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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 08:26

 

Hydrangeas-copie-1

 

‘Âshûra

 

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya fut interrogé sur certaines pratiques qui ont lieu à l’occasion de ‘Âshûra, il a alors répondu (voir : Majmû’ el Fatâwa (25/299-317) :

 

 Louange à Allah, Seigneur de l’Univers ! Il n’existe aucun Hadith authentique sur le sujet qui proviendrait du Prophète (r) ou de ses Compagnons. Aucune référence musulmane n’a recommandé de faire ce genre de pratiques ni parmi les Imams des quatre écoles ni personnes d’autres d’ailleurs. Aucun recueil de référence ne rapporte quoi que ce soit de ce genre ni de la part du Prophète (r) ni de la part de ses Compagnons ou de leurs Successeurs ; ces recueils ne renferment sur la question aucune annale qu’elle soit faible ou authentique ni dans les Sahîh ni dans les Sunan ou encore dans les Musnad. Aucun Hadith de ce genre ne fut recensé à l’époque de l’âge d’or musulman.

 

Néanmoins, certaines personnes des générations plus récentes rapportent certains Hadith de ce genre disant par exemple que quiconque se passe du Kohol le jour de ‘Âshûra sera préservé de la conjonctivite pendant toute l’année ou quiconque fait la grande ablution le jour de ‘Âshûra ne tombera pas malade pendant toute l’année, etc. D’autres annales (toutes aussi fausses ndt.) concernent les mérites de la « prière de ‘Âshûra » ; ce serait également le jour où Adam fit son repentir, le jour où l’arche de Noé échoua sur la montagne d’el Jûdî, où Youcef retrouva son père, où Ibrahim fut sauvé du feu, où son fils fut remplacé par un bélier, etc. certains rapportent un Propos prophétique purement inventé disant : « Allah fait des largesses durant le reste de l’année à quiconque fait des largesses à sa famille le jour de ‘Âshûra. » cette version remontant au Prophète (r) est complètement fausse bien qu’elle soit plus connue sous les paroles de Sufiân ibn ‘Uaïyna qu’il rapporte d’Ibrahim ibn Mohammed ibn el Muntashir, qu’il rapporte lui-même de son père. ce fameux Ibrahim compte parmi les habitants de Kûfa connus pour s’être divisés en deux groupes ; les Rafidhîtes qui se revendiquent être les partisans de ‘Ali alors qu’en réalité ils sont soit des Zindîq athées soit des ignorants qui se sont laissés envahir par les passions. L’autre tendance les sibites, se mirent à détester le troisième Khalife et ses adeptes suite aux événements qui eurent lieu à son époque.

 

Or, il est certifié dans Sahîh Muslim que le Prophète (r) a déclaré : « Il y aura dans la tribu de Thaqîf un grand menteur et un tyran (mot-à-mot il convient de dire un exterminateur ndt.) » Le grand menteur c’est el Mukhtâr ibn ‘Ubaïd e-Thaqafî qui s’est fait passer pour un partisan de ‘Ali avant de revendiquer qu’il recevait la Révélation de la part de Jibrîl. Le tyran s’incarne en la personne d’el Hujjâj ibn Yûsaf e-Thaqafî qui en raison de son opposition à ‘Ali et à ses partisans comptait parmi les sibites. Pour avoir revendiquer la prophétie, le premier de ces deux hommes, un Rafidhîte, était plus éloigné des préceptes de la religion que l’autre qui incarnait la punition céleste à l’encontre de tout rebelle s’étant révolté contre les autorités en place. Il y avait à Kûfa des troubles entre ces deux groupes dont la mort d’el Husaïn (t), le jour de ‘Âshûra est l’un des épisodes. Allah lui a ainsi fait l’honneur du martyr comme il l’a fait à d’autres membres de sa famille à l’exemple de son père, de Ja’far, et de Hamza.

 

À travers cela, il a gagné en degré et en mérite en sachant que lui et son frère sont les maîtres de la jeunesse au Paradis. Les hauts échelons du Paradis ne s’acquièrent qu’à travers de dures épreuves. Les soi-disant partisans d’el Husaïn l’ont vilement abandonné après lui avoir promis leur soutient alors que les vrais alliés d’el Husaïn à l’exemple d’ibn ‘Abbâs et d’ibn ‘Omar lui avaient conseillé de ne pas se rendre chez ces gens-là. Il y a eu ensuite ce qui devait arriver. Par la suite, ces mêmes soi-disant partisans ont fait de ‘Âshûra un jour de deuil au cours desquels ils exhibent des pratiques de l’ère païennes comme le fait de se griffer le visage, de se déchirer les vêtements, et de se faire les condoléances à la manière du paganisme. L’Islam nous ordonne pourtant de dire en cas de malheur : « Nous sommes à Allah et s’est vers Lui que nous retournons ! »

 

Dans ce registre, le Prophète (r) a affirmé : « Quiconque se griffe le visage, se déchire les vêtements et profèrent des invocations païennes ne fait pas partie des nôtres. » Il (r) a préconisé par ailleurs : « Il n’y a pas un homme qui après avoir subit un malheur et qui, s’en étant rappelé après une certaine période prononcent : Nous sommes à Allah et s’est vers Lui que nous retournons, sans qu’Allah lui offre la même récompense que le jour où il l’a subit. » C’est une faveur que le Seigneur fait grâce au croyant. C’est pourquoi il incombe de prononcer cette formule toutes les fois où la mort d’el Husaïn nous vient en mémoire afin de recevoir la même récompense que lui le jour où il a connu le martyr. Allah nous impose d’endurer et de patienter immédiatement après avoir subit un malheur ; il incombe d’autant plus de patienter après une longue période.

 

En faisant revivre cet événement à travers les pleurs, les poésies mélancoliques, et les annales historiques qu’ils enrobent de mensonges, ils ne font que rouvrir les plaies et cultiver la haine et le fanatisme entre les musulmans ; surtout s’ils en profitent pour injurier les anciens et les prédécesseurs… à l’inverse et en réaction à ce mal, leurs adversaires sibites ont rendu le mal par le mal, l’hérésie par l’hérésie, le mensonge par le mensonge, la corruption par la corruption. Ils ont ainsi inventé des textes disant que ‘Âshûra est l’occasion d’exprimer la gaité et la joie à travers le Kohol, le « henné », les dépenses pour les enfants, les plats faits spécialement pour les grandes occasions et les fêtes, etc.

 

Ainsi les uns prennent ‘Âshûra pour un jour de deuil et les autres le prennent pour un jour de fête alors que les deux parties sont littéralement opposée à la Sunna ; bien que la première d’entre elle soit plus perfide et plus injuste, l’Islam nous commande malgré tout de rester juste. Ni le Messager d’Allah (r) ni les Khalifes après lui n’ont légiféré quoi que ce soit de ce genre le jour de ‘Âshûra ; ce n’est ni un jour de deuil ni un jour de fête. Cependant, arrivé à Médine, le Messager d’Allah (r) trouva les juifs en train de jeûner le jour de ‘Âshûra. Dès lors, il (r) les interrogea en ces termes : « Quel est ce jour que vous consacrez au jeûne ?

-              C’est un jour illustre ont-ils répondu, il correspond au jour où Allah sauva Mûsâ et son peuple des mains de Pharaon et de son armée qu’Il fit périr sous les eaux. Mûsâ lui consacra alors un jour de jeûne par reconnaissance envers Allah, c’est pourquoi nous jeûnons ce fameux jour.

-              Nous sommes plus dignes de Mûsâ que vous leur a-t-il répondu. »

Les Quraïshites encensaient également ce jour au temps du paganisme. Au début, il ordonna aux gens de jeûner un seul jour. Sa venue à Médine correspondait au mois de Rabî’ el Awwal. Il dut attendre l’année suivante pour jeûner ‘Âshûra ; cette même année le jeûne du mois de Ramadhan fut prescrit. C’est ainsi que le jeûne de ‘Âshûra fut abrogé.

 

Les savants ont toutefois divergé sur la question de savoir si dans un premier temps, le jeûne de ‘Âshûra était obligatoire ou simplement recommandé. Il existe deux tendances connues sur la question dont la plus vraisemblable est celle qui lui donnait un aspect obligatoire. Par la suite, il fut simplement recommandé de jeûner pour celui qui voulait le faire. Le Prophète (r) n’a pas ordonné à tout le monde de jeûner ce fameux jour mais il s’est contenté de dire : « Aujourd’hui c’est ‘Âshûra et moi je jeûne aujourd’hui, quiconque veut jeûner n’a qu’à le faire. » Il a dit par ailleurs : « Jeûner le jour de ‘Âshûra permet d’effacer une année de péchés tandis que jeûner le jour de ‘Arafa permet d’effacer deux années de péchés. »

À la fin de sa vie cependant, il a appris que les juifs consacraient un jour de fête à l’occasion de ‘Âshûra, c’est pourquoi il affirma en vue de se distinguer des juifs : « Si je suis encore en vie l’an prochain, je jeûnerais également le neuf » Il ne voulait pas donner l’impression qu’il lui consacrait également un jour de fête. Certains Compagnons et certains savants préféraient ne pas jeûner à cette occasion ; ils considéraient qu’il n’était pas spécialement recommandé d’y jeûner. Ils pensaient qu’il était plutôt déconseillé d’y consacrer un seul jour de jeûne. D’autres savants estiment à l’inverse qu’il est recommandé d’y jeûner.

 

En vérité, il est recommandé d’y jeûner à condition de jeûner auparavant le neuvième jour de Muharram étant donné que cela correspond au dernier ordre du Prophète (r) sur la question. Voici donc ce que veut la Tradition. Quant à consacrer certaines pratiques à l’occasion de ‘Âshûra comme le fait de sacrifier une bête, de mettre du Kohol, du henné, des vêtements neufs, de donner de l’argent aux enfants, de faire les réserves de l’année, de se serrer exprès la main, de se visiter, de visiter les mosquées ou les mausolées, etc. cela relève de l’innovation condamnable que le Prophète (r) n’a jamais légiférée ni lui ni les Khalifes après lui. Aucune grande référence à l’instar de Mâlik, e-Thawrî, e-Laïth ibn Sa’d, Abû Hanîfa, el Awzâ’î, e-Shâfi’î, Ahmed ibn Hanbal, Ishaq ibn Râhawâ, etc. ne l’a jamais recommandé. Certains savants parmi les dernières générations assument certes que certaines annales sur la question ont une origine. Mais en cela, ils ont tords comme le confirment les spécialistes en la matière…

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

 

Traduit pour Islam.House par :

Karim ZENTICI

   

                      

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 08:08

 

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El Muharram

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

D’après Muslim, selon Abû Huraïra (t), le Prophète (r) a déclaré : « Le meilleur mois pour jeûner après le mois du Ramadhan, c’est le mois d’Allah que vous appelez el Muharram, et la meilleure prière que vous pouvez faire après celle de l’office, c’est la prière de la nuit. »[1] Ce Hadith formule explicitement que le mois le plus propice au jeûne après celui du Ramadhan est celui d’el Muharram. Cela concerne probablement le fait de jeûner le mois en entier. Quant à consacrer certains jours de jeûne facultatif, il est possible de trouver des jours à d’autres périodes de l’année où le jeûne est plus méritoire comme le jour de ‘Arafat, les dix premiers jours de Dhû el Hidja, les six jours de Shuwwâl, etc. Il est possible de faire remarquer cependant que le Prophète (r) consacrait le mois de Sha’bân au jeûne mais rien ne prête à dire en regard des Textes qu’il jeûnait el Muharram en entier. Les textes parlent seulement de ‘Ashûrâ. Quant aux paroles qu’il a prononcé la dernière année de sa vie : « Si je suis encore vivant l’an prochain, je jeûnerais également le neuvième jour »,[2] elles expriment qu’il ne l’a jamais fait auparavant.

 

Certains savants ont cherché à résoudre cette énigme mais la plupart de leurs hypothèses sont peu satisfaisantes. Il me semble plutôt, mais Dieu Seul le sait, qu’il existe en fait deux sortes de jeûne surérogatoires :

Premièrement : le meilleur jeûne surérogatoire dans l’absolu se trouve au mois d’el Muharram de la même façon que la meilleure prière surérogatoire dans l’absolu, c’est la prière de la nuit.

Deuxièmement : quant au jeûne qui s’effectue avant ou après le mois de Ramadhan, il ne fait pas partie des jeûnes surérogatoires dans l’absolu. Il est plutôt lié au jeûne obligatoire. Ainsi, les six jours de Shuwwâl accompagnent le mois des jeûneurs, et ils permettent à celui qui les fait suivre à celui-ci d’avoir une récompense équivalente à un an de jeûne. En cela, ce jeûne est plus méritoire que la première sorte de jeûne. Concernant celle-ci exclusivement, il y a plus de mérite à jeûner au cours d’el Muharram. Ainsi, de la même façon que les prières liées à l’office (e-Rawâtib) sont plus méritoires que les prières surérogatoires dans l’absolu, les jours de jeûnes liés au mois prescrit sont plus méritoires qu’à n’importe quel autre moment de l’année. Par contre, il est plus méritoire de consacrer des jours de jeûne surérogatoire dans l’absolu au cours du mois de Muharram de la même façon que la prière de la nuit constitue la meilleure forme de prière surérogatoire dans l’absolu ; elles viennent donc dans l’ordre d’importance, après celles qui s’effectuent avant ou après l’office.

 

Toujours est-il que les savants divergent sur la question de savoir au cours de quel mois sacré il est plus méritoire de jeûner. El Hasan et d’autres anciens optent pour el Muharram, c’est d’ailleurs l’opinion d’une partie des savants des générations plus récentes. Certains Shâfi’ites assument néanmoins que Rajab prend la première place des mois sacrés, bien que cette tendance soit réfutable. Au demeurant, les dix premiers jours de Muharram concède un mérite particulier par rapport au reste du mois. Quoi qu’il en soit, étant donné que les mois sacrés sont les mois après Ramadhan où il est plus méritoire de jeûner dans l’absolu, il vaut mieux les jeûner en entier comme le Prophète (r) l’a prescrit. L’un d’entre eux clôture l’année lunaire alors qu’un autre l’entame. Quiconque consacre Dhû el Hidja –en dehors des jours où il est interdit de jeûner – et Muharram au jeûne, il aura terminé et commencé l’année par des actes d’adoration. Il est à espérer dans ce cas de jouir de la récompense d’une année entière d’adoration ; celui qui commence et qui termine un événement par une adoration a le même statut que celui qui passe toute sa durée à adorer Dieu. Dans ce sens, ibn el Mubârak a dit : « Quiconque termine la journée à invoquer Allah, il lui sera écrit la récompense d’une journée entière d’invocation. » Il veut dire que les œuvres ne valent que par la dernière d’entre elles. Si la première et la dernière œuvre sont consacrées à l’évocation d’Allah, à fortiori la récompense englobera toute la période entre ces deux moments. Il incombe ainsi de débuter l’année par un repentir sincère afin de se voir effacer les péchés des jours passés.

 

Le Prophète (r) a nommé Muharram le « mois d’Allah » pour exprimer son importance et sa considération. Seules les plus nobles des créations d’Allah ont le privilège en effet de lui être affilier à l’exemple de Mohammed, Ibrahim, Ishâq, Ya’qûb qui furent désigner comme Ses serviteurs, de Sa Maison, et de Sa chamelle. Il convenait donc de réserver des jours de jeûnes à ce mois spécial.

