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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 14:57

Réponse à 2 shubha anti-Albani

(Partie 3)

Ishâq parle de ceux qui refusent de faire l’istithnâ

Concernant le passage : « Par ailleurs, ils se divisent en plusieurs catégories : certains, notamment, affirment qu’ils sont absolument croyants, sans n’émettre la restriction qu’ils sont croyants auprès d’Allah. Ils sont les plus proches de la vérité, car ils disent que la foi est composée des paroles et des actes. »

Selon Sulaïmân el Ash’ath Abû Dâwûd e-Sijistânî, j’ai entendu quelqu’un interroger Abû ‘Abd Allah [l’Imâm Ahmed] : « Peut-on me reprocher de dire je suis croyant ?

  • Ne dis pas simplement : je suis absolument ou réellement croyant, ou bien je suis croyant auprès d’Allah. »[1]

Dans un échange qui opposa l’Imâm Ahmed à l’un de ses contemporains qui était venu pour l’interroger sur l’îmân : « Elle se compose de la parole et des actes, lui répondit-il.

  • Est-ce qu’elle monte ?
  • Elle monte et elle descend.
  • Est-ce que je peux dire : je suis croyant in shâ Allah ?
  • Oui.
  • Mais, ils me disent que cela revient à douter de ma croyance !
  • C’est une très mauvaise parole. »

Puis, le sheïkh en question sortit avant qu’il se fasse rappeler par l’Imâm qui lui demanda à son tour : « Ne disent-ils pas que la foi se compose des paroles et des actes, qu’elle monte et qu’elle descend ?

  • Si !
  • Alors ils reconnaissent l’istithnâ.
  • Comment cela, Abâ ‘Abd Allah ?
  • Dis-leur : d'un côté, vous prétendez que la foi se compose des paroles et des actes, mais vous avez fourni la parole sans fournir les actes. L’istithnâ porte donc sur ces fameux actes.
  • Peut-on faire l’istithnâ pour parler de la foi, lui demanda-t-on ?
  • Oui, en disant : je suis croyant in shâ Allah »[2]

Sulaïmân ibn Harb explique que l’Imâm met l’accent sur le fait qu’on n’est pas sûr que ses œuvres soient acceptées par Allah.[3] Il peut également faire allusion à ce dont on est sûr, et sur quoi on a aucun doute, mais tout en s’en remettant à Dieu, et en reposant ses espoirs en Lui.[4] Ailleurs, l’Imâm ne voit pas d’inconvénient ou presque à ce qu’on refuse de faire l’istithnâ, mais à condition de dire que la foi se compose des paroles et des actes, qu’elle monte et qu’elle descend.[5]

On interrogea l’Imâm Ahmed sur celui qui dit que la foi monte et descend. Ce dernier répondit : « Il n’a aucun lien avec l’irjâ. »[6] La raison, c’est que ce crédo repose sur l’intégration des actes dans la définition de la foi.

• Un jour, on demanda à l’Imâm : « Qui sont les murjites ?

  • Ce sont ceux qui disent que la foi se compose de la parole sans les actes. »[7]

• Il disait également sur ceux ne reconnaissant pas que la foi se compose des paroles et des actes : « Ce sont des murjites ! »[8]

• Mis’ar ibn Qidâm voyait que la foi se composait des paroles et des actes, sauf qu’il refusait de dire je suis croyant in shâ Allah (l’istithnâ), et le justifiait en disant : « Moi, je ne doute pas de ma foi. »[9] Pourtant, l’Imâm Ahmed l’innocentait de l’irja.[10]

Sheïkh el Islam explique que l’Imâm Ahmed ne le comptait pas parmi les murjites, qui, contrairement à lui, sortaient les actes de la définition de la foi. Il justifiait simplement qu’il ne doutait pas sur sa foi.[11]

Pourtant, certaines annales rapportent que l’Imâm était sévère contre ceux qui ne voyaient pas l’istithnâ,[12] mais il visait en réalité ceux qui sortaient les actes de la définition de la foi. Certains anciens disaient également que renoncer à l’istithnâ est le premier pas dans l’irja.[13] Cela ne veut pas dire que d’y renoncer on est forcément un murjite, wa Allah a’lam !

Son fils l’interrogea une autre fois sur ceux qui disaient que la foi est composée des paroles et des actes, qu’elle monte et qu’elle descend, mais sans faire l’istithnâ : « Est-il un murjite ?

  • Je ne pense pas qu’il en soit un ! »[14]

On le questionna également sur celui qui dit : « Je suis croyant pour moi par rapport aux lois terrestres et à l’héritage, mais je ne sais pas si je le suis auprès d’Allah.

  • Ce n’est pas un murjite, assura-t-il en réponse. »[15]

En revanche, ibn Hanbal est intraitable envers la tendance qui confine la foi dans la parole, tout en reconnaissant qu’elle monte, mais sans descendre.[16] Même jugement envers celle qui, très proche de l’autre, la confine dans la parole, bien qu’elle considère les actes comme des lois (sharâi’) par rapport à la foi.[17]

Ainsi, Ahmed ne concède pas à Ishâq qu’en refusant de faire l’istithnâ, on est forcément murjite, comme nous l’avons vu. Il y a d’ailleurs d’autres points avec lesquels il n’est pas forcément d’accord avec lui,[18] comme dans l’exemple suivant :

Selon Harb ibn Ismâ’îl, j’ai entendu quelqu’un interroger Ishâq ibn Rahawaïh : « Quelqu’un qui dit : je suis réellement croyant ?

