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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 12:16

 

Ailleurs, el Fawzân développe cette notion d’amour :

 

Les prophètes – que le salut et les prières d’Allah soient sur eux – sont liés par des liens d’amour ; ils se suivent les uns à la suite des autres du premier au dernier et font partie de la même chaine. Chacun annonce la venue du suivant qui suit le même chemin que son prédécesseur. Mohammed est l’homme le plus proche du Patriarche, contrairement aux allégations des Juifs et des chrétiens. Chacun prétend qu’il faisait partie des siens. Allah les réfute en disant : [Ibrahim n’était ni un Juif ni un chrétien, mais il était fidèle et soumis à Allah, et il ne comptait pas parmi les païens • Les gens les plus proches d’Ibrahim sont ceux qui l’ont suivi].[1]

 

Vous les chrétiens, vous ne suivez pas Ibrahim, vous êtes même loin de le suivre, car vous adorez la croix, et les Juifs adorent ‘Uzaïr en prétendant qu’il est le fils de Dieu.  Ils vouaient également le culte au veau d’or, comme Allah nous l’a relaté, et ils prennent leur passions pour des idoles. Ibrahim n’a aucun lien avec la religion juive et chrétienne, mais ceux qui méritent le plus de lui être affiliés : [sont ceux qui l’ont suivi] parmi les juifs et les chrétiens, non ceux qui ont dévié de son chemin ; [ainsi que ce Prophète] : qui n’est autre que Mohammed (r) ; [et les croyants ; Allah est certes l’Allié des croyants] : Allah est l’Élu (wali) des croyants dans le sens où Il les soutient, les aime, et devient leur allié. Cette alliance (wilâya) est particulière. Il existe en effet deux sortes de wilâya ; l’une, qui est générale et qui s’étend à toutes les créatures, et l’autre, qui est particulière aux croyants.

 

Allah (I) révèle : [et les infidèles seront ramenés à leur vrai Maitre].[2] Il est Leur Mawlâ, c’est-à-dire Leur Seigneur et Leur Roi qui les dirige à Sa guise. Cette wilâya générale (le pouvoir de royauté de gestion de leurs affaires, et de pourvoir à leurs besoin) touche toutes les créatures. Quant à la wilâya particulière, elle touche uniquement les croyants qui sont les traces d’Ibrahim (r). Le Prophète Mohammed (r) et sa communauté après lui, sont les premiers à mériter cet honneur. Les Juifs et les chrétiens n’en ont aucun droit, contrairement à leur revendication mensongère. Ils sont plus des païens qu’autre chose, et leur religion est falsifiée et corrompue.

 

Ainsi, nul ne peut prétendre être le wali de Mohammed ou d’Ibrahim sans n’adhérer à leur religion. Rien ne sert de revendiquer aimer Mohammed si on va à l’encontre de sa religion dans les actes. Comment prétendre l’aimer tout en faisant des innovations ? C’est une allégation mensongère. Un amour véritable veut qu’on le suive et qu’on renonce aux innovations auxquelles Allah n’a conférée aucune autorité. Seuls les adeptes de Mohammed éprouvent un amour véritable : [Ceux qui croient en lui, qui le soutiennent, le défendent, et qui suivent la lumière qui fut descendue avec lui ; ceux-là seront les heureux].[3] Les revendications n’ont aucune valeur, ce qui compte ce sont les preuves.

 

Le wali (élu) provient du terme walâya qui signifie aimer ; wilâya avec un « i » désigne le pouvoir et la royauté. Le Messager (r) se désolidarise ici de tous ceux qui n’adhère pas au monothéisme, peu importe qu’ils soient de sa famille ou non. Ces derniers ne comptent pas parmi ses élus et ne mérite pas de recevoir son amour. Il ne les aimera pas tant qu’ils n’embrasseront pas la vraie religion, et aucune exception n’est faite aux membres de sa famille. Seuls les gens pieux méritent cet honneur. Salmân le perse, Bilâl l’abyssin, et Suhaïb le romain étaient ses élus, bien qu’ils étaient des captifs. Ils comptaient parmi les gens les plus proches du Prophète (r). Il vouait pour eux un amour immense, car ils étaient croyants.

 

En revanche, son oncle Abû Lahab ne jouissait pas d’une telle affection. Il était un ennemi à part entière. Le rang et la lignée ne sont pas des paramètres pour gagner l’amour du Prophète (r), mais il faut être musulman. Certes, un musulman de sa lignée a un double mérite, mais la lignée en elle-même ne procure aucun privilège. C’est pourquoi, dans un hadîth,[4] le Prophète (r) se désolidarise de la famille d’un tel en affirmant qu’ils ne font pas partie de ses élus, car seuls les gens pieux ont droit à ce privilège, sans tenir compte de leurs origines. Il se désolidarise de tous les païens, même ceux de son clan. Un autre hadîth nous apprend : « Quand on n’est pas prompt dans les œuvres, on ne met pas sa lignée en avant. »[5]

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

[1] La famille d’Imrân ; 67-68

[2] Yûnas ; 30

[3] El a’râf ; 157

[4] Il s’agit du hadîth : « La famille d’Abû un tel ne fait pas partie de mes élus. Seuls les pieux sont mes élus. » [Rapporté par el Bukhârî (5990) et Muslim (215), selon ‘Amr ibn el ‘Âs (t) ; selon l’une des versions que l’on retrouve dans les deux recueils : « Allah est mon Seul élu, ainsi que les croyants vertueux. »].

[5] Rapporté par Muslim (2699), selon Abû Huraïra (t).

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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 12:06

L’alliance avec des non musulmans

(Partie 1)

Ibn Taïmiya : « … Comme le veut l’adage, Allah soutient une nation juste, même mécréante, et il abandonne une nation injuste, même musulmane. C’est pourquoi, justice et mécréance sont compatibles pour l’essor des sociétés, alors qu’injustice et islam sont incompatibles… La justice est la balance de toute chose, et assure l’épanouissement matériel ; on peut aussi bien obtenir celui-ci et perdre le bonheur éternel, comme on peut en être privé et gagner le bonheur éternel. »[1]

 

Les annulations de l’islam

 

Voir pour ce paragraphe : shahâda an lâ ilâh illâ Allah de Sheïkh Sâlih Sindî.

 

Selon les préceptes de la Législation islamique, on devient musulman en se ralliant à l’attestation de foi, et en renonçant à tout ce qui la remet en question. À l’unanimité des savants, les annulations de l’Islam vouent à l’apostasie,[2] – qu’Allah nous préserve – l’individu qui perd le bénéfice de ses bonnes actions. Allah (I) révèle : [Celui qui renie la foi après l’avoir embrassé, à moins d’y être contraint, mais tout en gardant une foi sereine à l’intérieur du cœur].[3] Seule la contrainte joue en sa faveur.

 

Sheïkh ‘Abd Allah Abâ Btîn – qu’Allah ait son âme – établit : « L’apostat est le musulman qui renie sa religion par l’un des éléments suivants : la parole, les actes, la croyance, ou par scepticisme. Il se caractérisait par l’adhésion à l’attestation de foi, la prière, le jeûne, etc. avant de commettre l’un des annulatifs que les légistes ont recensés. Le cas échéant, ses bonnes actions n’intercèdent nullement en sa faveur. Il a beau prononcer l’attestation de foi, prier, et jeûner, il n’en demeure pas moins un vulgaire apostat, comme le stipulent clairement le Coran, la sunna, et le consensus. »[4]

 

Ces éléments qui font sortir de la religion sont connus dans les milieux savants sous le nom de nawâqidh (annulatifs). On peut les définir d’après le critère suivant : tout élément qu’une preuve légale fait relever de l’association ou de la mécréance majeure. Il se matérialise par une parole, un acte, une croyance, ou un doute.[5]  Cet ensemble renferme un grand nombre d’exemples,[6] que les savants ont répertorié dans leurs ouvrages. Les plus connus s’élèvent à dix, et furent inventoriés par l’Imâm Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb. Nous les reproduisons ici :

  1. Associer à Allah (I) dans l’adoration (ex. l’immolation) ;
  2. Utiliser entre Allah et les créatures des intermédiaires en leur vouant des invocations, des demandes, et en reposant ses espoirs en eux ;
  3. Ne pas considérer les païens comme des non-musulmans, ou ne serait-ce que de douter sur leur mécréance, ou pire, d’accréditer leur tendance ;
  4. Croire qu’une voie quelconque ou qu’une loi peut être meilleure que celle du Prophète (r) ;
  5. Détester le moindre enseignement que le Messager (r) nous a transmis ;
  6. Se moquer d’une chose de la religion du Messager, de la récompense ou du châtiment d’Allah ;
  7. La sorcellerie ;
  8. Soutenir (muzhâhara) et aider (mu’âwana) les païens contre les musulmans ;
  9. Croire qu’il est permis à certains individus de s’affranchir de la Loi de Mohammed (r) ;
  10. Se détourner de la religion d’Allah (I) sans l’étudier ni la mettre en pratique.

 

Huitièmement : soutenir (muzhâhara) et aider (mu’âwana) les païens contre les musulmans.

 

Dans nawâqidh el Islam, l’imâm Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb donne la preuve textuelle de cet annulatif : [celui qui le fait parmi vous fera partie des leurs ; Allah ne guide certainement pas les injustes].[7]

 

La huitième forme d’apostasie, commente Sheïkh el Fawzân, consiste à soutenir les païens contre les musulmans, dans le sens de les aider. Muzhâhara est synonyme de mu’âwana. Il s’agit d’aider les mécréants à combattre et à porter préjudice à ses propres frères. Dans ce registre, il y a le fait d’aimer les kuffârs ; ce sentiment correspond au fameux tawallî (faire alliance ndt.) du Verset : [celui qui le fait parmi vous fera partie des leurs].[8] Les prendre en alliés consiste à leur offrir son soutien et à leur venir en renfort, ou bien tout simplement à leur exprimer de l’affection. C’est un acte de mécréance, car cela revient à aimer la mécréance et les non-musulmans. Cette attitude trahit que l’on a aucun préjugé contre la mécréance, ce qui, en soi, est un acte de mécréance.

 

Dans el usûl e-thalâtha, le fondateur éponyme de la da’wâ nadjite apporte d’autres précisions : « Il n’est pas permis d’avoir de l’affection pour les adversaires d’Allah et de Son Messager, fussent-ils des membres de la famille les plus proches » :

 

Nous sommes toujours avec les explications de Sheïkh el Fawzân :

 

Il s’agit de la notion d’alliance (muwâlâ) en Islam qui est liée au tawhîd. Autrement dit, l’unicité réclame de faire alliance avec les alliés d’Allah et de se désolidariser de Ses ennemis. Muwâlâ et walâ sont synonymes. Le walâ fait particulièrement allusion aux sentiments émanant du cœur, mais aussi à l’appui et au soutien concret que l’on apporte à ceux avec lesquels on est uni par ce lien. On parle aussi de walâ dans les questions d’héritage et de prix de sang que l’entourage du meurtrier verse à la famille de la victime.

C’est ce qui nous amène à la muhâddâ [qui est antonyme à la muwâlâ]. Elle consiste à se mettre dans le camp adversaire à Allah, Son Messager et aux croyants, soit du côté des mécréants.  

