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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 12:28

L’approche philosophique du djihad, selon ibn Taïmiya 

L’être humain décèle en lui trois forces nécessaires à sa survie : la raison, la colère, et les passions. La première, qui le distingue des autres espèces et qu’il partage avec les anges, est la plus noble. L’homme est pourvu de la raison et des envies, tandis que l’animal jouit des envies sans la raison, et l’ange détient une raison, mais sans envie. Quand la raison domine, on a plus de mérite que les gardiens du ciel et quand on succombe à ses désirs, on tend vers la nature animale. La colère grâce à laquelle on pare les dangers, prend la seconde place d’importance, devant les désirs qui servent à accaparer les choses utiles.

 

Il existe donc deux types d’instinct qui vont moduler le comportement et qui sont antagonistes : l’instinct d’attirance qui va engendrer l’amour, la volonté, etc. et l’instinct de rejet, d’éloignement qui provoque la haine, l’aversion, la répugnance, etc.

 

L’attirance et la répulsion sont communes à l’animal et à l’homme, mais seul ce dernier est doté de la raison, de la foi, de la spiritualité et du libre-arbitre. La mécréance entre dans cet ensemble et est donc spécifique à l’être doué de la parole. On ne parle pas de mécréance pour les créatures non douées de raison ni des pulsions.

 

La mécréance est une corruption de la raison, de la même façon que le meurtre est une corruption de la colère, et que l’adultère est une corruption de l’amour et des plaisirs. Nous avons affaire ici aux trois principaux péchés capitaux, si l’on sait que la mécréance remet en cause la raison qui explique la présence de l’homme sur terre, et qui n’est autre que l’adoration du Dieu unique ; le meurtre détériore le maintien du corps et de l’individu présent, et l’adultère perturbe le maintien de l’espèce et de l’individu futur, d’où l’ordre décroissant de gravité : la mécréance, le meurtre, et l’adultère.

Pour expliquer cet ordre sous un autre angle, nous pouvons dire que la mécréance corrompt l’âme et le cœur ; le meurtre corrompt son enveloppe, le corps, et l’adultère s’attaque à ce qui maintient son existence et sa pérennité ; il est donc plus grave de s’attaquer à l’existence effective qu’à l’existence potentielle. Au demeurant, l’homosexualité est pire que l’adultère.

 

Ibn Taïmiya considère que les Arabes, les Romains, et les Perses sont les nations qui incarnent le mieux les valeurs humaines, en regard des trois forces que nous venons de citer. Les autres ethnies (les Turcs, les peuples du Soudan, etc.) s’inscrivent au second plan. Ces trois nations méritaient donc de s’accaparer le Croissant fertile, la « terre du milieu » dans toute sa largeur et sa longueur. Si les Arabes ont un ascendant pour la raison, l’éloquence, et la parole, les Romains penchent plus vers les plaisirs notamment du ventre et de la chaire, tandis que la colère, le pouvoir, un fort « patriotisme » ou la défense des siens sont les valeurs qui prévalent chez les Perses.

 

Ces ascendants, qui touchent indistinctement les gens des villes et des campagnes, permettent de classer ces trois nations entre elles : d’abord, les Arabes, puis les Perses (la colère étant plus précieuse que l’amour) qui viennent devant les Romains.

 

Le savoir, la foi, et l’intelligence représentent la raison à son paroxysme, tandis que le courage incarne la colère dans toute sa plénitude ; la sagesse, qui a pour alter égo la générosité est le degré le plus élevé du courage ; et la chasteté reflète le summum de l’amour et des désirs.

 

Un homme modéré associe à la fois la générosité et la chasteté, le courage et la sagesse. La générosité est synonyme de douceur, de tendresse, tandis que le courage relève de la dureté et de la rudesse. La victoire est le fruit de la colère, et l’amour récolte la richesse ; la victoire et la richesse, ces deux piliers de la civilisation, sont souvent juxtaposés dans les textes scripturaires et dans la Littérature d’origine diverse.

 

Pour parachever ce tableau d’ensemble, il manque un élément et non des moindres : la justice qui vient harmoniser, ajuster les trois vertus pratiques : la générosité, le courage, et la chasteté. Celle-ci, la justice, joue le rôle de modérateur afin d’éviter les excès en tout genre.

 

Les trois forces inhérentes servent également de marqueur qui trace les frontières entre les adeptes des trois grandes religions : les musulmans, les juifs, et les chrétiens.

 

Les premiers se caractérisent par la raison, le savoir et la modération ; la Parole d’Allah a généré la lumière de la connaissance à la nation du milieu.

 

Les juifs sont peu portés vers les plaisirs ; cette particularité s’est manifestée dans la Loi qui interdit certains aliments et vêtements, et qui enjoint à la dureté et à la force. L’Ancien Testament met plus souvent l’accent sur leur cœur dur que sur les péchés de la chaire et du ventre. À l’inverse, le Nouveau Testament bannit la vendetta aux chrétiens peu enclins à la colère, mais qui ont un goût prononcé pour les jouissances éphémères. Cela explique l’abrogation de certains éléments interdits ; et leur attrait pour les mets et les loisirs de toute sorte fait cruellement défaut aux hébreux. Les adeptes de Jésus sont beaucoup plus sensibles et magnanimes que les fils d’Israël ; la pitié et la tendresse inondent leur cœur perméable aux péchés charnels (dans le sens épicurien du terme). Ils sont beaucoup plus réceptifs aux commandements bibliques qui vantent les vertus de la victoire que celles de la richesse.

 

Dans les rangs musulmans, nombre de soufis et de légistes ont des affinités avec les mœurs chrétiennes (‘isâwiya) qui ne sont pas toujours frappées du sceau de la légitimité. Coureurs de jupons invétérés, pédophiles en puissance, ils se laissent emportés par les chants liturgiques. Or, les légistes sont plus animés par l’ascendant juif (mûsawiya) qui fait d’eux de redoutables et opiniâtres polémistes. La piété étant loin d’être leur qualité première, ils se laissent dominer par l’orgueil qui transforme leurs joutes verbales en de véritables dialogues de sourd.

 

L’amour est la principale force d’attraction, et la haine est la source de la force de répulsion (la colère et la haine vont de paire). L’amour et la haine sont donc à l’origine de tous les sentiments. Le don provient de l’amour qui est mu par un élan de générosité, la protection et la défense des personnes et des biens émanent de la colère. Celle-ci est probablement une forme particulière de haine qui se traduit sous la forme de l’agressivité déclenchée par l’envie d’assouvir un sentiment de vengeance, de soulagement. Cette colère particulière s’oppose, aux yeux de certains théologiens du kalâm, à la répulsion, mais en règle générale, la colère répulsive est le contraire de la force d’attraction qui enclenche l’amour.

 

C’est grâce à la force d’attraction que le fidèle se soumet à ses obligations religieuses, et c’est la force de répulsion qui l’éloigne des interdits. L’amour pousse à répandre le bien et à l’encourager, et la haine incite à prohiber le mal et à mettre en garde contre ses méfaits. L’instinct de colère a un effet dissuasif et assure la justice et la sécurité au sein des sociétés, notamment au niveau des trésors publics et des tribunaux. L’excellence et la charité sont le fruit de l’instinct d’attraction.

 

Repousser le mal procure une sensation de bien-être que chérit la nature humaine et que corrobore la religion. La crainte d’Allah, par exemple, tient une grande place dans les textes qui promettent à ses tenants la meilleure récompense ici-bas et dans l’au-delà. Et, par nature, les hommes, particulièrement ceux qui détiennent les richesses, encensent ceux parmi eux qui les sauvent d’un danger ou d’un ennemi, en sachant que la réciproque est moins vraie. La richesse ne peut, en tout état de cause, s’épanouir sans la force, qui, elle, jouit d’une plus grande autonomie. Ce constat reste, malgré tout, aléatoire, et il serait plus juste de dire que si la richesse est plus aimée, la force est plus respectée.

 

Ainsi, repousser le mal procure un bien-être grâce à la colère, qui, comme nous l’avons vu, est prépondérante à l’amour. Les patrimoines culturels prisent avec entrain leurs glorieux héros et louent avec emphase leurs fastes, eux qui bravent les dangers, et qui cristallisent la haine de l’ennemi, à la grande admiration du peuple. Les nantis, moins exposés au péril, jouissent d’une moins grande popularité.

 

Or, cette thèse ne résiste pas à la critique, car, la force d’attraction est sollicitée pour obtenir les choses convoitées, et leur privation crée une frustration. Par ailleurs, il n’est pas évident que la répulsion soit plus forte, étant donné qu’en principe, l’attraction s’inscrit en amont ; c’est quand on aspire à des bienfaits qu’on cherche à repousser leurs méfaits. De ce point de vue, la répulsion, qui n’est qu’une réaction à une situation, se met au service de l’attraction qui est une fin en soi.

 

La répulsion n’a donc pas toujours lieu d’être, contrairement à l’amour, le moteur de l’existence et des aspirations. La haine n’est que l’instrument à même de mettre le sentiment positif dans les meilleures conditions. D’où le hadîth : « Lorsqu’Allah fit la création, Il écrivit dans un livre qui se trouve auprès de Lui au-dessus du Trône : « Ma Miséricorde devance Ma Colère. » »[1] Le mal n’est pas imputé aux Noms et Attributs du Tout-Puissant, mais uniquement à Ses actions.

 

Par ailleurs, la piété est précieuse dans le sens où elle s’érige comme un rempart devant toutes les incursions qui mettent à mal la nature saine de l’homme dont l’instinct le dirige vers le Seigneur des cieux et de la terre, sans dépenser le moindre effort. C’est pourquoi, la mission des prophètes ne s’encombraient pas d’expliquer à leurs peuples que Dieu existe, puisque tout le monde le sait, mais l’accent était mis sur l’obligation de Lui vouer le culte exclusif qu’Il ne partage avec aucune créature. Le monothéisme met à contribution les deux forces innées : l’amour de l’unicité et la haine de l’association. Cette dualité qui est en parfaite adéquation avec la nature humaine matérialise l’essence de la religion.

 

Les sociétés s’organisent autour d’une politique qui réprime l’injustice (ex. : l’usure) et qui prônent les échanges productifs et la  solidarité citoyenne (ex. : l’aumône légale).

 

Deux catégories d’individus se sont égarées à l’égard de l’amour qui est à l’origine de tout acte religieux. D’un côté, nous avons les mûsawites (les théologiens du kalam et les légistes) qui, pour des raisons scolastiques, renient l’Attribut de l’Amour imputé au Très-Haut, et qui, fort de leurs élucubrations intellectuelles, négligent les actes : faites ce que je vous dis, et non pas ce que je fais !

 

En parallèle, pointent les îsâwites (les soufis et les ascètes) qui partagent leur amour entre la divinité absolue et de vulgaires créatures (le culte des saints) ; leur amour est aussi parasité par des pulsions perverses (les chants liturgiques, les femmes, les imberbes, etc.). D’autre part, ils arborent de l’aversion envers le sentiment légitime de haine en Dieu, et affiche un laxisme outrancier qu’ils traduisent par un manque d’entrain flagrant à répandre la morale.

 

Les mûsawites et les îsâwites sont les deux faces d’une même pièce avec d’un côté les égarés qui privilégie l’amour à la haine ; ceux-ci sont mus par une bonne volonté et un sentiment positif débordant qu’ils ne savent pas maitriser en raison de leur manque de culture prophétique. Ils sombrent donc dans l’excès par la fenêtre de l’amour en s’imprégnant du paganisme, et d’ascétisme hérétique (les plus extrémistes se retirent de la société pour s’enfermer dans une vie monacale). Ils vacillent entre l’amour légitime et l’amour hérétique. Ils aiment à la fois le vrai et le faux.  Les seconds, qui sacrifient l’amour au profit de la haine, sont frappés par la colère divine. Imprégné de l’héritage prophétique, ils ne mettent pas leur érudition au service du culte, et n’éprouvent aucun élan pour la dévotion. Ils n’aiment ni le vrai ni le faux.

 

Les uns ont le mérite d’aimer et de reconnaitre la vérité, et les autres de détester et de contester le faux !

 

Entre les deux, la voie du milieu…[2]

 

[1] Rapporté par el Bukhârî (n° 3194), et Muslim (n° 2571).

[2] Majmû’ el fatâwâ (15/428-441).

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 11:07

 

Quant au Verset : (Tuez-les partout où vous les trouvez),[1] celui-ci revient deux fois dans le Coran, notamment à la suite du Verset [que nous avons évoqué précédemment] : (Combattez sur le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, mais sans transgresser pas les limites • Tuez-les partout où vous les trouvez et sortez-les d’où ils vous ont sorti)[2] (…)

Tout homme armé qui s’attaque aux croyants doit être tué là où il se trouve. La sentence qui le concerne ne s’applique pas uniquement au champ de bataille.

 

Toute personne parmi les combattants ennemis qui sème la terreur au milieu des musulmans doit périr par les armes qu’il soit debout, assis, ou couché, et même s’il est prisonnier. L’Ami d’Allah (r) a fait abattre plus d’un prisonnier à l’exemple d‘Uqba ibn Abî Mu’aït, et e-Nadhr ibn el Hârith. Par ailleurs, Sa’d ibn Mu’âdh a prononcé contre les Banû Quraïzha qui se sont rendus à son jugement, d’exécuter les combattants et de capturer les femmes et les enfants. Deux cent hommes furent mis à mort.[3] [Les textes scripturaires judaïques prescrivent le même sort à leurs prisonniers dans le meilleur des cas, sinon tous les vaincus sont passés au fil de l’épée sans ne laisser aucun survivant parmi les femmes et les enfants ;  voir : Deutéronome 20 ; 10-17 ndt.]

 

En fait, l’Imam a le choix sur le sort des prisonniers, entre les exécuter, les mettre en captivité, les libérer, ou les échanger contre une rançon. Son choix va dépendre de l’intérêt supérieur des musulmans.[4] Il est permis de tuer (sans condition contrairement aux dissidents musulmans pour lesquels l’expédition punitive est soumise à certaines restrictions) tout ennemi non musulman, même prisonnier, parce qu’il a tenu les armes, mais aussi pour prévenir contre toute nuisance à venir. Rien ne lui empêche en cas de libération ou de demande de rançon, de causer du tort aux musulmans.[5] Dans le cas des Banû Quraïzha, le Législateur savait qu’à l’avenir les musulmans ne seraient pas en mesure d’empêcher le mal immense qu’ils cogitaient contre l’Islam.[6]

 

Par ailleurs, le meilleur des hommes (r) – mais aussi ses adeptes de la première époque – a réduit à la captivité des hommes et des femmes parmi les païens ; il ne leur a jamais imposé de se convertir sous la contrainte. Il a en effet capturé Thumâma ibn Aththâr qui était polythéiste, il l’a ensuite libéré sans ne l’avoir jamais contraint à l’Islam. Il s’est d’ailleurs converti de lui-même. Certains prisonniers de la bataille de Badr ont pris la même initiative. Quant aux femmes captives, celles-ci furent nombreuses, mais le Prophète (r) n’a jamais forcé l’une d’entre elle à épouser la foi naissante ; il ne l’a fait ni pour aucune femme ni pour aucun homme.

 

Le jour de la Conquête de la Mecque, il a laissé ses habitants libres et n’a pas cherché à gagner leur adhésion par la force. Il les a relâchés alors qu’ils s’étaient rendus, d’où leur surnom les tulaqâ (les libérés), qui sont les convertis de la Grande Conquête. Le terme « libéré » s’inscrit en opposition à « prisonnier » ; à un moment donné, ils furent donc bel et bien privés de liberté ; il les a libérés comme on libère des prisonniers, et sans les contraindre à la religion musulmane. Safwân ibn Umaïya et tant d’autres qui étaient restés attachés au polythéisme ont rejoint les rangs des musulmans à la bataille de Hunaïn. Ils n’ont reçu aucune menace, mais ils se sont convertis par la suite de leur plein gré. Y-a-t-il plus éloquent pour affirmer qu’il n’y eu aucune conversion forcée ! Nul n’est en mesure de prouver qu’un seul homme fut invité à embrasser l’Islam sous la menace, qu’il s’y soit soumis ou non.

 

D’ailleurs, il n’y a aucun intérêt à ce qu’un tel individu rejoigne les rang des musulmans, mais nous acceptons plutôt celui qui en a émis la volonté, quand bien même tout porte à croire qu’il fut mu par la crainte de l’épée, à l’exemple des païens ou des adeptes du Livre qu’il est pourtant permis de tuer sur le champ de bataille. À partir du moment où l’un d’eux extériorise sa conversion, son sang et ses biens deviennent sacrés, conformément aux paroles du Prophète (r) : « J’ai reçu l’ordre de combattre les hommes jusqu’à ce qu’il atteste qu’il n’y a d’autre dieu en dehors d’Allah et que Mohammed est le Messager d’Allah. S’ils s’y soumettent, ils se préservent contre moi leur sang et leurs biens, sauf ce que la Loi en réclame, et Allah est Celui qui les jugera. »[7] Il a en outre reproché à Usâma ibn Zaïd de mettre fin à la vie d’un homme avec lequel il décousait, alors qu’il venait juste de renoncer à la mécréance. Pour sa défense, Usâma maintenait que sa victime s’était soumise à l’Islam sous la pression de l’épée.[8]

 

Or, il incombe de distinguer, de la part du Prophète (r) ou de n’importe qui d’autre, entre forcer l’ennemi à se convertir et lui faire la guerre en vue de parer à son injustice et à son animosité contre la religion. Une fois convertie, la personne compte parmi les membres de l’Islam, il n’est donc plus permis de la combattre. Dans le mesure où  le Prophète (r) sentait que quelqu’un ne causait aucun tord à la religion ni à ses adeptes, il évitait de s’en prendre à lui, que ce dernier adhère à la religion du Livre ou non (…) Le sceau des messagers (r) ne s’est jamais attaqué au non musulmans avec lesquels il avait noué un traité de paix. Les ouvrages sur la biographie prophétique, de hadith, d’exégèse, de fiqh, et sur les expéditions prophétiques témoignent de cette réalité communément transmise. Il n’a jamais pris l’initiative des hostilités contre quiconque ; si Allah lui avait imposé de tuer tous les mécréants, il leur aurait alors déclenché la guerre sans sommation.

