/300).

[15] Ibn Taïmiya reprend à son compte cette dernière phrase dans e-sab’îniya p. 345. Pour la citation entière, voir : el jâmi’ li sîrat ibn Taïmiya de ‘Azîr e-Shams et ‘Alî el ‘Imrân (p. 544).

[16] Extrait du hadîth : « Dans le doute, renoncez aux peines ! Il vaut mieux pardonner par erreur que de punir par erreur. » La première partie est devenue une règle de fiqh, bien que les termes ne remontent pas au Prophète, mais ils viendraient plus probablement des Compagnons. En outre, sa chaine narrative est controversée ; voir : irwâ el ghalîl (n° 2355), et dha’îf el jâmi’ e-saghîr (n° 259) tous deux de Sheïkh el Albânî.

[17] Majmû’ el fatâwâ (10/378-386).

[18] Majmû’ el fatâwâ (12/393).

[19] Voir : e-sârim el maslûl (3/963).

 

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 20:15

 

 

Dix facteurs épargnent le pécheur croyant du châtiment :

 

  1. Le repentir sincère efface le péché comme s’il n’avait jamais été commis ;
  2. La demande de pardon (istighfâr) ;
  3. Les bonnes actions effacent également les mauvaises actions : [Les bonnes actions chassent les mauvaises][1] ;
  4. Les invocations et l’intercession des croyants en faveur du pécheur, avant et après sa mort ;
  5. Les bonnes œuvres qu’ils lui dédient afin de les mettre à son actif ;
  6. L’intercession prophétique ;
  7. Les épreuves qu’il subit sur les choses qui lui sont chères (sa personne, ses biens, sa famille, etc.) ;
  8. Les épreuves de la tombe dans l’entre-monde (barzakh) où il sera interrogé par les anges, juste après que la terre va compresser ses côtes ;
  9. Les affres du Jour de la résurrection ;
  10. La Miséricorde du plus grand des Miséricordieux.

 

Celui qui ne bénéficie d’aucun de ces facteurs ne doit s’en prendre qu’à lui-même. Cette analyse fut emprunté à Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya qui s’inspire notamment du hadîth divin, selon lequel le Très-Haut déclare : « Ce ne sont que vos œuvres que Je recense, et en fonction desquels Je vais vous rétribuer ensuite ; celui qui y trouve un bien qu’il loue Allah, mais s’il y trouve autre chose, alors qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même. »[2]

 

L’immense Miséricorde d’Allah

 

Allah (I) révèle : [Allah s’est imposé à Lui-même d’être Miséricordieux][3] ; [Dis : ô Mes serviteurs qui avez été négligeant envers vous-mêmes, ne désespérez pas de la Miséricorde d’Allah].[4] Un autre Verset fait dire à Ibrahim, l’Ami d’Allah (r) : [Il dit : mais qui, en dehors des égarés peut désespérer de la Miséricorde de Son Seigneur][5] ; Ya’qûb également, est l’auteur des paroles : [et ne désespérez pas de l’Esprit d’Allah, car seuls les infidèles désespèrent de Son Esprit][6] ; [tandis que Ma Miséricorde s’étend sur toute chose. Je vais la décréter à mes pieux Serviteurs, ceux qui versent la zakât (l’aumône légale ndt.) et qui donnent foi à nos Versets Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré][7] ;  [et s’ils te traitent de menteur, alors dis-leur : Votre Seigneur détient une Miséricorde immense ; mais rien ne saurait repousser Sa rigueur qui s’abat contre le peuple criminel].[8]

 

D’après el Bukharî et Muslim, selon Abû Huraïra (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « Allah divisa la Miséricorde en cent parties ; Il en retint quatre vingt dix-neuf auprès de Lui, et Il en descendit une seule sur terre. C’est avec celle-ci que les créatures se font miséricorde entre elles. C’est ce qui pousse la bête à lever son sabot pour éviter son petit. »[9]

 

Muslim rapporte une version de Salmân disant notamment : « Chaque Miséricorde est aussi vaste que l’espace entre le ciel et la terre. » Il précise également : « Le Jour de la résurrection, celle-ci complètera leur nombre. »[10]

 

Selon Abû Huraïra (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « Lorsqu’Allah fit la création, Il écrivit dans un livre qui se trouve auprès de Lui au-dessus du Trône : « Ma Miséricorde devance Ma Colère. » »[11]

 

« Soyez miséricordieux envers ceux qui sont sur terre et vous aurez droit à la Miséricorde de Celui qui est au ciel. »[12]

 

« Mon Seigneur Tout-Puissant m’a fait la promesse de faire entrer au Paradis soixante-dix milles membres de ma communauté sans qu’ils ne reçoivent ni compte ni châtiment. Pour milles d’entre eux, il y en aura soixante-dix milles de plus, et auxquels seront ajouté trois poignés des Mains de Mon Seigneur Tout-Puissant remplis de fidèles. »[13]

 

« Soyez miséricordieux envers ceux qui sont sur terre et vous aurez droit à la Miséricorde de Celui qui est au ciel. »[14]

 

Chez Muslim, Jundub (t) ramène un hadîth qu’il fait remonter au Prophète (r), et disant : « Un homme s’écria : « Je jure qu’Allah ne pardonnera jamais à un tel ! » C’est alors qu’Allah déclare : « Qui ose jurer en Mon Nom que je ne pardonnerais jamais à un tel ! Lui, Je le pardonne, mais toi, j’annule toutes tes bonnes œuvres ! » »[15]

 

Toujours chez Muslim, Abû Huraïra (t) ramène un hadîth qu’il fait remonter au Prophète (r), et disant : « Si le croyant connaissait le châtiment qui se trouve auprès d’Allah, il perdrait tout espoir d’entrer au Paradis ; et si le mécréant connaissait la Miséricorde qui se trouve auprès d’Allah, il ne désespérerait jamais d’y entrer. »[16]

 

D’après el Bukharî et Muslim, selon ibn ‘Omar (t) : « Alors que les captifs de Hawâzin étaient amenés au Messager d’Allah (r), une femme, captive, sortit des rangs en courant, car elle avait reconnu son fils qui se trouvait dans le groupe. Elle le serra sur Son ventre et lui donna son sein. C’est alors que le Prophète (r) s’écria : « Pensez-vous que cette femme soit capable de jeter son enfant au feu ?

  • Non, avions-nous répondu !
  • Hé bien, sachez qu’Allah est plus miséricordieux envers Ses créatures que cette femme envers son enfant. »[17]

 

« Ô Allah, je me plains à Toi de mon extrême faiblesse, du peu de moyens dont je possède, et du mépris des autres, alors que Toi, Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux, et Tu es le Seigneur des faibles et démunis. »[18]

 

Wa alumma jarra

 

Wa in ‘udtum, ‘udnâ !

 

 

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

 

 

 

[1] Hûd ; 114

[2] Rapporté par Muslim (2577), selon Abû Dharr.

[3] Le bétail ; 12

[4] Les groupes ; 53

[5] Le hijr ; 56

[6] Yûsaf ; 87

[7] El A’râf ; 156-157

[8] Le bétail ; 147

[9] Rapporté par el Bukhârî (6000), et Muslim (2752).

[10] Rapporté par Muslim (2753).

[11] Rapporté par el Bukhârî (3194), et Muslim (2571).

[12] Rapporté par Abû Dâwûd (4941), et e-Tirmidhî (1924), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr – qu’Allah les agrée son père et lui –.

[13] Rapporté par Tirmidhî (2437), et ibn Mâjah (4286) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans sahîh el jâmi’ (7111).

[14] Rapporté par Abû Dâwûd (4941), et e-Tirmidhî (1924), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr – qu’Allah les agrée son père et lui –.

[15] Rapporté par Muslim (2621).

[16] Rapporté par Muslim (2755).

[17] Rapporté par el Bukhârî (n° 5999), et Muslim (n° 2754).

[18] Rapporté par Tabarânî dans e-du’â (1/315), et jugé faible par el Albânî dans dha’îf el jâmi’ (1182).

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 20:11

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VII

(Partie 4)

 

Passons au billet suivant :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/tag/al-luhaydan/

 

Ibn el Qaïyim :

 

Le savoir, c’est Allah ou Son Prophète a dit

Puis, les Compagnons, l’indéniable autorité

Non, par insolence, en mettant sur le même rang,

L’opinion d’untel et les dires du Messager !

 

E-rijâl yustadallu lahum wa lâ yustadallu bihim !

 

On ne tranche pas dans un sujet où règne la divergence avec l’une des parties en présence, mais, seuls les textes font autorité. Sheïkh Sâlih el ‘Uthaïmîn souligne qu’il n’y a pas de place pour les sentiments dans les questions qui touchent à la religion. Or, le Seigneur (U) nous dit bien : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! » Comment peut-on être coupable d’un péché quand on n’a même pas conscience que s’en est un ![1]

 

Personne n’aime autant qu’Allah offrir des excuses à ses créatures à qui il envoya le Livre sacré, et des messagers avertisseurs du châtiment et annonciateurs de la bonne nouvelle[2] : [Allah n’impose rien à une personne qui ne soit au dessus de ses forces ; elle a ses bonnes actions en sa faveur, et ses mauvaises actions en sa défaveur ; Seigneur, ne nous tiens pas rigueur de nos erreurs et de nos oublis ! Seigneur, épargne-nous du fardeau que Tu as fait porté à nos prédécesseurs, et ne nous fait pas porter ce qui est au dessus de nos forces ! Accorde-nous Ton indulgence, Ton pardon, et Ta Miséricorde ! Toi, Notre Maitre, fais-nous triompher du peuple impie !][3] Après la révélation de ce dernier Verset Allah promis : « Je consens ! »[4]

 