 

Pour conforter son idée, l’imam s’appuie sur ce texte coranique : [Tu ne peux trouver de fidèles qui, à la fois, croient en Allah et au Jour dernier, et éprouvent de l’affection pour les adversaires d’Allah et de Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs enfants, leurs frères ou leur famille ; à ceux-là, Allah leur a imprimé la foi dans le cœur, et Il les a soutenus avec un esprit venant de Lui. Il les fera entrer dans des paradis sous lesquels coulent les rivières et où ils demeurent à jamais. Il les agrée et eux l’agréent ; ceux-là sont le parti d’Allah ; le parti d’Allah n’est-il pas le plus heureux ?].[9]

 

El Fawzân : [Tu ne peux trouver] : le Verset s’adresse au Prophète (r). Autrement dit, il n’est pas possible et il ne sera jamais possible de trouver à la fois quelqu’un croire en Allah et à Son Messager, et avoir des sentiments pour les mécréants. Ces deux sentiments sont incompatibles. On ne peut se revendiquer musulman en aimant les ennemis de l’Islam.

 

Le Verset dont s’inspire l’auteur démontre également que l’amour des mécréants s’oppose à la foi en Allah et au jour du jugement dernier. Il s’oppose soit à son essence même soit à la foi parfaite. Si, en plus de les aimer, on soutien leur tendance et leur mécréance, on sort de l’Islam. En revanche, s’il s’agit d’un simple sentiment d’affection, mais sans les soutenir, on affecte la foi parfaite. C’est un acte pervers qui affaiblit la foi.

 

[1] Majmû’ el fatâwâ  (28/146).

[2] E-durar e-saniya (10/137-138).

[3] Les abeilles ; 106

[4] Majmû’ e-rasâil wa el masâil e-najdiya (1/659).

[5] Idem.

[6] Certains savants font monter le nombre d’annulatifs à quatre cents ; voir e-durar e-saniya (2/360).

[7] Le repas céleste ; 51

[8] Le repas céleste ; 51

[9] La discussion ; 22

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 12:10

 

En règle générale, le takfîr relève de la compétence des savants

 

‘Alî ibn Abî Talib nous dit  : « La terre ne sera jamais dépourvue d’individus qui établissent la preuve céleste, pour ne donner aucune excuse aux hommes. »[1] Selon un hadîth : « Il y aura toujours une partie de ma communauté maintenue sur la vérité… »[2] Le Prophète (r) prédit également : « Allah ne reprend pas le savoir en l’enlevant de la poitrine des hommes, mais en faisant mourir les savants. Et lorsqu’il n’y aura plus de savants, les hommes se tourneront vers les chefs de file des ignorants qui émettront des opinions sans aucune science ; égarés, ils égareront les autres. »[3]

 

« Les savants sont comme les étoiles dans le ciel qui permettent de guider les hommes sur terre et sur mer dans les ténèbres de la nuit. Quand les étoiles disparaissent, ceux qui cherchent leur chemin vont droit à l’égarement.»[4]

 

Dans l’une de ses fameuses lettres, l’Imam ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan déclare en s’adressant à l’un de ses contemporains en manque de zèle et qui se réclame de la pensée wahhabite pure et dure : « On m’a appris que vous aviez ce genre d’idées, et que vous vous êtes aventuré dans des domaines tels que :

  • Les notions d’alliance (muwâlât/mu’âdât),
  • Les traités et les courriers « internationaux »,
  • Les financements et les cadeaux, et bien d’autres domaines comme :
  • Les tendances des païens égarés,
  • La non-application des Lois d’Allah (el hukm bi ghaïr mâ anzala Allah) par les Bédouins, etc.

 

Des domaines que seuls les savants érudits sont à même de traiter. Ces derniers sont en effet dotés d’une telle sagesse, et d’une telle perspicacité, qu’ils pénètrent parfaitement les intentions du Législateur.

 

Pour parler de ces choses, il incombe d’avoir un bagage dans les matières que nous avons citées précédemment. Il incombe de bien maitriser les règles générales et globales qui les concernent. Il n’est pas permis de s’y initier lorsqu’on est ignorant et qu’on ne tient pas compte des détails de ses règles. Un discours vague qui ne descend pas dans le détail, et qui ne sait pas comment situer ni pénétrer les intentions du législateur en détail, conduit automatiquement à l’erreur et à la confusion. C’est le meilleur moyen pour corrompre la religion des hommes et pour disperser les esprits. On se met ainsi une barrière entre soi et la compréhension du Coran et de la sunna. »[5]

Abâ Btîn, qui représente un symbole aux yeux de certaines tendances contemporaines, recommande de :

  • Ne pas s’initier dans les questions du takfîr sans avoir les outils en main pour le faire ;
  • Ne pas sortir ou de faire entrer quelqu’un dans l’Islam selon ses propres appréciations, car c’est un domaine où seuls les textes font autorités ;
  • D’éviter, et ce point est d’une extrême importance, de se prononcer sur des questions où la divergence règne entre les savants. c’est un domaine où il faut être prudent, sauf s’il existe un texte explicite sur la question.

 

Malheureusement, selon Abâ Btîn, Satan est parvenu à faire glisser bon nombre de gens dans ce domaine, qui est des plus délicats. Entre faire du takfîr à outrance et interdire le takfîr à outrance, il a l’embarras du choix. Le plus étonnant, pour reprendre les termes d’Abâ Btîn, c’est que si on interrogeait les uns et les autres sur une simple question qui touche aux ablutions, ils seraient incapables d’y répondre, et, paniqués, ils s’appuieraient aussitôt sur les savants. En revanche, quand il s’agit des questions aussi graves que le takfîr, ils font étrangement preuve d’assurance et d’autonomie.[6]

 

Ibn Sahmân, quant à lui, approuve les paroles de Sheïkh Abâ Btîn.[7] En outre, en réponse à une lettre, il constate notamment que la plupart des religieux qui s’initient dans ce domaine, sont des gens lambdas n’ayant pas le moindre semblant de science ni la moindre expérience pouvant les épargner du péril. Souvent, ils n’ont jamais feuilleté les analyses des grandes références sur la question qui n’omettent pas de rappeler dans leur discours que seuls les grands érudits sont à même de s’y engager.[8]

 

Ibn Sahmân est également l’auteur des paroles : « Je pense wa Allah a’lam, que seule la personne compétente est à même de faire l’iqâma el hujja, et que celui qui n’en est pas capable, comme l’ignorant, qui ne connait pas les règles de sa religion et qui ne connait pas les paroles des savants dites sur le sujet, ne peut l’établir. »[9]

 

Pour Mohammed ibn ‘Abd e-Latîf, à vouloir se passer des savants sous prétexte d’avoir majmû’ e-tawhîd sous la main, c’est foncer droit sur un mur. Sinon, le Prophète (r) n’aurait jamais dit que le savoir se dissipera avec la mort des savants, et qu’ensuite, les hommes auront pour références les plus grands égarés…[10]

 

Les savants tendent à réduire le takfîr, non à l’interdire

 

En règle générale, les savants tendent à réduire le takfîr, non à l’interdire,[11] comme le souligne Sâlih Âl e-Sheïkh. Le but est d’éviter les débordements, mais au même moment, il y a des cas, dont l’appréciation est élastique et donc aléatoire et subjective, où la chose est tellement évidente qu’il n’y a pas besoin d’une personne compétente sous la main pour constater un fait qui est aussi clair que l’eau de roche.

C’est ce que nous comprenons notamment d’une fatwa de Sheïkh Sâlih el Fawzân qui fait la distinction entre constater qu’un acte fait sortir de la religion et l’appliquer à un cas particulier.

 

Question :

 

Est-ce que le takfîr d’un individu coupable de grande association ou de blasphème est propre aux savants ?

 

En réponse :

 

Non ! Si on vient à entendre une telle parole, il incombe de réprouver son auteur en l’informant de son caractère condamnable, et intolérable. En revanche, il revient aux savants de le juger.

 

En outre, ce même Sheïkh ferme la porte à l’anarchie quand il formule dans une autre fatwa que le takfîr relève de l’autorité des tribunaux. Il est cependant beaucoup moins intransigeant avec le tabdî’ dont les effets sont largement moins graves que ceux du takfîr.[12]

 

Wa Allah a’lam !

                           

Par : Karim Zentici

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[1] Rapporté par Abû Na’îm dans el huliya (1/80).

[2] Rapporté par Muslim (n° 1920).

[3] Rapporté par el Bukhârî (n° 100) et Muslim (n° 2673), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn el ‘Âs.

[4] Hadîth rapporté par Ahmed (n° 12600), selon Anas (t).

[5] Voir : usûl wa dhawâbit fî e-takfîr de l’érudit ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan, qui fut édité avec les annotations de Sheïkh D. ‘Abd e-Salâm ibn Barjas – qu’Allah lui fasse miséricorde –.

[6] Ibn Sahmân cite ce passage dans manhâj el haqq wa el ittibâ’ (p. 77), mais il se trouve également dans e-durar e-saniya (10/374-375).

[7] Voir : manhâj el haqq wa el ittibâ’ (p. 80).

[8] Voir : e-durar e-saniya (10/374-375).

[9] Manhâj el haqq wa el ittibâ’ d’ibn Sahmân (p. 68).

[10] Voir : E-durar e-saniya (7/294-298) pour la 2ème édition et (9/127-135) pour la 5ème édition.

[12] فضيلة الشيخ وفقكم الله ؛ يقول السائل : ذكرتم حفظكم الله البارحة أنه يشترط في تكفير الشخص أن يحكم القاضي بذلك ؟ الشيخ : " أي نعم ؛ المعين يعني ، المعين لا يحكم عليه إلا بحكم القاضي أنه مرتد ، تطبق عليه أحكام الردة ، أما كل يكفر الثاني ويكفر الآخر ، لا ؛ هذه فوضى في التكفير ". يقول حفظ

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 12:07

Le takfîr à la hâte

(Partie 2)

Certains élèves des grandes références de la première époque appréhendaient mal les questions du takfîr ; ces derniers confondaient entre le takfîr el mutlaq (absolu) et le takfîr el mu’ayin (particulier), et attribuait cette tendance à l’imâm Ahmed.[1] Cette conception biaisée fut adoptée dans les rangs hanbalites,[2] à travers les siècles avec son lot d’anathèmes à l’emporte-pièce contre leurs coreligionnaires coupables d’hérésie, et son lot de troubles qu’ils engendrèrent. Les autres écoles canoniques ne furent pas épargnées par ce rigorisme. Sous l’influence du mu’tazilisme, voire du kharijisme, nombreux sont les légistes modernes qui distinguent entre les éléments fondamentales et subsidiaires de la religion avant de se prononcer sur un cas particulier ; ceux-ci n’accorde aucune circonstance atténuante à tout fautif éventuel dont l’erreur relève du premier domaine, en faisant preuve d’une plus grande tolérance pour le second. Ibn Taïmiya corrige cette approximation historique qui impute à tort cette tendance aux anciens, comme nous l’avons vu à maintes reprises.[3]

 

Cette conception biaisée fut tellement ancrée dans les milieux hanbalites que des modernes, à l’image de certains érudits de la da’wâ nadjite, vacillent entre deux réactions vis-à-vis de la position d’ibn Taïmiya : les uns lui imputent de les rejoindre dans leur approche, et les autres, à l’instar d’Abâ Btîn, lui donne tort, ou, tout au moins, font preuve d’approximation dans l’avis qu’ils lui attribuent. D’ailleurs, ils commettent ce même genre d’approximation avec son élève, ibn el Qaïyim, un peu à la manière d’ibn Bâz – qu’Allah ait son âme – qui utilise le fameux passage de tarîq el hijrataïn où il parle des païens de la période d’intervalle entre deux prophéties, pour l’étendre aux musulmans coupables de shirk, et qu’il assimile aux païens d’origine. Il ne fait certes qu’une analogie, mais, aussi honorable soit-il, nous ne lui concédons nullement de comparer l’incomparable, comme l’établit Sheïkh Sa’dî ![4]

 

Ibn Taïmiya distingue entre les païens d’origine et les musulmans coupables de shirk dans des propos dont voici la teneur : « … Ce genre de pratiques est beaucoup répandu chez les païens purs et durs et chez les adeptes de cette communauté coupable d’association. »[5]

 

Ailleurs, il signe : « C’est la raison pour laquelle, tout fautif auteur d’une mauvaise interprétation (ta-wîl) ou d’un acte pervers (fisq), bien que, contrairement au premier, il jouisse d’une croyance saine, soit, d’un côté, louable, et blâmable, d’un autre côté, mais dans les deux cas, il se distingue des mécréants (païens et gens du Livre). »[6]

 

El islâm jâa li e-tafrîq baïna el mukhtalifaïn wa e-taqrîb baïna el mutamâthilaïn !

