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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 14:30

La Mecque, la terre de la nouvelle alliance

(Partie 2)

Il est connu à l’unanimité des peuples et des textes sacrés qu’Ismaël a grandi dans le pays de La Mecque, lieu de pèlerinage depuis l’époque d’Abraham ; les Arabes notamment, mais aussi les prophètes, lui consacraient un voyage, à l’instar de Moïse fils d’Amrân et de Yûnas ibn Matta comme le formule le recueil e-sahîh, d’après la version rapportée par ibn ‘Abbâs et selon laquelle, en passant près de Wâdî el Azraq, le Messager d’Allah (r) s’écria : « Quel est ce Wâdî (vallée) ?

  • C’est le Wâdî d’el Azraq lui répondirent ses Compagnons.
  • J’ai l’impression de voir Moussa (u) en train de descendre le versant de la montagne les doigts dans les oreilles ; au cours de sa talbiya, il levait la voix pour implorer Allah (I) en traversant la vallée. »

 

Lorsque plus loin nous arrivâmes près du versant d’une montagne, il demanda : « comment s’appelle cet endroit ?

  • C’est Harsha.
  • J’ai l’impression de voir Yûnâs sur une chamelle blanche dont la bride était en fibre ; habillé d’un manteau en laine, il faisait la talbiya en traversant la vallée. »[1]

 

Dans une version, il est précisé : « Quant à Moussa, c’est un homme brin, trapu, il était monté d’un chameau roux dont la bride était en fibre. »[2]

 

Les annales nous apprennent que même Jésus devra s’y rendre à l’occasion de son retour sur terre : « par Celui qui détient mon âme entre Ses Mains, ibn Mariam va se sacraliser à partir du défilé de Rawha pour entreprendre le grand ou/et le petit pèlerinage. »[3]

 

Depuis l’avènement de Mohammed (r), le Hadj incombe à tout le monde ; les pèlerins s’y rendent de tous les coins de la terre. Le puits d’où Ismâ’îl et sa mère se sont désaltérés, c’est Zem-Zem. Son histoire est relatée dans le recueil d’el Bûkharî, disant, selon ibn ‘Abbâs : « la première fois que les ceintures ont été utilisées par les femmes, c’est de la part de la mère d’Ismâ’îl ; elle s’en est servie pour effacer ses traces aux yeux de Sara. »[4] Ensuite, Abraham l’emmena avec son fils, pendant sa période d’allaitement pour les installer auprès du temple sacré, vers un arbre au-dessus de Zem-Zem, dans les hauteurs de la mosquée.

 

À l’époque, il n’y avait ni eau ni personne. Il lui laissa un sac de dattes et une outre remplie d’eau. Puis, lorsqu’il tourna les talons, Hagar le suivit et s’écria : « Ibrahim ! Où vas-tu ? Nous laisses-tu dans cette vallée où il n’y a rien ni personne ? » Elle l’interrogea plusieurs fois de la sorte, mais sans qu’il ne se retourne. « Allah t’a-t-il ordonné de le faire, s’exclama-t-elle alors ?

  • Oui, confirma-t-il.
  • Hé bien, Il ne nous abandonnera pas. »

Après ces mots, elle revint sur ses pas. Ibrahim s’en alla et s’arrêta sur le versant de la montagne en veillant à ne pas se faire voir. Ce dernier se retourna en direction du futur Temple pour implorer en ces termes : (Seigneur ! J’ai laissé une partie de ma progéniture dans une vallée aride, auprès de Ta Maison Sacrée, etc.).[5]

 

Hagar allaita son bébé et épuisa l’eau de son outre. Ils furent pris par la soif. Comme elle le voyait se tordre de douleur, elle s’éloigna de lui pour ne pas souffrir ce spectacle. Elle se rendit à Safa qui était le monticule le plus proche ; elle grimpa dessus pour dominer la vallée du regard et chercher de l’aide, mais elle ne vit personne. Elle se déplaça. Une fois en bas de Safa, elle se retrouva dans l’oued. Elle leva un empan de son vêtement et se mit à courir à perdre haleine. De l’autre côté de l’oued, Marwa se dressait devant elle. Elle l’escalada pour scruter l’horizon, dans l’espoir de trouver quelqu’un, mais en vain. Sa détermination resta intacte, elle revint sur ses pas et réitéra le même parcourt à sept reprises.

 

Selon ibn ‘Abbâs, le Prophète (r) a dit : « C’est la raison pour laquelle, les pèlerins font le parcourt entre Safa et Marwa aujourd’hui. » Arrivée enfin sur le mont Marwa, elle entendit un bruit. « Chut ! » se dit-elle a elle-même.  Après l’avoir entendu à nouveau, elle s’écria : « Tu t’es fait entendre, si tu as quelques secours à proposer. » Elle se retrouva face à l’ange qui se tenait à l’emplacement de Zem-Zem. Il tâta du talon – ou a-t-il dit de l’aile – le sol, et l’eau se mit à jaillir. Elle l’entoura de ses mains et remplit son outre jusqu’à la faire déborder.

 

Selon ibn ‘Abbâs, le Prophète (r) a commenté : « Qu’Allah fasse miséricorde à la mère d’Ismâ’îl, si elle n’avait pas de ses mains touché à la source pour y puiser l’eau, Zem-Zem coulerait aujourd’hui en surface. »[6] Elle en but, reprit-il, et allaita son bébé. « Ne craignez rien, vous ne serez pas laissés à l’abandon, dit l’ange, à cet endroit se trouve la Maison d’Allah que cet enfant et son père vont édifier. Allah ne laissera pas ses habitants à l’abandon. » La maison était surélevée au-dessus du sol comme une colline. Quand il y avait des torrents, ils la contournaient de part et d’autre, etc.

 

Avec le temps, le puits de Zem-Zem fut enseveli, mais ‘Abd el Muttalib le grand-père du Prophète (r) lui redonna vie. La distribution de l’eau (e-siqâya) revint à son fils el ‘Abbâs et à sa postérité. Il avait la charge de distribuer Zem-Zem et l’eau potable ; il fait partie de la tradition (sunna) d’en boire.

 

La vision d’Abd el Muttalib :

 

Sur le chemin du retour, une caravane de la tribu yéménite Jurhum avait fait halte non loin de l’endroit où se produisit le miracle. Un oiseau qui tournoyait dans le ciel leur indiquait, à leur grande surprise, qu’il y avait de l’eau juste en dessous de lui. Pourtant, aucune source n’était signalée dans la région. Pour étancher leur curiosité, ils envoyèrent deux hommes en reconnaissance. Ceux-ci découvrirent une source près de laquelle se tenait une femme. Ils se rapprochèrent et lui demandèrent l’autorisation de s’installer près d’elle. Elle accepta, elle qui avait besoin de compagnie, sans oublier de leur rappeler au passage que la source ne leur appartenait pas. Ils se plièrent à sa volonté et allèrent chercher le reste de la caravane.[7] Jurhum était une branche de la tribu Qahtân dont les membres sont les descendants des arabes primitifs.[8] Ismâ’il grandit au milieu d’eux, il apprit leur langue et prit une de leurs filles pour épouse. Ses descendants, dont ‘Adnân l’ancêtre de Mohammed (r) est issu, sont les arabes d’adoption.[9] Après la mort de sa mère, Ismâ’il aida son père Ibrahim à élever les fondations de la Ka’ba.

 

La Mecque commença à grandir, mais ses habitants respectaient de moins en moins son caractère sacré. Ils encourraient la punition divine et durent quitter les Lieux saints, car comme son nom l’indique, Mekka éteint l’ardeur des tyrans ou selon une autre hypothèse, elle chasse les pervers de son enceinte.[10] La tribu des Banû Bakr aidés des Ghabashân – tout deux issus des Khuzâ’a - décidèrent de se faire justice eux-mêmes et expulsèrent les Jurhum de l’enceinte sacrée. Après vingt et un siècles de règne des Jurhum, les Khuzâ’a prenaient le relais de l’entretien du Temple.[11] Conscient d’une défaite certaine, le roi Mudhâdh ibn ‘Amr el Jurhumî avait pris soin avant de se sauver au Yémen (qui était la terre de ses ancêtres), de dissimiler ses richesses dans le puits de Zam-zam. Puis, il l’ensevelit pour interdire à ses ennemis l’accès à la source principale en eau de la ville.[12] Trois cents ans plus tard, naquit Qusaï ibn Kilâb qui grandit aux frontières du Shâm. Armée d’une forte personnalité, il allait changer le destin de La Mecque. De la descendance de ‘Adnân puis d’Ismâ’îl, il se maria dans un premier temps à la fille du gouverneur de la ville Sainte qui, comme nous l’avons vu, revint aux mains des Khuzâ’a. C’est ainsi qu’il commença à se faire un nom auprès de ses concitoyens. Il devint riche et monta très vite les échelons dans la société.

 

Un beau jour, la tribu de Khuzâ’a se retourna contre lui. Les historiens donnent plusieurs explications à cette rupture. Pour certains, Qusaï aurait voulu reprendre le règne de son ancêtre Ismâ’îl ; pour d’autres, son gendre lui aurait fait hériter de l’entretien du Temple et des Lieux saints ; d’autre enfin avancent qu’un des membres de Khuzâ’a lui aurait vendu la Ka’ba en échange d’une cruche de vin. Quoi qu’il en soit, furieux, les Khuzâ’a prirent les armes aux côtés des Banû Bakr. En face, Qusaï avait monté une armée de Quraïsh et obtint le soutien des Kinâna. De violents combats eurent lieu. Ils se soldèrent par la victoire de Qusaï. Après arbitrage, les antagonistes renoncèrent au prix du sang ; l’entretient du Temple revint aux descendants d’Ismâ’îl, les Quraïsh et l’administration de la ville aux Khuzâ’a. La renommée des Quraïsh, qui s’étaient emparés de la capitale économique et spirituelle des Arabes, prenait de l’ampleur à travers toute la péninsule.[13]

 

Or, à cette époque Zam-zam était toujours introuvable. Après la mort de Qusaï, ses enfants se partagèrent, non sans tension, l’administration des Lieux saints. Aux Banû ‘Abd Manâf revenait l’approvisionnement des pèlerins en eau (siqâya). Shaïba el Hamd ibn Hâshim ibn ‘Abd Manâf ibn Qusaï fut éduqué par son oncle el Muttalib. C'est pourquoi on lui donna le surnom d’Abd el Muttalib (le serviteur d’el Muttalib). Quand Abd el Muttalib, qui deviendra le grand-père de l’Envoyé (r), hérita de son oncle la fonction de siqâya, il ne savait pas qu’un grand destin l’attendait.

Cet évènement n’a pas échappé à l’historiographe ibn Ishâq qui l’a répertorié en intégralité. Il nous raconte qu’un jour, le grand-père de l’Ami d’Allah (r) entra dans le Hijr de la Ka’ba pour y faire un somme. Il vit en songe qu’on lui demandait de déterrer Taïba, mais il ne savait pas à quoi ce nom correspondait. Le lendemain, le même rêve se renouvela, mais cette fois il s’agissait de Barra. Il vécut la même chose les deux jours suivants, et à chaque fois l’endroit qu’il fallait déterrer changeait de nom ; il s’agissait pour la troisième nuit de Madhnûna, et pour la quatrième de… Zam-zam.[14]

 

Ce nom étrange demeurait pour lui une énigme que sa vision nocturne, désormais coutumière, allait résoudre. La nuit suivante, il vit le lieu où il fallait creuser. Le lendemain, il se rendit à l’endroit en question accompagné d’el Hârith, qui était alors son seul fils. Il se mit à creuser et dès qu’il découvrit le puits, il proclama la grandeur d’Allah. Les Quraïshites comprirent alors qu’il avait atteint son but. Ils vinrent à sa rencontre et lui rappelèrent que ce puits appartenait à leur ancêtre Ismâ’îl, et qu’ils avaient dessus autant de droits que celui qui l’avait retrouvé. Il y avait déniché notamment deux gazelles en or qui appartenaient à la tribu de Jurhum. Ils y avaient caché également leurs sabres et leurs armures…[15] Avant d’entamer les recherches, Hishâm avait fait le vœu à Dieu que s’il menait sa mission à bien et qu’il engendrait dix enfants mâles, d’en égorger un par reconnaissance envers Ses bienfaits immenses.

 

Après l’histoire du puits, ibn Hâshim avait gagné l’estime de ses concitoyens et le rang des Banû ‘Abd Manâf grandissait jour après jour. Il engendra dix enfants mâles et devait désormais remplir son vœu. Il tira au sort pour désigner lequel de ses fils devait mourir. À chaque fois, le sort désignait celui qui était le plus cher à ses yeux ; celui-là même qui, plus tard, mettra au monde le sceau des Prophètes : c’était ‘Abd Allah ! Les oncles de l’enfant et les notables de Quraïsh cherchèrent à l’en dissuader. Il décida alors de tirer au sort pour choisir lesquels entre ‘Abd Allah ou cent chameaux devait-il sacrifier. Le décret d’Allah porta sur les bêtes,[16] ‘Abd Allah fut sauvé, car l’humanité attendait l’avènement prochain de son fils, ce qui en soit est un signe précurseur à sa prophétie. La prière de ses ancêtres Ibrahim et Ismâ’il devait ainsi être exaucée : [Seigneur ! Envoie-leur un messager issu des leurs afin qu’il leur récite Tes Versets, qu’il leur enseigne le Livre et la sagesse et qu’il les purifie ; Tu es certes le Puissant et le Sage].[17]

 

Les noms de La Mecque

 

Voir : Fadhâil Makka du D. Mohammed Ghabbân (1/23-28).

 

Les savants se sont penchés très tôt sur les noms de la Mecque ; certains d’entre eux, surtout parmi les modernes, se sont étendus sur le sujet. Celle-ci est digne d’intérêt d’autant plus qu’un nombre important de qualificatifs pour désigner une seule et même chose exprime l’importance et la considération qu’elle concède dans le cœur des gens. E-Nawawî signale à cet effet : « Sache que la multitude de noms pour désigner une chose témoigne de son importance à l’exemple des Noms d’Allah (I) et de ceux de Son Messager (r). À notre connaissance, aucune ville ne possède plus de noms que la Mecque et Médine, étant donné qu’elles représentent les meilleurs endroits sur terre. »[18]

 

E-Zarkashî souligne également : « Celle-ci – la Mecque – a de nombreux noms. La sagesse qui se cache derrière ce constat, c’est que la multitude de noms pour désigner une chose témoigne de son importance. »[19] Le poète a dit pour sa part :

 

Nombre de noms traduit son importance

Allah la fait aimer d’eux pour la Ka’ba

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

[1] Rapporté par el Bukhârî (n° 5913) et Muslim (n° 166).

[2] Cette version revient à el Bukhârî.

[3] Rapporté par Muslim (n° 1252).

[4] Voir Fath el Bârî (6/400-401).

[5] Ibrahim ; 37

[6] Voir Fath el Bârî (6/402).

[7] Rapporté par el Bukhârî (3364).

[8] Qahtân est mentionné dans l’Ancien Testament sous le nom de Yoqtân (voir : la Génèse ; 10.26).

[9] Voir : Fadhâil mâ Zam-zam (p. 24).

[10] Voir : Fadhâil Makka du D. Mohammed Ghabbân (1/23-28).

[11] Voir : Fadhâil mâ Zam-zam (p. 28).

[12] Voir : Târîkh el Ka’ba du D. Husnî el Kharbûtlî.

[13] Voir : Sîra ibn Hishâm (1/247-249).

[14] Voir : Akhbâr Makka d’el Azraqî (2/44-46), Dalâil e-Nubuwwa d’el Baïhaqî (1/93), Sîra ibn Hishâm (1/89-90), el bidâya wa e-nihâya d’ibn Kathîr (2/227).

[15] Cette version est rapportée dans Akhbâr Makka d’el Azraqî.

[16] Idem. (2/42-43).

[17] La vache ; 129

[18] Tahdhîb el asmâ wa el lughât (3/157).

[19] I’lâm el masâjid (p. 78).

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 13:07

 

La Mecque, la terre de la nouvelle alliance

(Partie 1)

Aggée 2.7 « J'ébranlerai toutes les nations ; Les trésors de toutes les nations viendront, Et je remplirai de gloire cette maison, Dit l'Éternel des armées. . »

2.8 « L'argent est à moi, et l'or est à moi, Dit l'Éternel des armées.»

2.9 « La gloire de cette dernière maison sera plus grande que celle de la première ; Dit l'Éternel des armées ; Et c'est dans ce lieu que je donnerai la paix, Dit l'Éternel des armées. . »

 

La fin d’une alliance

 

Voir : http://www.enseignemoi.com/bible/jeremie-31.html

 

Les Prophètes : Osée 9 : Osée, qui compte parmi les douze [petits] prophètes, annonce, au sujet de la nation de Mohammed, le Messager d’Allah (r) : « Ephraïm se complait du mensonge et de l’imposture ; les fils d’Israël et Juda multiplient mensonges et trahisons jusqu’à ce que Dieu fasse venir la nation Sainte et croyante. »[1]

 

«  La période vécue par les esséniens (de 160 avant notre ère jusqu’à la naissance du Christ) peut donc être qualifiée d’intermédiaire.  » Une Alliance disparaît  : «  Nos signes ont cessé, il n’est plus de prophètes, et nul parmi nous ne sait jusqu’à quand.  » (Ps 74, 9)

 

À la veille de ce qu'on appelle aujourd'hui le début de l'ère chrétienne, les Fils d'Israël se trouvaient à une étape particulière de leur histoire. Pour reprendre l'expression de Max Dimont, ils étaient "pris entre le cerveau de la Grèce et l'épée de Rome" ("caught between the mind of Greece and the sword of Rome")[2]

 

Selon la New Catholic Encyclopedia, on pourrait croire que plusieurs juifs, attendant la venue imminente d’un messie en Arabie, auraient démontré un intérêt particulier en lui (i.e., Mohammed).[3]

 

L’islam peut donc affirmer par Abraham, nous dit Hans Küng, qu’elle est la religion la plus ancienne et la plus authentique, enseignée par tous les prophètes (la même chose leur a tous été révélée) et finalement proclamée d’une façon nouvelle et définitive par le Prophète Mohammed, le < sceau > qui sanctionne le message de ses prédécesseurs ; cette religion qu’il a reçu par le biais l’ange envoyé par le seul vrai Dieu, est dénuée des erreurs et des déformations perpétrées par les juifs et les chrétiens. En ce qui concerne le Coran, il est clair que les musulmans tiennent la position la plus proche d’Abraham ; dans la descendance d’Abraham, ils ne sont pas seulement les seuls adorateurs de Dieu, mais ils sont aussi Ses seuls vrais adorateurs.[4]

 

Un peu d’histoire :

 

Allah révèle : (Seigneur ! J’ai installé une partie de ma postérité dans une vallée aride, auprès de Ta Maison Sacrée, Seigneur, afin qu’ils observent la prière. Dirige vers eux le cœur de certains hommes et accorde-leur de bons fruits ; ainsi seront-ils reconnaissants).[5] (Et quand Nous fîmes de la Maison Sacrée un asile pour les hommes et une terre paisible. Prenez la station d’Ibrahim comme lieu de prière. Nous avons pris à Ibrahim et à Ismâ’îl le serment de purifier Ma Maison pour ceux qui voudraient en faire le tour, s’y recueillir, s’y incliner, et s’y prosterner • Et quand Ibrahim a dit : Seigneur ! Rends cette terre paisible et accorde de bons fruits à ses habitants ; ceux parmi eux qui ont cru en Allah et au Jour dernier. Le Seigneur répondit : le mécréant certes, Je le laisserais profiter un peu avant de le précipiter dans les tourments de l’Enfer ; quelle bien vilaine destinée !)[6]