 

Quant aux chrétiens, il n’a jamais combattu l’un d’entre eux en vue qu’il renie sa croyance par la force. Il envoya ses messagers après l’accord de paix conclu à el Hudaïbiya aux rois de la terre afin de les inviter à l’Islam. Il fit transmettre un courrier à Chosroes (empereur Sassanide ndt.), César (l’empereur romain qui fut Héraclius à cette époque ndt.), el Muqawqas (le gouverneur d’Égypte ndt.), le Négus (le roi d’Abyssinie ndt.), et les rois arabes des régions du Nord et du Shâm. Il s’en est suivi qu’une partie des chrétiens notamment ont embrassé l’Islam.

 

Les armées chrétiennes ont alors fait route vers le Shâm où ils ont éliminé à  Ma’ân plusieurs de leurs élites qui avaient changé de confession. Ce sont les chrétiens qui ont ouvert les hostilités contre les musulmans à travers une campagne inique d’élimination de tous ceux qui avait adjuré leur foi. Le mari d’Aïsha (r) n’a fait qu’envoyer des courriers dans lesquels il invitait les peuples à embrasser la nouvelle religion de leur plein gré non par la force. Il n’a forcé personne à le faire. En réaction à l’hostilité des chrétiens, il fit sortir ses troupes à la tête de Zaïd ibn Hâritha ; le martyre lui fit céder l’étendard successivement à Ja’far et à ibn Rawâha que la mort emporta également. La première bataille qui eut lieu entre les musulmans et les chrétiens se déroula à Mu-ta dans les terres du Shâm où une grande armée chrétienne s’était rassemblée pour en découdre avec la nouvelle menace qui planait sur leur empire en déclin.[9]

 

 Quant à la jiziya, elle permet au non musulman de préserver son sang. Le glaive ne sert nullement à éliminer les mécréants comme il ne peut les préserver contre les châtiments de l’Au-delà. Il sert plutôt à parer à leur mal et à leur tentative de détourner les hommes de la vraie religion. La seule façon de remédier à ce mal, c’est de les soumettre au tribut. En les soumettant à un pacte de dépendance, ils ne s’attaqueront plus à l’Islam ni par la parole ni par les actes. Par ailleurs, les dhimmîs ne participent pas à la guerre, ce sont plutôt les musulmans qui défendent leurs biens et leur vie contre un ennemi éventuel. Le tribut est une sorte de butin qui permet d’entretenir les armées musulmanes ; en cela, c’est une marque de bienfaisance envers le vaincu.[10]

 

Ainsi, le sang est préservé soit par l’adhésion à l’Islam soit par le tribut et l’état de soumission. Soit l’individu se soumet à l’adoration du Seigneur soit il devient utile aux musulmans. Le croyant remplit son devoir en adorant Allah et le non musulman est utile au croyant en lui versant ce qui permet de compenser (du moins sur terre) sa non-soumission au Tout-Puissant. Il fut épargné ainsi dans l’espoir qu’Allah le guide sur le droit chemin, et qu’Il lui inspire le repentir. Les « gens du Livre » plus particulièrement détiennent la preuve dans leurs écriture de la prophétie de Mohammed (r) ; cet intérêt en lui-même justifie de les laisser en vie. Vouloir les punir à cause de leur mécréance, ne remédie en rien à leur situation quoi que haïssable.[11]

 

Pour réfuter l’idée que ce principe n’a jamais été abrogé, ibn Taïmiya utilise une anecdote révélatrice

 

Il s’agit de l’histoire qui relate l’assassinat d’Abû Râfi’ ‘Abd Allah ibn el Huqaïyiq, le juif qui portait atteinte au Messager (r) ; il le dénigrait sans arrêt et appelait à son meurtre. Dans son recueil e-sahîh, el Bukhârî immortalise l’évènement.[12]

 

Une autre version du hadîth donne de plus amples précisions sur les circonstances de la mise à mort. Selon ‘Abd Allah ibn Ka’b ibn Mâlik, les protagonistes grimpèrent dans l’une des chambres où il se trouvait. Sa femme, qui les avait sentis, signala leur présence en poussant un cri. Ils avaient reçu pour consigne par le sceau des Prophètes (r) de ne tuer ni femme ni enfant. Un homme du groupe voulut la frapper de son glaive, mais retint son bras quand il se rappela les consignes. Ils se jetèrent comme un seul homme sur la cible qu’ils transpercèrent de leurs lames. ‘Abd Allah ibn Unaïs lui donna le coup de grâce en lui enfonçant de tout son poids son épée en plein ventre.[13]

 

Sheïkh el Islâm commente : « Je me suis appuyé sur cette histoire pour dissiper l’allégation erronée selon laquelle l’interdiction du meurtre de femmes viendrait abroger la loi qui aurait été en vigueur avant la conquête de La Mecque. Il va sans dire qu’aux yeux des savants, une telle pratique n’a jamais été autorisée. Si on regarde la chronologie et la teneur des textes de la guerre, nous nous rendrons compte de la véracité de ce propos.

Aucun assaillant n’eut en tête de prendre pour esclave les membres du sexe opposé qui se trouvaient cette nuit-là derrière l’enceinte d’ibn el Huqaïyiq. Elles jouissaient encore de tous leurs droits sous la protection des habitants de Khaïbar bien avant la prise des Lieux saints. Sans compter qu’au cours de l’opération, l’une des occupantes poussa un cri qui risquait de tout faire échouer. Pourtant, personne ne lui posa la main dessus, car trop tétanisée par la peur, elle était hors d’état de nuire. »[14]

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

 

[1] La vache ; 191 et Les femmes ; 91

[2] La vache ; 190-191

[3] Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr (102-103). Certaines sources estiment que le nombre des exécutions varie entre six cents et sept cents [voir : Zâd el Ma’âd d’ibn el Qaïyam (3/135)]. Quoi qu’il puisse être choquant, il faut replacer cet événement dans son contexte historique. Nous sommes au septième siècle de l’ère chrétienne, il faut s’imaginer ce que les puissances de l’époque étaient capables de faire à leurs prisonniers. Mohammed (r) n’étaient pas soumis aux Conventions de Genève que les fondateurs eux-mêmes ne respectent pas à l’aube du troisième millénaire. Accusés de haute trahison, il ne faut pas voir dans ce jugement prononcé contre la tribu des Banû Quraïdha une épuration ethnique comme l’allèguent certaines personnes mal intentionnées ou tout simplement mal informées. Pour preuve, les femmes, les enfants, et toute personne n’ayant pas participée au combat en général furent épargnés. En outre, les deux autres tribus juives de Médine, les Banû e-Nadhîr et les Banû Qaïnuqar qui étaient liés avec les autres habitants de la ville par un pacte d’entraide furent accusés également de trahison, mais ils n’ont pas connu le même sort que leurs coreligionnaires. D’ailleurs il existe un amalgame entre la religion juive et la race juive ; quoiqu’il en soit l’Islam interdit formellement de s’en prendre gratuitement à toute personne appartenant à cette ethnie religieuse. Contrairement au judaïsme, l’Islam ne fait aucune discrimination raciale comme le souligne ibn Taïmiya en disant : « Si tu t’imprègnes de ce qu’était réellement la Tradition prophétique, tu te rendras compte que le Messager (r) n’a jamais fait de distinction entre un arabe et un non arabe (…) Il n’a jamais privilégié les arabes dans la religion, ni en ce qui concerne le tribut, ni en ce qui concerne la captivité. Il ne les jamais favorisé dans les traités de paix, il n’a jamais décrété qu’un non arabe n’était pas du même rang qu’un arabe au niveau du mariage, et il ne leur a jamais permis de jouir d’une chose indépendamment des autres. Il fondait cependant ses jugements sur les hommes en fonction des noms que le Coran leur donne comme : croyant/mécréant, vertueux /pervers. » [Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr (179, 183).]      

[4] E-sârim el maslûl (2/469).

[5] Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr (195-196).

[6] Idem. (200).

[7] Rapporté par el Bukhârî (n° 25, 392) et Muslim (n° 20, 21). Ce hadith donne la raison pour laquelle le Prophète (r) fait la guerre aux hommes, cela ne signifie pas qu’il doit combattre chaque être humain pour obtenir sa conversion. Voir : Qâ’ida mukhtasara (95-96). 

[8] Rapporté par el Bukhârî (n° 4021) et Muslim (n° 96).

[9] Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr (129-138).

[10] Idem (214-215).

[11] Idem (218-219).

[12] Rapporté par el Bukhârî (n° 4039).

[13] Rapporté par el Wâqidî dans el maghâzî (1/292-294), ibn Hishâm dans e-sîra (2/275), el Baïhaqî dans dalâil e-nubuwwa (4/34), avec une chaine narrative jugée « bonne ».

[14] E-sârim el maslûl (2/258).

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 11:03

Tout sur le djihad

(Partie 5)

 

Ibn Taïmiya corrobore ce principe qu’il démontre à la faveur d’une analyse dont il a le secret et qui, à tort, fut assimilée à une apologie du djihad défensif

 

L’attaque est la meilleure défense…

 

La surate la vache est médinoise dans son ensemble ; celle-ci comprend plus d’un Verset qui commande le djihâd, dont : (Il vous a été prescrit la guerre). Comment oser dire alors que le Verset en question (le Verset 256 en l’occurrence ndt.) s’inscrit dans le temps bien avant l’institution de la guerre. Par ailleurs, le « contexte de la révélation du Verset » nous apprend que l’événement auquel il se rattache eut lieu après que la guerre fut prescrite. Les spécialistes relèvent quatre hypothèses autour de cet événement ; chacune confirme qu’il eut bien lieu avant l’ordre de combattre un ennemi quelconque. Ibn ‘Abbâs et d’autres exégètes nous en relatent la plus célèbre.

 

Selon ces derniers en effet, une femme parmi les Ansâr était stérile (miqlât : qui ne garde pas ses enfants ndt.). Celle-ci fit le vœu si elle gardait un enfant vivant de le convertir à la religion juive, car contrairement aux païens, les juifs détenaient entre leurs mains un Livre sacré. Ils étaient ainsi plus proches du savoir et de la religion que les arabes. Quand la tribu juive de Banû e-Nadhîr fut expulsée de Médine, elle emporta dans ses rangs plusieurs enfants des Ansâr, ce qui souleva l’indignation de leurs pères génétiques qui s’en plaignirent ouvertement : « Messager d’Allah, Nos enfants ! » Le Verset en question fut alors révélé.[1]

 

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya démontre dans certains passages de ses divers ouvrages, que le djihâd appelé « Guerre Sainte » par certains orientalistes n’a nullement pour vocation d’exterminer les non musulmans ou de les convertir par la force. Il souligne en effet :

 

Si l’essence de la guerre légitime s’incarne à travers le djihâd, qui a pour ambition de vouer la religion entière au Seigneur et de rendre Sa parole la plus haute, quiconque constitue une entrave à ce dessein doit être combattu à l’unanimité des musulmans.[2] Au début, le Prophète (r) reçut l’ordre de s’attaquer aux mécréants avec la parole sans n’utiliser les mains. Il se concentrait sur le prêche composé essentiellement de sermons et de polémiques acquises aux règles de la bienséance. Son grand combat d’alors fut de fustiger ses adversaires à coup de Versets du Coran.

 

Il ne lui était pas demandé d’avoir recours aux armes étant donné que les musulmans se trouvaient en état de faiblesse. Quand il émigra à Médine où il trouva un soutient, il fut autorisé à se défendre. Sur place, il constitua une puissance qui lui conféra le droit, par un décret céleste, d’en découdre avec ses ennemis. Il lui était toutefois interdit de s’en prendre à des tribus avec lesquelles ils étaient liés par des accords de paix ; il ne pouvait ouvrir plusieurs fronts à la fois. Après la conquête de la Mecque, la guerre contre les Quraïshites, qui étaient les rois des arabes, pris fin, et les délégations de la Péninsule se rendaient à Médine pour annoncer leur conversion. Le temps était venu de déclarer la guerre à tous les infidèles, sous l’ordre du Tout-Puissant.[3]

 

Après la mort du législateur, ses successeurs directs, les Khalifes Abû Bakr et Omar, à la tête des Muhâjirîns (émigrés mecquois) et des Ansârs (auxiliaires médinois) encore vivants à leur époque – qui sont ses partisans les plus fidèles, les plus obéissants, et les plus respectueux envers ses engagements – ouvrirent un front contre les romains (byzantins ndt.) et un autre contre les perses (sassanides ndt.). Les deux plus grandes puissances de l’époque représentaient les « gens du Livre » et les mazdéens. Les musulmans livraient uniquement combat contre ceux qui leur résistaient ou qui manifestaient contre eux des intentions hostiles. Sinon, la jiziya (le tribut) fut soumise aux peuples qui s’y résignaient ; ils devaient la remettre en main propre en signe de soumission.[4] Quand ‘Omar ibn el Khattâb conquit le Shâm, il prit de ses habitants la jiziya qu’ils devaient remettre de main en main en guise de soumission. Beaucoup d’entre eux, dont Seul le Très-Haut en connaît le nombre, embrassèrent l’Islam. La plupart du commun des mortels, des paysans, etc. étaient d’obédience chrétienne.

 

Les musulmans ne savaient pas cultiver la terre et une seule mosquée suffisait à les réunir à Damas où ils étaient finalement peu nombreux. Par la suite, la plupart des habitants du Shâm et bien d’autres contrées se convertirent de leur propre gré, non sous la contrainte ! Il n’est pas permis, en effet, de soumettre les dhimmis à l’Islam par la force comme le stipule le Verset : (Il n’y a nulle contrainte en religion, le bon chemin s’est distingué du mauvais ; celui qui renie le tâghût et qui croit en Allah, se sera alors accroché à un lien solide qui ne serait rompre. Allah est certes Entendant et Savant • Allah est l’Allié des croyants qu’Il sort des ténèbres pour les mener à la lumière. Quant aux mécréants, ils sont les alliés des tâghût qui les sortent de la lumière pour les mener aux ténèbres ; ceux-là sont les habitants de l’Enfer dans lequel ils demeurent à jamais).[5]

 

Ainsi, selon le Verset suivant : (Combattez sur le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, mais sans transgresser pas les limites),[6] il n’est pas permis de s’en prendre à des innocents.[7] Parmi les limites à ne pas transgresser, il y a notamment le meurtre des femmes et des enfants, mais aussi la guerre aux peuples qui ne prennent pas les armes.[8] La guerre fut légiférée en cas de nécessité dans le sens où si les hommes avaient cru aux Versets et aux preuves évidentes du Coran, il n’y aurait pas eu besoin d’y avoir recours. Il incombe donc de manière absolue et principale de présenter aux hommes le message de l’Islam. Quant au djihâd, il est uniquement légiféré en cas de nécessité.[9] Si l’Islam considère comme un forme de corruption sur terre de s’attaquer gratuitement à la végétation et aux animaux, il est beaucoup plus scrupuleux concernant la vie humaine.[10]

Quand le Créateur des cieux et de la terre autorise à prendre la vie de certains hommes, c’est dans le but de réformer l’humanité, comme le formule le Verset : (La tentation est pire que le meurtre).[11] Autrement dit, s’il est vrai que la guerre engendre le mal et le désordre, la tentation dont font preuve les mécréants constitue un plus grand mal et un plus grand désordre. Or, dans la situation où quelqu’un ne cherche pas spécialement à empêcher aux musulmans d’établir la religion d’Allah sur terre, les méfaits de sa mécréance ne reviennent qu’à lui-même.[12]

 

La condition pour combattre une personne, c’est qu’elle prenne les armes.[13] Il n’est pas permis de tuer un mécréant d’origine (contrairement à l’apostat) qui ne prend pas part au combat selon la plupart des savants à l’instar d’Abû Hanîfa, de Mâlik, et d’Ahmed.[14] Il ne faut pas tuer quiconque ne participe ni de près ni de loin aux hostilités tel que les femmes, les enfants, les moines, les aveugles, et les vieillards conformément à la tendance de la majorité des savants[15] ; et cela, contrairement à ceux qui associent leur voix ou qui prêtent main forte aux combat à l’exemple de Hind et de certaines autres femmes qui ont connu un sort tragique lors de la prise de la Mecque.[16]

 

En principe, le sang humain est sacré ; il est interdit d’y toucher sauf pour une raison valable. Tuer une personne sous prétexte qu’elle est mécréante n’est pas un principe sur lequel s’entendent les différentes législations divines à travers les époques, contrairement à la mise à mort pour meurtre que s’accordent à reconnaître la religion et la raison.[17] Le jour de la Conquête de la Mecque, le Prophète (r) a laissé en vie tous les combattants ennemis à l’exception de certains d’entre eux qu’il n’a pas épargné et dont le crime ne pouvait rester impuni comme celui d‘Abd Allah ibn Khatal. Ainsi, il ne tuait pas un ennemi sous le simple prétexte qu’il était mécréant ou qu’il était en guerre.[18]

 

[1] Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr wa muhâdanatihim wa tahrîm qatlihim li mujarrad kufrihim (127-128) de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya.

[2] Majmû’ el fatâwa (28/354).

[3] El Jawâb e-sahîh li man baddala dîn el Masîh (1/237). L’auteur va expliquer ce point par la suite plus en détail.

[4] Majmû’ el fatâwa (4/205).

[5] La vache 256-257

[6] La vache ; 190

[7] E-Sârim el maslûl ‘ala shâtim e-rasûl (2/207).

[8] Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr (115).

[9] El jawâb e-sahîh (1/238).

[10] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (202-203).

Orcel avait raison (la Bible est beaucoup plus violente que le Coran), car, malheureusement, nous ne pouvons pas en dire autant pour l’Ancien Testament qui prône d’exterminer tout ce qui respire sans n’épargner les femmes, les enfants ni les animaux : http://islampaix.blog4ever.xyz/la-realite-de-la-guerre-dans-l-ancien-testament

[11] La vache ; 191

[12] Majmû’ el fatâwa (28/355).

[13] E-Sârim el Maslûl (2/513).

[14] Majmû’ el fatâwa (28/354).

[15] Majmû’ el fatâwa (20/102). Certains contemporains voient en cela un progrès par rapport aux sociétés primitives, mais c’est surtout un progrès par rapport aux nations les plus évoluées, car les peuples dits primitifs ne sont pas capable d’organiser des massacres à grand échelle comme ce fut le cas pour l’extermination de la race indienne. Plus récemment l’impérialisme européen, dont le nazisme est l’une des illustrations, s’est violement manifesté à travers les colonisations.

[16] Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr (191).