 

Quand à nous, simples observateurs, nous devons mettre en lumière les points de convergence et de divergences (el qadr el muftaraq wa el aqadr el mushtarak) qui se trouvent entre les différentes questions de la religion. Il ne s’agit pas d’uniquement empiler des connaissances sous leur forme la plus brute, mais faire preuve de dirâya (esprit d’analyse), wa Allah el musta’ân !

 

L’imam Ahmed disait : « Il incombe à toute personne qui s’initie à parler de figh d’éviter ces deux principes : les notions vagues et l’analogie. » Il soulignait également : « La plupart des erreurs des gens proviennent de la mauvaise interprétation et de l’analogie. »[7]

 

Le takfîr illégitime

 

L’Imam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb utilise plusieurs hadîth qui condamnent le takfîr illégitime.[8] Selon Abû Dharr notamment, le Prophète (r) prévient : « Quand l’accusation de pervers ou de mécréant est infondée, elle se retourne contre son auteur. »[9] Toujours selon Abû Dharr, un autre hadîth nous apprend : « L’accusation à tort de mécréant ou d’ennemi d’Allah se retourne contre son auteur. »[10]   Sheïkh Sulaïmân ibn ‘Abd Allah Âl e-Sheïkh met vivement en garde de traiter son frère musulman d’hypocrite pour un intérêt matériel ou par esprit de clan, etc.[11]

 

D’autres hadîth dénoncent de telles accusations infondées. Nous avons notamment :

  • « Taxer un croyant de mécréant revient à le tuer. »[12]
  • « L’accusation de mécréant contre son frère s’applique obligatoirement sur l’un des deux individus en présence. »[13]
  • « L’accusation de mécréant à l’encontre de son frère s’applique obligatoirement sur l’un des deux individus en présence ; si elle s’avère exacte, c’est tant mieux, sinon, elle se retourne contre son auteur. »[14]
  • « Si l’accusation de pervers ou de mécréant est infondée, elle se retourne contre son auteur. »[15]

 

L’Ami d’Allah (r) a donc mis sa communauté en garde de prendre le takfîr des musulmans à la légère, et de les condamner ainsi sans scrupule, à travers des paroles qui nous interpellent profondément.[16] Le takfîr téméraire des musulmans est extrêmement dangereux, et engendre des répercussions terribles.[17] L’une des plus grandes manifestations de l’excès, est de sortir impunément les musulmans de la religion en se basant sur de simples suspicions ou sur l’interprétation aléatoire des textes.[18]

Ibn ‘Abd el Barr – qu’Allah ait son âme – souligne : « Les textes du Coran et de la sunna démontrent formellement qu’il est interdit de taxer impunément un musulman de pervers ou de mécréant. »

 

 

[1]Mujmû’ el fatâwâ (12/487-488).

[3] Voir : minhâj e-sunna (5/240).

[5] Voir : minhâj e-sunna (2/396).

[6] Voir : jâmi’ e-rasâil (1/244-245).

[7] El qawâ’id e-nurâniya de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (2/437).

[8] Voir : kitâb el kabâir inclus dans majmû’ mu-allafât e-Sheïkh (6/293).

[9] Rapporté par el Bukhârî (6045).

[10] Rapporté par Muslim (112).

[11] E-durar e-saniya (8/165-166).

[12] Rapporté par el Bukhârî (n° 6652).

[13] Rapporté par Muslim (n° 111).

[14] Rapporté par el Bukhârî et Muslim.

[15] Rapporté par el Bukhârî.

[16] Sheïkh Husaïn Âl e-Sheïkh au cours d’un sermon du vendredi.

[17] Sheïkh D. ‘Abd e-Rahmân e-Sudaïs au cours d’un sermon du vendredi.

[18] Sheïkh Husaïn Âl e-Sheïkh au cours d’un sermon du vendredi.

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 14:11

 

D’après el Baïhaqî, j’ai entendu dire Abû Hâzim el ‘Abdawî, j’ai entendu dire Zâhir ibn Ahmed e-Sarkhasî : peu avant de rendre l’âme, Abû el Hasan el Ash’arî que j’avais hébergé sous mon toit, m’a appelé à son chevet pour me témoigner : «  Je témoigne que je ne kaffar aucun adepte de la qibla, car, bien qu’ils ont des mots différents pour le décrire, tous adhèrent au même Dieu. »

 

L’historiographe Dhahabî a cautionné ses propos qu’il a enregistrés dans son encyclopédie avant de conclure : « Je partage la même conviction. À la fin de sa vie, ibn Taïmiya, notre maitre disait : « Je ne kaffar aucun membre de la communauté, conformément aux propos prophétiques : « Seul le croyant préserve les ablutions. » Ainsi, en étant assidu à la prière qu’on fait précéder des ablutions, on est un musulman. » »[1]

 

Ibn Taïmiya insiste sur le caractère sacré du musulman : « En principe, nous dit-il, le sang des musulmans ainsi que leurs biens et leur honneur sont mutuellement sacrés (interdit, défendu). Il est interdit de les profaner sans la permission d’Allah et de Son Messager. Le Prophète (r) déclara au cours du Pèlerinage de l’Adieu : « Votre sang, vos biens, et votre honneur vous sont sacrés comme le sont ce jour-ci, cette terre où vous êtes aujourd’hui, et ce mois-ci. »[2] Il a dit également : «  Tout ce qui touche au musulman est sacré pour son frère : son sang, ses biens, et son honneur. »[3] ; « Quiconque accomplit notre prière, s’oriente vers notre direction, et mange notre viande, est musulman. Il est sous la protection d’Allah et de Son Messager. »

 

Dans ce registre, nous avons le hadîth : « Si deux musulmans se rencontrent  l’épée à la main, le tueur et la victime sont passibles de l’Enfer.

  • Cher Messager d’Allah, lui at-on demandé, pour le tueur c’est compréhensible, mais quel mal a fait la victime ?
  • Il cherchait à tuer son adversaire, at-il expliqué.»[4]

Un autre hadîth nous apprend : « Ne devenez pas mécréants après moi en brandissant vos épées les uns contre les autres. »[5] Mais encore : « L’accusation de mécréant à l’encontre de son frère s’applique inévitablement sur l’un des deux individus en présence. »[6] Tous ces propos prophétiques se trouvent dans les deux recueils authentiques. »[7]

 

Toutes ces précautions de la part d’ibn Taïmiya ne signifient nullement qu’il n’applique jamais le takfîr sur un cas particulier. Lui-même taxe d’apostats certaines adeptes du soufisme panthéiste et jahmiste comme el Hallâj, ibn Sab’în, ibn ‘Arabî, el Qunâwî, e-Tlemceni.[8] Il n’épargne pas non plus les philosophes musulmans, à l’instar d’el Fârâbî,[9] ibn Sîna, etc.[10]

 

Le Sheïkh Taqî e-Dîn distingue entre les adeptes affiliés à l’Islam qui sont des croyants non apostats et les zindîq, hypocrites.[11]

 

Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh entérine le principe cité plus haut à travers ses dires : « En principe, toute personne affiliée à l’Islam est musulmane jusqu’à preuve du contraire, et la mécréance est un état nouveau qui vient interférer l’état initial, l’Islam, et qui le remet en question, sous certaines conditions et considération. Ou bien, est-ce le contraire ? Soit qu’un acte d’apostasie évidente annule d’entrée le statut de musulman à un accusé potentiel jusqu’à ce que la preuve céleste vienne définitivement tranchée sur son cas.

Bien sûr, la première hypothèse est la bonne, soit qu’il reste musulman jusqu’à ce que la preuve céleste démontre de façon claire et limpide qu’il est un apostat. Nous devons avoir autant de certitude qu’il est sorti de l’Islam que nous en avons eu lorsqu’il y est entré : « Tu l’as tué après qu’il ait dit : lâ ilâh illâ Allah ! » nous apprend le hadîth.[12] L’attestation de foi nous donnait la certitude de son affiliation à l’Islam, et pour l’en faire sortir, l’accusation doit faire le même poids. »[13]

 

Le takfîr anarchique est caractéristique aux kharijites

 

Ibn Taïmiya : « Tout au long de ma vie, jusqu’à cette heure, je n’ai jamais convié personne à suivre dans les bases de la religion (usûl) ni le madhhab hanbalî ni aucun autre madhhab. » Majmû’ el fatâwa (3/229).

Alors certes, il faut distinguer entre les grands péchés et la grande mécréance, ce que ne faisaient pas les kharijites, mais nous devons, pour nous éloigner définitivement de ces hérétiques, mettre une frontière nette entre le statut absolu d’un acte et son application sur un cas particulier.

 

Selon ibn Taïmiya, il est plus grave d’appliquer les textes de la menace divine (comme la malédiction) à grande échelle que de kaffar les auteurs des grands péchés à la manière des kharijites et des mu’tazilites ;[14] en sachant que le takfîr entre dans le domaine de la menace divine.[15]

 

Il est donc fallacieux, pour échapper à la vindicte des traditionalistes, de se cacher derrière l’idée que les kharijites se distinguent pour faire sortir les musulmans désobéissants de la religion.[16] C’est ce que chercha éperdument à établir Salmân el ‘Awda dans son fameux échange avec ibn Bâz sur la question du hukm bi ghaïr mâ anzala Allah ; en voici un extrait : « Ainsi, explique l’ancien Muftî, on s’épargne et on s’éloigne de la pensée Kharijite. Sinon, on sombre dans les mêmes travers que les Kharijites, et les mêmes confusions qui a régnées dans leur esprit, à vouloir ainsi généraliser. 

  • Vous avez évoqué la question d’exclure le désobéissant de la religion et de l’auteur d’un grand péché, lança Salmân en vue de rebondir ; il n’y a pas de divergence sur ce point.
  • Quoi qu’il en soit, lui fustigea-t-il, telle est la méthode et l’erreur des Kharijites ; ils ont tendance à tout généraliser au dépend du sens particulier que revêt un sujet précis. En résultat, ils taxent tout le monde d’apostats, alors que le Prophète (r) a dit à leur sujet : « Ils sortent de l’Islam pour ne plus jamais y revenir. » »[17]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Voir : siar a’lâm e-nubalâ (15/88).

[2] Rapporté par el Bukharî (1741) et Muslim (1679), selon Abû Bakra, qu’Allah l’agrée.