 

Le jour de ‘Âshûra

 

D’après el Bukhârî et Muslim, selon ibn ‘Abbâs (t), ce dernier fut interrogé au sujet du jeûne du jour de ‘Âshûra. Il répondit dès lors : « Je n’ai pas vu de jour où le Messager d’Allah a consacré au jeûne à la rechercher de ses mérites, en dehors de ce jour (c’est-à-dire : ‘Âshûra) et en dehors de ce mois (c’est-à-dire : Ramadhan). »[3] Or, le Prophète (r) a connu quatre comportements différents vis-à-vis de ce fameux jour :

 

Premièrement : il jeûnait ce fameux jour lorsqu’il se trouvait encore à la Mecque sans toutefois imposer aux gens de le faire.

D’après el Bukhârî et Muslim en effet, selon ‘Âisha : « ‘Âshûra correspondait à un jour que les Quraïshites consacraient au jeûne à l’ère païenne ; le Prophète (r) y jeûnait aussi. Quand il arriva à Médine, il lui consacra un jour de jeûne et il prescrivit à ses Compagnons de le faire. L’année où le Ramadhan fut prescrit par la Révélation, il se mit à jeûner au cours de ce mois et à délaisser le jour de ‘Âshûra. Désormais, celui qui voulait jeûner pouvait le faire et celui qui ne voulait pas jeûner pouvait le faire. »[4] Dans la version d’el Bukhârî, le Prophète (r) précise : « Celui qui veut jeûner il en a le droit et celui qui ne veut pas jeûner il en a le droit. »

 

Deuxièmement : arrivé à Médine, le Prophète (r) a trouvé que les juifs encensaient ‘Âshûra  et qu’ils lui consacraient un jour de jeûne. il aimait à les imiter sur des rites où la loi était silencieuse, il s’est alors mis à jeûner et ordonna à ses Compagnons d’en faire autant. Ces derniers allèrent jusqu’à faire jeûner leurs enfants en bas âge. D’après el Bukhârî et Muslim, selon ibn ‘Abbâs, une fois arrivé à Médine, le Messager d’Allah (r) trouva les juifs en train de jeûner le jour de ‘Âshûra. Dès lors, il (r) les interrogea en ces termes : « Quel est ce jour que vous consacrez au jeûne ?

-              C’est un jour illustre ont-ils répondu, il correspond au jour où Allah sauva Musa et son peuple des mains de Pharaon et de son armée qu’Il fit périr sous les eaux. Musa lui consacra alors un jour de jeûne par reconnaissance envers Allah, c’est pourquoi nous jeûnons ce fameux jour.

-              Nous sommes plus dignes et plus proche de Mûsâ que vous leur a-t-il répondu. »

Il se mit alors à jeûner et ordonna à ses Compagnons de le faire.[5] D’après el Bukhârî et Muslim, selon Salama ibn el Aqwa’ (t), le Prophète (r) ordonna à un homme de la tribu Aslam d’héler au milieu des gens : « Quiconque a déjà mangé qu’il s’abstienne de le faire jusqu’à la fin du jour et quiconque est à jeun doit jeûner car nous sommes le jour de ‘Âshûra. »[6] toujours d’après el Bukhârî et Muslim, selon e-Rubaïyi’ bint Mu’awwidh, « … dès lors, nous nous mirent à jeûner et nous faisions jeûner nos enfants en bas âge. Nous nous rendions à la mosquée et nous leur faisions des jouets en laine. Dès que l’un d’entre eux pleurait en raison de la faim, nous le faisions patienter avec jusqu’au moment de rompre le jeûne. »[7] Or, les savants divergent sur la question de savoir si ‘Âshûra était un jour de jeûne obligatoire avant que le Ramadhan soit institué ou bien était-il simplement « fortement recommandé ». il existe deux opinions connus sur la question. selon la tendance d’Abû Hanîfa, il était obligé de jeûner à cette époque ; cette tendance est visiblement conforme aux paroles de l’Imam Ahmed et d’Abû Bakr el Athram. E-Shâfi’î pour sa part estime qu’il était fortement recommandé d’y jeûner ; la plupart des savants de notre école et autres optent pour cette opinion.

 

Troisièmement : après que le jeûne du Ramadhan fut prescrit aux musulmans, le Prophète (r) cessa d’imposer celui de ‘Âshûra à ses Compagnons. D’après el Bukhârî et Muslim, selon ibn ‘Omar (t) : « Le Prophète (r) jeûnait le jour de ‘Âshûra et il ordonna à ses Compagnons de le faire mais quand le jeûne du Ramadhan fut institué, il cessa de le faire. »[8] D’après el Bukhârî et Muslim également, selon Mu’âwiya, j’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : « Voici le jour de ‘Âshûra ; Allah ne vous y a prescrit aucun jeûne mais moi je jeûne ; quiconque veut jeûner en a le droit et quiconque ne veut pas le faire il en a le droit. »[9] Ces Hadith et tant d’autres démontrent que le Prophète (r) n’imposaient plus à ses Compagnons de consacrer un jour de jeûner à l’occasion de ‘Âshûra après que le mois du Ramadhan fut prescrit. Il a plutôt laissé la chose à leur initiative. Si avant cette période ‘Âshûra était obligatoire, la question qui se pose est de savoir si après son abrogation il reste recommander d’y jeûner. Il existe sur cette question une fameuse divergence entre les savants. Par contre, s’il était fortement recommandé d’y jeûner, après l’abrogation il devient simplement recommandé d’y jeûner. Cela explique les paroles du Compagnon Qaïs ibn Sa’d : « Nous, nous préférons jeûner. »[10] Tel est l’avis en tout cas de la plupart des savants.

 

Quatrièmement : le Prophète (r) a projeté à la fin de sa vie de ne plus jeûner un jour seul à cette occasion. Il a voulu en effet accompagner à ‘Âshûra un autre jour de jeûne, en vue de se distinguer des juifs. D’après Muslim, selon ibn ‘Abbâs (t), comme le Prophète (r) jeûnait le jour de ‘Âshûra et ordonna d’y jeûner, ses Compagnons lui firent remarquer : « Cher Messager d’Allah ! Les juifs et les chrétiens encensent ce jour !

-              L’année prochaine in shâ Allah répondit-il, nous jeûnerons le neuf avant lui. »

 

Cependant, il rendit l’âme avant l’année suivante.[11] D’après le Musnad de l’Imam Ahmed, selon ibn ‘Abbâs (t) également, le Prophète (r) a précisé : « Jeûnez le jour de ‘Âshûra mais distinguez-vous des juifs en jeûnant un jour avant et après. »[12] Dans une autre version il est dit : « ou après. » Ici « ou » signifie soit que la chose est laissé au choix soit que le rapporteur ne sait plus bien s’il s’agit d’avant ou après le dixième jour de Muharram. Ibn ‘Abbâs lui-même disait au sujet de ‘Âshûra qu’il fallait jeûner le neuvième et le dixième jour du mois en vue de se distinguer des juifs.[13] L’Imam Ahmed a pour sa part choisi cette opinion. D’autres annales rapportent qu’ibn ‘Abbâs jeûnait ces deux jours par précaution afin de ne pas rater ‘Âshûra. D’autres anciens choisissaient carrément de jeûner trois jours (du 9 au 11 Muharram).

 

Les juifs de Médine et de Khaïbar prenaient ‘Âshûra à cette époque comme jour de fête en hommage à l’épisode qui s’est déroulé entre Mûsâ et pharaon. Moïse aurait habillé ce jour-là de beaux vêtements en coton et il se serait maquiller les yeux avec de l’Ithmad (Kohol ndt.). Les païens les ont ainsi imités dans cette coutume. Ils habillaient la Ka’ba ce fameux jour. Cependant, notre législation nous réclame de nous distinguer d’eux. D’après el Bukhârî et Muslim, selon Abû Mûsâ, les juifs encensaient ‘Âshûra pour lequel ils réservaient un jour de fête. Dès lors, le Prophète a dit : « Jeûnez donc ce fameux jour. »[14] La version de Muslim précise que les juifs de Khaïbar jeûnaient à l’occasion de ‘Âshûra qu’ils considéraient comme un jour de fête au cours duquel ils faisaient habiller à leurs femmes leurs plus belles parures et leurs plus beaux vêtements. Ce Hadith démontre qu’il est interdit de faire de ce jour un jour de fête. Il est recommandé en outre de jeûner les jours de fête des païens en vue de se distinguer d’eux ; comme il est recommandé de jeûner un jour en plus comme nous l’avons vu afin de se distinguer des non musulmans à tous les niveaux.

 

Toutes les annales qui parlent de mettre du Kohol, de se teindre la barbe ou les cheveux, et de faire la grande ablution ce fameux jour sont purement inventées. Quant au Hadith : « Allah fait des largesses durant le reste de l’année à quiconque fait des largesses à sa famille le jour de ‘Âshûra. » Sa chaîne narrative accuse certains éléments faibles. Quant à consacrer à cette occasion un jour deuil en hommage à el Husaïn comme se complaisent à le faire les Rafidhîtes, c’est faire preuve d’un grand égarement ! Les prophètes eux-mêmes n’ont droit à aucun jour de deuil…

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Extraits de : Latâif el Ma’ârif fîmâ el ‘Âm min el Wazhâif d’ibn Rajab.

 

Traduit pour Islam.House par :

Karim ZENTICI

       

 

      



[1] Rapporté par Muslim (1163).

[2] Rapporté par Muslim (1134).

[3] Rapporté par el bukhârî (2006) et Muslim (1132).

[4] Rapporté par el bukhârî (2002) et Muslim (1125).

[5] Rapporté par el bukhârî (2004) et Muslim (1130).

[6] Rapporté par el bukhârî (2007) et Muslim (1135).

[7] Rapporté par el bukhârî (1960) et Muslim (1136).

[8] Rapporté par el bukhârî (1892) et Muslim (1126).

[9] Rapporté par el bukhârî (2003) et Muslim (1129).

[10] Voir el Musnad de l’Imam Ahmed (3/422).

[11] Muslim (1134).

[12] el Musnad de l’Imam Ahmed (1/241).

[13] Voir el Musannif de ‘Abd e-Razzâq (4/287).

[14] Rapporté par el bukhârî (2005) et Muslim (1131).

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Les quatres saisons
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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 22:44

 Hydrangeas

 

 

Au Nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

 

 

Louange à Allah, Seigneur de l’univers, que le Salut et les Prières d’Allah soient sur le maître des Messagers…

         

 

Dans Sa Grâce infinie, le Seigneur a offert à ses pieux serviteurs durant certaines périodes de l’année l'opportunité de s’épanouir. Parmi ces rendez-vous, il y a les dix premiers jours de dhû el hidja.

 

Le Livre d’Allah et la Tradition prophétique recensent un certain nombre de Textes qui font état de leurs mérites, notamment :

 

1- le Seigneur révèle : (Par l'aurore et les dix nuits) [L’aurore ; 1]. En commentaire à ce Verset, l'exégète Ibn Kathîr souligne : « Elles correspondent aux dix premiers jours de dhû el hidja conformément à l'opinion d'ibn 'Abbâs, d’ibn e-Zubaïr, de Mujâhid et d'autres comme le rapporte el Bukhârî. »

 

2- Selon ibn 'Abbâs, le Messager d’Allah (r) a déclaré : « Il n'y a pas d’œuvres

meilleures que celles effectuées pendant les fameux dix premiers jours de dhû el hidja.

-    Pas même la guerre sur le chemin d’Allah ? Lui demandèrent les Compagnons.

-   Pas même la guerre sur le chemin d’Allah confirma-t-il, sauf pour celui qui, ayant sacrifié sa vie et ses biens, ne revient pas du champ de bataille ! »

 

3- Le Seigneur (I) révèle : (Évoquez Allah durant certains jours déterminés) [Le pèlerinage ; 28]. Ibn 'Abbâs (t) précise à ce sujet : « Ce sont les dix premiers jours de dhû el hidja. » [Voir : ibn Kathîr].

 

4- Selon ibn 'Omar (t), le Messager d’Allah (r) a déclaré : «  Il n'y a pas d’œuvres meilleures que celles effectuées pendant les fameux dix premiers jours de dhû el hidja. Profitez-en pour dire beaucoup de fois lâ ilâh illâ Allah (Il n'y a d'autre divinité digne d’être adorée en dehors d’Allah ndt.), subhâna Allah(gloire à Allah ndt.), et el hamd lî Allah (qu’Allah soit loué ndt.). » [Rapporté par Ahmed].

 

5- Sa'îd ibn Jubaïr qui n'est autre que le rapporteur du hadith d'ibn 'Abbâs cité précédemment faisait des efforts de piété considérables pendant ces fameux jours. Il serait pratiquement impossible d'en faire autant. [Rapporté par e-Dârimî].

 

6- Ibn Hajar explique dans son livre fath el Bârî : « Il semblerait que la raison pour laquelle les dix premiers jours de dhû el hidja soient particuliers provient du fait que les principaux rites y sont rassemblés ; autrement dit, la prière, le jeûne, l'aumône, et le pèlerinage, etc. »

 

 

 

Les actions recommandées durant cette période

 

1- La prière : il est recommandé de se présenter tôt aux cinq prières prescrites, et de multiplier les prières surérogatoires étant donné qu'elles comptent parmi les meilleurs actes de dévotions. Thawbân (t) nous rapporte : « J'ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : Multiplie les prosternations pour Allah, il n'y en a pas une que tu puisses faire sans que le Seigneur ne t'élève par elle d'un degré, et ne t'enlève par elle, un péché. » [Rapporté par Muslim.] En l'occurrence, ce mérite est valable à toutes les époques de l'année.

 

2- Le jeûne : étant donné qu'il fait parties des bonnes œuvres. Ainsi, selon Hunaïda ibn Khâlid, selon sa femme, selon certaines épouses du Prophète (r) : « Le Messager d’Allah jeûnait les neuf premiers jours de dhû el hidja, le jour de 'Âshûra, et trois jours tous les mois. » [Rapporté par Ahmed, Abû Dawûd et Nasâî.] L’érudit e-Nawawî précise à ce sujet qu’il est fortement recommandé de jeûner au cours de ces dix jours.

 

3- Proclamer l'unicité d’Allah, Sa Grandeur et Ses Louanges : conformément au hadith rapporté par ibn 'Omar (t) : « Profitez-en pour dire beaucoup de fois lâ ilâh illâ Allah, subhâna Allah, et el hamd lî Allah. » L'érudit el Bukhârî affirme : « Ibn 'Omar et Abû Huraïra se rendaient au marché pendant les dix premiers jours de dhû el hidja ; comme ils y clamaient la grandeur du Seigneur (en disant Allah Akbar), cela incitait les gens à en faire autant. » Dans ce registre, il a dit : « Sous sa tente à Mina, 'Omar (t) clamait la grandeur d’Allah. Il se faisait entendre des gens présents dans la mosquée qui se mettaient à l’imiter. Cet élan se répandit dans tous les marchés, ce qui faisait vibrer tout Mina. »

Ainsi, ces jours-là ibn 'Omar (t) prononçait à Mina cette formule (Allah Akbar), après les prières, dans son lit, sous sa tente, dans ses rencontres, dans ses va-et-vient sans s'arrêter un seul jour. Il est aussi recommandé de le faire à voix haute conformément à la pratique de 'Omar, d'bn 'Omar et d’Abû Huraïra (y). Il nous est donc désigné, en tant que musulman de faire revivre cette Tradition négligée à notre époque. Malheureusement, elle est devenue pratiquement oubliée même par les gens les plus religieux, contrairement à la pratique en usage chez nos Pieux Prédécesseurs. 

