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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 16:31

Forest

 

Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux 

 

Éclaircissement

(Partie 1)

 

Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières d’Allah et Son Salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

 

Le ‘urdh bi el jahl, (l’excuse de l’ignorance) en tant que principe, est reconnu par tous les savants. Pour une approche objective d’un sujet aussi complexe, il incombe de garder en tête un certain nombre de choses :

 

• C’est le genre de questions pour lesquelles il ne convient pas de condamner d’innovateur l’adversaire, en le traitant soit de murji soit de kharijite, dans la mesure où il compte dans les rangs des traditionalistes, et que son objectif est la recherche de la vérité, loin de tout esprit partisan. C’est le seul moyen de ne pas sombrer dans un dialogue de sourd. Il ne s’agit pas de remettre en question les intentions de l’adversaire sous prétexte soit qu’il n’est pas suffisamment jaloux du tawhîd, soit de lui imposer des implications auxquelles il n’adhère pas.

 

• Il faut tenir compte du principe de précaution, cher aux anciens et que résume cet adage : il vaut mieux pardonner par erreur que de condamner par erreur. Cela ne remet nullement en question le principe de l’amour en Dieu (el walâ wa el barâ).

 

• Il vaut se méfier de la croyancemu’atazilite selon laquelle les notions du bien et du mal peuvent être perceptibles sans passer par la Révélation.

 

• Il est à craindre également d’hésiter à considérer musulmans certains adeptes de notre communauté, bien que la Preuve céleste (iqâma el hujja) ne soit pas établie contre eux.

 

• Considérer l’excuse de l’ignorance avant de se prononcer sur un cas particulier sans faire de distinction entre les formes de kufr (shirk ou autre) ne signifie pas qu’il faut confiner la mécréance dans le juhûd comme le font les murjites dont notamment Ibrahim ibn ‘Ajlân, un opposant à la da’wa. C’est du moins, ce que comprend L’Imam ibn Battîn.[1] La preuve qu’il n’en est pas ainsi, c’est que certains chercheurs universitaires qui épousent cette idée, considèrent mécréant le gouverneur qui légifère des lois positives. C’est la fameuse question du tashrî’.

 

• Considérer l’excuse de l’ignorance avant de se prononcer sur un cas particulier sans faire de distinction entre les formes de kufr (shirk ou autre) ne signifie pas forcément qu’on épouse les idées de Dâwûd ibn Jarsîs, un opposant à la da’wa najdite. Ce dernier considérait que certaines formes d’adoration des tombes n’étaient pas du registre du shirk akbar. Par ailleurs, il voulait faire croire qu’ibn Taïmiya et son élève ibn el Qayïm n’autorisaient pas le takfîr el mu’aïyin. Ce qui n’est absolument pas le cas des chercheurs actuels.

 

• L’ignorance n’est pas une excuse en elle-même, mais il faut tenir compte d’un facteur qui est extérieur à l’individu et qui est indépendant de sa volonté, soit l’impossibilité d’avoir accès au savoir, pour une raison ou pour une autre. En sachant que ce facteur n’est pas constant, dans le sens où il est évolutif. Ainsi, comme nous l’avons déjà vu, un ignorant qui se détourne du savoir ou qui n’a pas la volonté d’apprendre et de poser des questions aux savants n’est pas excusable. D’autre part, après iqâma el hujja, l’ignorance n’est plus un facteur atténuant.

 

• Dans la pratique, c’est au savant de trancher sur les cas particuliers, et c’est aux autorités en place de prendre des décisions en conséquence. En sachant que les points de vue sont différents en fonction des endroits, des époques et des personnes.

 

• Il faut distinguer également entre le statut d’une personne dans l’absolu (hukm el mutlaq) et un cas particulier (hukm el mu’aïyin).

 

• La question du ‘udhr bi el jahl est indissociable avec deux autres questions, qui sont le ‘udhr bi el khata (excuse de l’erreur) et le ‘udhr bi e-ta-wîl (l’erreur d’interprétation). En se penchant sur la position des anciens par rapport aux sectes (jahmite, mu’atazilite, râfidhite, kharijites, etc.), nous verrons que ces derniers ne les mettaient pas tous dans le même panier. Ils entraient plutôt dans le détail en se prononçant au cas par cas, dans le sens où ils avaient des avis différents en fonction des types d’individus.

 

• Selon certains chercheurs, le ‘udhr bi el jahl n’est pas pris en compte pour les questions qui s’opposent aux grands principes de l’Islam (se prosterner devant une idole, le soleil ou la lune, renier la prophétie de Mohammed (r), renier la Résurrection, prétendre qu’Allah a une compagne ou un fils, imputer la divinité à des humains comme certaines sectes tinites (ésotériques), prétendre que certains hommes ont le droit de s’affranchir de la religion de Mohammed, etc.) Cela ne concerne pas certains détails du shirk. L’essentiel, c’est que l’individu reconnaisse les grands principes de l’Islam, comme l’obligation de fournir le tawhid et de condamner le shirk, même si dans sa mise en application il se contredit, dans la mesure où la loi céleste n’est pas établie contre lui.

