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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 16:58

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Au nom d’Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux 

 

Les ouvrages malikites

Écrits à la manière des traditionalistes

Nouvelle version

 

Voici certaines grandes références malikites qui composèrent leurs ouvrages, selon le crédo des traditionalistes, ou pour reprendre un terme cher à el Maqrîzî, des salafis : si certains sont imprimés d’autres sont restés à l’état manuscrit. Néanmoins, ils restent intéressants dans la mesure où qu’il est faut dans l’absolu d’associer les malikites aux ash’arites ou aux soufis

 

1-                     L’Imam Mâlik lui-même (m. 179 h.) ; l’auteur d’el qadr wa e-radd ‘alâ el qadariya.

2-                    Son ami ibn Farrûkh (m. 175 h.) ; e-radd ‘alâ ahl el bida’.

3-                    ‘Abd e-Rahmân ibn el Qâsîm (m. 191 h.) ; risâla fî e-sunna.

4-                    ‘Abd Allah ibn Wahb (m. 197 h.) ; el qadar.

5-                    Asbagh ibn el Faraj el Masrî (m. 225 h.) ; e-radd ‘alâ ahl ahwâ.

6-                    ‘Abd el Mâlik ibn Habîb el Andalûsî (m. 238 h.) ; fadhâil e-sahâba.

7-                    Mohammed ibn Sahnûn (m. 256 h.) ; e-sunna, el hujja ‘alâ el qadariya,  et 6 autres ouvrages.

8-                    Ibn ‘Abd el Hakam (m. 268 h.) ; e-radd ‘alâ Bishr el Mirrîsî.

9-                    Abû Bakr el waffâr (m. 269 h.) ; e-sunna et e-risâla fî e-sunna.

10-                Yahyâ ibn ‘Omar el Kindî (m. 289 h.) ; e-ru-ya, el mîzân, e-radd ‘alâ e-shukûkiya, et e-radd ‘alâ el murjiya.

11-                Yahyâ ibn ‘Awn (m. 298 h.) ; e-radd ‘alâ ahl el bida’.

12-                Abû Zaïd el Qaîrawânî (m. 386 h.) ; usûl e-tawhîd, e-risâla, et 8 autres livres.

13-                Le grand Abû ‘Omar e-Talamankî (m. 429 h.) ; el usûl ilâ ma’rifa el usûl et 3 autres ouvrages.

14-                El Qahtânî et sa fameuse nûniya el Qahtânîya.[1]

 

Les facteurs à l’origine de la corruption de la croyance malikite au Maghreb

 

Le Mahdî ibn Tûmart (m. 524 h.)

 

À la tête de l’Empire des Muwahhidûn, il fut le premier homme à avoir corrompu la croyance malikite. De son vrai nom, Abû ‘Abd Allah Mohammed ibn ‘Abd Allah ibn Tûmart, il s’autoproclama le Mahdî. il avait des vues sur le pouvoir qu’il arracha à l’aube du cinquième siècle de l’hégire dans les terres du Maghreb. Avant cette période, il s’était rendu en Iraq pour enrichir sa culture religieuse. Il avait un ascendant pour l’ascétisme et la piété.

 

De retour au bercail, il conquit les cœurs de certains montagnards et incultes peu versés en l’Islam. Il leur donna quelques enseignements et s’autorisa même à leur montrer de faux miracles afin de les faire adhérer à sa conception de la religion. Il revendiqua notamment être le Mahdî annoncé par le Prophète (r) et ses adeptes lui vouaient une énorme considération. En raison des principes Ash’arites et philosophiques qu’il leur avait inculqués, ils firent impunément verser le sang des musulmans en attentant à la vie de milliers d’habitants de la région qui étaient fidèles au traditionalisme. Accusés à tort d’être des Mushabbaha (Assimilateurs) et des Mujassama (anthropomorphistes), ils en pâtirent de leur vie.[2] Ainsi, ibn Tûmart fut à l’origine de l’extension de la croyance Ash’arite en terre du Maghreb, qui baignait auparavant dans un climat Salafî.[3]

 

Abû el Qâsim el Qushaïrî et Abû Hâmid el Ghâzâlî

 

L’une des raisons indirectes, qui ont contribué à la corruption de la croyance malikite au Maghreb, est, à partir du cinquième siècle de l’hégire, la pénétration du soufisme dans les rangs de ses adeptes par l’intermédiaire de deux hommes : Abû el Qâsim el Qushaïrî et Abû Hâmid el Ghâzâlî.[4]

 

Abû Dharr el Harawî

 

Nous pouvons ajouter une raison à l’origine de l’expansion de l’ash’arisme jusqu’au détroit de Gibraltar, et qui a peut-être échappé à certains spécialistes. Dans siar a’lâm e-nubalâ, Dhahabî nous relate la biographie d’Abû Dharr el Harawî, qui, au dire d’Abû el Walîd el Bâjî, fut marqué par sa rencontre avec le dhî Abû Bakr el Baqallânî. Pourtant, aux dires d’ibn Taïmiya, celui-ci considéré comme le second fondateur de l’Ash’arisme.[5]

 

Voici en détail l’anecdote d’el Bâjî : « Le Sheïkh Abû Dharr [el Harawî] m’a informé qu’il penchait vers sa tendance. Je lui demandai alors : « D’où te vient ce penchant ?

-           Un jour, à Bagdâd, je me promenais avec le Hâfizh Dâraqutnî, et nous avons croisé Abû Bakr ibn e-Taïyib [el Baqallânî]. Le Sheïkh Abû el Hasan le serra alors dans ses bras et lui embrassa le visage et les yeux. Une fois que nous l’avons quitté, je me tournais vers lui pour lui demander : « Qui est-il pour que tu fasses en son honneur ce qui ne me serait jamais passé à l’esprit venant de toi, l’Imâm de notre époque ? » – C’est l’Imâm des musulmans, justifia-t-il, le défenseur de la religion, Abû Bakr ibn e-Taïyib el Qâdhî. »

 

Depuis ce jour, poursuivit Abû Dharr, je le visitais régulièrement avec mon père, et dans tous les pays du Khurasân et ailleurs que j’ai visités ; les traditionalistes les plus notoires suivaient tous, sans exception, sa tendance et sa voie. »[6]

 

Ainsi, d’obédience malikite dans le fiqh, el Harawî épousa le crédo ash’arite. Compté parmi les narrateurs du sahîh el Bukhârî, Il importa le kalâm à La Mecque où il prit résidence, et en devint le porte-parole à tous les pèlerins en provenance du Maghreb et de l’Andalousie venus pourtant étudiés le hadîth. Ces derniers dérogèrent ainsi à l’usage en vigueur chez les grands traditionalistes malikites avant eux, à l’instar d’Asîlî, Abû el Walîd ibn el Faradhî, Abû ‘Omar e-Talamankî, Makkî el Qaïsî, Abû ‘Amr e-Dânî, et enfin Abû ‘Omar ibn ‘Abd el Barr qui n’avaient jamais trempé dans le kalâm.[7]

 

Ainsi, ce flux migrateur (circuit initiatique) de l’Occident vers l’Orient eut, malheureusement, des contrecoups défavorables. Ibn Taïmiya fait remarquer que de grandes sommités maghrébines furent affectées par ce fléau. Abû el Walîd el Bâjî lui-même prit contact avec Abû Ja’far e-Samnânî. Partisan hanafite, il fut l’élève de… Abû Bakr el Baqallânî. Le grand dhî Abû Bakr ibn el ‘Arabî, fut influencé dans son voyage en Orient par el irshâd d’el Juwaïnî.[8] Rappelons qu’il était l’élève d’Abû Hâmid el Ghâzâlî, l’un des deux instigateurs à l’origine de l’essor du soufisme sur les côtes ouest de la Méditerranée. Il disait au sujet de son Sheïkh : « Si nous ne sommes qu’une goûte au milieu de son océan, nous ne faisons que le réfuter avec ses propres paroles. »[9] Aristote, l’un des pères fondateurs de la Logique formelle disait dans ce registre : « Ami de Platon, mais encore plus de la vérité. » Ibn el Qaïyim aura des paroles de ce genre envers Sheïkh el Islâm… Abû Ismâ’îl el Harawî, ne pas confondre avec Abû Dharr dont nous avons parlé plus haut.

 

Wa Allah a’lam !

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

 

 



[1] Voir : takhîr tadwîn el ‘aqîda e-salafiya de ‘Abd e-Salâm ibn Barjas – qu’Allah lui fasse miséricorde –.

[2] Voir : Majmû’ el Fatâwâ (11/475).

[3] Voir : introduction de la recension de Kitâb el ‘Arsh (1/57-62) de l’Imâm e-Dhahabî (m. 746 h.) par le Docteur Mohammed ibn Khalîfa e-Tamîmî.

[4]Voir l’introduction à e-Risâla el Wâdhiha fî e-Rad ‘alâ el Ashâ’ira (1/38) d’ibn el Hanbalî, recension du Docteur ‘Alî e-Shibl. 

[5] Voir : Nash-a el Ashâ’ira wa Tatawwaruha (p. 320).

[6] Siar a’lâm e-nubalâ de Dhahabî (17/558).

[7] Siar a’lâm e-nubalâ de Dhahabî (17/557).

[8] Dar-u ta’ârudh el ‘aql wa e-naql d’ibn Taïmiya (2/101).

[9] Siar a’lâm e-nubalâ (10/8-9).

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 08:31

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Le destin

(Partie 4)

 

Les lois universelles et les lois textuelles

 

[Les décrets d’Allah étaient inéluctables][1] : les décrets d’Allah en question sont les décrets universels, en sachant qu’il existe deux sortes de lois divines :

1-       Les Lois universelles : comme dans le Verset : [S’Il décide d’un ordre, il Lui suffit de dire : sois, et il est].[2]

2-       Les Lois textuelles : elle correspond aux obligations de la religion (l’adoration, la prière, l’aumône légale, l’obéissance aux parents, etc.). 

 

Les premières (qui relèvent de la Volonté décrétive d’Allah ndt.) s’accomplissent toujours, alors que les secondes (qui relèvent de la Volonté préceptive d’Allah ndt.) peuvent être contrecarrées dans le sens où les serviteurs peuvent désobéir à Dieu. C’est la différence qui existe entre ces deux sortes, et le Verset en question fait référence à la première. Autrement dit, tout ce qui existe dans l’univers fut décrété au préalable par Dieu.

 

[Alors qu’Allah vous a créés, vous et vous actes][3] : Il crée tout ce que vous faites. Ce constat va à l’encontre des qadarites mu’tazilites qui attribuent à l’homme une liberté absolue échappant à la Volonté décrétive d’Allah. Le problème, c’est qu’ils ne distinguent pas entre deux réalités, qu’il est pourtant facile de concilier ; soit, les créatures, en effet, sont les vrais auteurs de leurs actes, mais ceux-ci sont soumis à la création d’Allah.

 

[Nous avons créé toute chose selon une mesure][4] : ce Verset confirme ce crédo, étant donné que le Très-Haut a déterminé tout le bien et le mal qui se produit dans la création. Nous pouvons en dégager deux enseignements :

1-      Allah (I) est le Créateur de toute chose.

2-      Toute chose est soumise à Son décret antérieur.

 

La patience et la paix intérieure sont l’un des fruits de la croyance au destin

 

Il existe trois sortes de patience :

 

1-      Patienter face aux obligations.

2-      Patienter face aux interdictions.

3-      Patienter face au destin.

 

 La première sorte : patienter face aux obligations. L’âme est encline à la paresse et au repos. Il faut l’obliger à se soumettre à Allah à travers la prière, le jeûne, le djihad : des rituels qui peuvent sembler lourds pour elle.

