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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 16:46

Réponse à 2 shubha anti-Albani

(Partie 1)

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

[Et quand l’exemple d’ibn Mariam fut donné à ton peuple, ils se mirent à le railler • Ils protestèrent : est-ce qu’il vaut mieux que nos divinités ? Ils t’ont donné cet exemple juste pour polémiquer ; ils sont plutôt enclins à la dispute].[1]

Selon Abû Umâma (t), avec un hadîth qu’il fait remonter au Prophète (r) : « Chaque peuple qui s’égare de la vérité est enclin à la polémique. » Puis, il récita le Verset : [Ils t’ont donné cet exemple juste pour polémiquer ; ils sont même enclins à la dispute].[2]

El Hasan, qui avait entendu un groupe polémiquer, s’exclama : « Quand ces gens-là se sont lassés de l’adoration, ils sont devenus plus enclins à la parole et de moins en moins enclins au scrupule religieux. C’est ce qui les a poussés à parler. »[3]

Selon ‘Âisha – qu’Allah l’agrée –, le Messager d’Allah (r) a dit : « Le querelleur acharné est le pire des hommes auprès d’Allah. »[4]

Introduction

Nous avons démontré à plusieurs reprises que l’Albani n’avait pas une once d’irja en soulignant notamment qu’il intégrait de façon formelle les actes dans la définition de la foi, qui, à ses yeux, est sujette à des variations.[5] Or, plusieurs de ses détracteurs, dont certains affichent un grand respect (ce que nous ne remettons pas en question) ne s’en laissent pas convaincre. Ces derniers cherchent à démontrer que ces deux points (l’intégration des actes et la variation de la foi) ne suffisant pas pour être blanchis de l’irja, étant donné que certains murjites y adhérent. Les mutakallimîns vont jusqu’à reconnaitre l’istithnâ, et cela, contrairement aux murjites. Pour soutenir leur thèse, ils s’appuient sur un certain nombre d’arguments que nous allons recenser (il y en a sept en tout) et réfuter un à un, avec l’aide d’Allah !

1- L’annale d’Ishâq ibn Rahawaïh

D’après l’Imâm Harb el Karmânî, j’ai entendu dire Ishâq ibn Rahawaïh : « [Certains prétendent qu’el Hasan ibn el Hanafiya est le premier à avoir parlé d’irja. Par la suite, les murjites sombrèrent dans l’excès à tel point qu’un groupe d’entre eux prétendit qu’en délaissant les prières prescrites, le jeûne du ramadhân, l’aumône légale, le pèlerinage, et l’ensemble des rituels, sans les renier, on échappe à notre accusation de mécréant. Ils pensent que nous remettons à Allah le sort (yurja amruhu ilâ Allah) d’un tel individu. L’essentiel, à leurs yeux, c’est qu’il les reconnaît. Nul doute qu’ils sont des murjites !]

Par ailleurs, ils se divisent en plusieurs catégories : certains, notamment, affirment qu’ils sont absolument croyants, sans n’émettre la restriction qu’ils sont croyants auprès d’Allah. Ils sont les plus proches de la vérité, car ils disent que la foi est composée des paroles et des actes. D’autres confinent la foi dans la parole, bien que les actes donnent raison à cette adhésion, mais sans n’en faire partie intégrante. Ils sont certes obligatoires, mais ils n’entrent pas dans la foi. Ils prétendent également que leurs bonnes œuvres sont acceptées, et qu’ils sont croyants auprès d’Allah ; il n’y a pas de différence, disent-ils, entre notre foi et celle de Jibrîl. Le hadîth disant que les murjites furent maudits par les prophètes s’appliquent exactement à eux. »[6]

Hormis le fait que le hadîth utilisé par Ishâq ibn Rahawaïh est faible,[7] ce passage pose problème quand il dit, je cite : « Ils sont les plus proches de la vérité, car ils disent que la foi est composée des paroles et des actes. »

Qu’est-ce qu’un murjite ?