[17] E-Sârim el Maslûl (2/210). Il faut resituer ce discours dans son contexte historique, car malheureusement à notre époque beaucoup de valeurs sont inversées. Nous devrions d’ailleurs demandé au Souverain Pontife ce qu’il pense de la peine de mort !

Voir : http://mizab.over-blog.com/article-ibn-taimiya-m-728-1328-repond-a-benoit-xvi-66678745.html

 [18] Idem. (2/266).

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 12:33

Tout sur le djihad

(Partie 4)

 

Voici un article où S. el Fawzân passe également en revue les lois du djihad

 

Réponse à el ‘Uraïnî

 

Par Sheïkh Sâlih el Fawzân

 

Je suis tombé sur un article dans le quotidien el watan datant du dimanche 13/06/1427 h. Son auteur, Sâlih ‘Abd Allah el ‘Uraïnî d’el Badâi’, consacrait une réponse à l’un de mes propos, et à laquelle il donnait le nom de ta’lîq ‘alâ Sheïkh el Fawzân. Certains passages, qui réclamaient certaines explications, m’ont poussé à prendre la plume, car je n’avais pas le droit de garder le silence. Et cela, d’autant plus que l’auteur lui-même me réclamait gentiment d’éclaircir certains points obscurs en vue de dissiper les confusions qui planent dessus.

 

Voici, donc, pour satisfaire ses attentes, une réponse détaillée, que je formulerais en forme de points :

 

Premièrement : mon propos s’adressait à ceux qui dénigrent nos programmes scolaires renfermant les lois du djihâd. Ils voudraient les enlever pour plaire à nos ennemis. Il va sans dire que leurs désirs sont loin d’être exaucés par la Volonté d’Allah, et quand bien même ce serait le cas, cela ne remet nullement en question l’un des plus grands principes sur lesquels repose notre religion. En outre, cette proposition inique serait loin de dissuader les mécréants de nous attaquer et de nous envahir. De nombreux pays musulmans mis à feu et à sang en ont malheureusement fait la douloureuse expérience. C’est le Coran lui-même qui nous l’apprend à travers le Verset : [Ils ne cesseront de vous combattre jusqu’à ce que vous renonciez à votre religion, s’ils en avaient les moyens].[1] Et ce ne sont pas les accords internationaux qui vont les convaincre du contraire.

 

Deuxièmement : le djihâd offensif est entériné par les textes (Coran, sunna), le consensus des musulmans, et l’usage du Messager (r) et de ses Compagnons. Dans la pratique, il est certes soumis à une certaine conjoncture et à des conditions notoires que recensent les ouvrages de fiqh, de hadîth, et d’exégèse. Voici une liste des principales conditions réclamées que nos programmes scolaires reprennent une par une :

  1. Les musulmans doivent avoir la force suffisante pour le mettre en pratique, sinon il devient interdit, car ils risquent ainsi de se faire exterminer. Dans les périodes de faiblesses, ils suivent les directives de l’époque mecquoise. Avant l’émigration à Médine, les adeptes de la religion naissante étaient enjoints de s’armer de patience, et de renoncer aux armes. Si l’idée les aurait pris de se défendre, ils se seraient exposés au péril.
  2. Il ne doit y avoir aucun accord entre eux et nous, sinon, il devient interdit. Nous devons respecter nos traités qui rendent sacrés leur sang et leurs biens. Malheureusement, ce point pose problème à certains auteurs aujourd’hui. Ils mettent en avant que la notion de djihâd est en totale contradiction avec les traités internationaux qui nouent les États entre eux sous l’égide des Nations Unies. Ils ne font pas la distinction entre l’étude d’une question d’un point de vue théorique, et sa mise en application sur le terrain. C’est ce qui les pousse à stigmatiser notre enseignement, alors qu’il est clair que ce sont deux choses différentes. Par ailleurs, en vulgarisant ces notions, il ne portera plus à confusion dans l’esprit de certains, surtout du côté des ignorants, qui, au nom du djihâd, s’en prennent impunément à des innocents à qui nous avons garanti la sécurité en les laissant entrer dans notre pays. Pire, ils font la propagande de ce genre de crimes. Ces derniers n’ont pas conscience qu’ils ne sont pas en état de force, comme ils n’ont pas conscience des répercussions qu’ils font endurer à leurs concitoyens. Ils n’ont pas étudié les lois du djihâd ni les critères et les conditions à respecter en vue de le légitimer. Ils ne savent même pas quand est-ce qu’il relève de l’obligation individuelle (fardh ‘aïn), et quand est-ce qu’il relève de l’obligation collective (fardh kifâya). Ils ne seraient pas capables de distinguer entre les différentes catégories ennemies ; il y a certains mécréants avec qui, en effet, nous ne sommes pas en guerre. Sans compter qu’ils n’ont aucune connaissance sur les aptitudes requises afin d’entrer dans l’armée, ni des modalités de la guerre sur le terrain.
  3. L’autorisation du djihâd est entre les mains du responsable de l’autorité en place, et sa mise en œuvre relève de ses compétences exclusives. Il est le chef des armées, et il désigne ses représentants à qui on doit obéissance, conformément à la tradition prophétique. Le but, c’est que les rênes de la guerre soit sous une bannière musulmane, et unique de surcroit. Il ne s’agit pas d’ouvrir la porte à l’anarchie et à une variété d’étendards aux intérêts opposés, créant ainsi une division qui porte les germes de la défaite et met à mal le moral des troupes : [Et ne vous livrez pas à des querelles qui entameraient votre morale et votre ardeur ; patientez, car Allah est avec les patients].[2]
  4. Le djihâd était déjà instauré dans les législations prophétiques précédentes, et n’est donc pas propre à celle de Mohammed (r). Mûsâ, au terme de l’exode, prit l’initiative, à la tête d’une armée israélite, de débarrasser la terre sainte des tyrans amorites. Puis : (N’as-tu pas vu les notables parmi les enfants d’Israël qui vinrent après Moussa, lorsqu’ils dirent à l’un de leurs prophètes : « Envoies-nous un roi afin que nous combattions sur le sentier d’Allah. »][3] : après maints périples, ils gagnèrent la guerre : (« Ils les vainquirent alors par la Volonté d’Allah et Dâwûd tua Jâlût. »).[4] Le Prophète Sulaïmân (u) proclama contre le peuple de la reine Balqîs alors adorateurs du soleil : [Nous viendrons à leur rencontre à la tête d’une armée contre laquelle ils ne pourront pas résister, et ils seront expulsés de leur terre avilis et humiliés].[5] Il ne faut pas oublier dans la longue histoire du djihâd les affrontements périodiques qui opposèrent les tribus d’Israël aux perses mazdéens.
  5. Le djihâd n’a nullement pour ambition de verser impunément le sang ni de piller les richesses et d’envahir d’autres pays. Les dommages collatéraux sont plus, en effet, du côté des musulmans. un Verset y fait allusion : [Si vous souffrez, sachez qu’ils souffrent également sauf que vous, contrairement à eux, vous fondez vos espoirs en Dieu]. le seul but de la « guerre sainte », c’est d’élever la Parole d’Allah au dessus de tous, et de sortir les hommes des ténèbres à la lumière, de la soumission aux hommes à la soumission au Dieu des hommes, comme l’établit le passage : [Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent].[6] Le Messager d’Allah (r) affirme également : « J’ai reçu l’ordre de combattre [les hommes] jusqu’à ce qu’ils témoignent de – ou selon une version qu’ils disent – : lâ ilâh illâ. S’ils s’y soumettent, ils auront protégé contre moi leur sang et leurs biens, sauf ce que la Loi en réclame, et Allah est Celui qui les jugera. »[7] un autre hadîth nous apprend : « Allah s’étonne d’un groupe d’homme qui sont trainés au Paradis par des chaines. » Il fait allusion aux prisonniers de guerre qui suite à leur conversion, sont libérés. Ces derniers auront droit au Paradis, alors que, sans la guerre, ils allaient droit en Enfer.
  6. Le djihâd fut légiféré en vue d’éradiquer la propagande de la mécréance : [ceux-là appellent à l’Enfer, tandis qu’Allah appelle au Paradis]. Il s’en prend à ceux qui attaquent les musulmans et qui font obstacle au sentier qui mène au Très-Haut. Ainsi, ceux qui ne prennent pas part au combat et qui ne font pas la propagande de la mécréance sont épargnés. les armées musulmanes ne visent pas femmes, enfants, vieillards, moines retirés dans leurs monastères, bien qu’ils aient fait un mauvais choix, car ils ne font du mal qu’à eux-mêmes, et ne représentent aucune menace.
  7. Le djihâd n’a nullement pour vocation de forcer les gens à devenir musulmans, contrairement à certaines idées reçues. Allah (I) révèle : [Il n’y a nulle contrainte en religion][8] ; [Certes, tu ne guides pas qui tu veux sur le chemin droit, mais Allah guide qui Il veut, Lui qui connait mieux qui mérite cette faveur].[9] On adhère à l’Islam par choix et par conviction. En revanche, les fins du djihâd est de faire accéder la dernière religion révélées à toute l’Humanité sans qu’aucun obstacle ne s’interpose sur son chemin : [Combattez-les afin qu’il n’y ait pas de désordre sur terre, et que la religion tout entière soit à Allah].[10] En exégèse à ce Verset, l’Imam ibn Kathîr rapporte : « Ibn Ishâq à dit : on m’a rapporté selon e-Zuhrî, selon ‘Urwa ibn e-Zubaïr, et d’autres sommités parmi nos savants au sujet du passage : [qu’il n’y ait pas de désordre sur terre][11] (nous avons traduit fitna par désordre sur terre ndt.) : afin que le croyant ne soit pas éprouvé dans sa religion, en la quittant. » Fin de citation. Allah (I) révèle également : [Allah ne vous interdit pas, envers ceux qui ne vous ont pas combattu à cause de votre religion et qui ne vous ont pas sorti de vos maisons, d’être bon avec eux, et d’être justes envers eux ; certes, Allah aime les justes].[12]
  8. Les « conquêtes » musulmanes ont offertes énormément d’avantages aux habitants de la terre. Elles les ont déjà débarrassés des tyrans qui persécutaient les faibles. Elles ont répandu la justice, le savoir, et ont dissipé l’ignorance et l’oppression. Elles furent le moteur de la vraie civilisation qu’elle diffusa en Orient et en Occident, grâce notamment au climat de paix qu’elles firent régner. Les grands centres scientifiques de l’Empire (Andalousie, Bagdad, l’ancienne Syrie, le Khurasân, et la Transoxiane) en sont le meilleur souvenir. Ils formèrent des générations de savants dont les traces sont encore présentes aujourd’hui, ce qui prouve que les fruits du djihâd furent plus que bénéfiques. Comme le dit le poète : La lumière jaillit des quartiers bas de la Mecque ••• Et illumina de ses rayons tout Yathrib ••• L’épée de la vérité arma nos héros ••• Et soumis les plus grands de la terre et les vils ••• Chaque pays dont nous foulâmes la grande esplanade ••• Se transforma en un grand jardin verdoyant ••• Nous sommes loin des invasions occidentales qui sèment une terreur impitoyable et l’opprobre partout où elles passent. L’actualité malheureuse des pays musulmans en est le meilleur témoin.
  9. Sâlih el ‘Uraïnî est l’auteur des paroles : « Là où je rejoins notre Sheïkh, c’est sur la partie consacrée au djihâd défensif, qui incarne le sixième pilier de l’Islam. Je n’en dirais pas autant de sa position sur le djihâd offensif. C’est, en effet, avec un grand étonnement que je découvris le passage suivant : « Le djihâd offensif est certes obligatoire aujourd’hui, mais nous le reportons au jour où nous serons en position de force. » » Voici ma réponse : quel élément viendrait abroger le djihâd offensif, le sommet de l’Islam, en période de force ? Ensuite, il enchaine : « car, comme vous le savez, s’attaquer aux autres est devenu un crime aujourd’hui. » Ce à quoi je réponds : Seul Allah (I) est à même de délimiter ce qui est interdit ou non ! En outre, ces fameux traités internationaux ont-ils dissuadé les non-musulmans à coloniser nos terres et à piller nos richesses ? Que dire de la situation en Palestine, en Iraq, en Afghanistan, etc. Plus loin, il récidive en disant : « les constitutions et les codes civils furent légiférés en vue de maintenir la paix et de défendre l’opprimé. » Alors qu’elles défendent les Palestiniens contre les Juifs et les musulmans en détresse un peu partout dans le monde. Puis, il conclut : « Être dotée d’une force militaire ne justifie en rien de faire la guerre. Un tel raisonnement relève plus de la tyrannie qu’autre chose. » En réponse, nous disons oui, quand la guerre à pour ambition de s’emparer impunément des richesses des pays pauvres. Donc, ce discours s’adresse aux mécréants. Quant au djihâd, son ambition est noble, comme nous l’avons vu, elle est transcendantale (rendre la Paroles d’Allah la plus haute, et répandre la lumière du savoir). en cela, elle relève plus de la justice et à la charité qu’autre chose.

 

Voila, c’est avec ces quelques éclaircissements que j’ai voulu répondre aux attentes de notre frère, wa Allah el musta’en !

 

Écrit par : Sâlih ibn Fawzân el Fawzân.

Membre de l’Ordre des Grands Savants

d’Arabie saoudite.

 

 

Le djihad est un outil messianique au service de la propagation de la religion non des conversions forcées

 

Nous avons vu dans les parties précédentes que de nombreux spécialistes occidentaux nous concèdent objectivement ce point, à l’image de Gustave Le Bon qui, lui-même, s’appuient, pour conforter son propos, sur ses paires :

 

En ce qui concerne les juifs, et surtout les chrétiens, Mahomet, contrairement à une croyance très générale, se montre plein de tolérance et de bienveillance. Les versets suivants en sont la preuve : Point de contrainte en religion. La vraie route se distingue assez de l'erreur. (II.)

 

Sur les pas des autres prophètes nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, pour confirmer le Pentateuque ; nous lui avons donné l'Évangile, qui contient la direction et la lumière, il confirme le Pentateuque ; l'Évangile contient aussi la direction et l'avertissement pour ceux qui craignent Dieu. (V.)

 

La rapidité prodigieuse avec laquelle le Coran s'est répandu a toujours étonné les historiens hostiles à la religion qu'il enseigne, et ils n'ont cru pouvoir l'expliquer qu'en disant que cette propagation était le résultat de la morale relâchée de Mahomet et de l'emploi de la force ; mais il est facile de démontrer que ces explications n'ont pas le plus léger fondement….

 

La force ne fut pour rien dans la propagation du Coran, car les Arabes laissèrent toujours les vaincus libres de conserver leur religion. Si des peuples chrétiens se convertirent à la religion de leurs vainqueurs et finirent par adopter leur langue, ce fut surtout parce que ces nouveaux conquérants se montrèrent plus équitables pour eux que ne l'avaient été leurs anciens maîtres, et parce que leur religion était d'une plus grande simplicité que celle qu'on leur avait enseignée jusqu'alors. S'il est un fait bien prouvé par l'histoire, c'est qu'une religion ne s'impose jamais par la force. Lorsque les Arabes d'Espagne ont été vaincus par les chrétiens, ils ont préféré se laisser tuer et expulser jusqu'au dernier plutôt que de changer de culte.

 

Loin donc d'avoir été imposé par la force, le Coran ne s'est répandu que par la persuasion. Il est évident d'ailleurs que la persuasion seule pouvait amener les peuples qui ont vaincu plus tard les Arabes, comme les Turcs et les Mongols, à l'adopter…

 

Sur la tolérance des mahométans pour les juifs et les chrétiens. Nous avons vu par les passages du Coran cités plus haut que Mahomet montre une tolérance excessive et bien rare chez les fondateurs de religion pour les cultes qui avaient précédé le sien, le judaïsme et le christianisme notamment et nous verrons plus loin à quel point ses prescriptions à cet égard ont été observées par ses successeurs. Cette tolérance a été reconnue par les rares écrivains sceptiques ou croyants, qui ont eu occasion d'étudier sérieusement de près l'histoire des Arabes. Les citations suivantes que j'emprunte à plusieurs d'entre eux montreront que l'opinion que nous professons sur ce point ne nous est nullement personnelle.

 

« Les musulmans sont les seuls enthousiastes qui aient uni l'esprit de tolérance avec le zèle du prosélytisme, et qui, en prenant les armes, pour propager la doctrine de leur prophète, aient permis à ceux qui ne voulaient pas la recevoir de rester attachés aux principes de leur culte. » (Robertson, Histoire de Charles-Quint.).

 

« Le Coran, qui commande de combattre la religion avec l'épée, est tolérant pour les religieux. Il a exempté de l'impôt les patriarches, les moines et leurs serviteurs. Mahomet défendit spécialement à ses lieutenants de tuer les moines, parce que ce sont des hommes de prière. Quand Omar s'empara de Jérusalem, il ne fit aucun mal aux chrétiens. Quand les croisés se rendirent maîtres de la ville sainte, ils massacrèrent sans pitié les musulmans et brûlèrent les juifs. » (Michaud, Histoire des Croisades.)

 

« Il est triste pour les nations chrétiennes que la tolérance religieuse, qui est la grande loi de charité de peuple à peuple, leur ait été enseignée par les musulmans. C'est un acte de religion que de respecter la croyance d'autrui et de ne pas employer la violence pour imposer une croyance. » (L'abbé Michou, Voyage religieux en Orient.)

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

[1] La vache ; 217

[2] Le butin ; 46

[3] La vache ; 246

[5] Les fourmis ; 37

[6] Les vents qui éparpillent ; 56

[7] Hadîth rapporté par Muslim (21).

[8] La vache ; 256

[9] Les récits ; 56

[10] La vache ; 193

[11] En d’autres termes, voici la preuve qu’il faut combattre les païens sans faire de distinction entre leurs différentes croyances. [Combattez-les] : englobe tous les païens sans exception. Puis, Allah dit : [afin qu’il n’y ait pas de désordre sur terre] ; le désordre (fitna), c’est le shirk ; c’est-à-dire : afin qu’il n’y ait pas de shirk. Il faut le prendre dans le sens général du terme. (S. Fawzân)

[12] La femme éprouvée ; 8

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 14:49

Tout sur le djihad

(Partie 3)

 

Alors serviteurs d’Allah, craignez Votre Seigneur ! Faites vos comptes dès maintenant et faites [sur vous] un vrai djihâd. L’Imam ibn el Qaïyim – qu’Allah lui fasse miséricorde – souligne à ce sujet : « Le djihâd sur soi s’opère en quatre étape : primo : s’instruire de la vraie religion et du droit chemin sans lequel on ne peut obtenir le bonheur ni sur terre ni dans l’au-delà. Le malheur s’abat sur celui qui n’apprend pas sa religion.