 

La deuxième sorte de patience : patienter face aux interdictions. L’âme est prédisposée à transgresser les interdits et à s’abandonner aux plaisirs. Il incombe donc de la retenir par la force et de l’empêcher d’assouvir ses ambitions. C’est un effort qui n’est pas facile et qui réclame de la patience. Sans être armé de patience, on laisse le champ libre aux mauvais penchants qui vont prendre le dessus sur la raison.

 

La troisième sorte de patience : patienter face au mauvais destin et aux malheurs qui touchent l’individu (décès d’un proche, perte d’argent, maladie, etc.). Il faut prendre son mal en patience, et se résoudre à son sort qui fut décidé par Allah. Rien ne sert de crier, pleurer contre le sort, de s’arracher les joues et les vêtements pour exprimer son mécontentement.

 

En revanche, la patience n’est pas le remède des péchés, mais plutôt le repentir et la ferme résolution de ne plus récidiver. Or, contrairement aux péchés, l’homme n’a pas le pouvoir de repousser les malheurs qui lui surviennent. Allah les a écrits soit pour éprouver l’individu soit en punition à ses péchés, comme l’exprime le Verset : [Tout malheur qui vous survient est le fruit de vos actes bien que, pour beaucoup d’entre eux, Il n’en tienne pas rigueur].[5] Le musulman doit se montrer fort lorsqu’un drame touche sa personne, ses biens, ses enfants, ses proches ou l’une de ses connaissances. Allah (I) révèle : [Ceux qui, lorsqu’ils sont atteints par un malheur disent : nous sommes à Allah et c’est vers Lui que nous retournons • Ceux-là reçoivent les Prières de leur Seigneur et la Miséricorde ; ceux-là sont guidés sur le droit chemin].[6]

 

C’est de cette façon que le croyant accueille les événements difficiles. Il doit avoir la même réaction face aux obstacles qu’ils rencontrent dans la prédication, et sur lesquels il n’a aucun pouvoir. Le droit chemin est pavé d’embûches, il ne doit pas baisser les bras. Contrairement à certains qui, à la première épreuve, sont abattus. Ils abandonnent leur activité (enseignements, prédication, chaire du vendredi, imamat d’une mosquée, et même la propagation de la morale). Ils avancent l’excuse qu’ils ne sont pas obligés de s’investir dans ce genre d’actions pour en payer le prix lourd.

 

En cas d’erreur, il suffit de revenir à la vérité, mais quand on a raison, il faut rester sur ses positions en dépit des conséquences. Il faut garder entre les yeux qu’on agit pour Allah et qu’on sera récompensé pour ses efforts. Notre exemple est celui des prophètes qui endurèrent les pires difficultés, mais qui tendirent haut l’étendard du Tout-Puissant. Ils tinrent le coup jusqu’à ce que leur vint la délivrance.

 

En se soumettant au destin, on se libère des chaines du chagrin et du défaitisme

 

Le Prophète (r) cherchait refuge auprès d’Allah contre le chagrin (huzn) qui est un déplaisir dû à une cause passée et qui est irréversible. Ses invocations portaient également sur la peur de l’avenir (hamm).[7] On doit uniquement se concentrer sur le présent en mettant tout en œuvre pour arranger sa situation du moment. Vivre au jour le jour est la meilleure façon de s’appliquer dans son travail, et de fermer la porte aux soucis.

 

Le Prophète (r) nous oriente vers une invocation qui réclame de faire des efforts, soit pour concrétiser une ambition soit pour repousser un mal, tout en comptant sur la générosité du Seigneur. Les choses ne se font pas toutes seules. Il faut mettre la main à la pâte, mais cela n’empêche pas de se tourner vers Allah. Il faut associer l’action aux invocations. C’est valable aussi bien pour les choses de la vie courante que celles touchant à la religion. Le croyant demande au Seigneur de lui accorder la réussite dans son entreprise et de lui venir en aide. Le Prophète (r) préconise à ce sujet : « Veille à ce qui t’est utile, tout en comptant sur l’aide du Seigneur, mais sans baisser les bras. S’il t’arrive quoi que ce soit, ne dis pas : « j’aurais dû faire telle et telle chose », mais dis : « c’est le destin qu’Allah m’a écrit ». Car, avec des « si », on ouvre la porte à Satan. »[8]

 

D'un côté, le croyant prend soin de ses affaires et, d’un autre côté, il s’en remet à Dieu dans toutes les situations. Il ne s’avoue jamais vaincu, car il compte sur Son soutien. Le défaitisme en effet est une forme de fainéantise, qui est très néfaste pour l’individu. D’un autre côté, résigné, il tourne la page au passé et il se soumet au décret divin. Il arrive à conjuguer entre ces deux sentiments.

 

Ainsi, le destin se partage en deux : une partie qui est entre les mains de l’individu et sur laquelle il peut influer soit en recherchant un bien soit en évitant un mal, ou dans le pire des cas, en l’atténuant. Il a besoin de l’aide du Seigneur pour réaliser ses ambitions. L’autre partie ne dépend pas de sa volonté. C’est la raison pour laquelle il l’accueille avec résignation et apaisement. Il va sans dire qu’en tenant compte de ce principe, on fait un grand pas vers le bonheur.[9]

 

L’invocation est un doux remède pour affronter l’avenir

 

Une invocation (du’a) qui tient compte de l’avenir du musulman a été prescrite par le Prophète (r). Celle-ci constitue l’un des moyens les plus efficaces dans ce domaine. Voici son énoncé : « Ô Allah ! Arrange ma religion qui me sert de protection ! Arrange ma situation matérielle qui me permet de vivre ! Et arrange mon au-delà où se fera mon retour ! Que la vie me rapporte le plus de bien possible et que la mort me soulage de tout le mal possible ! »[10] Une autre invocation formule : « Ô Allah ! J’espère en Ta Miséricorde, alors ne me livre pas à mon propre sort ne serait-ce que le temps d’un clin d’œil ! Arrange toutes mes affaires, il n’y a d’autre dieu en dehors de Toi ! »[11] Le croyant se tourne vers cette du’a qui tient compte de son futur sur terre et dans l’au-delà. Il pèse chaque mot qu’il prononce avec une intention sincère. Puis, il lève les manches en comptant sur l’aide du Seigneur qui lui réalisera ses ambitions et qui changera son chagrin en joie.[12]

 

Conclusion

 

Le musulman est actif et il ne s’en remet nullement au destin qui peut dépendre de sa volonté ou non. Il se donne les moyens d’arriver à ses buts pour ses affaires qui touchent à la vie de tous les jours, mais aussi à celles qui touchent à la religion, et qui ne sont pas moins importantes. Selon une Loi universelle d’Allah, chaque entreprise qu’elle soit matérielle ou religieuse passe par des moyens. Par instinct, l’homme sait que les résultats sont le fruit de l’effort. Il n’est donc pas pertinent de négliger les œuvres pieuses sous prétexte que tout est écrit par avance. Le Paradis n’est pas gratuit, il est la consécration des efforts fournis sur terre pour plaire au Seigneur. En ne faisant pas ces efforts, non seulement on se prive tout seul du Paradis, mais, pire, on signe ainsi sa propre condamnation à l’Enfer éternel.

 

Il devient clair que notre sort dans la vie future ne dépend pas seulement de la prédestination, mais, avant tout, de nos efforts. Ce n’est pas parce que tout est écrit à l’avance qu’il ne faut rien faire. Le destin ne fait que prévoir les événements, mais chacun est responsable de ses actes. Le Paradis est prévu pour les bons et l’Enfer est pour les mauvais ; chacun choisit son camp !

 

Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

 

 

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 



[1] Les coalisés ; 38

[2] Yâsîn ; 82

[3] Les rangées d’anges ; 96

[4] La lune ; 49

[5] La concertation ; 30

[6] La vache ; 156-157

[7] Le hadîth en question est rapporté par el Bukhârî et Muslim.

[8] Rapporté par Muslim (2664), ibn Qudâma (79), et Ahmed (2/370).

[9] Voir : les moyens utiles d’avoir une vie heureuse de Sheïkh e-Sa’dî.

[10] Rapporté par Muslim (2720).

[11] Rapporté par Abû Dâwûd (5090) et Ahmed (5/42).

[12] Voir : les moyens utiles d’avoir une vie heureuse de Sheïkh e-Sa’dî.

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 07:51

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Le destin

(Partie 3)

 

Les traditionalistes empruntent la voie du milieu

 

Les traditionalistes, pour le part, et pour ne pas changer à leurs habitudes, ont une tendance médiane en concédant à l’homme, en accord avec les qadarites, une liberté d’action, mais dans les limites de la Volonté divine, en accord avec les jabarites. Sheïkh el Islam ibn Taïmiya explique à ce sujet : « Ils se trouvent au milieu entre les différentes tendances comme l’Islam est au milieu entre les autres croyances. »[1]

 

Il a dit également : « Leur tendance est médiane dans le domaine des Noms d’Allah (I) entre les mu’attila (les négateurs ndt.) jahmites et les mushabbiha (assimilateurs ndt.).[2]Leur tendance est médiane dans le domaine des Actions d’Allah (I)entre les qadarites (partisans du libre libre ndt.),[3] et les jabarites(déterministes ndt.).[4] Dans le domaine du mauvais devenir de l’homme (el wa’îd : la menace ndt.), ils sont entre les murjites[5] et les wa’îdiya[6] parmi les qadarites[7] et autres. Concernant les diverses catégories d’individus dans le domaine de la foi et de l’appartenance à la religion, ils sont entre les harûrites[8] et les mu’tazilites d’un côté et les murjites et les jahmites de l’autre. Concernant les Compagnons du Prophète (r), ils sont entre les râfidhiteset les kharijites. »[9]

 

En s’opposant ainsi aux deux tendances extrêmes, ils ne font que se conformer aux textes scripturaires des musulmans, le Coran et la sunna en l’occurrence. Ils disent, en un mot que l’homme choisit lui-même le mauvais chemin ; il en a le pouvoir et la volonté. Sinon, pour répondre aux jabarites, pourquoi mériterait-il d’aller en Enfer ?

 

Les textes ne s’accordent avec aucune des deux tendances opposées

 

Voici les preuves textuelles allant à leur encontre. Pour le Coran, nous avons le passage : [Pour celui d’entre vous qui veut suivre le droit chemin Mais vous ne le voudrez que si Allah le Seigneur de l’Univers le veut].[10] L’homme jouit de l’alternative de prendre le bon chemin ; il n’est soumis à aucun déterminisme. Il a le choix d’être croyant ou non ; une seule et même personne peut sombrer ou non dans la débauche, le vol, l’adultère, etc.

 

Le premier Verset répond aux jabarites qui contestent le libre arbitre, et le second prend à partie les qadarites qui contestent le destin.

 

Concernant la seconde référence, nous avons le hadîth de Jibrîl dans lequel ce dernier interrogea le Prophète (r) en ces termes : « Parle-moi de la foi.

-     C’est de croire en Allah, répondit-il, à Ses anges, à Ses Livres, à Ses prophètes, et au Jour dernier. Tu dois également croire au destin qu’il soit bon au mauvais. »[11]

 

Le destin comprend quatre étapes indispensables au crédo

 

Voici les quatre étapes du destin qui s’insèrent dans le crédo du musulman. Sans n’y donner foi, on n’a plus aucun lien avec l’Islam, car cela revient à renier l’un des piliers de la foi, le destin. Voici la preuve textuelle du sixième pilier de la foi : [Nous avons créé toute chose selon une mesure][12] ; Toute création d’Allah (I) est prédestinée et précédée par les étapes du destin que sont : le Savoir antérieur, l’écriture dans la Table gardée, et la Volonté divine. Elle n’est pas le fruit du hasard.

 

Ces quatre étapes du destin sont comme suit :

-     Le savoir antérieur.

-     L’écriture.

-     La Volonté.

-     La création.

