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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 13:17

Mohammed el Âjurrî a dit : quand nous choisissons, grâce à Dieu, d’apprendre le Coran, nous sommes honorés par Allah qui nous compte au sein de Sa famille et de Son entourage privilégié. Il nous promet une récompense immense à condition de respecter une certaine éthique, comme nous l’avons vu plus haut. Notamment : [Ceux à qui Nous avons confiés le Livre le récitent comme il convient][1] ; selon une exégèse : « Ils le mettent en pratique comme il convient. »

Dans ce registre, le meilleur des hommes (r) affirme : « Quand on récite le Coran avec aisance, on rejoint les nobles anges-messagers, et quand on le récite avec difficulté, on a droit à une double récompense. »

Bishr ibn el Hârith a dit, j’ai entendu dire ‘Îsâ ibn Yûnas : « L’ange embrasse entre les yeux tout serviteur qui apprend (ou récite ndt.) le Coran en entier. »

La Parole sacrée doit revivifier notre cœur et le guérir de ses maux. Nous devons respecter son éthique, nous imprégner de ses vertus et les extérioriser dans notre comportement. Nous nous démarquerons ainsi de ceux qui ne lui accordent pas la même attention. La piété est la première règle à observer. Le serviteur scrupuleux craint Allah en public et en privé ; il veille à ce que rien dans sa vie ne soit d’origine douteuse (nourriture, boisson, habits, gains). Il est au courant de la situation de son époque et de la décadence qui l’entoure ; il est sur ses gardes et veilles à préserver sa religion en se remettant en question : il se préoccupe à corriger ses défauts, il surveille sa langue, et fait attention à ses paroles.

Il parle avec savoir, et quand il juge bon de le faire, et il se tait avec savoir, et quand il juge bon de le faire ; il s’abstient de se mêler de ce qui ne le regarde pas ; il a aussi peur de sa langue que de son ennemi, et il la tient enfermée comme un prisonnier, car il appréhende ses méfaits. Il évite de rire autant que faire se peut, et se distingue ainsi de la masse, car il a conscience des mauvaises conséquences que cela engendre ; quand une bonne chose lui fait plaisir, il se contente de sourire. Il n’aime pas plaisanter pour s’épargner des futilités, mais s’il devait absolument le faire, il ne dit que la vérité, en gardant le visage agréable et une grande retenue dans ses propos. Il ne se vante jamais, et il ne se prête encore moins des qualités qu’il n’a pas ; il ne se laisse pas dominer par les passions et s’attiser ainsi la Colère du Seigneur. Il n’a pas recourt à la médisance, il ne dénigre ni n’injure personne, il ne se réjouit jamais du malheur des autres, il ne s’attaque pas à son prochain, il n’est pas envieux, et n’est pas enclin aux mauvais soupçons, sauf contre ceux qui le méritent ; les choses pour lesquelles il éprouve de la jalousie ou un mauvais soupçon sont fondées ; s’il souligne un défaut chez quelqu’un, il est mu par un savoir, et s’il préfère fermer les yeux dessus, il est également mu par un savoir.

Il s’inspire du Coran, de la sunna et du fiqh pour y puiser toutes les vertus. Il est chaste et préserve tous ses membres du vice ; il marche avec savoir, et il s’assoit avec savoir ; il met tout en œuvre pour ne porter préjudice à personne avec sa langue ou avec sa main ! Il n’a pas de réactions insensées, et il accueille la sottise des autres avec sagesse ; il ne cause du tort à personne, il pardonne les injustices dont il est victime ; il ne s’en prend à personne, et endure le mal de ses semblables ; il refrène sa colère pour gagner l’Agrément de Son Seigneur et irriter son ennemi davantage ; il est humble, accepte la vérité d’où qu’elle vienne : des plus petits et des plus grands.

Il n’attend pas des hommes qu’ils le mettent en valeur, mais du Tout-Puissant ; il réprouve l’orgueil, et craint énormément de s’en prévaloir ; il ne fait pas du Coran une source de revenue, et il ne s’en sert pas pour régler ses affaires ni pour s’approcher des enfants du Roi, ni encore pour gagner les faveurs des plus riches.