 

Si tous ces points sont établis, nous disons donc qu’en faisant une étude approfondie sur le principe du ‘udhr bi el jahl, il en ressort qu’il englobe tous les domaines de la religion, en commençant par ses fondements (usul). Selon plusieurs savants contemporains (el Albânî, el ‘Uthaïmîn, Mohammed Amân el Jâmî, ‘Abd el Muhsin el ‘Abbâd, Rabî’ ibn Hâdî el Madkhalî, Muqbil el Wâdi’î, etc.) et plusieurs chercheurs universitaires dont les thèses furent encadrées par des grands Sheïkh, comme ‘Abd e-Rahmân el Barrâq, et Sheïkh e-Luhaïdân, cette tendance est celle d’ibn Taïmiya, ibn el Qaïyim, de Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, et aimma e-da’wa qui ne font pas la distinction entre le shirk et la croyance (‘aqîda) et les autres annulations de l’Islam dans les questions d’iqâma el hujja et du ‘udhr bi el jahl, concernant les cas suivants ; le nouveau converti, le bédouin qui vit loin des villes, et par analogie, celui qui vit dans un pays où les prédicateurs font mal leur travail et où le shirk est manifeste.

 

Or, ce n’est pas le cas pour celui qui vit au milieu des musulmans et dans un pays où la vraie science est répandue. Dans ce dernier cas, les savants distinguent entre les questions évidentes (zhâhira) qui ne touche pas que le domaine du shirk et de la ‘aqîda, et les questions subtiles (khafiya). Cette voie, qui tient compte de certains critères prévus par la religion, est exactement conforme à celle des anciens.

 

Quant à l’autre tendance, elle ne tient pas compte du ‘udhr bi el jahl dans les usûl et les domaines sur lesquels règne un consensus, et plus particulièrement le shirk. Or, cette distinction ne se base sur aucun texte précis du Coran et de la sunna, si ce n’est des Versets et de hadîth qui expriment des notions générales. Il n’est pas pertinent de mettre en avant que cette tendance est la bonne, car elle fut adoptée par certains savants de la da’wa najdite. Comme le signale Ishâq ibn ‘Abd e-Rahmân lui-même, la référence se confine dans le Coran, la sunna, et le consensus des savants. Or, leurs arguments manquent de consistance et acceptent plusieurs hypothèses. Ils ne font donc pas autorité pour pouvoir les imputer à Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya et ibn ‘Abd el Wahhâb.

 

Une étude objective réclame de regrouper tous les arguments et les opinions en rapport avec le sujet, non, uniquement ceux qui penchent vers sa tendance. En outre, au lieu de jeter la vindicte sur les chercheurs qui s’opposent à leur tendance, il serait plus constructif de reprendre les arguments d’ibn Taïmiya notamment et de résoudre le problème qu’ils leur posent sans les orienter de leur côté.

 

Sinon, que faudrait-il dire sur les savants qui avaient fait des erreurs dans certains domaines du shirk (tawassul, el istighâtha, e-shafâ’a, etc.), comme e-Subkî, e-Suyûtî, et ibn Hajar el Haïthamî ? Nous pouvons dire la même chose pour certaines sectes islamiques. Il faut donc mettre les passions de côtés, et s’attaquer au sujet d’un point de vue purement scientifique.[2]

 

L’Imam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb l’avait bien compris. Lui, qui donne des circonstances atténuantes à ibn Hajar el Haïthamî qui autorisait à demander au Prophète (r) d’intercéder en sa faveur après sa mort. L’Imam expliquait qu’il n’avait pas l’intention d’aller à l’encontre de la vérité, car il était connu par sa piété et son scrupule. Ses services rendus à la nation dans le domaine du savoir étaient innombrables. En outre, les auteurs de son genre n’avaient pas reçu contre eux la preuve céleste dans ce domaine en particulier, surtout qu’ils vivaient à des époques où l’influence du sultan et des mauvais savants jouait un rôle non négligeable. Ce qui faussait les pistes ![3]

 

Bref, ibn ‘Abd el Wahhâb considérait que cette croyance relevait du shirk akbar mukhrij min el milla (qui fait sortir de la religion). Pourtant, il n’a pas kaffar le fautif en question. On peut toujours avancer que cette forme de shirk relève des questions subtiles, non des questions évidentes comme le souligne Sheïkh Salih Âl e-Sheïkh, mais toujours est-il qu’elle entre dans le domaine du shirk akbar. On peut avancer également qu’aux yeux de certains savants, cette pratique est certes une innovation, mais qu’elle n’atteint pas le degré de grande association.[4] Cependant, aux yeux de ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan et son fils ‘Abd e-Latîf, dans leur réfutation respective à Dâwûd ibn Jarsîs, elle entre dans le shirk akbar.[5] ‘Abd e-Latîf va jusqu’à utiliser les paroles de ce fameux ibn Hajar e-Shâfi’î dans son ouvrage el i’lâm bi qawâti’ el islam, pour dire qu’à l’unanimité des musulmans, après bien sûr l’iqâmat el hujja, ceux qui adorent les « saints » et qui invoquent un autre qu’Allah deviennent mécréants.[6] Même constat pour son élève Sulaïman ibn Sahmân.[7]