 

La première étape : le savoir : Allah (I) sait toute chose que ce soit dans le passé infini (prééternel) ou dans le futur infini (postéternel). C’est cette étape que les qadarites ultras remettent en question. Rien n’échappe à Son Savoir ancien et prééternel (azalî) et postéternel (abadî). Il connait les événements avant qu’ils ne se produisent. En reniant cette étape du destin, on devient un apostat. 

 

La deuxième étape : l’écriture dans la Table gardée : Allah a écrit toute chose dans la Table gardée (lawh el mahzh), comme l’indique le hadîth : « La première chose qu’Allah (I) créa est la plume a qui Il ordonna : « Écris !

-     Que dois-je écrire, demanda-t-elle ?

-     Écris tout ce qui se passera jusqu’au jour de la résurrection. »[13]

 

Rien n’est négligé comme le souligne le Verset : [Tous les malheurs qui surviennent sur terre ou qui touchent vos personnes sont consignés dans un livre avant que Nous les ayons créés ; cela est, pour Allah, très facile].[14] Le livre en question est le lawh el mahzh. Il consigne toute chose avant son existence. Un autre hadîth va dans ce sens : « Allah décréta le destin des hommes cinquante mille ans avant la création de la terre et des cieux ; Son Trône était sur l’eau. »[15] Tout fut scellé cinquante mille ans avant la création de notre univers. En disant qu’Allah connait toute chose, mais qu’Il n’a rien écrit dans la Table gardée, on devient apostat, car cela revient à renier cette étape.

 

La troisième étape : la Volonté d’Allah : toute chose est soumise à la Volonté d’Allah (mashî-a). Rien dans Son Royaume ne se produit sans qu’Il ne le veuille, contrairement aux allégations des qadarites. En voici la preuve : [Si Allah l’avait voulu, ils ne se seraient pas entretués, mais Allah fait se qu’Il entend][16] ; [Allah fait ce qu’Il veut].[17] Tout ce qu’Allah souhaite est enregistré dans le lawh el mahzh avant de se réaliser. Rien ne se produit sans Sa Volonté. L’étape de la mashî-a vient juste avant celle de la création. Quand Allah (I) veut une chose, elle sort immédiatement du néant. En disant que les événements se produisent sans qu’intervienne la Volonté d’Allah ou contre Sa Volonté, on devient mécréant. 

 

La quatrième étape : la création  qui est l’aboutissement des trois étapes précédentes (le savoir, l’écriture, et la Volonté). Allah (I) est le Créateur de toute chose. Il suffit qu’Il en émette la volonté pour la faire exister. Toute chose est donc soumise à Sa création. Les actes des hommes et ce qui en découle sont de ce registre. Autrement dit, ils entrent dans la création d’Allah. Chaque chose vient à son moment conformément au décret préalable d’Allah (Y).

 

Comment conjuguer entre la prédestination et le libre arbitre ?

 

Personne n’est à même de passer outre le destin qui lui fut prescrit. Les mu’tazilites accordent à la créature une volonté débordante et sur laquelle le Créateur n’aurait aucun pouvoir. En réalité, l’individu est mis à l’épreuve. C'est pourquoi il jouit d’une liberté d’action dans des limites déterminées, et devra rendre des comptes sur tous ses faits et gestes.

 

Or, il n’a rien d’autre en mains que de faire les « causes », et les résultats et les fruits reviennent au Tout-Puissant. Parfois, ses péchés le rattrapent. C’est ce qui explique certains malheurs auxquels il est confronté. En règle générale, qui sème le bien récolte le bien et qui sème le mal récolte le mal. C’est le Coran qui nous l’apprend : [Quant à l’homme qui donne aux autres qui craint Dieu et qui donne foi à la promesse  Nous lui faciliterons le bon chemin   Quant à l’avare qui est plein de suffisance Et qui dément la promesse  Nous lui faciliterons le mauvais chemin].[18] En se donnant les moyens de prendre le bon chemin, on reçoit le soutien d’Allah en plus de la récompense. Il est possible également que le Tout-Puissant laisse faire les mauvaises actions en vue de punir leurs auteurs. Les mauvaises intentions ne rapportent rien de bon : [Quant à l’avare qui est plein de suffisance Et qui dément la promesse Nous lui faciliterons le mauvais chemin].[19]

Les faux prétextes n’ont pas leur place. Selon certains, à quoi bon faire des œuvres si nos places sont déjà écrites à l’avance. Ce genre de réaction est inadmissible, sinon, il faudrait avoir le même raisonnement avec tout le reste. Ils n’ont qu’à s’assoir tranquillement jusqu’à ce que leur vienne leur nourriture. Mais, ils ne peuvent le faire, car c’est contraire à la nature humaine. L’instant de survie se déclenche également lorsqu’on subit une agression. Personne ne dit qu’il faut rester passif sans se défendre ou se venger de son agresseur ! Selon une loi universelle, il n’y a pas d’effet sans cause. Le monde animal nous montre la voie. L’oiseau n’attend pas que sa nourriture lui vienne dans son nid. Il est programmé pour bouger et faire des efforts pour échapper à la faim : [Tiens ton visage sur la religion fidèle à Allah ; la nature qu’Allah a insufflée à l’homme, rien ne peut changer la création d’Allah].[20] [Il est Celui qui a donné à toute création la forme qui lui convient, et qui l’a guidé ensuite].[21]

 

Cet argument infondé a montré ses limites. Non seulement il s’oppose aux textes du Coran et de la sunna, mais également à la nature humaine. Il incombe au musulman de suivre le bon chemin, et, dès qu’il glisse, de revenir à Dieu. Il en a la faculté et l’alternative. Dans l’éventualité où pour une raison ou une autre, il est retenu par l’incapacité d’agir, Allah ne lui en tiendra pas rigueur. En revanche, la fainéantise, qui est une forme de négligence, n’est pas une excuse en soi. Il y a donc une différence entre l’incapacité, qui est une forme d’impuissance, et la fainéantise.

 

Personne ne peut échapper à son destin, mais cela ne veut pas dire qu’il faut rester les bras croisés. Nous avons le devoir de mettre en avant les causes, tandis que les résultats sont entre les Mains du Très-Haut. Il est possible de ne pas voir les fruits de ses efforts ; l’essentiel est d’œuvrer. Le Messager d’Allah (r) nous dit bien : « Le croyant fort est meilleur et plus aimé par Allah que le croyant faible, mais il y a du bien chez tous les deux. Veille à ce qui t’est utile, tout en comptant sur l’aide d’Allah, mais sans baisser les bras. S’il t’arrive quoi que ce soit, ne dis pas : « j’aurais dû faire telle et telle chose », mais dis : « c’est le destin qu’Allah m’a écrit. »[22]

 

Les résultats ne nous appartiennent pas. Rien ne sert de pleurer sur son sort en cas d’échec. Nous devons nous dire qu’Allah nous réserve mieux, que, finalement, ce n’était pas la meilleure affaire, et qu’heureusement, Il nous a épargnés d’un malheur.

 

Cinquante mille ans avant la création de notre Univers, Allah ordonna à la Plume d’écrire dans la Table gardée tous les événements qui se produiront jusqu’à la fin du monde.[23] À cette époque, Son Trône était sur l’eau. Tout ce qui a été prédit a obligatoirement lieu, mais cela n’empêche pas de mettre en œuvre les causes, sans se reposer sur le destin. Il n’est pas raisonnable de rester à rien faire ! L’Islam l’interdit absolument. La Plume n’a fait que retranscrire ce que chacun d’entre nous allait faire, mais, au même moment, nous devons nous donner les moyens d’arriver à nos objectifs. S’il est écrit que j’aurai un enfant, c’est que je devais me marier. Il n’y a pas d’effet sans cause. Si mes projets avortent, je n’aurai aucun regret, car je sais que j’ai mis tous les moyens en œuvre pour les mettre à terme. C’est sûrement un mal pour un bien !

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

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[1] El fatâwâ (4/140).

[2] Ils reconnaissent les Noms et les Attributs divins à outrance au point de faire ressembler Allah à Ses créateurs. (N. du T.)

[3] Ils dénient qu’Allah puisse avoir une action quelconque sur le libre arbitre des êtres humains. En d’autres termes, ils prétendent qu’Allah ne crée pas les actions de l’homme (N. du T.)

[4] Ils reconnaissent l’action d’Allah sur l’homme à outrance à tel point de dire que ce dernier n’a aucun libre arbitre, et qu’Il est entre les Mains d’Allah comme un automate. (N. du T.)

[5] Ils assument que l’auteur des grands péchés va directement au Paradis sans passer éventuellement par un séjour en Enfer. (N. du T.)

[6] Ce sont les kharijites et les mu’tazilites. Ils disent que l’auteur des grands péchés séjourne éternellement en Enfer. (N. du T.)

[7] Ces derniers n’admettent pas qu’Allah puisse à la fois être le créateur des actes de l’homme et à la fois le châtier en Enfer. Comme ils pensent que cela est une forme d’injustice, ils ont tous simplement renié le Pouvoir d’Allah sur les actions de l’homme en disant que l’homme crée ses propres actions. Ils sont comparables ainsi aux manichéens, ceux qui croient au Dieu du bien et au Dieu du mal. (N. du T.)

[8] Une secte des kharijites ayant pris pour repaire sous le Khalifat d‘Alî, la montagne de Harûra en Iraq. (N. du T.)

[9] Majmû’ el fatâwâ (3/141).

[10] Quand le ciel sera ployé ; 28-29

[11] Rapporté par Muslim (8), selon ‘Abd Allah ibn ‘Omar – qu’Allah les agrée son père et lui –.

[12] La lune ; 49

[13] Rapporté par Abû Dâwûd (4700), e-Tirmidhî (2155), et Ahmed dans el musnad (22707), selon ‘Ubâda ibn e-Sâmit (t).

[14] Le fer ; 22

[15] Rapporté par Muslim (2653).

[16] La vache ; 253

[17] Le pèlerinage ; 18

[18] La nuit ; 5-10

[19] La nuit ; 8-10

[20] Les Romains ; 30

[21] Tâ-hâ ; 50

[22] Rapporté par Muslim (2664), selon Abû Huraïra (t).

[23] La Table gardée est le registre dans lequel est enregistré le destin général, mais il existe également des destins particuliers extraits de l’écriture antérieure. Ex. : le quatrième mois, l’âme est insufflée à l’embryon avec la venue de l’ange qui reçoit l’ordre d’écrire quatre choses : ses œuvres, sa durée de vie, sa richesse, et son devenir (heureux ou malheureux).

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 14:56

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Le destin

(Partie 2)

 

La chronologie de la prédestination

 

Dans son ouvrage shifâ el ‘alîl fî el qadhâ wa el qadar wa el hikma wa e-ta’lîl, ibn el Qaïyim – qu’Allah lui fasse miséricorde – recense à un certain nombre de textes en relation avec ce sujet (notamment ceux ci-dessus) et il en fait une synthèse en disant : « Il s’agit du destin journalier qui vient après le destin annuel, qui, lui, vient après le destin personnel ».

 

-           Le premier est déduit du Verset : [Chaque jour, Il est à l’ouvrage].

-           Le deuxième est déduit du Verset : [Cette nuit-là, tout ordre sage est tranché].[1]

-          Le troisième est déduit des hadîth qui parlent de la conception de l’enfant dans le ventre de sa mère.