Secundo : faire un effort sur soi afin de mettre ces enseignements en pratique, car sans  les traduire en actes, au mieux, ils sont sans intérêt.

Tercio : faire l’effort de propager la religion et de l’enseigner aux autres. À l’inverse, ceux qui cachent les preuves évidentes et la bonne voie qu’Allah a révélées ne peuvent profiter de leur savoir ni se mettre à l’abri du châtiment réservé à ce crime.

Quarto : endurer les difficultés et les ennuis qu’engendrent la da’wa (la prédication ndt.). Il en faut supporter tous les inconvénients pour le Visage d’Allah. »

 

En arrivant au bout de ses quatre étapes, l’individu s’élève à l’échelon des rabbânî (grands pédagogues). Les anciens s’accordent à dire que le savant ne prendra jamais le statut de rabbânî sans mettre en pratique ni enseigner la vérité qu’il a apprise. Celui qui apprend, pratique et enseigne le savoir est considéré comme un grand dans le Royaume des cieux. Luqmân notamment recommanda à son fils : « Mon fils ! La foi dirige l’individu et les actes le conduisent. Mais l’âme est dure, à la moindre négligence de la part du conducteur, elle s’égare du chemin. Si la négligence provient du meneur, elle s’endurcit d’avantage. Il suffit que la foi et les actes combinent leurs efforts pour la mener sur le droit chemin. »

 

L’âme, si tu lui donnes espoir, elle en profite, et si tu t’en remets à elle, elle se pervertie. Mais si tu l’a soumet aux ordres d’Allah, elle se réforme, si tu laisses la chose entre ses mains, elle se corrompt.

 

Fais donc attention ! Et ne lui fais pas confiance dans les affaires de ta religion. Ne lui donne pas d’importance et fais-lui savoir que c’est elle qui a besoin de toi. L’homme sage fait mener la vie dure à son âme en vue de la soumette à la vérité. Mais, le sot se soumet à ses caprices : il aime ce qu’elle aime et il répugne ce qu’elle répugne. Il va sans dire qu’elle n’est pas encline aux efforts que réclame la soumission à Allah et qui procure pourtant la jouissance éternelle. Elle est partisane du moindre effort qui n’apporte que déception et regret. Combien lui est-il dur de prier la nuit, de jeûner le jour, et de se rendre tôt à la mosquée ! Combien de gens gaspillent-ils leur temps dans les marchés et les cafés ! Cependant, ils sont moins généreux quant il s’agit de consacrer quelques minutes à la maison de Dieu. L’âme répugne à donner de l’argent par obéissance au Seigneur et à se sacrifier au djihâd. [Il vous fut prescrit le combat que vous répugnez ; mais, vous éprouvez peut-être de l’aversion pour une chose qui, en réalité, vous est bénéfique, comme vous pouvez aimer une chose qui, en réalité, vous cause du tort, Allah sait ce que vous ne savez point].[1]

 

L’âme est également peu encline à faire la morale (ordonner le bien et interdire le mal) et à propager le message. Elle n’est pas fervente non plus pour concilier entre les gens. Elle se détourne de tout acte de dévotion. Alors lui obéir, c’est courir à sa perte comme l’explique le Verset : [Dis : les perdants sont ceux qui ont perdus leurs âmes et leurs familles le Jour de la Résurrection. Voici quelle est la perdition évidente].[2] Suivre les caprices de l’âme c’est faire preuve d’injustice envers elle étant donné que tu l’exposes ainsi à la Colère divine et au châtiment. Tu cherches à l’honorer au moment où tu l’avilies. Tu l’avilies pour obéir à ses penchants, pour lui épargner de faire le moindre effort et pour la priver de la récompense.

 

Satan est notre deuxième ennemi. Notre père Adam fut sa première victime, et, depuis, il dépense toute son énergie pour corrompre le genre humain. Le Coran nous met en garde contre lui : [Satan est votre ennemi, alors prenez-le comme tel][3] ; [Ne vous ai-je pas pris l’engagement ô fils d’Adam de ne pas adorer Satan qui vous est un ennemi véritable].[4]

 

Le Très-Haut nous ordonne également de nous réfugier auprès de Lui contre Shaïtân dans le sens où nous devons chercher Sa protection (ou Son secours) contre son mal. Seul Allah peut nous préserver de ses machinations.

 

Un diable peut aussi bien être de nature humaine que de nature animale, ou un djinn. Allah (I) révèle en effet : [Ainsi, Nous avons assigné à chaque prophète un ennemi parmi les diables humains et les génies qui s’inspirent les uns les autres des paroles enjolivées et trompeuses].[5] Les démons s’entraident à faire périr l’homme. Les djinns lui insufflent des mauvaises pensées soit qui l’incitent à faire le mal soit qui le dissuadent de faire le bien. C’est un ennemi invisible aux yeux de l’être humain étant donné qu’il circule dans son corps comme le sang dans les veines. Allah (I) révèle : [Ils vous voient lui et les siens d’où vous ne les voyez pas].[6] Les murs et les portes ne peuvent rien contre lui. Le dhikr (l’évocation d’Allah) est la seule arme à même de lui faire rempart.

 

Quant aux démons humains, ils sont visibles à l’œil nu. Ils s’assoient avec vous, ils vous parlent ; ils revêtent une forme humaine et l’apparat de la religion. Ils sont ô combien nombreux à notre époque ! Ils appellent à la perversion par n’importe quel moyen. Ils encouragent le libertinage et les mauvaises mœurs au nom de la liberté. Ils incitent la femme à sortir de chez elle et à se dévêtir sous prétexte de l’émanciper. Ils enjolivent aux yeux des hommes la musique, l’alcool et les drogues sous le couvert du divertissement. Ils veulent qu’ils suivent les passions, négligent la prière, délaissent l’office commune notamment celle du vendredi, tout cela au nom de la tolérance. Ils veulent les éloigner de la sharî’a (Législation divine) pour leur faire appliquer les législation humaines qui seraient justes et souples. Ils les font sombrer dans le shirk (l’association) et la bid’a (l’innovation), et les mettent en garde d’être fidèles au tawhîd (l’unicité) et aux sunan (la tradition) au nom de la liberté d’expression et de l’anticonformisme.

 

Ils leur ordonnent le mal et leur interdisent le bien, ils se tiennent en travers de la da’wa et les détournent du chemin d’Allah. Ils encouragent les pervers et avilissent les gens pieux parmi les croyants et les croyantes. Ils voudraient faire abroger les peines corporelles pour les mettre à la page des nations civilisées bien que non musulmanes. Tel sont les actions et les signes révélateurs des démons humains. Ils sont l’armée de Satan, ses frères et ses complices. Alors, méfiez-vous d’eux et combattez-les pour leur empêcher d’envahir vos maisons et vos sociétés.

 

Or, sachez que les murs et les portes ne sont pas capables de retenir les démons parmi les djinns. Le seul moyen de lutter contre eux est de chercher refuge auprès d’Allah contre leur mal. Quant aux démons humains, ils ne peuvent passer à travers les murs et les portes. Il est possible de prévenir contre eux, de s’éloigner d’eux et de les exclure. Il incombe de réfuter leurs arguments ambigus qui inondent les journaux. Il est possible de les attraper par la main en vue de faire échouer leurs projets et leurs ruses. Il faut toujours rester aux aguets.

 

L’Imam ibn el Qaïyim explique : « Allah (I) a créé l’être humain et l’a placé au-dessus de tous les animaux. Il a fait de son cœur un trésor capable d’accueillir la foi, l’unicité, la sincérité exclusive, l’amour, la honte, l’encensement, et le sentiment d’être sous sa surveillance perpétuelle. Il a réservé à celui qui se tourne vers Lui la meilleure récompense qui soit : la vision béatifiante de Son Visage, Son Agrément, et la jouissance de Son voisinage dans les hauts jardins du Paradis.

 

Il a insufflé en lui les passions, la colère et l’insouciance en vue de l’éprouver. Il mit Iblîs sur son chemin dans cette même optique. Pour le séduire, Satan, qui s’acharne inlassablement contre lui, rentre par n’importe quelle porte. Il s’introduit par le biais de son âme, sa nature et ses passions. Les attaques et les tentations lui viennent ainsi de trois directions différentes.

Néanmoins, par Miséricorde envers lui, Son Seigneur le Tout-Puissant et Miséricordieux lui a apporté des renforts capables d’affronter l’ennemi qui n’a d’autre ambition que de causer sa perte. Il lui a envoyé Son Messager, révélé Son Livre et Il l’a soutenu par un ange adversaire du diable. D’un côté, Satan l’incite au mal et de l’autre côté l’ange le ramène à l’adoration de Son Seigneur. Il lui rappelle également qu’il est extrêmement périlleux d’obéir à Satan. C’est pourquoi, l’individu vit un combat intérieur constant entre les forces du bien et les forces du mal. Le vainqueur est celui à qui Allah (I) a donné la victoire et le gagnant est celui qu’Il aura préservé.

 

Le Très-Haut a également doté à l’individu d’une âme paisible qui affronte ses mauvais penchants (e-nafs el ammâtu bi e-sû). Quand l’un des côtés de son âme ordonne le bien et interdit le mal, l’autre côté ordonne le mal et interdit le bien. Allah l’a également renforcé pour affronter les passions enclines à obéir à Satan et aux mauvais penchants, d’une lumière, d’une clairvoyance, et de la raison qui l’empêchent de sombrer du côté des passions. »[7]

 

Louange à Celui qui a repoussé les ruses et les incursions de Satan grâce à la lumière de la sunna et du Coran. Allah (I) révèle [Par l’âme qu’Il a formé harmonieusement • Et à qui Il a inspiré la perversité et la piété • bienheureux est celui qui l’élève • et malheureux est celui qui la rabaisse].[8]

 

Les grandes lignes du djihad

 

Dans le cadre d’une fatwa qui lui fut soulevée sur les attentats-suicide, Le grand Muftî d’Arabie Saoudite, Sheïkh ‘Abd el ‘Azîz  Âl e-Sheïkh dresse les grandes lignes du djihad

 

Question : des citoyens de pays musulmans en guerre ou sous occupation d’une puissance étrangère se lancent dans des opérations-suicides contre l’envahisseur. Le candidat provoque sa mort et fait plusieurs victimes du côté ennemi. Parfois, ce sont des civils locaux et étrangers qui subissent les frais de ces attentats. Selon leurs auteurs, c’est une forme de djihâd parmi tant d’autres, et qui offre tout autant le martyre. Quel est l’avis de son Éminence sur ce genre d’action ?

 

En réponse : le djihâd sur le sentier d’Allah est l’une des œuvres les plus pieuses qui soient. De nombreux textes du Coran et de la sunna l’enjoignent, l’encouragent et vantent ses vertus. Ils sont tellement nombreux que, selon certains savants, il faudrait, pour tous les recenser, y consacrer un tome entier.

 

Nous avons notamment le hadîth : « Partir le matin ou revenir le soir sur le sentier d’Allah vaut mieux que la terre et toutes ses richesses. »[9]

 

Selon Abî ‘Abs el Hârithî (t), j’ai entendu dire le Prophète (r) : « Allah interdit à l’Enfer les deux pieds qui ont foulé la poussière sur son sentier. »[10]

 

Selon ibn Abî Awfâ, le Messager d’Allah (r) a dit : « Sachez que le Paradis est à l’ombre des épées. »[11]

 

D’après el Bukhârî et Muslim, selon Sahl ibn Sahd, le Messager d’Allah (r) affirme également : « Faire la sentinelle sur le sentier d’Allah vaut mieux que la terre et toutes ses richesses ; la place du fouet de l’un d’entre vous au Paradis vaut mieux que la terre et toutes ses richesses ; partir le matin ou revenir le soir sur le sentier d’Allah vaut mieux que la terre et toutes ses richesses. »[12]

 

Par ailleurs, de nombreux Versets imposent le djihâd, dont : [Ô Prophète, combat les infidèles et les hypocrites, et sois dur avec eux ; ils auront pour demeure la Géhenne, une bien mauvaise destinée !][13] ; [Partez au combat, que vous soyez lourds ou légers, et engagez vos biens et vos personnes sur le sentier d’Allah ; cela vaut mieux pour vous, si vous en aviez vraiment conscience].[14]

 

Le Coran va jusqu’à privilégier les moudjahiddines aux autres croyants : [Les croyants qui sont restés chez eux sans souffrir d’aucun handicap ne sont pas comparables à ceux qui engagent sur le sentier d’Allah leurs biens et leurs personnes ; Allah donne la préférence à ceux qui engagent sur le sentier d’Allah leurs biens et leurs personnes sur les autres ; s’Il a promis une belle récompense à tous, les combattants seront largement favorisés sur les croyants restés chez eux Il les élève en degré et leur accorde pardon et miséricorde, Il était certes Absoluteur et Tout-Miséricordieux],[15] etc.

 

Autant d’attention démontre que le djihâd rapporte des avantages énormes pour la religion, mais aussi pour la vie profane. D’un point de vue religieux, il contribue à élever, à faire triompher, et à répandre la Parole d’Allah sur terre, conformément aux injonctions divines. En même temps, il veille à la défense de la religion et de ses adeptes contre toute menace extérieure. Il protège les frontières, les richesses et les personnes.

 

Les savants disent que le djihâd relève de l’obligation individuelle et incombe à tout musulman ayant toutes ses capacités dans trois situations :

 

Primo : quand les armées musulmanes engagent les hostilités contre l’ennemi, il incombe à tous les soldats d’y participer, conformément au Verset : [Ô Croyants, quand vous faites face à l’ennemi, répondez présent, et multipliez l’évocation d’Allah ; de là dépend votre succès][16] ; [Ô Croyants, quand vous êtes face à une armée d’infidèles, ne lui tournez pas le dos].[17] Par ailleurs, le Prophète (r) compte parmi les sept péchés « capitaux » la fuite en plein champ de bataille.

 

Secundo : quand l’ennemi est aux portes du pays, il incombe à tous les habitants de défendre ses frontières.

 

Tercio : quand le Chef des armées lance un appel au combat, il n’incombe à aucun appelé de se désister : [Ô Croyants, quand vous entendez l’appel à la guerre sur le sentier d’Allah, qu’avez-vous à restez clouer sur vos terres ?][18] Un hadîth nous apprend également : « Quand on vous appelle à la guerre, répondez présent ! »[19]

 

Le djihâd doit être mu par une intention sincère à Dieu, et être conforme au Coran et à la sunna, au même titre que n’importe quel acte d’adoration.

 

Il incombe notamment de se placer sous l’étendard et l’autorité du gouverneur musulman en place. L’armée doit suffisamment être équipée en hommes et en matériels militaires. La phase de préparation des forces est indispensable, en mettant l’accent sur la préparation spirituelle qui passe notamment par la réforme du crédo et des pratiques religieuses, etc.

 

Enfin, pour répondre à la question qui touche à l’action connue sous le nom d’attentat-suicide, je ne lui vois aucune légitimité en regard de la religion, et je ne la considère pas comme un djihâd. Il faudrait plus la mettre au compte du suicide. Alors, certes, la religion nous encourage, voire nous impose de décimer l’ennemi, mais elle nous ordonne également de passer par des moyens légaux.[20]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] La vache ; 216

[2] Les groupes ; 15

[3] Le Façonneur ; 5

[4] Yâ-Sîn ; 60

[6] El A’râf ; 27

[7] Ibn el Qaïyim explique qu’Allah installa la haine entre l’ange et le démon, entre la raison et les passions, entre les mauvais penchants (e-nafs el ammâra bi e-sû) et l’âme paisible (e-nafs el mutma-inna ndt.). Il met ainsi Ses créatures à l’épreuve en approvisionnant chacun, fort de son statut, en armes et en renfort. Dans une lutte incessante et acharnée, tantôt c’est le bien qui l’emporte, tantôt c’est le mal. Quand le déroulement de la bataille tourne en faveur du bien, l’individu jouit alors du bonheur, de la félicité, de l’épanouissement, d’un joli butin qui va combler sa vie. Mais quand le mal prend le dessus, là seront les pleurs et les grincements de dents avec son lot de tristesse, de mélancolie, de soucis, d’anxiété, de malheur, et de décrépitude. Voir : Fawâid el fawâid (p. 409).

Voir : http://mizab.over-blog.com/2016/03/les-dangers-des-passions-et-des-desirs-malsains.html

[8] Le soleil ; 7-10

[9] Rapporté par el Bukhârî (n° 2792) et Muslim (n° 4907).

[10] Rapporté par el Bukhârî (n° 907).

[11] Rapporté par el Bukhârî (n° 2818) et Muslim (n° 4563).

[12] Rapporté par el Bukhârî (n° 2792) et Muslim (n° 4907).

[13] Le repentir ; 73

[14] Le repentir ; 41

[15] Les femmes ; 95-96

[16] Le butin ; 45

[17] Le butin ; 15

[18] Le repentir ; 38

[19] Rapporté par el Bukhârî (n° 2783) et Muslim (n° 3281).

[20] Voir : el fatâwâ e-shar’iya de Mohammed el Husaïn (p. 166).

 

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 11:07

 

Tout sur le djihad

(Partie 2)

 

Les vertus du djihad

 

Le djihad est un sujet qui remue les passions aujourd’hui, et ce n’est pas étonnant au vu des agressions et des persécutions qui s’abattent quotidiennement sur les musulmans. La « guerre sainte » est noble en soi et rapporte une récompense énorme quand l’objectif est sain, et motivé par la seule volonté de plaire au Visage d’Allah prévient le Coran : [Allah a acheté les âmes des croyants et leurs richesses en échange du Paradis, s’ils tuent et se font tuer sur Son sentier ; Il en a fait la promesse en toute vérité dans la Thora, l’Évangile et le Coran ; personne n’est aussi prompt à tenir sa promesse, alors réjouissez-vous de ce troc que vous avez contracté, car vous avez là un succès immense].[1]

 

Ibn Nahhâs propose une analyse extraordinaire de ce Verset. Qu’on en juge : « On reconnait la valeur d’une marchandise à trois choses :

  • À la valeur de l’acheteur, car, en temps normal, il est improbable que quelqu’un de haut rang se rabaisse à acheter par lui-même de viles marchandises, et il ne convient pas de dire qu’il en est l’acquéreur.
  • À la valeur de celui qui recommande la marchandise, car un courtier digne de ce nom ne fait jamais l’intermédiaire pour des choses qui n’en valent pas la peine.
  • Au prix à payer, car on ne brave pas tous les dangers pour des choses insignifiantes.