Plusieurs anciens prônent de trouver jusqu’à soixante-dix excuse à son frère ayant commis une erreur. ‘Omar ibn el Khattâb encourageait à se faire une bonne opinion du musulman, et cela, dans la mesure du possible. ‘Omar ibn ‘Abd el ‘Azîz disait : « L’homme le plus raisonnable est le plus enclin à accorder des excuses aux autres. »[5] Ibn Taïmiya insiste souvent sur la règle : les traditionalistes sont les plus savants des hommes et les plus cléments des hommes. En cela, il n’a rien inventé, comme à son accoutumé, mais il s’inspire du Verset : [Seigneur, Tu embrasses toute chose de Ta Miséricorde et de Ta science].[6]

 

Allah (I) révèle : [Ma Miséricorde s’étend sur toute chose].[7]

Le Très-Haut nous informe que Sa Miséricorde s’étend sur toute chose, Miséricorde qu’Il s’est imposé à Lui-même lors notamment de Sa déclaration : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! Ma Miséricorde domine Ma Colère ! »[8]

 

[Louange à Celui à qui appartient tout ce qu’il y a dans les cieux et sur la terre ; Il reçoit également les louanges dans l’au-delà, Lui le Sage et le parfait Connaisseur • Il sait tout ce qui entre et tout ce qui sort de la terre, comme Il connait tout ce qui monte et tout ce qui descend du ciel, Il est certes le Très-Miséricordieux et le grand Absoluteur].[9]

 

Allah (Y) révèle : [Ne vous tuez pas ; Allah était certes Tout-Miséricordieux envers vous • Celui qui tue par animosité et injustice, Nous le jetterons bientôt en Enfer, et, c’est pour Allah chose aisée][10] ; [Votre Dieu est Un, il n’y a d’autre dieu en dehors de Lui, le Très-Miséricordieux, le Tout-Miséricordieux][11] ; [Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux • Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers • le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux • Le Roi du Jour des Comptes][12] ; [Une part revient également à leurs successeurs s’écriant : Seigneur ! Pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères nous ayant précédés dans la foi, et ne mets dans nos cœurs aucune haine à l’encontre des croyants ! Seigneur, tu es certes Compatissant et Tout-Miséricordieux][13] ; [Si ceux qui donnent foi à Nos Versets viennent à toi, dis-leur : salut à vous ! Votre Seigneur s’est prescrit à Lui-même d’être Miséricordieux].[14]

 

Selon un hadîth : « Le jour de la résurrection, Allah (I) dira : Sortez de l’Enfer quiconque décèle dans son cœur la foi la plus infime (mot-à-mot : ne serait-ce que l’équivalent d’un grain de moutarde ndt.). »[15]

 

D’après el Bukhârî et Muslim, selon Abû Sa’îd qui fait remonter ses paroles au Prophète (r) : « (…) Faites-en sortir [en parlant de l’Enfer] ceux que vous connaissiez. Ils les reconnaitront, car le feu n’aura pas le droit de détériorer entièrement leur silhouette, et ils en feront sortir un grand nombre qui auront été brûlé jusqu’aux mollets ou jusqu’aux genoux.

  • Ils diront : « Seigneur, il ne reste aucun de ceux que nous a désigné !
  • Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un dinar ! »

Ils en sauveront un grand nombre et retourneront vers le Tout-Puissant pour lui dire : « Seigneur, nous n’avons oublié aucun de ceux que nous a désigné !

  • Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un demi-dinar ! »

Ils en sauveront un grand nombre (…)

« Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un grain de moutarde ! »

Ils en sauveront un grand nombre. »

 

Abû Sa’îd el Khudrî conclut : « Si vous doutez des propos que je vous raconte, alors nous n’avez qu’à lire le Verset : [Allah ne fait subir à personne la moindre lésion ; la bonne action, Il la décuple et Il gratifie de Sa part une récompense immense].[16]

 

Allah proclamera alors : « Les anges ont intercédé, les prophètes ont intercédé, et les croyants ont intercédés ; il ne reste maintenant plus que Moi, le plus Miséricordieux des miséricordieux ! Il plongera alors une poignée dans l’Enfer, et Il en sortira des gens tout calcinés qui n’ont accompli le moindre bien sur terre. Il les déposera dans le « fleuve de la vie » qui sillonne les artères du Paradis. Ils pousseront aussi vite qu’une graine (déposée par l’écume) après le passage d’un torrent. Ils brilleront comme des perles et se feront reconnaitre par les habitants du Paradis à leur collier étincelant.

 

Ils seront les affranchis du Paradis qu’Allah sauvera sans qu’ils n’aient accomplie la moindre bonne action ni le moindre bien sur terre !

Ensuite, il leur sera convié : « Bienvenue au Paradis où tout ce que vous avez sous les yeux est à vous. » Comblés au-delà de leurs attentes, ils demanderont malgré tout : « Seigneur, comble-nous d’une chose que Tu n’as offerte à personne avant nous !

  • J’ai encore mieux pour vous !
  • Seigneur, que peut-il y avoir de mieux ?
  • Je vous accorde désormais Mon Agrément qui vous épargnera Mon Courroux à tout jamais ! »[17] 

 

Sheïkh Taqî e-Dîn ibn Taïmiya nous apprend : « Ainsi, tout individu qui donne foi à Dieu est croyant proportionnellement en fonction de l’intensité de son adhésion. En outre, si la preuve céleste n’est pas établie contre lui, il ne devient pas mécréant en reniant ces enseignements que les textes font pourtant mention. Pour expliquer ce point, nous disons que la plupart des fidèles (qui font la prière) croient d’une foi ferme en Dieu et à Son Messager, bien qu’ils aient une conception différente de Leur divinité et de Ses Attributs. Nous ne parlons pas des hypocrites qui affichent la foi du bout de la langue, mais qui renient le Messager du fond du cœur ; ceux-là ne sont pas des croyants proprement dits.

Néanmoins, tout individu qui se revendique musulman, sans n’être un hypocrite au fond de lui, est un croyant. Sa foi sera en fonction des efforts qu’il aura fournis dans ce sens. Tôt ou tard, il sortira de l’Enfer, quand bien même il renfermerait la foi la plus infime (mot-à-mot : une foi pas plus lourde qu’un grain de moutarde ndt.). Nous pouvons compter dans cette catégorie, tous les hérétiques qui divergent dans les domaines des Attributs divins et du destin, toute tendance confondue.

 

Si, pour entrer en Paradis, il fallait connaitre Allah aussi bien que Son Prophète (r), personne ou presque dans sa communauté n’y aurait droit. La plupart des musulmans en effet ne sont pas capables d’avoir une telle croyance détaillée. Pourtant, ils iront au Paradis, en sachant qu’ils auront des échelons différents en fonction de leur foi et de leur connaissance. Un homme peut renfermer une foi avec laquelle il connait Son Seigneur, mais l’un de ses semblables peut le dépasser dans ce domaine, alors que lui, il en est incapable. Il ne lui est pas imposé une chose qui est au-dessus de ses capacités… »[18]

 

Il n’y a pas que le repentir qui annule les péchés ; alors, certes, le Très-Haut ne pardonne pas l’association, mais uniquement dans la mesure où les conditions la rendant effective soient réunies, notamment après que la preuve céleste soit établie contre tout fautif éventuel. En outre, renier les Noms et Attributs divins relève également du shirk, et pourtant, les savants, à travers les époques, accordent l’excuse de l’ignorance dans ce domaine, comme nous l’avons expliqué. Si cela est clair :

 

 

[1] Idem.

[2] Hadîth rapporté par el Bukhârî (n° 7416) et Muslim (n° 2760).

[3] La vache ; 286

[4] Le hadîth sur le sujet est rapporté par e-Tabarî dans son tafsîr (3/154), selon ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée son père et lui –.

[5] Voir : mudârât e-nâs d’ibn Abî e-Duniya (p. 49).

[6] L’Absoluteur ; 7

[7] El a’râf ; 156

[8] Rapporté par el Bukhârî (3194), et Muslim (2751).

[9] Saba ; 1-2

[10] Les femmes ; 29-30

[11] La vache ; 163

[12] L’ouverture ; 1-4

[13] Le rassemblement ; 10

[14] Le bétail ; 54

[15] Rapporté par el Bukhârî (6560), et Muslim (184), selon Abû Sa’îd el Khudrî (t).

[16] Les femmes ; 40

[17] Rapporté par el Bukhârî (7439), et Muslim (183).

[18] Majmû’ el fatâwa (3/328).

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 15:59

 

 

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VII

(Partie 3)

 

Il y a une dizaine d’années, j’ai traduit un passage de e-takfîr wa dhawâbituhu de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî qui traite de ce point et que voici :

 

Les conditions à remplir et les restrictions à exclure avant de taxer d’apostat un cas particulier :

  1. Ce cas particulier doit être pubère et sain d’esprit.
  2. Il doit avoir commis la mécréance en toute liberté (ce qui exclut la contrainte) et en pleine conscience ; ce qui exclut une joie ou une colère extrême faisant perdre l’esprit comme l’histoire de l’homme qui, ayant retrouvé sa monture dans le désert, s’écria de joie : « Ô Allah ! Tu es mon serviteur et je suis Ton Seigneur. »[1]
  3. Il faut que les preuves soient établies contre lui, de sorte que s’il ne s’y soumet pas il devient inexcusable, comme nous l’avons vu précédemment.[2]
  4. Sa parole ou son acte ne doit pas être motivé par une mauvaise interprétation.

 

Or, les savants ont des avis différents sur la forme que doit prendre l’iqâmat el hujja (établir les preuves contre un cas particulier).

Pour les uns : à l’exemple d’ibn el ‘Arabî,[3] ibn Qudâma,[4] et ibn Taïmiya, il est nécessaire pour que la preuve soit effective que la personne contre qui elle est appliquée la comprenne.

