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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 12:33

Tout sur le djihad

(Partie 4)

 

Voici un article où S. el Fawzân passe également en revue les lois du djihad

 

Réponse à el ‘Uraïnî

 

Par Sheïkh Sâlih el Fawzân

 

Je suis tombé sur un article dans le quotidien el watan datant du dimanche 13/06/1427 h. Son auteur, Sâlih ‘Abd Allah el ‘Uraïnî d’el Badâi’, consacrait une réponse à l’un de mes propos, et à laquelle il donnait le nom de ta’lîq ‘alâ Sheïkh el Fawzân. Certains passages, qui réclamaient certaines explications, m’ont poussé à prendre la plume, car je n’avais pas le droit de garder le silence. Et cela, d’autant plus que l’auteur lui-même me réclamait gentiment d’éclaircir certains points obscurs en vue de dissiper les confusions qui planent dessus.

 

Voici, donc, pour satisfaire ses attentes, une réponse détaillée, que je formulerais en forme de points :

 

Premièrement : mon propos s’adressait à ceux qui dénigrent nos programmes scolaires renfermant les lois du djihâd. Ils voudraient les enlever pour plaire à nos ennemis. Il va sans dire que leurs désirs sont loin d’être exaucés par la Volonté d’Allah, et quand bien même ce serait le cas, cela ne remet nullement en question l’un des plus grands principes sur lesquels repose notre religion. En outre, cette proposition inique serait loin de dissuader les mécréants de nous attaquer et de nous envahir. De nombreux pays musulmans mis à feu et à sang en ont malheureusement fait la douloureuse expérience. C’est le Coran lui-même qui nous l’apprend à travers le Verset : [Ils ne cesseront de vous combattre jusqu’à ce que vous renonciez à votre religion, s’ils en avaient les moyens].[1] Et ce ne sont pas les accords internationaux qui vont les convaincre du contraire.

 

Deuxièmement : le djihâd offensif est entériné par les textes (Coran, sunna), le consensus des musulmans, et l’usage du Messager (r) et de ses Compagnons. Dans la pratique, il est certes soumis à une certaine conjoncture et à des conditions notoires que recensent les ouvrages de fiqh, de hadîth, et d’exégèse. Voici une liste des principales conditions réclamées que nos programmes scolaires reprennent une par une :