 

Le Maitre des cieux et de la terre nous informe qu’Ibrahim L’implora de rendre La Mecque une terre paisible. Il évoque dans plusieurs endroits du Coran qu’Il exauça son souhait. Son fidèle serviteur y construisit la Maison sacrée : (Quand Ibrahim et Ismâ’îl élevèrent les fondations de la Maison Sacrée, Seigneur ! Acceptes notre œuvre, tu es certes l’Entendant et le Savant • Seigneur ! Fais que nous soyons soumis à Toi, ainsi qu’une partie de notre postérité, fais-nous voir nos rites, et pardonne-nous ; Tu es certes Absoluteur et Miséricordieux • Seigneur ! Envoie-leur un Messager issu des leurs afin qu’il leur récite Tes Versets, qu’il leur enseigne le Livre et la Sagesse, et qu’il les élève ; Tu es certes le Fort et le Sage)[7] ; (La première Maison fondée pour les hommes est celle qui se trouve à Bekka ; bénite et direction pour l’univers • Celle-ci renferme des signes évidents et la Station d’Ibrahim. Quiconque y entre est en paix. Les hommes doivent envers Allah faire le pèlerinage à la Maison sacrée dans la limite de leurs moyens ; et pour celui qui Le renie, qu’il sache qu’Allah se passe aisément de l’Humanité)[8] ; (Pour l’alliance des Qoraïchites • l’alliance de leur itinéraire d’hiver et d’été • qu’ils adorent le Dieu de cette Maison • Celui qui a apaisé leur faim et qui a apaisé leur peur)[9] ; (Ils dirent : si nous devions suivre la bonne voie avec toi, nous serions arrachés à nos terres, mais ne les avons-Nous pas établis sur une terre sacrée et paisible où s’amoncèlent tous les fruits, par un effet de Notre grâce ? Sauf que la plupart ne savent point)[10] ; (Ne voient-ils pas que Nous avons rendu ce pays sacré et paisible ; autour les gens s’acharnent les uns contre les autres. Croient-ils au faux alors qu’ils renient les bienfaits d’Allah).[11]

 

(Par le figuier et l’olivier • Par le mont Sinaï • Par ce pays paisible)[12]

 

Voici un texte apocryphe très peu connu, un pseudépigraphe d’une extrême importance, car préislamique ; les propos restent dans l’optique de la Bible, à de cela près qu’il y est clairement question de la construction d’un Temple par Abraham et son fils Ismaël au bénéfice de sa semence :

The Writings of Abraham from the papyri found in Egypt 1831

http://earth-history.com/Pseudepigrapha ... aham-1.htm

THE WRITINGS OF ABRAHAM

Another Neo-Apocryphal work attributed to Abraham and supposedly translated by John Bryant. This text appears to share ideas with Missaticum Biblia, especially the Book of Joseph section. Again, there is no manuscript evidence to support this "translation". However, this is a lengthy and interesting piece of work. Below are the PDF files.

À ce titre, nous avons :

CHAPTER 127

THEREFORE, I arose early in the morning and took Hagar and my son Ishmael into the deserts

of Arabia where dwelt a people who were friendly to me.

2. And there I built with Ishmael a temple unto the Lord our God that his seed might always be

kept in remembrance of the Lord.

3. And Hagar and Ishmael dwelt among the people of the desert and were content, and Ishmael

was a mighty hunter with the bow among them.

4. And every year at a certain time I went and dwelt with my wife, Hagar, and with my son,

Ishmael.

5. And when Ishmael was twenty years of age, his mother asked my consent to take him to the

house of her father in Egypt, for she longed to see her family again.

6. Wherefore, I gave them my blessing and they departed into the land of Egypt where they

remained one year.

7. And while they were in Egypt, Ishmael took to wife Meribah, daughter of Phanes, son of

Pharaoh, king of Egypt.

8. And after he had taken Meribah to wife, they remained in the land of Egypt yet ten years and

Meribah bare unto Ishmael four sons and two daughters.

9. After this time, Ishmael took his mother and his wife and his children and returned to the

deserts of Arabia.

10. And the Lord blessed Ishmael for my sake and increased him in flocks and in herds and in

good things.

Traduction rapproché :

"2 Et là, j'ai construit avec Ismaël un temple au Seigneur notre Dieu que sa semence pourrait toujours

garder en souvenir du Seigneur.

3 Et Agar et Ismaël ont habité au sein des habitants du désert et vécurent heureux ; Ismaël

était un puissant chasseur à l'arc au milieu d’eux... "

Voir : http://rejectedscriptures.weebly.com/up ... _three.pdf

http://www.forum-religion.org/islamo-chretien/la-mecque-existait-elle-avant-l-islam-t17983-30.html

Les manuscrits dans la mer morte parlent d’une façon directe de la sainte KAABA dans l’un des ces manuscrits intitulé : Livre d’Adam et Êve où nous lisons :

Verste 29 : 5 – 7 « Adam informe son fils Sheth que Dieu indiquera aux personnes fideles où construire sa maison (MAISON DE DIEU).

Le Docteur Charles qui a traduit le livre en anglais a écrit : « L’endroit où Adam avait l’habitude de faire sa prière est le même lieu où les musulmans ont appris à vénérer la KAABA. »

 

L’épisode d’Hajar

 

Ibn Qutaïba et d’autres savants musulmans mentionnent qu’Ismâ’îl a été élevé dans le désert de Farân, ce qui est conforme aux enseignements de la Thora où il est dit : « Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Hagar. Il mit l’enfant sur son épaule et la renvoya. Elle s’en alla errer dans le désert de Béer-Shéva. Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle jeta l’enfant sous l’un des arbustes. Puis elle alla s’asseoir à l’écart à la distance d’une portée d’arc. Elle disait en effet : « Que je n’assiste pas à la mort de l’enfant ! » Assise à l’écart, elle éleva la voix et pleura. Dieu entendit la voix du garçon et, du ciel, l’ange de Dieu appela Hagar. Il lui dit : « Qu’as-tu Hagar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix du garçon, là où il est. Lève-toi ! Relève l’enfant et tiens-le par la main, car de lui je ferai une grande nation. » Dieu lui ouvrit les yeux et elle aperçut un puits avec de l’eau. Elle alla remplir l’outre et elle fit boire le garçon. Dieu fut avec le garçon qui grandit [et habita au désert. C’était un tireur d’arc] ; il habita dans le désert de Parân… »[13]

 

Le Seigneur nous apprend dans la Thora qu’Ismaël a grandi et a vécu dans le désert de Parân, après avoir failli mourir de soif. Le Très-Haut l’a sauvé grâce à l’eau d’un puits. Il est communément répandu qu’Ismaël a grandi à La Mecque et qu’ils ont construit, son père et lui, la Maison Sacré. Il est donc évident que Mekka et Parân sont une seule et même terre. La Thora relate ainsi la bonne nouvelle concédée à Hagar et à son fils. Un autre passage le corrobore : « (Pour Ismail je t’exauce,) je le bénis, je le rends fécond, prolifique à l’extrême [et quand Hagar ouvrit les yeux, elle vit un puits et se rapprocha, etc.] »[14]

 

Il nous apprend ailleurs au sujet d’Ismaël : « Sa main contre tous, la main de tous contre lui. »[15]

 

Aux yeux d’Ibn Taymiyya, le nom Parân désigne non seulement le désert de la péninsule du Sinaï, mais tout le désert qui recouvre une partie de la péninsule du Sinaï, le pays de Madian et le littoral occidental de la péninsule arabique (Al-Jawâb us-sahîh 3/242).

Il est donc tout aussi vrai de dire qu'Ismaël habita le désert qui recouvre le sud du Sinaï que de dire qu'il habita le désert où se situe la vallée de Bakka : le nom "Parân" désignant le tout.

Selon des commentateurs chrétiens, il s'agit donc du "désert de la péninsule du Sinaï, au sud de Qadesh" (TOB).

http://www.maison-islam.com/articles/?p=482
Notons également que d'une part le texte biblique aussi affirme que les fils d'Ismaël s'établirent en Arabie : "les Ismaélites demeurèrent de Hawila à Shour, aux confins de l'Egypte, jusqu'à Ashour" (Genèse 25/18).

Hawila : "selon 10/2, il s'agirait d'une région d'Arabie" (TOB, p. 24, note de bas de page) ;
Shour se trouve aux confins de l'Egypte, comme le dit ce passage et comme le montre Exode 15/22 ; pour la TOB, Ashour est une : "région non identifiée, mentionnée également en Nombres 24/22" (TOB, p.47).

On note de même que Téma est une cité d'Arabie bien connue, alors que c'est aussi le nom d'un fils d'Ismaël (Genèse 25/15) : tout porte à penser que la cité a été nommée d'après le nom de ceux qui s'y sont installés, autrement dit des fils d'Ismaël.
Or, et d'autre part, il est peu probable qu’Ismaël n'ait pas dépassé la péninsule du Sinaï, mais que ses fils soient, eux, allés prendre souche dans la péninsule arabique ; en revanche, si on retient l'avis selon lequel Ismaël s'était installé à la Mecque, il devient plus facile de comprendre que ses fils aient essaimé dans les trois directions : vers le nord jusqu'à Téma et aux confins d'Egypte, vers l'est, et vers le sud (à l'ouest se trouvant la Mer rouge).
Un autre indice allant dans ce sens est qu'un autre passage du texte biblique affirme : "Le Seigneur est venu du Sinaï, pour eux il s'est levé à l'horizon, du côté de Séïr, il a resplendi depuis le mont de Parân" (Deutéronome 33/2). Cette prophétie semble désigner des révélations de Dieu ; or, si on considère l'avis selon lequel le désert de Parân ne désigne que le désert de la péninsule du Sinaï, on peut se demander quelle révélation reconnue par les judéo-chrétiens a eu lieu dans cette partie du désert ; et, si on considère l'avis selon lequel il s'agit du désert qui va jusqu'à la péninsule arabique, les choses deviennent plus claires : à la Mecque a eu lieu la révélation d'une grande partie du Coran à Muhammad, descendant d'Ismaël. Dans le commentaire de la TOB sur ce verset, on lit : "mont de Parân : localisation incertaine ; on peut le mettre en rapport avec le désert de Parân (voir Gn 21/21 et la note) Ha 3.3" (TOB p. 256).

En outre, aucun israélite, y compris Jésus, n’a eu un quelconque rapport avec Parân (ou se trouve le mont Hira). En effet, Hajar avec son fils « Ismail » se sont promenés dans les labyrinthes du « puits d’Al Sab’ » et ce sont eux qui ont par la suite habité le désert de Parân (le Hijaz).

Et sa mère lui fit épouser une femme du pays d’Egypte. De son premier fils, Qédar (Adnan) sont issus les petits-fils arabes qui ont habité depuis cette période le désert de Parân et l’ont adopté comme patrie. Mohammad, comme cela est connu de tous, est issu de la lignée d’Ismail et de son fils Qédar (Adnan)…

http://kalam.over-blog.net/article-7197150.html

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

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[1] Osée : 9.7-9 La version actuelle dit : « Ephraïm m’entoure de mensonge et la maison d’Israël d’imposture. Mais Juda marche encore avec Dieu et reste fidèle au Très-Saint. » Il faut savoir que cette annonce ne peut pas concerner les chrétiens étant donné qu’ils sont, au même titre que les juifs, les fils d’Israël. En dehors de l’Islam, aucune nation n’est venue après la leur. (Voir : el ajwiba el fâkhira d’el Qarrâfî (p. 177, 178). 

[2] Jews, God and History, New American Library, p. 90).

[3] New Catholic Encyclopedia. Vol 7, p. 677.

[4] Hans Küng. 2007. Islam, Past, Present and Future. One World Publications, p. 51.

[5] Ibrahim ; 37

[6] La vache ; 125-126

[7] La vache ; 127-129

[8] La famille de ‘Imran ; 96-97

[9] Les Qoraïchites

[10] Les récits ; 57

[11] L’araignée ; 67

[12] Les Figuiers ; 1-3

[13] La Genèse ; 21.14-21

[14] La Genèse ; 17.20 la partie entre crochets ne figure pas dans notre version contemporaine. (N. du T.)

[15] La Genèse ; 16.12 l’auteur se réfère à des versions vraisemblablement différentes de la traduction œcuménique contemporaine, ce qui jette d’autant plus le discrédit sur la Bible compte tenu des multiples évolutions qu’elle a connu à travers les siècles, sans parler des différences de traductions. Ses termes en effet sont les suivants : « Il mettra sa main au dessus de celle des autres. » le sens est ainsi radicalement différent ! (N. du T.)

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 10:51

 

La Bible, le puits, le vivier qui dessert… la Mecque

(Partie 4)

Ésaïe prophétise au sujet de la Mecque : « Mets-toi debout et deviens lumière, car elle arrive, ta lumière : la gloire du SEIGNEUR sur toi s’est levée. Voici qu’en effet les ténèbres couvrent la terre et un brouillard les cités, mais sur toi le SEIGNEUR va se lever et sa gloire, sur toi, est en vue. Les nations vont marcher vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever. Porte tes regards sur les alentours et vois : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils et tes filles seront élevés sur des trônes et des coussins. »[1]

Cette prophétie concerne particulièrement la Mecque vers laquelle se dirigeront les hommes et où la foi en Dieu se manifestera ; ses habitants règneront et la lumière du savoir qui sera hérité par ses fils y dissipera les ténèbres du paganisme. Pour ceux qui n’en seraient pas convaincus qu’ils nous désignent un temple et une société sur toute la surface de la terre qui répondent à ce signalement !

 

Ésaïe encense la Mecque vers laquelle les cœurs se tourneront : « Oui, les îles tendent vers moi, vaisseaux de Tarsis en tête, pour ramener tes fils du lointain et avec eux leur argent et leur or, en hommage au nom du SEIGNEUR, ton Dieu, en hommage au Saint d’Israël, car il t’a donné sa splendeur. Les fils de l’étranger [re]bâtiront tes murailles et leurs rois contribueront à tes offices… Tes portes, on les tiendra constamment ouvertes, de jour, de nuit, jamais elles ne seront fermées, pour qu’on introduise chez toi la troupe des nations, et leurs rois, mis en colonne ! – Nation et royaume qui ne te serviront pas périront, les nations seront totalement dévastées. – La gloire du Liban viendra chez toi, le cyprès, l’orme, et le buis ensemble, pour encenser (parfumer, selon la version actuelle : pour rendre splendide ndt.) le socle de mon sanctuaire ; oui, le socle de mes pieds, je le rendrai glorieux, ils iront vers toi en se courbant, les fils de ceux qui t’humiliaient, ils se prosterneront à tes pieds… Je ferai de toi la fierté des siècles, l’enthousiasme des générations et des générations. Tu suceras le lait des nations, tu dévoreras la richesse des rois, et tu sauras que ton Sauveur, c’est moi le SEIGNEUR, moi qui gardera tes lampes illuminées à jamais. »[2]

Ésaïe évoque ainsi explicitement la Mecque. L’adversaire est-il capable de nous trouver un temple sur terre qui réponde à cette description, qu’Allah a autant honoré et qui attise autant les cœurs ?

 

Ésaïe prophétise au sujet de la Ka’ba et de la Pierre Noire : « Ainsi parle le SEIGNEUR : Voici que j’élèverai ma main vers les nations, que je dresserai mon étendard vers les peuples : ils ramèneront tes fils sur leurs bras et tes filles seront hissées sur leurs épaules. Des rois seront tes tuteurs, et leurs princesses, tes nourrices. Visage contre terre ils se prosterneront devant toi, ils lècheront la poussière de tes pieds. Tu sauras alors que je suis le SEIGNEUR ; ceux qui espèrent en moi n’auront point de honte. »[3] Les nourrices correspond ici aux sages-femmes, aux femmes d’atours, et aux mères nourrices. Ainsi, les rois et les reines vont servir la Sainte Mosquée ; ils vont la couvrir et l’orner d’or, d’argent, et de brocart. Ils vont l‘enduire de musc, la laver avec de l’eau de rose, et la parfumer avec de luxueux parfums. Ils deviendront ses humbles serviteurs et seront au service de ses habitants et des fidèles qui tourneront autour d’elle ; ils embrasseront sa Pierre, ils auront les pieds nus, la tête dénudée et seront remplis d’humilité. Y a-t-il plus éloquent pour celui dont Allah a illuminé le cœur, à qui Il veut du bien et qu’Il a préservé des passions ?

 

« Le SEIGNEUR a dit : Et moi le SEIGNEUR ton Dieu, moi, je t’ai élevé dans le désert dans un pays aride, ravagé et inhabité, dans un pays sans compagnie. »[4]

Seuls Mohammed (r) et son ancêtre Ismaël (r) répondent à ce signalement.

 

Le prophète Michée prophétise au sujet de la Maison d’Allah, la Sainte Mosquée de la Mecque, vers laquelle se rendront les pèlerins de tous les horizons : « Il arrivera à la fin des temps (dans l’avenir dans la version actuelle ndt.) que [la montagne de] la Maison du SEIGNEUR sera établie au sommet des montagnes et elles dominera les collines. Toutes les nations diront : « Venez, montons à la montagne du SEIGNEUR. » »[5]

 

La Maison en question c’est la Ka’ba et la montagne c’est ‘Arafa bien que les « gens du Livre » en disent autrement. Il s’agirait selon eux de Jérusalem. Mais que disent-ils de : « Il arrivera à la fin des temps » ? Jérusalem existait déjà à l’époque de Michée, l’auteur de cette prophétie, et les juifs l’encensaient déjà. Une prophétie parle d’évènements à venir et non d’évènements présents !

 

Le prophète Sophonie (r) prophétise au sujet de « la parole de l’unicité » qui correspond à l’attestation qu’il n’y a d’autre dieu en dehors d’Allah : « Ô vous les hommes ! Attendez le jour où je me lèverai pour témoigner. Voici le temps où ma sentence sera de rassembler les nations de la terre entière. Alors, je leur renouvellerai la langue favorite pour qu’ils annoncent tous le nom du SEIGNEUR, pour qu’ils l’adorent dans un même effort. Des rivages des fleuves de Nubie, ils apporteront à cette époque des offrandes. »[6]

 

La langue favorite (ou choisie) correspond à la langue arabe. Elle s’est répandue sur la terre entière et fut utilisée par les autres peuples qui renoncèrent à leur langue d’origine qui étaient bien moins pratiques. Les rivages des fleuves de Nubie concernent les environs du Yémen et du Hijâz. De ces rivages seront apportés les troupeaux et les offrandes destinées au Temple Sacré de la Mecque. Prétendre que ces troupeaux et ses offrandes soient destinés aux terres du Shâm et à Jérusalem, c’est vouloir l’impossible !