 

Voici le passage en question en entier : « Il s’agit du destin journalier qui vient après le destin annuel, qui, lui, vient après le destin personnel ayant lieu le jour où l’âme entre en contact avec le corps ; celui-ci vient également après la première étape de sa formation à l’état d’embryon ; celui-ci vient après le destin antérieur à son existence, mais pas avant la création des cieux et de la terre ; c’est celui venant après qui est antérieur à leur création de cinquante mille ans. Chacun d’eux est la version détaillée du destin antérieur. Tous mettent en lumière la perfection du Savoir, de la Puissance, et de la Sagesse du Seigneur, et ils familiarisent un peu plus les anges et les pieux serviteurs avec Lui et Ses Noms. »

 

Puis, il enchaine : « Tous ces hadîth et ceux qui vont dans leur sens s’accordent à dire que le destin antérieur n’empêche nullement d’agir ni ne pousse à se reposer dessus. Il encourage plutôt à redoubler d’efforts. C’est pourquoi, lorsqu’un Compagnon en eut connaissance, il s’exclama : « Je n’ai jamais été autant motivé qu’aujourd’hui ! »

 

Abû ‘Uthmân e-Nahdî s’adressa à Salmân en ces termes : « Moi, je suis encore plus heureux de savoir qu’il y a une écriture antérieure que d’assister à sa concrétisation. »

 

Autrement dit, Allah décréta dans Sa prescience qu’il aura tel destin ; Il le lui facilita et Il le prépara pour y arriver. Il fut donc plus heureux de savoir qu’Il lui avait prédestiné tel destin que de connaitre les causes à l’origine de sa concrétisation. »[2]

 

« celui-ci vient également après la première étape de sa formation à l’état d’embryon » : il fait allusion au passage de Hudhaïda ibn Usaïd disant : « Une fois que la nutfa (goutte de sperme ndt.) est fixée dans l’utérus après quarante ou quarante-cinq nuits, l’ange lui rend visite. » En revanche, dans le hadîth d’Abd Allah ibn Mas’ûd, cette visite a lieu au moment de lui insuffler l’âme. Nous sommes donc confrontés à une divergence chronologique entre les deux textes.

 

 « celui-ci vient après le destin antérieur à son existence, mais pas avant la création des cieux et de la terre » : il parle du destin général qui est antérieur à la création des hommes et qui est extrait de la Table gardée, comme le confirme l’anecdote d’Adam précédemment citée, et dans laquelle Allah prédit pour sa descendance : « Ceux-là sont pour le Paradis, et ceux-là sont pour l’Enfer » Ce destin vient après la création des cieux et de la terre, car c’est à cette période qu’Adam fut sorti du néant, comme en témoigne le hadîth selon lequel Allah passa Sa Main droite sur le dos d’Adam (u), et d’où Il sortit sa descendance. 

 

« c’est celui venant après qui est antérieur à leur création de cinquante mille ans » : c’est la première écriture qui correspond au destin général.

 

Ibn el Qaïyim – qu’Allah lui fasse miséricorde – a eu le génie de nous reconstituer toutes les étapes du destin en regroupant et en recoupant tous les hadîth sur le sujet avec une précision incroyable. Il nous apprend que tous les destins ultérieurs au premier registre qui se trouve dans la Table gardée en sont les écritures détaillées. Celles-ci sont d’une précision impeccable et elles ne se trompent jamais. Elles mettent en lumière la perfection du Savoir, de la Puissance, et de la Sagesse du Seigneur (I). Ce dernier les mit à la connaissance de Ses créatures afin qu’ils se familiarisent avec Lui et qu’ils s’attachent à Lui davantage. Ils pourront ainsi reposer leurs espoirs en Lui, redouter Son courroux et L’adorer de la plus belle façon.

 

Il en va de leur intérêt qu’ils sachent dans les moindres détails comment se décompose le destin afin qu’ils apprennent à connaitre le Seigneur qu’ils adorent. Qu’ils aient accès à une partie de Sa Sagesse infuse, de Ses lois cachées et des raisons de la création. Toutes ces réponses sont dans les textes du Coran et de la sunna traitant du sujet. Ceux qui les veulent se distingueront ainsi des animaux qui ignorent la raison pour laquelle ils sont sur terre. C’est ce qui explique le passage : « Tous mettent en lumière la perfection du Savoir, de la Puissance, et de la Sagesse du Seigneur, et ils familiarisent un peu plus les anges et les pieux serviteurs avec Lui et Ses Noms. »

 

« Tous ces hadîth et ceux qui vont dans leur sens s’accordent à dire que le destin antérieur n’empêche nullement d’agir ni ne pousse à se reposer dessus » :Tous ces hadîth, en effet, font mention des actes, ce qui veut dire qu’ils ne vont pas en contradiction avec le destin. Allah (Y) dota à l’homme la volonté et la capacité. Puis, dans Son infinie Bonté, Il lui montra le bon et le mauvais chemin et le laissa choisir entre les deux. Il ne lui est pas demandé d’être un simple spectateur, mais plutôt d’agir. La connaissance de toutes ces choses incite à redoubler d’efforts dans le bon sens et à se détourner du mauvais chemin.

 

« C’est pourquoi, lorsqu’un Compagnon en eut connaissance, il s’exclama : « Je n’ai jamais été autant motivé qu’aujourd’hui ! » : Les Compagnons (y) étaient perspicaces. Quand ils apprirent que le destin était préécrit, ils devinrent plus entrain à faire le bien, sans jamais, par défaitisme, se reposer sur leurs lauriers.

 

Le sixième pilier de la foi

 

Le destin relève des mystères divins. Allah a prédestiné toute chose qui soit déjà dans l’existence ou non. Tous les événements et créations jusqu’à la fin du monde ont été écrits par avance dans la Table gardée (lawh el mahzh) : [Nous avons créé toute chose selon une mesure].[3] Notre sort n’est pas le fruit du hasard : [Tous les malheurs qui surviennent sur terre ou qui touchent vos personnes sont consignés dans un livre avant que Nous les ayons créés ; cela est, pour Allah, très facile].[4] En d’autres termes, Nous avons consigné toute chose dans le lawh el mahzh avant de la sortir du néant.

 

Aux deux extrêmes opposés, nous avons les qadarites et les jabarites

 

Cette question, comme tant d’autres, créa des dissensions au sein des musulmans et engendra deux extrêmes : les qadarites et les jabarites.

 

Les qadarites, qui sont les mu’tazilites, renient le destin. Les adeptes de Wâsil ibn ‘Atâ doivent leur nom à l’anecdote selon laquelle ils s’isolèrent de l’assise d’el Hasan el Basrî – qu’Allah lui fasse miséricorde –. Il s’était constitué en groupe et adoptèrent une nouvelle conception du tawhîd qui prenait ses distances avec le traditionalisme. Même dans le domaine de la foi, ils innovèrent leurs propres fondements qui sont connus sous le nom des usûl el khamsa, et que voici :

 

1- L’unicité : ils entendent par là, la négation des Attributs, car les reconnaitre, selon eux, cela revient à avoir plusieurs divinités. C’est ce qui les pousse à taxer de polythéistes tous ceux qui adhèrent aux Noms et Attributs divins.

 

2- La justice : par laquelle ils renient la prédestination qui serait, à leurs yeux, une forme d’injustice. Comment le Très-Haut pourrait-ils, à leurs yeux, châtier un homme dont le destin aurait déjà été scellé à l’avance ?

 

3- La morale : ordonner le bien et interdire le mal qu’ils confinent dans la révolte contre les autorités en place qui font régner la débauche, mais sans sortir des limites de l’Islam. La morale se concrétise donc dans les coups d’État.

 

4- Le statut intermédiaire : (manzila baïna el manzilataïn) c’est à cause de cette question qu’ils rompirent avec Hasan el Basrî – qu’Allah lui fasse miséricorde –. Ce dernier avait été questionné sur le statut de l’auteur d’un grand péché. « C’est un croyant ayant une foi faible » établit-il. Sa réponse ne dérogea pas au crédo traditionaliste qui s’oppose à deux tendances extrêmes : les kharijites pour qui il est mécréant, et les murjites qui voient en lui un croyant ayant une foi pleine. Nous disons donc qu’il est croyant en raison de sa foi et pervers en raison de son péché. Ces sectateurs se firent connaitre par cette tendance qu’ils innovèrent.

 

5- L’exécution de la menace divine : à leurs yeux, quand on entre en Enfer, c’est pour y rester à jamais. Les auteurs des grands péchés n’auraient pas le droit d’en sortir, car on ne peut à la fois mériter le châtiment et la récompense divine.

 

 

 

Le principe de justice chez les mu’tazilites

 

Ici, nous nous attelons au second principe, la justice.

 

Nous disions donc que la justice, selon le concept mu’tazilite, revenait à renier la prédestination. Notons tout d’abord que tant les qadarites et les jabarites sont dans l’erreur ; l’un étant à l’extrême opposé de l’autre.

 

Les qadarites reconnaissent le libre arbitre à outrance, mais cela leur demande de renier le Décret divin qui fut inscrit au préalable dans la Table gardée (lawh el mahzh). Ainsi, l’homme aurait une totale liberté sur ses faits et gestes, et le hasard tiendrait une grande place dans son devenir. Les ultras vont jusqu’à remettre en question qu’Allah (I) puisse connaitre une chose avant qu’elle ne se produise. Ils s’attaquent ainsi à Son Savoir antérieur ; il va sans dire qu’ils n’ont plus aucun lien avec l’Islam. La majorité d’entre eux, cependant, ne vont pas aussi loin. Ils disent simplement qu’Il n’a rien prédestiné, et qu’une chose peut se produire sans Sa Volonté, bien qu’Il soit au courant de tout ce qui va se passer. Dans el wâsitiya, Sheïkh el Islam ibn Taïmiya souligne que les ultras avaient, à son époque, disparu ou presque. La tendance de la majorité est encore en vogue aujourd’hui.

 

S’ils furent baptisés de qadarites, c’est qu’ils renient le destin (qadar) qui pourtant est le sixième pilier de la foi. Ils accordent une importance excessive au pouvoir de l’homme, et s’opposent rigoureusement à toute ingérence divine.

 

La conception du destin chez les jabarites

 

Pour les jabarites (déterministes), qui comptent notamment les jahmites et leurs disciples, c’est le contraire. Ils mettent trop l’accent sur le destin et la Volonté divine, et ils oublient d’attribuer à l’homme la moindre prérogative. Selon eux, l’homme n’aurait aucun rôle dans tous ses faits et gestes. Il serait comme une feuille qui irait là où le vent l’entrainerait ou comme un mort entre les mains de celui qui ferait son lavage. L’excès dont ils font preuve dans leur adhésion au destin les a fait sombrer dans un déterminisme outrancier, et à qui ils doivent leur nom de jabarites.

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

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[1] La fumée ; 4

[2] shifâ el ‘alîl fî el qadhâ wa el qadar wa el hikma wa e-ta’lîl.

[3] La lune ; 49

[4] Le fer ; 22

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 08:15

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Le destin

(Partie 1)

 

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons ! 

 

D’après plusieurs ouvrages de Sheïkh el Fawzân.[1]

 

Allah (I) révèle : [Ceux à qui Nous avons prescrit auparavant qu’ils soient comblés, ils en seront écartés][2] ; [Les décrets d’Allah étaient inéluctables][3] ; [Alors qu’Allah vous a créés, vous et vous actes][4] ; [Nous avons créé toute chose selon une mesure][5] ; [et qui créa toute chose selon une mesure déterminée].[6]  

 

D’après Muslim dans son recueil e-sahîh, selon ‘Amr ibn el ‘Âs – qu’Allah les agrée son père et lui –, le Messager d’Allah (r) a dit : « Allah décréta le destin des hommes cinquante mille ans avant la création de la terre et des cieux. » Il a dit également : « Son Trône était sur l’eau. »[7]

 

Selon Alî ibn Abî Tâlib (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « Chacun d’entre vous a déjà sa place écrite soit au Paradis soit en Enfer.

-          Alors, à quoi bon œuvrer, Messager d’Allah, s’interrogèrent les Compagnons ?