  1. Les musulmans doivent avoir la force suffisante pour le mettre en pratique, sinon il devient interdit, car ils risquent ainsi de se faire exterminer. Dans les périodes de faiblesses, ils suivent les directives de l’époque mecquoise. Avant l’émigration à Médine, les adeptes de la religion naissante étaient enjoints de s’armer de patience, et de renoncer aux armes. Si l’idée les aurait pris de se défendre, ils se seraient exposés au péril.
  2. Il ne doit y avoir aucun accord entre eux et nous, sinon, il devient interdit. Nous devons respecter nos traités qui rendent sacrés leur sang et leurs biens. Malheureusement, ce point pose problème à certains auteurs aujourd’hui. Ils mettent en avant que la notion de djihâd est en totale contradiction avec les traités internationaux qui nouent les États entre eux sous l’égide des Nations Unies. Ils ne font pas la distinction entre l’étude d’une question d’un point de vue théorique, et sa mise en application sur le terrain. C’est ce qui les pousse à stigmatiser notre enseignement, alors qu’il est clair que ce sont deux choses différentes. Par ailleurs, en vulgarisant ces notions, il ne portera plus à confusion dans l’esprit de certains, surtout du côté des ignorants, qui, au nom du djihâd, s’en prennent impunément à des innocents à qui nous avons garanti la sécurité en les laissant entrer dans notre pays. Pire, ils font la propagande de ce genre de crimes. Ces derniers n’ont pas conscience qu’ils ne sont pas en état de force, comme ils n’ont pas conscience des répercussions qu’ils font endurer à leurs concitoyens. Ils n’ont pas étudié les lois du djihâd ni les critères et les conditions à respecter en vue de le légitimer. Ils ne savent même pas quand est-ce qu’il relève de l’obligation individuelle (fardh ‘aïn), et quand est-ce qu’il relève de l’obligation collective (fardh kifâya). Ils ne seraient pas capables de distinguer entre les différentes catégories ennemies ; il y a certains mécréants avec qui, en effet, nous ne sommes pas en guerre. Sans compter qu’ils n’ont aucune connaissance sur les aptitudes requises afin d’entrer dans l’armée, ni des modalités de la guerre sur le terrain.
  3. L’autorisation du djihâd est entre les mains du responsable de l’autorité en place, et sa mise en œuvre relève de ses compétences exclusives. Il est le chef des armées, et il désigne ses représentants à qui on doit obéissance, conformément à la tradition prophétique. Le but, c’est que les rênes de la guerre soit sous une bannière musulmane, et unique de surcroit. Il ne s’agit pas d’ouvrir la porte à l’anarchie et à une variété d’étendards aux intérêts opposés, créant ainsi une division qui porte les germes de la défaite et met à mal le moral des troupes : [Et ne vous livrez pas à des querelles qui entameraient votre morale et votre ardeur ; patientez, car Allah est avec les patients].[2]
  4. Le djihâd était déjà instauré dans les législations prophétiques précédentes, et n’est donc pas propre à celle de Mohammed (r). Mûsâ, au terme de l’exode, prit l’initiative, à la tête d’une armée israélite, de débarrasser la terre sainte des tyrans amorites. Puis : (N’as-tu pas vu les notables parmi les enfants d’Israël qui vinrent après Moussa, lorsqu’ils dirent à l’un de leurs prophètes : « Envoies-nous un roi afin que nous combattions sur le sentier d’Allah. »][3] : après maints périples, ils gagnèrent la guerre : (« Ils les vainquirent alors par la Volonté d’Allah et Dâwûd tua Jâlût. »).[4] Le Prophète Sulaïmân (u) proclama contre le peuple de la reine Balqîs alors adorateurs du soleil : [Nous viendrons à leur rencontre à la tête d’une armée contre laquelle ils ne pourront pas résister, et ils seront expulsés de leur terre avilis et humiliés].[5] Il ne faut pas oublier dans la longue histoire du djihâd les affrontements périodiques qui opposèrent les tribus d’Israël aux perses mazdéens.
  5. Le djihâd n’a nullement pour ambition de verser impunément le sang ni de piller les richesses et d’envahir d’autres pays. Les dommages collatéraux sont plus, en effet, du côté des musulmans. un Verset y fait allusion : [Si vous souffrez, sachez qu’ils souffrent également sauf que vous, contrairement à eux, vous fondez vos espoirs en Dieu]. le seul but de la « guerre sainte », c’est d’élever la Parole d’Allah au dessus de tous, et de sortir les hommes des ténèbres à la lumière, de la soumission aux hommes à la soumission au Dieu des hommes, comme l’établit le passage : [Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent].[6] Le Messager d’Allah (r) affirme également : « J’ai reçu l’ordre de combattre [les hommes] jusqu’à ce qu’ils témoignent de – ou selon une version qu’ils disent – : lâ ilâh illâ. S’ils s’y soumettent, ils auront protégé contre moi leur sang et leurs biens, sauf ce que la Loi en réclame, et Allah est Celui qui les jugera. »[7] un autre hadîth nous apprend : « Allah s’étonne d’un groupe d’homme qui sont trainés au Paradis par des chaines. » Il fait allusion aux prisonniers de guerre qui suite à leur conversion, sont libérés. Ces derniers auront droit au Paradis, alors que, sans la guerre, ils allaient droit en Enfer.
