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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 09:24

 

Dialogue sur le ‘udhr bi el jahl dans le shirk akbar VI

(Partie 5)

 

• Voici pour l’autre billet :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/2015/10/ibn-baz-consensus-que-pas-d-excuse-de-l-ignorance-dans-le-shirk-akbar.html

 

De deux choses l’une, soit ibn Bâz s’est trompé, si l’on sait que les faits le contredisent, soit notre ami a mal compris ses propos, ce qui n’est pas impossible ! Dans les deux cas, l’imâm n’est qu’un homme qui n’est pas à l’abri de l’erreur, comme n’importe qui d’autre, en dehors du sceau des messagers (r). On m’interdit d’agrémenter ma thèse des analyses taïmiyennes et on ne se gêne pas de la fustiger, parfois violemment, en s’appuyant sur un contemporain ; quant à choisir entre les deux, il n’y a pas photo, le choix est déjà fait !

Dans le meilleur des cas, le Sheïkh ‘Abd el ’Azîz parle du statut absolu, sinon, il ne fait qu’entrevoir la chose sous le prisme de sa propre tendance, ce qui, en soit, est contestable. Le reste de l’article le démontre, si tant est qu’il faille le démontrer !

 

• Dans son blog, notre ami s’inspire aussi d’un texte de Sheïkh ‘Abd el Muhsîn el ‘Abbâd pour donner du crédit à sa position :

 

http://lexcusedelignorance.over-blog.com/2015/10/abd-al-mohsen-al-abbad-sur-l-excuse-de-l-ignorance-revient-sur-son-ancien-avis.html

 

• Le doyen ‘Abd el Muhsîn a, en effet, vraisemblablement changé d’avis sur la question. Sheïkh ‘Abd el Mâlik Ramadhânî, qui est très proche de lui, me l’a confirmé par téléphone. Ce dernier m’a précisé qu’il en avait discuté avec son Sheïkh à qui il demanda notamment de lui citer un ancien allant dans le sens de cette théorie. Il eut en tout et pour tout pour réponse qu’il s’alignait sur l’avis de son maitre, ibn Bâz. En cela, il assimile les quburîtes à des mécréants d’origine ; hypothèse que nous avons réfutée plus haut. Or, comment qualifié el ‘Abbâd de l’ancienne position : un pseudo salafi, un murjite, un jahmite, etc. ?

 

• Par ailleurs, il y a dix ans auparavant, l’auteur de ces lignes a traduit une épitre de notre érudit dans lequel il développe, avec citations à l’appui, ce qui semble être son ancienne opinion sur le sujet. Nous reproduisons ici ce long passage en question qui est extrait de sharh shurût e-salât :

 

L’adoration est le droit exclusif d’Allah comme le révèle le Tout-Puissant : (Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent).[1] Il a déclaré également : [Nous avons envoyé à chaque communauté un messager [disant] : adorez Allah et éloignez-vous du tâghût][2] ; (Nous n’avons pas envoyé de messager avant toi sans lui révéler qu’il n’y a d’autre dieu digne d’être adoré en dehors de Moi, alors adorez-Moi).[3] Il incombe ainsi de consacrer toute forme d’adoration au Très-Haut, sans n’en dédier la moindre partie à une créature quelconque. Nous devons Lui vouer la prière, l’inclination, la prosternation, l’appel au secours, l’invocation, la confiance, l’appel au refuge, etc. : (Dis : ma prière, mon offrande, ma vie et ma mort reviennent à Allah le Seigneur de l’Univers, sans lui vouer aucun associé • Voilà ce qui m’a été ordonné et j’en suis le premier soumis).[4] En vouant toute forme d’adoration à un autre qu’Allah, on devient un païen et un mécréant. Il faut comprendre ce jugement dans l’absolu (en règle général) et il est valable pour les personnes ayant eu accès à la Révélation. Quant au cas particulier ayant commis l’idolâtrie, comme le culte des morts (invocation, appel au secours, etc.), dans la situation où il est ignorant, il faut s’abstenir de le condamner à l’apostasie, avant de lui démontrer son erreur et de fermer les portes à toute excuse. Telle est la première opinion recensée sur la question. 