-          Œuvrer, leur assura-t-il, chacun est mené vers son propre destin ! Les bienheureux seront menés vers les actes des bienheureux, et les malheureux seront menés vers les actes des malheureux. »[8] 

Puis, il récita le Verset : [Quant à l’homme qui donne aux autres, qui craint Dieu • et qui donne foi à la promesse, Nous lui faciliterons le bon chemin][9] »[10]

 

Selon Muslim ibn Yasâr el Juhanî (t), ‘Omar ibn el Khattâb (t) fut interrogé sur le Verset suivant : [et quand Ton Seigneur tira des reins des fils d’Adam leur progéniture][11] ; ce dernier répondit : « J’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) à qui on posa la même question : « Allah créa Adam, et Il passa Sa Main droite sur son dos d’où Il sortit une partie de sa descendance, avant de proclamer : « J’ai créé ceux-là pour le Paradis, et ils feront les œuvres des habitants du Paradis. » Ensuite, Il passa à nouveau Sa Main droite sur son dos d’où Il sortit une partie de sa descendance, avant de proclamer : « J’ai créé ceux-là pour l’Enfer, et ils feront les œuvres des habitants de l’Enfer. »

-          Alors, à quoi bon œuvrer, Messager d’Allah, interrogea l’un des Compagnons ?

-          Quand Allah crée un homme pour le Paradis, assura-t-il, Il lui fait faire les actes de ses habitants jusqu’au dernier instant sa vie. Là, il fait un acte le faisant entrer au Paradis. Quand Il crée un homme pour l’Enfer, Il lui fait faire les actes de ses habitants jusqu’aux derniers instants de sa vie. Là, il fait un acte le faisant entrer en Enfer. »[12]

 

• Ishâq ibn Râhawaïhi a dit : Baqiyat ibn el Walîd m’a rapporté, selon e-Zubaïdî Mohammed ibn el Walîd, selon Râshid ibn Sa’d ibn ‘Abd e-Rahmân ibn Abî Qatâda, selon son père, selon Hishâm ibn Hakîm ibn Hizâm : « Un homme demanda au Prophète (r) : « Messager d’Allah, est-ce qu’on est soi-même l’auteur de ses actes, ou bien sont-ils prédestinés ?

-          Quand Allah sortit des reins d’Adam sa descendance, expliqua-t-il, Il les fit témoigner contre eux-mêmes. Puis, Il les répandit sur Ses deux Paumes avant de proclamer : « Ceux-là sont pour le Paradis, et ceux-là sont pour l’Enfer ; les premiers seront menés vers les actes des habitants du Paradis et les seconds seront menés vers les actes des habitants de l’Enfer. »[13]

 

Selon ‘Abd Allah ibn Mas’ûd (t), le Messager d’Allah (r) affirme : « Chacun parmi vous est formé dans le ventre de sa mère de la façon suivante ; pendant quarante jours, il est à l’étape de nutfa (goutte de sperme ndt.) ; ensuite, pendant une même période, il devient un caillot de sang (‘alaqa; ensuite, toujours pendant une même période, il devient un morceau de chair mâchée (mudh’a) ; ensuite, Allah lui envoie un ange porteur de quatre paroles : sont alors écrit ses œuvres, sa durée de vie, sa richesse, et son devenir (heureux ou malheureux). Puis, il lui insuffle l’âme. Par Celui en dehors de qui il n’y a d’autre Dieu, l’un d’entre vous fait des œuvres des habitants du Paradis jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus pour l’atteindre qu’une seule coudée. Mais, rattrapé par son destin, il fait une œuvre des habitants de l’Enfer qui va l’y propulser. [En parallèle,] l’un d’entre vous fait les œuvres des habitants de l’Enfer jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus pour l’atteindre qu’une seule coudée. Mais, rattrapé par son destin, il fait une œuvre des habitants du Paradis qui va l’y faire entrer. »[14]

 

Selon Hudhaïda ibn Usaïd (t), à qui est parvenue la parole du Prophète (r) : « Une fois que la nutfa (goutte de sperme ndt.) est fixée dans l’utérus après quarante ou quarante-cinq nuits, l’ange lui rend visite et demande : « Seigneur, sera-t-il heureux ou malheureux ? » Il retranscrit la réponse et demande ensuite : « Seigneur, sera-t-il un mâle ou une femelle ? » Il retranscrit la réponse en ajoutant les œuvres qu’il fera, les traces qu’elles auront, sa durée de vie, et la richesse qu’il possèdera. Là, les registres sont pliés et on ne pourra ni y ajouter ni y enlever quoi que ce soit. »[15]

 

• D’après le recueil de sahîh Muslim, selon ‘Âisha – qu’Allah l’agrée – : « Un jour, le Messager d’Allah (r) fut invité à l’enterrement d’un garçon des Ansârs au sujet duquel je m’exclamais : « Heureux soit-il ! Un oiseau du Paradis qui n’a jamais fait le mal et qui n’a pas eu le temps de le connaitre.

-          Et s’il en était autrement, ‘Âisha, me lança-t-il ! Allah créa pour le Paradis des habitants. Il le fit alors qu’ils étaient encore dans les reins de leurs ancêtres. Il créa pour l’Enfer des habitants. Il le fit alors qu’ils étaient encore dans les reins de leurs ancêtres. »[16]

 

Selon ibn ‘Omar – qu’Allah les agrée son père et lui –, le Messager d’Allah (r) a dit : « Toute chose est soumis au destin, même la faiblesse ou la sagacité. »[17]

 

• Selon Qatâda (t) au sujet du Verset : [Cette nuit-là, les anges et l’Esprit descendent, avec la Volonté de Leur Seigneur, chargés de tout ordre][18] : « Cette nuit-là est décrété tout ce qui passera jusqu’à l’année suivante. »[19]Certaines annales imputées à ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée son père et lui –, el Hasan, Abû ‘Abd e-Rahmân e-Sulamî, Sa’îd ibn Jubaïr, et Muqâtil vont dans ce sens.[20]

 

Selon ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée son père et lui – : « Allah créa une Table gardée avec une grande perle blanche. Ses deux planches sont en rubis rouge. Sa plume est une lumière et son écriture est une lumière. Elle est aussi large que l’espace entre les cieux et la terre. Chaque jour, Il la regarde trois cent soixante fois. Avec chacun de Ses regards, Il crée, donne la vie, donne la mort, élève ou rabaisse Ses créatures, et Il fait ce qu’Il veut. C’est ce que vérifie le Verset : [Chaque jour, Il est à l’ouvrage].[21] »[22]

 

Selon el Walîd ibn ‘Ubâda : « Je visitais mon père en pensant qu’il allait bientôt mourir. C’est pourquoi, je lui demandai : « Père ! Fais-moi de chaudes recommandations !

-          Faites-moi m’assoir, demanda-t-il alors ! » Une fois assis, il enchaina : « Mon fils ! Tu ne gouteras jamais à la saveur de la foi, et tu ne connaitras jamais vraiment le Très-Haut sans donner foi au bon et au mauvais destin.

-          Père,questionnais-je, comment pourrais-je connaitre le bon et le mauvais destin ?

-          En sachant que tu ne pouvais être touché par ce qui ne pouvait t’atteindre et que tu ne pouvais éviter ce qui devait t’attendre. Mon fils ! J’ai entendu dire le Messager d’Allah (r) : « La première chose qu’Allah créa est la plume a qui Il ordonna : Écris ! » C’est alors que dès cet instant, fut écrit tout ce qui se passera jusqu’au Jour de la résurrection. Mon fils ! Si tu meurs sans n’avoir cette croyance, alors tu entreras en Enfer. »[23]

 

Selon Abû Khuzâma, selon son père (t) : « Un jour, je demandais : « Messager d’Allah ! En ayant recours à la ruqya ou à des remèdes, ou encore en prenant nos précautions, cela remet-il en cause le destin d’Allah ?

-          Cela fait partie du destin d’Allah, m’apprit-il ! »[24]

 

Selon Abû Huraïra (t), le Messager d’Allah (r) a dit : « Le croyant fort est meilleur et plus aimé par Allah que le croyant faible, mais il y a du bien chez tous les deux. Veille à ce qui t’est utile, tout en comptant sur l’aide d’Allah, mais sans baisser les bras. S’il t’arrive quoi que ce soit, ne dis pas : « j’aurais dû faire telle et telle chose », mais dis : « c’est le destin qu’Allah m’a écrit ». Car, avec des « si », on ouvre la porte à Satan. »[25]

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

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[1]Voir : sharh el uthûl e-thalâtha, sharh usûl el îmân, et risâla ilâ ahl el Qasîm.

[2] Les prophètes ; 101

[3] Les coalisés ; 38

[4] Les rangées d’anges ; 96

[5] La lune ; 49

[6] Le furqân ; 2

[7] Rapporté par Muslim (2653).

[8] Rapporté par el Bukharî (4949), et, avec un énoncé du même genre, Muslim (2647), selon ‘Alî (t).

[9] La nuit ; 5-7

[10] Rapporté par el Bukharî (6065), et Muslim (2647).

[11] El A’râf ; 172

[12] Rapporté par Mâlik dans el muatta (2/898), et el Hâkim dans el mustadrak (1/80), qui a ensuite fait le commentaire suivant : « Il répond aux conditions de Muslim. » Il est également rapporté par Abû Dâwûd (nº 4703), avec une voie légèrement différente, selon Muslim ibn Yasâr, selon Nu’aïm ibn Rabî’a, selon ‘Omar.

[13] Rapporté par e-Tabarânî dans musnad e-shâmiyîn (1854).

[14] Rapporté par el Bukhârî (3207), et Muslim (2643).

[15] Rapporté par Muslim (2644).

[16] Rapporté par Muslim (2662).

[17] Rapporté par Muslim (2655).

[18] Le destin ; 4

[19] Rapporté par ‘Abd e-Razzâq dans son tafsîr (3/386), et e-Tabarî dans son tafsîr (13/653).

[20] Voir : e-durr el manthûr (8/568-569).

[21] Le Miséricordieux ; 29

[22] Rapporté par e-Tabarânî dans el kabîr (10/260), et el Hâkim dans el mustadrak (2/516, 520).

[23] Rapporté par Ahmed dans el musnad (22705).

[24] Rapporté par Ahmed dans el musnad (15472) et e-Tirmidhî (2056, 2148).

[25] Rapporté par Muslim (2664).

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 08:01

3372 FOR T SOMBRE

 

 

Au nom d’Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux 

 

Les ouvrages malikites

Écrits à la manière des traditionalistes 

 

Voici certaines grandes références malikites qui composèrent leurs ouvrages, selon le crédo des traditionalistes, ou pour reprendre un terme cher à el Maqrîzî, des salafis : certains sont imprimés d’autres sont restés à l’état manuscrits, mais l’intérêt ici, c’est qu’il est faux de dire que les malikites sont tous ash’arites ou soufis

 

1-         L’Imam Mâlik lui-même (m. 179 h.) ; l’auteur d’el qadr wa e-radd ‘alâ el qadariya.

2-         Son ami ibn Farrûkh (m. 175 h.) ; e-radd ‘alâ ahl el bida’.

3-         ‘Abd e-Rahmân ibn el Qâsîm (m. 191 h.) ; risâla fî e-sunna.

4-         ‘Abd Allah ibn Wahb (m. 197 h.) ; el qadar.

5-         Asbagh ibn el Faraj el Masrî (m. 225 h.) ; e-radd ‘alâ ahl ahwâ.

6-         ‘Abd el Mâlik ibn Habîb el Andalûsî (m. 238 h.) ; fadhâil e-Sahâba.

7-         Mohammed ibn Sahnûn (m. 256 h.) ; e-sunna, el hujja ‘alâ el qadariya,  et 6 autres ouvrages.

8-         Ibn ‘Abd el Hakam (m. 268 h.) ; e-radd ‘alâ bishr el mirrîsî.

9-         Abû Bakr el waffâr (m. 269 h.) ; e-sunna et e-risâla fî e-sunna.

10-      Yahyâ ibn ‘Omar el Kindî (m. 289 h.) ; e-ru-ya, el mîzân, e-radd ‘alâ e-shukkûkiya, et e-radd ‘alâ el murjiya.