 

Les différentes formules à dire :

 

A-      Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah Akbar Kabîra (Allah est Grand énormément ndt.)

B-       AllahAkbar ! Allah Akbar ! Lâ ilâh illâ Allah ! Allah Akbar ! Allah Akbar ! Wa lî Allah el hamd (qu’Allah soit loué ndt.) !

C-       Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah Akbar ! Lâ ilâh illâ Allah ! Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah Akbar ! Wa lî Allah el hamd !

 

4- Jeûner le jour de 'Arafa :

Le jeûne est plus particulièrement mérité le jour de 'Arafa comme il est certifié à travers le hadîth : « J'aspire [ainsi]à ce qu’Allah pardonne mes péchés de l'année précédente et de l'année suivante. » [Rapporté par Muslim.] Toutefois, il n’est pas recommandé de jeûner pour celui qui se trouve à 'Arafa – le pèlerin –, étant donné que le Prophète (r) ne l’a pas fait.

 

5- Les mérites de l’Aïd :

Bon nombre de musulmans ne considèrent pas ce jour illustre à sa juste valeur. Ils ne tiennent pas compte de son importance et de sa faveur immense. Pourtant, certains savants considèrent qu'il est le meilleur jour de l'année dans l'absolu. Ils le préfèrent même au jour d'Arafa. À cet effet, ibn el Qaïyim souligne : « Le meilleur jour auprès d’Allah, c'est le jour de l'Immolation (Nahr), il est le grand jour du Pèlerinage. »

Par ailleurs, d’après la compilation d'Abû Dawûd (e-sunan), selon le Prophète (r) : « Le jour le plus illustre auprès d’Allah, c'est le jour de l'Immolation, ensuite vient le jour du séjour. » Ce fameux jour du « séjour » correspond au lendemain de l'Aïd, le 11ème jour de dhû el hidja, le jour où les pèlerins reviennent à Mina. Il est dit aussi que le jour d'Arafa est plus illustre, car jeûner à cette occasion permet d’absoudre deux années de péchés consécutives. Il n'y a pas un jour également où le Seigneur affranchit autant de Ses serviteurs de l'Enfer que le jour d'Arafa. À Cette occasion, Allah (U) se rapproche de Ses créatures. Puis, Il fait l'éloge à Ses anges des pèlerins présents à 'Arafa.

 

Cependant, la première tendance est la plus vraisemblable ; il est vrai que le hadith sur le sujet est imparable. Or, que ce jour soit meilleur ou non, l'essentiel c'est de lui accorder l'importance qui lui convient, en veillant à ne pas manquer l’opportunité qui nous est offerte dans le but de jouir de ses mérites. Cela concerne aussi bien le pèlerin que toute personne se trouvant dans les environs.

 

Comment accueillir la saison du pèlerinage ?

 

 1- Il incombe à chaque musulman d'accueillir les occasions cultuelles en général avec un repentir sincère et véritable. Il consiste entre autres à abandonner les péchés et à ne plus renouveler les fautes passées. Les péchés font malheureusement écran entre l'individu et les faveurs du Seigneur ; le cœur ne peut ainsi accéder à Son Maître.

2- Il faut accueillir également de façon générale les occasions cultuelles avec la volonté ferme et sincère de les passer selon le contentement divin. Allah est véridique envers quiconque l’est envers Lui : (Ceux qui ont fait des efforts en Nous, Nous allons les guider sur Notre chemin). [L'araignée ; 69]

 

Cher frère, veille à profiter de cette occasion propice avant qu'elle ne s'en aille, et que tu n'en pâtisses, car gâcher une seule heure engendre le remords.

 

Qu’Allah nous concède à tous de profiter de ces instants précieux, comme j'implore le Seigneur de nous assister dans Son obéissance et Sa parfaite obédience (soumission) !

 

 

Quelques pratiques liées au sacrifice et leur légitimité

 

À la base, le sacrifice est légitimé pour les personnes vivantes étant donné que le Prophète (r) et ses compagnons faisaient des sacrifices pour leur propre personne et en l'honneur de leur famille. Quant aux convictions répandues chez certains gens, et alléguant que le sacrifice est un droit exclusif aux morts, celles-ci n'ont aucune origine.

Il faut savoir qu’il existe trois sortes de sacrifice en l'honneur des morts :

 

Premièrement : le sacrifice peut englober les morts et les vivants à l'exemple de l'individu qui le dédie à sa propre personne ainsi que les membres de sa famille (qu’ils soient morts ou vivants). Cet usage s'inspire de la pratique du Prophète (r) lorsque celui-ci a sacrifié une offrande pour lui-même et pour ses proches. Tout en sachant que certains d'entre eux étaient déjà décédés.

 

Deuxièmement : faire un sacrifice pour une personne décédée conformément à ses recommandations préposthumes : le Verset suivant est à l'origine de cette pratique : (Quiconque le modifie après l'avoir entendu… le péché se verra porté à l'encontre de ceux qui l'auront modifié. Certes Allah est Savant et Entendant). [La vache ; 181] 

 

Troisièmement : le sacrifice peut être dédié par donation aux morts indépendamment des vivants. Cette pratique est permise ; les savants spécialistes en fiqh (science de la Loi) de l'école Hanbalite ont stipulé que sa récompense parvient effectivement aux défunts, et que son auteur en est bénéficiaire au même titre que l'aumône dédiée en leur honneur. Toutefois, je ne considère pas que cette pratique relève de la Tradition.

 

En effet, le Prophète (r) n'a jamais consacré de sacrifice spécialement en l'honneur d'une personne décédée. Il ne l'a pas fait pour son oncle Hamza – bien qu'il soit l'un de ses proches les plus chers à ses yeux – ni d'ailleurs pour aucun de ses enfants morts avant lui (ses trois filles décédées toutes les trois après leur mariage et trois garçons morts en bas âge). Il ne l'a pas fait non plus pour sa défunte épouse Khadîja, bien qu'elle était sa préférée. D'autre part, aucune annale des Compagnons venant vérifier cet usage n'a été recensée sur le sujet.

 

Nous considérons également que certains se trompent lorsqu’ils consacrent une immolation au bout de la première année du deuil. Ils donnent le nom de « sacrifice d'outre-tombe » à ce genre de pratique. Ils sont convaincus qu'il est interdit de faire profiter de la récompense de leur action à quiconque en dehors du défunt. Il est possible certes qu'ils consacrent aussi des offrandes à Allah par donation envers les morts ou conformément à leurs recommandations préposthumes, mais ils ne le font jamais pour leur propre personne ou pour leurs proches. Or, je suis sûr que s'ils savaient qu’il était possible de faire profiter à la fois les vivants et les morts parmi les membres de leur famille pour les sacrifices qu’ils vouent à Allah, ils se précipiteraient à le faire aux dépens de leurs coutumes.

 

Les choses à ne pas faire pour la personne voulant immoler le jour de l'Aïd

 

Si quelqu'un veut sacrifier un animal pour l'Aïd, et que l'entrée du mois de dhû el hidja soit effective (par la vision de la lune ou si le mois précédent dhû el qi'da compte trente jours), il lui est interdit de se couper les ongles, les cheveux, ou d'ôter n'importe quoi de son corps. Selon Um Salama, le Prophète a déclaré (r) : « À la venue des dix jours de dhû el hidja, si quelqu'un d'entre vous veut consacrer une offrande [pour l'Aïd], il ne devra toucher à aucun de ses cheveux ni à sa peau jusqu'au moment de l’immolation. » À partir du moment où l'intention lui serait venue au cours de cette période, il devra s'abstenir de le faire pour le restant des jours. Il ne lui sera cependant compté aucune faute pour la période passée.

 

La raison est que l'auteur d'un sacrifice est comparable au pèlerin sous certains aspects du hadj. Autrement dit, il se dévoue au Très-Haut en lui consacrant une offrande. Il lui convenait donc de s'associer à lui dans certaines particularités de la sacralisation (l'Ihrâm). En l'occurrence, s'abstenir de se couper les cheveux ou autre. Ainsi, il est interdit à l'auteur d'une offrande consacrée pour l'Aïd de s’enlever quoi que ce soit de ses cheveux, de ses ongles ou de sa peau.

 

Ce statut est spécifique à l’auteur du sacrifice. Tandis que les personnes pour qui celui-ci est dédié, elles ne sont pas concernées par cette restriction. En effet, Le Prophète (r) a seulement spécifié : « Si quelqu'un d'entre vous veut consacrer une offrande… », sans préciser les personnes en l'honneur desquelles ce sacrifice est effectué. Rien n'apprête à dire en regard des Textes, qu'il leur est demandé de se restreindre à cette prescription.

 

Si l'auteur d'un sacrifice venait à se couper les cheveux ou autre, il devra le cas échéant se repentir à Allah (U) et ne plus récidiver. Néanmoins, aucune expiation n'est prévue à cet effet. Cela ne peut l'empêcher d’immoler normalement contrairement aux convictions de certains gens.

 

Dans le cas où il commettrait cela par mégarde, par ignorance ou encore si certains cheveux étaient tombés involontairement, aucun péché ne lui sera enregistré. S'il était aussi contraint de se les couper pour une raison ou pour une autre, il n'y a pas d'inconvénient à le faire. Exemple : il peut se couper un ongle cassé venant l'importuner, se raccourcir les cheveux tombant sur les yeux, ou se les raser pour soigner une plaie, etc.

 

Règles et coutumes le jour de l'Aïd el adhha

 

Mon frère bien-aimé : je te salue par le salut des musulmans en te disant : e-salâm 'alaïkom wa Rahmat Allah wa barakâtuhu ! (que le Salut d’Allah soit sur vous, ainsi que Sa Grâce d’Allah et Ses Bénédictions ndt.). Avant tout, je voudrais te souhaiter toutes mes félicitations à l'occasion de la fête bénite de l'Aïd. Je te dis donc : qu’Allah accepte nos œuvres et les vôtres ! J'espère aussi qu'Il va agréer ces quelques lignes, et je L’implore de les rendre utiles à toi et à tout musulman à travers le monde !

 

Cher frère : le bonheur se confine dans la conformité aux enseignements du Prophète (r) à tous les niveaux de notre vie. Le malheur s'avère à l'inverse dans la non-conformité à ses enseignements. C'est pourquoi j'aimerais mettre l'accent sur certaines prescriptions qu'il est bon de mettre en pratique (par la parole ou les actes), la veille de l'Aïd el kabîr, le jour de l'immolation et les trois jours de tashrîq consécutifs à ce jour bénit.  Je les ai résumés pour toi en plusieurs points :

 

• Il est prescrit de proclamer la grandeur d’Allah à partir de l'aurore du jour d'Arafa jusqu'au 'asr (après midi) du dernier jour de tashrîq. Le Seigneur révèle (I) : (Évoquez Allah durant certains jours déterminés). [Le pèlerinage ; 28] Sa formule correspond à dire :Allah Akbar ! Allah Akbar ! Lâ ilâh illâ Allah ! Allah Akbar ! Allah Akbar ! Wa lî Allah el hamd ! L'usage veut que les hommes la prononcent à voix haute dans les mosquées, les marchés, les maisons, et après les prières pour exprimer la Majesté d'Allah, manifester son adoration (I) et pour le remercier de Ses bienfaits.

 

Immoler une offrande : Il faut le faire après la prière de l'Aïd conformément à la parole du Prophète (r) : « Quiconque immole avant la prière, doit refaire son sacrifice, et quiconque ne l'a pas fait, pourra le faire après. » [Rapporté par el Bukhârî et Muslim.]

Sa période dure quatre jours ; le jour effectif de l'immolation et les trois jours de tashrîq. Il est certifié que le Prophète (r) a prescrit : « Toute la période de tashrîq sont des jours d'immolation. » [Voir silsilat e-sahîha de l’Albânî].

 

Se doucher et se parfumer pour les hommes en veillant à porter ses plus beaux vêtements : sans prodigalité ni laisser traîner le vêtement au-dessous du talon et se raser [ou se tailler] la barbe, ce qui est strictement défendu. Quant aux femmes, il leur est prescrit d'assister à la prière de l'Aïd sans laisser paraître leurs attraits ni se parfumer. Il ne serait pas logique de s'y rendre par dévouement envers Allah en vue d'effectuer la prière et de Lui désobéir en même temps à cause de son indécence (en étant dévoilée et parfumé devant des étrangers).

 

Manger de son offrande : le Messager d’Allah (r) ne touchait aucune nourriture avant d'être revenu de la prière de l'Aïd. Une fois chez lui, il mangeait de son offrande. [Zâd el ma'âd d’ibn el Qaïyim.] 

 

Aller à pied à la prière de l'Aïd dans la mesure du possible.

 

• La Tradition veut que la prière de l'Aïd se fasse à ciel ouvert et à l’extérieur des mosquées, conformément à l’exemple du Prophète (r), sauf bien sûr en cas d'intempérie (en temps de pluie par exemple).

 

Participer à la prière avec les fidèles, il est recommandé aussi d'assister ultérieurement au sermon prononcé. Les grands spécialistes parmi les savants ont adopté l'opinion selon laquelle la prière de l'Aïd est obligatoire comme le formule le Verset : (Prie Ton Seigneur et immole). [Le Kawthar ; 2] Il n’est donc pas permis de s'en dispenser sans excuse valable. Les femmes aussi peuvent participer à cette assemblée, même celles qui ont les menstrues ou qui n’ont pas la puberté. La femme indisposée par les menstrues doit toutefois se tenir à l’écart du lieu de prière.

 

Changer de parcours à l'allée et au retour : Il t'est recommandé d'emprunter un chemin différent au retour de la prière de celui de l'allée pour imiter ainsi le Prophète (r).

 

Les félicitations de l'Aïd : suivant l'usage des Compagnons.

 

 

Fais attention cher croyant à ne pas commettre un certain nombre de fautes commises par beaucoup de gens, dont :

 

• Évoquer en groupe la formule prescrite : en la répétant tous ensemble d'une seule voix, ou encore au suivant le rythme de quelqu’un du groupe.

Se distraire le jour de l'Aïd avec des divertissements interdits : écouter de la musique, programmer des films, ou organiser des réceptions mixtes en laissant les hommes se mélanger à des femmes étrangères, etc.

Se couper les cheveux et les ongles : Avant d'immoler son offrande pour la personne qui a décidé de le faire, en se conformant ainsi à l'interdiction du Prophète (r) à ce sujet.

Le gaspillage et les dépenses inutiles : vouées à des futilités n’ayant aucun intérêt, comme le Seigneur (I) le déclare : (Ne prodiguez pas inutilement, car Allah n'aime pas les prodigues). [Le bétail ; 141].

 

En conclusion : n'oublie pas, cher croyant de veiller à faire de bonnes actions et des œuvres pieuses : Entretenir les liens de sang, visiter ta famille, éviter les querelles, la jalousie et la haine, purifier ton cœur de tout mauvais sentiment, avoir pitié des pauvres, des gens miséreux, et des orphelins en leur tendant la main et en faisant rentrer la gaieté dans leurs cœurs. Enfin, j'implore le Seigneur de nous faciliter les actions aimées et agrées de Lui ! Qu’Il nous prodigue la connaissance en matière de religion, et nous compte parmi ceux qui ont œuvré opportunément en cette occasion immense, les dix premiers jours de dhû el hidja en dévouant nos bonnes actions à Son Noble Visage !