Comparons alors avec les âmes des guerriers et des martyrs dont le noble acheteur n’est autre que le Très-Haut avec qui il fait la transaction de la plus précieuse de Ses créations, le Paradis ; ce Paradis dont l’acquisition offre le meilleur des voisinages, celui du Seigneur de l’univers. Sans compter que les bénéficiaires de cette transaction ne partagent ce gracieux privilège avec personne. »[2]

 

Ibn el Qaïyim fait pratiquement le même constat dans un passage qu’il conclut par ces mots : « Le Paradis est la marchandise du Seigneur de la terre et des cieux et dont Il fait la transaction ; son prix est la vision béatifiante de Son Visage majestueux là où on pourra écouter Ses Paroles ; le courtier qui prend en main le négoce n’est autre que Son Messager. Comment peut-on dès lors négliger et laisser passer une marchandise aussi alléchante ? Ou, comment peut-on l’échanger contre un prix vil là où la vie éphémère est vouée à l’extinction ? Quelle perte et quel gâchis ! On se rendra compte des dégâts de cette grossière supercherie, le jour des règlements de comptes, quand la balance des pieux sera lourde et que celle des incrédules sera légère. »[3]

 

D’après el Bukhârî et Muslim, selon Abû Huraïra, le Messager d’Allah (r) a dit : « Allah garantit à Son serviteur qui part en campagne sur Son sentier : « S’il est parti en guerre sur Mon sentier alors qu’il a foi en Moi et à Mes messagers, Je me porte garant de le faire entrer au Paradis ou de le ramener chez lui d’où il est parti, en lui offrant soit la récompense soit le butin. » Par Celui qui détient l’âme de Mohammed entre Ses Mains ! S’il est touché sur le sentier d’Allah, il ressuscitera le jour du jugement dernier en baignant dans sa blessure, comme à ses premiers instants. Elle aura la couleur du sang, mais l’odeur du musc.

Par Celui qui détient l’âme de Mohammed entre Ses Mains ! Si ce n’était la crainte de faire peser un fardeau aux musulmans, je ne manquerais jamais à l’appel d’une expédition sur le sentier d’Allah. Néanmoins, je n’ai pas les moyens de les emmener. Eux-mêmes n’ont pas les moyens de venir, et il leur serait très pénible de me voir partir en les laissant derrière moi.

Par Celui qui détient l’âme de Mohammed entre Ses Mains ! J’aimerais me faire tuer sur le sentier d’Allah, et ressusciter ensuite pour me faire tuer à nouveau sur Son sentier, et ressusciter pour me faire tuer encore. »[4]

 

Quoi qu’il en soit, les vertus du djihâd sont innombrables, et les textes qui en parlent sont facilement retrouvables et connus de tous. Ils abordent un noble domaine de la religion, et c’est ce qui explique pourquoi par le passé, il était l’apanage des gens nobles et pieux.

 

Ibn el Qaïyim nous offre des perles dont il a le secret : « Leçon précieuse : Allah (I) révèle : [Ceux qui redoublent d’efforts pour Notre cause, Nous allons les guider sur Nos sentiers][5] ; Le très-Haut fait un parallèle entre partir en guerre et suivre la bonne voie ; les hommes les mieux guidés sont ceux qui s’investissent le plus dans le djihâd, en sachant que le djihâd prioritaire commence par un effort sur soi dans un combat incessant contre les passions, Satan, et les épreuves de la vie. En affrontant ces quatre ennemis pour la cause d’Allah, on sera guidé en retour vers les sentiers de Son Agrément qui mènent droit au Paradis. À l’inverse, moins on fait d’effort dans ce sens, et moins on est guidé sur le droit chemin. El Junaïd le dit lui-même :

« Ceux qui luttent pour Notre cause contre leur penchant à travers le repentir, Nous allons les guider sur les sentiers de la sincérité exclusive à Dieu. »

Ainsi, on ne peut venir à bout de l’ennemi apparent sans triompher de ses ennemis cachés ; quand on a le dessus sur les seconds, on a le dessus sur les premiers, et le contraire est aussi vrai, soit que si c’est les seconds qui prennent le dessus, alors il faut s’attendre au péril entre les mains des premiers. »[6]

 

Le djihâd est un devoir moral qui incombe à tous

 

Il incombe à chaque musulman de penser au djihâd, peu importe qu’Allah lui en donne l’opportunité ou non dans un avenir plus ou moins proche, car le triomphe collectif est  tributaire de ce sentiment individuel. Ainsi, la notion d’effort est constamment présente ; si le groupe n’est pas capable de faire le djihâd par les armes, il peut se replier sur le djihâd par la langue en se concentrant sur la prédication, ou, sinon, il lui reste le djihâd intérieur, celui qui le cœur pour arme.

 

« Le djihâd, souligne ibn Taïmiya, bien qu’il relève de l’obligation collective, s’adresse initialement à tous les croyants. Ils sont tenus de croire à son caractère obligatoire, et d’avoir la ferme intention de répondre à son appel, le cas échéant. C’est pourquoi, le Prophète (r) prescrit : « Quand on vient à mourir sans n’être jamais parti au combat, ou sans jamais n’y avoir pensé, on meurt entaché d’hypocrisie. » Rapporté par Muslim. Il nous informe qu’on est entaché d’hypocrisie quand il laisse indifférent. Par ailleurs, le djihâd est un nom générique qui regroupe plusieurs types d’efforts ; il est donc imposé au musulman de répondre à au moins l’un d’entre eux. »[7]

 

Ailleurs, il renchérit : « Allah (I) éprouve les croyants en leur demandant de sacrifier leur vie au combat pour Sa cause et par amour envers Son Messager. Deux destins s’imposent à eux : le martyre s’ils viennent à mourir ou la victoire s’ils reviennent vivants, exactement comme le souligne le Verset : [Dis-leur : prévoyez-vous pour nous autre chose que l’un des deux heureux évènements].[8] »[9]

 

Le Coran, qui est la source d’inspiration du djihad par la plume, nous dit bien : [Alors ne cède pas à la volonté des infidèles, et sers-toi de ce Livre pour leur livrer un grand combat].[10] Pour ibn el Qaïyim, il s’agit du plus grand des combats.[11] Autrement dit, la plume à l’ascendant sur l’épée. Un  passage des fatâwa d’ibn Taïmiya développe davantage le principe de la prépondérance de la plume sur le sabre : « Allah, nous dit-il, révèle dans Son Livre : [Nous avons envoyé nos prophètes porteurs d’une preuve évidente, et Nous les avons assistés du Livre et de la Balance de toute chose afin que les hommes fassent régner la justice. Nous leur avons également apporté du ciel le fer qui confère une force redoutable en plus de ses multiples usages ; afin qu’Allah, haut de Sa Force et de Sa Puissance, reconnaisse ceux qui défendent sa cause, celle de Ses messagers, en vertu de la foi qui les anime].[12] Il nous informe qu’il a fait descendre sur terre le Livre et la Balance de toute chose afin que les hommes fassent régner la justice. Il nous apprend ensuite qu’Il a également mis à leur disposition le fer, l’autre pilier du pouvoir à même de maintenir la religion. Nous avons donc le livre incitatif et l’épée dissuasive : [mais tu trouveras en Ton Seigneur le guide et le soutien suffisants].[13] Le Livre se situe à la base de la religion. Ainsi, dès l’avènement de l’Islam, le Très-Haut révéla le Livre à Son Messager qui, pendant toute la période mekkoise, ne reçut aucune prescription guerrière. Il fallut qu’il émigre et qu’il s’entoure d’une force pour que la législation du djihad voie le jour. »[14] Le Livre est donc à la base de la religion, tandis que l’épée ne fait que le seconder dans sa mission. C’est à la lumière de cette explication qu’il convient de comprendre l’adage : Le sultan est plus dissuasif, par la Volonté de Dieu, que le Coran, de par la peur qu’il inspire. »[15]

 

Les formes de djihad

 

Sheïkh Sâlih el Fawzân : Ihdhar e-sharîk el khawwân.

 

Le Seigneur de l’univers (I) a ordonné le djihâd à tous Ses serviteurs en fonction des moyens et des possibilités de chacun à travers le Verset : [Consacrez le djihâd pour Allah comme il se doit].[16] Cette injonction est adressée à tous les musulmans. Ce devoir incombe à toute personne qui en a la capacité. Le Très-Haut ordonne à Ses créatures de se soumettre au djihâd comme il se doit, de la même façon qu’Il leur a demandé de Le craindre comme il se doit.

 

Il existe quatre sortes de djihâd :

  1. Le djihâd sur soi.
  2. Le djihâd contre Satan.
  3. Le djihâd contre les infidèles
  4. Le djihâd contre les hypocrites.

 

À l’origine, il consiste à se dompter soi-même. On ne peut combattre l’ennemi extérieur tant que dans un premier temps, on n’a pas pris le dessus sur soi en se soumettant aux obligations et en s’éloignant des interdictions. D’où les paroles du Prophète (e) : « Le mujâhid est celui qui soumet son âme à l’obéissance d’Allah, et le muhâjir (l’émigré ndt.) est celui qui s’éloigne des choses qu’Allah a interdites. »

Ce dernier (e) déclarait notamment au cours de sa formule introductive à ses sermons (khutba el hâja) : « Et nous cherchons refuge auprès d’Allah contre nous-mêmes et nos mauvaises actions. » Un jour, il interpella El Husaïn ibn ‘Ubaïd en ces termes : « Embrasse l’islam et je t’apprendrai des paroles qui te seront utiles. » Il embrassa l’Islam et le Prophète (e) lui prescrivit alors : « Dis : Ô Allah ! Inspire-moi la raison et protège-moi contre moi-même. » Celui qui n’est pas épargné par son propre mal ne peut parvenir au Très-Haut étant donné qu’il constitue lui-même un obstacle qui s’interpose entre lui et cette noble ambition.

 

Il existe deux catégories d’individus : des individus qui parviennent à dominer et à vaincre leur âme en la rendant docile, et des individus qui se laissent dominer par les passions en leur devenant dociles. Allah évoque ces deux catégories dans le Verset : [Quant à celui qui se rebelle • et qui privilégie la vie d’ici-bas • l’Enfer sera son refuge • Quant à celui qui craint de comparaître devant Son Seigneur et qui retient son âme de sombrer dans les passions • le Paradis sera son refuge].[17] Ainsi, l’âme incite l’individu à la rébellion et à privilégier la vie d’ici-bas. Tandis que le Seigneur ordonne à Son serviteur de Le craindre et de contenir son âme. Soit l’individu se laisse guider par ses mauvais penchants qui vont lui causer sa perte, soit il sauve sa personne en répondant à l’appel de Son Seigneur. L’âme incite entre autre à la cupidité surtout quand il s’agit de la bonne cause, mais Allah invite à dépenser sur Son sentier comme le révèle le Verset : [Dépensez cela vaut mieux pour vous • Quiconque se préserve de la cupidité de son âme fera partie des vainqueurs].[18]

 

Ainsi, l’âme gaspille à cœur joie des sommes énormes en vue d’acquérir les futilités de se monde, mais elle fait preuve de beaucoup moins d’empressement envers les pauvres. Parfois, elle incite à faire le mal, parfois elle se culpabilise après avoir sombré dans le péché, et parfois elle s’apaise lorsqu’elle se tourne vers l’adoration, l’évocation et l’amour d’Allah. Avoir l’âme apaisée est louable, être attiré vers le mal est blâmable et se culpabiliser est un sentiment qui vacille entre les deux.

 

Faire un djihâd sur soi consiste à se contenir et à ne pas succomber aux pulsions de l’âme. Un hadith affirme à ce sujet : « L’homme intelligent est celui qui fait ses propres comptes (ou qui soumet son âme), et qui œuvre pour l’autre vie. Quant à l’incapable, il suit ses passions et il fonde sur Allah de faux espoirs. » Faire ses propres comptes revient à faire son autocritique…

 

‘Omar ibn el Khattâb (t) est l’auteur des paroles : « Faites vos comptes avant qu’on vous les fasse et pesez-vous avant que soyez pesés. Il vaut mieux pour le Jugement de demain – le jour où vous serez pesés pour la grande comparution – que vous fassiez vos comptes dès aujourd’hui. [Ce jour-là, vous comparaîtrez et rien de votre vie ne sera caché].[19] Maïmûn ibn Mihrân a dit : « L’individu ne prétendra jamais à la piété s’il n’est pas plus scrupuleux à faire ses propres comptes qu’un marchant envers son associé. »

 

C’est pourquoi, selon le dicton, l’âme est comparable à un associé infidèle. Si tu n’examines pas ses comptes, il se sauve avec ton argent. ‘Omar ibn el Khattâb (t) fit le courrier à l’un de ses exécutants : « Fais tes comptes pendant que tout va bien, et avant qu’on te les fasse quand tout ira mal. C’est ainsi qu’au bout du compte, tu gagneras la satisfaction et fera des envieux. Quant à celui qui se laisse distraire par la vie et absorber par ses passions, il n’aura au bout du compte que déception et regret. »

 

El Hasan affirme quant à lui : « Les comptes seront plus faciles le Jour de la Résurrection pour ceux qui faisaient les leurs sur terre. Les comptes y seront plus pénibles pour ceux qui s’investissent dans la religion sans faire les leurs. Pour les rendre plus faciles, il suffit de savoir que plus on fait des efforts aujourd’hui plus on se reposera demain quand c’est les autres qui seront confrontés à leur juge. Et plus l’individu est négligeant aujourd’hui plus les charges retenues contre lui pèseront sur ses épaules. En mettant ses comptes à jour dès à présent, il gagnera demain une place au Firdaws, mais toute négligence de sa part aujourd’hui le fera sombrer demain dans les remords au moment d’entrer en Enfer. » Toute personne qui est à la fois intelligente, déterminée et qui a foi en Allah et au Jour du Jugement Dernier passe sérieusement au crible tous ses actes, ses pas, et ses pensées. Le Jour de la Résurrection, il sera facile de voir lequel sera lésé entre l’homme scrupuleux et le négligent. [Le jour où chacun trouvera devant lui ses bonnes actions, mais aussi celles qu’il voudra tenir le plus éloignées possible].[20]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

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[1] Le repentir ; 111

[2] Mashâri’ el ashwâq ilâ masâri’ el ‘ushshâq (2/842).

[3] Risâla ibn el Qaïyim ilâ ahad ikhwânihi (p. 32).

[4] Rapporté par el Bukhârî (n° 36) et Muslim (n° 1876).

[5] L’araignée ; 69

[6] El fawâid (p. 109).

[7] Majmû’ el fatâwa (7/16).

[8] Le repentir ; 52

[9] Qâ’ida fî el inghimâs fî el ‘aduww (p. 36).

[10] Le discernement ; 52

[11] Voir : miftâh dâr e-sa’âda (1/70).

[12] Le fer ; 25

[13] Le discernement ; 31

[14] Majmû’ el fatâwâ (28/234).

[15] Majmû’ el fatâwa (10/356).

[16] Le pèlerinage ; 78

[17] E-Nâzi’ât ; 37-41

[18] La tromperie mutuelle ; 16

[19] L’évidence ; 18

[20] La famille de ‘Imrân ; 30

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 12:35

 

Tout sur le djihad

(Partie 1)

Les appels coraniques au djihad sont explicites et incontestables ; mais j’oserai dire que, jusqu’aujourd’hui, l’islam s’est montré infiniment moins violent que le christianisme : non seulement dans les textes, parce que les prescriptions du djihad sont encadrées et que les docteurs les plus rigoristes ont considéré depuis des siècles que la guerre sainte était close (hormis les cas d’invasion du « dar al-islam »), mais encore dans les faits, puisque l’expansion islamique à la mort du Prophète s’est faite de façon beaucoup plus pacifique qu’on ne l’imagine. Les Arabes, je l’ai dit plus haut, ont été accueillis par les juifs et les chrétiens non-orthodoxes comme de véritables sauveurs, et la chose s’est répétée au moment des Croisades, lorsque les chrétiens orientaux ont préféré la protection de l’islam à la barbarie des chrétiens latins.

Michel Orcel

 

Allah (I) révèle : [Tu ne pourras jamais satisfaire les Juifs ni les chrétiens, sauf si tu te soumets à leur religion)[1] ; [Feriez-vous de la complaisance avec ce discours ?][2] ; [Ils aimeraient que tu sois complaisant avec eux afin qu’ils le soient avec toi].[3] Ils voudraient que tu fasses des concessions dans ta religion.

 

Voir pour les parties précédentes :

http://mizab.over-blog.com/2017/03/guerre-sainte-croisades-et-inquisitions-a-l-assaut-de-l-histoire-partie-5/1.html

http://mizab.over-blog.com/2017/03/dialogue-entre-un-quietiste-et-un-chretien-flic-partie-6/1.html

 

L’antidote ou vaincre le mal par le mal

 

Il n’y a pas de mal en regard de la religion d’avoir des relations avec les mécréants dans la mesure où l’intérêt supérieur des musulmans en dépend, comme le prouve déjà la pratique du Prophète (r) ; cela ne s’oppose nullement au principe du djihâd.[4] Les lois d’Allah (I), notamment celles du djihâd, ne sont soumises aux appréciations de personne. Il est Seul à même de les abroger. Aucun code humain n’a le droit d’intervenir dans Ses décisions.

 

Si nous renonçons à donner à nos enfants la vrai image du djihâd, ils risquent ainsi d’en avoir une vision déformée, et contraire aux ambitions du Législateur. Quoi que nous fassions, ils auront toujours à leur portée les textes de la « guerre juste » soit directement dans le Coran soit dans les ouvrages sur le sujet. S’ils ne sont pas encadrés convenablement, c’est là que le réel danger se profile devant nous. Le meilleur exemple est celui des savants autoproclamés qui sortent ici et là, et qui, sans s’en rendre compte, sont une plaie pour leurs frères, à cause de leur mauvaise connaissance du sujet. C’est d’ailleurs ce qui les a poussés à sombrer dans le takfîr (connu sous le terme d’ « excommunication » ndt.), et les attentats meurtriers. Le remède est donc de sensibiliser les gens sur la vraie image du djihâd.[5]

 

L’art d’inverser les rôles ou un véritable djihad contre les musulmans

 

Profitant du déclin, Les mécréants attisèrent très tôt la flamme de la discorde dans les rangs des musulmans qu’ils montèrent les uns contre les eux. Ils fomentèrent des complots perfides en vue d’entretenir la division qui déboucha sur la désintégration de l’Empire en provinces autonomes inféodés par les puissances chrétiennes. Celles-ci se permettaient désormais de les manipuler à leur guise, et lorgnaient sur leurs richesses, exactement comme l’annonçait la prophétie : « Les nations vous convoiteront bientôt de toute part, comme des mains autour d’un plat.