 

Jean l’Apôtre relate la conversation qui a eu lieu entre Jésus et une femme de la tribu de Jacob (samaritaine selon la version actuelle ndt.), lorsque celle-ci s’écria : « « Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu’à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer. » Jésus lui dit : « Crois-moi femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. »[7]

 

Ces paroles du Masîh font allusion à la Ka’ba étant donné qu’avec l’avènement de Mohammed, toute autre direction qibla (direction) que la sienne est abrogée. Il n’est plus toléré de se prosterner en direction ni de Jérusalem ni d’aucun autre endroit. La Ka’ba est la seule qibla valable. Il annonçait ainsi le kingdom of heaven. Lui qui lança à la samaritaine « Crois-moi femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. »[8] Jésus s’exclama au milieu d’une assemblée : « Aussi, je vous le dis, beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux, tandis que les héritiers du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. »[9]

 

Selon Mathieu l’Apôtre, Jésus a déclaré : « N’ont-ils pas lu dans les Écritures : la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ; c’est là l’œuvre du Seigneur : quelle merveille à nos yeux. Aussi, je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera elle l’écrasera. »[10]

 

D’après Sahîh Muslim, selon Abû Huraïra, le Messager d’Allah (r) a dit : « Je suis par rapport aux  prophètes avant moi comme un homme ayant construit une belle maison qu’il a pris soin de bien finir, sauf qu’il manquait une brique à l’un des coins. Les passants étaient étonnés et se disaient : « Il manque une brique ici pour finir la construction. » Mohammed s’exclama alors : « Je suis cette fameuse brique ! » »[11]

Le destin a voulu[12] que le fils d’Abd Allah posa la dernière pierre de la Ka’ba qui fut l’objet de travaux à l’ère préislamique, annonçant ainsi symboliquement la clôture du cycle de la prophétie…

 

« Le sceptre ne s’écartera pas de Juda, ni le bâton d’entre ses pieds jusqu’à ce que vienne celui à qui il appartient et à qui les peuples doivent obéissance. »[13] « Ils m’ont donné pour rival ce qui n’est pas Dieu, ils m’ont offensé par leurs vaines idoles. Eh bien ! moi, je leur donnerai pour rival, ce qui n’est pas un peuple, par une nation folle je les offenserai. »[14]

 

Ésaïe confirme : « Je me suis laissé rechercher par ceux qui ne me consultaient pas, je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas, j’ai dit : « Me voici, me voici » à une nation qui n’invoquait pas mon nom. J’ai tendu mes mains, à longueur de jour, vers un peuple rebelle, vers ceux qui suivent le chemin qui n’est pas bon, qui sont à la remorque de leurs propres pensées. C’est un peuple qui me vexe, en face, sans arrêt : ils font des sacrifices dans des jardins, ils font fumer des aromates sur des briques, ils se tiennent dans des sépulcres (…) ; attention cela est mis par écrit en face de moi, si bien que je ne resterai pas inactif, jusqu’à ce que j’ai payé de retour, et payé de retour en plein cœur vos perversités et les perversités de vos pères. »[15]

 

Jérémie prophétise également que la nation mohammadienne aura la victoire sur les juifs, les chrétiens, et les autres nations : « Je vais amener contre vous, gens d’Israël, une nation lointaine [– oracle du SEIGNEUR –]  une nation inépuisable, une nation de vieille souche, une nation dont tu ignores la langue, dont tu ne comprends pas les propos. Ils sont tous expérimentés et puissants. »[16] Dans un autre passage, il est dit : « Je mettrai ma loi dans leur bouche et je l’inscrirai dans leur cœur. Je deviendrai Dieu pour eux, et eux, deviendront un peuple pour moi. Un homme n’aura plus besoin de s’instruire chez un autre de la religion et de la confession. On n’aura plus besoin de leur faire connaître Dieu, car ils me connaîtront tous, petits et grands [– oracle du SEIGNEUR]. Alors, je pardonnerai leurs péchés et je leur effacerai leurs fautes. »[17]

 

Daniel explique : « J’ai imploré Dieu et je lui ai supplié de me montrer ce que les fils d’Israël allaient devenir, est-ce qu’il va leur pardonner, leur rendre leur royaume, et leur envoyé encore des prophètes ou bien va-t-il déposé la prophétie chez un autre peuple ? Daniel a dit : l’ange m’est apparu sous la forme d’un jeune homme au beau visage. Celui-ci m’a dit : salut à toi Ô Daniel ! Dieu – le Très-Haut – a dit : les fils d’Israël ont déclenché ma colère et se sont rebellés contre moi. Ils ont adoré d’autres dieux en dehors de moi… »[18]

 

Ainsi, Jésus prévenait contre le jour fatidique, à travers des passages gardés en partie intacts : « Comme quelques-uns parlaient des belles pierres et des offrandes qui faisaient l'ornement du temple, Jésus dit : Les jours viendront où, de ce que vous voyez, il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée. Ils lui demandèrent : Maître, quand donc cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que ces choses vont arriver ? Jésus répondit : Prenez garde que vous ne soyez séduits. Car plusieurs viendront en mon nom, disant : C'est moi, et le temps approche. Ne les suivez pas. Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne soyez pas effrayés, car il faut que ces choses arrivent premièrement.

Mais ce ne sera pas encore la fin. Alors il leur dit : Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume ; il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines ; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel. Mais, avant tout cela, on mettra la main sur vous, et l'on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous mènera devant des rois et devant des gouverneurs, à cause de mon nom.

 

Cela vous arrivera pour que vous serviez de témoignage. Mettez-vous donc dans l'esprit de ne pas préméditer votre défense ; car je vous donnerai une bouche et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister ou contredire. Vous serez livrés même par vos parents, par vos frères, par vos proches et par vos amis, et ils feront mourir plusieurs d'entre vous. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom. Mais il ne se perdra pas un cheveu de votre tête ; par votre persévérance vous sauverez vos âmes.

 

Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche. Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui seront dans les champs n'entrent pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l'accomplissement de tout ce qui est écrit. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Car il y aura une grande détresse dans le pays, et de la colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplies. »[19]

 

« C'est pourquoi, lorsque vous verrez l'abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel,[20] établie en lieu saint, - que celui qui lit fasse attention ! - alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes ; que celui qui sera sur le toit ne descende pas pour prendre ce qui est dans sa maison ; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Priez pour que votre fuite n'arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat. Car alors, la détresse sera si grande qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais. Et, si ces jours n'étaient abrégés, personne ne serait sauvé ; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés. »[21]

 

La boucle était bouclée…

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

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[1]  Ésaïe ; 60.1-4  Dans la version actuelle, la dernière phrase est comme suit : « tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils vont arriver du lointain, et tes filles sont tenues solidement sur la hanche »

[2]  Ésaïe ; 60.9-16 L’auteur ne rapporte pas les passages où Jérusalem est citée et qui vraisemblablement ont été rajoutés.

[3] Ésaïe ; 49.22-23

[4] Osée ; 13.4-5 La version actuelle dit : « Et moi, le SEIGNEUR ton Dieu, depuis le pays d’Egypte, - et moi excepté, tu ne connais pas de Dieu, et de sauveur, il n’y en a point sauf moi -, moi, je t’ai connu au désert, dans un pays de fièvre. »

[5] Michée ; 4.1-2 La partie entre crochets ne figure pas dans la version actuelle qui dit notamment : « Des peuples y afflueront. Des nations nombreuses se mettront en marche et diront : « Venez… » »

[6] Sophonie ; 3.8-10 La version actuelle dit : « Eh bien ! Attendez-moi – oracle du SEIGNEUR. Attendez le jour où je me lèverai comme témoin à charge ! Ma sentence sera d’extirper les nations, d’entasser les royaumes, de déverser sur eux mon indignation, toute l’ardeur de ma colère, car la terre toute entière sera consumée au feu de ma jalousie. Alors je ferai que les peuples aient les lèvres pures pour qu’ils invoquent tous le nom du SEIGNEUR, pour qu’ils le servent dans un même effort. D’au-delà des fleuves de Nubie, ceux qui m’adorent – ceux que j’ai dispersés – m’apporteront une offrande. »

[7] Jean ; 4.19-21

[8] Jean ; 4.19-21

[9] Mathieu ; 8.11-12

[10] Mathieu ; 21.42-44

[11] Rapporté par Muslim (kitâb el fadhâil ; hadîth n° 21).

[12] C’est une simple formule rhétorique, car seul Dieu est à l’origine de toute chose !

[13] La Genèse ; 49.1-12

[14] Deutéronome ; 32.21 Une version de la Bible de 1844 parle d’un peuple ignorant, ce qui correspond tout à fait au peuple arabe illettré. Voir : Izhâr el Haq de Rahmatu Allah el Kaïrânawî, résumé par Mohammed Mulkâwî.

[15] Ésaïe ; 65.1-7

[16] Jérémie ; 16.15-16 La partie entre crochets ne figure pas dans la version actuelle qui dit notamment : « Leur carquois est un sépulcre géant ; ils sont tous des héros » à la place de : « Ils sont tous expérimentés et puissants. »

[17] Jérémie ; 51.20-24 La partie entre crochets ne figure pas dans la version actuelle qui dit : « Voici donc l’alliance que je conclurai avec la communauté d’Israël – oracle du SEIGNEUR : je déposerai mes directives au fond d’eux-mêmes, les inscrivants dans leur être ; je deviendrai Dieu pour eux, et eux, ils deviendront un peuple pour moi. Ils ne s’instruiront plus entre compagnons, entre frères, répétant : « Apprenez à connaître le SEIGNEUR», car ils me connaîtront tous, petits et grands – oracle du SEIGNEUR. Je pardonne leur crime ; leur faute, je n’en parle plus. »

[18] Voir : Daniel ; 9, 10, 11, 12 en sachant que la Bible actuelle propose une version différente.

[20] Daniel ; 9.20-27 C’est exactement dans la continuité de l’interprétation du rêve que le tyran Nabuchodonosor avait fait sur l’énorme statut aux pieds d’argile. Voir : L’histoire de la version actuelle dans : Daniel : 2.

[21] Mathieu : 24. 15-22 Les anciennes prophéties parlent également de la destruction du temple ; voir notamment : Michée 3.12 « C'est pourquoi, à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de pierres, Et la montagne du temple une sommité couverte de bois. C'est pourquoi, à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de pierres, Et la montagne du temple une sommité couverte de bois. » 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 12:10

 

Le prophète Ésaïe (u) a annoncé au sujet de la Mecque : « Lève tes regards autour de toi et tu seras rayonnante et heureuse car les richesses des mers te viendront et les ligues des nations te visiteront, jusqu’à t’inonder de lourds chameaux et te rétrécir le sol en raison des trésors qui te seront rassembler. Les béliers de Madiân te seront ramenés, les gens de Saba te viendront, et le bétail de Fâran te sera regroupé, et les gens de Maareb (Nebayoth) vont te servir. »[1] Il fait allusion aux gardiens du temple de la Mecque qui sont les enfants de Maabar, le fils d’Ismâ’îl. Toutes ces choses se sont réalisées à la Mecque. Il y est déposé les trésors des deux mers, les ligues des nations viennent y faire le pèlerinage, les moutons de Fâran[2] y sont amenés pour les offrandes et le rite du pèlerinage.

 

Le prophète Ésaïe a dit en parlant de la Mecque : « Toi qui te morfond dans la désolation et qui ne jouit d’aucun égard, voici que moi je mettrai un cerne de fard autour de tes pierres, je te fonderai sur des saphirs, je ferai tes créneaux en rubis, tes portes en pierres étincelantes et pour ton pourtour en pierre ornementales. Je répandrai la paix sur tes fils, je t’ornerai de la probité (ou justice ndt.) et de la piété. J’éloignerai de toi le malheur et la souffrance. Celui qui me voudra n’aura qu’à te prendre pour direction et lieu de séjour, car tu seras un asile et un refuge pour ceux qui vivront en ton sein. »[3]

 

Ce passage fait la description de la Mecque, de la Ka’ba la Maison Sacrée. Le Khalife Mahdî (m. en 169 h. ndt.) de la dynastie Abbasside et les rois de tous temps, entretenaient la construction du Temple Sacrée avec grand soin. Ils l’ornèrent d’or, de pierres précieuses, de teintures et de pierres d’azur (lapis). Les couronnes et les trésors des différents empires lui furent emmenés pour lui servir d’ornement. Les plafonds du Haram que j’ai pu voir illuminent les yeux de leurs éclats. Il faut vraiment avoir l’esprit étroit et l’haleine courte pour accoler cette prophétie d’Ésaïe à un autre lieu saint que la Ka’ba. Elle ne peut correspondre à Jérusalem au sujet de laquelle on n’a jamais pu dire à une époque quelconque, contrairement à la Mecque : « Toi qui te morfond dans la désolation et qui ne jouit d’aucun égard ».

 

« Pousse tes acclamations, toi, stérile, qui n’enfantais plus, explose en acclamation et vibre, toi qui ne mettais plus au monde ; car les voici en foule, les fils de la désolée, plus nombreux que les fils de l’épousée, dit le SEIGNEUR. Élargis  l’espace de la tente, les toiles de tes demeures qu’on les distende ! Ne ménage rien ! Allonge tes cordages et tes piquets, fais-les tenir, car à droite et à gauche tu vas déborder : ta descendance héritera des nations qui peupleront les villes désolées. »[4]

 

« Avance et vibre, toi stérile qui n’as pas enfanté, prononce la gloire et jubile, toi qui n’as pas porté d’enfant ; ta famille sera plus nombreuse que ma famille. »[5]

 

Il entend par famille les Lieux Saints de Jérusalem et par stérile la Mecque étant donné qu’elle n’a pas enfanté avant notre Prophète (r). Il ne convient pas de dire que la stérile serait les Lieux Saints de Jérusalem, le temple des prophètes et la source de la révélation : cette terre a toujours été fertile.

 

« Voici que sur mes paumes je t’ai gravée, et bientôt tes enfants viendront vite, celui qui veut te faire peur ou te trahir sera éloigné de toi ; lève donc ton regard autour de toi, ils te viendront et se rassembleront vers toi. Tu porteras mon nom, je suis le Vivant, tu seras vêtue de manteaux, et ornée d’une couronne. Tes endroits seront étroits tellement il y aura d’habitants et d’invocateurs. Ceux qui s’érigent contre toi devront te craindre, tes fils vont se multiplier tellement que tu vas t’écrier : qui donc m’en a offert autant alors que je suis seule ? Ils voient une stérile, mais qui me les a fait grandir et me les a pris à sa charge ? »[6]

Ésaïe décrit l’importance de la Ka’ba. Allah l’a recouvert d’un tapis de brocart luxueux, et a chargé son entretient aux Khalifes et aux rois. Mekka est la ville dont le Très-Haut a fait grandir le nombre d’enfants grâce aux pèlerins et à ses résidents. Louange à Allah qui nous a montré le chemin de la religion et qui a détruit l’argument des impies !

 

Ésaïe a prophétisé que le savoir s’épanouira au Hijâz (Médine et la Mecque ndt.) pour se répandre aux quatre coins de la terre, en disant : « Habitant de Téma, donnez de l’eau aux assoiffés et nourrissez-les avec votre pain. »[7]

 

L’eau est une métaphore pour exprimer le savoir. Le Messie affirme à cet effet dans l’Évangile : « Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie [éternelle]. »[8] L’eau prend le sens ici de savoir et de sagesse. Ésaïe annonce ainsi la future émergence du Livre d’Allah et de la sunna (Tradition) de Son Prophète. Il en est de même pour l’expression : « nourrissez-les avec votre pain. » ; elle est comparable aux paroles de Jésus disant : « C’est moi le pain de vie ; celui qui en mange n’aura pas faim. »[9] Ainsi, il faut prendre ce passage au sens figuré.

 

Ésaïe fait état des bienfaits dont le Tout-Puissant fera don aux habitants du Hijâz et du Yémen : « Les humiliés et les indigents qui cherchent de l’eau, mais vainement, et dont la langue sèche de soif, moi le SEIGNEUR, je leur répondrai, moi Dieu [au lieu de : le Dieu d’Israël ndt.], je ne les abandonnerai pas. Je ferais jaillir des fleuves sur les coteaux pelés et des sources au milieu des ravines, je transformerai le désert en étang et la terre aride en fontaine. [Je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte, et l’olivier ; j’introduirais dans la steppe le cyprès, l’orme et le buis ensemble], afin que les gens voient et sachent, qu’ils s’appliquent et saisissent ensemble que la main du SEIGNEUR a fait cela, que le Saint d’Israël l’a créé. »[10]

 

« Les bêtes sauvages me rendront gloire, les chacals et les bétails, car je procure en plein désert de l’eau, des fleuves dans la lande, pour abreuver mon peuple mon élu, peuple que j’ai formé pour moi et qui redira ma louange. »[11]

Ce passage confirme les paroles du Messager d’Allah (r) s’adressant à ‘Attâb ibn Usaïd qu’il investit émir à la tête de la Mecque : « ‘Attâb ! Sais-tu à la tête de quels gens t’ai-je investi ? Je t’ai investi à la tête de la famille d’Allah. » En l’ayant répété deux ou trois fois. [12] En outre, les arabes surnommaient les habitants du Hijâz et du désert « chacals », et ceux des plaines désertiques « bétails ». Ésaïe nous fait savoir qu’Allah (r) a élu ce peuple sur tous les autres peuples.

 

Ésaïe a dit : « C’est moi le Seigneur, il n’y d’autre dieu en dehors de moi ; je suis celui que rien n’échappe. J’annonce plutôt des choses aux créatures avant qu’elles n’aient lieu et je leur dévoile les événements et les mystères de l’inconnu. Ma volonté sera toute exécutée et j’appellerai bientôt un oiseau du désert éloigné et étendu. »[13]

 

Cet oiseau qui sera appelé du désert lointain et étendu n’est autre que Mohammed le Messager d’Allah (r).

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

[1] Ésaïe ; 60.4-7 dans la version actuelle, il est dit : « Porte tes regards sur les alentours et vois : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils vont arriver du lointain, et tes filles sont tenues solidement sur la hanche. Alors tu verras, tu seras rayonnante, ton cœur frémira et se dilatera, car vers toi sera retournée l’opulence des mers, la fortune des nations viendra jusqu’à toi. Un afflux de chameau te couvrira, de tout jeunes chameaux de Madiân et d’Eifa ; tous les gens de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens, et se feront les messagers des louanges du SEIGNEUR. Tout le petit bétail de Qédar sera rassemblé pour toi, les béliers de Nebayoth seront pour tes offices. »

[2] Fâran ou Parân est le large désert à l’intérieur duquel se trouve la Mecque. Sa terre s’est rétrécie en raison des flux de lourds chameaux qui portent les personnes et leurs charges, et les gens de Saba – qui sont les yéménite – y sont venus, comme le souligne ibn Taïmiya dans El Jawâb e-Sahîh.

[3] Voir Ésaïe ; 54.11-15 La version contemporaine est sensiblement différente. Elle dit en effet : « Humilié, ballottée, privée de réconfort, voici que moi je mettrai un cerne de fard autour de tes pierres… Tous tes fils seront disciples du SEIGNEUR, et grande sera la paix de tes fils. Dans la justice tu seras stabilisée, loin de toi l’extorsion : tu n’auras plus rien à craindre ; loin de toi la terreur : elle ne t’approchera plus. On complote, on monte un complot ? Cela ne vient pas de moi ! Qui complote contre toi, devant toi s’écroulera. »

[4] Voir : Ésaïe ; 54.1-7

[5] Ésaïe ; 54.1-7 dans la version actuelle, il est dit : « Pousse des acclamations, toi stérile, qui n’enfantait plus (dans une autre version : qui n’a pas enfanté), explose en acclamation et fibre, toi qui ne mettait plus au monde ; car les voici en foule, les fils de la désolée, plus nombreux que les fils de l’épousée dit le SEIGNEUR. »  

[6] Voir : Ésaïe dans tes termes proches ; 49.16-21

[7] Ésaïe ; 21.14-15 Selon la version œcuménique : « Allez à la rencontre de l’assoiffé, apportez de l’eau, habitants du pays de Téma ; allez au-devant du fugitif avec son pain, car ils s’enfuient devant les épées. »

[8] Jean ; 4.14

[9] Jean ; 6.35-48 Selon la version œcuménique : « … celui qui vient à moi n’aura pas faim. »

[10] Ésaïe ; 41.17-20 Nous avons repris les termes de la version actuelle en sachant que l’auteur ne fait pas mention des parties entre crochets.