[3] Rapporté par Muslim (2564), selon Abû Huraïra, qu’Allah l’agrée.

[4] Rapporté par el Bukharî (31) et Muslim (2888), selon Abû Bakra.

[5] Rapporté par el Bukharî (121) et Muslim (65), selon Jarîr ibn ‘Abd Allah, qu’Allah l’agrée.

[6] Majmû’ el Fatâwa (3/283).

[7] Rapporté par el Bukharî (6104) et Muslim (60), selon ibn ‘Omar, qu’Allah l’agrée.

[8] Voir : majmû’ el fatawa (2/175), et majmu’ e-rasâil wa el masâil (4/82, 85).

[9] Voir : dar-u e-ta’ârudh (1/10) et Majmû’ el fatâwâ (2/67, 86).

[12] Usâma apprit cette règle à ses dépens, le jour où il tint un combattant ennemi à sa merci. Face à la mort, ce dernier s’empressa de faire la shahâda, mais cela n’entama en rien à la détermination d’ibn Zaïd qui le transperça de son épée. Quand le Messager d’Allah (r) eut écho de la nouvelle, il le réprimanda violemment en s’écriant : « As-tu tué un homme qui dit lâ ilâh illâ ?

  • Il l’a dit uniquement pour sauver sa vie, se défendit-il !
  • As-tu ouvert sa poitrine pour savoir si c’était vraiment son attention ? » [Rapporté par el Bukhârî (n° 4269), et Muslim (n° 96), selon Usâma ibn Zaïd (t).]

Selon une autre version, le Prophète (r) renchérit : « Que feras-tu quand lâ ilâh illâ se présentera le Jour de la résurrection ? » [Rapporté par Muslim (n° 97).]

[14] Voir : majmû’ el fatâwa (20/263-264).

[15] Idem. (3/231).

[16] La définition classique d'un kharijite est approximative, comme le démontre cet article : http://mizab.over-blog.com/2016/07/la-definition-classique-d-un-kharijite-est-approximative.html

[17] Voir : Madârik e-nazhar fî e-siyâsa de Sheïkh ‘Abd el Mâlik Ramadhânî.

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 13:57

Le takfîr à la hâte

(Partie 1)

Personne n’aime autant qu’Allah offrir des excuses à ses créatures à qui il envoya le Livre sacré, et des messagers avertisseurs du châtiment et annonciateurs de la bonne nouvelle…[1]

 

Mieux vaut relâcher un coupable que condamner un innocent !

 

Plusieurs anciens prônent de trouver jusqu’à soixante-dix excuse à son frère ayant commis une erreur. ‘Omar ibn el Khattâb encourageait à se faire une bonne opinion du musulman, et cela, dans la mesure du possible. ‘Omar ibn ‘Abd el ‘Azîz disait : « L’homme le plus raisonnable est le plus enclin à accorder des excuses aux autres. »[2] Ibn Taïmiya insiste souvent sur la règle : les traditionalistes sont les plus savants des hommes et les plus cléments des hommes. En cela, il n’a rien inventé, comme à son accoutumé, car un Verset va exactement dans ce sens : [Seigneur, Tu embrasses toute chose de Ta Miséricorde et de Ta science].[3] 

 

Sheïkh Sâlih el ‘Uthaïmîn souligne qu’il n’y a pas de place pour les sentiments dans les questions qui touchent à la religion. Le Seigneur (I) nous dit bien : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! »[4] Comment peut-on être coupable d’un péché quand on n’a même pas conscience que s’en est un ![5]

 

À ses yeux, avant de condamner toute personne de kâfir, il incombe de prendre en considération deux paramètres :

  1. L’énoncé explicite des Textes que telle parole ou tel acte relève du kufr.
  2. Que le statut en question (takfîr) soit applicable à une personne en particulier de sorte que les conditions pour le faire soient remplies et que toute restriction y faisant obstacle soit exclue.[6]

 

Les dangers du takfîr

 

Le takfîr est une disposition légale qui émane exclusivement d’Allah et de Son Messager (r)[7] ; seuls les textes du Coran et de la sunna juge que l’auteur de tel acte est un mécréant. Ce droit n’appartient qu’à Allah seul et à personne d’autre.[8] Nous ne faisons le takfîr que pour des péchés qui font l’objet d’un consensus des musulmans ou d’une preuve infaillible.[9]

 

Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya établit à sujet : « Cet usage était en vigueur chez les savants traditionalistes qui ne vouaient pas leurs opposants à la mécréance, quand bien même, ces mêmes opposants ne se gênaient pas pour les sortir de l’Islam. Le takfîr est, en effet, une disposition légale. »[10]

 

Ibn el Qaïyim – qu’Allah lui fasse miséricorde – est l’auteur des vers suivants :

 

Le kufr est le droit d’Allah, et de Son Prophète

Il est fixé – non l’avis d’un tel – par la loi

Quand le Seigneur et Mohammed le décrète

C’est que tel acte fait sortir de la foi

 

C’est en sortant de la religion les musulmans à cause des péchés qu’on en arrive à autoriser moralement leur sang et leurs biens ; les tenants de cette tendance décrète mécréants les pays musulmans, et ils confinent les limites de la terre musulmane à l’endroit où ils vivent.[11]

 

E-Tahâwî affirme : « Nous ne sortons de la religion aucun adepte de la qibla à cause des péchés, à condition de ne pas les autoriser moralement. »[12]

 

Ibn ‘Abd el ‘Izz souligne : « Le domaine du takfîr ou du non takfîr, a suscité d’énormes divisions et malheurs. »[13]

 

El Ghazâlî – qu’Allah ait son âme – met en garde : « Il incombe de prendre le plus de précautions possibles dans le domaine du takfîr, car autoriser moralement le sang et les biens des fidèles affiliés à l’Islam, qui adhèrent ouvertement à l’attestation de foi est une grossière erreur, en sachant qu’il vaut mieux laisser en vie mille mécréants par erreur, que de verser le sang d’un seul musulman par erreur.. »[14]

 

Ailleurs, il renchérit, comme le rapporte ibn Taïmiya : « Le takfîr est une disposition légale qui débouche sur la mise à mort, la réquisition des biens, et l’enfer éternel. Au même titre que n’importe quel statut dans la religion, celle-ci oscille entre la certitude à la forte probabilité, quand elle ne suscite pas l’hésitation. Dans ce dernier cas, il est plus sain de s’abstenir, en sachant que le takfîr à la hâte est souvent le lot d’individus empreints d’ignorance. »[15]

Ibn Taïmiya explique qu’un émir à plus intérêt à pardonner par erreur que de punir par erreur.[16] Il ne convient pas de punir qui que ce soit ni d’affirmer que telle chose est vraie ou fausse en se basant sur de simples conjectures.[17]

 

Ainsi, comme l’établit ibn Taïmiya, Lorsque la foi est avérée chez un individu avec certitude, on ne peut la lui retirer sur une simple suspicion. La seule chose qui permet de le faire, c’est d’établir toutes les preuves contre lui et de dissiper de son esprit toute ambigüité (iqâmat el hujja wa izâlat e-shubha).[18] À ses yeux, je cite : « Le takfîr ne peut s’avérer pour des choses où plusieurs hypothèses sont possibles. »[19]

 

 

[1] Hadîth rapporté par el Bukhârî (n° 7416) et Muslim (n° 2760).

[2] Voir : mudârât e-nâs d’ibn Abî e-Duniya (p. 49).

[3] L’Absoluteur ; 7

[4] Rapporté par el Bukhârî (n° 3194), et Muslim (n° 2571).

[5] Voir : Liqâ-ât el bâb el maftûh de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (33/question nº 12).

[6] Voir : El qawâ’id el muthlâ fî Sifât Allah wa Asmâihî de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (p. 88) et minhâj e-ta-sîs (p. 186).  

[7] Sheïkh Husaïn Âl e-Sheïkh au cours d’un sermon du vendredi.

[8] Sheïkh D. Sâlih ibn Humaïd au cours d’un sermon du vendredi.

[9] Sheïkh D. ‘Abd e-Rahmân e-Sudaïs au cours d’un sermon du vendredi.

[10] E-radd ‘alâ el Bakrî (2/492). Ibn Taïmiya, en effet, dit ouvertement qu’il n’a pas kaffar el Bakrî qui, lui, ne s’est pas gêné pour le faire. Voir : e-radd ‘alâ el Bakrî (2/494).

[11] Majmû’ el fatâwâ d’ibn Taïmiya (19/73).

[12] El ‘aqîda e-tahâwîya (p. 19).

[13] Sharh el ‘aqîda e-tahâwîya (p. 316).

[14] El iqtisâd fî el i’tiqâd (p. 269) ; fath el Bârî (12/300).

[15] Ibn Taïmiya reprend à son compte cette dernière phrase dans e-sab’îniya p. 345. Pour la citation entière, voir : el jâmi’ li sîrat ibn Taïmiya de ‘Azîr e-Shams et ‘Alî el ‘Imrân (p. 544).

[16] Extrait du hadîth : « Dans le doute, renoncez aux peines ! Il vaut mieux pardonner par erreur que de punir par erreur. » La première partie est devenue une règle de fiqh, bien que les termes ne remontent pas au Prophète, mais ils viendraient plus probablement des Compagnons. En outre, sa chaine narrative est controversée ; voir : irwâ el ghalîl (n° 2355), et dha’îf el jâmi’ e-saghîr (n° 259) tous deux de Sheïkh el Albânî.

[17] Majmû’ el fatâwâ (10/378-386).

[18] Majmû’ el fatâwâ (12/393).

[19] Voir : e-sârim el maslûl (3/963).

 

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 20:15

 

 

Dix facteurs épargnent le pécheur croyant du châtiment :

 

  1. Le repentir sincère efface le péché comme s’il n’avait jamais été commis ;
  2. La demande de pardon (istighfâr) ;
  3. Les bonnes actions effacent également les mauvaises actions : [Les bonnes actions chassent les mauvaises][1] ;
  4. Les invocations et l’intercession des croyants en faveur du pécheur, avant et après sa mort ;
  5. Les bonnes œuvres qu’ils lui dédient afin de les mettre à son actif ;
  6. L’intercession prophétique ;
  7. Les épreuves qu’il subit sur les choses qui lui sont chères (sa personne, ses biens, sa famille, etc.) ;
  8. Les épreuves de la tombe dans l’entre-monde (barzakh) où il sera interrogé par les anges, juste après que la terre va compresser ses côtes ;
  9. Les affres du Jour de la résurrection ;
  10. La Miséricorde du plus grand des Miséricordieux.