  • Serons-nous peu nombreux à cette époque, s’exclamèrent les Compagnons ?
  • Non, vous serez plutôt en grand nombre, mais aussi faible que l’écume du torrent ; vous n’inspirerez plus la crainte dans les cœurs de vos ennemis, et la faiblesse imprégnera les vôtres.
  • Quelle sera cette faiblesse, Messager d’Allah ?
  • L’attachement à la vie terrestre, et la peur de la mort. »[6]

 

Les mécréants ne sont toujours pas encore arrivés à leur fin aujourd’hui. Malgré toutes les blessures et les déchirures qui affectent les pays musulmans, l’Islam est encore debout. Ils ont recours à une nouvelle ruse en montant les peuples arabes contre leurs gouverneurs en vue de les mettre à terre. Le seul moyen de sortir de ce pétrin est de revenir à la source. Le Coran et la sunna leur garantissent l’union et la gloire d’antan autour d’une même unité politique : [La fierté revient à Allah, à Son Messager et aux croyants][7] ; [Ne faiblissez pas et ne soyez pas affligés alors que vous avez le dessus, si vous êtes vraiment croyants].[8] 

 

Comme le disait l’Imâm Mâlik – qu’Allah lui fasse miséricorde –, rien ne vaut pour les dernières générations de cette communauté qui n’a pas valu pour les premières.

 

Malheureusement, certains des nôtres voient la réforme dans les préceptes de la vie occidentale. Ce défaitisme est contre-nature, étant donné que les Arabes n’ont jamais obtenu la gloire, en se tournant vers autre chose que l’Islam. Le jour où ils ont eu la mauvaise idée de se mettre à la queue de l’Europe, ils ont tout perdu, et furent mis au ban des nations. (S. Fawzân).[9]

 

On peut cautionner le djihad sous ses deux formes (offensif et défensif) et condamner le terrorisme sous toutes ses formes

 

http://mizab.over-blog.com/2015/11/le-bouclier-humain-pour-justifier-les-attentats-de-la-terreur-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2014/10/le-djihad-et-le-meurtre-des-innocents-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2015/11/la-riposte-imparable-aux-attentats-sanglants-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2015/11/missions-suicides-vs-attentats-suicides-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2015/11/fatwas-de-savants-contemporains-sur-les-attentats-suicides-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2015/11/l-histoire-du-moine-et-de-l-enfant-au-service-des-attentats-suicides.html

http://mizab.over-blog.com/2014/10/djihad-legal-vs-djihad-heretique-partie-1.html

 

Définition étymologique du djihad

 

Selon ibn Taïmiya, le vocable « jihâd » provient de « juhd» qui signifie effort dans le sens d’énergie et de peine extrême. Cette notion d’effort est plus accentuée que dans le terme « jahd » qui lui est plus lié à la difficulté ; la voyelle dhamma étant plus forte que la fatha. En un mot, plus les lettres ou les voyelles sont fortes, plus leur signification est intense. Ainsi, jurh est plus fort que jarh, le premier étant la blessure proprement dite, qui est différent du verbe à l'infinitif « blesser ». Cette règle se vérifie également avec kurh (aversion), makrûh (désapprobation), mukrah (contrainte ou répugnance). (Il vous a été décrété le combat, alors que vous le répugnez)[10] ; (Devant Dieu, se prosternent les créatures des cieux et de la terre de gré ou de force)[11].

 

Dans le hadith : « La meilleure aumône provient d’une personne dans le besoin, qui, au prix d’un sacrifice et d’un effort, donne à un pauvre à l’insu des gens. »[12]

C'est pourquoi, aux dires du Prophète (r) : « Le djihad sur le sentier d’Allah est le sommet le plus haut de la religion. »[13]

     

Le sommet en question est le symbole de la volonté extrême, et du surpassement de l'être qui demande un effort considérable. Celui-ci représente le plus haut degré de la foi, à l'image de la bosse du chameau (sanâm que nous avons traduit par « sommet » ndt.) qui se produit avec ou sans difficulté. Tandis que l'effort (jahd) réclame une certaine peine, mais par forcément le summum de la force.

 Le jihâd sur le chemin du Très-Haut provient donc de juhd qui a le sens de lutter et de combattre en déployant toute sa force et son énergie. Celui-ci requiert deux choses :

  1. dépenser toutes ses capacités et sa force ;
  2. déployer cette énergie dans le but de répandre le bien et de lutter contre le mal.

 

Le djihad est le sommet le plus haut de la religion, non son sixième pilier

 

Selon un hadîth : « L’Islam est la base de la religion, la prière est son pilier, et le djihad sur le sentier d’Allah est son sommet le plus haut. »[14]

 

L’Islam, c’est se soumettre à Allah à travers Son unicité et Son obéissance, tout en renonçant à l’association et à ses adeptes. Cela correspond exactement à : « L’Islam est la base de la religion » Les deux attestations de foi en incarnent le fondement. La condition pour devenir musulman est de les prononcer, d’y donner foi, et de les mettre en pratique. Le Prophète (r) a comparé la religion a un corps ayant une tête (ra-sûn que nous avons traduit par « base » ndt.), une colonne vertébrale (‘amûd que nous avons traduit par « pilier » ndt.), et une bosse (sanâm que nous avons traduit par « sommet » ndt.). Sans la tête, il n’y a plus aucune trace de vie. Nous pouvons dire de la même façon que sans le tawhîd, il n’y a aucune trace de la religion. La tête est l’organe qui tient le corps en vie et qui permet son fonctionnement.

 

La prière est la colonne vertébrale de la religion. Elle a la même fonction qu’un pilier sans lequel la tente ou la maison ne peut tenir. Selon l’opinion la plus vraisemblable des savants, en négligeant sciemment la prière, ne serait-ce que par fainéantise, on sort de l’Islam. Il n’est pas suffisant de reconnaitre son caractère obligatoire, sans la mettre en pratique. Cette opinion est celle des grands spécialistes, mais il existe un point sur lequel il ne règne aucune divergence. C’est le cas où l’on renie son aspect obligatoire. À l’unanimité des savants en effet, cette conviction relève de l’apostasie.

 

« et le djihad sur le sentier d’Allah est son sommet le plus haut » : le djihad est le sommet le plus haut de la religion. Il est l’indicateur de sa force tant spirituelle que matérielle.

 

Ainsi, le Prophète (r) nous partage la religion en trois parties : la base, le pilier, et le sommet. Sans le tawhîd (l’attestation de foi) qui est la base, on ne peut prétendre à l’Islam. La prière est le pilier sans lequel la fondation s’écroule. Et le djihad, l’instrument qui épargne aux musulmans d’accuser un état de faiblesse, est le thermomètre et la marque de la puissance. Le terme utilisé est sanâm qui est la bosse du chameau. C’est la partie du corps qui symbolise la force et la bonne santé.

 

Cette métaphore mise en avant par l’envoyé d’Allah (r) vise à rapprocher à notre entendement la répartition de notre religion. Aujourd’hui, les musulmans sont faibles, mais le Messager (r) nous a prédit le remède : « Quand vous aurez recours à la vente à terme, que vous vous accrocherez à la queue des vaches, et que vous abandonnerez la guerre sur le sentier d’Allah, vous serez frappés d’une humiliation dans laquelle vous serez engluez tout le temps que vous resterez éloignés de votre religion. »[15] C’est en rendant au djihad ses lettres de noblesse que nous retrouverons la force et l’opulence, à l’image de la bosse de chameau. (S. Fawzân)

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

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[1] La vache ; 120

[2] L’évènement inéluctable ; 81

[3] La plume ; 9

[4] Les accords qui lient les musulmans aux infidèles et les lois qui en découlent entrent justement dans le chapitre du djihâd enseigné à l’école. C’est l’occasion pour l’élève d’élargir ses connaissances sur le domaine et de ne pas tomber dans les mêmes incompréhensions que notre auteur [d’un article qui critique les programmes scolaires saoudiens]. Incompréhensions qui sont souvent à l’origine de mauvais agissements. Les lois du djihâd ne s’opposent en aucun cas aux accords internationaux ! (S. Fawzân)

[5] Étudier les règles de la guerre ne remet absolument pas en cause les traités légitimes noués avec les non musulmans. Cela ne veut pas dire non plus que nous devons leur déclarer la guerre, car cela reviendra à trahir nos engagements envers eux. Nous devons plutôt savoir comment nous comporter tant en temps de guerre qu’en temps de paix pour justement nous éviter de sombrer dans l’erreur à la manière des mouvements takfirî. Ces derniers en arrivent à fomenter des attentats contre des innocents à cause de leur méconnaissance du sujet ou d’un changement dans les idées. Il est possible, en effet, d’aller à l’encontre de ses principes acquis, suite à un endoctrinement en sachant que nul n’est à l’abri de ce genre d’épreuves. Combien de savants ont-ils dévié du droit chemin ? Selon un hadîth authentique, le Miséricordieux tient entre Ses deux Doigts tous les cœurs qu’Il change comme Il veut. Ceux qui dévient ne sont pas représentatifs des musulmans. (S. Fawzân)

[6] Propos authentifié par el Albânî dans silsilat el ahâdîth e-sahiha (n° 958).

[7] Les hypocrites ; 8

[8] La famille d’Imrân ; 139

[9] Le Prince des croyants ‘Omar ibn el Khattâb (t) est l’auteur des paroles : « Alors que nous étions une nation vile, Allah nous a offert le triomphe avec l’Islam, mais, si nous cherchons le triomphe ailleurs, Il nous ramènera là où nous étions. » Voir : silsilat el ahadith e-sahîha de Sheïkh el Albânî (1/50).

[10] La vache; 216

[11] Le tonnerre ; 15

[12] Extrait d'un long hadîth rapporté par e-Nasâî, Ahmed, e-Tiyalissi, et el Baïhaqi.

[13] Rapporté par e-Tirmidhî (n° 2616), et e-Nasâî dans el kubrâ (n° 11330), selon Mu’âdh ibn Jabal (t), à l'origine il se trouve chez el Bukhârî et Muslim.

[14] Rapporté par e-Tirmidhî (n° 2616), et e-Nasâî dans el kubrâ (n° 11330), selon Mu’âdh ibn Jabal (t), à l'origine il provient d’el Bukhârî et Muslim.

[15] Rapporté par Ahmed (n° 5562) et Abû Dâwûd (n° 3462), selon ibn ‘Omar – qu’Allah les agrée son père et lui

–.

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 16:20

La Mecque, la terre de la nouvelle alliance

(Partie 5)

 

La recherche moderne confirme

L’historiographe Mas‘ûdi (Xe siècle) mentionne que l’empereur byzantin Nicéphore le Logothète (802-811) de la dynastie isaurienne a dû prendre un décret où il défend à ses sujets d’appeler les Arabes des Sarrasins, nom qui signifiait « esclaves de Sara », et que les Grecs leur donnaient par allusion injurieuse à Hagar (Dagorn, 1981 : 202). La servitude de celle-ci n’était pas uniquement un point de controverse entre musulmans et non-musulmans, il semble qu’elle était aussi un enjeu de débat entre musulmans arabes et musulmans non arabes (Dagorn, 1981 ; Benslama, 2002 ; Kaltner, 2002). Face à l’origine agarienne et ismaélienne des premiers, les Persans et les Nabatéens vont se prévaloir d’une ascendance abrahamique par Isaac, traitant les Arabes de fils de la lakhnâ, la puante.

 

Reconsidérons maintenant la version biblique du sacrifice. Dans Genèse 22,2, on lit : « Dieu dit [à Abraham] : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ». S’il est vrai que le chapitre précédent, Genèse 21,21, relate l’installation d’Ismaël dans le désert, cette séparation géographique, comme le rappelle judicieusement Römer (1999 : 162), n’indique nullement qu’il cesse d’être le fils premier-né d’Abraham. Tout se passe comme si le narrateur voulait ignorer ou oublier Ismaël. La tradition rabbinique, affirme Römer, a bien ressenti le problème de l’ordre divin dans Genèse 22 et a « inventé » le dialogue suivant : « Prends ton fils. – Lequel ? demande Abraham. J’en ai deux. – Ton unique. – L’un est l’unique pour sa mère et l’autre est unique pour la sienne. – Celui que tu aimes. – J’aime celui-ci et j’aime celui-là. – Isaac ». Cette transformation, bien qu’elle ait permis au Midrash de rappeler qu’Abraham avait deux fils et non un seul, ne permet toutefois que partiellement de réhabiliter Ismaël en l’insérant dans un récit dialogique entre le Père et Dieu. Ismaël n’est inclus dans le récit de la paternité que pour être exclu de l’alliance. « Apparemment, écrit Römer, il est très difficile d’accepter cette double paternité d’Abraham telle que la Bible nous la présente. Selon l’interprétation juive et chrétienne des récits de la Genèse, c’est Isaac qui apparaît toujours comme le “vrai” fils d’Abraham » (1999 : 162). Vrai, peut-être ! Mais est-ce qu’il est l’unique ? Sur un ordre chronologique, Isaac ne peut en aucun cas être l’unique de son père ; tandis qu’Ismaël l’était avant la naissance de son frère. La progression du récit du sacrifice de ton « fils unique » à « Isaac », pourrait être lue comme une forme d’inversion par précision.

 

L’épisode de la circoncision est relaté dans Genèse 17,9-14 : « et Dieu dit à Abraham : et toi, tu garderas mon alliance, toi et la semence après toi, en leurs générations. Que tout mâle d’entre vous soit circoncis. Et vous circoncirez la chair de votre prépuce, et ce sera signe d’alliance perpétuelle. Et le mâle qui n’aura point été circoncis en la chair de son prépuce, cette âme sera retranchée de ses peuples : il aura violé mon alliance. Puis Abraham prit Ismaël, son fils. Il circoncit la chair de leur prépuce en ce même jour comme Dieu le lui avait dit. Abraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans lorsqu’il fut circoncis en la chair de son prépuce et Ismaël, son fils, était âgé de treize ans ».

 

Si, selon la tradition musulmane, le sacrifice d’Ismaël peut être considéré comme une confirmation de la première alliance marquée par la circoncision, le sacrifice d’Isaac, dans la tradition juive, est en quelque sorte l’annulation de la première alliance d’Ismaël faite par la circoncision. Cette hypothèse est bien confirmée par un passage rabbinique : « Ismaël se vantant du mérite qu’il avait à endurer la circoncision déjà âgé de treize ans plutôt qu’à huit jours comme Isaac, celui-ci se déclare prêt à donner sa vie en témoignage d’obéissance à Dieu » (de Menasce, 1951 : 100). L’alliance d’Isaac par le sacrifice est perçue, non seulement, comme plus importante que l’alliance d’Ismaël faite par la circoncision, mais elle en est l’abrogation. Dans certains cas, comme dans le Livre des Jubilés, c’est l’âge même de la circoncision d’Ismaël, à treize ans, qui est évoqué pour l’exclure de toute alliance possible.

 

Mais ces interprétations exclusivistes, comme le rappelle Römer (1999), vont à l’encontre du texte de la Genèse où le personnage d’Ismaël revêt un caractère important, voire principal. Non seulement la Genèse relate l’histoire de la naissance d’Ismaël et explique le sens de son nom, mais elle l’inclut aussi dans l’alliance qu’établit Dieu avec Abraham. Le récit relate l’intervention divine aussi bien pour sauver Ismaël et sa mère d’une mort certaine que pour la promesse d’une grande descendance. Mais bien que ce soit la circoncision qui permet de définir le lien étroit qui unira Ismaël et Isaac, l’alliance divine sera accordée essentiellement à ce dernier (Genèse 17,21). « C’est presque un paradoxe, écrit Römer, dans la mesure où Ismaël participe au signe de l’alliance » (1999 : 170). Tout se passe comme si Ismaël, bien qu’il partage le même symbole de l’alliance qu’Isaac, n’était que l’héritier d’une promesse partielle qui ne concerne que la multiplication de sa descendance.

 

Souvent, c’est aussi l’ascendance agarienne d’Ismaël qui est rappelée pour l’écarter de toute alliance. Les positions différentes d’Ismaël et d’Isaac doivent donc être interprétées non seulement par rapport à leur statut respectif mais aussi en fonction de celui de leurs mères distinctes.

Paul, dans l’Épître aux Galates 4,22-26, développe une exégèse surprenante de la différence entre les deux fils d’Abraham ainsi que de leurs mères respectives : « il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un de la femme libre. Mais celui de l’esclave naquit selon la chair, et celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse. Ces faits ont une valeur allégorique ; car ces femmes sont deux alliances. L’une du mont Sina, enfantant pour la servitude, c’est Agar – car Agar, c’est le mont Sina en Arabie – et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui est dans la servitude avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre, c’est notre mère [Sara] ».

 

Hagar, l’esclave, est donc l’allégorie de l’alliance du désert, une alliance qui a instauré l’esclavage de la Loi, alors que Sara, la femme libre, symbolise la nouvelle alliance, libératrice et qui préfigure les chrétiens. Selon Pabst (2003), ce sont les pères de l’Église qui furent les premiers à interpréter le couple Sara/Hagar comme une allégorie du dedans et du dehors. Si Sara symbolise le dedans positif et identificateur, Hagar, quant à elle, représente l’altérité rejetée et expulsée.

 

Dans la tradition rabbinique, le couple duel Sara/Hagar représente aussi une allégorie du même et de l’autre. Si Sara représente Jérusalem et Israël, Hagar symbolise l’étrangeté et l’altérité dans son absolu (Pabst, 2003). Zucker (1990 : 44) confirme pour sa part le rôle négatif souvent assigné à Hagar dans certaines sources juives classiques. Celle-ci, affirme-t-il, est non seulement inculpée exclusivement dans le conflit qui l’a opposée à Sara, mais elle est aussi rabaissée au statut d’idolâtre et de païenne.