  • Il est réellement mécréant ! »[19]

Selon Ziyâd ibn Dâwûd, j’ai entendu dire Ahmed ibn Hanbal : « Je n’aime pas qu’on dise : je suis réellement croyant, mais je ne voue pas à la mécréance celui qui le dit. »[20]

Quoi qu’il en soit, les murjites s’entendent à sortir les actes de la définition de la foi. Quant aux déviations que l’on peut trouver dans le chapitre de la foi, celles-ci proviennent soit des implications de cette croyance (interdire toute variation, tout fractionnement, la coexistence de la croyance et la mécréance chez un seul individu, imaginer une foi sans qu’elle ne se reflète sur les actes, ou en d’autres termes, une foi sans acte). Soit celles-ci proviennent d’un traditionaliste qui intègre les actes dans la définition de la foi, mais qui rejoint ou plus précisément qui coïncide avec les murjites sur un point donné (interdire que la foi descende, et renoncer à l’istithnâ). Ce dernier n’a aucun lien avec l’irja.

2- Certains murjites adhèrent à la variation de la foi

Les najjâriya et les adeptes de Mohammed ibn Shabîb ne sont pas des murjites purs, car ils tolèrent une disparité (tafâdhul) de la foi entre les individus. Ainsi, adhérer à la variation de la foi ne fait pas obligatoirement sortir de l’irja.

En réponse

E-Shahristânî dresse sa liste des tendances murjites pures (khâlisa) et qui sont au nombre de six :

  1. El yûnusiya ;
  2. El ‘ubaïdiya ;
  3. El ghassâniya ;
  4. E-thûbâniya ;
  5. E-tûmaniya ;
  6. E-Sâlihiya.[21]

Abû el Hasan el Ash’arî en ajoute six autres que voici (ce qui fait douze en tout) :

  1. El jahmiya ;
  2. E-najjâriya ;
  3. El ghîlâniya ;
  4. Les adeptes de Mohammed ibn Shabîb ;
  5. Les adeptes d’Abû Hanîfa ;
  6. El Karrâmiya.[22]

En réalité, les najjâriya et les adeptes de Mohammed ibn Shabîb ne sont pas des murjites purs, car ils tolèrent une disparité (tafâdhul) de la foi entre les individus. El Baghdâdî, hérésiographe lui aussi, l’avait bien compris. Ce dernier consacra une section entière pour défendre l’idée que les najjâriya ne méritaient pas le nom de murjites purs. C'est pourquoi il ne les compta pas dans sa liste.[23]

Ibn Taïmiya fit une synthèse des tendances recensées par el Ash’arî et les divisa en trois grands ensembles.

Premièrement : Ceux qui disent que la foi s’avère uniquement dans le cœur. Ceux de cette tendance se divisent ensuite en deux catégories.

  • Ceux qui entrent les actes du cœur dans la définition de la foi conformément à la plupart des sectes murjites, comme El yûnusiya.
  • Ceux qui n’entrent pas les actes du cœur dans la définition de la foi, comme Jahm et e-Sâlihî. El Ash’arî et la plupart de ses adeptes optent pour cette tendance.

Deuxièmement : ceux qui disent que la foi se résume à la parole verbale. Avant el karrâmiya, personne en particulier n’avait avancé cette opinion.

Troisièmement : tasdîq el qalb et qawl e-lisân. C’est la tendance notoire des fugaha et des pieux parmi eux.[24]

Notons que les jahmites-murjites et les karrâmites qui pour les premiers confinent la foi dans la connaissance et, pour les seconds, dans la reconnaissance verbale se sont éteints, bien que les ash’arites et mâturidites ne divergent pas vraiment des premiers.[25]

À suivre…

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

[1] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 966).

[2] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 1054).

[3] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 1056).

[4] Majmû’ el fatâwâ (3/289-290) ; (7/446).

[5] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 1056).

[6] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 1009).

[7] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 959-961).

[8] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 963).

[9] Voir : el îmân d’Abû ‘Ubaïd (p. 22).

[10] Voir : huliyat el awliya (7/218).

[11] Majmû’ el fatâwâ (7/510-511).

[12] Voir : tabaqât el hanâbila (1/56).

[13] Voir : e-sunna (n° 1061) d’el Khallâl.

[14] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 1090).

[15] Majmû’ el fatâwâ (7/253).

[16] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 978).

[17] Voir : tabaqât el hanâbila (1/55-56).

[18] Ibn Hanbal lui-même disait : « Ishâq ibn Râhawaïh est le plus grand savant de l’autre côté du pont du Khurâsân, bien qu’il divergeait avec nous sur certains points. La divergence d’opinions a toujours existé. » Siar a’lâm e-nubalâ (11/371).

[19] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 973).

[20] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 975).

[21] El milal wa e-nihal de Shahristânî (1/139-146).

[22] Maqâlât el islâmiyîn d’el Ash’arî (p. 132-141).

[23] El farq baïna el firaq (p. 202) d’Abd el Qâdir el Baghdâdî

[24] Majmû’ el fatâwa (7/195).

[25] Majmû’ el fatâwa (7/398-400).

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Publié par mizab
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