  6. Le djihâd fut légiféré en vue d’éradiquer la propagande de la mécréance : [ceux-là appellent à l’Enfer, tandis qu’Allah appelle au Paradis]. Il s’en prend à ceux qui attaquent les musulmans et qui font obstacle au sentier qui mène au Très-Haut. Ainsi, ceux qui ne prennent pas part au combat et qui ne font pas la propagande de la mécréance sont épargnés. les armées musulmanes ne visent pas femmes, enfants, vieillards, moines retirés dans leurs monastères, bien qu’ils aient fait un mauvais choix, car ils ne font du mal qu’à eux-mêmes, et ne représentent aucune menace.
  7. Le djihâd n’a nullement pour vocation de forcer les gens à devenir musulmans, contrairement à certaines idées reçues. Allah (I) révèle : [Il n’y a nulle contrainte en religion][8] ; [Certes, tu ne guides pas qui tu veux sur le chemin droit, mais Allah guide qui Il veut, Lui qui connait mieux qui mérite cette faveur].[9] On adhère à l’Islam par choix et par conviction. En revanche, les fins du djihâd est de faire accéder la dernière religion révélées à toute l’Humanité sans qu’aucun obstacle ne s’interpose sur son chemin : [Combattez-les afin qu’il n’y ait pas de désordre sur terre, et que la religion tout entière soit à Allah].[10] En exégèse à ce Verset, l’Imam ibn Kathîr rapporte : « Ibn Ishâq à dit : on m’a rapporté selon e-Zuhrî, selon ‘Urwa ibn e-Zubaïr, et d’autres sommités parmi nos savants au sujet du passage : [qu’il n’y ait pas de désordre sur terre][11] (nous avons traduit fitna par désordre sur terre ndt.) : afin que le croyant ne soit pas éprouvé dans sa religion, en la quittant. » Fin de citation. Allah (I) révèle également : [Allah ne vous interdit pas, envers ceux qui ne vous ont pas combattu à cause de votre religion et qui ne vous ont pas sorti de vos maisons, d’être bon avec eux, et d’être justes envers eux ; certes, Allah aime les justes].[12]
  8. Les « conquêtes » musulmanes ont offertes énormément d’avantages aux habitants de la terre. Elles les ont déjà débarrassés des tyrans qui persécutaient les faibles. Elles ont répandu la justice, le savoir, et ont dissipé l’ignorance et l’oppression. Elles furent le moteur de la vraie civilisation qu’elle diffusa en Orient et en Occident, grâce notamment au climat de paix qu’elles firent régner. Les grands centres scientifiques de l’Empire (Andalousie, Bagdad, l’ancienne Syrie, le Khurasân, et la Transoxiane) en sont le meilleur souvenir. Ils formèrent des générations de savants dont les traces sont encore présentes aujourd’hui, ce qui prouve que les fruits du djihâd furent plus que bénéfiques. Comme le dit le poète : La lumière jaillit des quartiers bas de la Mecque ••• Et illumina de ses rayons tout Yathrib ••• L’épée de la vérité arma nos héros ••• Et soumis les plus grands de la terre et les vils ••• Chaque pays dont nous foulâmes la grande esplanade ••• Se transforma en un grand jardin verdoyant ••• Nous sommes loin des invasions occidentales qui sèment une terreur impitoyable et l’opprobre partout où elles passent. L’actualité malheureuse des pays musulmans en est le meilleur témoin.
  9. Sâlih el ‘Uraïnî est l’auteur des paroles : « Là où je rejoins notre Sheïkh, c’est sur la partie consacrée au djihâd défensif, qui incarne le sixième pilier de l’Islam. Je n’en dirais pas autant de sa position sur le djihâd offensif. C’est, en effet, avec un grand étonnement que je découvris le passage suivant : « Le djihâd offensif est certes obligatoire aujourd’hui, mais nous le reportons au jour où nous serons en position de force. » » Voici ma réponse : quel élément viendrait abroger le djihâd offensif, le sommet de l’Islam, en période de force ? Ensuite, il enchaine : « car, comme vous le savez, s’attaquer aux autres est devenu un crime aujourd’hui. » Ce à quoi je réponds : Seul Allah (I) est à même de délimiter ce qui est interdit ou non ! En outre, ces fameux traités internationaux ont-ils dissuadé les non-musulmans à coloniser nos terres et à piller nos richesses ? Que dire de la situation en Palestine, en Iraq, en Afghanistan, etc. Plus loin, il récidive en disant : « les constitutions et les codes civils furent légiférés en vue de maintenir la paix et de défendre l’opprimé. » Alors qu’elles défendent les Palestiniens contre les Juifs et les musulmans en détresse un peu partout dans le monde. Puis, il conclut : « Être dotée d’une force militaire ne justifie en rien de faire la guerre. Un tel raisonnement relève plus de la tyrannie qu’autre chose. » En réponse, nous disons oui, quand la guerre à pour ambition de s’emparer impunément des richesses des pays pauvres. Donc, ce discours s’adresse aux mécréants. Quant au djihâd, son ambition est noble, comme nous l’avons vu, elle est transcendantale (rendre la Paroles d’Allah la plus haute, et répandre la lumière du savoir). en cela, elle relève plus de la justice et à la charité qu’autre chose.