 

Que les Prières d’Allah et Son Salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches, et tous ses Compagnons !

 

Traduit par : Karim Zentici 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 15:20

 Hydrangeas

   Aux portes du bonheur


 

      ● Selon ibn 'Abbâs (y), le Messager d’Allah (r) a déclaré : « Il n'y a pas de jours où les œuvres sont meilleures que les dix premiers jours de Dhû el Hidja.

-          Pas même la guerre sur le chemin d’Allah ? Lui demandèrent les compagnons.

-          Pas même la guerre sur le chemin d’Allah, confirma-t-il, si ce n’est celui dont le corps a été transpercé, et dont le sang a été versé. »

Dans une certaine version, on lui réitéra trois fois la question avant qu’il ne réponde : « si ce n’est celui qui n'en serait pas revenue. » Dans une autre version, il a assuré : « si ce n’est celui qui aurait investi son corps et ses biens et qui aurait perdu la vie. »

Dans une autre version : « si ce n’est celui qui ne revient pas avant d’avoir fait couler son sang. » Dans une autre version enfin : « si ce n’est celui dont le visage a roulé dans la poussière. »

 

 

Concernant l'interprétation du Verset : (évoquez Allah certains jours déterminés), dans une autre lecture : (notoires)[1]

 

● Selon el Hasan : « Les jours déterminés correspondent aux dix premiers jours de Dhû el Hidja, et les jours notoires aux trois jours de Tashrîq (consécutifs au jour de l'Aïd). »

 

Concernant l'interprétation du Verset :

(Nous avons promis à Moussa trente jours auxquels Nous avons ajouté dix)[2]

 

● Selon Mujâhid : (Nous avons promis à Moussa trente jours) autrement dit : Dhû el Qi'ida (auxquels Nous avons ajouté dix), de Dhû el Hidja.

 

Concernant l'interprétation du Verset :

(Par l'aurore, et les dix nuits)[3]

 

● Selon 'Ikrima : « L'aurore c'est l'aube ou la prière de l'aube, et les dix nuits correspondent aux dix jours de l'Aïd el Adhha. »

 

● Lorsque l'on posa la question à Masrûq au sujet de ce Verset, il affirma : « Ce sont les meilleurs jours de l'année. »

 

Selon el Hasan : « Jeûner un seul jour parmi les dix jours équivaut à jeûner deux mois. »

Selon Talha ibn 'Ubaïd ibn Karîz el Khuzâ'î, le Messager d’Allah (r) a dit : « Il n'y a pas un jour où Iblis est le plus vil (écrasé), démoli, et le plus en rage que le jour de 'Arafa, en voyant comment Allah verse Sa Clémence sur Ses Serviteurs, et comment Il leur fait rémission de leurs péchés les plus immenses, à l'exception du jour de la Bataille de Badr.

-          Qu’a-t-il vu ce jour-là, lui demanda-t-on ?

-          Il a vu Jibril, répondit-il, mettre les anges en rang. »

 

 

 

Concernant l'interprétation du Verset :

(Par les pair et impair)[4]

 

● Selon 'Ikrima : « Le pair correspond au jour de l'immolation, et l'impair, c'est le jour de 'Arafa. »

 

● Selon e-Dhahhâk ibn Muzâhim : « Le jour de 'Arafa, et le jour de l'immolation, Allah a juré par ces deux jours d’entre les dix autres. »

 

● Selon Mujâhid : « Toute création d’Allah est paire ; le ciel et la terre, la terre et la mer, le soleil et la lune, etc. »

 

● Selon 'Abd e-Rahmân ibn Yazîd : « Nous avons fait la Grande Ablution moi et 'Abd Allah ibn Mas'ûd le jour de 'Arafa sous l'arac.[5] »

 

● Selon Shaqîq ibn Salama :« 'Ali ibn Abi Tâlib proclamait la grandeur d’Allah (en disant Allah Akbar) à partir de la prière du Fadj (l'aube) le jour de 'Arafa. Il ne s'arrêtait pas ensuite, jusqu'à ce qu'il ne fasse la prière du Dhuhr (Zénith) le dernier jour de Tashrîq (les trois jours après l'Aïd), il clamait : Allah Akbar ! Après la prière du 'Asr.[6] »

 

● Selon 'Âsim ibn Dhumra : « 'Ali (y) proclamait la grandeur d’Allah le jour de 'Arafa à partir de la prière du Fadj jusqu'à la prière du 'Asr du dernier jour de Tashrîq en disant : Allah Akbar ! Allah Akbar ! Il n'y a d'autre divinité en dehors d’Allah, Allah Akbar ! Allah Akbar ! À Allah revient les louanges. »

 

● Selon 'Ikrima : « Ibn 'Abbâs (y) proclamait la grandeur d’Allah, à partir de la matinée du jour de 'Arafa jusqu'au dernier jour de Mina. Il s'abstenait de la faire au moment du Maghreb (couché du soleil). Il disait : Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah Akbar wa Ajal (Allah est plus Grand et plus Illustre[7]) ! Allah Akbar ! Pour nous avoir guidés. »

 

● Selon 'Ubaïd ibn 'Umaïr : « 'Omar ibn el Khattâb (y) proclamait la grandeur d’Allah (U) à partir du Fadj (l'aube) le jour de 'Arafa, pour terminer après la prière du Dhuhr. »

 

'Abd Allah ibn Mas'ûd disait (y) : « Le Takbîr[8] pendant les jours de Tashrîq commence le jour de 'Arafa à partir de la prière du Fadj jusqu'à la prière du 'Asr le jour de l'immolation. »

● Selon Nâfi' : « Ibn 'Omar (y) proclamait la grandeur d’Allah (U) de la prière du Dhuhr, le jour de l'immolation jusqu'à la prière du Fadj du dernier jour de Tashrîq en disant : Allah Akbar ! Allah Akbar ! Il n'y a d'autre divinité en dehors d’Allah, l'Unique qui n’a aucun associer, à Lui la Royauté, à Lui les Louanges, et Il est capable de tout. »

 

● Selon Hammâd ibn Salama, d'après Humaïd : « Je faisais la prière avec 'Omar ibn 'Abd el 'Azîz, il proclamait la grandeur d’Allah de la prière du Dhuhr, le jour de l'immolation jusqu'à la prière du Fadj du dernier jour de Tashrîq. »

 

● 'Ata ibn Abi Rabâh proclamait la grandeur d’Allah de la prière du Dhuhr, le jour de l'immolation jusqu'à la prière du 'Asr du dernier jour de Tashrîq.

● Selon 'Ali, le Messager d’Allah a déclaré (r) : « Voici la meilleure formule que nous ayons pu réciter, moi et les autres Prophètes le soir[9] de 'Arafa : Il n'y a d'autre divinité en dehors d’Allah, l'Unique qui n’a aucun associer, à Lui la Royauté, à Lui les Louanges, et Il est capable de tout. »

 

● Selon 'Abd Allah ibn el Hârith : « Ibn 'Omar (y) levait la voix, le soir de 'Arafa pour proclamer : Il n'y a d'autre divinité en dehors d’Allah, l'Unique qui n’a aucun associer, à Lui la Royauté, à Lui les Louanges, et Il est capable de tout. Ô Allah ! Guide-nous sur la bonne voie, revêt-nous de la piété et pardonne-nous ici-bas et dans l'au-delà. Ensuite, il atténuait la voix pour s’exclamer : Ô Allah ! J'implore de Ta Faveur, de Tes dons, et de Tes bienfaits bénits et bons.

Ô Allah ! Toi, Tu nous as imposé de T'invoquer, et Tu T'es imposé de nous exaucer. Seigneur ! Tu ne peux manquer à Ton engagement et nul ne peut contester Ta promesse. Ô Allah ! Fais-nous aimer Les choses que Tu aimes, et facilite-nous-en l’accès ! Et fais-nous détester les choses que Tu détestes, et éloigne-nous-en. Ne nous reprend pas l'Islam après nous l'avoir offert. Ô le plus Clément des Miséricordieux ! »

 

[Extraits de Fadhl ‘Ashri Dhî el Hidja de son auteur, le centenaire el Hafizh Suleïmân ibn Ahmed E-Tabarâni (260-360 h.)]

 

Traduit par : Karim ZENTICI

 

 



[1] Le Pèlerinage ; 28

[2] El A'râf ; 142

[3] L'aurore ; 1

[4] L'aurore ; 2

[5] Arbuste dont les racines sont utilisées pour le Siwak.

[6] L'après midi

[7] Majestueux

[8] Dire : Allah Akbar

[9] L'après-midi

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:02

Hydrangeas

Quel est le meilleur jour de l’année ?

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Voir : Zâd el Ma’âd d’ibn el Qaïyam el Jawziya (1/54-65).

 

 

Allah élit certains jours de l’année dont le meilleur est celui du Grand ‘Aïd (Yawm e-Nahr) ; c’est le « Grand Jour » du pèlerinage (el Hadj el Akbar) conformément au Hadith rapporté dans e-Sunan, et selon lequel le Prophète (r) déclare : « Le meilleur jour auprès d’Allah, c’est le Jour de l’Immolation, puis le jour du « séjour » (el Qarr) à Mina. »[1] Selon une autre opinion, le Jour de ‘Arafa serait plus méritoire comme nous l’apprend la tendance la plus répandue des partisans de Shâfi’î car assument-ils, ce jour-là correspond au « Grand Jour » du Hadj, et celui-ci permet d’effacer deux années de péchés.[2] En outre, il n’y a pas un jour où Allah affranchit le plus de Ses créatures de l’Enfer que celui de ‘Arafa,[3] et Lui-même (I) se rapproche de Ses serviteurs à l’occasion d’un rassemblement sur lequel Il se vante auprès des anges. La meilleure opinion reste la première car aucun argument solide ne peut aller à l’encontre du Hadith sur la question.

 

Yawm el Hadj el Akbar correspond au jour de l’Aïd selon la bonne opinion comme le spécifie le Verset dans lequel le Très-Haut dit : (Et l’appel aux hommes de la part d’Allah et de Son Messager pour le Grand Jour du Hadj).[4] Il est notamment certifié dans les recueils d’el Bukhârî et de Muslim, qu’Abû Bakr (t) et ‘Ali (t) ont effectivement fait cet appel, le jour de l’Aïd non celui de ‘Arafa.[5] D’après Sunan Abû Dâwûd également, le Prophète (r) informe avec une chaîne narrative plus authentique : « Le Grand Jour du Hadj, c’est le Jour de l’Immolation. »[6] Abû Huraïra et une partie des Compagnons s’accordent à dire la même chose. Par ailleurs, ‘Arafa vient juste avant l’Aïd ; le pèlerin y stationne, humble, repentant, suppliant et adjurant le Seigneur de lui venir en aide. Le jour suivant, il se rend à la Mecque pour visiter le Temple. C’est pourquoi, le Tawâf est désigné comme la visite de la Ka’ba. Après s’être purifiés de leurs péchés la veille, le Seigneur invite les pèlerins de Lui rendre visite auprès de Sa « Maison ». C’est pourquoi, il est demandé ce jour-là d’immoler une offrande, de se raser la tête, et de jeter les pierres à la Jamara, ce qui constitue la plupart des rites du Hadj. Le lavage et les ablutions que l’on réserve le jour d’avant vient en préparatif à ce grand jour.

 

D’autre part, les dix premiers jours de Dhû el Hidja sont les meilleurs jours qui soient ; Allah les considère comme la meilleure période de l’année. Il est certifié dans Sahîh el Bukhârî, selon ibn ‘Abbâs (t), que le Prophète a affirmé : « Il n’y a pas de jours où les œuvres pieuses sont les plus aimées auprès d’Allah que ces dix premiers jours.

-          Cela concerne même le Jihâd sur le sentier d’Allah ? Lui a-t-on demandé.

-          Cela concerne même le Jihâd sur le sentier d’Allah, sauf pour un homme qui y aurait investi son argent et sa personne pour et qui aurait tout laissé. »[7]

Ils correspondent aux jours par lesquels Allah jure dans Son Livre lorsqu’Il dit : (Par l’aurore • Par les dix nuits).[8] Il est donc plus recommandé au cours de cette période de proclamer la Grandeur d’Allah (en disant Allah Akbar !), Sa Glorification (en disant Subhâna Allah !), et Ses Louanges (en disant el Hamdo li Allah !). Le Prophète (r) enjoint à ce sujet : « Multipliez-y de proclamer la Grandeur d’Allah, Sa Glorification, et Ses Louanges. »[9] Ces jours ont la même valeur par rapports aux autres moments de l’année, que celle des différents lieux rituels du Hadj par rapport aux autres endroits du monde.

 

Concernant les mois de l’année, celui du Ramadhan est le meilleur d’entre toux, ses dix dernières nuits sont les meilleures de l’année, et la nuit du Destin vaut mille mois. Il est toujours possible de se demander lesquels d’entre les dix premiers jours de Dhû el Hidja et les dix dernières nuits du Ramadhan, ont plus de mérite ? Il est possible de répondre qu’en réalité les dix dernières nuits du Ramadhan sont plus méritoires que les dix premières de Dhû el Hidja et qu’à l’inverse les dix premiers jours de Dhû el Hidja soient meilleurs que les dix derniers du Mois des jeûneurs.[10] Cette explication résout ainsi tout problème ! Pour preuve, les dix dernières nuits du Ramadhan ont une valeur particulière car elles comptent en leur sein la Nuit du Destin. Quant aux jours de Dhû el Hidja, leur valeur particulière est dû aux mérites de certains jours qui les composent comme celui de l’Aïd, celui de ‘Arafa, et les trois jours de Mina (Ayâm e-Tashrîq).

 

À la question, lequel d’entre la journée du vendredi et celle de ‘Arafa a le plus mérite, en sachant qu’ibn Hibbân rapporte dans son recueil e-Sahîh, un Hadith d’Abû Huraïra, selon lequel le Prophète (r) a dit : « Il n’y a pas un jour de meilleur sur lequel le soleil se lève et se couche que celui du vendredi. »[11] Dans le Hadith de Aws ibn Aws, il est également précisé : « Le meilleur jour sur lequel le soleil se lève et se couche est le vendredi. »[12] Nous pouvons dire en réponse que certains savants favorisent effectivement le vendredi à ‘Arafa en s’appuyant sur le Hadith précédemment cité. El Qâdhî Abû Ya’la mentionne même une version d’après Ahmed disant que la nuit du vendredi est plus méritoire que la nuit du Destin. La bonne opinion consiste à dire en fait que si le vendredi est indiscutablement le meilleur jour de la semaine, ‘Arafa et le jour de l’Aïd sont les meilleurs jours de l’année ; cela concerne tout aussi bien la nuit du Destin envers la veille du vendredi. C’est pourquoi, quand ‘Arafa tombe un vendredi, il a d’autant plus de faveur que s’il tombait n’importe quel autre jour et cela pour les raisons suivantes :

 

Premièrement : ce rassemblement coïncide avec les deux meilleurs jours de l’année.

Deuxièmement : il y a une heure le vendredi où les invocations sont sûres de se voir exaucées ; selon l’opinion la plus répandue cette heure a lieu après le ‘Asr, c’est l’heure à laquelle les pèlerins consacrent à ‘Arafa leurs humbles supplications à leur Seigneur.