Pour les autres : ce n’est pas une condition. À leurs yeux, la présence de la preuve suffit en elle-même indépendamment du fait que les gens l’aient comprise ou non. Cette tendance est attribuée à certains petits-fils de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, comme Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan Âl e-Sheïkh, qui prétend reprendre l’opinion de certains savants de la « da’wa najdite » (aimmat e-da’wa).[5] Les partisans de cette tendance l’affilent également au fondateur de cette prédication, qui soit dit en passant ne fait que véhiculer les enseignements des anciens.[6]

Selon ces derniers, peu importe que ceux qui entendent le Coran en aient compris le sens ou non. Les païens, selon certains passages du Livre sacré des musulmans, ne comprennent pas le message qui leur est adressé ; il ne l’entendent pas et ne l’écoute pas. Allah révèle par exemple : [Penses-tu que la plupart entendent ou comprennent ; ils sont plutôt comme du bétail ou encore plus égarés].[7]

 

L’opinion la plus vraisemblable du reste, est la première, car il n’est pas possible d’établir la preuve d’Allah contre quelqu’un qui ne l’a pas comprise. Nous disons qu’il ne la comprend pas dans le sens où il est incapable de la comprendre soit par manque d’intelligence, soit pour être étranger à la langue à laquelle on s’adresse à lui, soit pour s’être imprégné à l’esprit certains arguments ambigus, bien qu’au même moment, il recherche la vérité. Il ne s’agit pas de se détourner des textes par entêtement ou de ne pas rechercher la vérité par négligence. Dans ces deux cas effectivement, aucune excuse n’est valable.

 

Quant au Verset : [penses-tu que la plupart entendent ou comprennent ; ils sont plutôt comme du bétail ou encore plus égarés].[8] Il ne signifie pas, qu’ayant perdu l’ouïe et la raison, ils sont incapables de comprendre le discours qu’ils reçoivent. Il veut cependant dire que ces deux sens leur sont inutiles, puisqu’ils les utilisent à mauvais escient.[9] La preuve, c’est qu’un autre passage du Coran nous apprend qu’effectivement, ils ne leur servent à rien : [Nous avons jeté bon nombre d’hommes et de djinns en Enfer ; ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas, des yeux avec lesquels ils ne voient pas, des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas. Ceux-là sont comme du bétail ou pire encore, ceux-là sont les insouciants].[10]

 

Ainsi, ils ne mettent pas leur sens au service de la vérité. En cela, ils sont comparables à ceux qui en sont dépourvus.[11] C’est pourquoi, Allah qualifie les hypocrites de : [sourds, muets, et aveugles, ils ne peuvent revenir].[12] Un autre Verset explique en quoi, ils sont sourds, aveugles, et muets, en disant : [Nous leur avons donné l’ouïe, la vue, et un cœur, mais leur ouïe, leur vue, et leur cœur ne leur ont servit à rien, puisqu’ils reniaient les Versets d’Allah].[13] Souvent, Allah rend la pareille aux mécréants, à travers notamment les Versets : [Nous avons enveloppé leur cœur d’un voile pour leur empêcher de comprendre et Nous leur avons bouché les oreilles].[14] Ils disaient auparavant : [N’écoutez pas ce Coran (cette lecture) et faites diversion, ainsi aurez-vous le dessus sur lui].[15] C’est alors que : [Allah scella leur cœur et leurs oreilles et Il mit un voile sur leurs yeux][16] ; [Lorsque tu lis le Coran, nous mettons un voile entre ceux qui ne croient pas à l’au-delà et toi][17] ; [Vois-tu celui qui prend ses passions pour divinité et qu’Allah a égaré en toute connaissance][18] [Ceux-là, Allah les a maudits et les a rendus sourds et aveugles][19] ; [Ils ne pouvaient voir ni entendre].[20]

 

Si Allah empêche les mécréants d’avoir accès au message, à quoi bon alors leur demander des comptes le jour du Jugement dernier ? En fait, ils cultivent les fruits de leurs actes : [Allah a plutôt mis un sceau dans leur cœur à cause de leur mécréance][21][Leur cœur est malade, mais Allah l’a rendu encore plus malade][22] ; [et pour avoir dit : « nos cœurs sont enveloppés. » Allah les a plutôt scellés à cause de leur mécréance ; ainsi, ils ne croient que très peu][23] ; [Nous retournons leur cœur et leur regard comme ils n’y avaient pas cru la première fois, et nous les laissons sombrer dans leur rébellion][24] ; [Lorsqu’ils s’égarèrent, Allah égara leur cœur ; certes, Allah ne guide point les pervers].[25]

 

Ainsi, le Tout-Puissant les a bien pourvus des sens leur permettant d’avoir accès à la vérité, mais après l’avoir refusé, Allah les a châtiés en leur empêchant de comprendre et en les égarant d’avantage.[26] Nous retrouvons ces trois étapes dans un seul et même contexte : [Un Livre dont les Versets sont détaillés, une lecture arabe pour des gens qui savent • annonciateur et avertisseur, mais comme la plupart d’entre eux s’en sont détournés, ils n’entendent point].[27] Au départ, le Coran s’adresse à des hommes qui en comprennent le sens, mais comme ils s’en sont détournés, Allah les a châtiés en leur empêchant désormais d’entendre la vérité.

 

• La question qui se pose d’elle-même ici, c’est pourquoi les paroles de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb laissent entendre que l’ignorance n’intercède pas en faveur de celui contre qui la preuve d’Allah est appliquée ? Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan comprend des paroles de son arrière-grand-père que le Coran constitue en lui-même une preuve contre celui qui l’a entre les mains, indépendamment du fait qu’il comprenne son message ou non.[28]  Ce dernier s’inspire de trois passages du Sheïkh avant de conclure : « Voici trois passages qui démontrent que la preuve est établie par le Coran contre tous ceux qui le reçoivent et l’entendent, bien qu’ils ne le comprennent pas. »[29]

 

L’un des arguments probablement les plus éloquents de cette tendance provient des paroles mêmes du Sheikh qu’il écrivit dans l’une de ses lettres : « À nos frères, salâm ‘alaïkom wa rahmat Allah wa barakâtuhu ! Les paroles que vous avez citées du Sheïkh (ibn Taïmiya ndt.) disant que quiconque renie telle et telle chose après que la preuve soit établie contre lui… Et vous, vous hésitez sur ses taghût et leurs adeptes en vous demandant si la preuve est établie contre eux. C’est vraiment étonnant ! Comment pouvez-vous douter d’une chose pareille ? Je vous l’ai pourtant expliqué à maintes reprises. Celui contre qui la preuve s’applique, c’est celui qui vient de se convertir, qui habite loin des villes, ou qui se trompe sur des points subtils comme el sarf et le ‘atf (liés à la sorcellerie ndt.). Dans ces cas, ils ne sont pas mécréants avant d’avoir reçu le savoir. Quant aux fondements de la religion (el usûl) qu’Allah a expliqués de façon formelle dans Son Livre, leur preuve c’est le Coran. Quiconque reçoit le Coran reçoit la hujja (preuve).

Le problème, c’est que vous ne faites pas la différence entre établir la hujja et comprendre la hujja. La majorité des mécréants et des hypocrites parmi les musulmans ne comprennent pas la preuve d’Allah, qui, pourtant, est établie contre eux, comme le révèle le Verset : [Penses-tu que la plupart entendent ou comprennent ; ils sont plutôt comme du bétail ou encore plus égarés].[30] Établir et recevoir la hujja est une chose, en sachant qu’elle est établie contre eux, et la comprendre en est une autre. Ainsi, ils sont mécréants pour l’avoir reçue bien qu’il ne la comprenne pas. »

 

Ce texte du Sheïkh – qu’Allah lui fasse miséricorde – est l’un des arguments les plus éloquents utilisés par ceux qui défendent l’idée que ce dernier ne tient pas pour condition de comprendre la hujja afin qu’elle soit établie sur un cas particulier. Or, ce dernier est l’auteur d’autres paroles qui expliquent de façon formelle qu’il impose comme condition sine qua non de comprendre la hujja. La lettre qui s’adresse au Sharîf nous enseigne : « Si l’on sait que nous ne taxons pas d’apostat ceux qui adorent la stèle érigée au-dessus de la tombe d‘Abd el Qâdir, d’Ahmed el Badawî, etc., en raison de leur ignorance, et car ils n’ont personne pour leur éclaircir, comment pouvons-nous dès lors le faire pour celui qui n’associe rien à Allah sous prétexte qu’il n’a pas émigré chez nous, dans la mesure où il n’a pas apostasié ni combattu la vérité ? Gloire à Allah ! Quelle énorme calomnie ! »[31] 

 

  « en raison de leur ignorance, et car ils n’ont personne pour leur éclaircir » ou selon certains manuscrits : « car ils n’ont personne pour leur faire comprendre » Ce passage formule explicitement qu’à ses yeux, il faut comprendre la hujja pour qu’elle soit effective. Il va sans dire que les personnes auxquelles il fait allusion vivent en terres musulmanes au sein desquelles le Coran et la sunna sont répandus, sauf qu’elles ont besoin que la hujja leur soit expliquée de la part des savants traditionalistes.

 

Il est possible toutefois de concorder entre ses paroles en disant qu’il distingue entre une compréhension approximative du discours qui permet de pénétrer les « intentions » du Législateur dans l’ensemble et une compréhension approfondie qui relève de la compétence des savants. La première forme de compréhension est suffisante afin que la hujja, qui ne s’applique qu’à travers ce moyen, soit effective. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ses paroles. Autrement dit, cette compréhension est nécessaire pour établir la hujja et taxer d’apostat (kaffar) un cas particulier. La deuxième forme de compréhension n’est pas nécessaire pour établir la hujja. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ses paroles qui, en apparence, semblent se contredire.

 

Certaines paroles du Sheïkh qu’il a prononcées dans le même contexte où il ne tient pas compte de la compréhension des textes pour établir la hujja contre un cas particulier, consolident notre idée. Il souligne en effet : « Si un cas particulier est taxé d’apostat après avoir établi la hujja contre lui, de toute évidence, cela ne signifie pas qu’il doit comprendre la Parole d’Allah et de Son Messager comme Abû Bakr e-Saddîk (t). Néanmoins, s’il la reçoit, il devient mécréant dans la mesure où aucune excuse n’intercède en sa faveur. »[32]

 

Ainsi, le Sheïkh ne demande pas de cerner toutes les subtilités du discours du Législateur à la manière d’Abû Bakr (t), mais il tient compte d’une compréhension minimum et suffisante pour saisir Sa Volonté. Ainsi, Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb rejoint les grands spécialistes traditionalistes qui imposent comme condition, avant de constater la mécréance chez un cas particulier, que ce dernier comprenne la preuve qui est adressée contre lui. Il est donc erroné d’attribuer au Sheïkh qu’il ne tient pas compte d’une compréhension minimum des textes.