 

Reis, dans un article très récent, réserve à Hagar le même rôle négatif. Selon elle, la réaction cruelle de Sarah contre Hagar est légitime dans la mesure où c’est cette dernière qui, après avoir rempli son rôle de mère « porteuse », continue à s’introduire dans la tente d’Abraham.

 

Si l’on se réfère à Genèse 16,3, on remarque que les termes « femme » et « mari », désignant Saraï et Abram, sont martelés d’une façon répétitive : « Alors Saraï, femme d’Abram, prit Agar, l’Égyptienne, sa servante, et la donna pour femme à Abram, son mari... ». Pour Reis, ce caractère répétitif du verset a pour but de désigner, haut et fort, Sara comme seule femme du Patriarche. Servante et esclave, Hagar est acculée, quant à elle, au statut de mère porteuse.

 

Genèse 21,14 est, selon Reis, la preuve, non pas d’une séparation géographique entre Hagar et Abraham, mais d’une rupture maritale. Le verbe « renvoyer » dans le verset renvoie, selon elle, au divorce.

 

Aux antipodes de ces interprétations négatives, plusieurs auteurs ont récemment montré la centralité de la figure hagarienne dans la Genèse (Dozeman, 1998 ; Nikaido, 2001 ; Wénin, 2001 ; Jarrel, 2002 ; Pabst, 2003). Selon Wénin, Hagar occupe bel et bien le rôle d’une épouse à part entière ; ce n’est donc pas à la domestique étrangère qu’Abraham s’unit, mais à cette femme nommée Hagar : « on voit, écrit Wénin, qu’Abram tout en jouant le jeu initié par Saraï, n’adopte pas tout à fait sa façon de traiter la domestique en objet. Il semble plutôt considérer celle-ci comme une personne vers qui il vient avec un certain respect. » (2001(Page number): 43).

 

Comme le note Leviant (1999), bien que le terme hébreux, isha, pour désigner Hagar dans Genèse 16,3, signifie épouse et non concubine, c’est plutôt ce dernier terme qui en est la traduction la plus courante.

 

Hagar s’affirme ainsi, pour la première fois, comme une épouse légitime dont le statut est supérieur à celui de celle qui l’a prise comme moyen de se satisfaire. Ce renversement de situation, souvent lu comme un geste arrogant et méprisant d’Hagar envers Sara, se prête néanmoins à une autre lecture. Car, selon Wénin, la fin de Genèse 16,4 (« et elle [Saraï] fut légère à ses yeux ») n’est pas aussi claire qu’on le croit. Une lecture alternative permet d’élucider le côté subjectif de l’histoire où le possessif de « ses yeux » pourrait renvoyer non à Hagar, mais à Sara même.

 

Comme le montre Nikaido, Hagar ainsi que son fils Ismaël sont associés à des figures bibliques centrales. Celle-là est associée à Hannah, celui-ci à Samuel ainsi qu’à Joseph, petit-fils d’Isaac et fils de Jacob (2001 : 237).

 

Selon Nikaido, c’est Hagar, et non Sara, qui représente l’homologue féminin du patriarche Abraham et son véritable compagnon dans les tribulations.

 

Dans cette lecture alternative de la Genèse, non seulement Hagar occupe la position positive de femme d’Abraham, mais elle représente également un personnage biblique central. Ainsi, Nikaido (2001) montre, dans une perspective intertextuelle, comment Hagar symbolise la figure féminine de l’alliance avec le divin. Dans le même ordre d’idées, Jarrell (2002) estime que la relation entre Hagar et Dieu informe et sert de prototype à l’ensemble des relations contractuelles entre les femmes de la Genèse et Yahweh. Cette relation contractuelle est exprimée dans le récit de la naissance ; ce genre narratif représente la contrepartie de l’alliance divine avec les hommes. L’histoire d’Hagar, comme le note Dozeman (1998), sert aussi de modèle pour la vie de Moïse et préfigure la souffrance et l’esclavage d’Israël. Et l’ensemble des deux histoires montre comment Dieu transforme un conflit familial en une occasion de libération fondatrice des nations.[1] De toutes ces recherches récentes, on pourrait avancer que le rôle négatif souvent assigné à Hagar dans certaines sources post-bibliques, s’est constitué à l’encontre de l’esprit du texte sacré. Il s’agit d’une inversion symbolique qui concerne la position d’Hagar en tant que deuxième femme d’Abraham et mère de son premier fils.

 

L’intimité entre l’Éternel et Hagar était perçue comme insupportable, et c’est pourquoi on procéda à ce que Jarrell appelle le « nettoyage patriarcal ». L’auteur n’exclut pas la possibilité d’une restructuration des récits primitifs par les rédacteurs patriarcaux, par l’insertion d’un intermédiaire contractuel, un mari notamment. Selon Jarrell, ce genre de réarrangement est bien perceptible dans l’histoire d’Hagar ; surtout si l’on compare la version J, (Genèse, 16,10), où la promesse lui est directement adressée (L’ange de l’Éternel lui dit : Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu’on ne pourra la compter), à la version E, (Genèse, 21,13), où la promesse est plutôt adressée à Abraham (Je ferai aussi une nation du fils de ta servante ; car il est ta postérité).

 

Une affaire d’héritage !

 

Le revirement dans le comportement de Sara envers Hagar et son fils Ismaël montre clairement le facteur principal mis en jeu dans le réseau des relations liant l’ensemble des membres de la famille du Patriarche. Genèse 21,9-10 laisse entrevoir le rôle important que joue l’héritage dans le conflit qui oppose Sara à Hagar. Plusieurs auteurs (Hackett, 1989 ; William, 1993) confirment le rôle décisif de l’héritage dans l’expulsion d’Ismaël et sa mère.

 

Certaines lectures juives vont dans ce sens ; Ismaël, selon le Midrash, aurait indécemment réclamé le droit, en tant qu’aîné, de recevoir une part double de l’héritage (Reis 2000 : 94). Bien que le récit biblique ne donne aucun indice de la portée péjorative du geste d’Ismaël, certaines interprétations juives classiques l’ont exagérée au point de l’assimiler à un acte immoral grave : l’idolâtrie et le meurtre (Zucker, 1990 : 40 ; Reis, 2000 : 94), acte qui pourrait irrémédiablement priver Ismaël de tout droit à l’héritage.

Le droit d’aînesse d’Ismaël est gênant au point même que sa filiation avec Abraham soit controversée. Römer (1999 : 172) cite l’avis du Rabbi ‘Awira qui présume qu’Abraham, lors du festin eschatologique, aurait dit : « je ne peux pas rendre grâce, car j’ai engendré Ismaël ».

Comme on l’a mentionné pour Hagar, ou pourrait affirmer que les interprétations négatives de la figure ismaélienne vont à l’encontre de l’esprit du texte biblique (Zucker, 1990 ; Leviant, 1999 ; Römer, 1999 ; Kaltner, 2002). On pourrait parler, dans ce cas, d’une inversion symbolique qui concerne le droit d’aînesse d’Ismaël et ses conséquences en matière d’héritage. L’héritage dont il est question ici est plus un capital symbolique et spirituel. C’est l’héritage de toute une tradition prophétique qui représente une alliance avec le divin. Aussi, le juif cherchant à défendre le droit d’Isaac à l’héritage abrahamique, contre celui d’Ismaël, tente-t-il de légitimer son propre héritage de cette alliance avec le divin. Le musulman essaie tout autant de conforter la position sociale de la mère d’Ismaël pour pouvoir prétendre au même titre que le juif à cet héritage.

Selon Zucker, ce sont les interprétations tardives, surtout dans la littérature talmudique et certaines exégèses du Moyen Âge, qui ont assigné un rôle très négatif à Ismaël, sa mère et leurs descendants.

Voir : https://assr.revues.org/13833#bodyftn35

 

Conclusion du chapitre sur l’historicité de La Mecque

 

Tout en discutant le corpus de la preuve documentaire concernant l’avènement de l'Islam et de son absence presque totale dans le travail de Christoph Luxenberg, entre d'autres, Robert Hoyland constate :

« D’abord, nous avons un certain nombre de preuves physiques - particulièrement de sources non-Musulmanes, papyrus, inscriptions et excavations archéologiques - qui peuvent servir de référentiel externe utile et dont l’exploitation de la richesse vient juste de commencer d'une façon systématique.

Deuxièmement, la mémoire historique de la communauté musulmane est plus robuste que certains ont prétendus. Par exemple, plusieurs divinités, rois et Tribus de la période Arabe préislamiques qui ont été dépeints par les Historiens Musulmans du IXème siècle paraissent également dans des monuments épigraphiques, tout comme plusieurs souverains et gouverneurs du premier état islamique.

Ceci rend très difficile d’accepter les scénarios historiques qui exigent pour leur concorde une discontinuité totale dans la mémoire historique de la communauté Musulmane - telle celle que Mohamed n'a pas existé, que le Coran n'a pas été écrit en arabe, que la Mecque était à l'origine dans un endroit différent etc., peuvent-ils vraiment être justifiés ? -. Plusieurs de ces scénarios se fondent sur l'absence de preuves, mais cela semble une humiliation d’avoir recours à un tel procédé quand on sait qu’il y a déjà des évidences matérielles aussi nombreuses que variées attendant toujours à être étudiées. »[2]

 

Voir : http://lechemindroit.webs.com/Origine%20Aramo-Syriaque%20du%20Coran.pdf

http://blog.decouvrirlislam.net/Home/islam/coran/le-coran-d-origine-syriaque-reponse-a-la-these-farefelue-de-mingana-et-luxenberg

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] En effet, les similitudes entre l’histoire de Hagar, dans Genèse 16 et 21, et de Moïse, dans Exode 1-15, sont très révélatrices.

[2] R. Hoyland, "New Documentary Texts And The Early Islamic State", Bulletin Of The School Of Oriental And African Studies, 2006, Volume 69, No. 3, pp. 410-411.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 13:08

 

La Mecque, la terre de la nouvelle alliance

(Partie 4)

Le fils unique d’Abraham

 

Isaac n'a jamais été l'unique fils engendré d'Abraham. Comment aurait-il pu l'être, quand Ismaël était né quatorze années plus tôt ? La comparaison de Genèse 16 : 16 – "Abram (i.e., Abraham) avait quatre-vingt-six ans quand Hagar lui donna Ismaël" – avec Genèse 21 : 5 – "Abraham avait cent ans quand lui naquit son fils Isaac" – révèle la différence d'âge. Ceci est confirmé dans Genèse 17 : 25, qui nous dit qu'Ismaël a été circoncis à l'âge de treize ans, un an avant la naissance d'Isaac. En outre, Ismaël et Isaac ont tous deux survécu à leur père, Abraham, comme le révèle Genèse 25 : 8-9.

Alors comment Isaac aurait-il pu être à un moment ou un autre l'"unique fils engendré" d'Abraham ? Pour palier à cette difficulté, certains auteurs émettent la thèse qu’Ismaël aurait été le produit d'une union illicite entre Abraham et Hagar, la servante de Sarah.  Cette illégitimité lui aurait fait perdre sa place dans la lignée du Patriarche. En quelque sorte, c’est comme s’il n’avait jamais existé. Or, aucun érudit sérieux n'entérine cette vision saugrenue, et pour cause. Pour commencer, Ismaël était le fils engendré d'Abraham, indépendamment de la nature de cette parenté. De plus, c’est Dieu lui-même qui valide cette filiation. Plusieurs passages de la Bible accordent à Ismaël le statut de fils légitime d’Abraham. Voir : Genèse 16 : 11, 16 : 15, 17 : 7, 17 : 23, 17 : 25, 21 : 11. Et si Dieu entérine cette généalogie, qui oserait le contredire ?

 

Jacob M. Myers, professeur au Séminaire Théologique Luthérien et un savant émérite de l'Ancien Testament, commente dans son Invitation à l'Ancien Testament : « Les découvertes archéologues nous aident à compléter les détails de la narration biblique et à expliquer plusieurs des références autrement obscures et des coutumes étranges qui étaient ordinaires au monde et au temps d'Abraham. Par exemple, toute la série des pratiques concernant la naissance d'Ismaël et le traitement ultérieur de Hagar, sa mère ... sont tous connus aujourd'hui pour avoir été des événements ordinaires et de tous les jours, régularisés par la loi. Un contrat de mariage Nuzi stipule qu'une femme sans enfant peut prendre une femme du pays et la donner en mariage à son mari pour obtenir une progéniture. Mais elle n'a pas le droit d'en chasser les rejetons même si elle engendre plus tard ses propres enfants. L'enfant né de la servante a le même statut que celui de l'enfant de la femme. »[1]

 

Cherchez Ismaël dans la New Catholic Encyclopedia (la référence de ceux qui seraient probablement les plus enclins à opposer, à bases idéologiques, le rassemblement des pièces de ce casse-tête), et là vous trouverez la confirmation suivante : « Ismaël, fils d'Abraham, le premier né d'Abraham ... »[2]

 

Genèse 16, 10-11 10 L'ange de l'Eternel lui dit : Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu'on ne pourra la compter. 11L'ange de l'Eternel lui dit : Voici, tu es enceinte, et tu enfanteras un fils, à qui tu donneras le nom d'Ismaël ; car l'Eternel t'a entendue dans ton affliction.…

C'est Dieu Lui-même qui a donné le nom à Ismaël. Aujourd'hui tous les enfants d'Ismaël bénissent Abraham et la Bible dit : « Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » (Genèse 12, 3).

http://www.enseignemoi.com/bible/genese-17.html

Dans la Genèse, Dieu dit que le signe de l'alliance perpétuelle entre Abraham et sa descendance est LA CIRCONCISION. Les Israélites avaient déjà aboli cette alliance "PERPETUELLE". Donc le terme est conditionnel. Si vous respectez mes ordres, alors cette alliance est perpétuelle, mais si vous ne les respecter pas, celle-ci sera abolie.
Selon la définition de "perpétuelle" dans The Holy Book, cette alliance est conditionnelle. Elle passe par la circoncision des mâles. Qui est l'enfant qui a été circoncis ? Les juifs disent qu’il s’agit d’Isaac, alors que dans la bible Abraham a circoncis Ismaël et les autres mâles à l’âge de 99 ans (Ismaël avait 13 ans).

Isaac est venu un peu plus tard quand son père atteint les cent ans et que sa mère, Sara en avait 98. (Genèse 17 - 26).

Il est clair que l'alliance est faite avec Abraham et tous SES descendants.
L’alliance concerne donc la circoncision des mâles, et la suite du texte parle de Sara : Je vais la bénir (dans le futur elle aura un garçon nommé Isaac, elle ne l'a donc pas encore). Il devient clair que la circoncision = Alliance qui avait été faite au sujet d’Ismaël quand Abraham avait 99 ans, alors que la promesse de Dieu de lui donner Isaac, s’inscrit plus tard dans le temps. La première circoncision a lieu alors qu’Isaac n'est pas encore né. N'est ce pas une forme d'alliance ?

Genèse 15.1 Après ces événements, la parole de l'Eternel fut adressée à Abram dans une vision, et il dit : Abram, ne crains point ; je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande. 2 Abram répondit : Seigneur Eternel, que me donneras-tu ? Je m'en vais sans enfants ; et l'héritier de ma maison, c'est Eliézer de Damas. 3 Et Abram dit : Voici, tu ne m'as pas donné de postérité, et celui qui est né dans ma maison sera mon héritier.

4 Alors la parole de l'Eternel lui fut adressée ainsi : Ce n'est pas lui qui sera ton héritier, mais c'est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier. 5 Et après l'avoir conduit dehors, il dit : Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit : Telle sera ta postérité. 6 Abram eut confiance en l'Eternel, qui le lui imputa à justice.

Ismaël est-il ou non sortit des entrailles d'Abraham ?

Ainsi, lorsque Dieu s'adresse à Abraham au chapitre 17, Ismaël était déjà né et par conséquent, il était déjà héritier, et c'est pour cette raison que le Seigneur parle seulement d'Isaac dans le chapitre 17.

1- le Mot unique « ton fils, ton unique celui que tu aimes, Isaac » dans le verset 22.2, montre Bien que le nom Isaac a été rajouté, car Isaac n'était pas le fils unique d'Abraham
2- dans le verset 21.12, Dieu dit a d'Abraham après la naissance d'Isaac : « car c'est d'Isaac que sortira une postérité qui te sera propre ». Ici, le Très-Haut prédit qu’Isaac aura une descendance, puis après il demande à Abraham de le sacrifier jeune ; est-ce que Dieu a changé d'avis (en sachant que cela ne peut pas constituer une épreuve pour Abraham qui sait déjà qu’Isaac vivra et qu’il aura une descendance) ?

Nous savons également que Léa et Rachel étaient deux femmes de Jacob (Genèse chap 30), pourtant Léa n'était pas stérile à la différence de Rachel (Genèse 29:31). Or, Dieu a permis à Rachel d'avoir miraculeusement deux enfants (Genèse 30:22) qui sont Joseph (Genèse 30:25) et Benjamin.

Devons-nous en déduire que seul Joseph et Benjamin sont les fils uniques de Jacob, et que par conséquent Juda qui est le fils de Jacob par Léa (Genèse 35:23) et dont descendra Jésus (Luc 3:33, Matthieu1:3), n'est pas considéré comme étant le fils unique de Jacob ? Ce qui nous amènera à conclure que Jésus n'est pas considéré comme étant le véritable fils de Jacob, et donc non plus le véritable fils d'Abraham.

https://www.bladi.info/threads/tribu-kedar-fils-dismael.319074/

 

L’enfant-sacrifice

 

Voir : Majmû’ el Fatâwa de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (4/331-336).

 

 Ismâ’îl est le fils d’Ibrahim qui fut choisi pour le sacrifice de son père comme l’établissent le Coran, la sunna, et un certain nombre de preuves qui sont notoires. D’ailleurs, la Thora qui est entre les mains des « gens du Livre » le confirme.  Les anciennes écritures disent en effet : « égorge ton fils unique. »[3] L’autre traduction parle d’un premier-né. Ismaël fut bel et bien le fils unique à cette époque et le premier-né du Patriarche à l’unanimité des savants musulmans et des hébreux, mais ces derniers ont falsifié leurs écritures en y insérant Isaac. Par la suite, cette information qui doit son origine aux textes hébraïques falsifiés, fut véhiculée notamment dans les rangs des musulmans qui l’entérinent pour certains d’entre eux.