 

Sheïkh ‘Abd ‘Azîz ibn Bâz – qu’Allah lui fasse miséricorde – a mentionné les deux tendances dans une réponse à une question qui lui fut posée au sujet de certains innovateurs (puis, il inséra le passage que nous avons évoqué plus haut, avant d’enchainer ndt.) :

 

La deuxième opinion qui prône l’abstention de se prononcer sur son état de mécréance a été adoptée par bon nombre de savants à l’instar de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya et Sheïkh el Islam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb.

 

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a souligné à cet effet dans son ouvrage el istighâtha (2/731) : « Après s’être imprégné des enseignements du Messager (r), il devient évident qu’il n’a jamais légiféré à sa communauté d’invoquer qui que ce soit parmi les morts : prophètes, gens pieux, etc. ni à travers la formule d’el istighâtha (appel au secours ndt.) ou autre ni à travers la formule d’el isti’âna (appel au soutien ndt.) ou autre. Il n’a pas légiféré non plus à sa communauté de se prosterner devant un mort, un vivant, ou toute autre chose de ce genre.

Nous savons plutôt qu’il (r) a formellement interdit ce genre de pratiques qu’il a jugées relevant de l’association interdite par Allah et Son Messager. Néanmoins, en raison de l’ignorance prépondérante, du nombre restreint de personnes initiées aux traces de la prophétie parmi les dernières générations, nous ne pouvons pas condamner facilement les gens d’apostats pour ces raisons, pas avant de les avoir mis au courant des enseignements du Messager (r) stipulant la non-pertinence de leurs pratiques.

C’est pourquoi, je n’ai jamais démontré ce point à des personnes imprégnées du principe de l’Islam sans qu’elles ne se remettent en question en disant : c’est le principe même de la religion. Certains grands doyens expérimentés parmi nos amis disaient : c’est la plus grande chose que tu ais pu nous expliquer, car ils avaient pleine conscience que cela concernait le principe élémentaire de la religion. »

 

Sheïkh el Islam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb – qu’Allah lui fasse miséricorde – a affirmé pour sa part : « Si l’on sait que nous ne taxons pas d’apostasie ceux qui adorent la stèle érigée au-dessus de la tombe d‘Abd el Qadîr, ainsi que celle sur le tombeau d’Ahmed el Badawî et d’autres dans le genre, en raison de leur ignorance, et du manque d’orientation, comment pouvons-nous dès lors le faire pour celui qui n’associe rien à Allah sous prétexte qu’il n’a pas émigré chez nous, dans la mesure où il n’a pas apostasié ni combattu la vérité. Gloire à Allah ! Quelle énorme calomnie ! »[5]

Il a dit également : « Nous considérons plutôt, en prenant en témoin Allah qui connaît le fond de nos pensées, que quiconque adhère à l’unicité et se détache de l’association et de ses partisans, est pour nous un musulman indépendamment de l’endroit et de l’époque où il se trouve. En revanche, nous condamnons quiconque associe à Allah dans Sa Divinité après que les Textes lui ont démontré la non-pertinence de l’Association. »[6]

 

Il a expliqué ailleurs : « Les paroles que vous entendez à mon encontre disant que je condamne d’apostasie sans faire de détail, elles ne sont que des calomnies venant de l’ennemi. Je dirais selon eux également qu’il ne suffit pas à l’individu de suivre la religion d’Allah et de Son Messager, sans qu’il immigre de son pays pour venir s’installer sur nos terres. C’est aussi un tissu de mensonges ! L’important est plutôt de suivre la religion d’Allah et de Son Messager où que l’on soit.

Nous nous contentons de bannir de l’Islam quiconque, après avoir reconnu la religion d’Allah et de Son Messager, s’en fait non seulement l’ennemi, mais qui plus est, cherche à en détourner les autres. Nous condamnons également quiconque adore les idoles après avoir eu connaissance que ces pratiques relèvent de la religion des païens, tout en les embellissant aux gens. Lui, il est vrai, je le condamne à l’apostasie. Tout savant sur la surface de la Terre ne peut que condamner un tel individu si bien sûr, il n’est ni un entêté ni un ignare. »[7]

 

Il a dit également : « Quant aux allégations de mes ennemis prétendant que je voue à la mécréance sur simple suspicion et en fonction des alliés, ou bien que je condamne l’ignorant n’ayant pas eu accès à la vérité, c’est une énorme calomnie qui a pour but de faire fuir les gens de la religion d’Allah et de Son Messager. »[8]