 

Cette analyse n’a pas échappé à Mohammed Rashîd Ridâ, qui souligne en annotation à majmû’ e-rasâil e-najdiya : « Cette restriction de la part du Sheïkh qui impose ici une compréhension minimum dissipe la confusion qui s’impose à l’esprit en lisant d’autres passages de ses œuvres. En s’en tenant à ces derniers passages, certains savants du Najd soutiennent que la présence du Coran est suffisante pour établir la hujja contre les hommes, quand bien même ils ne comprendraient pas son message. Cette conception illogique s’oppose au Verset disant : [Celui qui s’écarte du Messager, après avoir distingué la bonne voie].[33]  Elle ne va pas non plus dans le sens des thèses soutenues par les grands spécialistes et disant qu’il est nécessaire de faire comprendre le prêche prophétique (da’wa) avec ses arguments, avant d’établir la hujja »[34]

 

Par : Karim Zentici

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[1] Cette histoire est rapportée dans Muslim (2747).

[2] Voir également : el Mahalla (12/135) et el fisal tous les deux d’ibn Hazm (4/105), Majmû’ el Fatâwâ (12/523-524), tarîq el hijrataïn (p. 413) d’ibn el Qaïyim qui explique que deux comportements sont inexcusables en regard de la loi : el i’râdh (qui consiste à ne pas chercher la vérité par négligence ou autre) et el ‘inâd (qui consiste à s’entêter devant la vérité), et el muwâfaqât d’e-Shâtibî (3/377).

[3] Voir : tafsîr el qâsimî (5/1307-1308), 

[4] el mughnî (12/277).

[5] Voir : risâla hukm takfîr el mu’ayin wa el farq baïna iqâmat el hujja wa fahm el hujja (p. 9).

[6] Idem. (p. 13).

[7] El Furqân ; 44

[8] El Furqân ; 44

[9] Voir : fath el qadîr de Shawkânî.

[10] El A’râf ; 179

[11] Voir : tafsîr e-Tabarî.

[12] La vache ; 18

[13] El Ahqâf ; 26

[14] La caverne ; 57 Voir : Adhwâ el baïyân de Shanqîtî.

[15] Les versets détaillés ; 26

[16] La vache ; 7

[17] Le voyage nocturne ; 45

[18] L’agenouillée ; 23

[19] Mohammed ; 23

[20] Hûd ; 20

[21] Les femmes ; 155

[22] La vache ; 10

[23] Les femmes ; 155

[24] Le bétail ; 110

[25] Les rangs ; 5

[26] Voir : Adhwâ el baïyân (4/157-158).

[27] Les versets détaillés ; 3-4

[28] Voir : la risâla dont il est l’auteur : hukm takfîr el mu’ayin wa el farq baïna iqâmat el hujja wa fahm el hujja (p. 13).

[29] Idem. (p. 13).

[30] El Furqân ; 44

[31] Fatâwa wa masâil e-Sheïkh (p. 11) et e-Durar e-Sunniya (1/66).

[32] Muallafât e-Sheïkh (p. 220).

[33] Les femmes ; 115

[34] majmû’ e-rasâil e-najdiya (5/638).

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 09:00

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VII

(Partie 2)

 

La différence entre avoir reçu la preuve céleste et l’avoir comprise[1]

 

Pour mieux comprendre le sujet du takfîr, il incombe de distinguer entre avoir reçu la hujja et l’avoir comprise. Il ne s’agit pas de la comprendre aussi précisément que les croyants ni de s’y soumettre pleinement. La présence du message prophétique suffit en elle-même, à condition d’avoir les outils pour l’assimiler (être majeure, sain d’esprit, connaitre la langue en question ou bien passer par un traducteur). Les six piliers du dogme n’offrent aucune circonstance atténuante à celui qui n’y donne pas foi. Les adeptes des autres confessions ne sont pas considérés musulmans, bien que beaucoup d’entre eux soient ignorants. La plupart des Juifs et des chrétiens aujourd’hui sont des suiveurs. Pourtant, ils ne sont pas excusables. Il est inadmissible d’en douter, au risque de se vouer soi-même à la mécréance.

 

Par ailleurs, les textes scripturaires de l’Islam n’acceptent aucun scepticisme, qui est une forme d’ignorance, dans les questions touchant aux fondements de la foi. Ne serait-ce que de douter de la pertinence de la Résurrection est une annulation de l’Islam à l’unanimité des savants. Il n’est pas pertinent pour prendre la défense de cette catégorie d’individus de mettre en avant qu’ils ne comprennent pas le message céleste. Le Coran lui-même ne leur accorde pas cette excuse.[2]

 

Or, ce constat ne va nullement à l’encontre du principe imposant un savoir minimum pour l’iqâma el hujja. La preuve, c’est que aimmat e-da’wa établissent que le rôle d’établir la preuve céleste contre les hommes revient aux savants et aux prédicateurs. Sinon, ils n’auraient aucune utilité. La présence du Coran dans les maisons ne suffit pas en soi.[3] ‘Alî ibn Abî Talib dit bien : « La terre ne sera jamais dépourvue d’individus qui établissent la preuve céleste, pour ne donner aucune excuse aux hommes. »[4] Selon un hadîth : « Il y aura toujours une partie de ma communauté maintenue sur la vérité… »[5] Le Prophète (r) prédit également : « Allah ne reprend pas le savoir en l’enlevant de la poitrine des hommes, mais Il le reprend en faisant mourir les savants. Et lorsqu’il n’y aura plus de savants, les hommes se tourneront vers les chefs de file des ignorants qui émettront des opinions sans aucune science ; égarés, ils égareront les autres. »[6]

 

« Les savants sont comme les étoiles dans le ciel qui permettent de guider les hommes sur terre et sur mer dans les ténèbres de la nuit. Quand les étoiles disparaissent, ceux qui cherchent leur chemin vont droit à l’égarement.»[7]

 

Ibn Sahmân est l’auteur des paroles : « Je pense wa Allah a’lam, que seule la personne compétente est à même de faire l’iqâma el hujja, et que celui qui n’en est pas capable, comme l’ignorant, qui ne connait pas les règles de la religion et qui ne connait pas les paroles des savants dites sur le sujet, ne peut l’établir. »[8]

 

La bonne conception des textes est relative, elle varie d’une personne à une autre, bien que les textes en eux-mêmes soient clairs. Le rôle des savants est justement de rendre leur compréhension accessible aux gens simples.

 

La divergence règne entre savants traditionalistes sur la façon dont se matérialise l’iqâmat el hujja dans la pratique

 

Certains savants de aimmat e-da’wa ont signalé dans leurs ouvrages qu’il existe une divergence sur la façon dont se matérialise la hujja. La divergence porte sur un point subsidiaire, non dogmatique. Tous reconnaissent l’iqâmat el hujja en tant que principe, mais chacun à des points de vue différents dans sa mise en pratique et dans son application sur des cas particuliers. Sheïkh ibn Bâz ramène les deux opinions sur le sujet, comme nous l’avons vu précédemment. C’est la raison pour laquelle il ne convient pas de taxer les partisans traditionalistes de la partie adverse d’innovateurs ni d’apostats. Ce point est d’une extrême importance ; il remet en question à lui tout seul toutes les tendances ultras (ghulât).

 

La présence du Coran est-il suffisante pour l’iqâmat el hujja ?

 

Certains passages d’aimmat e-da-wa laissent à penser que la présence des textes (Coran et sunna) est suffisante pour établir la hujja contre les hommes. Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân est peut-être celui qui défend avec le plus de vigueur cette tendance. Néanmoins, certains éléments nous mènent à relativiser son discours, en plus de ceux que nous allons évoqués plus loin.

  • Lui-même établit que la référence se confine dans le Coran, la sunna, et le consensus et que la parole d’un savant ne peut faire autorité.
  • Ce dernier rapporte des paroles de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhab sur l’iqâma el hujja contre les adorateurs des tombes dans son propre livre où il ne voit pas le ‘udhr bi el jahl.[9] Or, comme nous l’avons vu, cela ne peut se faire que par l’intermédiaire des savants, ou à défaut d’en avoir, des personnes compétentes.
  • Il établit également qu’il règne un consensus d’aimmat e-da-wa sur la question à laquelle il adhère.[10] Or, nous avons vu que d’autres savants du Najd réclament un savoir minimum.
  • C’est ce qui nous pousse à conclure qu’il parle d’un contexte bien précis, et qui est celui de son époque dans les territoires où l’influence de la da’wa de son aïeul battait à son plein, contrairement à ses débuts. C’est ce qui peut notamment expliquer la confusion au premier abord que fait régner les textes du premier homme de la da’wa najdite lorsqu’on les confronte entre eux. Il est possible qu’ils relatent en réalité deux phases différentes de sa prédication[11] ; soit avant et après qu’il ait établi les preuves célestes contre ces contemporains qui eurent accès à son message, bien qu’on peut les interpréter autrement wa Allah a’lam !
  • Une citation d’Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân vient conforter cette hypothèse. Celle-ci concorde exactement avec la conclusion que nous avons apportée dans l’article Éclaircissement. Voici ce qu’elle dit en parlant du fameux passage de tarîq el hijrataïn : « … ibn el Qaïyim fait uniquement exception à ceux qui n’ont pas accès à la vérité, bien qu’ils la recherchent activement. C’est de ces derniers dont fait allusion les textes des grands spécialistes comme Sheïkh el Islam et son élève. »[12] Il s’attaque ainsi au cœur des revendications d’ibn Jarsîs prétendant, en s’appuyant sur des textes de ces deux Imams, que tous les ignorants sans détail sont excusables. Ainsi, comme nous l’expliquions, l’ignorance n’est pas une excuse en elle-même, mais l’incapacité d’avoir accès à la vérité, à condition, bien sûr, de la rechercher.