Les fortunes sont souvent amassées sans clairvoyance ni perspicacité, alors que lui, il s’en tient au minimum avec clairvoyance et perspicacité ; les gens aiment les vêtements moelleux et onéreux, alors que l’essentiel pour lui est de gagner honnêtement de quoi lui couvrir le corps ; il ne dit pas non quand il en a les moyens, mais faute de quoi, il s’abstient et se contente de peu ; il mène une vie austère, car il craint que le luxe ne le pervertisse ; il se soumet aux commandements prescrits par les textes ; il mange avec savoir, boit avec savoir, s’habit avec savoir, dort avec savoir, et ses relations charnels avec sa femme sont fondées sur un science ; il fréquente ses amis avec savoir ; il les visite et prend congé d’eux avec savoir ; il entretient un bon voisinage avec savoir ;

Il s’engage à respecter ses parents en les prenant sous son aile, en baissant la voix devant eux, et en prenant en charge leurs dépenses ; il éprouve pour eux de l’affection et un énorme respect ; il prie qu’Allah leur accorde une longue vie, et est reconnaissant envers eux quand ils atteignent un âge avancé ; il n’est jamais irrité par leur présence et ne les prend jamais de haut ; il est toujours disponible quand ils sollicitent son aide en vue d’accomplir un acte de piété, mais il s’excuse de ne pouvoir réponde à leurs attentes quand ils envisagent de faire un péché ; il aborde le problème avec compassion et délicatesse en vue de les faire renoncer à leur projet obscur ; il fait de la piété filiale sa ligne de conduite, et il déteste tout ce qui tend à la rompre. Il ne tourne pas le dos à celui qui coupe les liens avec lui, et il ne désobéit pas à Allah avec celui qui ne L’obéit pas à avec lui.

Il fréquente les croyants avec savoir, et s’assoie avec eux avec savoir ; il est utile à ceux qui le côtoie, et son comportement est exemplaire ; il est plein de bienveillance envers ses élèves et il les met à l’aise ; la sévérité ne fait pas partie de son vocabulaire ; il est sage et patient dans l’exercice de son enseignement et fait régner un climat de confiance et de bonne humeur dans ses cours qui sont toujours intéressants ; il est d’une extrême politesse lors de ses assemblée, en prenant pour modèle le Coran et la sunna.

Quand le malheur le touche, les textes scripturaires canalisent sa réaction : sa tristesse et ses pleurs sont mues par le savoir ; il patiente, se purifie et observe la prière avec savoir ; il verse l’aumône légale et bénévole, il pratique le jeûne, et se rend au pèlerinage avec savoir ; il fait le djihad, gagne son pain et dépense ses biens avec savoir ; qu’il dissipe avec largesse ou parcimonie, il le fait avec savoir ; le Coran et la sunna l’ont éduqué !

Il consulte les pages du Livre « saint » pour éduquer son âme ; il prend sur lui de ne jamais se plier aux obligations religieuses sans les connaitre ; à ses yeux, la science et la compréhension de la religion ouvrent la porte à toute bonne chose.

Il étudie le Coran avec attention et perspicacité ; son ambition est plus de comprendre ce qu’Allah (U) attend de lui à travers Ses commandements (obligations/interdictions) que de clore un chapitre de Son Livre ; il rêve de ne dépendre que d’Allah et de ne s’en remettre qu’à Lui ; il aspire à la piété, à la crainte d’Allah, à la charité, à la patience et à la sincérité ; il se demande quand parviendra-t-il à s’abandonner entièrement à Son Seigneur en vacillant entre la peur et l’espoir !

Quand vais-je tourner le dos aux jouissances terrestres pour me concentrer sur l’au-delà ? Quand vais-je arrêter le vice ? Quand vais-je enfin me rendre compte qu’Allah me comble sans cesse de Sa grâce, sans me complaire dans mon ingratitude ? N’est-il pas temps d’appréhender la Grandeur du Seigneur que nous dévoile chaque ligne de la Révélation ? N’est-il pas temps de déchiffrer le sens des mots qui sortent de ma bouche ? Suis-je enfin capable de prendre le dessus sur mes passions ? Suis-je prêt à faire les vrais efforts, le djihad, sur le sentier du Tout-Puissant ? Ne devrais-je pas retenir ma langue, baisser le regard, préserver ma chasteté, et avoir honte devant Mon Seigneur comme il sied à Sa Grandeur ? Je dois me préoccuper de mes propres défauts et corriger les vices qui ont envahit mon cœur ; il est temps de me remettre en question et de me munir de provisions pour l’autre monde ; il est temps d’agréer Mon Seigneur et d’abandonner entièrement ma confiance en lui ; il est temps d’être sensible aux sermons que regorge la Parole divine, sans se laisser disperser par les productions humaines ; je dois m’en imprégner afin de me plier à Sa volonté ; aimer ce qu’Il aime et haïr ce qu’Il haït, prodiguer le bon conseil pour plaire à Sa Face, et Lui vouer mes actes en toute sincérité et exclusivité !