Pour reprendre les paroles de Sheïkh el Fawzân, en effet, Les murjites furent appelés ainsi étant donné qu’ils font reculer (arjâ) les actes, dans le sens où ils les « excluent » de la définition de la foi.[8] L’irjâ signifie en effet : ajourner quelque chose, comme dans le Verset : [Ils dirent : fais-les attendre lui et son frère].[9] C’est-à-dire : reporte leur affaire afin de l’étudier. L’irjâ a donc le sens de faire reculer quelque chose. Ses tenants excluent les actes de la définition de la foi. Sheïkh el Islâm est l’un des partisans de cette théorie,[10] bien qu’il en ramène une autre selon laquelle, d’un point de vue terminologique, l’irjâ viendrait de rajâ, l’espoir. Selon cette définition, les murjites appellent à l’espoir non à la peur.[11]

Selon une troisième hypothèse, les murjites remettent à Dieu le sort des auteurs des grands péchés. Ils diffèrent leur jugement au Jour de la résurrection, sans savoir aujourd’hui s’ils sont des gens de l’Enfer ou du Paradis.[12] Allah pourra aussi bien les châtier que leur pardonner, selon Sa Volonté, et nous ne sommes pas formels, à leurs yeux, sur Son choix.[13]

Dans la terminologie des savants, l’irjâ se caractérise par le point commun qui regroupe toutes les sectes murjites sous un même nom. Autrement dit, toutes s’accordent à sortir les actes de la définition de la foi.

Les annales des anciens allant dans ce sens

Waqî’ ibn el Jarrâh affirme : « Les traditionalistes disent que la foi est composée des paroles (qawl) et des actes (‘amal), alors que pour les murjites, elle est composée des paroles sans les actes. Les jahmites, quant à eux, confinent la foi dans la connaissance. »[14]

Selon Hamdân ibn ‘Alî el Warrâq, j’ai fait remarquer à Ahmed devant qui on avait évoqué les murjites : « Ils disent qu’en connaissant Son Seigneur avec le cœur, on est croyant.

  • Ce sont les jahmites qui disent cela, non les murjites. Ces derniers disent qu’on le devient en l’attestant avec la langue tout en le mettant (sic) [ou : mais sans le mettre] en pratique dans les actes. Tandis que les premiers disent qu’on le devient en connaissant Son Seigneur avec le cœur, mais sans le mettre en pratique dans les actes… »[15]

El Fudhaïl ibn ‘Iyâdh : « Les murjites disent que la foi est composée des paroles sans les actes, pour les jahmites, elle est composée de la connaissance sans la parole ni les actes, et pour les traditionalistes enfin elle est composée de la connaissance, de la parole, et des actes. »[16]

Sufiân e-Thawrî a dit : « Les murjites s’opposent à nous sur trois choses : nous disons que la foi est composée des paroles (qawl) et des actes (‘amal), alors que pour eux, elle est composée des paroles sans les actes ; nous disons qu’elle monte et qu’elle descend, alors que pour eux, ni elle monte ni elle descend ; nous disons que nous sommes croyants en prononçant l’attestation de foi (iqrâr), alors qu’eux disent : nous sommes croyants auprès d’Allah. »[17]

Sufiân ibn ‘Uaïyna à propos des murjites : « Ils confinent la foi dans la parole, alors que nous disons qu’elle est composée des paroles (qawl) et des actes (‘amal). »[18]

Les murjites toutes tendance confondues disent que les actes extérieurs ne font pas partie de la foi, sauf que pour certains, ils en font partie majâzan (de façon métaphorique), étant donné qu’ils en sont les fruits et les effets (thamara el îmân wa muqtadhâhu) ; ils prétendent également qu’il est possible d’avoir une foi parfaite sans ne fournir aucun acte extérieur.[19]

Ishâq ferait allusion à une tendance des murjites ultra

Concernant le passage : « Ils pensent que nous remettons à Allah le sort (yurja amruu ilâ Allah) d’un tel individu. L’essentiel, à leurs yeux, c’est qu’il les reconnaît. Nul doute qu’ils sont des murjites ! »

Dans une autre annale, Ishâq ibn Rahawaïh tente de donner sa définition de l’irjâ.[20] Honnêtement, le passage en question est obscur, mais il semble expliquer que les murjites ultra, comme les nomment ibn Taïmiya,[21] remettent le sort à Dieu des auteurs des grands péchés, comme nous l’avons vu avec la troisième hypothèse venant de Shahristânî sur l’origine du terme. Ils diffèrent leur jugement au Jour de la résurrection, sans savoir aujourd’hui s’ils sont des gens de l’Enfer ou du Paradis. Ils se font appeler les wâqifa pour leur « abstention », et s’inscrivent en porte à faux avec les muhakkâma, une secte kharijite.