 

D’autres savants, comme ibn Bâz et Mohammed ibn Ibrahim,[13] rejoignent Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân sur sa conception de la hujja. Une fatwâ de la lajna dâima va dans ce sens.[14] Notons qu’ibn Bâz parle de ceux qui se détournent de la vérité. En cela, il rejoint notre hypothèse sur ce point, wa Allah a’lam !

 

N.B. Nous disons cela dans la mesure où nous nous faisons une bonne opinion du Sheïkh ibn Bâz, mais dans les faits, il semble rejoindre la position de San’ânî qui assimile les quburites à des mécréants d’origine.

 

Je disais sur un forum le jour où on m’a mis sous les yeux en 2008 ce qui semble être la nouvelle opinion de Sheïkh el ‘Abbâd :

 

Akhi ! Tu ne fais rien pour faire avancer le débat, Sheïkh Sâlih Âl Sheïkh a le même discours qu’ibn Bâz, donc cela ne pose aucun problème, j'ai répondu en partie à cette question dans un texte précédent que tu n'as pas lu ou que tu n'as pas tenu compte.

 

J’ajoute ici que les mu'tazilites ont la même position que les kharijites, concernant l'auteur des grands péchés et non du shirk akbar dans l'au-delà, mais que sur terre il n'est ni musulman ni mécréant.

 

Pour l'opinion d'ibn Bâz, en fait ils ne sont pas formels sur le statut de l'auteur du shirk akbar dans l'au-delà, mais que sur terre, ils ne sont pas musulmans ; et il est là le scoop que tu ne veux pas entendre et qui est lié au sujet qui a introduit notre discussion sur la divergence qui règne entre traditionaliste sur le statut sur terre d'un musulman qui fait du shirk akbar. Pour mieux comprendre la réponse, et il est là le scoop, il faut savoir que j'ai téléphoné à Sheikh ‘Abd el Mâlik Ramadhanî sur le texte de Sheïkh el ‘Abbâd que tu m’as donné, étant donné qu'il est proche de lui...

 

Il m'a dit qu'en effet, Sheïkh a une risâla qui va dans se sens, mais, que :

 

  • Elle date de plusieurs années, elle n'est donc pas nouvelles, même si je ne la connaissais pas ;
  • C’est en fait une autre opinion du Sheïkh el ‘Abbâd, non l'explication du texte que je t'ai donné ; en cela, cette explication qu'il impute à ibn Taïmiya, à ibn el Qaïyim, et à Mohammed ibn 'Abd el Wahhab est toujours valable, wa bi Allah e-tawfik ;
  • Mais, là n'est pas le plus surprenant, c'est que Sheïkh ‘Abd el Mâlik m'a informé qu'il avait discuté avec le Sheïkh sur le sujet, et m'a révélé un indice d'une extrême importance. Il m'a dit qu'à ses yeux, ils étaient des kuffars asliyins, et on sait désormais ce que pense Sheïkh ‘Abd el Latîf de cette opinion ;
  • Maintenant akhî, grâce à toi, on comprend mieux l'opinion d’ibn Bâz ; pourquoi, parce que Sheïkh el ‘Abbad dit qu'il explique les paroles d’ibn Bâz ; c'est pour cela qu'il pense, que, vraisemblablement, ils ont le même statut que ahl el fatra, et donc qu'ils ne sont pas musulmans ;
  • Sheïkh ‘Abd el Malik m'a dit, et c'est d'ailleurs facile à deviner, que cette opinion, n'est pas celle d’ibn Taïmiya, et qu'il n'a jamais trouvé, malgré de longues recherches, aucune parole de savants des 3 premiers siècles allant dans ce sens, comme je l'ai démontré à maintes reprises avec des paroles d’ibn Taïmiya à l’appui.

Ainsi, la question qui se pose d'elle-même, c'est comment conjuguer entre les paroles d’Abd e-Latîf disant que l'opinion des partisans des mécréants d'origine est faible (shâdhdh) et le fait que, certains savants de aimmat da’wa dont Abd e-Latîf lui-même, et plus tard, Sheïkh ibn Bâz et Sheïkh Sâlih Âl Sheïkh comme tu l'as amené plus haut, disent que les quburyuins sont des mécréants d'origine.[15]

 

Il est possible de conjuguer entre les 2 discours en disant que pour ces savants les ghulât quburyins sont des mécréants d'origine, mais cela ne remet nullement en question, l'autre thèse, pour les raisons suivantes :

  1. Cela veut dire que les non ghulât ou les musulmans dont de nombreux savants qui ont fait du shirk par erreur ou ta-wîl n’entrent pas dans cette catégorie, wa Allah a'lam, et sont donc des musulmans ;
  2. Ils considèrent que ces ghulât ne sont pas des musulmans et n'entrent pas dans les 72 sectes, c'est exactement le discours des savants sur la secte jahmite qu'ils voient étrangère à l'islam ; cela dit, au même moment ces savants n'ont pas kaffar certains jahmites, comme l’établit ibn Taïmiya a maintes reprises... Donc, ce discours est relatif ;
  3. Ce discours n'est pas celui d’ibn Taïmiya ni des savants des 3 premiers siècles, s'il est vrai qu'à la première époque, il n'y avait pas de ghulât quburyins, ce n'est pas le cas à l'époque d’ibn Taïmiya, l'auteur d’el istighâtha.

Ainsi, tout devient plus clair, grâce à Dieu, et il devient beaucoup plus facile de conjuguer entre les discours des savants. Mais, car, il y a un mais, pour ceux, qui ne serait pas convaincus de la thèse que je défends, ils doivent faire la démarche suivante, comme je l'ai souligné dans Éclaircissement : prouver soit qu’ibn Taïmiya les rejoint dans leur opinion, et ayhât, soit qu’ibn Taïmiya s'est trompé en s'appuyant pour cela sur des paroles des savants des 3 premiers siècles, et sans se baser sur des textes qui ont une portée générale, et avec lesquels tout le monde est d'accord et ayhât !

 

Wa li Allah el fadhl wa el minna !

 

Par : Karim Zentici

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[2] Voir : kashf e-shubhataïn d’ibn Sahmân (p. 91-93).

[3] Voir : mish e-zhalâm d’Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân (p. 123-124).

[4] Rapporté par Abû Na’îm dans el huliya (1/80).

[5] Rapporté par Muslim (1920).

[6] Rapporté par el Bukhârî (100) et Muslim (2673), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn el ‘Âs.

[7] Hadîth rapporté par Ahmed (12600), selon Anas (t).

[8] Manhâj el haqq wa el ittibâ’ d’ibn Sahmân (p. 85).

[9] Voir : hukm takfîr el mu’ayin Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân (p. 18)

[10] Idem. (p. 20)

[11] Sheïkh ‘Abd el Karîm el Khudhaïr corrobore cette thèse. C’est ce qui explique, nous dit-il, la confusion qui règne sur les écrits du Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, qui, à priori, semblent se contredirent. Il lui arrive, en effet, d’accorder l’excuse de l’ignorance à certains, là où ailleurs, il est intransigeant sur leur cas. En réalité, il est possible d’accorder entre ses positions, car elles varient en fonction du contexte et des cas rencontrés. Voir : http://www.khudheir.com/text/4072

[12] ‘aqîda el muwahhidîn wa e-radd ‘alâ e-dhullâl el mubtadi’în (p. 164).

[13] Voir respectivement : majmû’ fatâwâ wa maqâlât mutanawwi’a (4/26-27 et 7-136-140), et fatâwâ wa rasâil Mohammed ibn Ibrahim Âl e-Sheïkh (1/246).

[14] Fatâwâ e-lajna e-dâima (1/764-766).

[15] Les tenants du kufr as ne sont pas à l'abri de la contradiction, comme je l'ai expliqué avec la parole d'Abd e-Latîf. Ensuite, ils sont exposés à des problèmes qu'eux-mêmes ne sont pas capables de résoudre ; notamment, ils partent du principe que les ghulat quburyin font du shirk depuis tout petit, comme l'a fait remarqué Sheïkh el ‘Abbad à Sheïkh ‘Abd el Mâlik, et qu'ils se transmettent cette croyance, de pères en fils, mais comment faire avec le nouveau converti et le bédouin qui vit loin des villes ? À l'unanimité des savants, ils restent musulmans !

 

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:13

 

 

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VII

(Partie 1)

 

Selon ‘Alî (t) : « Le savant perspicace ne fait pas désespérer les gens de la miséricorde d’Allah ; il ne leur donne aucune permission de Lui désobéir ; il ne garantit à personne d’être à l’abri de Son châtiment ; il privilégie le Coran avant tout ; toute adoration non basée sur un savoir est sans valeur ; comme tout savoir non basé sur la compréhension et toute lecture non basée sur la méditation. » [Rapporté par e-Dârimî dans e-sunan (n° 297)].

Ibn el Qaïyim :

Médite sur le Coran, et tu seras guidé

Le savoir est soumis à sa méditation

 

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

 

Ibn el Qaïyim :

 

Le détail est crucial ••• les notions générales

Perturbent l’existence ••• et les idées sans cesse

 

Que nous dit ce petit billet :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/2016/04/as-san-any-sur-l-excuse-de-l-ignorance.html

 

En réponse :

 

L’auteur de ces lignes a répondu à cet argument, il y a plus de 10 ans, à travers un article ayant pour titre : un poisson nommé… virtuel [1]; et force est de constater qu’il est bancal. Déjà, il prend le contre-pied à un consensus qui lui est bien réel, alors que notre ami ne rechigne pas à nous offrir des consensus imaginaires.