 

Celui qui ne bénéficie d’aucun de ces facteurs ne doit s’en prendre qu’à lui-même. Cette analyse fut emprunté à Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya qui s’inspire notamment du hadîth divin, selon lequel le Très-Haut déclare : « Ce ne sont que vos œuvres que Je recense, et en fonction desquels Je vais vous rétribuer ensuite ; celui qui y trouve un bien qu’il loue Allah, mais s’il y trouve autre chose, alors qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même. »[2]

 

L’immense Miséricorde d’Allah

 

Allah (I) révèle : [Allah s’est imposé à Lui-même d’être Miséricordieux][3] ; [Dis : ô Mes serviteurs qui avez été négligeant envers vous-mêmes, ne désespérez pas de la Miséricorde d’Allah].[4] Un autre Verset fait dire à Ibrahim, l’Ami d’Allah (r) : [Il dit : mais qui, en dehors des égarés peut désespérer de la Miséricorde de Son Seigneur][5] ; Ya’qûb également, est l’auteur des paroles : [et ne désespérez pas de l’Esprit d’Allah, car seuls les infidèles désespèrent de Son Esprit][6] ; [tandis que Ma Miséricorde s’étend sur toute chose. Je vais la décréter à mes pieux Serviteurs, ceux qui versent la zakât (l’aumône légale ndt.) et qui donnent foi à nos Versets Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré][7] ;  [et s’ils te traitent de menteur, alors dis-leur : Votre Seigneur détient une Miséricorde immense ; mais rien ne saurait repousser Sa rigueur qui s’abat contre le peuple criminel].[8]

 

D’après el Bukharî et Muslim, selon Abû Huraïra (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « Allah divisa la Miséricorde en cent parties ; Il en retint quatre vingt dix-neuf auprès de Lui, et Il en descendit une seule sur terre. C’est avec celle-ci que les créatures se font miséricorde entre elles. C’est ce qui pousse la bête à lever son sabot pour éviter son petit. »[9]

 

Muslim rapporte une version de Salmân disant notamment : « Chaque Miséricorde est aussi vaste que l’espace entre le ciel et la terre. » Il précise également : « Le Jour de la résurrection, celle-ci complètera leur nombre. »[10]

 

Selon Abû Huraïra (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « Lorsqu’Allah fit la création, Il écrivit dans un livre qui se trouve auprès de Lui au-dessus du Trône : « Ma Miséricorde devance Ma Colère. » »[11]

 

« Soyez miséricordieux envers ceux qui sont sur terre et vous aurez droit à la Miséricorde de Celui qui est au ciel. »[12]

 

« Mon Seigneur Tout-Puissant m’a fait la promesse de faire entrer au Paradis soixante-dix milles membres de ma communauté sans qu’ils ne reçoivent ni compte ni châtiment. Pour milles d’entre eux, il y en aura soixante-dix milles de plus, et auxquels seront ajouté trois poignés des Mains de Mon Seigneur Tout-Puissant remplis de fidèles. »[13]

 

« Soyez miséricordieux envers ceux qui sont sur terre et vous aurez droit à la Miséricorde de Celui qui est au ciel. »[14]

 

Chez Muslim, Jundub (t) ramène un hadîth qu’il fait remonter au Prophète (r), et disant : « Un homme s’écria : « Je jure qu’Allah ne pardonnera jamais à un tel ! » C’est alors qu’Allah déclare : « Qui ose jurer en Mon Nom que je ne pardonnerais jamais à un tel ! Lui, Je le pardonne, mais toi, j’annule toutes tes bonnes œuvres ! » »[15]

 

Toujours chez Muslim, Abû Huraïra (t) ramène un hadîth qu’il fait remonter au Prophète (r), et disant : « Si le croyant connaissait le châtiment qui se trouve auprès d’Allah, il perdrait tout espoir d’entrer au Paradis ; et si le mécréant connaissait la Miséricorde qui se trouve auprès d’Allah, il ne désespérerait jamais d’y entrer. »[16]

 

D’après el Bukharî et Muslim, selon ibn ‘Omar (t) : « Alors que les captifs de Hawâzin étaient amenés au Messager d’Allah (r), une femme, captive, sortit des rangs en courant, car elle avait reconnu son fils qui se trouvait dans le groupe. Elle le serra sur Son ventre et lui donna son sein. C’est alors que le Prophète (r) s’écria : « Pensez-vous que cette femme soit capable de jeter son enfant au feu ?

  • Non, avions-nous répondu !
  • Hé bien, sachez qu’Allah est plus miséricordieux envers Ses créatures que cette femme envers son enfant. »[17]

 

« Ô Allah, je me plains à Toi de mon extrême faiblesse, du peu de moyens dont je possède, et du mépris des autres, alors que Toi, Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux, et Tu es le Seigneur des faibles et démunis. »[18]

 

Wa alumma jarra

 

Wa in ‘udtum, ‘udnâ !

 

 

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

 

 

 

[1] Hûd ; 114

[2] Rapporté par Muslim (2577), selon Abû Dharr.

[3] Le bétail ; 12

[4] Les groupes ; 53

[5] Le hijr ; 56

[6] Yûsaf ; 87

[7] El A’râf ; 156-157

[8] Le bétail ; 147

[9] Rapporté par el Bukhârî (6000), et Muslim (2752).

[10] Rapporté par Muslim (2753).

[11] Rapporté par el Bukhârî (3194), et Muslim (2571).

[12] Rapporté par Abû Dâwûd (4941), et e-Tirmidhî (1924), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr – qu’Allah les agrée son père et lui –.

[13] Rapporté par Tirmidhî (2437), et ibn Mâjah (4286) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans sahîh el jâmi’ (7111).

[14] Rapporté par Abû Dâwûd (4941), et e-Tirmidhî (1924), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr – qu’Allah les agrée son père et lui –.

[15] Rapporté par Muslim (2621).

[16] Rapporté par Muslim (2755).

[17] Rapporté par el Bukhârî (n° 5999), et Muslim (n° 2754).

[18] Rapporté par Tabarânî dans e-du’â (1/315), et jugé faible par el Albânî dans dha’îf el jâmi’ (1182).

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 20:11

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VII

(Partie 4)

 

Passons au billet suivant :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/tag/al-luhaydan/

 

Ibn el Qaïyim :

 

Le savoir, c’est Allah ou Son Prophète a dit

Puis, les Compagnons, l’indéniable autorité

Non, par insolence, en mettant sur le même rang,

L’opinion d’untel et les dires du Messager !

 

E-rijâl yustadallu lahum wa lâ yustadallu bihim !

 

On ne tranche pas dans un sujet où règne la divergence avec l’une des parties en présence, mais, seuls les textes font autorité. Sheïkh Sâlih el ‘Uthaïmîn souligne qu’il n’y a pas de place pour les sentiments dans les questions qui touchent à la religion. Or, le Seigneur (U) nous dit bien : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! » Comment peut-on être coupable d’un péché quand on n’a même pas conscience que s’en est un ![1]

 

Personne n’aime autant qu’Allah offrir des excuses à ses créatures à qui il envoya le Livre sacré, et des messagers avertisseurs du châtiment et annonciateurs de la bonne nouvelle[2] : [Allah n’impose rien à une personne qui ne soit au dessus de ses forces ; elle a ses bonnes actions en sa faveur, et ses mauvaises actions en sa défaveur ; Seigneur, ne nous tiens pas rigueur de nos erreurs et de nos oublis ! Seigneur, épargne-nous du fardeau que Tu as fait porté à nos prédécesseurs, et ne nous fait pas porter ce qui est au dessus de nos forces ! Accorde-nous Ton indulgence, Ton pardon, et Ta Miséricorde ! Toi, Notre Maitre, fais-nous triompher du peuple impie !][3] Après la révélation de ce dernier Verset Allah promis : « Je consens ! »[4]

 

Plusieurs anciens prônent de trouver jusqu’à soixante-dix excuse à son frère ayant commis une erreur. ‘Omar ibn el Khattâb encourageait à se faire une bonne opinion du musulman, et cela, dans la mesure du possible. ‘Omar ibn ‘Abd el ‘Azîz disait : « L’homme le plus raisonnable est le plus enclin à accorder des excuses aux autres. »[5] Ibn Taïmiya insiste souvent sur la règle : les traditionalistes sont les plus savants des hommes et les plus cléments des hommes. En cela, il n’a rien inventé, comme à son accoutumé, mais il s’inspire du Verset : [Seigneur, Tu embrasses toute chose de Ta Miséricorde et de Ta science].[6]

 

Allah (I) révèle : [Ma Miséricorde s’étend sur toute chose].[7]

Le Très-Haut nous informe que Sa Miséricorde s’étend sur toute chose, Miséricorde qu’Il s’est imposé à Lui-même lors notamment de Sa déclaration : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! Ma Miséricorde domine Ma Colère ! »[8]

 

[Louange à Celui à qui appartient tout ce qu’il y a dans les cieux et sur la terre ; Il reçoit également les louanges dans l’au-delà, Lui le Sage et le parfait Connaisseur • Il sait tout ce qui entre et tout ce qui sort de la terre, comme Il connait tout ce qui monte et tout ce qui descend du ciel, Il est certes le Très-Miséricordieux et le grand Absoluteur].[9]

 

Allah (Y) révèle : [Ne vous tuez pas ; Allah était certes Tout-Miséricordieux envers vous • Celui qui tue par animosité et injustice, Nous le jetterons bientôt en Enfer, et, c’est pour Allah chose aisée][10] ; [Votre Dieu est Un, il n’y a d’autre dieu en dehors de Lui, le Très-Miséricordieux, le Tout-Miséricordieux][11] ; [Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux • Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers • le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux • Le Roi du Jour des Comptes][12] ; [Une part revient également à leurs successeurs s’écriant : Seigneur ! Pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères nous ayant précédés dans la foi, et ne mets dans nos cœurs aucune haine à l’encontre des croyants ! Seigneur, tu es certes Compatissant et Tout-Miséricordieux][13] ; [Si ceux qui donnent foi à Nos Versets viennent à toi, dis-leur : salut à vous ! Votre Seigneur s’est prescrit à Lui-même d’être Miséricordieux].[14]

 

Selon un hadîth : « Le jour de la résurrection, Allah (I) dira : Sortez de l’Enfer quiconque décèle dans son cœur la foi la plus infime (mot-à-mot : ne serait-ce que l’équivalent d’un grain de moutarde ndt.). »[15]

 

D’après el Bukhârî et Muslim, selon Abû Sa’îd qui fait remonter ses paroles au Prophète (r) : « (…) Faites-en sortir [en parlant de l’Enfer] ceux que vous connaissiez. Ils les reconnaitront, car le feu n’aura pas le droit de détériorer entièrement leur silhouette, et ils en feront sortir un grand nombre qui auront été brûlé jusqu’aux mollets ou jusqu’aux genoux.

  • Ils diront : « Seigneur, il ne reste aucun de ceux que nous a désigné !
  • Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un dinar ! »

Ils en sauveront un grand nombre et retourneront vers le Tout-Puissant pour lui dire : « Seigneur, nous n’avons oublié aucun de ceux que nous a désigné !

  • Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un demi-dinar ! »

Ils en sauveront un grand nombre (…)

« Revenez sur vos pas, et sauvez tous ceux qui décèlent dans leur cœur le bien le plus infime, ne serait-ce que le poids d’un grain de moutarde ! »

Ils en sauveront un grand nombre. »

 

Abû Sa’îd el Khudrî conclut : « Si vous doutez des propos que je vous raconte, alors nous n’avez qu’à lire le Verset : [Allah ne fait subir à personne la moindre lésion ; la bonne action, Il la décuple et Il gratifie de Sa part une récompense immense].[16]

 

Allah proclamera alors : « Les anges ont intercédé, les prophètes ont intercédé, et les croyants ont intercédés ; il ne reste maintenant plus que Moi, le plus Miséricordieux des miséricordieux ! Il plongera alors une poignée dans l’Enfer, et Il en sortira des gens tout calcinés qui n’ont accompli le moindre bien sur terre. Il les déposera dans le « fleuve de la vie » qui sillonne les artères du Paradis. Ils pousseront aussi vite qu’une graine (déposée par l’écume) après le passage d’un torrent. Ils brilleront comme des perles et se feront reconnaitre par les habitants du Paradis à leur collier étincelant.