[11] Ésaïe ; 43.20-21 Dans la version actuelle, « les bétails » est remplacé par « les autruches ».

[12] Rapporté par ibn ‘Adî dans Dhu’afa e-rijâl (7/245) avec une chaîne narrative dont l’un des éléments est jugé faible par les spécialistes. Il existe cependant un autre hadîth – qui lui est authentique – selon lequel le Prophète (r) a dit : « Les gens du Coran sont la famille d’Allah. » Rapporté par ibn Mâja ; voir : Sahîh ibn Mâja (1/42).

[13] Ésaïe ; 46.9-11 Voici le texte de la version actuelle : « Rappelez-vous les premiers événements, ceux d’autrefois : Oui, c’est moi qui suis Dieu, il n’y a en pas d’autre, Dieu et il n’y a que du néant en compagnie de moi. Dès le début j’annonce la suite, dès le passé, ce qui n’est pas encore exécuté. Je dis : « Mon dessein subsistera et tout ce qui me plaît, je l’exécuterai. » J’appelle du levant un oiseau de proie, d’une terre éloignée, l’homme du dessein que je revendique. » L’oiseau est ici une image pour désigner l’étendu de l’empire et de la religion de Mohammed (r). Voir : el ajwiba el fâkhira d’el Qarrâfî (p. 182, 183).

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 11:24

La Bible, le puits, le vivier qui dessert… la Mecque

(Partie 3)

La Mecque dans la Bible

« Moïse dit : « Le SEIGNEUR est venu du Sinaï, pour eux il s’est levé à l’horizon, du côté de Seïr, il a resplendi du côté de Parân [et à sa droite se tiennent les purs si nombreux (mot-à-mot : des groupes de gens ou les seigneurs]» »[1]

 

« Dieu fut avec le garçon qui grandit [et habita au désert. C’était un tireur d’arc] ; il habita dans le désert de Parân… »[2] Selon Paul le commentateur, les montagnes de Parân se rattachent (ou sont attenantes) aux terres d’Arabie.[3]

 

Un site anglais confirme : Sebeos, the Armenian Bishop and historian, describing the Arab conquest of his time, wrote that the Arabs "assembled and came out from Paran"

According to Wahb ibn Munabbih, there was a Tal Faran ("Hill of Faran") on the outskirts of Mecca, mentioned in his book Kitab al-Tijan, a Pre-Islamic Arabic folklore compilation.

In 1989, Professor Haseeb Shehada in his translation of the Samaritan Torah suggested an identification of the wilderness of Paran with the desert of Western Arabia which is known today as Hijaz.

The "Desert of Paran" is also interpreted as Hijaz in an old Arabic translation of the Samaritan Bible. When it was translated into English in 1851, it was found to include a footnote making this interpretation.

Le désert du Paran cité dans la Bible, dont le Dictionnaire Strong hebrew and greek dictionary dit que c'est l'Arabie.

http://www.dialogueislam-chretien.com/t822p40-ou-se-trouve-la-vallee-de-la-baca

Il est à noter que Théman/Teyman [tay-mawn' ] est le nom du Yémen employé par les Hébreux eux-mêmes :

Théman = Teyman [tay-mawn' ]

Définition de "Teyman"

Sud, tout ce qui est sur la droite (quartier du sud), vent du sud :

http://www.enseignemoi.com/bible/strong ... -8487.html

Théman : L’encyclopédie juive (jewishencyclopedia) parle d’un voyageur juif très connu disant : Carasso David Samuel est né à Salonique en Turquie ; à l’occasion de son voyage au Yémen en 1874, il a consacré sur les juifs de cette région une étude qu’il a publiée dans un ouvrage intitulé ‘’Zikroun Theman‘’, mon voyage au Yémen.

http://www.jewishencyclopedia.com/view. ... 1&letter=c

Un autre site juif sous l’adresse http://www.wikipedia.org/wiki/jew_in_Yemen, nous informe que : les juifs Yéménites sont appelés en hébreu les ‘’Themani ‘’, ceux-là même qui peuplent le Yémen actuel baptisé sous le nom hébraïque de ‘’Theman’’ ; cette communauté qui se situe au sud de la Péninsule arabique s’affilie aux juifs Mizrani.

Aussi un autre site juif sous l’adresse http://www.manfredlehmann.com/sieg282.html nous relate : quiconque a l’occasion de rencontrer les juifs du Yémen, sera impressionné par le raffinement, la modestie et la piété dont ils témoignent. Les racines des juifs du Yémen – Theman en hébreu – remontent au début de notre histoire. À coté de ce qui est mentionné dans le Torah hébraïque (Elifaz l’ami de Jacob venait de Theman, et nombreux sont les prophètes qui ont parlé de Theman), on disait que la reine de Saba’a a entendu parler de Salomon grâce aux juifs du Yémen qui se trouve à coté du royaume de Saba’a.

Enfin un autre site juif sous l’adresse http://iridis.com/Teimani, racontant l’histoire des juifs du Yémen : l’un des savants juifs les plus respectés au Yémen, Jacob Nathanael al Fayoumi, avait écrit une lettre y consultant le Rabin Moshe ben Maimoun, réputé sous le nom de Maimonide, ce dernier lui répondu par une épître intitulée Iggeret Themen (épître de Theman), un écrit qui eut un impact énorme sur les juifs du Yémen.

 

Dâwûd déclare dans les Psaumes : « Notre Seigneur est Grand et comblé de louange, dans la ville de notre Dieu, sa montagne sainte et Mohammed[4] remplit de joie la terre entière. »[5] David cite explicitement le nom de Mohammed et celui de sa terre natale qu’il a appelé la cité de Dieu ; il a informé que sa parole va remplir la terre entière.[6]

David déclare également : « Dieu manifesta à Sion une couronne comblée de louange. »[7] Le père de Salomon multiplie dans les Psaumes l’évocation de notre maître et Messager Mohammed (r) le loué ; il est Mahmoud et Ahmed. Il le qualifie de couronne pour dire qu’il est le prince (ou à la tête) des prophètes – que la paix soit sur eux – étant donné que la couronne se porte sur la tête.

 

Sion n’est pas un nom propre, mais a un sens précis ; bien qu’il soit sujet à divergence dans les rangs des gens du livre, certains d’entre eux prétendent que ce vocable est d’origine Arabe :

« Because Zion was originally not • Israeli, the name Zion comes to us probably from a language other than• Hebrew. TWOTOT mentions an Arabic root s-w-n (under 1910), to protect, defend, which may give Zion the meaning of fortress. Others (says TWOTOT) suggest derivation from a root saha, be bald. »

http://www.abarim-publications.com/Arie/Names/Zion.html

Sion signifie l’endroit saint où se rassemblent les croyants, et seule la Mecque accueille les croyants du monde entier, contrairement à Jérusalem où ne se rencontrent que les hébraïsants.

Selon le Dr. Laurence B. Brown Psaume 84 : 5-6 fournit une liaison remarquable entre l'Ancien Testament et le Coran : « Heureux les habitants de ta maison : Ils te louent sans cesse ! Heureux l'homme qui trouve chez toi sa force : de bon cœur il se met en route ; en passant par le val des Baumiers ("de Baca" dans la version anglaise) ils en font un oasis. »[8]

Psaume 84

(84.5) Heureux ceux qui habitent ta maison ! Ils peuvent te célébrer encore. Pause.

(84.6) Heureux ceux qui placent en toi leur appui ! Ils trouvent dans leur cœur des chemins tout tracés.

(84.7) Lorsqu'ils traversent la vallée de Baca, Ils la transforment en un lieu plein de sources, Et la pluie la couvre aussi de bénédictions.

(84.8) Leur force augmente pendant la marche, Et ils se présentent devant Dieu à Sion.

(84.9) Éternel, Dieu des armées, écoute ma prière ! Prête l'oreille, Dieu de Jacob ! Pause.

(84.10) Toi qui es notre bouclier, vois, ô Dieu ! Et regarde la face de ton oint !

(84.11) Mieux vaut un jour dans tes parvis que mille ailleurs ; Je préfère me tenir sur le seuil de la maison de mon Dieu, Plutôt que d'habiter sous les tentes de la méchanceté.

(84.12) Car l'Éternel Dieu est un soleil et un bouclier, L'Éternel donne la grâce et la gloire, Il ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l'intégrité.

(84.13) Éternel des armées ! Heureux l'homme qui se confie en toi !

Voir : http://www.le-carrefour-de-lislam.com/Voyages/Bakka.htm

Dans un autre passage des Psaumes, nous lisons : « Afin que se reposent les habitants du désert et des villages et que deviennent la terre de Qidhar (Qédar) des prairies, et que rendent gloire les grottes et qu’ils hèlent des sommets des montagnes les louanges du Seigneur et qu’ils répandent ses gloires dans les îles. »[9]

 

À qui d’autre appartiendrait le désert si ce n’est qu’au peuple de Mohammed ? Qui d’autre que le fils d’Ismâ’îl[10] serait Qidhar, l’ancêtre du Messager d’Allah (r) ? Qui d’autres que les arabes seraient les habitants des grottes et de ces montagnes ?

 

Dâwûd prophétise dans les Psaumes l’avènement de Mohammed (r) en ces termes : « Malheur à moi ! J’ai dû [émigrer à Mèshek,] rester parmi les tentes de Qédar. Je suis trop resté chez ceux qui détestent la paix. Je suis la paix mais si je parle ils sont pour la guerre. »[11]

 

Ce passage fait allusion à la personne du Messager d’Allah (r) qui habite les terres de Qédar. Sinon, il faudrait dire quand David a quitté Jérusalem pour se rendre à la Mecque dans le territoire de Qédar le fils d’Ismaël ?

 

Genèse 25.13

et voici les noms des fils d'Ismaël, par leurs noms, selon leurs générations : Le premier-né d'Ismaël, Nebaïoth ; et Kédar, et Adbeël, et Mibsam, et Mishma et Duma, et Massa, Hadar, et Téma, Jetur, Naphish et Kedma.

C’est ainsi qu’on retrouve Kédar le représentant du peuple descendant d’Ismaël.

« L'Arabie et tous les princes de Kédar trafiquaient avec toi, Et faisaient le commerce en agneaux, en béliers et en boucs » Ezéchiel chapitre 27 : Verset 21

Kédar : tribu nomade issue d'Ismaël (Genèse 25.13) qui habitait au sud-est du pays d'Edom non loin du golfe oriental de la mer Rouge ; cette tribu, souvent nommée comme l'une des principales de l'Arabie, désigne ici les Arabes septentrionaux en général (autrement dit, issus de la région nord-ouest de l’Arabie plus connue sous le nom du Hijaz).

Celle-ci vivait sous des tentes (Jr 49.29) faites de poil des chèvres noires de ces régions. Le mot Qédar vient d'une racine hébraïque signifiant « être noir ».

La Bible témoigne que Kédar habite en Arabie.

Inutile de dire que les « princes de Kédar » sont les chefs de Quraysh.

Les chercheurs conviennent que les Quraysh est la tribu Kédar mentionnée dans la Bible.

Dr. Hassan M. Baagil écrit :

Certaines églises chrétiennes ont fait d'énormes progrès en reconnaissant pour la première fois dans l'histoire que Muhammad [PBSL] est descendant d'Ismaël par son second fils Kédar.
Le Dictionnaire de la Bible Davis, 1980 (Davis Dictionary of the Bible), parrainé par le Conseil de l’Éducation Chrétienne de l'Église Presbytérienne aux Etats-Unis, mentionne sous le mot Kédar : « Une tribu descendante d'Ismaël (Genèse 25:13)... Le peuple de Kédar était ‘‘Pliny's Cedrai’’ et de leur tribu surgit finalement Muhammad.»

L'Encyclopédie Internationale Standard de la Bible (The International Standard Bible Encyclopedia) cite A. S. Fulton de la façon suivante : «...De toutes les tribus Ismaélites, Kédar est sans doute la plus importante et c'est pour cette raison que, par la suite, le nom a été utilisé pour décrire toutes les tribus sauvages du désert. C'est par Kédar (en Arabe : Keidar) que les généalogistes musulmans retracent la descendance de Muhammad à partir d'Ismaël. »

De même, le Dictionnaire de la Bible Smith (Smith's Bible Dictionary), ne voulant pas rester en retrait par rapport aux autres, écrit: « Kédar (noir). Second fils d'Ismaël (Genèse 25: 13)... Muhammad trace son ascendance jusqu'à Abraham à travers la célèbre tribu de Quraysh qui trouve son origine chez Kédar. Les Arabes dans le Hedjaz sont appelés Béni Harb (hommes de guerre) et étaient Ismaélites depuis leur début. Palgrave dit qu'aujourd'hui leur langue est aussi pure que dans le temps où le Coran fut écrit (610 après J.-C.) et qu'elle est restée invariable durant plus de 1200 ans ; une belle preuve de la permanence des Institutions Orientales. »

http://www.mosquee-lyon.org/forum3/index.php?topic=11260.0;wap2

Paran est la Mecque où Ishmael, le père des arabes, a grandi.

Abraham visita Beersheba, un lieu où habitèrent Hagar et Ismaël :

Abraham retourna ensuite à ses serviteurs, et ils partirent ensemble pour Beersheba. Et Abraham séjourna à Beer-Sheva. (Genèse 22:19).

Notons enfin que plusieurs chercheurs modernes contestent la topographie de la Bible qui correspondrait à la géographie de la Péninsule arabique : http://www.ledifice.net/3122-1.html

 

[1] Deutéronome ; 33.1-3 Les rédacteurs de la Bible ont supprimé dans La version moderne la partie entre crochets qui leur posait effectivement problème.

[2] La Genèse ; 21.20-21

[3] Ce passage semble inexistant dans la version actuelle. Il est simplement fait mention des terres d’Arabie dans l’Épître aux Galates ; 4.25 disant : « car le mont Sinaï est en Arabie. »

[4] NDT : מחמד : le loué en Hébreux. Certains spécialistes musulmans contestent que Mohammed soit explicitement évoqué dans l’Ancien Testament.

[5] Les Psaumes : 48.1-2 La version actuelle ne cite pas explicitement Mohammed, qui, rappelons-le, signifie le loué ou celui qui est comblé de louanges ; le verset dit : « Belle et altière, elle réjouit toute la terre. »

[6] Conformément aux paroles du Prophète (r) : « Allah m’a réuni les extrémités de la terre ; l’Orient et l’Occident. Ma nation va étendre son royaume jusqu’à ces extrémités. » Rapporté par Ahmed (5/278) et Muslim (4/2215).

[7] L’un des passages des Psaumes : 50.2-3 affirme : « De Sion beauté parfaite, Dieu resplendit, qu’il vienne notre Dieu et qu’il ne se taise point. »

[9] Nous avons un passage proche de celui-ci dans Ésaïe ; 42.11-12

[10] Voir : la Genèse ; 25.12-18

[11] Les Psaumes ; 120.5-6

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 20:43

La Bible, le puits, le vivier qui dessert… la Mecque

(Partie 2)

 

Ismâ’îl le père d’une grande nation

L’Ancien Testament déclare au sujet d’Ismâ’îl : « Je le rends fécond, prolifique à l’extrême »[1] Cette expression appuyée par une série d’adjectifs exprime l’abondance à outrance. À supposer que la Maison qu’il a construite soit désertée de tout pèlerin, et que sa postérité n’ait pas connu de prophète comme le soutiennent bon nombre de Juifs et de chrétiens, il ne serait pas possible que son futur peuple soit aussi nombreux et honoré. Au mieux, il laisserait derrière lui quelques héritiers ; une simple descendance ne peut rendre un homme aussi honoré, sauf si une partie d’entre elle serait croyante et obéissante au Tout-Puissant.

 

De la sorte, si l’expression « Je le rends fécond » s’adressait à une nation mécréante, celle-ci ne serait pas illustre ; on dirait plutôt que leur géniteur serait le père d’une nation infidèle. Nous comprenons ainsi que cette grande nation en question est composée de croyants qui se rendent au pèlerinage à la Maison Sacrée. Par conséquent, ce fameux rite est aimé et ordonné par Dieu. Si l’on sait qu’il y a uniquement des croyants parmi les gens du Livre, nous pouvons nous rendre compte qu’ils ont consacré des œuvres aimées et agrées de Dieu. Leurs ancêtres et eux-mêmes qui perpétuent le pèlerinage à la Maison sacrée seraient donc une communauté que le Créateur des cieux et de la terre a particulièrement honorée et consacrée des éloges.

 

Allah a énormément honoré Ismâ’îl (ou l’a rendu énormément prolifique) en offrant à sa postérité foi et prophétie. C’est le même privilège qu’Il a concédé à Noé et à Abraham en à travers Ses dires : (Nous avons envoyé Nûh et Ibrâhîm et avons mis dans leur postérité la prophétie et le Livre).[2] Le Seigneur a dit également en parlant de l’Ami d’Allah Ibrahim : (Nous avons mis dans sa postérité la prophétie et le Livre).[3] Il devient facile de savoir ainsi qu’il existe dans la postérité d’Ismâ’îl certains hommes ayant reçus les honneurs et les éloges d’Allah tout comme Ismâ’îl est lui-même beaucoup, beaucoup honoré à l’instar de ses deux prédécesseurs Noé et son propre géniteur. Ces honneurs dont jouissent Ismaël et sa descendance se vérifient dans la mesure où ils sont sur le chemin de la vérité ; les adeptes de cette grande nation se rendent à la Maison Sacrée. Après l’avènement de Mohammed, personne d’autre ne lui consacre le pèlerinage. C’est pourquoi, Allah (I) révèle : (Les hommes doivent pour Allah faire le pèlerinage à la Maison sacrée).[4] Mais lorsqu’ils ont dénié faire le pèlerinage, Il a enchaîné : (et pour celui qui renie, alors Allah se passe aisément de l’Humanité).[5]

 

D’autre part, cet honneur immense dont jouissent les enfants d’Ismaël, les plaçant ainsi au-dessus des autres communautés, ne s’est réalisé qu’avec l’avènement du sceau des envoyés de Dieu ; cela prouve que sa prophétie est véridique et qu’elle avait déjà été annoncée. Cette description correspond au Prophète arabe non au Messie. Il a en effet reçu une Loi forte, il a pulvérisé les rois de la terre et leurs peuples pour la remplir sous son joug (domination), des membres de sa nation à travers l’Orient et l’Occident. Son autorité va s’installer pour toujours et personne ne pourra l’effondrer contrairement aux empires des Juifs et des chrétiens qui se trouvaient sur les meilleures terres.