Troisièmement : c’est le jour où le Messager d’Allah (r) se trouvait à ‘Arafa.

Cinquièmement : le jour où ‘Arafa tombe un vendredi, cela correspond au jour où tous les musulmans de la terre se réunissent en vue d’écouter le sermon et de faire la prière du vendredi. C’est le seul jour où tous les gens qu’ils soient dans leur mosquée ou sur le sol de le périmètre de ‘Arafa, se consacrent à la dévotion ; en cela, cet événement est unique.

 

Cinquièmement : Le vendredi est un jour de fête hebdomadaire tout comme ‘Arafa est un jour de fête annuel en l’honneur des pèlerins qui s’y trouvent. C’est pourquoi, il est déconseillé de jeûner lors de cette « manifestation spirituelle ». Les avis des savants divergent au sujet de savoir quelle sagesse se cache derrière la recommandation de ne pas être à jeun en vue d’affronter un tel événement. Une certaine tendance assume que cela permet de rester fort afin de mieux affronter les invocations spécifiques à ce jour. D’autres savants à l’instar de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya voient plutôt que ‘Arafa est un jour de fête pour les pèlerins qui s’y trouvent. Il est donc déconseillé de jeûner lors d’une telle occasion. L’argument s’incarne dans le Hadith rapporté dans e-Sunan, et selon lequel le Prophète (r) a dit : « Le Jour de ‘Arafa, le Jour du Sacrifice, et les jours de Mina sont des jours de fête pour nous les adeptes de l’Islam. »[13] Notre Sheïkh a fait le commentaire suivant : « ‘Arafa est un jour de fête pour les gens qui s’y réunissent en raison justement de leur rassemblement contrairement aux gens d’ailleurs qui se réunissent le lendemain leur jour de fête à eux ; ainsi, quand ‘Arafa et le vendredi tombent un même jour, cela signifie que deux fêtes sont réunies lors d’une même occasion. »

 

Sixièmement : C’est le jour où le Très-Haut a parachevé Sa religion en faveur des croyants et où Il les a parfait de Ses bienfaits comme il est certifié dans Sahîh el Bukhârî, selon Târiq ibn Shihâb, un juif s’est présenté devant ‘Umar ibn el Khattâb pour lui dire : « Ô Prince des croyants ! il y a un Verset que vous lisez dans Votre Livre Sacré s’il avait été révélé à nous les juifs et que nous connaissions le jour où il aurait été révélé, nous l’aurions pris comme jour de fête !

-          Quel est ce Verset ? Lui demanda-t-il.

-          Celui-ci : (Aujourd’hui, J’ai parachevé votre religion, Je vous ai parfait de Mes bienfaits, et JE vous ai agréé l’Islam comme religion).[14]

-          Je connais le jour et l’endroit où il fut révélé ; il fut révélé au Messager d’Allah un vendredi à ‘Arafa, alors que nous étions stationnés avec lui. »[15]

 

Septièmement : Ce jour coïncide avec le Grand Rassemblement et le Grand Événement, qu’est le Jour de la Résurrection qui aura lieu un vendredi, comme le souligne le propos prophétique suivant : « Le meilleur jour sur lequel le soleil se lève est le vendredi ; c’est le jour où Adam fut créé, où il fut introduit au Paradis, où il en fut chassé, et où l’Heure se déclenchera ; il y a une heure ce jour-là où chaque musulman qui implore un bien au Seigneur, se le verra exaucer. »[16] C’est pourquoi, Allah a prescrit à Ses serviteurs un jour où ils se réunissent afin de se remémorer le début et la fin du monde, le Paradis et l’Enfer. Il a réservé le vendredi aux membres de cette communauté car c’est le jour où le monde commença et où il finira. De la même manière, ‘Arafa, qui est le plus grand événement sur terre rappelle le Grand Rassemblement après la fin du monde, au cours duquel les hommes seront confrontés au Seigneur (I) ; avant le milieu du jour, les bienheureux seront installés au Paradis et les malheureux en Enfer.

 

Huitièmement : La journée et la veille du vendredi se distinguent pour offrir plus de rituels que les autres jours de la semaine. La plupart des pervers eux-mêmes le respectent particulièrement. Ils n’osent pas y désobéir au Tout-Puissant de peur qu’Il leur précipite leur châtiment sans attendre. Cette conviction que l’expérience confirme, est profondément ancrée en eux en raison du caractère exceptionnel et honorable de ce jour auprès d’Allah qui l’a choisi d’entre tous les autres jours. Nul doute, que ‘Arafa lui donne ainsi un plus grand ascendant.

 

Neuvièmement : Le vendredi correspond au jour de la « faveur supplémentaire » (Mazîd) dont pourront jouir les habitants du Paradis ; ils se réuniront à cette occasion dans la vallée Afîh où il leur sera installé des chaires en perles, des chaires en or, et des chaires imprégnés de topaze et de rubis sur des dunes en musc. Ils contempleront leur Seigneur (I) qui se dévoilera à leurs yeux. Celui qui attend le plus cet événement est celui qui se rend le plus tôt au sermon du vendredi et qui se rapproche le plus près de la chaire de l’Imam. Les bienheureux sont impatients de découvrir ce jour du Mazîd qui se déroulera un vendredi ; le fait que ‘Arafa tombe ce fameux jour, cela lui donne une particularité supplémentaire et un mérite qu’aucun autre jour ne peut s’arroger.

 

Dixièmement : Allah se rapproche l’après-midi de ‘Arafa de Ses serviteurs présents à cette occasion et en faveur desquels Il se vante auprès de ses anges en proclamant : « Que veulent-ils tous ces gens ? Je vous prends en témoins que Je leur ai pardonnés ! »[17] L’instant où le Très-Haut est près de Ses créatures correspond à une heure où les obligations sont inévitablement exaucées. Quiconque rempli d’humilité et de dévotion invoque un bien au cours de cette période ne sera pas déçu. Ainsi, il se produit deux sortes de rapprochement lors de cette occasion ; la réponse du Seigneur aux invocations est proche et indubitable d’une part, et d’autre part Lui-même est proche de Ses serviteurs présents à ‘Arafa. Les croyants ressentent dans leur cœur ces notions capables de redoubler en eux de force, de joie, de bonheur, de réjouissance, et d’espoir envers les faveurs et les dons de Leurs Seigneurs. Tous ces arguments et bien d’autres nous amènent à conclure que ‘Arafa est plus méritoire lorsqu’il tombe un vendredi.

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Traduit et compilé pour Islam.house par :

Karim ZENTICI  

                  



[1] Rapporté par Abû Dâwûd (1765) et Ahmed (4/350).

[2] Voir : Sahîh Muslim (1162).

[3] Voir : Sahîh Muslim (1348).

[4] Le repentir ; 3

[5] Rapporté par el Bukhârî (8/240), et Muslim (1347).

[6] Rapporté par Abû Dâwûd (1945).

[7] Rapporté par el Bukhârî (2/382, 383).

[8] L’aurore ; 1, 2

[9] Rapporté par e-Tabarânî dans el Kabîr (3/110/1).

[10] Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya a donné cette réponse dans Majmû’ el Fatawa (25/287), lorsqu’on lui posa cette question. Si cette réponse suscita l’admiration de son disciple ibn el Qaïyam comme en témoigne son commentaire à cette Fatwa, on ne peut en dire autant de son disciple plus éloigné ibn Rajab qui estime que cette opinion provenant d’un savant des nouvelles générations, est très éloignée de la vérité ! [Voir : Latâif el Ma’ârif (p. 468)]

[11] Rapporté par ibn Hibbân (551).

[12] Cet énoncé est rapporté par Muslim (854).

[13] Rapporté par Abû Dâwûd (2419) et e-Tirmidhî (773).

[14] Le Repas Céleste ; 3

[15] Rapporté par el Bukhârî (1/97).

[16] Rapporté par Muslim (852, 854).

[17] Rapporté par Muslim (1348).

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 15:00

Hydrangeas

Le Jour de ’Arafa et le Jour de la Résurrection

 

Voir : el Hadj wa Tahdhîb e-Nufûs de Sheïkh ‘Abd e-Razzâq el ‘Abbâd (168-176).

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Parmi les morales extraordinaires et les événements émouvants qui ont lieu à l’occasion du Hadj, il y a ce rassemblement immense et bénit auquel assistent les pèlerins, le Jour de ‘Arafa. Tout ce monde réuni en cet endroit pour répondre à l’appel d’Allah à travers la Talbiya et pour supplier le Seigneur, les cœurs à l’affût de Sa Miséricorde et emplis de crainte à l’égard de Son Supplice. Ils implorent ainsi Sa Faveur immense lors de la plus grande manifestation islamique qui soit. Cet événement en rappel un autre bien plus spectaculaire ; c’est le Jour de la Résurrection où seront rassemblées les premières et les dernières générations en un seul endroit, dans l’attente incessante du Grand Jugement qui décidera du sort des hommes. Chacun saura s’il est destiné à goûter aux délices éternels ou bien à subir les tourments les plus douloureux. Ibn el Qaïyam dit à ce sujet dans sa poésie e-Nuniya :

 

Par Allah ! Cet événement qui est immense

Rappelle le Jour des Comptes qui est bien plus immense

    

Nul doute en effet que le Jour où les œuvres des hommes seront exposées au Seigneur est un rendez-vous d’une grande ampleur comme le souligne le Verset suivant : (Ils seront comparus devant Ton Seigneur en groupe).[1] (Ce jour-là, vous serez comparus et aucun de vos secret ne sera omit).[2] Ce jour gravissime, Allah (I) va rassembler tous les hommes comme nous l’apprend le Verset : (Il va vous réunir le Jour de la Résurrection, et cela sans le moindre doute).[3] (Le Jour où Il va vous réunir pour le grand Rassemblement ; ce sera le jour de la lésion).[4] (C’est le jour où les hommes seront rassemblés et c’est le jour dont chacun témoigne).[5]

Tant les premiers que les derniers hommes, tous seront réunis lors de ce grand rassemblement : (Dis : les premiers et les derniers • seront réunis pour un rendez-vous dont le jour est fixé).[6] Personne ne pourra échapper à ce Rendez-vous, que l’on puisse mourir dans l’espace, s’être perdu dans les entrailles de la terre, ou avoir été dévoré par les rapaces et les fauves ; personne ne manquera à l’appel. Allah révèle (I) : (Nous les avons rassemblés sans oublier personne).[7] (Où que vous soyez, Allah vous ramènera tous car Allah est capable de toute chose).[8] (Tous ceux qui se trouvent dans les cieux et la terre viendront soumis au Miséricordieux • Qui les a dénombrés et bien comptés • Chacun viendra seul le Jour de la Résurrection).[9] Ce fameux rassemblement se fera sur une terre devenue complètement différente de la nôtre comme le souligne le Verset : (Le jour où la terre sera changé en une autre terre ainsi que les cieux et où les hommes paraîtront devant Allah l’Unique et Dominateur).[10]

Le Messager (r) nous a fait la description de cette fameuse terre où se tiendra le rassemblement. D’après Sahîh el Bukhârî, et Sahîh Muslim, selon Sahl ibn Sa’d, j’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : « Les hommes seront rassemblés le Jour de la Résurrection sur une terre blanchâtre et vierge comme une galette de pain, et il n’y aura aucun repère à personne. »[11] Autrement dit, le sol sera plat ; il n’y aura ni vallée ni montagne et aucun signe d’habitation. Les hommes seront ressuscités entièrement nus ; ils n’auront ni vêtements ni chaussures ; comme ils seront incirconcis. Toujours d’après les deux recueils e-Sahîh d’el Bukhârî et de Muslim, selon ibn ‘Abbâs (t), le Prophète (r) a fait savoir : « Vous serez rassemblés le corps nu, les pieds nus, et incirconcis. »[12] Puis, il a récité : (Comme Nous avons fait pour la première création, Nous allons la ramener ; c’est Notre engagement que Nous allons exécutez).[13] El Bukhârî et Muslim rapportent également selon ‘Âisha, j’ai entendu dire le Prophète (r) : « Les hommes seront rassemblés nus, pieds-nus, et incirconcis le Jour de la Résurrection.

-               Cher Messager d’Allah ! Les hommes et les femmes ne vont-ils pas se voir les uns les autres, s’est-elle écriée ?

-              Âisha ! L’événement est bien plus grave pour qu’ils puissent se regarder ainsi les uns les autres !»[14]

 

Ce jour-là, le soleil se rapprochera des êtres vivants pour se retrouver à un mile au-dessus de leurs têtes. Ce jour-là, il n’y aura point d’ombre si ce n’est l’ombre du Trône du Miséricordieux. Certains hommes seront certes recouverts de son ombre mais la plupart d’entre eux seront exposés à la chaleur du soleil qui va les accablés, et les jeter encore plus profondément dans le désarroi et la peine. Pour ajouter à ce climat, les peuples seront entassés les uns les autres, les gens vont se poussés et se marcher sur les pieds, sans compter qu’ils seront pris par la soif. Le soleil torride, la chaleur des corps compressés et alarmés seront ajoutés à leur détresse. Dès lors, la transpiration cumulée des hommes va se répandre sur la surface de la terre. Elle atteindra les pieds de certains hommes qui seront éprouvés en fonction du rang et de la place qu’ils occuperont auprès de leur Seigneur ; les uns seront les « heureux » et les autres les « malheureux ». La sueur va monter pour atteindre chez certains les hanches, les épaules, et même les oreilles. Les plus malheureux seront submergés par leur sudation qu’Allah nous préserve et nous épargne de ce sort horrible ![15]

 

Selon Abû Huraïra (t), le Messager d’Allah a dit : « Le Jour de la Résurrection, les gens vont suer à tel point que leur sueur s’infiltrera dans la terre à une distance de soixante dix coudées. Elle va les envahir[16]jusqu’à parvenir aux oreilles. » Rapporté par el Bukhârî.[17] Selon el Miqdâd ibn el Aswad (t), le Messager d’Allah (r) a affirmé : « Le soleil va se rapprocher de la création, le Jour de la Résurrection et va se retrouver à un mile au-dessus d’eux. Dès lors, les hommes seront trempés de leur sueur en fonction de leurs actes ; les uns seront trempés jusqu’aux chevilles, d’autres jusqu’aux genoux, d’autres jusqu’aux hanches, et les derniers seront submergés de leur sueur. »[18] Pour l’expliquer, le Messager d’Allah (r) a montré du doigt sa bouche. Ce jour-là va durer cinquante mille ans comme le formule le Verset : (Les anges et l’Esprit remontent vers lui en un jour qui vaut cinquante mille ans).[19] Dans Sahîh Muslim, le Prophète (r) précise : « Il sera réservé à quiconque détient de l’or ou de l’argent, et qui ne verse pas son dû, des plaques de feu trempées dans les flammes de la Géhenne ; elles lui seront collées sur les côtés, le dos, et le front. À chaque fois qu’elles se refroidiront, elles seront trempées à nouveau, tout au long d’un jour qui va durer cinquante mille ans. Puis, il y aura le jugement entre les hommes où chacun verra sa place ; il ira soit au Paradis soit en Enfer. »[20] Cependant, Allah (I) va faciliter cette attente aux croyants, qu’Allah nous fasse don de Sa Grâce ! D’après el Mustadrak d’el Hâkim en effet, selon Abû Huraïra (t), le Messager d’Allah (r) a assumé : « Le Jour de la Résurrection passera pour les croyants comme la durée entre le Dhurh et le ‘Asr. »[21]

 

Allah (I) va couvrir les croyants de Son ombre, ce Jour terrible où il n’y aura pas d’autre ombre que la sienne : « Où sont ceux qui s’aiment au nom de Ma Majesté. Aujourd’hui, je les couvre de Mon ombre alors qu’il n’y a aucune ombre en dehors de la mienne. »[22] Ce fameux jour, les hommes vont accourir vers les prophètes pour leur supplier d’intercéder auprès d’Allah afin qu’Il entame le Jugement. Cependant, ces derniers vont tous se désister à l’exception de notre Prophète Mohammed (r) qui dira : « Cela me revient ! » Puis, il va s’écrouler prosterner sous le Trône du Seigneur de l’Univers. Allah va lui inspirer des éloges et des louanges en Son Honneur que personne n’aura jamais prononcées avant lui. Puis, Allah lui dira : « Relève la tête et implore, il te sera donné ! Intercède, il te sera exaucé ! » Dès lors, Le Tout-Puissant viendra pour trancher entre les hommes. Celui-ci révèle à ce propos : (Ton Seigneur viendra avec les anges en rang • Ce jour-là, la Géhenne sera emmenée • Ce jour-là, l’homme va se rappeler mais à quoi bon • Il dira : Hélas ! N’ai-je point œuvré pour ma vie future !)[23]

 

Pense à ce jour où tu viendras à Dieu seul

Quand les balances du jugement seront posées

Quand la faute n’aura plus aucun couvercle

Quand le voile des péchés sera arraché[24]

 

Médite un peu sur ce jour dont je viens de parler, pense à ta situation future, et remplis dès à présent tes bagages de la crainte du Seigneur, car tu ne peux avoir de meilleure provision : (Craignez Allah et sachez que vous Lui serez rassemblés).[25] Qu’Allah nous compte parmi Ses pieux serviteurs ! Qu’Il nous préserve à tous des tourments du Jour du Jugement ! Qu’Il nous mette à l’abri par Sa Faveur et Sa Grâce, des frayeurs de ce fameux Jour !