 

Ils seront les affranchis du Paradis qu’Allah sauvera sans qu’ils n’aient accomplie la moindre bonne action ni le moindre bien sur terre !

Ensuite, il leur sera convié : « Bienvenue au Paradis où tout ce que vous avez sous les yeux est à vous. » Comblés au-delà de leurs attentes, ils demanderont malgré tout : « Seigneur, comble-nous d’une chose que Tu n’as offerte à personne avant nous !

  • J’ai encore mieux pour vous !
  • Seigneur, que peut-il y avoir de mieux ?
  • Je vous accorde désormais Mon Agrément qui vous épargnera Mon Courroux à tout jamais ! »[17] 

 

Sheïkh Taqî e-Dîn ibn Taïmiya nous apprend : « Ainsi, tout individu qui donne foi à Dieu est croyant proportionnellement en fonction de l’intensité de son adhésion. En outre, si la preuve céleste n’est pas établie contre lui, il ne devient pas mécréant en reniant ces enseignements que les textes font pourtant mention. Pour expliquer ce point, nous disons que la plupart des fidèles (qui font la prière) croient d’une foi ferme en Dieu et à Son Messager, bien qu’ils aient une conception différente de Leur divinité et de Ses Attributs. Nous ne parlons pas des hypocrites qui affichent la foi du bout de la langue, mais qui renient le Messager du fond du cœur ; ceux-là ne sont pas des croyants proprement dits.

Néanmoins, tout individu qui se revendique musulman, sans n’être un hypocrite au fond de lui, est un croyant. Sa foi sera en fonction des efforts qu’il aura fournis dans ce sens. Tôt ou tard, il sortira de l’Enfer, quand bien même il renfermerait la foi la plus infime (mot-à-mot : une foi pas plus lourde qu’un grain de moutarde ndt.). Nous pouvons compter dans cette catégorie, tous les hérétiques qui divergent dans les domaines des Attributs divins et du destin, toute tendance confondue.

 

Si, pour entrer en Paradis, il fallait connaitre Allah aussi bien que Son Prophète (r), personne ou presque dans sa communauté n’y aurait droit. La plupart des musulmans en effet ne sont pas capables d’avoir une telle croyance détaillée. Pourtant, ils iront au Paradis, en sachant qu’ils auront des échelons différents en fonction de leur foi et de leur connaissance. Un homme peut renfermer une foi avec laquelle il connait Son Seigneur, mais l’un de ses semblables peut le dépasser dans ce domaine, alors que lui, il en est incapable. Il ne lui est pas imposé une chose qui est au-dessus de ses capacités… »[18]

 

Il n’y a pas que le repentir qui annule les péchés ; alors, certes, le Très-Haut ne pardonne pas l’association, mais uniquement dans la mesure où les conditions la rendant effective soient réunies, notamment après que la preuve céleste soit établie contre tout fautif éventuel. En outre, renier les Noms et Attributs divins relève également du shirk, et pourtant, les savants, à travers les époques, accordent l’excuse de l’ignorance dans ce domaine, comme nous l’avons expliqué. Si cela est clair :

 

 

[1] Idem.

[2] Hadîth rapporté par el Bukhârî (n° 7416) et Muslim (n° 2760).

[3] La vache ; 286

[4] Le hadîth sur le sujet est rapporté par e-Tabarî dans son tafsîr (3/154), selon ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée son père et lui –.

[5] Voir : mudârât e-nâs d’ibn Abî e-Duniya (p. 49).

[6] L’Absoluteur ; 7

[7] El a’râf ; 156

[8] Rapporté par el Bukhârî (3194), et Muslim (2751).

[9] Saba ; 1-2

[10] Les femmes ; 29-30

[11] La vache ; 163

[12] L’ouverture ; 1-4

[13] Le rassemblement ; 10

[14] Le bétail ; 54

[15] Rapporté par el Bukhârî (6560), et Muslim (184), selon Abû Sa’îd el Khudrî (t).

[16] Les femmes ; 40

[17] Rapporté par el Bukhârî (7439), et Muslim (183).

[18] Majmû’ el fatâwa (3/328).

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 15:59

 

 

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VII

(Partie 3)

 

Il y a une dizaine d’années, j’ai traduit un passage de e-takfîr wa dhawâbituhu de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî qui traite de ce point et que voici :

 

Les conditions à remplir et les restrictions à exclure avant de taxer d’apostat un cas particulier :

  1. Ce cas particulier doit être pubère et sain d’esprit.
  2. Il doit avoir commis la mécréance en toute liberté (ce qui exclut la contrainte) et en pleine conscience ; ce qui exclut une joie ou une colère extrême faisant perdre l’esprit comme l’histoire de l’homme qui, ayant retrouvé sa monture dans le désert, s’écria de joie : « Ô Allah ! Tu es mon serviteur et je suis Ton Seigneur. »[1]
  3. Il faut que les preuves soient établies contre lui, de sorte que s’il ne s’y soumet pas il devient inexcusable, comme nous l’avons vu précédemment.[2]
  4. Sa parole ou son acte ne doit pas être motivé par une mauvaise interprétation.

 

Or, les savants ont des avis différents sur la forme que doit prendre l’iqâmat el hujja (établir les preuves contre un cas particulier).

Pour les uns : à l’exemple d’ibn el ‘Arabî,[3] ibn Qudâma,[4] et ibn Taïmiya, il est nécessaire pour que la preuve soit effective que la personne contre qui elle est appliquée la comprenne.

Pour les autres : ce n’est pas une condition. À leurs yeux, la présence de la preuve suffit en elle-même indépendamment du fait que les gens l’aient comprise ou non. Cette tendance est attribuée à certains petits-fils de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, comme Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan Âl e-Sheïkh, qui prétend reprendre l’opinion de certains savants de la « da’wa najdite » (aimmat e-da’wa).[5] Les partisans de cette tendance l’affilent également au fondateur de cette prédication, qui soit dit en passant ne fait que véhiculer les enseignements des anciens.[6]

Selon ces derniers, peu importe que ceux qui entendent le Coran en aient compris le sens ou non. Les païens, selon certains passages du Livre sacré des musulmans, ne comprennent pas le message qui leur est adressé ; il ne l’entendent pas et ne l’écoute pas. Allah révèle par exemple : [Penses-tu que la plupart entendent ou comprennent ; ils sont plutôt comme du bétail ou encore plus égarés].[7]

 

L’opinion la plus vraisemblable du reste, est la première, car il n’est pas possible d’établir la preuve d’Allah contre quelqu’un qui ne l’a pas comprise. Nous disons qu’il ne la comprend pas dans le sens où il est incapable de la comprendre soit par manque d’intelligence, soit pour être étranger à la langue à laquelle on s’adresse à lui, soit pour s’être imprégné à l’esprit certains arguments ambigus, bien qu’au même moment, il recherche la vérité. Il ne s’agit pas de se détourner des textes par entêtement ou de ne pas rechercher la vérité par négligence. Dans ces deux cas effectivement, aucune excuse n’est valable.

 

Quant au Verset : [penses-tu que la plupart entendent ou comprennent ; ils sont plutôt comme du bétail ou encore plus égarés].[8] Il ne signifie pas, qu’ayant perdu l’ouïe et la raison, ils sont incapables de comprendre le discours qu’ils reçoivent. Il veut cependant dire que ces deux sens leur sont inutiles, puisqu’ils les utilisent à mauvais escient.[9] La preuve, c’est qu’un autre passage du Coran nous apprend qu’effectivement, ils ne leur servent à rien : [Nous avons jeté bon nombre d’hommes et de djinns en Enfer ; ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas, des yeux avec lesquels ils ne voient pas, des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas. Ceux-là sont comme du bétail ou pire encore, ceux-là sont les insouciants].[10]

 

Ainsi, ils ne mettent pas leur sens au service de la vérité. En cela, ils sont comparables à ceux qui en sont dépourvus.[11] C’est pourquoi, Allah qualifie les hypocrites de : [sourds, muets, et aveugles, ils ne peuvent revenir].[12] Un autre Verset explique en quoi, ils sont sourds, aveugles, et muets, en disant : [Nous leur avons donné l’ouïe, la vue, et un cœur, mais leur ouïe, leur vue, et leur cœur ne leur ont servit à rien, puisqu’ils reniaient les Versets d’Allah].[13] Souvent, Allah rend la pareille aux mécréants, à travers notamment les Versets : [Nous avons enveloppé leur cœur d’un voile pour leur empêcher de comprendre et Nous leur avons bouché les oreilles].[14] Ils disaient auparavant : [N’écoutez pas ce Coran (cette lecture) et faites diversion, ainsi aurez-vous le dessus sur lui].[15] C’est alors que : [Allah scella leur cœur et leurs oreilles et Il mit un voile sur leurs yeux][16] ; [Lorsque tu lis le Coran, nous mettons un voile entre ceux qui ne croient pas à l’au-delà et toi][17] ; [Vois-tu celui qui prend ses passions pour divinité et qu’Allah a égaré en toute connaissance][18] [Ceux-là, Allah les a maudits et les a rendus sourds et aveugles][19] ; [Ils ne pouvaient voir ni entendre].[20]

 

Si Allah empêche les mécréants d’avoir accès au message, à quoi bon alors leur demander des comptes le jour du Jugement dernier ? En fait, ils cultivent les fruits de leurs actes : [Allah a plutôt mis un sceau dans leur cœur à cause de leur mécréance][21][Leur cœur est malade, mais Allah l’a rendu encore plus malade][22] ; [et pour avoir dit : « nos cœurs sont enveloppés. » Allah les a plutôt scellés à cause de leur mécréance ; ainsi, ils ne croient que très peu][23] ; [Nous retournons leur cœur et leur regard comme ils n’y avaient pas cru la première fois, et nous les laissons sombrer dans leur rébellion][24] ; [Lorsqu’ils s’égarèrent, Allah égara leur cœur ; certes, Allah ne guide point les pervers].[25]

 

Ainsi, le Tout-Puissant les a bien pourvus des sens leur permettant d’avoir accès à la vérité, mais après l’avoir refusé, Allah les a châtiés en leur empêchant de comprendre et en les égarant d’avantage.[26] Nous retrouvons ces trois étapes dans un seul et même contexte : [Un Livre dont les Versets sont détaillés, une lecture arabe pour des gens qui savent • annonciateur et avertisseur, mais comme la plupart d’entre eux s’en sont détournés, ils n’entendent point].[27] Au départ, le Coran s’adresse à des hommes qui en comprennent le sens, mais comme ils s’en sont détournés, Allah les a châtiés en leur empêchant désormais d’entendre la vérité.