 

Le commentaire de Paul

 

Paul, connu sous le nom de l’Apôtre Paul a dit dans la quatrième épître qu’il écrivit à certains frères : « Il est écrit en effet qu’Abraham eut deux fils, un de la servante, un de la femme libre ; mais le fils de la servante était né selon la chair, tandis que le fils de la femme libre l’était par l’effet de la promesse. Il y a là une allégorie : ces femmes sont, en effet, les deux alliances. L’une, celle qui vient du mont Sinaï, engendre pour la servitude : c’est Agar – car le mont Sinaï est en Arabie. Et Agar correspond à la Jérusalem actuelle puisqu’elle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle notre mère (Sara selon l’auteur ndt.) »[6]

 

Il y a plusieurs enseignements à tirer de ce passage, notamment :

• Ismaël et sa mère Agar vivaient en terre arabe qui est exprimée par le terme arabia prononcée sans le ‘aïn au début.

• Le mont Sinaï est relié à wâdî el ‘arab qui n’est autre qu’arabia. C’est cet endroit dont le passage de la Thora fait mention : « Le SEIGNEUR est venu du Sinaï. »[7]

• Le Temple de La Mecque est comparé au Temple de Jérusalem, selon le témoignage de Paul.

• Les deux enfants dont il est question hériteront d’une alliance et d’une loi, bien que Paul s’acharne ici contre Ismaël et sa mère à deux endroits ; le premier : « mais le fils de la servante était né selon la chair »[8] ; le second : « L’une, celle qui vient du mont Sinaï, engendre pour la servitude : c’est Agar – car le mont Sinaï est en Arabie. Et Agar correspond à la Jérusalem actuelle puisqu’elle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle notre mère.»[9]

 

Or, ces deux interprétations sont erronés. Il est faux en effet de dire qu’Ismâ’îl n’est pas né par l’effet de l’alliance, car ce dernier fut annoncé avant sa naissance, comme le révèlent les passages de la Thora que nous avons retranscrits.[10] Il est faux également de prétendre qu’Agar ressemble au mont Sinaï ; l’auteur fait preuve d’une mauvaise déduction. Cette comparaison n’apparaît nulle par ni dans la Thora ni dans les Évangiles ; aucune prophétie n’y fait allusion et aucun apôtre ne l’avait faite avant lui. Paul s’érige contre l’Évangile en soutenant que la femme libre est meilleure dans l’ensemble que la femme servante. C’est pourquoi il compare la seconde à la Maison de Dieu sur terre et il compare la première à Sa Maison céleste. C’est une simple spéculation de l’esprit qu’il ne faut pas prendre en considération. Il est idiot de s’en remettre systématiquement à sa logique. Pour soutenir qu’une chose est meilleure, il faudrait en apporter la preuve venant d’Allah ou de la prophétie. Or, après avoir examiné – qu’Allah te fasse miséricorde – la Thora (le Pentateuque ndt.), les Livres prophétiques, et les quatre Évangiles, nous n’avons rien trouvé de tout cela. Aucun texte que cet homme pourrait utiliser n’affirme que Sara et son fils soient meilleurs qu’Agar et son fils. Plusieurs passages de la Thora expriment même le contraire, dont :

 

1- La Thora notamment formule explicitement qu’Allah accorda le privilège à Hâjar d’offrir un premier fils à Ibrahim.[11] La Thora privilégie également, pour l’héritage, le fils aîné qu’elle comble d’éloges. Elle lui offre une double part par rapport aux autres enfants.[12] Selon un passage : « … mon fils premier-né, c’est Israël… Laisse partir mon fils pour qu’il me serve »[13] Ainsi, celle qui offre un premier-né à Ibrahim est meilleure que n’importe quelle autre de ses épouses étant donné que la qualité d’un arbre se reconnaît à ses fruits ; le fait est qu’Agar a eu une bonne récolte.

 

2- Allah ordonna à Ibrahim de laisser sa servante et son fils Ismaël dans le désert et de ne pas se préoccuper d’eux.[14] Le Seigneur les a donc pris en charge comme Il le fait avec Ses créatures vertueuses. Il les a enlevés des mains de Son Ami Ibrahim pour devenir le meilleur tuteur qui soit.

 

3- L’ange est apparu devant Agar, lui a parlé sans voile, et a fait preuve de mansuétude à son égard à travers ses dires : «Qu’as-tu Hagar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix du garçon, là où il est. Lève-toi ! Relève l’enfant et tiens-le par la main, car de lui je ferai une grande nation.»[15] Ce privilège (ou cet épisode) ne concerne absolument pas Sara.

 

4- Allah lui fit jaillir une source en plein cœur d’une terre aride, dure, sauvage et sans eau comme le témoigne la Thora. Les juifs et les chrétiens qui cherchent à dénigrer Agar et son fils se discréditent eux-mêmes, se dévoilent de leurs propres mains et trahissent une mauvaise connaissance du Pentateuque et des Livres prophétiques.

 

5- Elle s’est retrouvée à un endroit sacré qui devint par la suite un lieu de pèlerinage et une terre habitée sur laquelle les rois et les princes posent leur front et autour de laquelle ils tournent de la même façon que les anges tournent autour du Trône céleste au-dessus de leurs têtes ; quiconque en a les moyens peut s’y rendre sans contraintes pour y faire le pèlerinage.

 

6- Sa descendance n’a jamais subi de transformation à l’inverse des tribus d’Israël qui furent, pour certaines d’entre elles, transformées en singes et en porcs. Sa descendance n’a jamais non plus été frappée par la malédiction contrairement aux juifs que des prophètes comme Moïse, Isaïe, David et Jésus fils de Marie ont maudits dans la Bible.

7- Les prophètes ont annoncé qu’elle et sa descendance vivront sur une terre sacrée et que leur royaume et leur loi perdureront jusqu’à la fin des temps. Nous demandons à Paul de nous trouver un seul mérite qui soit à la hauteur de ceux que nous avons cité en faveur de nos ancêtres qu’Allah a pris sous Sa propre tutelle et contre lesquelles cet homme s’acharne : [Que la faveur d’Allah est tout entre Ses Mains et qu’Il l’accorde à qui Il veut, Lui qui détient la faveur immense].[16]

 

Moussa raconte dans le premier chapitre de la Thora : « Abram répondit : « Seigneur Dieu, que me donneras-tu ? Je m’en vais sans enfant, et l’héritier de ma maison, c’est Eliézer de Damas[17]…Alors le SEIGNEUR lui parla en ces termes : « Ce n’est pas lui qui héritera de toi, mais celui qui sortira de tes entrailles héritera de toi. » Il le mena dehors et lui dit : « Contemple donc le ciel, compte les étoiles si tu peux les compter. » Puis, il lui dit : « Telle sera ta descendance. » »[18]

 

Quelle descendance remplit aujourd’hui la terre de long en large comme celle d’Ismâ’îl ? Quant aux juifs, les enfants descendants d’Ishâq, ils sont les serviteurs et les captifs des enfants d’Ismâ’îl sur toute la surface de la terre.[19] Ce passage énonce la faveur et la grâce qu’Allah a accordée à Son Ami Abraham. Cette faveur ne pouvait se transformer en un malheur s’étant abattu sur une vile progéniture dont certains membres furent transformés en singes et en porcs, et qui vouèrent le culte au Veau d’or. Quant aux chrétiens descendants d’Isaac, ils sont des fugitifs qui furent chassés par les enfants d’Ismaël au-delà des mers et jusqu’aux extrémités de l’Occident. Cette prophétie saute aux yeux ; c’est un signe éclatant qui désarme l’adversaire de tout argument ! 

 

Béer-Shéva

 

Dans ce même chapitre, Moïse nous informe également : « Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Hagar. Il mit l’enfant sur son épaule et la renvoya. Elle s’en alla errer dans le désert de Béer-Shéva. Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle jeta l’enfant sous l’un des arbustes. Puis elle alla s’asseoir à l’écart à la distance d’une portée d’arc. Elle disait en effet : « Que je n’assiste pas à la mort de l’enfant ! » Assise à l’écart, elle éleva la voix et pleura. Dieu entendit la voix du garçon et, du ciel, l’ange de Dieu appela Hagar. Il lui dit : « Qu’as-tu Hagar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix du garçon, là où il est. Lève-toi ! Relève l’enfant et tiens-le par la main, car de lui je ferai une grande nation. » Dieu lui ouvrit les yeux et elle aperçut un puits avec de l’eau. Elle alla remplir l’outre et elle fit boire le garçon. Dieu fut avec le garçon qui grandit [et habita au désert. C’était un tireur d’arc] ; il habita dans le désert de Parân… »[20]

 

Beer-Sheva ou Be'er Sheva (en hébreu : בְּאֶר שֶׁבַע - puits du serment ou puits des sept ; arabe: بِئْرْ اَلْسَبْعْ Bir as-Saba’

Hébreu et arabe : bir = puits. Sheva, le sîn en arabe devient chîn en hébreu. B = t. le mot hébreu et arabe ont donc le même sens.

http://www.le-carrefour-de-lislam.com/Voyages/Pharan_Paran_Faran_2.htm#_ftn9

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

[1] La Genèse ; 17-20. Voici les termes de la version de la Bible d’André Chouraqui qui s’avère plus littérale et plus typique. « Quant à Ishma’él, je l’ai entendu : voici, je l’ai béni, je le fais fructifier, je le multiplie beaucoup, beaucoup. » (N. du T.)

[2] Le fer ; 26

[3] L’araignée ; 27

[4] La famille d‘Imrân ; 97

[5] La famille d‘Imrân ; 96-97

[6] Epître aux Galates ; 4.22-26

[7] Deutéronome ; 33-1, 3 

[8] La version de l’auteur dit : « Ismaël était né comme les autres hommes. »

[9] La version de l’auteur dit : « Agar ressemble au mont Sinaï qui est en Arabie et qui correspond à la Jérusalem actuelle. Quant à Sara, elle ressemble à Jérusalem qui est en haut. »

[10] Voici l’un des passages en question : « Je le rends fécond, prolifique à l’extrême » [La Genèse ; 17-20].

[11] La Genèse ; 15.2-5, 16.15-16

[12] Deutéronome ; 21.17

[13] Exode ; 4.22-23

[14] La Genèse ; 16.12-14

[15] La Genèse ; 21.17-18

[16] Le fer ; 29

[17] Selon les commentateurs de la version œcuménique, ce texte est obscur, mais il est probable que le verset suivant en reformule le sens avec d’autres termes ou pour reprendre leurs termes, il en donne le sens général. Voici ce qu’il dit : « Voici que tu ne m’as pas donné de descendance et c’est un membre de ma famille qui doit hériter de moi. »

[18] La Genèse ; 15.2-5

[19] El Qâdhî Sâlih e-Ja’farî parle de la situation à  son époque. Cependant, le Verset suivant explique probablement la situation actuelle : [Ils sont frappés d’avilissement où qu’ils se trouvent sauf Si Allah leur tend Sa corde ou la corde des hommes] [La famille d’Imrân ; 112]

[20] La Genèse ; 21.14-21

 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 12:41

 

 

La Bible, le puits, le vivier qui dessert… la Mecque

(Partie 1)

Psaume 84 (84.5) Heureux ceux qui habitent ta maison ! Ils peuvent te célébrer encore.

(84.6) Heureux ceux qui placent en toi leur appui ! Ils trouvent dans leur cœur des chemins tout tracés.

(84.7) Lorsqu'ils traversent la vallée de Baca, Ils la transforment en un lieu plein de sources, Et la pluie la couvre aussi de bénédictions.

 

Souvent, plus un indice est gros plus il passe inaperçu ; c’est pourtant cette piste par laquelle aurait du commencer toute enquête sérieuse sur l’existence historique de La Mecque tant celle-ci foisonne d’éléments probants…

 

Voir : Takhjîl man harrafa at-Tawrât wal  Injîl du cadi Sâlih e-Ja’farî, un auteur médiévale qui utilise une ancienne version arabe de la Bible. On peut toujours contester la pertinence de l’exégèse de certains passages, mais cela n’ébranle en rien le constat sans appel que, de manière générale, la Bible entérine l’historicité de la Mecque.

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/article-84-annonces-de-mohammed-dans-la-bible-partie-1-110193011.html

 

Paran

 

La Thora mentionne dans sa version traduite en arabe : « Le SEIGNEUR est venu du Sinaï, pour eux il s’est levé à l’horizon, du côté de Seïr, il a resplendi du côté de Parân. »[1]

 

Voir : http://mizab.over-blog.com/article-paran-partie-1-112170772.html

 

Voici un autre exemple de l’annonce de Mohammed (r) à travers les paroles de Sham’ûn, comme nous le dévoile l’une de leurs traductions reconnues où il est dit : « Dieu est venu avec les preuves évidentes du mont Parân. Sa louange et la louange de son peuple ont empli la terre »[2] Voici l’annonce explicite de la venue de Mohammed (r) ; il a reçu la révélation dans les montagnes de Farân ; sa louange et celle de sa communauté ont empli les cieux et la terre. Personne en dehors de cet homme n’est sorti de Farân pour emplir de sa louange et de celle de sa communauté, les cieux et la terre.

 

Le Messie ne sait jamais rendu sur les terres de Parân, et Moussa a reçu sa révélation sur le mont Tûr (Sinaï) qui ne se trouve pas sur les terres de Parân. Bien que le désert entre le mont Tûr et les terres du Hijâz entre dans son territoire, néanmoins la Thora n’a point été révélée dans cette contrée. Par ailleurs, la Thora avait déjà été annoncée sur le mont Tûr tandis que l’Évangile a été révélée sur le mont Seïr. Dans cet ordre, il est annoncé dans les prophéties de Habaquq : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. Sa majesté comble le ciel. Sa louange (celle d’Ahmed) emplit la terre. Le sort des peuples est dans sa main droite. La terre est allumée de sa lumière et ses chevaux montent sur la mer. »[3]

 

Ce genre d’annonce est également faite dans le passage de la Thora, qu’ils détiennent actuellement, dans le premier de ses cinq livres.[4] Le neuvième chapitre exactement relate l’histoire où après s’être séparée de Sara, Hagar reçoit les paroles de l’ange lui disant : « « Hagar, [servante de Sara,] d’où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « je fuis devant Sara ma maîtresse. » L’ange du SEIGNEUR lui dit : « Retourne vers ta maîtresse et plie-toi à ses ordres. » L’ange du SEIGNEUR lui dit : « Je multiplierai tellement ta descendance qu’on ne pourra la compter. » L’ange du SEIGNEUR lui dit : « Voici que tu es enceinte et tu vas enfanter un fils, tu lui donneras le nom d’Ismaël car le SEIGNEUR a perçu ta détresse. Véritable âne sauvage, cet homme ! Sa main contre tous, la main de tous contre lui. À la face de tous ses frères, il demeure. » »[5]

 

Au sujet de cette annonce, les spécialistes soulignent qu’Il est notoire que la main des enfants d’Ismaël avant l’avènement de Mohammed (r) n’avait jamais été au-dessus de celle des enfants d’Israël ; ces derniers se distinguaient plutôt par la prophétie et l’écriture. Ils étaient en effet entrés en Égypte avec Jacob à l’époque de Joseph.

 

Dans cette période, les fils d’Ismaël ne concédaient aucun ascendant sur ces derniers. Ils en sortirent avec l’avènement de Moïse ; ils étaient d’ailleurs à ses côtés les hommes les plus puissants de la terre. Personne ne pouvait alors rivaliser avec eux. Il en fut ainsi pour les générations suivantes de Josué à David en passant par Salomon qui reçut un pouvoir concédé à nul autre.[6] Par la suite, lors de l’invasion de Nabuchodonosor, les fils d’Ismaël n’avaient toujours aucun ascendant sur eux.

Après l’avènement du Messie, les Juifs subirent la destruction du temple[7] pour la deuxième fois étant donné qu’ils avaient semé la corruption sur terre à deux reprises. Depuis cette période, leur règne s’est dissolu, et Allah les dispersa sur terre en de multiples communautés.[8] Ils ont vécu ainsi sous l’autorité des Romains et des Perses. Les Arabes d’alors n’avaient pas plus d’autorité sur eux que les autres nations. D’ailleurs, les enfants d’Ismaël n’avaient d’ascendant sur aucun peuple ; ni parmi les gens du Livre ni parmi les incultes (ou illettrés, ignorants). Avant l’avènement de Mohammed (r), ils n’avaient pas la particularité d’avoir la main au-dessus de tous, comme l’avaient souhaité Ibrahim et son fils qui implorèrent : (Seigneur ! Envoie-leur un Messager issu d’eux afin qu’il leur récite Tes Versets, qu’il leur enseigne le Livre et la Sagesse, et qu’il les élèvent ; Tu es certes le Fort et le Sage).[9]

C’est avec l’éclosion de l’Islam que la main des fils d’Ismaël s’installa au-dessus de tous. Aucun empire sur terre ne fut aussi puissant ; Perses et Romains étaient sous leur domination. Ils ont assujetti les Juifs, les chrétiens, les mazdéens, les polythéistes, et les sabéens. Ainsi, la parole de la Thora s’est réalisée : « Sa main au-dessus de tous et toutes les mains sous la sienne. » cette prédication va se perpétuer jusqu’à la fin des temps. S’il est dit que cette annonce porte en fait sur son royaume et sa puissance, nous répondons qu’il existe deux sortes de royaumes : un royaume qui ne revendique pas la prophétie ; le cas échéant, les enfants d’Ismaël n’ont pas la main au-dessus de tout le monde ; et un royaume issu de la prophétie ; dans ce cas précis il est prévu pour les imposteurs : (Qui est plus injuste que celui qui forge un mensonge sur Allah et qui se targue de recevoir la révélation alors qu’il n’en est rien).[10]

 

L’auteur d’une telle revendication est le pire des hommes, c’est le plus grand menteur, le plus pervers, et le plus injuste qui soit. Son empire est pire que celui des tyrans qui ne revendiquent pas la prophétie à l’instar de Nabuchodonosor et de Sennachérib. Ce genre de royaume ne peut en tout état de cause avoir été annoncé à la grande joie de Sara et d’Ibrahim. S’il était dit par exemple qu’il y aura bientôt un tyran despote qui fera régner la terreur à travers la tuerie, la captivité des femmes, et la spoliation des biens. Personne ne dira que c’est une bonne nouvelle, faisant la joie de celui qui l’entend. Pour cela, il aurait fallu que le roi en question fasse régner la justice, et que sa domination soit louable non condamnable. C’est aussi valable pour le roi qui revendique la prophétie, et dont la sincérité le distingue de l’imposteur.