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Traduit pour Islam.house par :

Karim ZENTICI  

        



[1] La caverne ; 48

[2] L’Inéluctable ; 18

[3] Les femmes ; 87

[4] La lésion ; 9

[5] Hûd ; 103

[6] L’Echéance ; 49, 50

[7] La caverne ; 47

[8] La vache ; 148

[9] Mariam ; 93-95

[10] Ibrâhîm ; 48

[11] Sahîh el Bukhârî (6521) et Sahîh Muslim (2790).

[12] Sahîh el Bukhârî (3349) et Sahîh Muslim (2860).

[13] Les prophètes ; 104

[14] Sahîh el Bukhârî (6527) et Sahîh Muslim (2859).

[15] Voir : e-Tadhkira d’el Kurtubî (1/28).

[16] Le terme arabe est le verbe Aljama qui signifie brider dans le sens de gêner, ou encore de ce qui les empêche de parler. Voir : e-Nihâya fî Gharîb el Hadith d’ibn el Athîr (N. du T.).

[17] Sahîh el Bukhârî (6532).

[18] Sahîh Muslim (2864).

[19] El Ma’ârij ; 4

[20] Sahîh Muslim (987).

[21] El Mustadrak d’el Hâkim (1/84) ; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans Sahîh el Jâmi’ (8193).

[22] Sahîh Muslim (987).

[23] L’aube ; 22-24

[24] Voir pour ces vers : e-Tadhkira d’el Kurtubî (2/17).

[25] La vache ; 203

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 14:57

 Hydrangeas

 

La saison du Hadj

 

D’après el Bukhârî et Muslim, selon Abû Huraïra (t), le Prophète (r) a déclaré : « Les meilleures œuvres sont la foi en Allah et à Son Messager, puis le Jihâd sur le sentier d’Allah, et le Hadj pieux. »[1] Les trois œuvres cités ici reviennent en fait à deux grands ensemble : la foi en Allah et à Son Messager (qui comprend la foi aux anges, aux Livres, aux Messagers, et au Jour Dernier), et le Jihâd sur le sentier d’Allah. Ces deux principes se retrouvent dans le Verset suivant : (Les croyants sont ceux qui ont foi en Allah et en Son Messager, et qui par la suite ne sont pas pris par le doute ; Ils combattent avec leurs biens et leur personne sur le sentier d’Allah ; tels sont les gens sincères).[2] L’essence de la foi se vérifie au niveau du cœur et les actes – dont le Jihâd représente le summum –, en sont la traduction comme nous l’apprend le Prophète (r) : « Il y a un certain organe dans le corps qui, s’il  est sain celui-ci devient sain, et s’il se corrompt celui-ci se corrompt ; il s’agit du cœur. »[3] La foi est ainsi la fonction du cœur tandis que le Jihâd est la fonction du corps.

 

Or, il existe deux sortes de Jihâd : il y a certes la guerre qui consiste à étendre la religion d’Allah, et de faire découvrir aux hommes le chemin qui les mène au salut, mais il y a aussi l’effort que l’individu entreprend sur lui-même en vue de s’épanouir comme  nous l’apprend le Prophète (r) : « Le Mujâhid, c’est celui qui fait des efforts pour Allah. »[4] Le plus grand de ses efforts, c’est de fréquenter les mosquées qui sont consacrées aux différentes adorations. Le Très-Haut révèle à cet effet : (Des maisons qu’Allah a permis d’élever pour y évoquer Son Nom ; Il y est glorifié matin et soir • Des hommes qu’aucun commerce ne distrait de Son Rappel).[5] La première sorte de Jihâd reste la plus illustre comme le démontre le Verset : (Selon vous, celui qui abreuve les pèlerins et qui fréquente la Sainte Mosquée est-il comparable à celui qui a foi en Allah et au Jugement Dernier et qui combat sur le sentier d’Allah ; ils ne se valent pas pour Allah ; Allah ne guide certainement pas la gente injuste • Ceux qui ont foi en Allah et qui combattent sur le sentier d’Allah avec leurs biens et leur personne détiennent un plus haut degré auprès d’Allah ; ceux-là sont les gagnants).[6] Il faut prendrece Verset et le Hadith d’Abû Huraïra précédemment cité dans le sens où le Jihâd surérogatoire est plus méritoire que les autres œuvres surérogatoires dont le pèlerinage peut éventuellement compter. Sinon, il incombe à tout musulman de faire le Hadj au moins une fois dans sa vie.

 

Ce même Hadith d’Abû Huraïra nous apprend qu’après le Jihâd, l’action la plus noble consiste à fréquenter les mosquées en général dans lesquelles certaines adorations sont consacrées comme la prière, la lecture du Coran, le rappel, l’I’tikâf (retraire spirituelle), et l’enseignement des sciences. La plus noble mosquée d’entre toutes se trouvent à la Mecque où le pèlerin se rend pour effectuer en particulier la ‘Umra (petit Pèlerinage), le Hadj (grand pèlerinage), et le Tawâf (faire sept tours autour de la Ka’ba). C’est pourquoi, le Hadith spécifie que le Hadj est la meilleure œuvre qui soit après le Jihâd. Dans Son Livre, Allah nous fait les plus belles éloges de la Sainte Mosquée à traves les Versets : (Et quand Nous fîmes de la Maison Sacrée un asile pour les hommes et une terre paisible. Prenez la station d’Ibrahim comme lieu de prière. Nous avons pris sur Ibrahim et Ismâ’îl de purifier Ma Maison pour ceux qui font le Tawâf, l’I’tiqâf, et qui s’inclinent et se prosternent).[7] (La première Maison fondée pour les hommes est celle qui se trouve à Bekka ; bénite et direction pour l’univers • Il y a des signes évidents et la Station d’Ibrahim • Quiconque y entre est en paix).[8]

 

Quant à faire vivre les autres mosquées du monde, cela a autant de mérite que de faire sentinelle sur le sentier d’Allah. Selon les paroles du Prophète (r), faire les ablutions avec difficulté, multiplier les pas pour se rendre à la mosquée, attendre dans la mosquée entre deux prières, c’est faire la sentinelle (sur le sentier d’Allah) ![9] Quant à se rendre à la Mecque en vue d’y accomplir les différents rituels qui lui sont consacrés, c’est une forme de Jihâd. D’après Sahîh el Bukhârî en effet, ‘Âisha s’est exclamée : « Cher Messager d’Allah ! Nous voyons que le Jihâd est la meilleure œuvre, ne devrions-nous pas alors le faire ?

-              Le meilleur Jihâd pour vous (les femmes), c’est de faire un Hadj pieux. »[10]

Un autre Hadith nous enseigne : « Le Hadj est le Jihâd pour tous les faibles. »[11] D’après ‘Abd e-Razzâq, selon ‘Alî ibn el Husaïn à travers un Hadith Mursal,[12] un homme interrogea le Prophète (r) au sujet du Jihâd : « Veux-tu que je t’indique un Jihâd où il n’y a pas de difficulté (extrême) ? C’est le Hadj ! »[13] Le Hadj et la ‘Umra sont une forme de Jihâd dans le sens où ces deux rites réclament des efforts physiques et financiers comme le souligne Abû e-Sha’thâ, l’un des grands disciples d’ibn ‘Abbâs : « J’ai considéré les actions pieuses, et j’ai constaté que la prière et le jeûne réclament certains efforts physiques sans demander aucun effort d’argent. Quant au Hadj, ils réclament ces deux efforts à la fois, je me suis alors rendu compte qu’il était plus méritoire. »[14]

 

Par ailleurs, le Prophète (r) a affirmé : « Le Hadj pieux n’offre d’autre récompense que le Paradis. »[15] Il est certifié également qu’il (r) a dit : « Quiconque se rend en pèlerinage au Temple, et qui ne fait aucun mal dans ses paroles et ses actes, se verra enlever ses péchés et sera comme le jour où sa mère le mit au monde. »[16] Ainsi, pour jouir de ces deux mérites (gagner le Paradis, et être purifié de ses péchés), il faut remplir la condition d’effectuer un pieux pèlerinage, qui requiert de réunir deux choses :

 

Premièrement : de faire des œuvres pieuses durant ce rite. Le terme « pieux » (Bir) est utilisé dans deux sens :

1- : dans le sens de bienfaisance envers autrui. Dans ce registre, lorsqu’on interrogea le Prophète (r) au sujet du « Bir » (que l’on peut traduire dans ce contexte par la vertu ndt.), celui-ci répondit : « C’est d’avoir un bon comportement. »[17] Ibn ‘Omar disait à ce sujet : « La vertu, c’est chose facile, il suffit d’avoir un visage accueillant et des paroles douces. » Le pèlerin a grandement besoin de ces deux provisions, autrement dit il a besoin de bien se comporter avec autrui au niveau des paroles et des actes. On questionna Sa’îd ibn Jubaïr au sujet du meilleur pèlerinage : « C’est de donner à manger aux autres, et de retenir sa langue » expliqua-t-il. Abû Ja’far el Bâqir assume quant à lui, qu’à quoi bon se rendre à la Mecque si on ne s’arme pas de trois choses : de scrupule afin de s’éloigner des péchés, de sagesse afin de contenir sa colère, et des bons compagnons de voyage.

 

En un mot, le meilleur des hommes est celui qui est le plus utile aux hommes et qui endurent le plus leurs préjudices. Le Verset suivant brosse le portrait des gens pieux en disant : (Ceux qui dépensent dans l’adversité et dans l’aisance, qui retiennent leur colère, et qui pardonnent aux autres, alors qu’Allah aime les bienfaiteurs).[18] Le pèlerin a en effet besoin de se mélanger avec autrui en sachant qu’il vaut mieux se mélanger aux gens et endurer leur mal que de rester seul. Selon Rabîra, les bonnes mœurs consistent en voyage à faire profiter aux autres de ses provisions, à éviter les querelles avec ses compagnons de route, et à beaucoup plaisanter avec eux sur des choses qui ne déclenchent nullement la Colère divine. Mujâhid pour sa part, nous fait la confidence suivante : « Je suis parti en voyage avec ibn ‘Omar dans le but de le servir, mais c’est lui qui me servait. » Bon nombre d’anciens à l’exemple de ‘Âmir ibn ‘Abd Qaïs et ‘Amr ibn ‘Utba ibn Farqad donnaient comme condition, à leurs compagnons de voyage, de les laisser les servir afin de profiter de la récompense. Cela ne les empêchait nullement de se consacrer à l’adoration de leur côté. Buhaïm el ‘Ijlî a fait route avec un commerçant. C’est lui qui assurait les dépenses du voyage alors qu’il était pauvre et que son compagnon était riche, c’est lui qui servait son compagnon alors qu’il était vieux et que l’autre était jeune, et c’est lui qui faisait à manger alors qu’il jeûnait contrairement à son compagnon. Ibn el Mubârak offrait de la nourriture succulente à ses compagnons de voyage alors qu’il jeûnait. Il leur proposait de rassembler leur argent dans une caisse qu’il fermait à clef. Tout au long du voyage, il consacrait pour eux les plus larges dépenses et au retour il redistribuait à chacun la même somme d’argent qu’il lui avait donné.

    

2- la vertu (el Bîr) peut prendre le sens des actes d’adoration en général comme l’exprime le Verset : (Mais la vertu, c’est de croire en Allah et au Jour Dernier, aux anges, au Livre, et aux Prophètes ; c’est de dépenser l’argent qu’on aime aux proches, aux orphelins, aux pauvres, aux voyageurs, aux mendiants, et pour les esclaves).[19] Au demeurant, l’une des plus grandes adorations que l’on doit faire au cours du Hadj, c’est de multiplier l’évocation d’Allah.

 

Deuxièmement : Pour que le Hadj soit parfait, il faut éviter les mauvaises actions comme le formule le Verset : (Quiconque se rend au Temple ne doit pas avoir de relation charnelle ni être pervers et ni  faire de querelle pendant le Hadj. Tout bien que vous faites, Allah en est informé, faites dès lors vos provisions, mais la meilleure des provisions que vous pouvez avoir, c'est bien la piété).[20] Au demeurant, la meilleure recommandation que l’on peut faire aux pèlerins le jour du départ, c’est de craindre Allah ! Il doit respecter ses contrats et ses engagements vis-à-vis de ses associés ou autre et noués à l’occasion de ce voyage. Il ne doit pas consacrer de l’argent sale pour ses dépenses. Il ne faut avoir d’autre motivation que de plaire au Seigneur et il incombe de se méfier de toute intention suspecte. Il faut ainsi endurer humblement les difficultés du voyage, car selon Shuraïh, les voyageurs pullulent (sont nombreux) à cette occasion mais peu parmi eux sont de vrais pèlerins.

 

Il y a de quoi s’attrister à voir partir ainsi les « invités » du Seigneur ; il est triste en effet de se sentir loin de la « Maison d’Allah » bien qu’il soit plus triste d’être éloigné de Son Créateur !

 

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur Mohammed, ainsi que sur ses proches,

et tous ses Compagnons !

 

Extraits de : Latâif el Ma’ârif fîmâ el ‘Âm min el Wazhâif d’ibn Rajab.

 

Traduit pour Islam.House par :

Karim ZENTICI

     

 

  

 



[1] Rapporté par el Bukhârî (26) et Muslim (83).