 

Nous avons vu dans un précédent article qu’en fonction de savoir s’il provient d’un non-musulman ou d’un musulman, le kufr se divise en deux catégories pour lesquelles la loi prévoit des statuts différents :

Kufr as : qui concerne les non-musulmans (qui se divisent en gens du livre et en païens)

Kufr târî : c’est l’apostasie (ridda) qui se vérifie au niveau du cœur, des paroles et des actes, et pour laquelle des lois spécifiques sont prévues.[2]

 

Sheïkh ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân explique : « … Les savants ont parlé au sujet du statut de ces gens-là (leur kufr leur shirk, et leur égarement). Il est connu de façon unanime chez les savants que l’auteur de tels actes qui prononcent les deux attestations de foi est taxé de kâfir et de murtadd après iqâma el hujja ; ils ne le considèrent nullement comme un mécréant d’origine. Je n’ai jamais vu quelqu’un le dire en dehors de Mohammed ibn Ismâ’îl [e-San’ânî] dans sa risâla tajrîd e-tawhîd qui a pour titre tathîr el i’tiqâd. La raison qu’il avance, c’est que ces gens-là ne connaissent pas ce qu’exprime la parole de l’unicité, et par conséquent, ils ne sont pas entrés dans l’Islam pour ignorer le sens qu’elle exprime. Or, notre Sheïkh – en parlant d’ibn ‘Abd el Wahhâb – ne se range nullement avec lui sur ce sujet (ou lui concède nullement une telle opinion ndt.). »[3]

 

Cette opinion est donc shâdh (qui va à l’encontre de la grande majorité des savants ndt.), car en prononçant l’attestation de foi, l’individu devient musulman, du point de vue du statut terrestre (el hukm e-zhâhir) ; il incombe donc de se comporter avec lui comme avec les musulmans, tant que nous ne sommes pas sûrs du contraire. Auquel cas, il devient un apostat (murtadd). En revanche, en disant que c’est un mécréant d’origine, cela implique qu’il n’est même pas entré dans l’Islam sous prétexte qu’il n’ait pas compris le sens de la shahâda. Cette opinion va à l’encontre de la tendance que les savants ont établie, car comprendre son sens n’est pas une condition déterminant qu’une personne est musulmane ou non. Cette condition est uniquement valable pour gagner le salut dans l’au-delà (el hukm el bâtin).[4]

 

D’autres textes de e-San’ânî dans lesquels ils estiment qu’il ne faut pas combattre les qubûriyîns avant de leur faire iqama el hujja, font preuve de nuance,[5] En sachant que cette démarche ne doit pas avoir lieu avec des mécréants d’origine. Ainsi, s’ils deviennent apostats, c’est uniquement après iqama el hujja, et c’est ce que nous voulons.

 

Or, l’Imam e-Shawkânî rapporte des paroles de e-San’ânî pour le moins étranges. Ce dernier considérerait en effet, que l’invocation des morts relèverait du kufr ‘amalî ghaïrî mukhrij min el milla (qui ne fait pas sortir de la religion).[6] E-Shawkânî se charge lui-même de répondre à cette opinion qui nous aurait attiré les foudres si nous aurions osé nous y approché et qui ne nous effleure même pas l’esprit…

 

Il n’y a pas qu‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân, qui est, rappelons-le le descendant de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, qui condamne les paroles de San’ânî précédemment citées, mais si nous faisons un tour de côté de l’Inde, nous pourrons nous familiariser avec l’un de ses grands savants, qui n’est autre que le Sheïkh e-Sahsawânî, le fameux auteur de siyânat el insân. Dans ce livre, il affirme (p. 445), qu’à l’unanimité des savants (il ne tient donc pas compte du qawl shâdh de San’anî), qu’avant l’iqâma el hujja, le qubûrî n’est pas un mécréant d’origine. Bien des années plus tard, ‘Abd e-Razzâq el ‘afîfî posera son aval sur les paroles du savant indien.[7]

 

Voici un autre petit billet :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/2016/05/saleh-al-as-sheikh-on-ne-se-retient-pas-de-dire-qu-il-est-mecreant.html

 

En réponse :

 

Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh aurait-il changé certaines de ses positions au contact de Sheïkh el Albani ? Nous en parlerons peut-être à l’avenir si Allah nous prête vie, mais dors et déjà, notons qu’il y a au moins une dizaine d’années (en sachant qu’à cette époque il ne donnait vraisemblablement plus de cours), en compagnie de Sheïkh ‘Abd e-Razzâq el ‘Abbâd, il fut l’un des membres du jury de la thèse ès Doctorat taqrîrât aimmat e-da’wâ fî masâil el îmân du D. Yâsir e-Salâma.

 

Au cours de la soutenance, un passage ambigus d‘Abd Allah le fils de l’Imâm fut mit à l’ordre du jour.[8] Il s’agit d’une longue fatwâ coécrite avec son frère Husaïn, et Sheïkh Hamd ibn Nâsir ibn Mu’ammar. L’élève ne résout pas la problématique qu’elle soulève ; elle était pourtant grosse comme une couleuvre ou comme le nez au milieu du visage, mais elle est passée comme une lettre à la poste !

Néanmoins, elle n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, comme en témoigne l’échange qu’elle a suscité entre Sheïkh Sâlih et le chercheur. Nous reproduisons ici le passage qui nous intéresse :

 

  • Sheïkh Sâlih : Très bien, passons à la citation du Sheïkh Hamd ibn Nâsir et de ses coauteurs qui est deux lignes au dessus de celle du Sheïkh Sulaïmân.
  • Le chercheur : celle-ci : « Nous ne portons pas pour autant de jugement sur lui, étant donné que la preuve céleste n’a pas été établie contre lui. En même temps, si nous ne le jugeons pas mécréant, cela ne veut pas dire que nous le considérons musulman, mais nous disons qu’il s’est comporté comme un mécréant sauf que nous ne pouvons le juger ainsi avant d’avoir établi la preuve céleste contre lui. »
  • Sheïkh Sâlih : Très bien, cet avis est celui de Sheïkh Hamd ibn Nâsir et consorts, mais n’est-il pas possible qu’il se soit tout simplement trompé. Les savants de aimmat e-da’wa, aussi respectables soient-ils, sont-ils sujets à l’erreur ? Ne pensez-vous pas que cette allégation soit discutable ? Qu’est-ce que cela veut dire : « si nous ne le jugeons pas mécréant, cela ne veut pas dire que nous le considérons musulman » ? Y aurait-il un état intermédiaire entre la mécréance et l’Islam ?
  • Le chercheur : cela veut dire, au mieux, que nous n’avons pas suffisants d’éléments pour le juger…
  • Sheïkh Sâlih : Très bien, que dit la règle ? En principe, toute personne affiliée à l’Islam est musulmane jusqu’à preuve du contraire, et la mécréance est un état nouveau qui vient interférer l’état initial, l’Islam, et qui le remet en question, sous certaines conditions et considération. Ou bien, est-ce le contraire ? Soit qu’un acte d’apostasie évidente annule d’entrée le statut de musulman à un accusé potentiel jusqu’à ce que la preuve céleste vienne définitivement tranchée sur son cas. Bien sûr, la première hypothèse est la bonne, soit qu’il reste musulman jusqu’à ce que la preuve céleste démontre de façon claire et limpide qu’il est un apostat. Nous devons avoir autant de certitude qu’il est sorti de l’Islam que nous en avons eu lorsqu’il y est entré : « Tu l’as tué après qu’il ait dit : lâ ilâh illâ Allah ! » nous apprend le hadîth.[9] L’attestation de foi nous donnait la certitude de son affiliation à l’Islam, et pour l’en faire sortir, l’accusation doit faire le même poids. Certes, l’allégation du Sheïkh Hamd ibn Nâsir – qu’Allah ait son âme – affirme le contraire, mais elle est contestable. Elle s’inscrit à contre courant du discours [officiel] (ou : de l’autre discours ndt.) des savants de aimmat e-da’wa. Il est faut de dire qu’en se rendant coupable d’un acte de mécréance claire, on n’est ni musulman ni mécréant. Selon moi, c’est une erreur, car la chose mérite de plus amples précisions.
  • Le chercheur : il est possible…
  • Sheïkh Sâlih : Oui, je vous en prie !
  • Le chercheur : qu’Allah vous comble par sa grâce ! Je disais qu’il est possible que cet avis soit mu par le scrupule religieux si cher aux savants de aimmat e-da’wa. L’acte de kufr est constaté, néanmoins, n’étant pas entièrement sûr que la preuve céleste fût établie ou non contre le coupable en question, les sheïkh ont jugé plus prudent de s’abstenir sur son cas. Je veux dire qu’il ne s’agit pas tant de lui attribuer un statut différent de son statut initial de musulman, mais de constater l’état de mécréance, avec l’hypothèse que son auteur jouisse de circonstances atténuantes. Le cas échéant, il est extrêmement difficile de le taxer de mécréant, mais il l’est tout autant de la classer dans le cercle des musulmans avec les circonstances aggravantes qui sont retenues contre lui.
  • Sheïkh Sâlih : c’est exact. Il est pertinent, en effet, d’orienter ses paroles dans ce sens. Nous disons donc, comme le veut la formule consacrée : Ami de Sheïkh Hamd, mais encore plus de la vérité. Il n’existe pas de degré intermédiaire entre la foi et la mécréance, et en principe, on reste musulman jusqu’à preuve du contraire, et la mécréance ne peut annuler cette affiliation en l’absence de la preuve céleste et sans tenir compte d’un certain nombre de conditions et de considérations, etc.[10]

 

Par ailleurs, Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh note que les bases du débat sur le ‘udhr bi el jahl sont mal posées par certains contemporains. À ses yeux, il ne faut pas réfléchir en termes d’excuse ou de non excuse, mais se pencher plutôt, si on retourne aux textes fondateurs nadjites, d’accessibilité au savoir : à partir de quel moment considère-t-on que la preuve céleste est appliquée ou non à un cas précis.[11]

C’est exactement ce que l’auteur de ces lignes soutient depuis des années. L’ignorance n’est pas une excuse en elle-même, mais il faut tenir compte d’un facteur qui est extérieur à l’individu et qui est indépendant de sa volonté, soit l’impossibilité d’avoir accès au savoir, pour une raison ou pour une autre. En sachant que ce facteur n’est pas constant, dans le sens où il est évolutif. Un ignorant qui se détourne du savoir ou qui n’a pas la volonté d’apprendre et de poser des questions aux savants n’est pas excusable. D’autre part, après iqâma el hujja, l’ignorance n’est plus un facteur atténuant.