 

• La question qui se pose d’elle-même ici, c’est pourquoi les paroles de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb laissent entendre que l’ignorance n’intercède pas en faveur de celui contre qui la preuve d’Allah est appliquée ? Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan comprend des paroles de son arrière-grand-père que le Coran constitue en lui-même une preuve contre celui qui l’a entre les mains, indépendamment du fait qu’il comprenne son message ou non.[28]  Ce dernier s’inspire de trois passages du Sheïkh avant de conclure : « Voici trois passages qui démontrent que la preuve est établie par le Coran contre tous ceux qui le reçoivent et l’entendent, bien qu’ils ne le comprennent pas. »[29]

 

L’un des arguments probablement les plus éloquents de cette tendance provient des paroles mêmes du Sheikh qu’il écrivit dans l’une de ses lettres : « À nos frères, salâm ‘alaïkom wa rahmat Allah wa barakâtuhu ! Les paroles que vous avez citées du Sheïkh (ibn Taïmiya ndt.) disant que quiconque renie telle et telle chose après que la preuve soit établie contre lui… Et vous, vous hésitez sur ses taghût et leurs adeptes en vous demandant si la preuve est établie contre eux. C’est vraiment étonnant ! Comment pouvez-vous douter d’une chose pareille ? Je vous l’ai pourtant expliqué à maintes reprises. Celui contre qui la preuve s’applique, c’est celui qui vient de se convertir, qui habite loin des villes, ou qui se trompe sur des points subtils comme el sarf et le ‘atf (liés à la sorcellerie ndt.). Dans ces cas, ils ne sont pas mécréants avant d’avoir reçu le savoir. Quant aux fondements de la religion (el usûl) qu’Allah a expliqués de façon formelle dans Son Livre, leur preuve c’est le Coran. Quiconque reçoit le Coran reçoit la hujja (preuve).

Le problème, c’est que vous ne faites pas la différence entre établir la hujja et comprendre la hujja. La majorité des mécréants et des hypocrites parmi les musulmans ne comprennent pas la preuve d’Allah, qui, pourtant, est établie contre eux, comme le révèle le Verset : [Penses-tu que la plupart entendent ou comprennent ; ils sont plutôt comme du bétail ou encore plus égarés].[30] Établir et recevoir la hujja est une chose, en sachant qu’elle est établie contre eux, et la comprendre en est une autre. Ainsi, ils sont mécréants pour l’avoir reçue bien qu’il ne la comprenne pas. »

 

Ce texte du Sheïkh – qu’Allah lui fasse miséricorde – est l’un des arguments les plus éloquents utilisés par ceux qui défendent l’idée que ce dernier ne tient pas pour condition de comprendre la hujja afin qu’elle soit établie sur un cas particulier. Or, ce dernier est l’auteur d’autres paroles qui expliquent de façon formelle qu’il impose comme condition sine qua non de comprendre la hujja. La lettre qui s’adresse au Sharîf nous enseigne : « Si l’on sait que nous ne taxons pas d’apostat ceux qui adorent la stèle érigée au-dessus de la tombe d‘Abd el Qâdir, d’Ahmed el Badawî, etc., en raison de leur ignorance, et car ils n’ont personne pour leur éclaircir, comment pouvons-nous dès lors le faire pour celui qui n’associe rien à Allah sous prétexte qu’il n’a pas émigré chez nous, dans la mesure où il n’a pas apostasié ni combattu la vérité ? Gloire à Allah ! Quelle énorme calomnie ! »[31] 

 

  « en raison de leur ignorance, et car ils n’ont personne pour leur éclaircir » ou selon certains manuscrits : « car ils n’ont personne pour leur faire comprendre » Ce passage formule explicitement qu’à ses yeux, il faut comprendre la hujja pour qu’elle soit effective. Il va sans dire que les personnes auxquelles il fait allusion vivent en terres musulmanes au sein desquelles le Coran et la sunna sont répandus, sauf qu’elles ont besoin que la hujja leur soit expliquée de la part des savants traditionalistes.

 

Il est possible toutefois de concorder entre ses paroles en disant qu’il distingue entre une compréhension approximative du discours qui permet de pénétrer les « intentions » du Législateur dans l’ensemble et une compréhension approfondie qui relève de la compétence des savants. La première forme de compréhension est suffisante afin que la hujja, qui ne s’applique qu’à travers ce moyen, soit effective. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ses paroles. Autrement dit, cette compréhension est nécessaire pour établir la hujja et taxer d’apostat (kaffar) un cas particulier. La deuxième forme de compréhension n’est pas nécessaire pour établir la hujja. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ses paroles qui, en apparence, semblent se contredire.

 

Certaines paroles du Sheïkh qu’il a prononcées dans le même contexte où il ne tient pas compte de la compréhension des textes pour établir la hujja contre un cas particulier, consolident notre idée. Il souligne en effet : « Si un cas particulier est taxé d’apostat après avoir établi la hujja contre lui, de toute évidence, cela ne signifie pas qu’il doit comprendre la Parole d’Allah et de Son Messager comme Abû Bakr e-Saddîk (t). Néanmoins, s’il la reçoit, il devient mécréant dans la mesure où aucune excuse n’intercède en sa faveur. »[32]

 

Ainsi, le Sheïkh ne demande pas de cerner toutes les subtilités du discours du Législateur à la manière d’Abû Bakr (t), mais il tient compte d’une compréhension minimum et suffisante pour saisir Sa Volonté. Ainsi, Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb rejoint les grands spécialistes traditionalistes qui imposent comme condition, avant de constater la mécréance chez un cas particulier, que ce dernier comprenne la preuve qui est adressée contre lui. Il est donc erroné d’attribuer au Sheïkh qu’il ne tient pas compte d’une compréhension minimum des textes.

 

Cette analyse n’a pas échappé à Mohammed Rashîd Ridâ, qui souligne en annotation à majmû’ e-rasâil e-najdiya : « Cette restriction de la part du Sheïkh qui impose ici une compréhension minimum dissipe la confusion qui s’impose à l’esprit en lisant d’autres passages de ses œuvres. En s’en tenant à ces derniers passages, certains savants du Najd soutiennent que la présence du Coran est suffisante pour établir la hujja contre les hommes, quand bien même ils ne comprendraient pas son message. Cette conception illogique s’oppose au Verset disant : [Celui qui s’écarte du Messager, après avoir distingué la bonne voie].[33]  Elle ne va pas non plus dans le sens des thèses soutenues par les grands spécialistes et disant qu’il est nécessaire de faire comprendre le prêche prophétique (da’wa) avec ses arguments, avant d’établir la hujja »[34]

 

Par : Karim Zentici

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[1] Cette histoire est rapportée dans Muslim (2747).

[2] Voir également : el Mahalla (12/135) et el fisal tous les deux d’ibn Hazm (4/105), Majmû’ el Fatâwâ (12/523-524), tarîq el hijrataïn (p. 413) d’ibn el Qaïyim qui explique que deux comportements sont inexcusables en regard de la loi : el i’râdh (qui consiste à ne pas chercher la vérité par négligence ou autre) et el ‘inâd (qui consiste à s’entêter devant la vérité), et el muwâfaqât d’e-Shâtibî (3/377).

[3] Voir : tafsîr el qâsimî (5/1307-1308), 

[4] el mughnî (12/277).

[5] Voir : risâla hukm takfîr el mu’ayin wa el farq baïna iqâmat el hujja wa fahm el hujja (p. 9).

[6] Idem. (p. 13).

[7] El Furqân ; 44

[8] El Furqân ; 44

[9] Voir : fath el qadîr de Shawkânî.

[10] El A’râf ; 179

[11] Voir : tafsîr e-Tabarî.

[12] La vache ; 18

[13] El Ahqâf ; 26

[14] La caverne ; 57 Voir : Adhwâ el baïyân de Shanqîtî.

[15] Les versets détaillés ; 26

[16] La vache ; 7

[17] Le voyage nocturne ; 45

[18] L’agenouillée ; 23

[19] Mohammed ; 23

[20] Hûd ; 20

[21] Les femmes ; 155

[22] La vache ; 10

[23] Les femmes ; 155

[24] Le bétail ; 110

[25] Les rangs ; 5

[26] Voir : Adhwâ el baïyân (4/157-158).

[27] Les versets détaillés ; 3-4

[28] Voir : la risâla dont il est l’auteur : hukm takfîr el mu’ayin wa el farq baïna iqâmat el hujja wa fahm el hujja (p. 13).

[29] Idem. (p. 13).

[30] El Furqân ; 44

[31] Fatâwa wa masâil e-Sheïkh (p. 11) et e-Durar e-Sunniya (1/66).

[32] Muallafât e-Sheïkh (p. 220).

[33] Les femmes ; 115

[34] majmû’ e-rasâil e-najdiya (5/638).

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 09:00

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VII

(Partie 2)

 

La différence entre avoir reçu la preuve céleste et l’avoir comprise[1]

 

Pour mieux comprendre le sujet du takfîr, il incombe de distinguer entre avoir reçu la hujja et l’avoir comprise. Il ne s’agit pas de la comprendre aussi précisément que les croyants ni de s’y soumettre pleinement. La présence du message prophétique suffit en elle-même, à condition d’avoir les outils pour l’assimiler (être majeure, sain d’esprit, connaitre la langue en question ou bien passer par un traducteur). Les six piliers du dogme n’offrent aucune circonstance atténuante à celui qui n’y donne pas foi. Les adeptes des autres confessions ne sont pas considérés musulmans, bien que beaucoup d’entre eux soient ignorants. La plupart des Juifs et des chrétiens aujourd’hui sont des suiveurs. Pourtant, ils ne sont pas excusables. Il est inadmissible d’en douter, au risque de se vouer soi-même à la mécréance.

 

Par ailleurs, les textes scripturaires de l’Islam n’acceptent aucun scepticisme, qui est une forme d’ignorance, dans les questions touchant aux fondements de la foi. Ne serait-ce que de douter de la pertinence de la Résurrection est une annulation de l’Islam à l’unanimité des savants. Il n’est pas pertinent pour prendre la défense de cette catégorie d’individus de mettre en avant qu’ils ne comprennent pas le message céleste. Le Coran lui-même ne leur accorde pas cette excuse.[2]

 

Or, ce constat ne va nullement à l’encontre du principe imposant un savoir minimum pour l’iqâma el hujja. La preuve, c’est que aimmat e-da’wa établissent que le rôle d’établir la preuve céleste contre les hommes revient aux savants et aux prédicateurs. Sinon, ils n’auraient aucune utilité. La présence du Coran dans les maisons ne suffit pas en soi.[3] ‘Alî ibn Abî Talib dit bien : « La terre ne sera jamais dépourvue d’individus qui établissent la preuve céleste, pour ne donner aucune excuse aux hommes. »[4] Selon un hadîth : « Il y aura toujours une partie de ma communauté maintenue sur la vérité… »[5] Le Prophète (r) prédit également : « Allah ne reprend pas le savoir en l’enlevant de la poitrine des hommes, mais Il le reprend en faisant mourir les savants. Et lorsqu’il n’y aura plus de savants, les hommes se tourneront vers les chefs de file des ignorants qui émettront des opinions sans aucune science ; égarés, ils égareront les autres. »[6]

 

« Les savants sont comme les étoiles dans le ciel qui permettent de guider les hommes sur terre et sur mer dans les ténèbres de la nuit. Quand les étoiles disparaissent, ceux qui cherchent leur chemin vont droit à l’égarement.»[7]

 

Ibn Sahmân est l’auteur des paroles : « Je pense wa Allah a’lam, que seule la personne compétente est à même de faire l’iqâma el hujja, et que celui qui n’en est pas capable, comme l’ignorant, qui ne connait pas les règles de la religion et qui ne connait pas les paroles des savants dites sur le sujet, ne peut l’établir. »[8]

 

La bonne conception des textes est relative, elle varie d’une personne à une autre, bien que les textes en eux-mêmes soient clairs. Le rôle des savants est justement de rendre leur compréhension accessible aux gens simples.