[2] Les appartements ; 15

[3] Rapporté par el Bukhârî (52) et Muslim (1599).

[4] Rapporté par e-Tirmidhî (1621), selon Fudhâla ibn ‘Ubaïd (t).

[5] La lumière ; 36, 37

[6] Le repentir ; 19, 20

[7] La vache ; 125

[8] La famille de ‘Imran ; 96-97

[9] Rapporté par Muslim (251).

[10] Rapporté par el Bukhârî (1520).

[11] Rapporté par Ahmed dans el Musnad (6/394, 303, 314), et ibn Mâja (2902) ; Sheïkh el Albânî l’a mentionné dans Sahîh Sunan ibn Mâja (2346), et Sahîh el Jâmi’ e-Saghîr (3171).  

[12] C’est un Hadith qu’un Successeur des Compagnons (Tâbi’î) fait remonter directement au Prophète sans passer par ces derniers (N. du T.).

[13] Rapporté par ‘Abd e-Azzâq (8809) ; Sheïkh el Albânî l’a mentionné dans Sahîh el Jâmi’ e-Saghîr (2611).

[14] Voir Sifat e-Safwa (3/237).

[15] Rapporté par el Bukhârî et Muslim.

[16] Rapporté par Ahmed dans el Musnad (2/229, 410, 484, 494).

[17] Rapporté par Muslim (2553).

[18] La famille de ‘Imrân ; 134

[19] La vache ; 177

[20] La vache ; 197

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 02:12

Sha’bân

 

Ô Allah ! Bénis-nous les mois de Rajab et de Sha’bân et fais-nous parvenir au mois du Ramadhan !

 

Louange à Allah ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !

 

D’après l’Imam Ahmed et e-Nasâî, selon Usâma ibn Zaïd, le Messager d’Allah (r) jeûnait certains jours d’affilés à tel point que nous pensions qu’il ne s’arrêtait jamais ; et il mangeait certains jours d’affilés à tel point qu’il ne jeûnait plus si ce n’est deux jours par semaine. Il les consacrait séparément au jeûne en dehors des périodes où il jeûnait. Il n’y a pas un mois où il se consacrait le plus au jeûne que pendant Sha’bân. Je lui posait la question à ce sujet : « Cher Messager d’Allah ! Tu te consacres au jeûne à tel point que tu ne le romps pratiquement plus ; et tu interromps le jeûne à tel point que tu ne t’y consacres pratiquement plus si ce n’est deux jours que tu consacres séparément au jeûne en dehors des périodes où tu jeûnes.

-          Quels sont ces deux jours ? demanda-t-il.

-          Le lundi et le jeudi lui répondis-je.

-          Au cours de ces deux jours, les œuvres sont exposées au Seigneur de l’univers, et j’aime être en état de jeûne lorsque mes œuvres Lui sont exposées.

-          Je ne te vois pas autant jeûner les autres mois que pendant celui de Sha’bân.

-          Les gens oublient ce mois qui se trouve entre Rajab et Ramadhân. C’est pourtant le moi au cours duquel les œuvres montent vers le Seigneur de l’Univers (Y), et j’aime être en état de jeûne lorsque mes œuvres Lui sont montées. »[1]

 

 Ainsi, il n’y a pas un mois en dehors du mois prescrit, où le Prophète (r) jeûnait le plus que celui de Sha’bân. Il y jeûnait pratiquement (ou probablement) tout le mois.[2] Cependant, il ne lui plaisait pas que l’on puisse jeûner tous les jours de l’année sans interruption. Il disait même que la meilleure façon de jeûner était celle de Dawûd qui jeûnait un jour sur deux.[3] Or, selon Abû Huraïra, le Messager d’Allah (r) a interdit de jeûner la deuxième moitié de Sha’bân[4] ce qui semble – du moins en apparence – contradictoire avec le Hadith précédemment cité. Plusieurs hypothèses ont été soulevées par les savants pour résoudre cette énigme.[5] En fait, pour concorder entre les textes, il suffit de dire que l’interdiction précédemment évoquée concerne celui qui voudrait commencer à jeûner à partir du milieu de Sha’bân. Quand à celui qui jeûne pendant tout le mois ou presque, il n’est pas concerné par cette interdiction.[6]

 

Concernant les mérites du mois de Sha’bân, nous pouvons recenser le Hadith rapporté par e-Tabarânî et ibn Hibbân, et selon lequel Allah considère toutes Ses créatures la nuit au milieu du mois de Sha’bân. Au cours de cette nuit, Il pardonne à tout le monde en dehors du païen et de deux individus en conflit.[7] Par contre, aucun rituel n’est spécialement légiféré cette fameuse nuit. Il existe certes un texte qui encourage à s’y consacrer en prière et à consacrer la journée suivante au jeûne, mais celui-ci n’a aucune origine qui ferait autorité. Selon ‘Alî (t) en effet, le Prophète (r) aurait dit : « Consacrez la nuit du milieu du mois de Sha’bân à la prière, et consacrez le jour suivant au jeûne car Allah (I) descend au premier ciel au coucher du soleil pour y déclarer : « Y a-t-il quelqu’un qui réclame Mon pardon pour que Je lui pardonne ? Y a-t-il quelqu’un qui Me demande de l’enrichir pour que Je l’enrichisse ? Y a-t-il quelqu’un qui subit un malheur pour que Je l’en soulage ? » Il reste ainsi à énumérer tel et tel cas jusqu’à l’aube. » Ibn Rajab s’est contenté de dire que cette annale est simplement faible (Dha’îf).[8] Le spécialiste contemporain en la matière, Sheïkh el Albânî estime quant à lui qu’elle est purement et simplement inventée (Mawdhû’).[9]

 

Quoi qu’il en soit, dans l’hypothèse où il y aurait une annale authentique sur les mérites de cette nuit-là – en dehors de celle que nous avons évoquée – cela ne justifie pas d’y innover des pratiques quelconques et encore moins de s’y adonner en groupe. Sheïkh el Islam ibn Taïmiya souligne à ce sujet : « Il existe deux sortes de prières surérogatoires en groupe. L’une d’entre elles se fait usuellement en assemblée comme la prière de l’éclipse (Kusûf), la prière de la pluie (istisqâ), la prière les nuits du Ramadhan (Tarâwîh ndt.). Ces prières se font toujours en assemblée conformément à la Tradition.

L’autre sorte de prière concerne celle qu’il n’est pas légiféré de faire usuellement en assemblée comme les prières rattachées à l’office (Rawâtib), la prière du matin (e-Dhuhâ), et la prière de salutation à la mosquée (Tahya el Masjid), etc. Il est ainsi autorisé de les faire en groupe de temps à autre en assemblée. Or, en dehors de ces deux catégories, il n’est légiféré de faire aucune prière en assemblée ; c’est même une innovation détestable. En effet, le Prophète (r), les Compagnons, et leurs Successeurs n’avaient pas pour habitude de se réunir en vue de faire d’autres prières que celles que nous avons citées. Le Prophète (r) a tout au plus occasionnellement formé un petit groupe pour faire une prière facultative. Il avait l’habitude de prier la nuit seul, mais une nuit qu’ibn ‘Abbâs passait chez lui, il lui fit profiter de prier avec lui. Une autre nuit, il l’a fait avec Hudhaïfa, et une autre fois avec ibn Mas’ûd. Un jour, il s’est joint à ‘Utbân ibn Mâlik el Ansârî qui l’avait invité à prier dans sa Musalla (son lieu de prière). Un autre jour, il a présidé la prière devant Anas, sa mère, et un orphelin.

Cependant, la plupart de ces pratiques surérogatoires, il les faisait seul. Or, les pratiques facultatives que nous venons de citer sont rattachées à la tradition. Quant à innover une forme de prière spéciale ayant un nombre de Rak’a et une lecture déterminés qui serait fixée à un moment déterminé ; et que l’on ferait en groupe de façon usuel comme les prières sur lesquelles la question fut posé ; à l’exemple de Salat e-Raghâib le premier vendredi de Rajab, l’Alfiya le premier jour de Rajab, ou au milieu de Sha’bân, ou encore la prière qui a lieu la vingt-septième nuit du mois de Rajab ; il faut savoir que ce genre de prières n’est pas légiféré à l’unanimité des grandes références de l’Islam comme l’ont souligné les savants qui font autorité.

Seul un innovateur ignorant peut inventé une telle pratique. Ouvrir la porte à de telles choses signifierait de modifier la législation musulmane, et d’avoir une part du blâme orienté à ceux qui légifèrent dans la religion d’Allah ce qu’Il ne leur a point autorisé mais certes Dieu Seul le sait ! »[10]

 

Il est vrai que certains anciens réservaient certaines pratiques à l’occasion de cette fameuse nuit.[11]Cependant, non seulement cela ne justifie pas de les imiter car ils pensaient que les annales sur la question faisaient autorités – alors que comme nous l’avons vu ce n’est pas le cas – mais qui plus est, cela ne justifie pas de les faire à la mosquée.

Ainsi, comme le précise Sheïkh el Islam ibn Taïmiya, c’est une bonne chose de prier la nuit du milieu du mois de Sha’bân, si quelqu’un le faisait seul ou au milieu d’une assemblée privée comme certains anciens le faisaient. Mais de là à se réunir dans les mosquées pour effectuer une prière déterminée comme la prière aux cent Rak’a au cours de laquelle on récite mille fois à chacune d’entre elles : (dis : Allah est Unique), c’est une innovation qu’aucune référence parmi les anciens n’a jamais recommandée de faire.[12]

 

Quant au fait de jeûner le lendemain de cette fameuse nuit, rien n’empêche de faire les trois jours de jeûne que le Prophète (r) a préconisé chaque mois ou bien de jeûner la majeure partie du mois,[13] ou encore le mois entier. Un certain Hadith pose néanmoins problème pour les deux derniers points. D’après el Bukhârî et Muslim en effet, selon Abû Huraïra (t), le Prophète (r) a déclaré : « Ne devancez pas le Ramadhan d’un jour ou deux, sauf pour celui qui doit faire un jour de jeûne. »[14] Pour mieux comprendre le problème, il faut savoir que trois cas de figure sont possibles ici et que chaque cas détient un statut particulier.

 

Premièrement : le fait de jeûner le dernier jour de Sha’bân par précaution afin d’éventuellement ne pas raté le premier jour du Ramadhan si la nuit du doute n’annonce rien. Cela est strictement interdit bien que certains Compagnons – qui vraisemblablement ne connaissaient pas le texte en question – le faisaient. Toutefois, ibn ‘Omar – que l’Imam Ahmed imitait – faisait la distinction entre la nuit du vingt-neuvième jour de Sha’bân où il y avait des nuages, et la nuit sans nuages.[15]

 

Deuxièmement : faire le jeûne pour celui qui doit s’acquitter d’un vœu, ou qui veut récupérer un jour manqué du Ramadhan passé, ou encore qui est soumis à des jours d’expiation, etc. Dans ce cas, il est possible de le faire pour la majorité des savants. Par contre, il est interdit de le faire selon une tendance parmi certains anciens qui exige de laisser un espace d’au moins un jour dans l’absolu entre Sha’bân et Ramadhan. On relate – bien que cela soit sujet à discussion – qu’Abû Hanîfa et e-Shâfi’î notamment déconseillaient de le faire.

 

Troisièmement : prendre le vingt-neuf Sha’bân comme un jour de jeûne facultatif. Les savants à l’instar d’el Hasan, considérant qu’il faille laisser un espace entre Sha’bân et Ramadhan, déconseillent de le faire. Mâlik et les savants en accords avec lui ont donné la permission de jeûner à celui dont le jour de jeûne tombe le vingt-neuf. E-Shâfi’î, el Awzâ’î, et Ahmed et d’autres distinguent toutefois entre un jour de jeûne fait par habitude et un jour de jeûne quelconque. Il est pertinent de distinguer également entre celui qui jeûnait plus de deux jours avant la fin du mois et qui voudrait introduire sans interruption ses jours de jeûne avec le mois de Ramadhan. Cette pratique est possible sauf aux yeux de ceux qui déconseillent de jeûner à toute personne qui commencerait ses jours à partir de la deuxième moitié de Sha’bân compte tenue du texte sur la question venant l’interdire. Par contre, si quelqu’un jeûnait déjà au cours de la première moitié du mois, il lui est possible de continuer de le faire jusqu’à la fin du mois.

 

En résumé, de nombreux savants estiment que le Hadith d’Abû Huraïra précédemment cité est en vigueur. Par conséquent, il est déconseillé de jeûner facultativement un jour ou deux avant le début du Ramadhan sauf pour celui qui le fait par habitude ou pour celui qui a décidé de jeûner pendant tout Sha’bân.[16] Par ailleurs, les savants ont cherché la raison pour laquelle, il fut interdit de jeûner un jour ou deux avant le mois du Carême. Trois hypothèses ont été retenues : la première : c’est pour éviter de faire des jours de Ramadhan supplémentaires. La deuxième : c’est pour distinguer entre les jours de jeûnes obligatoires et les jours facultatifs. La troisième : qui est la moins pertinente, c’est en vue de garder ses forces pour le mois prescrit.[17]

 

Malheureusement, certains ignorants peuvent s’imaginer que ces deux fameux jours servent à faire les provisions de nourritures pour imiter certaines coutumes chrétiennes et pourquoi pas pour beaucoup d’entre eux, ils servent à faire ses provisions de péchés ![18] Il est aussi navrant de constater que certains trouvent que le Ramadhan est pénible en raison des rituels comme la prière et le jeûne qui y sont prescrits. Beaucoup de gens prennent la peine de prier uniquement à l’occasion de ce mois bénit. Beaucoup renoncent notamment aux grands péchés au cours de cette période qu’ils peuvent trouver longue et difficile pour être en manque de leurs mauvaises habitudes. Ils passent ainsi leur temps à compter les jours et les nuits en quête de retrouver les plaisirs qu’ils ont perdus durant un mois. En fait, ils ont pleine conscience qu’ils n’évoluent pas et qu’ils n’ont aucune volonté sincère de repentir. En cela, ces gens-là sont perdus ! Quoi qu’ils ne soient pas les pires car certains n’attendent pas la fin du mois pour se vouer à la débauche…[19]

 

Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !

                

Par : Karim Zentici  

 

         

 

 

 

                            



[1] Rapporté par Ahmed dans son Musnad (5/201), et e-Nasâî (4/201-202).

[2] Voir Sahîh e-Targhîb wa e-Tarhîb de Sheïkh el Albânî (1/595-597).

[3] Idem. (1/601).

[4] Voir Sahîh el Jâmi’ de l’Albânî (397).

[5] Voir Latâif el Ma’ârif fîmâ el ‘Âm min el Wazhâif d’ibn Rajab.

[6] Voir Majmû’ Fatâwa Sheïkh ibn Bâz (15/385).

[7] Voir Sahîh e-Targhîb wa e-Tarhîb (1/597).

[8] Voir Latâif el Ma’ârif.

[9] Voir Dha’îf e-Targhîb wa e-Tarhîb (1/316).

[10] Majmû’ el Fatâwâ (23/414).

[11] Voir Latâif el Ma’ârif.

[12] Voir : Majmû’ el Fatâwâ (23/131).

[13] Voir Latâif el Ma’ârif.

[14] Rapporté par el Bukhârî (1983) et Muslim (1082).

[15] Voir : Majmû’ el Fatâwâ (23/122-125).

[16] Voir Latâif el Ma’ârif.