 

Dans son livre minhâj e-ta-sîs wa e-taqdîs (p. 98-99), Sheïkh ‘Abd e-Latîf ibn abd e-Rahmân ibn Hasan Âl Sheïkh confirme la position du premier homme de la da’wâ nadjite : « Sheïkh Mohammed – Allah lui fasse miséricorde – fait partie de ceux qui font preuve de plus de délicatesse et de précaution avant de se prononcer sur des questions d’apostasie à tel point qu’il n’est pas formel sur le fait de condamner d’apostat un ignorant qui invoque quelqu’un en dehors d’Allah, parmi les gens des royaumes des morts ou autres, dans la situation où il n’a personne pour lui donner le bon conseil ni pour lui faire parvenir la vérité faisant autorité contre tout contrevenant.

 

Ce dernier fait remarquer dans certaines de ses lettres : Si nous ne déclarons pas la guerre à ceux qui vouent le culte au mausolée d’el Kiwâz, afin de l’inviter à vouer la religion exclusive à Allah, comment pouvons-nous dès lors condamner à l’apostasie celui qui n’émigrerait pas chez nous, bien qu’il soit croyant et unificateur dans l’adoration ? Quand on l’interrogea aussi au sujet de ce genre d’ignorant, il a établi que quiconque à accès à la vérité, s’il a les moyens de la comprendre, il commet un acte d’apostasie en vouant l’adoration aux tombeaux. »

 

Il a déclaré en outre – Allah lui fasse miséricorde – dans mish e-zhalâm (p. 499) : « Quiconque reçoit le message de la prophétie invitant à l’Unicité d’Allah et à la nécessité de se soumettre à Lui (par l’Islam) ; s’il en comprend que les Messagers en sont porteurs, il n’a aucune excuse à ne pas s’y conformer en délaissant le culte d’Allah. C’est avec ce genre d’individu que la condamnation à l’apostasie est formelle ; s’il adore qui que ce soit en dehors d’Allah ou s’il consacre l’adoration à des égaux et à des idoles en parallèle à la Sienne.

 

Notre Sheïkh et le reste des musulmans n’hésitent pas un instant à condamner ce genre d’individu. Il a établi ce principe – Allah lui fasse miséricorde – et l’a démontré en se conformant aux savants de la communauté et en les prenant comme exemple. Il ne s’avançait surtout pas à condamner quiconque avant d’avoir établi les preuves permettant de le faire, et si l’argument était clair à tel point qu’il s’est abstenu de taxer de mécréant – Allah lui fasse miséricorde – l’ignorant parmi les adorateurs des tombeaux s’il n’a personne sous la main pour lui apprendre la vérité. Tel est le sens des propos de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya – Allah lui fasse miséricorde – lorsque ce dernier dit : jusqu’à ce qu’il comprenne les arguments issus de la révélation venue du Messager (r). Il suffit d’expliquer le message de façon à ce qu’il soit accessible à l’entendement de l’interlocuteur, dans la mesure où il l’a bien compris, pour le considérer comme reçu. »  

 

Il dit dans la référence en question (p. 516) : « Notre Sheïkh – Allah lui fasse miséricorde – ne condamne personne d’apostat au premier abord ; il ne se fie pas au simple fait qu’on a commis l’association. Il attend avant de se prononcer d’avoir les éléments en main pour le faire (faire parvenir les textes faisant autorité contre tout fautif). Ce constat est très tangible à divers endroits de son discours. D’ailleurs ses lettres sur le sujet sont notoires. »

 

Dans sharh el mumti’ (6/194) Sheïkh Mohammed ibn Sâlih el ‘Uthaïmîn établit : « Néanmoins, certains ignorants, n’ayant aucune ambiguïté spéciale, sont convaincus de détenir la vérité (que ce soit au niveau de la croyance ou des paroles). Il va sans dire qu’ils ne cherchent nullement à aller à l’encontre de la religion, ni à sombrer dans le péché et la mécréance. Nous ne pouvons les juger apostats quand bien même ils ignoreraient un fondement de la religion. Re(-)connaitre la zakât et son caractère obligatoire est l’un de ces crédos fondamentales, on peut l’ignorer tout en restant musulman.