 

La Surate les rangs, qui relate l’histoire du sacrifice, démontre notamment à travers le Verset suivant, que l’enfant en question fut Ismâ’îl : (Nous lui annonçâmes la naissance d’un enfant sage).[4] Cette annonce nous offre trois informations : la nouvelle d’une enfant mâle, qui atteindra l’âge de raison ou de la puberté (hulm qui a les mêmes racines que halîm ndt.), et qui de surcroît sera sage. Y a-t-il une meilleure preuve de sagesse (dans le sens de résignation ndt.) de la part d’un fils qui se plie à la volonté d’un père déterminé à lui arracher la vie, et, qui plus est, lui facilite la tâche avec des paroles rassurantes : (Tu me trouveras si Dieu le veut parmi les patients)[5] ? Aux yeux de certains savants, la sagesse est la moindre des qualités qu’Allah accorde à l’un de ses prophètes, étant donné qu’elle dégage une grande force (ou qu’elle domine par sa présence, ou encore qu’Allah garantit par sa présence la victoire à Ses élus ; le texte n’est pas très clair ndt.).

Ibrahim lui-même fut qualifié ainsi dans deux passages : (Ibrahim était sage et dévoué).[6] (Ibrahim était sage, dévoué, et repentant).[7] L’événement démontre que ses deux hommes sont vraiment « sages » : (Quand il parvint à l’âge mûr, il lui dit : « Mon fils ! J’ai vue en songe que je devais t’égorger, alors vois ce que tu dois faire. » Il répondit : « Père ! Fais ce qu’on t’ordonne, tu me trouveras si Dieu le veut au nombre des patients »),[8] jusqu’à : (Nous l’échangeâmes contre une offrande immense • et nous laissâmes leur souvenir dans les générations futures • Paix à Ibrâhîm ! • C’est ainsi que nous rétribuons les bienfaiteurs • Il comptait parmi nos serviteurs croyants • Nous lui annonçâmes ensuite la naissance d’Ishâq qui fut un prophète parmi les vertueux • Nous les avons bénis tous les deux. Dans leur descendance, il y a des bienfaiteurs et d’autres qui sont manifestement injuste envers eux-mêmes).[9]

 

Cette histoire démontre que l’enfant en question fut bien Ismâ’îl, en voici la démonstration[10] :

 

Premièrement : le Seigneur annonce à Ibrahim la naissance d’un enfant qu’il devra vouer plus tard en sacrifice. Dans un premier temps, le Coran relate l’événement du sacrifice avant d’enchaîner : (Puis, Nous lui annonçâmes la naissance d’Ishâq qui fut un prophète parmi les vertueux • Nous les avons bénis tous les deux). Il y a donc deux annonces différentes : l’une concerne le « héros » du sacrifice et l’autre concerne Isaac, comme cela ne peut échapper à personne.

 

Deuxièmement : l’histoire du sacrifice est uniquement mentionnée à cet endroit du Coran, alors que les autre passages se contentent d’évoquer l’annonce de la naissance d’Ishâq, comme par exemple dans la Surate Hûd où le Très-Haut révèle : (Alors que sa femme se tenait debout, elle se mit à rire ; nous lui annonçâmes la naissance d’Ishâq et de Ya’qûb après lui).[11] Si le sacrifice concernait effectivement Ishâq, la naissance promise de Ya’qûb n’aurait plus lieu d’être. Le verset dit en effet : (Quand il ressentit de la peur vis-à-vis d’eux, Ils lui dirent : « N’ais pas peur ! » Ils lui annoncèrent ensuite la naissance d’un enfant savant. Sa femme apparut en se frappant le visage et en criant : « Quoi ! Moi, une femme vieille et stérile ! »).[12]

 

Allah (I) révèle également dans la Surate el Hijr : (Ils dirent : « Ne tremble pas ! Nous t’annonçons la prochaine naissance d’un enfant savant » • Il répondit : « Vous m’annoncez cela alors que je suis déjà vieux ! Que m’annoncez-vous au juste ! » Ils dirent : « Nous te l’annonçons en toute vérité, ne sois pas au nombre de ceux qui désespèrent. »).[13] Il n’est question ici d’aucun sacrifice. Par ailleurs, en annonçant les deux bonnes nouvelles que sont le futur sacrifice et la naissance d’Isaac après lui, cela démontre qu’Isaac et l’enfant-sacrifice sont deux personnes différentes. Et cela d’autant plus que le Seigneur à fait don du frère d’Ismâ’îl et de Jacob à Son Ami Abram (comme le nomme ainsi la bible ndt.) : (Nous lui avons fait don d’Ishâq et Nous lui avons offert Ya’qûb avec lui ; tous deux étaient des gens pieux)[14] ; (Nous lui avons fait don d’Ishâq et de Ya’qûb, et nous avons établi dans sa descendance le Livre et la prophétie. Nous l’avons rétribué sur terre, et dans l’au-delà il comptera parmi les pieux).[15] Aucun de ces deux Versets ne fait mention de l’enfant-sacrifice.

 

Troisièmement : Allah nous apprend que le futur sacrifice sera un enfant sage. Quand à Ishâq, son père reçut l’heureuse nouvelle qu’il sera un enfant savant dans un autre passage du Coran. Il y a forcément une raison pour laquelle les deux enfants furent qualifiés différemment. Cette distinction s’accentue lorsque l’une de leur qualité respective en accompagne une autre. La sagesse convient tout-à-fait à la patience qui revient à l’enfant-sacrifice. Ismâ’îl est, en effet, patient : (évoque Ismâ’îl, el Asa’, et Dhû el Kifl, tous comptaient parmi l’élite).[16] Voici donc une troisième raison en faveur de notre thèse, car un autre passage dit au sujet de l’enfant-sacrifice : (Père ! Fais ce qu’on t’ordonne, tu me trouveras si Dieu le veut parmi les patients).[17] Allah a donc reconnu à Ismâ’îl la qualité de patient comme Il lui a accordé ailleurs de respecter ses engagements : (Il était sincère envers ses engagements).[18] Il avait promis en effet à son père d’endurer patiemment son épreuve.

 

Quatrièmement : La naissance prochaine d’Ishâq relevait du miracle, car sa mère était vielle et stérile. C’est pourquoi, l’Ami d’Allah (u) a réagi avec étonnement à l’annonce de la nouvelle céleste : (Vous m’annoncez cela à moi qui suis si vieux ! Que m’annoncez-vous au juste ?) Sa femme n’en fut pas moins surprise lorsqu’elle s’écria : (Vais-je enfanter, moi qui suis arrivé à un âge avancé tout comme que mon mari ?)[19]

 

Nous avons déjà vu que cette nouvelle lui vint vers la fin de sa vie, et qu’elle la concernait elle et son mari. En revanche, Ibrahim (u) fut le seul intéressé par l’annonce de l’enfant-sacrifice. Il fut mis à l’épreuve de le tuer sans que la mère d’Isaac n’ait aucun lien avec cet événement. Cela corrobore tout-à-fait avec le hadith rapporté dans le recueil e-sahîh, et selon lequel le Prophète (r) et ses Compagnons nous apprennent qu’à la naissance d’Ismâ’îl, Sâra fut jalouse de sa mère Hâjar. Dès lors, Ibrahim prit l’enfant et la servante pour les emmener à la Mecque actuelle. Sur place, il reçut l’ordre, des années plus tard, de tuer son fils. Ainsi, l’enfant-sacrifice et Isaac sont deux personnes différentes.

 

La preuve également que l’enfant-sacrifice n’est pas Isaac, c’est que le Seigneur révèle juste avant ce Verset : (Nous lui annonçâmes la naissance d’Ishâq (à Sâra), et celle de Ya’qûb après lui).[20] Comment Ishâq peut-il être voué au sacrifice dans ces conditions ? L’annonce de Ya’qûb implique forcément que son père reste en vie avant que son fils ne vienne au monde. Personne ne conteste que l’histoire du sacrifice a eu lieu avant la naissance de Jacob. Bien plus, ce dernier n’a vu le jour qu’après la mort de son grand-père Ibrahim (u) ; nul ne doute pourtant que l’anecdote du sacrifice s’est déroulée avant son décès.

La preuve, c’est que cette histoire s’est déroulée à la Mecque. Le jour de la Conquête de la Ville Sainte, le Prophète (r) a trouvé les cornes du fameux bélier d’Abraham à l’intérieur de la Ka’ba. Il s’est alors adressé au gardien du Temple en ces termes : « Je t’ordonne de recouvrir les cornes du bélier, car il ne doit rien y avoir en direction de la Qibla qui puisse distraire le fidèle en prière. » C’est pourquoi, l’endroit où s’est produit l’événement sert de rite depuis l’époque d’Ismaël, qui, avec son père, a construit le Temple comme le formule explicitement le Coran.

 

Personne n’assume qu’un jour Isaac s’est rendu à la Mecque ni parmi les « gens du Livre » ni personne d’autre. Néanmoins, certains adeptes de la religion juive prétendent que l’histoire du sacrifice a eu lieu dans la région du Shâm, mais ce n’est que pur mensonge ! Si certaines montagnes du Levant avaient assistées à cet événement, on l’aurait forcément su, et on y aurait certainement consacré un rite, au même titre que la Mosquée construire par Ibrahim, et ses environs sont devenus des lieux de rituels…

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Myers, Jacob M. 1966. Invitation to the Old Testament. New York: Doubleday & Company. p. 26.

[2] New Catholic Encyclopedia. Vol 7, p. 690.

[3] Voici les termes de la Traduction œcuménique : « Prends ton fils, ton unique, Isaac, que tu aimes. Pars pour le pays de Morriya et là, tu l’offriras en holocauste sur celle des montagnes que je t’indiquerais. » [Genèse ; 22-3]

[4] Les rangs ; 101 Ismâ’îl fut qualifié ici de halîm que nous traduisons par sage, mais qui prend en fait des sens multiples comme magnanime (qui est enclin au pardon comme nous le souligne e-Sa’dî), longanime (qui supporte ce qu’il pourrait réprimer comme nous l’apprend el Baghawî), ou qui se résigne, fait preuve de patience et d’une maitrise de soi. (N. du T.) 

[5] Les rangs ; 102

[6] Le repentir ; 114 D. Masson explique en ces termes le sens de awwah (que nous avons traduit par « dévoué » mais qui a aussi le sens d’humilité) : « celui qui gémit, qui soupire, et qui implore la miséricorde de Dieu. » Elle corrobore ainsi l’exégèse des grands spécialistes à l’exemple d’el Baghawî et du linguiste exégète e-Râghib el Asfahânî dans Mufradât alfâdh el Qurân que chaque arabophone, et  plus particulièrement chaque traducteur, doit compter dans sa bibliothèque.

[7] Hûd ; 75 repentant est l’un des sens de munîb, mais de façon plus général il signifie revenir à Allah.

[8] Les rangs ; 101, 102. Certains exégètes assument que l’événement s’est passé quand Ismaël a atteint l’âge de treize ans. Toutefois le début du premier Verset peut avoir d’autres sens. Il peut vouloir dire : quand le père l’a emmené jusqu’au pied de la montagne, ou quand il devint vieux.

[9] Les rangs ; 106-113

[10] Voir notamment Tafsîr ibn Kathîr.

[11] Hûd ; 71 Il s’agit dans cette épisode de Sarah fille de Hârân fils de Ahwar qui fut marié à son cousin Ibrahim (Voir Tafsîr el Baghawî qui précisent notamment que Saraï se tenait derrière un rideau).

[12] E-Dhâriyât ; 28 Selon certains exégètes, elle n’a fait que crier d’où elle était, sans se montrer à ses visiteurs, mais par un effet de rhétorique, c’est sa voix qui se serait déplacée.

[13] El Hijr ; 53

[14] Les Prophètes ; 72

[15] L’araignée ; 27

[16] Sâd ; 48

[17] Les rangs ; 101, 102

[18] Mariam ; 54

[19] Hûd ; 72

[20] Hûd ; 71

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 12:36

 

 

Les noms de Zam-zam

C’est la meilleure, la plus noble et la plus illustre des eaux. C’est la plus aimée, la plus chère et la plus précieuse aux yeux des hommes ! C’est la source que Jibrîl tata du talon et d’où Isma’ïl se désaltéra.

Zâd el ma’âd d’ibn el Qaïyim (4/392).

 

Nous avons vu que la multitude de noms pour désigner une chose témoigne de son importance à l’exemple des Noms d’Allah (I) et de ceux de Son Messager (r).[1] Ainsi, il existe plus de soixante surnoms de Zam-zam, dont :[2] Kâfiya, Maïmûna, Sâlima, Tâhira, Nâfi’a, ‘Awna, Madhnûna, Zhabiya, Shabbâ’a, Baraka, Mubârak, Barra, Taïba, Marwiya, Bushra, Saïda, Mûnisa, Nâfi’a, etc. Chacun d’eux évoque une vertu.

 

Plusieurs hypothèses sont avancées sur l’origine étymologique du terme Zam-zam :

  • Il proviendrait des paroles de Hâjar qui ordonna à la source de couler à flot : « Zum ! Zum ! » ;
  • Les Perses de l’Antiquité se rendaient au puits de Zam-zam autour duquel ils se regroupaient (tazamzam) ;
  • Dès qu’elle se mit à jaillir, la source fut entourée (zammat) avec du sable, sinon elle aurait rempli toute la vallée[3] ;
  • Ibn Hajar enrichit en disant que la source fut entourée de part et d’autre par la balance.[4]

Pour e-Nawawî, la source prit ce nom en raison de son abondance. On dit d’une eau en grande quantité qu’elle est zamzam ou zamâzim. Une certaine hypothèse avance qu’elle fut appelée ainsi en raison de l’épisode où Hâjar entoura de ses mains la source jaillissante. Selon une autre opinion, Jibrîl fit retentir un grondement (zamzamat) au moment de la faire jaillir.[5]

 

Ce qu’en disent les Textes :

 

Bon nombre de hadîth vantent les vertus de Zam-zam, en voici quelques-uns : selon ibn ‘Abbâs (t), le Messager d’Allah (r) affirme : « Zam-zam est la meilleure eau sur terre, elle est nourrissante et guérit toute maladie… »[6] Abû Dhar el Ghifârî quitta son peuple en compagnie de son frère Unaïs et de sa mère pour se rendre à La Mecque où il embrassa l’Islam. Un mois après, le Prophète (r) l’interrogea : « Depuis combien de temps es-tu ici ?

  • Depuis trente jours et trente nuits, répondit-il.
  • Qui te donnait à manger (pendant tout ce temps) ?
  • À part l’eau de Zam-zam, je n’avais rien à manger. Elle m’a tellement fait grossir que j’en ai des plis au ventre et je ne ressens aucun creux.
  • C’est une eau bénite et nourrissante lui affirma, le Prophète (r). »[7]

 

Selon Jâbir ibn Abd Allah (t), j’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : « [Les bienfaits de] Zam-zam varie(nt) selon l’intention du buveur. »[8] Autrement dit, elle est un remède et apaise la faim et la soif.[9] Selon Abû e-Tufaïr, j’ai entendu dire ibn ‘Abbâs (t) : « Nous l’appelions Shabbâ’a (la rassasiante) – en parlant de Zam-zamet elle nous était une aide précieuse pour (nourrir) nos enfants. »[10] Selon ibn ‘Abbâs (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « La fièvre se répand (ou est bouillante) comme la Géhenne, apaisez-la avec l’eau de Zam-zam. »[11] ‘Âisha – qu’Allah l’agrée – en ramenait de La Mecque dans des carafes et disait : « Le Messager d’Allah (r) en transportait dans des idâwa et des qurba (des outres). Il en versait sur les malades et leur donnait à boire. »[12]

 

En outre, de nombreux hadîth parlent de l’épisode de la nuit de l’Ascension où Jibrîl (u) ouvrit la poitrine de Mohammed (r) comme pour le préparer à l’événement qui allait suivre. Il lui lava le cœur avec de l’eau de Zam-zam, avant de l’amener avec lui.[13] D’autres annales vantent les méritent de cette eau bénite, mais la plupart sont mensongèrement imputées au Prophète (r) et relèvent plutôt de la légende.[14]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Tahdhîb el asmâ wa el lughât (3/157).

[2] Voir : Fadhâil mâ Zam-zam (p. 89-90), Akhbâr Makka d’el Fâkihî (2/67-69), et Tâj el ‘arûs min jawâhir el qâmûs d’el Zubaïdî (8/328).

[3] Faïdh el Qadîr d’el Manâwî (4/64).

[4] Fath el Bârî (3/493).

[5] Sharh sahîh Muslim (4/430).

[6] Rapporté par e-Tabarânî dans el mu’jam el kabîr (11/98) et el mu’jam el awsat (4/179) ; voir : silsilat el ahâdîth e-sahîha (n° 1056) et sahîh el jâmi’ (n° 3317) de Sheïkh el Albânî.

[7] Rapporté par Muslim (4/1919-1923).

[8] Rapporté par ibn Mâja (2/1018) et Ahmed (3/357, 372) ; voir : irwâ el ghalîl (n° 1123) et Sahîh el jâmi’ (n° 5378) de Sheïkh el Albânî.  En explication à ce hadîth, Mujâhid précise que celui qui en boit dans l’intention de guérir, Allah le guérira ; s’il en boit dans l’intention d’étancher sa soif ou d’apaiser sa faim, Allah étanchera sa soif et apaisera sa faim. [Voir : mu’jam e-Tabarânî el kabîr (11/98) ;  Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans silsilat el ahadîth e-sahîha (3/45).

[9] Voir : el fawâid el majmû’a (n° 319) en bas de note.

[10] Rapporté par ‘Abd e-Razzâq (5/117) et ibn Abî Shaïba (3/273) dans leur recueil el musannif ; voir : fadhâil Makka du D. Mohammed Ghabbân (2/879-880).

[11] Rapporté par el Bukhârî (6/330) ; voir pour l’explication de ce hadîth : Zâd el ma’âd d’ibn el Qaïyam (4/29) et Fath el Bârî (10/175).

[12] Rapporté par e-Tirmidhî (3/295) et el Bukhârî dans e-târîkh el kabîr (3/189) ; voir : silsilat el ahâdîth e-sahîha (n° 883) et Sahîh el Jâmi’ (n° 4807).

[13] Les hadîth sur le sujet sont rapportés par el Bukhârî (voir notamment : 1/458-459) et Muslim (voir notamment : 1/148-149) ; voir : Fadhâil Makka (2/902-911).

[14] Voir : Fadhâil Makka (2/912-916).

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