 

L’annonce de Habaquq

 

Habaquq, dont la prophétie mentionne le nom du Messager d’Allah à deux reprises, nous apprend : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. La majesté de Mohammed comble le ciel. Sa louange (celle d’Ahmed) emplit la terre. Les rayons de son regard sont comme la lumière, il entoure son pays de sa puissance, la mort marche devant lui, les rapaces deviennent ses soldats. Il s’est levé et a essuyé la terre, alors les montagnes antiques se sont pliées à lui, les collines se sont baissées, et les tentes des gens de Madiân ont été secouées. »[11]

Plus loin, Il poursuit : « Ta colère contre les rivières et ta fureur s’est emportée contre les mers, tu grimpes sur tes chevaux et tu montes sur tes chars. Ton arc est à moitié mis à nu, et tes flèches s’abreuvent sur ton ordre, Ô Mohammed ! Lorsque les montagnes t’ont vu, elles ont tremblé et se sont détournés de toi les trombes des torrents. Les lâches ont changé pleins d’effrois. Ils ont levé les mains avec peur et humilité. Les armées ont atteint la lueur de tes lances et à la lumière de tes flèches, tu vaincs la terre de fureur, et tu foules les nations de colère, car tu es apparu pour le salut de ton peuple et pour sauver l’héritage de tes ancêtres. »[12]

 

Ce passage mentionne explicitement Mohammed. Prétendre que la prophétie de Habaquq ne correspond pas à Mohammed, c’est comme vouloir couvrir le jour où arrêter le cours des rivières, mais comment le pourrait-on ? Il a cité son nom à deux reprises, il a informé de la puissance de son peuple et de la mort qui marche devant eux. Les oiseaux prédateurs vont suivre leurs traces. Cette prophétie ne peut que correspondre à Mohammed ; celle-ci lui est tout à fait désignée. Chercher à lui donner un autre sens c’est vouloir l’impossible. Il y est précisé que la lumière d’Allah va sortir à Témân qui se trouve dans les environs de La Mecque et du Hijâz, alors que les prophètes israélites venaient de la région du Shâm. Mohammed vient donc des environs du Yémen. Les montagnes de Farân sont les montagnes de La Mecque comme nous l’avons déjà expliqué, et personne ne peut le contester.

Le ciel s’est rempli de la splendeur de Mohammed grâce à la lumière de la foi et du Coran qui ont émané de lui et de sa communauté. Il est évident que la terre s’est remplie de ses louanges et de celles de sa communauté au cours des prières. Ils sont des louangeurs ; ils doivent absolument louer Allah à chaque prière et à chaque sermon. Tout fidèle doit dire dans chaque rak’a de son rituel : (Louange à Allah • Le Très Miséricordieux et le Tout Miséricordieux • Seigneur de l’univers • Le Roi du Jour des Comptes).[13] Quant il dit : (Louange à Allah), Allah lui répond : « Mon serviteur m’a loué. » Quant il dit ensuite : (le Très Miséricordieux et le Tout Miséricordieux), Il lui répond : « Mon serviteur M’a fait les éloges. » Quant il dit : (le Roi du Jour des Comptes), Il répond : « Mon serviteur M’a encensé. »[14] Ils commencent et finissent la prière par les louanges. En se relevant de l’inclination, l’Imam dit : « Allah entend celui qui le loue. » Dès lors, toute l’assemblée répond : « Notre Seigneur ! À Toi les louanges. » En conclusion à la prière, ils prononcent les salutations, les prières, et les belles paroles en l’honneur de leur Seigneur, et toute sorte de louanges qu’il serait long à recenser.

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

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[1] Deutéronome ; 33-1, 3 

[2] La recension de l’œuvre d’ibn Taïmiya El Jawâb e-Sahîh a été effectuée dans le cadre d’une thèse de doctorat par trois chercheurs ; ces derniers n’ont pas toujours mis la main sur certains textes en possession d’ibn Taïmiya comme c’est le cas ici. (N. du T.)

[3] Habaquq ; 3, 3-4 voici le texte de la version entre nos mains : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. Sa majesté comble le ciel. Sa louange emplit la terre. La lumière devient éclatante. Deux rayons sortent de sa propre main : c’est là le secret de sa force.»

[4] Ceux-ci forment le Pentateuque. (N. du T.)

[5] La Genèse : 16.7-12 ; L’auteur se réfère à des versions vraisemblablement différentes de la traduction œcuménique contemporaine, ce qui jette d’autant plus le discrédit sur la Bible compte tenue des multiples évolutions qu’elle a subies à travers les siècles, sans parler des différences de traductions. En effet, ses termes sont les suivants : « Il mettra sa main au dessus de tous. » Le sens est ainsi radicalement différent ! Par ailleurs, l’expression « âne sauvage » qu’André Chouraqui traduit par « onagre humain » est une transformation du terme hébreu para désignant la multitude. Les traducteurs de la Bible ont cherché à travers cela à détourner le sens de l’annonce faite en l’honneur d’Ismaël. Voir : la recension du livre dont nous traduisons le passage Takhjîl man harrafa at-Tawrât wal Injîl ; qui fut élaborée dans le cadre d’une thèse ès doctorat par le Dr. Mahmûd ‘Abd ar-Rahmân Qadah.

[7] La destruction du temple et le massacre de ses habitants furent conduits par Titus en 7O apr. J.-C. (N. du T.) Voir : http://mizab.over-blog.com/article-the-kingdom-of-heaven-partie1-66674889.html

[8] Cet exode est connu sous le nom de la diaspora. (N. du T.)

[9] La vache ; 127-129

[10] Le bétail ; 93

[11] Habaquq ; 3. 3-7 voici le texte de la version entre nos mains : « Dieu vient de Témân, le Saint du mont Parân. Sa majesté comble le ciel. Sa louange emplit la terre. La lumière devient éclatante. Deux rayons sortent de sa propre main : c’est là le secret de sa force. Devant lui marche la peste, et la fièvre met ses pas dans les siens. Il s’est arrêté, il a pris la mesure de la terre. Il a regardé et fait sursauter les nations. Les montagnes éternelles se sont disloquées, les collines antiques se sont effondrées. À lui les antiques parcours ! J’ai vu les tentes de Koushân réduites à néant ; les abris du pays de Madiân sont bouleversés.»

[12] Habaquq ; 3.8-15 Dans la version actuelle, il est dit : « Le SEIGNEUR s’est-il enflammé contre des rivières ? Ta colère s’adresse-t-elle aux rivières, ta fureur à la mer, lorsque tu montes sur tes chevaux, sur tes chars victorieux ? Ton arc est mis à nu, les paroles des serments sont des épieux. Tu crevasses la terre par les torrents. Les montagnes t’ont vu ; elles tremblent. Une trombe d’eau est passée, l’Abîme a donné de la voix, il a tendu ses mains vers le haut. Le soleil et la lune se sont arrêtés dans leur demeure à la lumière de tes flèches qui partent, à l’éclat foudroyant de ta lance. Tu parcours la terre dans ton courroux, tu foules aux pieds les nations dans ta colère. Tu es sorti pour le salut de ton peuple, pour le salut de ton messie. Tu as décapité la maison du méchant : place nette au ras des fondations ! Tu as percé de leurs propres épieux la tête de ses chefs, alors qu’ils arrivaient en tempête pour m’écarteler allègrement, comme si, dans l’embuscade, ils dévoraient déjà le vaincu. Tu as frayé le chemin de tes chevaux dans la mer, dans le bouillonnement des eaux puissantes. » 

[13] L’ouverture ; 1-3

[14] Voir : Muslim (n° 395).

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 12:12

 

L’invention de La Mecque

(Partie 6/4)

 

La poésie préislamique

C’est la première source vers laquelle auraient du se tourner nos détectives en herbe, qui, du haut de leur paternalisme, en oublient les fondamentaux de la profession ![1] Certains poèmes décrivent le pèlerinage avant l’avènement de la dernière des religions.[2]

 

L’Histoire de la Péninsule juste avant l’avènement de l’Islam

 

En 525, les Éthiopiens s’emparèrent de l’Arabie méridionale, et, selon la tradition, ils supprimèrent en 530 le dernier roi himyarite, Dhû Nuwâs, converti au judaïsme. Ryckmans a découvert une inscription de 518 qui relate une expédition abyssine dirigée contre lui. Il a trouvé en outre une inscription qui donne le véritable nom de Dhû Nuwâs. On est là dans les ruines d’une grande cité que l’on désigne par son nom dans le Coran, Ukhdûd : « Ils furent tués, y lit-on, les compagnons des fosses açhâb al-ukhdûd par le feu en brasier, alors qu’ils étaient auprès, assis... Ils leur reprochaient de croire en Dieu ! » Suivant la tradition musulmane, ce sont des gens de Nedjrân, convertis au christianisme, que le roi Dhû Nuwâs fit jeter dans des fosses et brûler vifs. Sauf le détail des fosses, le fait est confirmé par des textes chrétiens, mais l’origine de la légende reste obscure. Ce sont aussi des souverains yéménites que le Coran appelle Tobba‘ et qu’Allah a fait périr pour leur impiété.

 

Dans cette région, la digue de Ma’rib[3] retenait des eaux et les distribuait sur une large région de plaines cultivées ; c’était un ouvrage fragile qui ne fut plus entretenu durant de longs désordres politiques. Elle se rompit, semant la ruine au lieu de la fertilité, et nul ne fut capable de la reconstruire. La légende a grossi les effets de cette rupture et lui attribue tous les anciens déplacements des tribus méridionales vers le nord.

 

L’un des gouverneurs vice-rois du Yémen, aux ordres du roi d’Abyssinie, chrétien monophysite, sous la dépendance religieuse de l’empereur byzantin, fut Abraha, illustre dans la tradition musulmane. En 570, il conduisit une armée contre Mekke, afin d’y détruire la Ka‘ba ; Allah envoya des oiseaux abâbîl, qui lâchèrent sur les soldats une mitraille de cailloux aux blessures mortelles. L’éléphant monté par Abraha donna son nom à l’année. Des inscriptions confirment l’existence d’Abraha : l’une d’elles est relative à la digue de Ma’rib en 542 ; une autre, trouvée au puits de Muraïghân dans le ‘Alem au sud d’at-Tâïf, relate une expédition de 547 contre des tribus. Ces deux inscriptions chrétiennes sont sous l’invocation, l’une de Dieu sous le nom d’ar-Rahmân et son Messie, l’autre sous l’invocation d’ar-Rahmân et de son fils Christos.

Les cités principales du Yémen étaient Saba, Sana, Zafâr, ancienne capitale himyarite, dont on connaît les ruines, Sahûl où l’on tissait les linceuls, Djanad et, plus au sud, Ta‘izz.

C’est en l’année 570 que le fils et dernier successeur d’Abraha fut chassé par Wahraz, général du roi sassanide Kesra Anouchirvan ; il organisa au Yémen la domination perse avec la dynastie locale de Dhû Yazan, et il y imposa le christianisme nestorien.[4]

 

Voir http://fr.calameo.com/read/0000713681cd1aaee8fd9

https://books.google.ca/books?id=PuYUAAAAIAAJ&printsec=frontcover&dq=L%27Arbie+Preislamique+Et+Son+Environment+Historique+Et+Culturel&source=bl&ots=-52EfSWtiy&sig=aK3fqhYdQ1HF9CJUJEbgE04OUws&hl=fr&ei=1lKFS93REIW4Nva72DQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CAgQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false

 

Pour la chronologie, voir après l'an 491.


http://www.nestorian.org/nestorian_timeline.html

 

Voici une autre référence reconnue du site du CNRS : relatant les projets de Fouilles en Arabie Saoudite actuelle, en référence à El Ukhdud (cité dans le Coran) qui s'est passé à Nadjran (ou Najran). L'inscription de Abraha y est confirmée.

 

http://www.orient-mediterranee.com/spip.php?article364

 

En marge de ces travaux, la Mission a également eu la chance d’aller sur plusieurs sites rarement visités par des missions occidentales, al-Khushayba, Umm al-Ayd’, Al-‘amd et Murayghân en particulier. Ces visites sont déterminantes dans le cadre de la réalisation d’une synthèse historique sur la région, et complètent notre connaissance de l’organisation du territoire à l’époque préislamique. C’est durant l’une de ces visites que fut découverte une nouvelle inscription d’Abraha à Murayghân, déterminante pour notre connaissance de l’histoire de la « Jahiliyyah », et qui contribue à elle seule au succès de la Mission 2009.

 

À noter que la première inscription de Abraha fut découverte sur le même site en Gras.[5]

 

La persécution de Najrân

 

Le savant français Joseph Halévy fait le rapprochement entre les événements tragiques évoqués dans cette inscription avec ceux relatés dans Le Martyre de saint Aréthas et de ses compagnons dans la ville de Najrân (Journal asiatique, 1873).

 

Le Martyre raconte qu'un roi juif a pris le pouvoir au Yémen. À cause de l'hiver, période de vents violents en mer Rouge, les Éthiopiens n'ont pas pu réagir. Le roi juif entreprend alors le siège de Najrân, grande oasis où les chrétiens dominent. La ville se rend après avoir eu l'assurance que la population serait épargnée. Le roi ne respecte pas sa parole et oblige les chrétiens à se convertir au judaïsme ; ceux qui refusent sont exécutés. Plusieurs centaines de fidèles périssent lors de cette persécution, datée de l'automne 523.

Bien évidemment, le monde chrétien ne peut pas rester sans réagir. Les autorités religieuses de l'Empire byzantin et l'empereur lui-même demandent au roi chrétien d'Éthiopie, Kâleb, d'organiser la riposte. Kâleb rassemble soixante-dix navires et, après la Pentecôte 525, traverse la mer Rouge. La flotte éthiopienne se présente à l'entrée de la rade de Shaykh Sa'îd, barrée par une chaîne, alors qu'une tempête se lève. Tandis qu'une partie de la flotte brise la chaîne, le reste, avec le roi, est rejeté plus au nord et débarque, semble-t-il, à al-Makhâ'(Moca), où a lieu le combat décisif. Kâleb l'emporte sur le roi juif qui est vaincu et exécuté ; puis il s'empare de l'ensemble du Yémen, impose le christianisme, fonde partout des églises, crée une hiérarchie ecclésiastique et se retire en Éthiopie où il se fait moine.

 

De nouvelles pièces viennent bientôt compléter le dossier, notamment le récit en langue syriaque de la persécution de Najrân, publié par un savant italien, sous la forme d'une lettre écrite par un évêque monophysite, contemporain des faits.

 

Les chroniqueurs byzantins confirment la trame des événements, notamment Procope, le plus sûr, dans les années 540. Haut dignitaire de l'empire, membre de l'entourage du principal général de Justinien (527-565), il a accès aux archives officielles. Dans l'ouvrage où il traite des guerres entre la Perse et Byzance, il mentionne en 531 l'envoi d'une ambassade byzantine auprès du négus et du roi himyarite chrétien placé sur le trône par les Éthiopiens, afin de demander de l'aide dans la guerre que Byzance fait à la Perse. À ce propos, Procope rappelle brièvement que la conquête du Yémen par les Éthiopiens fait suite à la persécution des chrétiens himyarites par un roi juif.

 

Un royaume juif au Yémen, ruiné par les Éthiopiens

 

De nouvelles découvertes vont progressivement départager les tenants des deux théories, et surtout trois inscriptions trouvées dans le sud de l'Arabie saoudite au début des années 1950, et écrites par un général du roi juif dont elles nous apprennent le nom véritable, Joseph. Elles rapportent que Joseph a massacré les Éthiopiens en garnison à Zafâr où il a incendié l'église. Ensuite, il a dirigé une campagne dans les régions littorales afin de se prémunir contre un débarquement éthiopien et a fortifié Maddabân (le nom antique de Shaykh Sa'îd) avec une chaîne. Enfin, Joseph a envoyé ses troupes faire le blocus de Najrân.[6]

 

Quelques références non-musulmanes neutres à l'expédition du général éthiopien Abraha contre la Mecque : http://www.muhammadanism.org/bell/origin/p038.htm

 

Notamment, l'historien allemand : Nöldeke né en 1836 qui a rapporté l'information de l'historien : Procopius (500-565). On lit clairement :

 

For some years thereafter the situation is obscure. Then emerges an Abyssinian ruler of Yaman named Abraha (or Abraham), who held power for upwards of forty years, and whose expedition against Mecca has become famous through the reference to it in the Qur'an.[7] The story of this expedition is recounted at length by the Arab historians. It is also thought by Nöldeke 1 to be referred to by Procopius in the statement that "Abramus, when at length he had established his power most securely, promised the Emperor Justinian many times to invade the land of Persia, but only once began the journey and then straightway turned back". The object of the expedition thus falls into the network of international politics. The Romans were seeking...etc.

 

Geschichte der Perser u. Araber, p. 205. Ref. to Procopius i. 20

 

"Abraha aurait attaqué la Mecque en 570, mais son armée aurait été décimée par une épidémie de variole. Abraha serait mort cette même année, ce qui facilite l'intervention d'un corps expéditionnaire perse sassanide qui chasse les Axoumites d'Arabie méridionale et prend le contrôle du Yémen". (Jean Joly, Atlas historique, l'Afrique et son environnement européen et asiatique. éd. L'Harmattan. p.39).[8]

 

Le Coran ne confirme pas qu'Abraha voulait détruire la Ka'ba qui avec ses 360 idoles attirait de très nombreux pèlerins, qu'Abraha aurait préféré faire pèlerinage à l'Eglise qu'il a faite construire au Yémen, qui est confirmée par une stèle datant de l'époque... Mais cela n'est pas invraisemblable. A l'époque les missionnaires chrétiens visaient à christianiser les arabes et prêchaient partout. Qu'Abraha ait pu envoyer cette expédition juste pour détruire la Ka'ba est de fait probable, mais n'est pas attestée de façon formelle. Quand à l'épidémie de variole dans le Hijaz en 570, l'année de l'éléphant, elle est confirmée par ibn Ishaq et Procope de Cézarée. Il semblerait donc bien que l'armée d'Abraha ait été contaminée par l'épidémie de la variole, et que les vautours percnoptères immenses tournaient autour de l'armée et des cadavres, et lançaient des pierres sur les soldats se protégeant avec leurs boucliers en peau d'hippopotame, qui vus du ciel ressembleraient à des carapaces de tortues, un met apprécié par ces oiseaux carnassiers chasseurs de tortues, qui brisaient leurs carapaces en lançant des pierres, justement en Ethiopie et dans la région du Hijaz... Les historiens rapportent plusieurs victoires militaires d'Abraha dans le Nord.[9]

 

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1]http://www.al-eman.com/%D8%A7%D9%84%D9%83%D8%AA%D8%A8/%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D8%A9%20%D8%A7%D8%A8%D9%86%20%D9%87%D8%B4%D8%A7%D9%85%20%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B3%D9%85%D9%89%20%D8%A8%D9%80%20%C2%AB%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D8%A9%20%D8%A7%D9%84%D9%86%D8%A8%D9%88%D9%8A%D8%A9%C2%BB%20**/%D8%B4%D8%B9%D8%B1%20%D8%A7%D9%84%D8%B2%D8%A8%D9%8A%D8%B1%20%D9%81%D9%8A%20%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%8A%D8%A9%20%D8%A7%D9%84%D8%AA%D9%8A%20%D9%83%D8%A7%D9%86%D8%AA%20%D8%AA%D9%85%D9%86%D8%B9%20%D9%82%D8%B1%D9%8A%D8%B4%20%D9%85%D9%86%20%D8%A8%D9%86%D9%8A%D8%A7%D9%86%20%D8%A7%D9%84%D9%83%D8%B9%D8%A8%D8%A9/i109&d71531&c&p1

شعر الزبير في الحية التي كانت تمنع قريش من بنيان الكعبة فلما فرغوا من البنيان ، وبنوها على ما أرادوا ، قال الزبير بن عبدالمطلب ، فيما كان من أمر الحية التي كانت قريش تهاب بنيان الكعبة لها ‏‏:‏‏ عجبت لما تصوبت العقاب * إلى الثعبان وهي لها اضطراب وقد كانت يكون لها كشيش * وأحيانا يكون لها وثاب إذا قمنا إلى التأسيس شدت * تهيبنا البناء وقد تهاب فلما أن خشينا الرجز جاءت * عقاب تتلئب لها انصباب فضمتها إليها ثم خلت * لنا البنينان ليس له حجاب فقمنا حاشدين إلى بناء * لنا منه القواعد والتراب غداة نرفع التأسيس منه * وليس على مسوينا ثياب أعز به المليك بني لؤي * فليس لأصله منهم ذهاب وقد حشدت هناك بنو عدي * ومرة قد تقدمها كلاب فبوأنا المليك بذاك عزا * وعند الله يلتمس الثواب ‏ قال ابن هشام ‏‏:‏‏ ويروي ‏‏:‏‏ وليس على مساوينا ثياب *

[4] Au début du VIe s., les souverains alternent, tantôt locaux soutenus par les Perses, tantôt Abyssins soutenus par Byzance. À Ma’dîkarib Ya’fur, roi chrétien vraisemblablement mis sur le trône par les Abyssins, succède Yûsuf As’ar Yath’ar vers 521. Celui-ci tente d’imposer par la force le judaïsme, conversion forcée qui donne lieu à un épisode répercuté par les écrits de l’époque, le martyre des chrétiens de Najrân. Les représailles abyssines
s’achèvent par la mort de ce souverain et la mise en place sur le trône d’un nouveau roi chrétien, Sumuyafa’ Ashwa’. Le général abyssin Abrahâ lui succède (535-558). Il rompt avec le souverain abyssin et reprend la longue titulature des souverains himyarites et mène de nouveau une politique expansionniste, notamment avec une expédition en Arabie centrale. Il entreprend de nombreux travaux : fondation d’églises, restauration du barrage de Ma’rib.
La capitale est transférée à San’â où une cathédrale est bâtie.
f - La domination perse sassanide (560-630)
Cette dernière phase de l’histoire préislamique de l’Arabie du Sud n’est connue que par l’historiographie médiévale. La dernière inscription rédigée en langue et alphabet sudarabiques, CIH 325, date de 559. Cette tradition mentionne deux fils d’Abrahâ, tous deux ayant eu un règne court et tyrannique : Yaksum dhû-‘âhir à qui aurait succédé Masrûq. La tradition évoque, en réaction au joug abyssin, une requête effectuée par les populations locales au souverain perse de les libérer de la mainmise abyssine. Après avoir renversé ce souverain, c’est un yaz’anide, Sayf bin dhî-Yazan (ou son fils Ma’dîkarib) qui est installé sur le trône (v. 575-578). La mort brutale de ce souverain et la période d’anarchie qui s’ensuit entraîne une seconde intervention abyssine qui s’achève par l’installation d’un satrape perse, Wahriz, à la tête de la province. Cette satrapie est le dernier événement politique connu de l’Arabie du Sud préislamique. Le dernier satrape, Bâdhân, se convertit à l’Islam en 628 ou 632.
Source : thèse de 3eme cycle au complet à Paris 1.