 

Voila, c’est avec ces quelques éclaircissements que j’ai voulu répondre aux attentes de notre frère, wa Allah el musta’en !

 

Écrit par : Sâlih ibn Fawzân el Fawzân.

Membre de l’Ordre des Grands Savants

d’Arabie saoudite.

 

 

Le djihad est un outil messianique au service de la propagation de la religion non des conversions forcées

 

Nous avons vu dans les parties précédentes que de nombreux spécialistes occidentaux nous concèdent objectivement ce point, à l’image de Gustave Le Bon qui, lui-même, s’appuient, pour conforter son propos, sur ses paires :

 

En ce qui concerne les juifs, et surtout les chrétiens, Mahomet, contrairement à une croyance très générale, se montre plein de tolérance et de bienveillance. Les versets suivants en sont la preuve : Point de contrainte en religion. La vraie route se distingue assez de l'erreur. (II.)

 

Sur les pas des autres prophètes nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, pour confirmer le Pentateuque ; nous lui avons donné l'Évangile, qui contient la direction et la lumière, il confirme le Pentateuque ; l'Évangile contient aussi la direction et l'avertissement pour ceux qui craignent Dieu. (V.)

 

La rapidité prodigieuse avec laquelle le Coran s'est répandu a toujours étonné les historiens hostiles à la religion qu'il enseigne, et ils n'ont cru pouvoir l'expliquer qu'en disant que cette propagation était le résultat de la morale relâchée de Mahomet et de l'emploi de la force ; mais il est facile de démontrer que ces explications n'ont pas le plus léger fondement….

 

La force ne fut pour rien dans la propagation du Coran, car les Arabes laissèrent toujours les vaincus libres de conserver leur religion. Si des peuples chrétiens se convertirent à la religion de leurs vainqueurs et finirent par adopter leur langue, ce fut surtout parce que ces nouveaux conquérants se montrèrent plus équitables pour eux que ne l'avaient été leurs anciens maîtres, et parce que leur religion était d'une plus grande simplicité que celle qu'on leur avait enseignée jusqu'alors. S'il est un fait bien prouvé par l'histoire, c'est qu'une religion ne s'impose jamais par la force. Lorsque les Arabes d'Espagne ont été vaincus par les chrétiens, ils ont préféré se laisser tuer et expulser jusqu'au dernier plutôt que de changer de culte.

 

Loin donc d'avoir été imposé par la force, le Coran ne s'est répandu que par la persuasion. Il est évident d'ailleurs que la persuasion seule pouvait amener les peuples qui ont vaincu plus tard les Arabes, comme les Turcs et les Mongols, à l'adopter…

 

Sur la tolérance des mahométans pour les juifs et les chrétiens. Nous avons vu par les passages du Coran cités plus haut que Mahomet montre une tolérance excessive et bien rare chez les fondateurs de religion pour les cultes qui avaient précédé le sien, le judaïsme et le christianisme notamment et nous verrons plus loin à quel point ses prescriptions à cet égard ont été observées par ses successeurs. Cette tolérance a été reconnue par les rares écrivains sceptiques ou croyants, qui ont eu occasion d'étudier sérieusement de près l'histoire des Arabes. Les citations suivantes que j'emprunte à plusieurs d'entre eux montreront que l'opinion que nous professons sur ce point ne nous est nullement personnelle.

 

« Les musulmans sont les seuls enthousiastes qui aient uni l'esprit de tolérance avec le zèle du prosélytisme, et qui, en prenant les armes, pour propager la doctrine de leur prophète, aient permis à ceux qui ne voulaient pas la recevoir de rester attachés aux principes de leur culte. » (Robertson, Histoire de Charles-Quint.).

 

« Le Coran, qui commande de combattre la religion avec l'épée, est tolérant pour les religieux. Il a exempté de l'impôt les patriarches, les moines et leurs serviteurs. Mahomet défendit spécialement à ses lieutenants de tuer les moines, parce que ce sont des hommes de prière. Quand Omar s'empara de Jérusalem, il ne fit aucun mal aux chrétiens. Quand les croisés se rendirent maîtres de la ville sainte, ils massacrèrent sans pitié les musulmans et brûlèrent les juifs. » (Michaud, Histoire des Croisades.)

 

« Il est triste pour les nations chrétiennes que la tolérance religieuse, qui est la grande loi de charité de peuple à peuple, leur ait été enseignée par les musulmans. C'est un acte de religion que de respecter la croyance d'autrui et de ne pas employer la violence pour imposer une croyance. » (L'abbé Michou, Voyage religieux en Orient.)

 

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

 

 

 

[1] La vache ; 217

[2] Le butin ; 46

[3] La vache ; 246

[5] Les fourmis ; 37

[6] Les vents qui éparpillent ; 56

[7] Hadîth rapporté par Muslim (21).

[8] La vache ; 256

[9] Les récits ; 56

[10] La vache ; 193

[11] En d’autres termes, voici la preuve qu’il faut combattre les païens sans faire de distinction entre leurs différentes croyances. [Combattez-les] : englobe tous les païens sans exception. Puis, Allah dit : [afin qu’il n’y ait pas de désordre sur terre] ; le désordre (fitna), c’est le shirk ; c’est-à-dire : afin qu’il n’y ait pas de shirk. Il faut le prendre dans le sens général du terme. (S. Fawzân)

[12] La femme éprouvée ; 8

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