11-      Yahyâ ibn ‘Awn (m. 298 h.) ; e-radd ‘alâ ahl el bida’.

12-      Abû Zaïd el Qaîrawânî (m. 386 h.) ; usûl e-tawhîd, e-risâla, et 8 autres livres.

13-      Le grand Abû ‘Omar e-Talamankî (m. 429 h.) ; el usûl ilâ ma’fitat e usûl et 3 autres ouvrages.

14-      El Qahtânî et sa fameuse nûniya el Qahtânîya.[1]

 

Il est à noter que le Mahdî ibn Tûmart (m. 524 h.) qui était à la tête de l’Empire des Muwahhidûn, était le premier à avoir corrompu les malikites. Il s’appelait exactement Abû ‘Abd Allah Mohammed ibn ‘Abd Allah ibn Tûmart qui se donna le titre de Mahdî. il réussit à se faire un pouvoir dans le Maghreb au début du cinquième siècle de l’hégire. Auparavant, il s’était rendu en Iraq pour enrichir quelque peu sa culture religieuse. Il avait un ascendant pour l’ascétisme et la piété.

 

De retour au Maghreb, il conquit les cœurs de certains montagnards et ignorants très peu cultivés dans l’Islam. Il leur donna quelques enseignements et il s’est même autorisé à leur montrer de faux miracles afin de les faire adhérer à sa conception de la religion. Il revendiqua notamment être le Mahdî annoncé par le Prophète (r) et ses adeptes lui vouaient une énorme considération. En raison des principes Ash’arites et philosophiques qu’il avait inculqué à ses partisans, ses derniers se sont autorisés à verser le sang des musulmans en attentant à la vie de milliers d’habitants de la région qui étaient fidèles au traditionalisme. Ils furent accusés à tord d’être des Mushabbaha (Assimilateurs) et des Mujassama (anthropomorphistes).[2] Ainsi, ibn Tûmart fut à l’origine de l’extension de la croyance Ash’arite en terre du Maghreb, qui baignait auparavant dans un climat Salafî.[3]

 

Il faut savoir également que l’une des raisons qui ont contribué à l’essor de l’ash’arisme en général, est, à partir du cinquième siècle de l’hégire, la pénétration du soufisme dans les rangs de ses adeptes par l’intermédiaire de deux hommes qui furent Abû el Qâsim el Qushaïrî et Abû Hâmid el Ghâzâlî.[4] 

 

Par : Karim Zentici

 

 



[1]Voir : takhîr tadwîn el ‘aqîda e-salafiya de ‘Abd e-Salâm ibn Barjas – qu’Allah lui fasse miséricorde –.

[2]Voir : Majmû’ el Fatâwâ (11/475).

[3]Voir : introduction de la recension de Kitâb el ‘Arsh (1/57-62) de l’Imâm e-Dhahabî (m. 746 h.) par le docteur Mohammed ibn Khalîfa e-Tamîmî.

[4]Voir l’introduction à e-Risâla el Wâdhiha fî e-Rad ‘alâ el Ashâ’ira (1/38) d’ibn el Hanbalî, recension du Docteur ‘Alî e-Shibl. 

 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 09:28

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La tawba d’Abû el Hasan

 (Partie 2)

 

Voir : el ashâ’ira fî mîzân ahl e-sunna (p. 713-726) de Faïsal el Jâsim.

 

Deuxièmement : dans el ibâna, mais aussi dans maqâlât el islâmiyîn et risâla ilâ ahl e-thaghr, el Ash’arî étale certains points du dogme. Il traite notamment des Attributs divins à la manière des anciens qui s’oppose à la tendance ash’arite. Il adhère en effet au sens littéral des Attributs et interdit de se tourner vers le ta-wîl (l’interprétation). Il considère même que les auteurs d’une telle démarche sont des innovateurs et des jahmites.[1] Il ne fait donc aucune allusion au tafwîdh que lui imputent les ash’arites. Bien au contraire. Il affirme plutôt explicitement qu’il faut prendre les Attributs d’Allah au sens propre et au sens littéral. Les Versets qui parlent des Attributs sont, à ses yeux, clairs et compréhensibles. Il réfute donc de les interpréter ou de les prendre au sens figuré. Nous sommes ainsi loin de la tendance kullâbite, et cela confirme qu’il s’agit bel et bien dans ces ouvrages d’une autre phase.

 

Un autre élément le confirme. Certains ash’arites pour le moins téméraires, avancent en effet, qu’Abû el Hasan écrivit el ibâna pour se protéger des traditionalistes. Abû Alî el Ahwâzî avance à ce sujet : « El Ash’arî a écrit un livre sur la sunna que ses adeptes mettent en avant pour faire rempart aux traditionalistes… Ce livre porte le nom d’el ibâna. Il l’écrivit lors de son séjour à Bagdad. Pourtant, il n’a pas réussi à gagner les faveurs des hanbalites qui décidèrent de l’exclure (hajr).

J’ai entendu dire Abû ‘Abd Allah el Hamrânî : lorsqu’el Ash’arî entra à Bagdad, il se rendit chez el Barbahârî et lui raconta : « J’ai réfuté les paroles d’el Jubbâî et d’Abû Hâshim, j’ai détruit leurs arguments, ainsi que ceux des Juifs, des chrétiens, et des mazdéens, ils donnaient leurs arguments et moi je donnais les miens. » Il parla longuement, et lorsqu’il se tut, el Barbahârî lui lança : « Je ne comprends ni un peu ni la majeure partie de tes paroles, je connais uniquement celles d’Abû ‘Abd Allah Ahmed ibn Hanbal. » Une fois sortie de chez lui, il composa el ibâna qui ne fit aucun succès. Lors de son séjour à Bagdad, il ne reçut aucune notoriété jusqu’au jour où il dut quitter la ville. »[2]

 

Cette histoire laisse entendre que l’ibâna ne répond pas aux critères ash’arites, sinon il n’aurait pas été écrit pour plaire aux traditionalistes sensés être ses opposants. Il ne s’agit pas ici de donner crédit à cette hypothèse, mais retenons que dans l’esprit de certains ash’arites kullâbites, l’ibâna s’oppose à leur croyance et rejoint celle des traditionnalistes.

 

El Kawtharî lui-même, pourtant un opposant notoire et féroce des ahl e-sunna, avoue que l’ibâna d’el Ash’arî réfute la tendance kullâbite. Il l’aurait écrit selon lui par complaisance envers les traditionnalistes et leur Imam de l’époque el Barbahârî. En introduction à l’insâf d’el Bâqallânî, il fait le commentaire suivant : « Quant à l’ibâna qu’il présenta à el Barbahârî les premiers temps qu’il embrassa la croyance traditionaliste, il renferme certaines opinions non fondées. L’intention de ses auteurs, c’est de rallier [les opposants] graduellement à la vérité, mais cela fut en vain ; bien qu’une main étrangère ait touché au texte. À la fin de sa vie, après avoir vacillé entre le laxisme (tafrît) et le rigorisme (ifrât), il opta pour la modération, comme le rapportent ses adeptes, contrairement aux allégations d’ibn Kathîr. »[3]

 

Dans son épitre e-dhubb ‘an Abî Hasan el Ash’arî, el Qâdhî Kamâl e-Dîn Abû Hâmid Mohammed ibn Dirbâs (m. 659 h.) déclare : « Sachez mes frères… que le livre el ibâna ‘an usûl e-diyâna, écrit par Abû Hasan ‘Alî ibn Ismâ’îl el Ash’arî tient lieu de crédo auquel il adhéra jusqu’à sa mort. Il représente sa confession après avoir quitté l’i’tizâl par la grâce et la bonté d’Allah. Toute opinion imputée à ce dernier qui contredit ce livre, est considérée comme abrogée et délaissée par son auteur. Comment pourrait-il en être autrement, alors qu’Abû Hasan y déclare explicitement qu’il extériorise sa confession à laquelle adhèrent, comme il le rapporte, les Compagnons, les tâbi’în (leurs successeurs), les grandes références traditionnistes passées, et l’Imam Ahmed ibn Hanbal (u). Celle-ci est conforme au Livre d’Allah et à la sunna de Son Messager !

 

Est-il alors pertinent de dire qu’il embrassa une autre pensée ? Qu’on nous dise à laquelle ? Aurait-il délaissé le Livre d’Allah et la sunna du Prophète d’Allah ? Se serait-il opposé aux Compagnons, à leurs successeurs, et aux grandes références traditionnistes passées ? Lui, qui savait pertinemment que telle était leur tendance. Il serait honteux de penser qu’un simple musulman puisse le faire, que dire alors des grandes références de la religion !

« De grands imams parmi les légistes, les lecteurs, les traditionnistes musulmans et bien d’autres mentionnent et font les éloges de cet ouvrage. Ils le déchargent de toute innovation qu’on lui impute. »[4]

 

Troisièmement : dans maqâlât el islâmiyîn, el Ash’arî confesse que le kullâbisme est une secte dissidente au traditionalisme. Il y expose l’opinion de ses partisans sur de nombreuses questions et aucune fois, il considère qu’ils comptent parmi les traditionnistes. S’il avait été kullâbite, il n’aurait pas fait cette distinction entre les kullâbites et les partisans duhadîth ; il aurait utilisé une seule désignation pour les deux tendances.

 

Quatrièmement : un autre indice confirme notre propos. Les néo-ash’arites en effet, ne se réfèrent jamais dans leurs écrits aux trois ouvrages d’Abû el Hasan que nous avons évoqués (maqâlât el islâmiyîn, risâla ilâ ahl e-thaghr, et el ibâna). Ils cherchèrent même en vain à discréditer l’ibâna répandu dans le public, car trop gênant à leurs yeux.

 

Cinquièmement : dans l’introduction de l’ibâna, Abû el Hasan confesse qu’il suit les pas d’Ahmed, qui à ses yeux est l’Imam des traditionalistes. Il ne dit jamais qu’il est l’élève d’ibn Kullâb et ne s’inspire nullement de ses écrits. Il va sans dire qu’ibn Kullâb se différenciait de l’Imam d’ahl e-sunna qui était un fervent opposant aux grandes références kullâbites comme el Hârith el Mahâsibî et ses amis ; il les considérait même comme des jahmites. Ainsi, si el Ash’arî avait été partisan du kullâbisme, il ne se serait jamais identifié à ibn Hanbal.    

 

      À suivre…

 

Traduit par :

Karim Zentici 

 



[1] Voir : el ibâna (p. 41, 43, 44, 51, 77, 97-103, 104, 106, 107, 108, 110, 111, 112, 117), maqâlât el islâmiyîn (1/265, 271, 284, 285, 290, 345, 2/186, 205) et risâla ilâ ahl e-thaghr (p. 212, 218, 232-236).

[2] Ibn Taïmiya rapporte cette histoire dans el fatâwa el kubrâ (5/341).

[3] Voir l’introduction à l’insâf (p. 11).

[4] E-dhubb ‘an Abî Hasan el Ash’arîd’ibn Dirbâs (p. 107).

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 09:09

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Au nom d’Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux 

 

La tawba d’Abû el Hasan

 (Partie 1)

 

Voir : el ashâ’ira fî mîzân ahl e-sunna (p. 713-726) de Faïsal el Jâsim.