[17] Idem.

[18] Idem.

[19] Idem.

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Les quatres saisons
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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 02:06

 

Louange à Allah ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !

 

Ensuite, d’après el Bukhârî et Muslim, selon Abû Bakra, le Prophète (r) a fait un sermon lors du Pèlerinage de l’Adieu au cours duquel il a déclaré : « Le temps a fait un tour pour revenir comme le jour où Allah a créé les cieux et la terre ; une année correspond à douze mois parmi lesquels quatre sont sacrés. Trois d’entre eux se succèdent : Dhû el Qi’da, Dhû el Hidja, et Muharram. Le dernier est Rajab de (la tribu) Mudhar, celui qui se trouve entre Jumâdâ et Sha’bân, etc. »[1]

Allah (Y) révèle : (Les mois auprès d’Allah sont au nombre de douze dans le Livre d’Allah, le jour où Il a créé les cieux et la terre ; quatre d’entre eux sont sacrés. Telle est la religion droite, alors ne soyez pas injustes envers vous-mêmes durant ces mois).[2] Allah (I) nous informe que depuis qu’Il a créé les cieux et la terre, ceux-ci sont en rotation dans l’univers ; Il a créé les astres qui ornent le ciel comme le soleil, la lune, et les étoiles. Le mouvement du soleil et de la lune dans l’espace est à l’origine des ténèbres de la nuit et de la clarté du jour. Depuis ce temps, l’année compte douze mois si l’on se réfère à la lune. Contrairement au calendrier des gens du Livre (les Juifs et les chrétiens), l’année musulmane se calcule selon les différentes positions de la lune non selon la rotation du soleil.

 

Le Prophète (r) nous apprend donc qu’il existe quatre mois sacrés au cours de l’année : Dhû el Qi’da, Dhû el Hidja, Muharram, et Rajab. Au demeurant, les avis des savants sont différents pour désigner le meilleur d’entre eux. Certains savants avancent que c’est Rajab comme l’affirme certains Shâfi’ites. Cependant, e-Nawawî et d’autres assument que cette opinion est faible. D’autres érudits à l’exemple d’el Hasan, prétendent que c’est Muharram ; e-Nawawî a choisi cette tendance. D’autres enfin optent pour Dhû el Hidja à l’instar de Sa’îd ibn Jubaïr et d’autres. Cette dernière tendance semble toutefois la plus pertinente mais Dieu Seul le sait ![3]

 

Les arabes de l’ère païenne ont transformé les lois d’Ibrahim, avec la pratique du Nasî qu’ils ont innovée. Elle consiste à augmenter l’année en lui intercalant pour différentes raisons, un mois de plus. Ils ont ainsi déréglé les saisons du pèlerinage et les mois sacrés. Ainsi, le Hadj tombait parfois en Muharram et d’autres fois en Safar pour revenir (tous les vingt ans) en Dhû el Hidja. Ces pratiques ont duré jusqu’à l’avènement de Mohammed (r) par l’intermédiaire duquel Allah rectifia la religion d’Ibrahim. Le Pèlerinage de l’Adieu en effet correspondit à Dhû el Hidja ; cette année-là, le temps a repris son cours initial.[4]

 

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer la raison pour laquelle quatre mois de l’année furent sacrés. Selon ‘Alî ibn Abî Talha, selon ibn ‘Abbâs, Allah a choisi quatre mois de l’année pour les rendre sacrés, et pour que les hommes leur vouent une considération particulière. Ainsi, il est plus grave de commettre des péchés au cours de ces différentes périodes. En parallèle, les bonnes œuvres y sont plus méritoires et bénéficient d’une meilleure récompense. Selon une autre hypothèse, ces mois furent désignés ainsi car il est interdit de verser le sang au cours de ces périodes ; ce principe était bien connu des païens de la péninsule, il remonterait même à l’époque d’Ibrahim. Une autre hypothèse assume qu’ils furent sacrés pour permettre aux arabes d’accomplir le  Hadj et la ‘Umra en toute sécurité. Dhû el Hidja fut sacré car il correspond à la période du Pèlerinage. Dhû el Qi’da fut sacré avec lui puisque c’est la période au cours de laquelle les pèlerins se rendent à la Mecque. Comme le retour se faisait en Muharram, il fut sacré pour ces raisons. Le pèlerin jouissait ainsi d’une certaine sécurité depuis le départ de chez lui jusqu’à son retour. Quant à Rajab, il se trouve au milieu de l’année ; période durant laquelle les pèlerins des régions proches de la Mecque effectuent la ‘Umra. À son avènement, l’Islam a interdit de faire la guerre durant les Mois Sacrés, mais la majorité des savants estiment que cette loi fut abrogée par la suite.

 

Par ailleurs, le linguiste el Asma’î assume que les arabes vénéraient Rajab ; c’est pourquoi il fut appeler ainsi. Etant donné que Mudhar lui consacrait une plus grande importance, il lui fut affilié comme dans le Hadith précédemment cité. Selon une autre hypothèse, cette tribu a rendu sacré Rajab ; elle se distinguait ainsi de Rabî’a pour qui le mois de Ramadhan était sacré. Certains savants ont recensé quatorze appellations différentes de Rajab qui sont : le mois d’Allah, Rajab, Rajab Mudhar, Munsil, el Asam, el Asab, Munaffis, Mutahhir, Mu’allâ, Muqîm, Harim, Muqashqish, Mubarrî, et Fard. D’autres savants en ont ajouté trois pour en faire un total de dix-sept ; ils sont : Rajam, Munsil el Âla, et Munzi’ el Asinna.

 

De nombreuses lois sont liées au mois de Rajab, certaines datant de l’ère païenne. Les savants diffèrent sur la question de savoir si ses lois se prolongent après l’avènement de l’Islam. Nous avons vu qu’il a abrogé l’interdiction d’y faire la guerre. Concernant l’immolation, les païens sacrifiaient une bête à l’occasion de Rajab qu’ils appelaient el ‘Atîra. La plupart des savants affirment que l’Islam a annulé une telle pratique. Ils s’inspirent pour appuyer leur opinion du Hadith qu’el Bukhârî et Muslim s’accordent à rapporter, et selon lequel le Prophète (r) a dit d’après Abû Huraïra : « Il n’y a pas dans l’Islam de Fara’ (sacrifice d’un chameaux voué aux idoles ndt.) ni de ‘Atîra. »[5] En outre, certains gens considèrent le mois de Rajab pour lequel ils consacrent une fête, comme une circonstance religieuse. À cette occasion, ils mangent des sucreries ou autre. Or, trois fêtes uniquement ornent le calendrier des musulmans ; elles correspondent à l’Aïd (après le Ramadhan), la fête du Mouton, et les trois jours de Mina pour les pèlerins. Telles sont les seules fêtes annuelles. Quant au Jumu’a, il correspond à la fête hebdomadaire. En dehors de ces occasions, toutes manifestation religieuse relève de l’innovation.[6]

 

Sheïkh el islam ibn Taïmiya a fait remarquer : « Rassembler les gens autour d’un repas à l’occasion des deux fêtes, et des trois jours de Mina (Ayâm e-Tashrîq) relève de la Tradition. Cela fait partie des rites de l’Islam que le Messager d’Allah (r) a légiféré aux musulmans. Il convient également d’aider les pauvres en leur offrant à manger pendant le Ramadhan comme le Prophète (r) le confirme : « Quiconque fait rompre le jeûne à quelqu’un aura la même récompense. »Donner à manger aux lecteurs du Coran démunis en vue de les aider est une bonne action à toutes les périodes de l’année. Celui qui les aide participe à leur récompense. Par contre, consacrer des événements en dehors des occasions légiférées comme certaine nuit de Rabî’ el Awwal que l’on considère comme la nuit du Mouloud, ou certaines nuits de Rajab, ou encore le huit Shawwal que certains ignorants nomment Aïd el Abrâr (la fête des vertueux), est une innovation que les anciens n’ont jamais recommandée ni pratiquée mais certes Dieu (I) Seul sait ! »[7]

 

Quant aux divers rituels qui ont lieu à l’occasion de Rajab à l’exemple de la prière, il faut savoir qu’il n’existe aucun texte venant prôner une prière particulière. Tous les Propos prophétiques concernant les mérites de Salat e-Raghâib qui a lieu la nuit du premier vendredi de Rajab sont purement inventés et sont de surcroît complètement faux. Cette prière est une pure innovation pour la majorité des savants comme le formule de grandes références parmi les dernières générations à l’instar d’Abû Ismâ’îl el Ansârî, Abû Bakr e-Sam’ânî, Abû el Fadhl ibn Nâsir, le fameux Abû el Faraj ibn el Jawzî, et bien d’autres. Si les anciens ne l’ont pas condamnée, c’est qu’elle n’existait pas à leur époque. La première fois qu’on en a entendu parler, c’est au début du quatrième siècle de l’Hégire. Comme elle n’existait pas à l’époque des anciens, ils ne pouvaient se prononcer à son sujet.[8]

 

Sheïkh el islama fait savoir à ce sujet : « Salat e-Raghâib est une innovation à l’unanimité des grandes références de la religion. Le Prophète ne l’a pas faite ni aucun de ses successeurs ; aucune grande référence de la religion n’a recommandé cette pratique à l’exemple de Mâlik, e-Shâfi’î, Ahmed, Abû Hanîfa, e-Thawrî, el Awzâ’î,  e-Laïth, etc. Le texte rapporté sur le sujet est un Hadith inventé à l’unanimité des spécialistes en la matière. Il en est de même pour la prière que l’on consacre la nuit du premier vendredi de Rajab, celle de Laïla el Mi’râj (la nuit de l’Ascension),  l’Alfiya au milieu du mois de Sha’bân, la prière du dimanche, celle du lundi, et d’autres jours de la semaine. Bien que certains auteurs de Raqâiq (ouvrage touchant à la sensibilité des fidèles ndt.) aient mentionné ces textes, il n’y a aucun désaccord entre les spécialistes en Hadith pour dire qu’ils sont purement inventés, en sachant également qu’aucune grande référence parmi les anciens n’a recommandé ce genre de pratiques. D’autant plus que d’après Muslim dans son recueil e-Sahîh, selon Abû Huraïra, le prophète (r) a déclaré : « Ne consacrez pas la nuit du vendredi pour prier ni la journée du vendredi pour jeûner. » Les Hadith qui parlent de jeûner la journée du vendredi, de prier la nuit des deux fêtes de l’Aïd, (ou le jour de ‘Âshûra) sont de purs mensonges à l’encontre du Prophète mais certes Dieu Seul sait ! »[9]

 

Quant au Jeûne, aucun texte venant du Prophète (r) ou de ses Compagnons n’affirme qu’il y ait un certain mérite à jeûner spécialement au cours du mois de Rajab.[10] Tous les Hadith sur le sujet sont faibles, ils sont même inventés. C’est pourquoi, les gens de sciences ne s’appuient sur aucun d’eux. On ne peut même pas les utiliser dans le domaine des Fadhâil (pour encourager à faire des bonnes œuvres), puisque la plupart sont purement inventés.[11] Quoi qu’il en soit, certains Compagnons à l’instar d’ibn ‘Abbâs, d’ibn ‘Omar, et d’Anas ibn Mâlik déconseillaient de jeûner pendant tout le mois de Rajab. ‘Omar ibn el Khattâb allait jusqu’à frapper sur les mains des gens pour les forcer à manger. Il leur disait de ne pas faire comme le Ramadhan. L’Imam e-Shâfi’î pour sa part n’approuvait pas que l’on fasse un mois de jeûne en entier en dehors du Ramadhan. Il s’est inspiré pour asseoir son opinion sur les paroles de ‘Âisha, selon lesquelles le Messager d’Allah (r) ne sait jamais vouer un mois entier au jeûne en dehors du Ramadhan.[12] Il leur disait de ne pas faire comme le Ramadhan. De manière générale, le Prophète a encouragé à jeûner durant les mois sacrés, sans toutefois offrir à Rajab un statut particulier. Au demeurant, venant juste avant le mois de Carême, Sha’bân est le mois au cours duquel le Prophète s’adonnait le plus au jeûne surérogatoire, sans toutefois y avoir jeûné tous les jours. [13]

 

En ce qui concerne la Zakât, rien ne prête à dire au regard de la Sunna et de l’usage des anciens qu’il faille la verser au cours de Rajab. Une certaine hypothèse prétend que les premières générations la versaient à l’occasion de ce mois, mais que la chose fut oubliée par la suite. Une autre hypothèse assume qu’ils la versaient en Muharram qui est le premier mois de l’année. Une dernière hypothèse penche pour le Ramadhan en raison de ses nombreux mérites dont notamment le mérite de donner aux pauvres. Quoi qu’il en soit, il incombe à chacun de la verser sur les biens qu’il conserve après un an, indépendamment du mois dans lequel il se trouve.[14]

 

Quant à la ‘Umra, ‘Âisha a démenti les paroles d’ibn ‘Omar (t) disant que le Prophète (r) a fait la ‘Umra au mois de Rajab, bien qu’elle-même le faisait. Bien sûr, ibn ‘Omar l’effectuait mais aussi son père le deuxième Khalife qui privilégiait Rajab pour cette occasion, tous comme les anciens en général. En fait, la meilleure formule du Hadj, c’est de lui consacrer deux voyages, un pour le pèlerinage en question et un autre en dehors de la saison du Hadj. Rajab semble tout désigner pour cela, car il se trouve au milieu de l’année sans pour autant que la ‘Umra ait une valeur particulière à cette période. Le seul texte concernant les mérites de Rajab, c’est le Hadith selon lequel le Prophète (r) a dit : « Ô Allah ! Bénis-nous le mois de Rajab et de Sha’bân et fais-nous parvenir au mois de Ramadhan. »[15] Ce Propos prophétique est rapporté par Ismâ’îl el Ansârî qui en a fait le commentaire suivant : « Aucune annale concernant les mérites de Rajab n’est authentique en dehors de ce Hadith. » L’authenticité de ce Hadith lui-même est discutable au niveau de la chaîne narrative dont certains éléments sont quelque peu faibles…[16]

 

Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !

                

Article pour : Islam.House

Par : Karim Zentici

     



[1] Rapporté par el Bukhârî (1741) et Muslim (1679).

[2] Le repentir ; 36

[3] Voir : Latâif el Ma’ârif fîmâ el ‘Âm min el Wazhâif d’ibn Rajab le damascène.

[4] Voir : Majmû’ el Fatâwâ de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (25/140-141).

[5] Rapporté par el Bukhârî (5473, 5474), et Muslim (1976).

[6] Voir : Latâif el Ma’ârif fîmâ el ‘Âm min el Wazhâif d’ibn Rajab.

[7] Majmû’ el Fatâwâ de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (25/298).

[8] Voir : Latâif el Ma’ârif fîmâ el ‘Âm min el Wazhâif d’ibn Rajab.

[9] Majmû’ el Fatâwâ (23/134-135). Voir également : (24/202).

[10] Latâif el Ma’ârif.

[11] Majmû’ el Fatâwâ (25/290-291).

[12] Rapporté par Muslim (1156). Voir Latâif el Ma’ârif.

[13] Majmû’ el Fatâwâ (25/290-291).

[14] Latâif el Ma’ârif.

[15] Rapporté par Ahmed (1/259).

[16] Latâif el Ma’ârif.

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Publié par mizab.over-blog.com - dans Les quatres saisons
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