 

Dans la pratique, c’est au savant de trancher sur les cas particuliers, et c’est aux autorités en place de prendre des décisions en conséquence. En sachant que les points de vue sont différents en fonction des endroits, des époques et des personnes.[12]

 

C’est ce qui nous amène au point suivant :

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

 

[2] Voir : e-takfîr wa dhawâbituhu de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî.

[3] Mish e-zhalâm (p. 22-23).

[4] Voir : nawâqid el îmân el i’tiqâdiya du D. Mohammed ibn ‘Abd Allah ibn ‘Alî el Wuhaïbî (1/284).

[5] Voir : tathîr el i’tiqâd (p. 132) compilé avec ‘aqîda el muwahhidîn.

[6] E-darr e-nadhîr (32-34) ;

[7] Voir : fatâwa wa rasâil samâhat Sheïkh ‘Abd e-Razzâq ‘Afifî (1/172).

[8] Voir : e-durar e-saniya (10/136-138).

[9] Usâma apprit cette règle à ses dépens, le jour où il tint un combattant ennemi à sa merci. Face à la mort, ce dernier s’empressa de faire la shahâda, mais cela n’entama en rien à la détermination d’ibn Zaïd qui le transperça de son épée. Quand le Messager d’Allah (r) eut écho de la nouvelle, il le réprimanda violemment en s’écriant : « As-tu tué un homme qui dit lâ ilâh illâ ?

  • Il l’a dit uniquement pour sauver sa vie, se défendit-il !
  • As-tu ouvert sa poitrine pour savoir si c’était vraiment son attention ? » [Rapporté par el Bukhârî (n° 4269), et Muslim (n° 96), selon Usâma ibn Zaïd (t).]

Selon une autre version, le Prophète (r) renchérit : « Que feras-tu quand lâ ilâh illâ se présentera le Jour de la résurrection ? » [Rapporté par Muslim (n° 97).]

[11] Voici le passage original :

و قال الشيخ صالح آل الشيخ في محاضرة منهج أئمة الدعوة في العقيدة :
[ ...أيضا لما قيل له: إنك تكفر من عند قبة البدوي والكواز قال: أنا لا أكفر من عند قبة البدوي والكواز، لعدم وجود من ينبههم.
وهنا خاض قوم من المعاصرين خوضا سيئا في منهج الدعوة هل كان منهج الدعوة الشيخ محمد وأئمة الدعوة هل كانوا يعذرون بالجهل أو لا يعذرون بالجهل، ونحو ذلك من الألفاظ وهذه لم تكن أصلا عندهم بهذا اللفظ نعذره بالجهل أو لا نعذره وإنما كانت المسألة مرتبطة بأصل شرعي آخر وهي هل بلغته الحجة أو لم تبلغه الحجة والحجة المناسبة وغير المناسبة.

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 09:24

 

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VI

(Partie 5)

 

• Voici pour l’autre billet :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/2015/10/ibn-baz-consensus-que-pas-d-excuse-de-l-ignorance-dans-le-shirk-akbar.html

 

De deux choses l’une, soit ibn Bâz s’est trompé, si l’on sait que les faits le contredisent, soit notre ami a mal compris ses propos, ce qui n’est pas impossible ! Dans les deux cas, l’imâm n’est qu’un homme qui n’est pas à l’abri de l’erreur, comme n’importe qui d’autre, en dehors du sceau des messagers (r). On m’interdit d’agrémenter ma thèse des analyses taïmiyennes et on ne se gêne pas de la fustiger, parfois violemment, en s’appuyant sur un contemporain ; quant à choisir entre les deux, il n’y a pas photo, le choix est déjà fait !

Dans le meilleur des cas, le Sheïkh ‘Abd el ’Azîz parle du statut absolu, sinon, il ne fait qu’entrevoir la chose sous le prisme de sa propre tendance, ce qui, en soit, est contestable. Le reste de l’article le démontre, si tant est qu’il faille le démontrer !

 

• Dans son blog, notre ami s’inspire aussi d’un texte de Sheïkh ‘Abd el Muhsîn el ‘Abbâd pour donner du crédit à sa position :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/2015/10/abd-al-mohsen-al-abbad-sur-l-excuse-de-l-ignorance-revient-sur-son-ancien-avis.html

 

• Le doyen ‘Abd el Muhsîn a, en effet, vraisemblablement changé d’avis sur la question. Sheïkh ‘Abd el Mâlik Ramadhânî, qui est très proche de lui, me l’a confirmé par téléphone. Ce dernier m’a précisé qu’il en avait discuté avec son Sheïkh à qui il demanda notamment de lui citer un ancien allant dans le sens de cette théorie. Il eut en tout et pour tout pour réponse qu’il s’alignait sur l’avis de son maitre, ibn Bâz. En cela, il assimile les quburîtes à des mécréants d’origine ; hypothèse que nous avons réfutée plus haut. Or, comment qualifié el ‘Abbâd de l’ancienne position : un pseudo salafi, un murjite, un jahmite, etc. ?

 

• Par ailleurs, il y a dix ans auparavant, l’auteur de ces lignes a traduit une épitre de notre érudit dans lequel il développe, avec citations à l’appui, ce qui semble être son ancienne opinion sur le sujet. Nous reproduisons ici ce long passage en question qui est extrait de sharh shurût e-salât :

 

L’adoration est le droit exclusif d’Allah comme le révèle le Tout-Puissant : (Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent).[1] Il a déclaré également : [Nous avons envoyé à chaque communauté un messager [disant] : adorez Allah et éloignez-vous du tâghût][2] ; (Nous n’avons pas envoyé de messager avant toi sans lui révéler qu’il n’y a d’autre dieu digne d’être adoré en dehors de Moi, alors adorez-Moi).[3] Il incombe ainsi de consacrer toute forme d’adoration au Très-Haut, sans n’en dédier la moindre partie à une créature quelconque. Nous devons Lui vouer la prière, l’inclination, la prosternation, l’appel au secours, l’invocation, la confiance, l’appel au refuge, etc. : (Dis : ma prière, mon offrande, ma vie et ma mort reviennent à Allah le Seigneur de l’Univers, sans lui vouer aucun associé • Voilà ce qui m’a été ordonné et j’en suis le premier soumis).[4] En vouant toute forme d’adoration à un autre qu’Allah, on devient un païen et un mécréant. Il faut comprendre ce jugement dans l’absolu (en règle général) et il est valable pour les personnes ayant eu accès à la Révélation. Quant au cas particulier ayant commis l’idolâtrie, comme le culte des morts (invocation, appel au secours, etc.), dans la situation où il est ignorant, il faut s’abstenir de le condamner à l’apostasie, avant de lui démontrer son erreur et de fermer les portes à toute excuse. Telle est la première opinion recensée sur la question. 

 

Sheïkh ‘Abd ‘Azîz ibn Bâz – qu’Allah lui fasse miséricorde – a mentionné les deux tendances dans une réponse à une question qui lui fut posée au sujet de certains innovateurs (puis, il inséra le passage que nous avons évoqué plus haut, avant d’enchainer ndt.) :

 

La deuxième opinion qui prône l’abstention de se prononcer sur son état de mécréance a été adoptée par bon nombre de savants à l’instar de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya et Sheïkh el Islam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb.

 

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a souligné à cet effet dans son ouvrage el istighâtha (2/731) : « Après s’être imprégné des enseignements du Messager (r), il devient évident qu’il n’a jamais légiféré à sa communauté d’invoquer qui que ce soit parmi les morts : prophètes, gens pieux, etc. ni à travers la formule d’el istighâtha (appel au secours ndt.) ou autre ni à travers la formule d’el isti’âna (appel au soutien ndt.) ou autre. Il n’a pas légiféré non plus à sa communauté de se prosterner devant un mort, un vivant, ou toute autre chose de ce genre.

Nous savons plutôt qu’il (r) a formellement interdit ce genre de pratiques qu’il a jugées relevant de l’association interdite par Allah et Son Messager. Néanmoins, en raison de l’ignorance prépondérante, du nombre restreint de personnes initiées aux traces de la prophétie parmi les dernières générations, nous ne pouvons pas condamner facilement les gens d’apostats pour ces raisons, pas avant de les avoir mis au courant des enseignements du Messager (r) stipulant la non-pertinence de leurs pratiques.

C’est pourquoi, je n’ai jamais démontré ce point à des personnes imprégnées du principe de l’Islam sans qu’elles ne se remettent en question en disant : c’est le principe même de la religion. Certains grands doyens expérimentés parmi nos amis disaient : c’est la plus grande chose que tu ais pu nous expliquer, car ils avaient pleine conscience que cela concernait le principe élémentaire de la religion. »

 

Sheïkh el Islam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb – qu’Allah lui fasse miséricorde – a affirmé pour sa part : « Si l’on sait que nous ne taxons pas d’apostasie ceux qui adorent la stèle érigée au-dessus de la tombe d‘Abd el Qadîr, ainsi que celle sur le tombeau d’Ahmed el Badawî et d’autres dans le genre, en raison de leur ignorance, et du manque d’orientation, comment pouvons-nous dès lors le faire pour celui qui n’associe rien à Allah sous prétexte qu’il n’a pas émigré chez nous, dans la mesure où il n’a pas apostasié ni combattu la vérité. Gloire à Allah ! Quelle énorme calomnie ! »[5]

Il a dit également : « Nous considérons plutôt, en prenant en témoin Allah qui connaît le fond de nos pensées, que quiconque adhère à l’unicité et se détache de l’association et de ses partisans, est pour nous un musulman indépendamment de l’endroit et de l’époque où il se trouve. En revanche, nous condamnons quiconque associe à Allah dans Sa Divinité après que les Textes lui ont démontré la non-pertinence de l’Association. »[6]

 

Il a expliqué ailleurs : « Les paroles que vous entendez à mon encontre disant que je condamne d’apostasie sans faire de détail, elles ne sont que des calomnies venant de l’ennemi. Je dirais selon eux également qu’il ne suffit pas à l’individu de suivre la religion d’Allah et de Son Messager, sans qu’il immigre de son pays pour venir s’installer sur nos terres. C’est aussi un tissu de mensonges ! L’important est plutôt de suivre la religion d’Allah et de Son Messager où que l’on soit.