[5] Un écrit gravé sur une stèle datée de mars 549 mentionne les conquêtes en Arabie d'Abraha, ainsi que la réparation du barrage que le Coran dit s'être abîmé. Le Coran en parle, car c'était un des événements les plus marquants de l'époque, vu l'importance du barrage. (Archéo-Théma 9, p.49).

 

[6] D'après la tradition arabe, la conversion de l'Arabie du Sud au monothéisme et plus précisément au judaïsme doit être attribuée au roi /himyarite As`ad Abûkarib, identifié avec Abîkarib As`ad, fils de Malkîkarib Yuha'min (et petit-fils de Tha'rân Yuhan`im). Abîkarib As`ad se serait converti au judaïsme au cours de son expédition militaire dans le /Hijâz. Il aurait alors assiégé la ville de Yathrib (l'actuelle Médine) en voulant la détruire. Deux rabbins juifs seraient venus vers lui pour l'en dissuader. Ayant renoncé au siège, il aurait amené les deux rabbins au Yémen et aurait introduit le judaïsme dans le pays. Cette relation paraît s'accorder de manière générale avec les données épigraphiques sudarabiques. A partir du règne d'Abîkarib (d'abord en corégence avec son père Malkîkarib et son frère Dhara''amar), toutes les invocations dans les inscriptions sont monothéistes, un certain nombre d'entre elles sont clairement juives ou judaïsantes, bien qu'aucune inscription royale ne soit explicitement juive.

Voir : https://www.bladi.info/threads/bible-venait-larabie.318220/

[7] Seest thou not how thy Lord dealt with the Companions of the Elephant? Did He not make their treacherous plan go astray? And He sent against them Flights of Birds, Striking them with stones of baked clay. Then did He make them like an empty field of stalks and straw, (of which the corn) has been eaten up. al-Fil 105:1-5 (Yusuf Ali's translation).

[8] Il semblerait en effet qu'il y ait eu une épidémie de variole cette année-là. Cela ne contredit pas le récit coranique. En effet, il existe dans la région des vautours percnoptères de 180 cm d'envergure, qui chassent avec des jets de pierres, et le récit d'une chasse de l'armée d'Abraha, épurée du merveilleux du récit (sic) n'est pas en soi invraisemblable. Il est remarquable que le Coran ne parle pas de la protection de la Mecque dans cette sourate, ababil signifie bande. Les historiens arabes rapportent que des oncles de Muhammad avaient été témoins de l'attaque de l'armée, peut-être déjà affaiblie par l'épidémie de la variole par des vautours pour les achever et faire un festin.

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 10:37

 

L’invention de La Mecque

(Partie 6/3)

 

Reprenons les principaux protagonistes de notre enquête

 

Diodore de Sicile (Ier siècle av. J-C) :

 

Voir : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre3.htm

 

XXI. Description du rivage du golfe arabique.

 

On y trouve plusieurs habitations d'Arabes Nabathéens qui occupent non seulement une grande partie du rivage mais qui s'étendent même très avant dans les terres. Ces Arabes sont en grand nombre et ils possèdent une quantité infinie de bestiaux.

 

Ceux qui habitent aux environs s'appellent Bnizomènes, ils ne vivent que de leur chasse. On trouve dans ce pays un temple respecté de tous les Arabes.

 

René Brunel confirme : « (…) Nous supposerons quand à nous que l'antique Ka'aba, dont Diodore de Sicile parlait cinquante ans avant Jésus-Christ comme étant le véritable panthéon de l'Arabie païenne, était visitée par le culte Egyptien de Bubastis dans le pèlerinage chaque année, lors des fêtes votives qui s'y donnaient (...) » René Brunel, Le monachisme errant dans l'Islam, Sidi Eddi et les Heddawa, Paris, Maisonneuve et Larose, 2001, p. 428

 

(….) D'après la tradition musulmane, La Mecque est le premier point qui surgit des eaux lors de la création. Ismaël y vécut et y fut enseveli après avoir élevé un temple au dieu de son père Abraham. Sa nombreuse postérité fut dépossédée de la garde de ce temple par les Banou Djorhom, tribu yéménite. La Kaaba et la Pierre noire doivent, dès une haute antiquité, avoir attiré les pèlerins de l'Arabie entière ; Diodore de Sicile parle d'une pierre très sainte vénérée des Arabes qui ne peut être que la Pierre noire (…)

 

« Ce serait, selon Claude Addas, à partir de la moitié du IIIe siècle de notre ère que les pierres constituant des répliques de la Pierre noire lors des voyages en dehors de la Mecque seraient devenues idoles, et de plus en plus fabriquées en bois, au lieu de pierre. Cela, après que 'Amr ibn Luhay importe Hubal,[1] et puis d'autres idoles d'al-Balqâ vers la Mecque. » Claude Addas, article Idoles in M.A. Amir-Moezzi, Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p.408-409.

 

Pline, encyclopédiste du premier siècle

 

VII- « … à 112.500 pas de tour, et est éloignée de la Perse de plus de 112.500 pas ; on n'y arrive que par une passe étroite. Asgilia, île ; nations : les Nochètes, les Zuraches, les Borgodes, les Cataréens, les Nomades ; le fleuve du Chien. Au delà, un littoral que la navigation n'a pas exploré de ce côté, à cause des écueils, au dire de Juba, qui a omis la mention de Batrasabbes, ville des Omanes, et d'Omana, dont les auteurs précédents avaient fait un port célèbre de la Carmanie ; il a omis aussi Omna et Athana, villes que nos négociants disent être aujourd'hui un des rendez-vous les plus fréquentés du golfe Persique.
 

VIII- Au delà du fleuve du Chien, d'après Juba, une montagne qui semble brûlée ; la nation des Epimaranites ; puis les Ichthyophages ; une île déserte ; la nation des Bathymes ; les monts Eblitéens ; l'île Omoenus ; le port Machorbe ; les îles Etaxalos et Onchobrice ; la nation des Chadéens ; plusieurs îles sans nom ; îles renommées, Isura, Rhinnéa, et une île voisine où sont des colonnes de pierre portant des inscriptions en caractères inconnus ; le port de Goboea ; les îles Bragae, désertes ; la nation des Thaludéens ; la région de Dabanegoris ; le mont Orsa, avec un port ; le golfe Duatus ; plusieurs îles ; le mont Tricoryphos ; la région de Cardalène ; les îles Solanides et Capina ; les îles des Ichthyophages ; puis Glari, le littoral Hamméen, où sont des mines d'or ; la contrée Canauna ; les nations des Apitames et des Gasanes ; l'île Devade ; la fontaine Goralus ; les îles Calaeu et Amnamethu ; la nation des Darres ; l'île de Chélonitis, plusieurs îles des Ichthyophages ; Eodanda, déserte ; Basag ; plusieurs îles des Sabéens… »[2]

 

Concernant « Dabanegoris » port d’Arabie du Sud et que PC nous dit qu’il serait situé entre « Oman et Hadramawt » … est faux c’est une extrapolation de sa part. Pline parle du Golfe Persique décrivant la côte ceci jusqu’au chap. 149 … Puis, il parle de l’Arabie du Sud avec la route de l’encens. Mais les ports de « Dabanegoris » et de « Mochorbae » ne sont mentionnés qu’au chap. 150 … c’est donc PC qui fait d’elle-même le lien de dire que ces ports sont situés entre « Oman et Hadramawt » et non Pline. Et personne n’a jamais entendu parler de tels ports en Arabie du Sud !!!

 

PC nous dit également que Quraysh n’est pas un nom patronyme et qu’un groupe de Qoréchites devrait s’appeler les Banî Fihr … en fait c’est tout à fait le contraire, car Quraysh désigne les descendants des Banî Fihr. L’histoire des génécologies est assez complexe ici comme ailleurs … en préalable il est question de la tribu des Kinanah qui est à l’origine de Quraysh … tout cela remonte à l’ancêtre mythique du nom de Adnan (Arabe du Nord) … la tradition rattache Mahomet à cette généalogie au bout de 21 générations.

 

Il est important de noter qu'il y a Pline l'ancien et bien d'autres auteurs qui eux mêmes ne citent même pas Jésus alors qu'ils citent tous les autres personnages de la même époque. Comment prétendre s'appuyer sur de tels personnages si eux-mêmes ne citent même pas le Messie ?

 

Je cite : ’’Philon d'Alexandrie n'a jamais rien écrit sur Jésus Christ dans aucun de ses ouvrages... Ni d'ailleurs aucun des contemporains : Valerius Maximus (-14 à 37), Pline L'Ancien (23 à 79), Silius Italicus (25 à 100), Perse (34 à 62), Lucain (39 à 65), Dion Chrysostome (40 à 120), Stace (40 à 95), Martial (40 à 104), Sénèque (-4 à 65), Juvénal (65 à 128), Tacite (55 à 120), Pline le Jeune (61 à 114), Suétone (70 à 140), Valerius Flaccus (70 à 100), Plutarque de Chéronée (46 à 120), Pétrone (mort en 65), Quintilien (30 à 96), Apulée (125)’’

 

Claudius Ptolémée géographe du IIème siècle de notre ère

 

Carte de Ptolémée : http://i59.servimg.com/u/f59/18/97/64/80/291610.jpg

http://i59.servimg.com/u/f59/18/97/64/80/ptolem10.jpg

 

Le catalogue des toponymes de Ptolémée constitue la seule véritable source topographique concernant l’intérieur de l’Arabie durant la période classique. Localiser les sites reste toutefois difficile en raison de l’imprécision des données de longitude.[3]

 

Macoraba y est bien mentionnée au sud de Lathrippa (Yathrib qui deviendra Médine) à un endroit qui correspond à la Mecque aujourd'hui :

http://www.heritageinstitute.com/zoroastrianism/reference/ptolemy/index.htm

 

Cyril Glassé écrit dans son Dictionnaire encyclopédique de l'Islam : (La) Mecque (Makkah al-Mukarramah; litt. "La Mecque [cité] bénie. Pendant des millénaires, La Mecque fut un centre spirituel. Ptolémée, le géographe grec du IIe siècle, mentionne La Mecque, en l'appelant "Makoraba". Certains ont interprété ce nom comme signifiant "temple" (de "Maqoribah" en sud-arabique). Les Puramas dravidiens parlent aussi d'un lieu sacré ancien, dédié au dieu de sagesse. A l'origine, La Mecque s'appelait Bakkah ("étroite"), terme rendant compte d'un site entassé entre deux montagnes qui enserrent la ville et la vallée des lieux sacrés. Le Coran dit: "Le premier temple qui ait été fondé par les hommes est celui de Bekka [Bakkah], temple béni, qibla de l'Univers". (III, 90) C. Glassé Dictionnaire encyclopédique de l'Islam, Paris, Bordas, 1991, p. 257-258

 

G E von Grunebaum entérine cette thèse : « La Mecque est mentionnée par Ptolémée, et le nom qu'il donne nous permet de l'identifier à une fondation sud-arabique, créé autour d'un sanctuaire. » G E Von Grunebaum, Classical Islam: A History 600-1258, George Allen & Unwin Limited, 1970, p. 19.

 

Patricia Crone nous dit : si tant soit peu qu’il ait parlé de « Makka », Ptolémée la dénomme « Moka » une ville d’Arabe Pétrée.

 

Il y a bien à Pétra (dans l’état Arabe de Anbat) une ville dénommée « Moka » … mais c’est une ville continentale qui par définition n’a pas de port … il est possible que les tribus d’Anbat se disent originaires du Hedjaz … il est aussi probable qu’ils nommèrent leur ville « Moka » à l’identique de la Mecque comme étant un bon présage … c’était une coutume dans l’antiquité (et même après) que le nom du lieu de chute/migration soit identique au nom du lieu de départ … un seul exemple chez les grecs est Alexandrie en Égypte.

 

PC nous dit que « Mocoraba » serait assimilé à la Mecque sur la base d’une « vague similitude » avec « Makka-Rabba » (la Grande Mecque). Personne n’affirme cela pour dire que Mocoraba est bien la Mecque car … la traduction correcte serait la « maison du Seigneur » ou la « maison de Dieu » puisque … la racine « mkk » signifie « maison » et « Rabba » signifie « Seigneur/Dieu » en Arabie du Sud … le terme de « Makka-Rabba » se traduirait donc par « Maison/Temple de Dieu ».

 

Le nom des cités antiques ne reflète pas toujours les usages linguistiques de leur propre peuple … ainsi en prenant par exemple le nom Égypte, il n’a pas le même sens en arabe/sémitique qu’en grec … mais nous ne pouvons (et pour cause) conclure que nos ancêtres Égyptiens parlaient en langue sémitique voire en grec ! Dans cette même optique quid de Thèbes … est-ce une province grecque dans l’antiquité ?

 

Si le nom Arabe de l’Égypte est bien d’origine sémite (via Misr et plusieurs de ses dérivés notamment Missr, Missreen, et Missr dans le Coran) … son nom dans le langage courant est bien d’origine Grecque. Il est donc difficile de trouver (retrouver) l’exacte explication du nom des lieux de l’antiquité … et encore plus de les rattacher à une langue ou un peuple.

 

Si donc à une période de l’histoire « Macoraba » a été reliée à la notion de « Maison de Dieu » … c’est qu’à un moment donné ces deux termes ont été confondus … le Coran signale bien la Ka’ba comme étant la « Maison/Temple/Sanctuaire » … qui est bien la première « maison de culte » (3,96).

 

Enfin PC nous dit que si « Macoraba » était situé dans un environnement arabophone … il faudrait dire « Muqarraba ».

 

Et quand bien même, ses doutes étaient fondées, cela ne remettrait nullement en cause l’existence préislamique de la Ville sainte des musulmans. En témoigne ce commentaire de l'éditeur de l’œuvre d'Edward Gibbon, « La Mecque (Makkah) ne peut être la Macoraba de Ptolémée ; les situations ne s'accordent pas, et jusqu'au temps de Muhammad, elle portait le nom de Becca, ou la Maison, dû à son temple célèbre. Elle est appelée ainsi même dans quelques parties du Coran. »[4]

 

Maxime de Tyr

 

Maxime de Tyr, philosophe et rhéteur du IIème siècle de notre ère y fait allusion dans son huitième chapitre de ses dissertations : « [...] Les Arabes adorent aussi, mais je ne sais quoi. Quant à l'objet sensible de leurs adorations, je l'ai vu, c'est une pierre quadrangulaire. »[5]

 

On observe que Mohammed n'a pas renié l'ensemble des croyances païennes Hejazi et plus largement Antiques, avec le mythe des Bétyles (Pierre Noire de la Kaaba), les Djiins, la circumambulation, la lapidation symbolique du diable etc. Cassius Maximus Tyrius (grec du IIe siècle) dans ses Dissertations, au IIe siècle, rapporte : « les Arabes adorent aussi, mais je ne sais quoi. Quant à l'objet sensible de leurs adorations, je l'ai vu, c'est une pierre quadrangulaire. » (Maxime de Tyr, Dissertations, VIII)

 

Quant à la ville, La Mecque, elle est citée dans les puranas, écrits hindous, en tant que temple du dieu de la sagesse "Shiva".

 

Ammien Marcellin historien de l’Antiquité tardive

 

PC passe un peu trop rapidement sur Ammien Marcellin … se contentant de dire qu’il est nul fait mention de Makka dans ses écrits. Pour rappel : Ammien Marcelin est un historien qui écrit au IV siècle ap JC … il est né à Antioche (Syrie) d’une famille aisée … Son œuvre en latin couvre la période de 78 à 378 … malheureusement les 13 premiers tomes sont perdus et il ne reste que les 14-31 relatant les évènements de 353 à 378.

 

Il fait mention de 7 cités d’Arabie Occidentale … 5 de ces 7 villes se retrouvent chez Ptolémée exactement dans le même ordre … Cela suggère que les deux avaient sous les yeux la même liste … Ammien ne mentionne pas la « Macoraba » de Ptolémée … mais il fait mention d’une ville qu’il nomme « Hiérapolis » (Ville sainte) qu’il situe en Arabie de l’Ouest … ceci ne peut que être rapproché avec la Mecque qui a l’époque d’Ammien avait acquise une « sainteté » (nous somme au IV siècle) qu’elle n’avait pas du temps de Ptolémée … cela semble une raison pour expliquer pourquoi Ammien l’appelle « Hiérapolis » et non « Macoraba » comme Ptolémée.