Ainsi, nous pouvons mieux appréhender la situation de nombreux fidèles à travers diverses contrées islamiques où le recours aux morts (el istighâtha bi el amwât) est monnaie courante. Ils ne savent pas que ces pratiques sont interdites. On leur fait même miroiter qu’elles rapprochent d’Allah, et que certains occupants des tombes sont des walis, etc. Ils adhèrent pourtant à l’Islam et font preuve d’un grand zèle vis-à-vis de ses enseignements. Ils sont convaincus de faire le bien, et personne ne les a prévenus du contraire. Ils sont donc excusables, contrairement à l’entêté qui lui est condamnable ; il sait très bien que les savants disent que c’est du shirk, mais il préfère s’en tenir aux coutumes de ses ancêtres. Celui-ci est directement concerné par le Verset : [Nous avons trouvé nos pères sur une voie, et nous nous contentons de suivre leurs traces].[9] »

 

Si je me suis quelque peu étendu sur les citations de Sheïkh el Islam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb établissant cette question (autrement dit : taxer d’apostat un cas particulier ayant commis de l’association dans le domaine de l’adoration par ignorance, doit avoir lieu après lui avoir expliqué la question et lui avoir prouvé son erreur non avant), c’est pour couper court à certains ignares, qui sont hostiles à sa personne et à son prêche fondé pourtant sur le Coran, la sunna, et l’usage des anciens de cette communauté. Ces derniers prétendent critiquer et discréditer sa prédication, sous prétexte qu’il taxerait tous les musulmans de mécréants sans détail, et qu’il ferait des généralités dans son jugement.

 

Cependant, sa sentence concerne uniquement celui à qui les Textes seraient parvenus et qui aurait compris les arguments qui lui sont étalés. D’autre part, à ma connaissance, une partie infime de chercheurs et étudiants affiliés à la sunna, remettent en question les partisans de cette analyse, bien qu’elle soit conforme à celle de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya, Sheïkh el Islam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, et d’autres savants. En outre, il vaut mieux faire preuve de clémence, par erreur, sur des points ambigus, que de punir par erreur.

 

Sans compter que leur critique à l’encontre de cette opinion établie par nos deux doyens, en faisant preuve d’acharnement pour prouver le contraire, ouvre la porte aux mauvais épieurs à l’affût des traditionalistes, ceux-là mêmes qui ont pour vocation de pêcher en eau trouble. Ils se prennent ainsi à faire l’écho des ennemis de l’Islam et de ses adeptes, qui prétendent que les extrémistes qui sèment la terreur et la destruction, se réfèrent à l’enseignement basé sur les œuvres de Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb, et d’autres savants traditionalistes.

 

Ces allégations sont un tissu de mensonges et de calomnies venant de la part aussi bien de leurs auteurs que de leurs échos. Quant à ces perroquets, qui sont pourtant les enfants de ce pays, je leur signale qu’ils ont étudié les mêmes programmes scolaires que leurs compatriotes sans pour autant en avoir été affectés. Ceux-ci renferment plutôt des bienfaits considérables dont profitent ceux qu’Allah a bien voulu guider et les faire parvenir à la réussite. L’extrémisme constaté chez certains dissidents est le fruit de leur mauvaise compréhension ; cela fait d’eux des marginaux insurgés contre la société. Leurs exemples sont plutôt les kharijites connus pour s’être marginalisés et révoltés contre les Compagnons en raison de leur mauvaise conception des choses ; chaque groupe ayant ses héritiers. Qu’Allah nous aide !

 

• Les plus sceptiques diront qu’il faut comprendre cette explication à l’aune de sa nouvelle tendance. En admettant par condescendance que ce soit le cas pour la majeure partie de sa démonstration, il est impossible de faire entrer la citation d’el ‘Uthaïmîn dans cette thèse, ce qui rend invraisemblable la suggestion soulevée.

 

Wa Allah a’lam !

 

Par : Karim Zentici

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[1] Les vents qui éparpillent ; 56

[2] Les abeilles ; 36

[3] Les Prophètes ; 25

[4] Le bétail ; 162-163

[5] Extrait du livre : e-durar e-saniya (1/66).

[6] Extrait de : majmû’ muallafât Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb (3/34).

[7] Extrait de : majmû’ muallafât Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb (3/33).

[8] Extrait de : majmû’ muallafât Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb (3/14).

[9] Les ornements ; 22

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Publié par mizab - dans Takfir
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