Je ne dois plus m’attacher à de vains espoirs, et me préparer à accueillir la mort, car l’ivresse de la vie m’en a fait oublier le rendez-vous ; je dois vite meubler ma tombe et me prédisposer mentalement à affronter tous les affres qui accompagnent ce jour fatal ! Je me retrouverais seul à seul avec Mon Seigneur dans mon nouvel univers ; il sera trop tard pour penser aux mises en gardes qu’Il m’a distillé sur terre ; la description terrible du feu ardent de l’Enfer et de ses profondeurs abyssales, là où la détresse et les cris sont sans espoirs ; la mort ne vient jamais soulager les damnées ni les consoler ni essuyer leurs larmes ; Zaqqûm, l’arbre terrifiant, leur servira de nourriture et ils s’abreuveront de larve (Hamîm) et de pue ; quand les flammes les carbonisent, ils recouvrent une nouvelle peau pour que la douleur ne s’interrompt jamais ; aujourd’hui, rien ne sert d’être rongé par les regrets et de se mordre les doigts ; c’est le temps des moissons : [Malheur à moi, s’écriera-t-il ! Si seulement j’avais avancé des œuvres pieuses au cours de ma vie][2] ; [Seigneur, ramène-moi à la vie • afin que je récupère les bonnes œuvres que j’ai négligé][3] ; [Malheur à nous, s’écrieront-ils ! Qu’a-t-il ce livre à n’omettre aucun péché ; du plus petit au plus grand][4] ; [Ha, malheur à moi, pourquoi ais-je pris un tel pour ami ?][5] ; Ils recevront une panoplie de châtiments, et c’est ce qui poussera certains d’entre eux à gémir : [Malheur à nous, si seulement nous avions obéis à Allah et obéis au Messager].[6]

Je m’adresse à tous les musulmans, et plus particulièrement aux « lecteurs » pour leur rappeler les mises en garde incessantes du Coran destinées aux croyants, notamment : [Ô croyants ! Préservez vos personnes et vos familles d’un feu dont les hommes et les pierres seront le combustible et dont la garde sera assuré par des anges durs et inflexibles ; ils ne désobéissent jamais à Allah, et ils se soumettent entièrement à Ses ordres][7] ; [Et craignez l’Enfer réservé aux mécréants][8] ; [Ô croyants ! Craignez Allah, et que chacun d’entre vous songe à ce qu’il a avancé pour demain ; craignez Allah qui est parfaitement informé de ce que vous faites].[9]

Par ailleurs, le Tout-Miséricordieux alerte les croyants contre certains dangers : négliger les obligations, laissé échapper la récompense qu’Il leur a promise, et enfreindre les frontières des interdits qu’Il leur a tracées ; ils se démarqueront ainsi des pervers passibles des pires punitions. Allah (U) révèle : [Et ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Leur Seigneur si bien qu’Il a fait en sorte qu’ils s’oublient eux-mêmes ; ceux-là sont les pervers].[10] Le Verset suivant, Il leur fait savoir que les heureux élus du Paradis et les damnées de l’Enfer ne se valent pas : [les élus du Paradis et les damnées de l’Enfer ne sont pas comparables ; les élus du Paradis sont eux les heureux gagnants].[11]

Le musulman sensé passe en revue, à travers la lecture du Coran, toute sa vie, comme un miroir qui reflète ses belles et ses mauvaises actions ; il se met au diapason avec les prescriptions coraniques, et il se tourne là où elles l’orientent : quand elles le mettent en garde, il est là, si elles appuient sur la peur, il est là, et quand elles ouvrent la porte à l’espoir, il est là.

Quand son suit à la lettre cette ligne de conduite, ou que, tout au moins, on s’en approche, on peut prétendre alors réciter le Coran comme il convient, et lui apporter l’attention qu’il mérite ; celui-ci devient un témoin, un intercesseur, un compagnon, un rempart ; et on se rend service à soi-même, à sa famille, à ses parents et à ses enfants qui en récolteront les fruits sur terre et dans l’au-delà !

[1] La vache ; 121

[2] L’aube ; 24

[3] Les croyants ; 99-100

[4] La caverne ; 49

[5] Le Livre qui tranche entre le bien et le mal ; 28

[6] Les coalisés ; 66

[7] L’épouse interdite ; 6

[8] La famille ‘Imrân ; 131

[9] Le rassemblement ; 18

[10] Le rassemblement ; 19

[11] Le rassemblement ; 20

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Publié par mizab
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