 

Ainsi, il est plus précis de parler de questions évidentes/subtiles dans lesquelles entre la grande association en premier lieu, que de confiner la chose dans la grande association. Bien que là aussi, les choses sont relatives. Cela dépend des endroits, des époques, et des personnes. C’est en tout cas, le constat que fait l’auteur de l’excellente recherche, que l’adversaire se targue de mettre en avant ‘âridh el jahl, et qui n’est autre que Râshid e-Râshid. Celle-ci, rappelons-le, fut préfacée par Sheïkh el Fâwzân, connu pour ses positions fermes sur le sujet. Il explique en effet : « … Quant à celui qui commet du shirk, dans la mesure où il n’a pas accès à la science, comme ceux qui vivent dans les pays non-musulmans et dans les sociétés où il n’y a pas de prédicateurs qui appellent au tawhîd, de sorte qu’il ne peut remédier à son ignorance, dans ce cas, il est excusable, selon l’opinion la plus vraisemblable des savants. »[8]

 

À suivre…

 

Par : Karim Zentici

 

 

 



[1] Voir : el intisâr li hizb el muwahhidîn (p. 29) ; il est compilé dans majmû’a ‘aqîda el muwahhidîn.

[2] Voir : nawâqidh el i’tiqâdiya du D. Mohammed el Wuhaïbî (p. 289-293).

[3] E-durar e-saniya (1/235).

[4] Voir : el ilmâm bi sharh nawâqidh el islâm d’Abd el ‘Azîz e-Raïs (p. 121-125).

[5] Voir : kashf mâ alqâhu Iblis (p. 131-213) de ‘Abd e-Rahmân ibn Hasan et Misbâh e-Zhalâm (p. 258).

[6] E-durar e-saniya (1/467).

[7] Dhiyâ e-Shâriq (p. 35).

[8] ‘âridh el jahl (p. 224).

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Publié par mizab - dans Takfir
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commentaires

Amîra 26/06/2013 20:57

oui,je suis d'accord il va de soit que ce n'est pas a des gens du commun de faire le takfir sur un individu spécifique !!
Quel danger ! qu'Allah ns en garde !!

Barkaallahu fik pr ces clarifications !!

As salamu alaykum !!

mizab 29/06/2013 07:21

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !

wa fik baraka Allah !

Amîra 26/06/2013 12:37

As-salâm alaykom ,

J'ai une question en fait, étant donné que nous vivons dans une époque où diverses fitan sont apparus,ton article détaille bien précisemment les savants qui bénéficie de l'excuse par ignorance qui est un empêchement du takfir , donc on ne les sort pas de l'islam , mais cépendant quand est il du gens du commun,c'est à dire , les ahbashes qui eut encouragent à l'invocation en dehors d'Allah Ta'ala et autres ignominies de ce style , dans leurs cas vu,peut on encore les considéré comme nos frères ? car ceux sont des personnes s'obstinant dans leurs égarement..

wa Allahu A3lam

barakaallahu fik ..

mizab 26/06/2013 17:18

wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !

wa fikom baraka Allah !

le sujet est délicat, je n'ai pas le compétence pour statuer,

mais dans le principe, les explications que j'ai ramenées ne veulent pas dire qu'on ne fait pas le takfir dans l'absolu !

que ce soit des sectes : certaines sectes sortent effectivement de l'islam

que ce soit des individus : si les conditions sont remplies

donc, c'est au cas par cas, et il est délicat de dire que tel ou tel est un kafir car il fait partie de telle secte, même si dans l'absolu, ce soit tout à fait possible !

wa Allah a'lam !

Amy 15/02/2013 17:02


As salamu aleykuum , mon frère .


Qu'Allah Ta'ala te récompenses (encore et encore )


Aurais tu l amabilté de m'expliquer de façon plus détailler cette partie ci :


Sinon, que faudrait-il dire
sur les savants qui avaient fait des erreurs dans certains domaines du shirk (tawassul, el istighâtha, e-shafâ’a, etc.), comme e-Subkî,
e-Suyûtî,
et ibn Hajar
el Haïthamî ?


 

mizab 16/02/2013 09:37



 


 


wa 'aleikom salem wa rahmat Allah !


 


Amin, wa anta kadhalik !


 


Il parle des savants musulmans qui ont fait des erreurs dans le shirk et qui ne sont pas sortis de l'Islam pour autant...


 


Or, ne pas voir l'excuse de l'ignorance dans l'absolu, cela implique de les sortir de l'Islam, même si les tenants de cette tendance ont leurs explications sur ce point !


 


wa Allah a'lam !