Nous nous contentons de bannir de l’Islam quiconque, après avoir reconnu la religion d’Allah et de Son Messager, s’en fait non seulement l’ennemi, mais qui plus est, cherche à en détourner les autres. Nous condamnons également quiconque adore les idoles après avoir eu connaissance que ces pratiques relèvent de la religion des païens, tout en les embellissant aux gens. Lui, il est vrai, je le condamne à l’apostasie. Tout savant sur la surface de la Terre ne peut que condamner un tel individu si bien sûr, il n’est ni un entêté ni un ignare. »[7]

 

Il a dit également : « Quant aux allégations de mes ennemis prétendant que je voue à la mécréance sur simple suspicion et en fonction des alliés, ou bien que je condamne l’ignorant n’ayant pas eu accès à la vérité, c’est une énorme calomnie qui a pour but de faire fuir les gens de la religion d’Allah et de Son Messager. »[8]

 

Dans son livre minhâj e-ta-sîs wa e-taqdîs (p. 98-99), Sheïkh ‘Abd e-Latîf ibn abd e-Rahmân ibn Hasan Âl Sheïkh confirme la position du premier homme de la da’wâ nadjite : « Sheïkh Mohammed – Allah lui fasse miséricorde – fait partie de ceux qui font preuve de plus de délicatesse et de précaution avant de se prononcer sur des questions d’apostasie à tel point qu’il n’est pas formel sur le fait de condamner d’apostat un ignorant qui invoque quelqu’un en dehors d’Allah, parmi les gens des royaumes des morts ou autres, dans la situation où il n’a personne pour lui donner le bon conseil ni pour lui faire parvenir la vérité faisant autorité contre tout contrevenant.

 

Ce dernier fait remarquer dans certaines de ses lettres : Si nous ne déclarons pas la guerre à ceux qui vouent le culte au mausolée d’el Kiwâz, afin de l’inviter à vouer la religion exclusive à Allah, comment pouvons-nous dès lors condamner à l’apostasie celui qui n’émigrerait pas chez nous, bien qu’il soit croyant et unificateur dans l’adoration ? Quand on l’interrogea aussi au sujet de ce genre d’ignorant, il a établi que quiconque à accès à la vérité, s’il a les moyens de la comprendre, il commet un acte d’apostasie en vouant l’adoration aux tombeaux. »

 

Il a déclaré en outre – Allah lui fasse miséricorde – dans mish e-zhalâm (p. 499) : « Quiconque reçoit le message de la prophétie invitant à l’Unicité d’Allah et à la nécessité de se soumettre à Lui (par l’Islam) ; s’il en comprend que les Messagers en sont porteurs, il n’a aucune excuse à ne pas s’y conformer en délaissant le culte d’Allah. C’est avec ce genre d’individu que la condamnation à l’apostasie est formelle ; s’il adore qui que ce soit en dehors d’Allah ou s’il consacre l’adoration à des égaux et à des idoles en parallèle à la Sienne.

 

Notre Sheïkh et le reste des musulmans n’hésitent pas un instant à condamner ce genre d’individu. Il a établi ce principe – Allah lui fasse miséricorde – et l’a démontré en se conformant aux savants de la communauté et en les prenant comme exemple. Il ne s’avançait surtout pas à condamner quiconque avant d’avoir établi les preuves permettant de le faire, et si l’argument était clair à tel point qu’il s’est abstenu de taxer de mécréant – Allah lui fasse miséricorde – l’ignorant parmi les adorateurs des tombeaux s’il n’a personne sous la main pour lui apprendre la vérité. Tel est le sens des propos de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya – Allah lui fasse miséricorde – lorsque ce dernier dit : jusqu’à ce qu’il comprenne les arguments issus de la révélation venue du Messager (r). Il suffit d’expliquer le message de façon à ce qu’il soit accessible à l’entendement de l’interlocuteur, dans la mesure où il l’a bien compris, pour le considérer comme reçu. »  

 

Il dit dans la référence en question (p. 516) : « Notre Sheïkh – Allah lui fasse miséricorde – ne condamne personne d’apostat au premier abord ; il ne se fie pas au simple fait qu’on a commis l’association. Il attend avant de se prononcer d’avoir les éléments en main pour le faire (faire parvenir les textes faisant autorité contre tout fautif). Ce constat est très tangible à divers endroits de son discours. D’ailleurs ses lettres sur le sujet sont notoires. »

 

Dans sharh el mumti’ (6/194) Sheïkh Mohammed ibn Sâlih el ‘Uthaïmîn établit : « Néanmoins, certains ignorants, n’ayant aucune ambiguïté spéciale, sont convaincus de détenir la vérité (que ce soit au niveau de la croyance ou des paroles). Il va sans dire qu’ils ne cherchent nullement à aller à l’encontre de la religion, ni à sombrer dans le péché et la mécréance. Nous ne pouvons les juger apostats quand bien même ils ignoreraient un fondement de la religion. Re(-)connaitre la zakât et son caractère obligatoire est l’un de ces crédos fondamentales, on peut l’ignorer tout en restant musulman.

Ainsi, nous pouvons mieux appréhender la situation de nombreux fidèles à travers diverses contrées islamiques où le recours aux morts (el istighâtha bi el amwât) est monnaie courante. Ils ne savent pas que ces pratiques sont interdites. On leur fait même miroiter qu’elles rapprochent d’Allah, et que certains occupants des tombes sont des walis, etc. Ils adhèrent pourtant à l’Islam et font preuve d’un grand zèle vis-à-vis de ses enseignements. Ils sont convaincus de faire le bien, et personne ne les a prévenus du contraire. Ils sont donc excusables, contrairement à l’entêté qui lui est condamnable ; il sait très bien que les savants disent que c’est du shirk, mais il préfère s’en tenir aux coutumes de ses ancêtres. Celui-ci est directement concerné par le Verset : [Nous avons trouvé nos pères sur une voie, et nous nous contentons de suivre leurs traces].[9] »

 

Si je me suis quelque peu étendu sur les citations de Sheïkh el Islam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb établissant cette question (autrement dit : taxer d’apostat un cas particulier ayant commis de l’association dans le domaine de l’adoration par ignorance, doit avoir lieu après lui avoir expliqué la question et lui avoir prouvé son erreur non avant), c’est pour couper court à certains ignares, qui sont hostiles à sa personne et à son prêche fondé pourtant sur le Coran, la sunna, et l’usage des anciens de cette communauté. Ces derniers prétendent critiquer et discréditer sa prédication, sous prétexte qu’il taxerait tous les musulmans de mécréants sans détail, et qu’il ferait des généralités dans son jugement.

 

Cependant, sa sentence concerne uniquement celui à qui les Textes seraient parvenus et qui aurait compris les arguments qui lui sont étalés. D’autre part, à ma connaissance, une partie infime de chercheurs et étudiants affiliés à la sunna, remettent en question les partisans de cette analyse, bien qu’elle soit conforme à celle de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya, Sheïkh el Islam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, et d’autres savants. En outre, il vaut mieux faire preuve de clémence, par erreur, sur des points ambigus, que de punir par erreur.

 

Sans compter que leur critique à l’encontre de cette opinion établie par nos deux doyens, en faisant preuve d’acharnement pour prouver le contraire, ouvre la porte aux mauvais épieurs à l’affût des traditionalistes, ceux-là mêmes qui ont pour vocation de pêcher en eau trouble. Ils se prennent ainsi à faire l’écho des ennemis de l’Islam et de ses adeptes, qui prétendent que les extrémistes qui sèment la terreur et la destruction, se réfèrent à l’enseignement basé sur les œuvres de Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, et d’autres savants traditionalistes.

 

Ces allégations sont un tissu de mensonges et de calomnies venant de la part aussi bien de leurs auteurs que de leurs échos. Quant à ces perroquets, qui sont pourtant les enfants de ce pays, je leur signale qu’ils ont étudié les mêmes programmes scolaires que leurs compatriotes sans pour autant en avoir été affectés. Ceux-ci renferment plutôt des bienfaits considérables dont profitent ceux qu’Allah a bien voulu guider et les faire parvenir à la réussite. L’extrémisme constaté chez certains dissidents est le fruit de leur mauvaise compréhension ; cela fait d’eux des marginaux insurgés contre la société. Leurs exemples sont plutôt les kharijites connus pour s’être marginalisés et révoltés contre les Compagnons en raison de leur mauvaise conception des choses ; chaque groupe ayant ses héritiers. Qu’Allah nous aide !

 

• Les plus sceptiques diront qu’il faut comprendre cette explication à l’aune de sa nouvelle tendance. En admettant par condescendance que ce soit le cas pour la majeure partie de sa démonstration, il est impossible de faire entrer la citation d’el ‘Uthaïmîn dans cette thèse, ce qui rend invraisemblable la suggestion soulevée.

 

Wa Allah a’lam !

 

Par : Karim Zentici

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[1] Les vents qui éparpillent ; 56

[2] Les abeilles ; 36

[3] Les Prophètes ; 25

[4] Le bétail ; 162-163

[5] Extrait du livre : e-durar e-saniya (1/66).

[6] Extrait de : majmû’ muallafât Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb (3/34).

[7] Extrait de : majmû’ muallafât Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb (3/33).

[8] Extrait de : majmû’ muallafât Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb (3/14).

[9] Les ornements ; 22

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