 

L’ash’arisme est passé par plusieurs phases avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui. Son fondateur lui-même s’est rallié à ibn Kullâb après avoir abandonné l’i’tizâl. À la fin de sa vie, toutefois, il emprunta la voie des anciens, sur les pas de l’Imam Ahmed. Il composa alors el ibâna qui inspira ibn ‘Asâkir dans son fameux tabyîn kadhb el muftarî en vue d’établir son crédo. Abû Bakr e-Sam’ânî fit la même chose en composant son livre el ‘itiqâd dans lequel il relate plusieurs passages d’el ibâna sans se tourner vers aucun autre écrit d’Abû el Hasan.[1] C’est sur cette dernière tendance que s’arrêta la pensée  d’el Ash’arî, comme en témoignent ces derniers livres tels que maqâlât el islâmiyîn et risâla ilâ ahl e-thaghr. Voici les raisons qui démontrent qu’il adhéra au traditionalisme avant de mourir :

 

Premièrement : de grands historiens à l’exemple d’ibn Kathîr connu pour sa vaste culture, parlent de cette troisième étape. Ce dernier nous apprend à ce sujet : « Ils mentionnent que Sheïkh Abû el Hasan el Ash’arî a connu trois phases dans sa vie :

La première : est celle de l’i’tizâl  qu’il abandonna de façon incontestable. Lors de sa deuxième phase : il reconnait les sept Attributs rationnels (e-Sifât el ‘aqliya) qui sont la Vie, le Savoir, la Puissance, la Volonté, l’Écoute, la Parole et la Vue. Il interprète les Attributs textuels (e-Sifât el khabariya) comme le Visage, les Mains, le Pied, le Sâq (la Jambe, le Tibia, ou la Mi-jambe ndt.), etc. lors de sa troisième phase : il adhère à tous les Attributs sans les décrire (takyîf) ni les faire ressembler à la création (tashbîh) à la manière des anciens. Cette tendance est celle qu’il reprend dans el ibânaécrit à la fin de sa vie. »[2]

 

E-Dhahabî y fait allusion dans e-siar en disant : « L’auteur à dit : j’ai eu sous la main quatre ouvrages d’Abû el Hasan écrits sur la croyance (el usûl). Il y cite la tendance des anciens sur les Attributs au sujet desquels il explique : il faut les prendre comme ils sont venus. Puis, il confie : cette tendance est la mienne, j’y adhère sans faire d’interprétation (ta-wîl) »[3] il est même plus clair dans el ‘Arsh dans lequel il affirme : « El Ash’arî est né en 260 h. et mourut en 324 h. à Bassora – qu’Allah lui fasse miséricorde –. Il était mu’taziliteavant de se repentir. Il rejoignit les traditionnistes sur des points sur lesquels ils étaient en désaccord avec les mu’tazilites. Puis, il s’aligna sur la plupart des opinions des traditionnistes. C’est les points que nous avons vu et dans lesquels il rapporte dessus leur consensus. Il témoigne qu’il s’accorde dessus sur tous les points. Il est donc passé par trois phases : une phase où il était mu’tazilite, une phase où il était sunnî sur certains points du crédo, et une phase où il était sunnî sur la plupart du crédo… »[4]

 

Ibn Taïmiya fit allusion à cette mutation, avant nos deux historiens, à travers ces paroles : « El Ash’arî était un adepte de l’école mu’tazilite avant de se repentir. Il était en effet l’élève d’el Jubbâî avant de pencher pour la voie d’ibn Kullâb.  Il acquit par la suite les fondements du hadîthentre les mains de Zakariya e-Sâjî. Puis, en entrant à Bagdad, il prit d’autres enseignements auprès des hanbalites de la ville. C’est la dernière phase qu’il connut comme en témoignent ses ouvrages et ceux de ses adeptes après lui. »[5]

 

Plus tard, el Âlûsî dira : « … Il témoigne de la légitimité de la tendance des anciens (salafs) concernant les Versets ambigus, qui consiste à les prendre littéralement comme ils sont venus, en prenant la précaution d’éloigner Allah de toute imperfection (tanzîh) [Rien ne Lui ressemble],[6] comme le veut le consensus des trois premières générations, qui sont, aux yeux du Prophète(r), les meilleurs des hommes

 

Cette tendance illustre a gagné l’adhésion de plus d’un parmi les savants les plus illustres des dernières générations (khalafs)… dont notamment l’Imam Abû el Hasan el Ash’arî, qui revint à la fin de sa vie à cette tendance illustre, ou plus exactement à la tendance des anciens sur tous les points de la croyance. Dans son livre el ibâna, il est l’auteur des paroles suivantes : « L’opinion à laquelle nous adhérons et la religion à laquelle nous croyons, est celle qui consiste à s’accrocher au Livre d’Allah (U), à la Tradition de Son Prophète (r), et aux annales rapportées des Compagnons, de leurs Successeurs (Tâbi’în), et des grandes références du Hadîth. Nous nous retranchons derrière ces enseignements. L’opinion d’Abû ‘Abd Allah Ahmed ibn Hanbal –qu’Allah illumine son visage – est la nôtre, et celle de ses adversaires s’oppose à la nôtre. »[7]

 

Ce texte formule clairement qu’il a une croyance salafi. Comment en serait-il autrement, si l’on sait que l’Imam Ahmed est un l’un de ses plus grands étendards, c’est pourquoi, il l’a choisi spécialement (traduction approximative ndt.) parmi toutes les références du hadîth. Ainsi, les ash’arites ne sont pas en conformité avec la tendance de leur Imam à laquelle il adhéra à la fin de sa vie et qui consista à suivre le chemin des pieux prédécesseurs. Si au moins ils avaient pu se repentir tout comme lui et suivre le même chemin. »[8]

 

À suivre…

 

Traduit par :

Karim Zentici

    



[1]Voir : naqdh e-ta-sîs d’ibn Taïmiya (p. 85).

[2]Tabaqât el fuqahâ e-shâfi’iyîn (1/210) ; dans ittihâf e-sâda el muttaqîn (2/4), el murtadhâ e-Zubaïdî reprend ce passage sans le faire suivre par aucun commentaire.

[3]Siar a’lâm e-nubalâ (15/86).

[4]El ‘Arsh de Dhababî (p. 302-303).

[5]Majmû’ el fatâwa (3/228).

[6]La concertation ; 11

[7]  El Ibâna (p. 43)

[8]Gharâib el eghtirâb wa nuzhat el albâb fî e-dhahab wa el iqâma wa el îyâb (p. 385-386).

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 15:03

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Au nom d’Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux 

 

Ibn Taïmiya

Un homme incompris

 

Harrân était la ville natale d’ibn Taïmiya. À l’âge de six ans, il prit la route de Damas au sein de sa famille pour échapper aux invasions mongoles. Il est intéressant de comparer cet événement avec l’annonce prophétique disant : « Il y aura émigration après émigration, et les hommes (dans une version les meilleurs hommes) vont se réfugier sur la terre d’émigration d’Ibrahim. » Rapporté par Ahmed (1/83, 198, 199). Ibrahim en effet a dû fuir d’Iraq pour se réfugier sur les terres du Shâm. Les mauvais événements sont souvent précurseurs à des évènements heureux. Est-ce une bonne nouvelle à une époque où bon nombre d’Irakiens se sont installés en Syrie en vue d’échapper aux invasions… anglo-saxonnes ?

 

Ibn Taïmiya était un hérésiographe hors pair, et un spécialiste en hadîth qui n’avait rien à envier aux plus grands de son époque, comme el Mizzî et, avant lui, ‘Abd el Ghanî el Maqdisî.[1] Il maitrisait sur le bout des doigts toutes les matières dans lesquelles il plongeait, à tel point de devenir, comme il le disait lui-même, plus fort que ses adversaires dans leurs propres domaines. En figh, les adeptes des quatre écoles se tenaient devant lui, comme des élèves, lorsqu’il expliquait leur propre tendance. En tafsîr, il était une mer sans rivage. Il jonglait avec la philosophie des anciens et connaissait avec une précision chirurgicale les points forts et les points faibles des personnages tels qu’Aristote, Platon, mais aussi ibn Sina, ibn Rushd et consorts. Les fondateurs du pragmatisme moderne John Mill et David Hum aboutissent aux mêmes conclusions que Sheïkh el Islam ibn Taïmiya dans sa réfutation à la logique aristotélicienne.[2] Dans ce domaine, e-Suyûtî disait sans exagération qu’il avait atteint des limites que personne ne pouvait rejoindre ni de loin ni de près. Il a avalé les principaux livres de philosophie, des adeptes du kalam, et… la Bible. Il comprenait l’hébreu et le turc et, ayant lu plusieurs manuscrits des psaumes de David, il pouvait y distinguer les différences entre les versions. Il avait une grande connaissance des rites sabéen, perse, de la magie, l’astrologie, l’astronomie, etc.[3] Même e-Subkî, l’un de ses ennemis les plus acharnés reconnaissait son érudition.[4]

 

Il a toujours essayé de concilier entre les hanbalites et les ash’arites sur les bases des textes scripturaires de l’Islam et des annales des anciens. Il confie notamment : « Tout au long de ma vie, jusqu’à cette heure, je n’ai jamais convié personne à suivre dans les bases de la religion (usûl) ni le madhhab hanbali ni aucun autre madhhab. »[5] Il défiait même quiconque, en lui laissant un délai de trois ans, de lui trouver une seule parole allant à l’encontre des anciens. Il soulignait, que relativement les ash’arites étaient plus proches de la vérité que les autres tendances, et reprochait même à certains hanbalites, leur virulence excessive à leur égard.[6] Modéré, il se comportait ainsi avec toute forme d’excès.

 

Il faisait remarquer qu’il était caractéristique aux innovateurs d’inventer des principes et, après les avoir greffés à la religion, de taxer d’apostasie, quiconque ne s’y soumettait pas, comme c’est le cas pour les kharijites et les adeptes du kalam. Quant aux traditionalistes, ils connaissent mieux la vérité que quiconque et sont plus cléments envers les hommes que quiconque. Il savait pertinemment que ses adversaires, ceux-là mêmes qui le firent jeter en prison, l’avaient voué à l’apostasie. Cela ne l’a pas empêché de dire une parole devenue célèbre : « C’est pourquoi, je disais aux jahmites panthéistes et négateurs qui reniaient qu’Allah (I) fût sur Son Trône à l’époque où leur fitna commença ; que si j’avais été l’auteur de vos paroles, j’aurais été un kâfir. Moi, en effet, je sais pertinemment que vos paroles relèvent de la mécréance, mais à mes yeux, vous n’êtes pas des kuffar étant donné que vous êtes des ignorants. Je m’adressais ainsi à leurs juges, leurs savants, leurs sheïkh et leurs émirs. À l’origine, leur ignorance provient des arguments de la pensée de la part de leurs leaders qui étaient ambigus car leur bagage dans le domaine des textes authentiques qui sont conformes à la raison saine, était léger. »[7] Il gardait toujours entre les yeux le Coran et la Sunna, lorsqu’il fallait juger l’un de ses adversaires, qui, pourtant, lui avait fait du mal.[8]

 

Il disait également : « Malgré les atteintes incessantes faites à sa personne, notre Prophète (r) a déclaré : « Qu’Allah fasse miséricorde à Musa ! Il a subi bien pire, mais il a su patienter. »[9] Après avoir été physiquement malmené par son peuple, l’un des prophètes s’est exclamé : « Ô Allah ! Pardonne-leur, car ils ne savent pas ! »[10] Certaines annales rapportent que Mohammed (r) a eu la même parole en réaction aux attaques venant de son peuple. »[11]

 

Il était tellement attaché au Coran et à la sunna et il se souciait tellement peu des attaques de ses adversaires, qu’il préférait se contenter d’un hadîth faible, à défaut de devoir se tourner vers l’opinion des hommes, quand bien même, certaines sectes pourraient le reprendre à leur compte. Il gardait à l’esprit cette parole d’Abd e-Rahman ibn Mahdî, qui jette les bases de l’investigation moderne, mais, malheureusement, que peu de gens appliquent : « les traditionalistes évoquent les choses qui sont en leur faveur, mais aussi celles qui sont en leur défaveur. Quant aux « gens des passions », ils évoquent uniquement les choses qui sont en leur faveur. » Au summum de l’objectivité, il acceptait la vérité sans regarder de qui elle pouvait venir.