 

La divergence règne entre savants traditionalistes sur la façon dont se matérialise l’iqâmat el hujja dans la pratique

 

Certains savants de aimmat e-da’wa ont signalé dans leurs ouvrages qu’il existe une divergence sur la façon dont se matérialise la hujja. La divergence porte sur un point subsidiaire, non dogmatique. Tous reconnaissent l’iqâmat el hujja en tant que principe, mais chacun à des points de vue différents dans sa mise en pratique et dans son application sur des cas particuliers. Sheïkh ibn Bâz ramène les deux opinions sur le sujet, comme nous l’avons vu précédemment. C’est la raison pour laquelle il ne convient pas de taxer les partisans traditionalistes de la partie adverse d’innovateurs ni d’apostats. Ce point est d’une extrême importance ; il remet en question à lui tout seul toutes les tendances ultras (ghulât).

 

La présence du Coran est-il suffisante pour l’iqâmat el hujja ?

 

Certains passages d’aimmat e-da-wa laissent à penser que la présence des textes (Coran et sunna) est suffisante pour établir la hujja contre les hommes. Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân est peut-être celui qui défend avec le plus de vigueur cette tendance. Néanmoins, certains éléments nous mènent à relativiser son discours, en plus de ceux que nous allons évoqués plus loin.

  • Lui-même établit que la référence se confine dans le Coran, la sunna, et le consensus et que la parole d’un savant ne peut faire autorité.
  • Ce dernier rapporte des paroles de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhab sur l’iqâma el hujja contre les adorateurs des tombes dans son propre livre où il ne voit pas le ‘udhr bi el jahl.[9] Or, comme nous l’avons vu, cela ne peut se faire que par l’intermédiaire des savants, ou à défaut d’en avoir, des personnes compétentes.
  • Il établit également qu’il règne un consensus d’aimmat e-da-wa sur la question à laquelle il adhère.[10] Or, nous avons vu que d’autres savants du Najd réclament un savoir minimum.
  • C’est ce qui nous pousse à conclure qu’il parle d’un contexte bien précis, et qui est celui de son époque dans les territoires où l’influence de la da’wa de son aïeul battait à son plein, contrairement à ses débuts. C’est ce qui peut notamment expliquer la confusion au premier abord que fait régner les textes du premier homme de la da’wa najdite lorsqu’on les confronte entre eux. Il est possible qu’ils relatent en réalité deux phases différentes de sa prédication[11] ; soit avant et après qu’il ait établi les preuves célestes contre ces contemporains qui eurent accès à son message, bien qu’on peut les interpréter autrement wa Allah a’lam !
  • Une citation d’Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân vient conforter cette hypothèse. Celle-ci concorde exactement avec la conclusion que nous avons apportée dans l’article Éclaircissement. Voici ce qu’elle dit en parlant du fameux passage de tarîq el hijrataïn : « … ibn el Qaïyim fait uniquement exception à ceux qui n’ont pas accès à la vérité, bien qu’ils la recherchent activement. C’est de ces derniers dont fait allusion les textes des grands spécialistes comme Sheïkh el Islam et son élève. »[12] Il s’attaque ainsi au cœur des revendications d’ibn Jarsîs prétendant, en s’appuyant sur des textes de ces deux Imams, que tous les ignorants sans détail sont excusables. Ainsi, comme nous l’expliquions, l’ignorance n’est pas une excuse en elle-même, mais l’incapacité d’avoir accès à la vérité, à condition, bien sûr, de la rechercher.

 

D’autres savants, comme ibn Bâz et Mohammed ibn Ibrahim,[13] rejoignent Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân sur sa conception de la hujja. Une fatwâ de la lajna dâima va dans ce sens.[14] Notons qu’ibn Bâz parle de ceux qui se détournent de la vérité. En cela, il rejoint notre hypothèse sur ce point, wa Allah a’lam !

 

N.B. Nous disons cela dans la mesure où nous nous faisons une bonne opinion du Sheïkh ibn Bâz, mais dans les faits, il semble rejoindre la position de San’ânî qui assimile les quburites à des mécréants d’origine.

 

Je disais sur un forum le jour où on m’a mis sous les yeux en 2008 ce qui semble être la nouvelle opinion de Sheïkh el ‘Abbâd :

 

Akhi ! Tu ne fais rien pour faire avancer le débat, Sheïkh Sâlih Âl Sheïkh a le même discours qu’ibn Bâz, donc cela ne pose aucun problème, j'ai répondu en partie à cette question dans un texte précédent que tu n'as pas lu ou que tu n'as pas tenu compte.

 

J’ajoute ici que les mu'tazilites ont la même position que les kharijites, concernant l'auteur des grands péchés et non du shirk akbar dans l'au-delà, mais que sur terre il n'est ni musulman ni mécréant.

 

Pour l'opinion d'ibn Bâz, en fait ils ne sont pas formels sur le statut de l'auteur du shirk akbar dans l'au-delà, mais que sur terre, ils ne sont pas musulmans ; et il est là le scoop que tu ne veux pas entendre et qui est lié au sujet qui a introduit notre discussion sur la divergence qui règne entre traditionaliste sur le statut sur terre d'un musulman qui fait du shirk akbar. Pour mieux comprendre la réponse, et il est là le scoop, il faut savoir que j'ai téléphoné à Sheikh ‘Abd el Mâlik Ramadhanî sur le texte de Sheïkh el ‘Abbâd que tu m’as donné, étant donné qu'il est proche de lui...

 

Il m'a dit qu'en effet, Sheïkh a une risâla qui va dans se sens, mais, que :

 

  • Elle date de plusieurs années, elle n'est donc pas nouvelles, même si je ne la connaissais pas ;
  • C’est en fait une autre opinion du Sheïkh el ‘Abbâd, non l'explication du texte que je t'ai donné ; en cela, cette explication qu'il impute à ibn Taïmiya, à ibn el Qaïyim, et à Mohammed ibn 'Abd el Wahhab est toujours valable, wa bi Allah e-tawfik ;
  • Mais, là n'est pas le plus surprenant, c'est que Sheïkh ‘Abd el Mâlik m'a informé qu'il avait discuté avec le Sheïkh sur le sujet, et m'a révélé un indice d'une extrême importance. Il m'a dit qu'à ses yeux, ils étaient des kuffars asliyins, et on sait désormais ce que pense Sheïkh ‘Abd el Latîf de cette opinion ;
  • Maintenant akhî, grâce à toi, on comprend mieux l'opinion d’ibn Bâz ; pourquoi, parce que Sheïkh el ‘Abbad dit qu'il explique les paroles d’ibn Bâz ; c'est pour cela qu'il pense, que, vraisemblablement, ils ont le même statut que ahl el fatra, et donc qu'ils ne sont pas musulmans ;
  • Sheïkh ‘Abd el Malik m'a dit, et c'est d'ailleurs facile à deviner, que cette opinion, n'est pas celle d’ibn Taïmiya, et qu'il n'a jamais trouvé, malgré de longues recherches, aucune parole de savants des 3 premiers siècles allant dans ce sens, comme je l'ai démontré à maintes reprises avec des paroles d’ibn Taïmiya à l’appui.

Ainsi, la question qui se pose d'elle-même, c'est comment conjuguer entre les paroles d’Abd e-Latîf disant que l'opinion des partisans des mécréants d'origine est faible (shâdhdh) et le fait que, certains savants de aimmat da’wa dont Abd e-Latîf lui-même, et plus tard, Sheïkh ibn Bâz et Sheïkh Sâlih Âl Sheïkh comme tu l'as amené plus haut, disent que les quburyuins sont des mécréants d'origine.[15]

 

Il est possible de conjuguer entre les 2 discours en disant que pour ces savants les ghulât quburyins sont des mécréants d'origine, mais cela ne remet nullement en question, l'autre thèse, pour les raisons suivantes :

  1. Cela veut dire que les non ghulât ou les musulmans dont de nombreux savants qui ont fait du shirk par erreur ou ta-wîl n’entrent pas dans cette catégorie, wa Allah a'lam, et sont donc des musulmans ;
  2. Ils considèrent que ces ghulât ne sont pas des musulmans et n'entrent pas dans les 72 sectes, c'est exactement le discours des savants sur la secte jahmite qu'ils voient étrangère à l'islam ; cela dit, au même moment ces savants n'ont pas kaffar certains jahmites, comme l’établit ibn Taïmiya a maintes reprises... Donc, ce discours est relatif ;
  3. Ce discours n'est pas celui d’ibn Taïmiya ni des savants des 3 premiers siècles, s'il est vrai qu'à la première époque, il n'y avait pas de ghulât quburyins, ce n'est pas le cas à l'époque d’ibn Taïmiya, l'auteur d’el istighâtha.

Ainsi, tout devient plus clair, grâce à Dieu, et il devient beaucoup plus facile de conjuguer entre les discours des savants. Mais, car, il y a un mais, pour ceux, qui ne serait pas convaincus de la thèse que je défends, ils doivent faire la démarche suivante, comme je l'ai souligné dans Éclaircissement : prouver soit qu’ibn Taïmiya les rejoint dans leur opinion, et ayhât, soit qu’ibn Taïmiya s'est trompé en s'appuyant pour cela sur des paroles des savants des 3 premiers siècles, et sans se baser sur des textes qui ont une portée générale, et avec lesquels tout le monde est d'accord et ayhât !

 

Wa li Allah el fadhl wa el minna !

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

 

 

[2] Voir : kashf e-shubhataïn d’ibn Sahmân (p. 91-93).

[3] Voir : mish e-zhalâm d’Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân (p. 123-124).

[4] Rapporté par Abû Na’îm dans el huliya (1/80).

[5] Rapporté par Muslim (1920).

[6] Rapporté par el Bukhârî (100) et Muslim (2673), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn el ‘Âs.

[7] Hadîth rapporté par Ahmed (12600), selon Anas (t).

[8] Manhâj el haqq wa el ittibâ’ d’ibn Sahmân (p. 85).

[9] Voir : hukm takfîr el mu’ayin Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân (p. 18)

[10] Idem. (p. 20)

[11] Sheïkh ‘Abd el Karîm el Khudhaïr corrobore cette thèse. C’est ce qui explique, nous dit-il, la confusion qui règne sur les écrits du Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, qui, à priori, semblent se contredirent. Il lui arrive, en effet, d’accorder l’excuse de l’ignorance à certains, là où ailleurs, il est intransigeant sur leur cas. En réalité, il est possible d’accorder entre ses positions, car elles varient en fonction du contexte et des cas rencontrés. Voir : http://www.khudheir.com/text/4072

[12] ‘aqîda el muwahhidîn wa e-radd ‘alâ e-dhullâl el mubtadi’în (p. 164).

[13] Voir respectivement : majmû’ fatâwâ wa maqâlât mutanawwi’a (4/26-27 et 7-136-140), et fatâwâ wa rasâil Mohammed ibn Ibrahim Âl e-Sheïkh (1/246).

[14] Fatâwâ e-lajna e-dâima (1/764-766).

[15] Les tenants du kufr as ne sont pas à l'abri de la contradiction, comme je l'ai expliqué avec la parole d'Abd e-Latîf. Ensuite, ils sont exposés à des problèmes qu'eux-mêmes ne sont pas capables de résoudre ; notamment, ils partent du principe que les ghulat quburyin font du shirk depuis tout petit, comme l'a fait remarqué Sheïkh el ‘Abbad à Sheïkh ‘Abd el Mâlik, et qu'ils se transmettent cette croyance, de pères en fils, mais comment faire avec le nouveau converti et le bédouin qui vit loin des villes ? À l'unanimité des savants, ils restent musulmans !

 

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Publié par mizab - dans Takfir
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