À suivre…

Par : Karim Zentici

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[1] Les ornements ; 58-59

[2] Rapporté par Ahmed (22164), e-Tirmidhî (3253), et ibn Mâja (48).

[3] Rapporté par Abû Nu’aïm dans hiliyat el awliyâ (2/157).

[4] Rapporté par el Bukhârî (2457), et Muslim (2668).

[5] Voir : http://www.mizab.org/#!lalbani-et-lirja/c1shq

http://www.mizab.org/#!introduction--la-dfense-de-lalbani/cl8z

http://www.mizab.org/#!la-conception-de-la-foi-chez-lalbani/c1h24

[6] Masâil el Imâm Ahmed wa Ishâq (p. 377).

[7] Il est rapporté par e-Tabarânî dans el awsat, et sa chaine narrative contient notamment la présence de Baqiyat ibn el Walîd jugé « tendre » par les spécialistes.

[8] Voir : sharh silsilat e-rasâil fî el ‘aqîda. Sheïkh el Fawzân reprend la classification d’ibn Taïmiya regroupant les murjites en quatre ensembles. Ailleurs, il rajoute une nouvelle catégorie qu’il appelle les « murjites contemporain » et que nous ne lui concédons pas, comme le démontre notamment cet article.

[9] El a’râf ; 111, et les poètes ; 36

[10] Jâmi’ e-rasâil (1/112).

[11] Jâmi’ e-rasâil (1/112).

[12] El milal wa e-nihal de Shahristânî (1/139).

[13] El milal wa e-nihal de Shahristânî (1/139).

[14] majmû’ el fatâwa (13/308, 385).

[15] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 980).

[16] E-sunna d‘Abd Allah ibn Ahmed (1/347).

[17] Voir : sharh e-sunna d’el Baghawî (1/80).

[18] E-sunna d‘Abd Allah ibn Ahmed (1/346).

[19] Majmû’ el fatâwa (7/195) ; Voir : ârâ el murjiya fî musannafât Sheïkh el Islâm qui est une thèse ès Doctorat du D. ‘Abd Allah ibn Mohammed e-Sanad.

Ibn Taïmiya explique à ce sujet : « Il devient clair que les bonnes œuvres extérieures ne sont pas le fruit ni les effets de la foi intérieure, si ce n’est que dans la mesure où elle les impose ou les réclame. Dès lors, il y a une interdépendance entre les deux et une relation de cause à effet. Si on fournit moins d’actes extérieurs, c’est en raison d’une foi faible. Il est donc inimaginable qu’en ayant une foi parfaite imposée (kamâl el îmân el wâjib) dans le cœur, on ne fournisse aucun acte extérieur imposé. En fournissant l’un parfaitement (kâmilan) on fournit obligatoirement l’autre parfaitement. De la même façon qu’en fournissant l’un faiblement (naqs), on fournit l’autre faiblement.

Imaginer une fois parfaite (tamm), dans le cœur sans fournir de parole ou d’acte extérieur, c’est comme imaginer une interdépendance parfaite avec l’un des deux éléments manquants, ou une cause parfaite sans effet. » Sharh hadîth Jibrîl (p. 492).

[20] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 1099).

[21] Majmû’ el fatâwa (7/297).

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Publié par mizab
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commentaires

oum mouss ab 24/03/2015 17:19

salam'alAykom

Vous pouvez pas leur demander de jeter de un coup d'oeil? Si oui, cela nous sera utile.

oum mouss ab 24/03/2015 00:04

Je me répète mais tallahi bon nombre de vos articles sont EXCELLENTS.
Vous n'êtes pas avare de détails, et c'est ce qui fait que je les lis. Continuez, franchement.

Au passage , question technique :
Ps : Est-ce possible que vous integriez dans votre blog une serie d'option pour que le lecteur puisse éventuellement, lorsqu'il commente l'article soit modifier, supprimer ou actualisé son commentaire?

mizab 24/03/2015 09:38

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !

C'est une très bonne proposition, mais l'aspect technique n'est absolument pas mon fort, ce sont des frères qui l'ont pris en charge pour faire ce blog !

oum mouss ab 23/03/2015 23:44

As salam alaykom

hafidhakum Allah!
Plus que fructueux cet article.

Merci!