Après s’être inspiré d’un passage d’el ‘Aqîda e-Nazhâmiya (p. 25) d’Abû el Ma’âlî el Juwaïnî, qui était un adepte du tafwîdh, ibn Taïmiya fait le commentaire suivant : « Les références auxquelles nous nous rapportons, parmi les adeptes du kalâm ou autres, ne nous rejoignent pas forcément dans tous les points que nous établissons dans ce domaine. Néanmoins, il faut recevoir la vérité d’où qu’elle vienne. Mu’âdh ibn Jabal disait cette fameuse parole : « Il faut accepter la vérité de n’importe qui, même d’un mécréant – ou bien a-t-il dit : même d’un pervers –. Et méfiez-vous des erreurs du sage.

-           Comment peut-on savoir qu’un mécréant dise la vérité, lui demanda-t-on ?

-          La vérité dégage une lumière a-t-il répondu, ou bien a-t-il dit une parole de ce genre. »[12]

 

… Ainsi, le Coran et la Sunna sont à même d’apporter le droit chemin et la lumière pour ceux qui les méditent et qui y recherchent la vérité sans chercher à modifier le sens des paroles ou déformer les Noms d’Allah et Ses Versets… »[13]

 

Contrairement aux accusations de ses détracteurs, ibn Taïmiya n’était pas agressif dans les débats qui l’opposaient à ces adversaires. Il sortait simplement de ses gonds lorsque, mu par un entêtement malhonnête, son adversaire outrepassait les limites d’Allah. Conscient qu’il ne pouvait plaire à tout le monde, surtout dans le rôle qu’il avait enfilé, il avait en cela, un exemple de marque, en la personne du meilleur des hommes.[14]  Il dit la vérité, haut et fort, sans se soucier des conséquences. Pour preuve, il connut plusieurs fois les pires épreuves de la prison. Pourtant, il ne sait jamais venger de ses comploteurs, le jour où ils lui sont tombés sous la main.

 

Dans son livre el fawâid, ibn el Qaïyim, classe les hommes en quatre catégories, il y a ceux qui connaissent le bien et le mal en détail, comme ibn Taïmiya (le choix des exemples n’engage que moi), ce qui est le summum du savoir ; il y a ceux qui connaissent relativement le bien, mais qui connaissent moins bien le mal pour y avoir trébuché, comme c’est le cas de certains hanbalites à l’image, d’Abû Ya’lâ, ibn ‘Aqîl et ibn el Jawzî qui traite les traditionalistes de hashawiya et de mujassima ; il y a ceux qui connaissent le mal en détail, mais qui n’ont aucune connaissance de la tendance traditionaliste, comme le souligne ibn Taïmiya au sujet des hérésiographes comme Shihristânî, l’auteur d’el Milal wa e-Nihal. [15] Cela concerne autant les adeptes du Kalâm et certains chroniqueurs ; des têtes pensantes comme Abû el Ma’âlî, Abû Hâmid el Ghazâlî, ibn el Khatîb, etc. n’avaient aucune connaissance dans les sciences du Hadith, ils atteignaient à peine le niveau d’un débutant avant de pouvoir mesurer les grands spécialistes en la matière. Ils ne faisaient même pas la différence entre un Hadith authentique et un Hadith complètement inventé comme en témoignent la plupart de leurs ouvrages où l’on y trouve des choses incroyables ![16] La quatrième catégorie concerne le commun des gens qui n’ont pas la connaissance suffisante du bien et du mal, pour les immuniser contre les mauvaises tendances… Mais Allah leur envoie des hommes comme ibn Taïmiya pour les sauver des ténèbres et défendre la dernière des religions au grand dam de tous ses détracteurs !

 

Ibn Taïmiya expliquait que, face à la mort, les voiles tombent. C’est pourquoi, une foule incalculable assista à l’enterrement de l’Imam Ahmed. L’histoire a retenu son nom et a oublié celui de ses adversaires contemporains. Lui-même a connu le même destin…    

 

Traduit par :

Karim Zentici

 

 



[1]Voir : sheïkh el Islam ibn Taïmiya mohadithan qui est une thèse ès magistère du D. ‘Adnân Shalash. 

[2]Voir l’introduction de radd ‘alâ el muntiq.

[3]Voir : Sheïkh el Islam ibn Taïmiya min arâ el falâsifa qui est une thèse ès doctorat du D. Sâlih el Ghâmidî (p. 39-57).

[4]Voir : dhaïl tabaqât el hanâbila d’ibn Rajab (2/392-393), e-saïf e-saqîl (p. 16), et e-Tabaqât el Kubra li e-shâfi’iya (10/176) tous deux de Subkî.

[5]Majmû’ el fatâwa (3/229).

[6]Majmû’ el fatâwa (8/230), (6/55) et baïyân talbîs el jahmiya (2/87).

[7] E-rad ‘alâ el bakrî (2/494).

[8]Majmû’ el fatâwa (3/245).

[9]Rapporté par el Bukhârî (3150) et Muslim (1062).

[10]Rapporté par el Bukhârî (3477) et Muslim (1792).

[11]Rapporté par e-Tabarânî dans e-Tarîkh el Kabîr (5694) avec une chaîne narrative Munqati’ (dont il manque l’un de ses éléments). Voir pour ce passage qâ’ida fi e-sabr d’ibn Taïmiya.

[12]Rapporté par Abû Dâwûd (5/17-18).

[13]Majmû’ el fatâwa (5/101-104).

[14]Majmû’ el fatâwa (3/232-233).

[15]Dar e-Ta’ârudh (2/307) et (9/67-68).

[16]Majmû’ el Fatâwâ (13/25). El Ghazâlî lui-même disait que son bagage était léger dans les sciences du Hadith. Voir : Majmû’ el Fatâwâ (35/176).

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:16

terre

 

 

La tawba d’ibn Taïmiya

(Partie 3)

 

Remarque du traducteur :

 

Il est intéressant ici de citer un extrait de l’introduction à la profession de foi d’ibn Taïmiya la Wâsitiyya d’Henri Laoust, qui ne peut être soupçonné de prendre le parti du Sheïkh. Ce dernier souligne en effet : « Condamnée à l’emprisonnement le 23 ramadhân 705/8 avril 1306, Ibn Taymiya, nous l’avons dit, ne fut libéré que le 26 rabî’ I 707/25 septembre 1307.[1] L’obstination qu’il apporta à ne vouloir accepter aucune concession sur le texte de lasitiyya explique en grande partie la longueur de cet emprisonnement. Plusieurs tentatives eurent cependant lieu pour obtenir sa libération. L’initiative paraît en avoir été prise par l’émir Salâr qui avait eu l’occasion de rencontrer Ibn Taymiya lors des affaires mongoles et qui – on peut le supposer tout au moins – avait pu se rendre compte de l’impopularité, en Syrie, de cette arrestation.

 

La première tentative eut lieu le 4 avril 1307 dans la nuit précédant la fête de la rupture du jeûne (30 ramadhân 706 au 1 shawwâl 706). Elle échoua.[2] Une seconde tentative eut lieu peu de temps après le 27 dhu el hijja706/29 juin 1307. L’émir Salâr ménagea une rencontre entre le cadi Ibn Makhlûf et les deux frères d’Ibn Taymiya Zayn al-Dîn et Sharaf al-Dîn. On discuta de théologie mais on ne put se mettre d’accord sur le redoutable problème des attributs divins. On se sépara sans résultat.[3] Une troisième démarche fut tentée le 14 safar 707/15 août 1307, à la citadelle, où Ibn Taymiya rencontra le cadi chafiite Badr al-Dîn b. Jamâ’a. Une fois de plus la rencontre n’aboutit à rien.[4] C’est en partie grâce à l’émir Muhannâ b. ‘Îsâ (m. 736), le chef des Âl al-fadhl, surnommé le Roi des bédouins, qu’Ibn Taymiya allait obtenir sa libération. Dans la notice qu’il consacra à Muhannâ, Ibn Kathîr nous dit qu’Ibn Taymiya jouissait d’une grande autorité auprès de cet émir qui était lui-même nous dit-on, un homme fort pieux.[5]

 

Le vendredi 23 rabî’ 707/22 septembre 1307 l’émir Muhannâ, nous dit-on, se rendit à la prison et obtint d’Ibn Taymiya qu’il l’accompagnât chez Salâr où plusieurs docteurs de la Loi l’attendaient. De longues discussions de nouveau s’engagèrent sur les problèmes soulevés par lasitiyya. Ibn Taymiya resta chez Salâr et la discussion reprit le dimanche sur l’ordre du Sultan. Les jurisconsultes furent plus nombreux mais les quatre grands-cadis s’excusèrent de ne pouvoir venir. « L’émir Salâr, nous rapporte ibn Kathîr, accepta leurs excuses et ne les obligea pas à comparaître bien que le sultan eût donné l’ordre de les convoquer et de faire en sorte que cette réunion eût une issue heureuse ».[6] Ibn Taymiya fut effectivement libéré, mais il dut rester au Caire et ne put retourner en Syrie où l’émir bédouin avait demandé l’autorisation de le ramener avec lui.[7] Il y a précisément tout lieu de penser d’autre part que c’est pour l’émir Muhannâ b. ‘Îsâ, dont la mouvance avait Palmyre (Talmur) pour centre principal, qu’Ibn Taymiya composa la Tadmuriyya, la Profession de foi de Palmyre, à une date qu’il est difficile de fixer, certainement après sa libération en septembre 1307 soit sur la fin de son séjour au Caire, soit après son retour en Syrie en 712/1313.

 

Écrite dans une langue châtiée, méthodiquement composée, s’adressant à un public moins populaire, la Tadmuriyya reprenait les idées de la Hamawiyya et de la Wâsitiyya sur le problème des attributs et la conception générale de la religion. Elle s’efforçait, comme les deux précédentes professions de foi et souvent dans les mêmes termes, de dégager les règles d’une exégèse scripturaire destinée à permettre aux différentes sectes qui divisaient la communauté de trouver, dans leur fidélité au Coran et à la Sunna, leurs options de foi fondamentales. »[8]

 

Cette version des faits présentée par un non-musulman colle malheureusement plus à la réalité que celle étalée par les coreligionnaires qui étaient pour la plupart rappelons-le détracteurs du Sheïkh el Islam. Riche d’enseignements, elle nous intéresse à plus d’un titre. Peut-être aurons-nous l’occasion d’y revenir dans un prochain article.

 

Gloire à Toi Ô Allah ! Et à Toi les louanges ! J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu (digne d’être adoré) en dehors de Toi ! J’implore Ton pardon et me repens à Toi !

 

Par : Karim Zentici

  

 

 

 

 



[1]Ibn el Mu’allim et e-Nuwaïrî parlent du vendredi 23 rabî’ el Awwal 707 h. soit une différence de 3 jours, mais la suite du texte donne plus de détail sur la chose (N. du T.).

[2]Voir : el bidâya wa e-nihâya d’ibn Kathîr (14/42). Henri Laoust ne dit pas qu’il fut prévu de libérer ibn Taïmiya de prison sous la condition qu’il revienne sur certains points de sa croyance. On réclama en vain six fois sa présence. En effet, il n’a pas répondu à la convocation de ses juges. Voir : el bidâya (14/44).

[3]Idem. (14/43). Henri Laoust ne dit pas que Sharaf al-Dîn fustigea le chef de file des ennemis de son frère sur des points comme el ‘arsh, le Kalam d’Allah, et le nuzûl d’Allah. Voir : el bidâya (14/48).

[4]Idem. (14/45).

[5]Sur l’émir Muhannâ, voir : el bidâya (14/172).

[6]Henri Laoust ne dit pas qu’ils inventèrent des excuses pour éviter d’affronter ibn Taïmiya, dont le savoir dépassait, sans exagération, tout leur savoir réuni.  Voir : el bidâya (14/48).

[7]El bidâya (14/45).

[8]La Wâsitiyya d’Henri Laoust (p. 31).

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