 

Personne n’a dit … du moins avant le IV-V siècle … que la Mecque était un centre commercial d’importance (au sens du transit des caravanes) … la route traversant la Mecque à cette époque était un axe « secondaire » au regard de l’axe majeur partant du Yémen (Shabwah, Tamna’a) et traversant l’Arabie (Najrân).[6]

 

D’autres sources

 

Lapidus, Ira. History of Islamic Societies, pp. 16–17 rapporte en gros que Les conditions étaient difficiles dans la péninsule arabique qui était en état quasi-constant de conflit entre tribus locales, mais une fois par an les tribus pactisaient et déclaraient la trêve ; ils tendaient (convergeaient) alors vers un but commun en direction de la Mecque pour accomplir le pèlerinage annuel. Jusqu'au 7e siècle, ce voyage était prévu pour des raisons religieuses par les Arabes païens, ils se rendaient dans leur sanctuaire pour rendre des hommages et faire des offrandes, buvaient l'eau des puits de Zamzam, cette eau étant louée pour ses vertus guérisseuses et bénéfiques. Les chefs des tribus ennemis tentaient de résoudre les différents problèmes durant cette trêve. Ces événements annuels apportaient aux tribus un sentiment d'identité commune, la Mecque était un axe important de la péninsule, pas seulement commercial et cultuel.

 

Dans son livre, l'Islam : A Short History, Karen Armstrong (professeure spécialisée dans l'anthropologie des religions et religions comparées_Oxford) affirme que la Kaaba a été consacrée à Hubal, une divinité nabatéenne et que la Kaaba contenait 360 idoles représentant les jours de l'année ou bien les effigies du panthéon arabe. Une fois par an, les tribus de la péninsule arabique, qu'ils soient chrétiens ou païens, convergeaient vers la Mecque pour accomplir le Hajj (pèlerinage).

 

Antoine Daniélou, écrivain du XXème siècle écrit dans son livre l'Histoire de L’Inde : « Les parties géographiques des puranas, mentionnent, parmi les lieux saints, La Mecque, sous le nom de Makheshvara, et sa pierre noire emblème du dieu shiva. »[7]

 

Les puranas auraient écrits entre l'an 400 et 1000 de notre ère, mais il est évident que les parties mentionnant La Mecque en tant que temple du Dieu shiva (de par la pierre noire qui serait son emblème) sont antérieures au VIIème siècle, car après la prise de la Mecque en 629, les idoles ont définitivement été bannies de la ville, puis les années suivantes, de l'Arabie.

 

Enfin Nous soulignons également la remarque de Gaillaume Dye (qui est tout sauf Nöldekian) dans un article critique au sujet d’un ouvrage publié sous la direction d’Angelika NEUWIRTH (Le coran dans son contexte), à la page 250, il fait référence aux Ethniques d’Etienne de Byzance pour rapprocher Μάκαι θνο μεταξ Καρμανικαραβί à la Mecque, source : Stephani Byzantii Ethnicorum quae supersunt , Ed.Meineke, Berlin, 1849, p427 ( 17)

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

[1] Il y aurait beaucoup à dire sur Hubal qui effectivement trouve sa place dans la Ka’ba … il est le gardien du « puit » à l’intérieur du sanctuaire … « puit » qui symboliquement une « porte » d’accès au monde infernal lieu des «eaux souterraines ».

[2] Concernant « Dabanegoris » un lien existe… bien que la notion de chapitre (sous-chapitre) n’est pas tout à fait la même (ainsi d’ailleurs que l’orthographe des lieux/noms) … problème certainement du à la traduction. Bref il y a bien un décalage d’un sous-chapitre entre « Oman, Omana » et « Dabanegoris » et « Machorbe » CQFD.

[4] Gibbon, Edward, Esq. Vol. 5, Chapter L, p. 442.

[6] Entre La Mecque et Ukkâz, il a très certainement existé des amalgames créés par les historiographes musulmans, selon une hypothèse. À coté de Ukkâz, La Mecque est plus modeste étant entendu que seuls les caravaniers ayant marché là-bas s'y rendent. La Mecque est désaxée par rapport aux routes caravanières, il faut donc y avoir un commerce pour s'y rendre. A l'opposé, des cités comme ukkâz se situent sur les routes caravanières et à ce titre, n'importe quel marchand y passe, qu'il y ait ou non des affaires à négocier. Nul doute donc qu'il y ait eu confusion, volontaire ou non, entre le rôle tenu par ces deux cités.

La Mecque ne se présente donc nullement comme une République ni même comme une cité incontournable politiquement, et encore moins comme une sorte de capitale de la région du Hedjaz. Elle n'a pas le prestige de cités comme Qaryat Al Fau où l'on a retrouvé des vestiges de palais, de citadelle et de souks datant du IIIe siècle apr. JC.

La Mecque ne semble avoir été qu'un petit centre marchand, favorisé géographiquement par sa proximité avec des routes caravanières importantes sans être elle-même véritablement positionnée dessus.

http://sabyl.forumactif.com/t97-la-mecque-pre-islamique

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 15:00

L’invention de La Mecque

(Partie 6/2)

 

Les résultats des dernières découvertes dans le domaine de l’épigraphie islamique en Arabie Saoudite

Les récentes prospections épigraphiques menées en Arabie Saoudite en novembre 2012 dans le cadre de la mission Oasis d’Arabie (CNRS, UMR 8167) ont permis de découvrir de nouveaux textes arabes datant des deux premiers siècles de l’Hégire. Il s’agit essentiellement de graffiti islamiques que la mission épigraphique se donnait pour but de relever et d’analyser. Lors d’une première prospection autour de la ville de Najrân (au sud de l’Arabie, près de la frontière yéménite), note l’épigraphiste Frédéric Imbert, notre attention a été particulièrement attirée par une cinquantaine de graffiti rassemblés sur des amoncellements de rochers au lieu-dit al-Murakkab. Les relevés systématiques ont mis en évidence la présence d’un noyau de textes très anciens dont l’un est daté de 59 de l’Hégire (678 de notre ère). Curieusement, ce texte est associé à des représentations gravées grandeur nature d’hommes aux bras levés dans la position dite de l’orant. Sans aucun doute ces figures humaines sont contemporaines des textes épigraphiques ; au-dessus de l’une d’entre elles, le nom d’al-Hayṯam b. Bishr se trouve gravé et se répète dans divers autres sites des alentours de Najrân.[1]

 

« En 1998, s’enthousiasme notre épigraphe de renom – ce qui ressemble à un aveu déguisé – nous avions posé les premiers jalons d’une réflexion se fondant sur l’analyse des graffiti de Jordanie, réflexion à travers laquelle nous devinions la matière d’une orientation nouvelle en épigraphie arabe. »

 

La nature des textes que nous découvrons petit à petit est parfois surprenante et relève d’une épigraphie de tous les possibles. Il est bien évident que les résultats auxquels nous sommes parvenus demandent encore à être confortés à la lumière de nouvelles analyses et de nouveaux textes épigraphiques. »[2]

 

La Ka'ba, un point d'eau pérenne, un enclos sacré

 

Professeur à l'université Paris VIII-Saint-Denis, la spécialiste Jacqueline Chabbi, qu’on ne peut soupçonner d’islamophilie, admet que la Ka'ba mecquoise fut édifiée à une époque indéterminée, peut-être vers la fin de la période romaine (sic). Ptolémée, géographe grec alexandrin du IIe siècle apr. J.-C., connaît la ville sous le nom de Macoraba. Ce nom, d'origine sémitique certaine, signifie probablement le « lieu du sanctuaire » pour indiquer que s'y trouve – comme ailleurs en Arabie – un espace sacré, porteur de divers « interdits », autrement dit un haram. Du fait de son étymologie qui ramène par inversion au mot baraka, le nom ptoléméen de Macoraba suggère que ce lieu sacré ait été relié à la présence d'une eau pérenne, qui se serait conservée durant les périodes de pire sécheresse, dans un ou dans plusieurs puits. La baraka combine en effet la notion de bénédiction avec celle de la présence d'une eau d'origine pluviale, condition essentielle de survie pour les populations de ces zones arides. (…)

 

Quant à son apparence primitive, la Ka'ba apparaissait probablement au départ comme un simple enclos de pierres sans toit, édifié à proximité immédiate du point d'eau salvateur au fond d'une vallée sèche et non arborée. Sa construction dans ce lieu insolite signalait manifestement déjà une intention cultuelle et confirmait son caractère d'espace sacré. (…)

 

Pointant par ses angles vers les points cardinaux, l'enclos sacré primitif, ébauche du cube actuel, aurait eu pour fonction de servir de support fixe à des roches sacrées. Il s'agissait sans doute qu'elles ne fussent pas emportées par les eaux lors de la submersion du site qui intervenait de loin en loin. En effet, cet enclos sacré qui faisait certainement déjà l'objet d'un rituel de pèlerinage se terminant par un sacrifice, se tenait, comme il est demeuré aujourd'hui, au plus bas de la cité. Celle-ci, traversée de ravines profondes entre des hauteurs abruptes, situe la Ka'ba dans le lieu de confluence de plusieurs vallées sèches. L'actuelle urbanisation forcenée du site, hérissé de palais princiers ou de gratte-ciel, ne parvient pas à masquer cette configuration particulière du terrain. (…)

 

Selon le régime bien connu des oueds, ce bas-fond que les textes anciens nomment de façon significative le « ventre » de La Mecque était temporairement et périodiquement inondable, avant que des grands travaux récents de canalisation ne mettent le site à l'abri de cet inconvénient. Ce n'en était pourtant pas un à l'origine, car l'eau provisoirement débordante approvisionnait les puits locaux et assurait l'abondance persistante de leur eau. Le flux submergeant devait donc être considéré comme une bénédiction.[3]

 

Généralité

 

Voir : http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=22674

 

La Mecque/Mekke « Makka » est, selon la tradition, la ville ou naquit le prophète en 570 ap JC … Son nom tant à se confondre avec son sanctuaire à savoir la Ka’ba (baytu Ilâh/Maison de Dieu) … La ville et d’ailleurs la Ka’ba existe bien avant l’Islam : le géographe Ptolémée (II siècle) mentionne la « Macoraba » qui peut être identifiée à La Mecque … et Diodore de Sicile parle d’une « pierre très sainte vénérée par les Arabes » qui ne peut être que la Pierre noire de la Ka’ba.

La Mecque était depuis des siècles, avant l’Islam, un lieu de pèlerinage … Les Arabes idolâtres et polythéistes révéraient, dans la Ka'ba leurs divinités tribales ainsi que la Pierre noire descendue du ciel.

 

Le prophète Mahomet fera disparaître les idoles mais gardera le nom du Dieu unique … Le Dieu par excellence : « al 'Ilah » (Allah) appelé aussi dans les tribus du sud de l'Arabie … « al Rahman » le Miséricordieux ce nom d'après Ryckmans : « désigne le Dieu unique dans les inscriptions monothéistes sabéennes » … Il respectera la Pierre noire que les Musulmans vénèrent encore aujourd'hui et le puits de Zamzam … Les pratiques cultuelles anciennes, comme les circuits/tournées (7 fois) autour de l'édifice sacré et l'immolation d'animaux à 'Arafa, à l'issue du pèlerinage annuel … seront aussi maintenues.

Toutefois, pour la tradition musulmane … il semble que ce ne soit pas la Ka’ba qui a donné naissance à la cité mais bien « l’eau » … celle d’une source que Dieu aurait fait miraculeusement jaillir en cette vallée désertique (nous sommes ici en plein Hijaz) pour sauver une esclave et son fils qui mourraient de soif … reprise du récit biblique de Gn (20,10-18) concernant Agar et son fils … cette source qui « jamais ne tarira » est celle dont s’abreuvent de nos jours les pèlerins et porte le nom de « Zamzam » (situé à l’orient de la Ka’ba).

D’ailleurs le nom de « Macoraba » d’un point de vue de son étymologie nous ramène à « baraka » … ce qui suggère la présence d’une eau pérenne … « baraka » combine la notion de « bénédiction/chance » avec celle de la présence « d’eau » d’origine pluviale.

 

La Mecque est nommément désignée dans le Coran qu’à deux reprises en (3,96) et (48,24) :

 

a) en (3,96) : Ici avec le nom de Bakka qui fait référence à une époque beaucoup plus reculée … celle du « premier temple/sanctuaire institué pour les hommes » … car pour le Coran le cycle prophétique commence par Abraham qui serait le fondateur de la Mecque (et donc de ce premier sanctuaire) … et dont les « assises ont été élevées » avec Ismaël (2,127) … et c’est là qu’Abraham aurait demandé à Dieu un « Messager » issu de sa descendance (2,129) … ce messager n’étant autre que Mahomet.

À cette « légitimité » historique (via Abraham) vient se greffer une « identité » ethnique des « habitants de la Mère des Cités » et de ses environs … ce principe identitaire permet de « particulariser » le peuple de la « Mecque » (et de ses environs) au même titre que les juifs et les chrétiens.

Les exégètes en ont conclu que la Mecque (Makka) s’appelait initialement « Bakka » … mais enfin tout cela ce sont des « croyances » au même titre que celles de la Bible … nous sommes dans une « continuité » mythique.

b) en (48,24) : Ici avec le nom Mecque/Mekke … où il est fait référence à la « vallée de la Mecque (batn Makka) » et la bataille entre polythéistes et musulmans (donc à l’époque de Mahomet). Mais nous avons d’autres versets où la Mecque est mentionnée en tant que … « cité » (2,126) (14,35) (27,91) (28,57) (29,67) (45,3) … ou « mère des cités » (6,92) (42, 7) etc.

 

A-t-on des références sur l’existence de la Mecque avant l’Islam ?

 

Ce problème est une constante dans les « critiques » qu’elles soient sur le Coran ou sur la Bible … nous n’avons qu’à nous remettre en mémoire le cas de Nazareth … sans parler de la Jérusalem de l’AT. Le moins que l’on puisse dire c’est que les géographes et autres historiens de l’Antiquité ne se bousculent pas pour nous parler de la Mecque … cela vaut ce que ça vaut, Ptolémée et Diodore de Sicile, et il y en a bien sûr d’autres.

 

Passage en revue :

 

a) Il est une ville d’Arabie qui est connue depuis la plus haute antiquité, c’est « Taymâ » … elle se situe sur un centre routier reliant l’Arabie (Sud de la Mecque), à la Syrie (environ 1000 Km de Damas), puis à la Mésopotamie (environ 1000 Km de Babylone) … Elle est mentionnée pour la première fois sous Teghlath-Phalazar III (744-727 av JC) qui lui imposa un tribut. Mais, chose encore plus extraordinaire, cette oasis (de surcroit Arabe) a été hissée au rang de capitale Babylonienne sous Nabonide (556-539 av JC) … Ce dernier y séjourna une dizaine d’années, et construisit un palais prestigieux (voir Beaulieu « le règne de Nabonide »).

 

b) Un autre nom de la Mecque est « Kûthâ » … c’est le même nom portée par une cité Mésopotamienne (autre lien avec la Mésopotamie) abritant le Temple de Nergal depuis ses origines … C’est le géographe arabe Yâqût qui avance ce nom donnée à la Mecque (voir son : « Dictionnaire des Pays ») … Ce dernier fournit quelques indications sur les origines de cette dénomination mésopotamienne. Yâqût explique que dans un premier temps … cette dénomination ne s’appliquait qu’au quartier de la famille mecquoise à charge du Temple … et ensuite celle-ci finit par désigner l’ensemble de la cité.

 

Selon Al Yaqût, « Bakka » désigne l’emplacement de la Kaaba tandis que Mekka désigne l’ensemble de la cité qui porte une vingtaine de noms : Nassa, Bassa, Kutha, al Haram, ar Râs, Al qâdis al Hatîma, et plus souvent : Umm-l-Qurâ (métropole ou mère des cités) et aussi Bayt-al-‘atiq : le temple antique… Géographes et commentateurs pensent que le terme de « Bakka » serait d’origine chaldéenne.

 

D’autre part Yâqût (via les dires de Alî ibn Abî Tâlib cousin de Mahomet) nous dit que les Qurayshites provenaient de la cité de Kûthâ … plus exactement ils se disaient Nabatéens venant de Kûthâ. Et enfin Yakût de préciser que les habitants de la Mecque peuvent s’appeler « kûthî » ou « kûthânî » … en donnant des noms de Mecquois portant ces noms.

 

c) L’historien Toufic Fahd, dans son étude sur « Le Panthéon de l’Arabie Centrale à la Veille de l’Hégire » montre que le terme de « Nabatéens de Kûthâ » désignait, entre autres, les descendants de Qusayy (réformateur qurayshite). Il explique aussi que ce nom de « kûtâh » serait aussi en rapport avec Abraham … mais bon !

 

d) Pour ce qui concerne Ptolémée qui intègre l’Arabie dans sa cartographie … il donne une localité du nom de « Macoraba/Makoraba » qui est, sauf preuve du contraire, identifiée à la Mecque … pour les « mordu » d’invariance des noms, ce dernier signale une autre localité du nom de « Lathrippa » qui n’est autre que « Yathrib » et maintenant « Médine ».

 

e) L’historien Romain Ammianus Marcellinus (vers 330) dans un de ses livres donne la liste de 7 cités d’Arabie Occidentale … dont l’une est « Hiérapolis » (pouvant se traduire par « ville sainte ») … c’est qu’à son époque la « sainteté » de la Mecque était clairement établie … ce qui n’était pas le cas sous Ptolémée qui lui parle de Macoraba.

 

f) Edward Gibbon … dans son livre « le déclin et la chute de l’Empire Romain » parle de la Mecque et de la Ka’ba en faisant référence à Diodore.

 

g) Dans un ouvrage sur le commerce ayant pour titre : De la politique et du commerce des peuples de l'antiquité ... nous avons bien la confirmation que la Mecque est bien l’ancienne Macoraba … ceci en faisant référence à M. Seetzen.

 

h) Une dernière référence il faut savoir terminer … qui confirme bien que la Mecque n’est autre que Macoraba, à savoir : La route caravanière de l’encens dans l’Arabie préislamique qui nous renseigne que : « les arrêts suivants étaient la Tabala de Ptolémée (actuelle Tabâla), Jarab et, la route suivant un long passage sédimentaire sur Harrat al-Buqûm jusqu’au wâdî Karâ, al-‘Ulaba dans le wâdî Turba. Puis, contournant par l’est les montagnes de cette partie du Hédjaz et suivant plus ou moins le tracé de la route actuelle qui contourne Harrat Hadan, la caravane gagnait les puits de Bi’r ‘Ân (ou Hâthin) puis ‘Ukâz - bien connue pour avoir été un centre majeur de réunion annuelle pour les tribus préislamiques venues débattre de questions commerciales, politiques ou sociales, mais aussi pour ses joutes de prose et de poésie. La Mecque, la Macoraba de Ptolémée, se trouve à trois jours de marche plus à l’ouest ; il est impensable que les caravanes ralliant la Méditerranée se soient détournées d’autant pour y faire étape. Ainsi, seuls les commerçants en route pour la Mecque laissaient la route principale derrière eux pour suivre celle qu’empruntèrent les pèlerins du Moyen Âge, route passant par Qurn al-Manâzil (aujourd’hui al-Sayl al-Kabîr) et al-Zayma. De Bîsha à ‘Ukâz, près de 260 kilomètres étaient ainsi parcourus en six jours de marche. »[4]

 

De nombreux autres bétyles,[5] parfois nommés également Kaaba, ont été adorés par les Arabes préislamiques. Ainsi, faisant allusion à la pierre noire de Dusares à Petra, Clément d'Alexandrie mentionnait vers 190 « que les Arabes adorent des pierres ».[6]

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

[5] Bétyle/Béthel même combat … Je vous renvoie à Jacob notamment Gn (28,18-19 ; 31,13 et 35,1-15).

Abraham a construit son premier temple à béthel, dans la vallée de Beka/Baka, aux environ de jerusalem.

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