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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 11:03

Tout sur le djihad

(Partie 5)

 

Ibn Taïmiya corrobore ce principe qu’il démontre à la faveur d’une analyse dont il a le secret et qui, à tort, fut assimilée à une apologie du djihad défensif

 

L’attaque est la meilleure défense…

 

La surate la vache est médinoise dans son ensemble ; celle-ci comprend plus d’un Verset qui commande le djihâd, dont : (Il vous a été prescrit la guerre). Comment oser dire alors que le Verset en question (le Verset 256 en l’occurrence ndt.) s’inscrit dans le temps bien avant l’institution de la guerre. Par ailleurs, le « contexte de la révélation du Verset » nous apprend que l’événement auquel il se rattache eut lieu après que la guerre fut prescrite. Les spécialistes relèvent quatre hypothèses autour de cet événement ; chacune confirme qu’il eut bien lieu avant l’ordre de combattre un ennemi quelconque. Ibn ‘Abbâs et d’autres exégètes nous en relatent la plus célèbre.

 

Selon ces derniers en effet, une femme parmi les Ansâr était stérile (miqlât : qui ne garde pas ses enfants ndt.). Celle-ci fit le vœu si elle gardait un enfant vivant de le convertir à la religion juive, car contrairement aux païens, les juifs détenaient entre leurs mains un Livre sacré. Ils étaient ainsi plus proches du savoir et de la religion que les arabes. Quand la tribu juive de Banû e-Nadhîr fut expulsée de Médine, elle emporta dans ses rangs plusieurs enfants des Ansâr, ce qui souleva l’indignation de leurs pères génétiques qui s’en plaignirent ouvertement : « Messager d’Allah, Nos enfants ! » Le Verset en question fut alors révélé.[1]

 

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya démontre dans certains passages de ses divers ouvrages, que le djihâd appelé « Guerre Sainte » par certains orientalistes n’a nullement pour vocation d’exterminer les non musulmans ou de les convertir par la force. Il souligne en effet :

 

Si l’essence de la guerre légitime s’incarne à travers le djihâd, qui a pour ambition de vouer la religion entière au Seigneur et de rendre Sa parole la plus haute, quiconque constitue une entrave à ce dessein doit être combattu à l’unanimité des musulmans.[2] Au début, le Prophète (r) reçut l’ordre de s’attaquer aux mécréants avec la parole sans n’utiliser les mains. Il se concentrait sur le prêche composé essentiellement de sermons et de polémiques acquises aux règles de la bienséance. Son grand combat d’alors fut de fustiger ses adversaires à coup de Versets du Coran.

 

Il ne lui était pas demandé d’avoir recours aux armes étant donné que les musulmans se trouvaient en état de faiblesse. Quand il émigra à Médine où il trouva un soutient, il fut autorisé à se défendre. Sur place, il constitua une puissance qui lui conféra le droit, par un décret céleste, d’en découdre avec ses ennemis. Il lui était toutefois interdit de s’en prendre à des tribus avec lesquelles ils étaient liés par des accords de paix ; il ne pouvait ouvrir plusieurs fronts à la fois. Après la conquête de la Mecque, la guerre contre les Quraïshites, qui étaient les rois des arabes, pris fin, et les délégations de la Péninsule se rendaient à Médine pour annoncer leur conversion. Le temps était venu de déclarer la guerre à tous les infidèles, sous l’ordre du Tout-Puissant.[3]

 

Après la mort du législateur, ses successeurs directs, les Khalifes Abû Bakr et Omar, à la tête des Muhâjirîns (émigrés mecquois) et des Ansârs (auxiliaires médinois) encore vivants à leur époque – qui sont ses partisans les plus fidèles, les plus obéissants, et les plus respectueux envers ses engagements – ouvrirent un front contre les romains (byzantins ndt.) et un autre contre les perses (sassanides ndt.). Les deux plus grandes puissances de l’époque représentaient les « gens du Livre » et les mazdéens. Les musulmans livraient uniquement combat contre ceux qui leur résistaient ou qui manifestaient contre eux des intentions hostiles. Sinon, la jiziya (le tribut) fut soumise aux peuples qui s’y résignaient ; ils devaient la remettre en main propre en signe de soumission.[4] Quand ‘Omar ibn el Khattâb conquit le Shâm, il prit de ses habitants la jiziya qu’ils devaient remettre de main en main en guise de soumission. Beaucoup d’entre eux, dont Seul le Très-Haut en connaît le nombre, embrassèrent l’Islam. La plupart du commun des mortels, des paysans, etc. étaient d’obédience chrétienne.

 

Les musulmans ne savaient pas cultiver la terre et une seule mosquée suffisait à les réunir à Damas où ils étaient finalement peu nombreux. Par la suite, la plupart des habitants du Shâm et bien d’autres contrées se convertirent de leur propre gré, non sous la contrainte ! Il n’est pas permis, en effet, de soumettre les dhimmis à l’Islam par la force comme le stipule le Verset : (Il n’y a nulle contrainte en religion, le bon chemin s’est distingué du mauvais ; celui qui renie le tâghût et qui croit en Allah, se sera alors accroché à un lien solide qui ne serait rompre. Allah est certes Entendant et Savant • Allah est l’Allié des croyants qu’Il sort des ténèbres pour les mener à la lumière. Quant aux mécréants, ils sont les alliés des tâghût qui les sortent de la lumière pour les mener aux ténèbres ; ceux-là sont les habitants de l’Enfer dans lequel ils demeurent à jamais).[5]

 

Ainsi, selon le Verset suivant : (Combattez sur le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, mais sans transgresser pas les limites),[6] il n’est pas permis de s’en prendre à des innocents.[7] Parmi les limites à ne pas transgresser, il y a notamment le meurtre des femmes et des enfants, mais aussi la guerre aux peuples qui ne prennent pas les armes.[8] La guerre fut légiférée en cas de nécessité dans le sens où si les hommes avaient cru aux Versets et aux preuves évidentes du Coran, il n’y aurait pas eu besoin d’y avoir recours. Il incombe donc de manière absolue et principale de présenter aux hommes le message de l’Islam. Quant au djihâd, il est uniquement légiféré en cas de nécessité.[9] Si l’Islam considère comme un forme de corruption sur terre de s’attaquer gratuitement à la végétation et aux animaux, il est beaucoup plus scrupuleux concernant la vie humaine.[10]

Quand le Créateur des cieux et de la terre autorise à prendre la vie de certains hommes, c’est dans le but de réformer l’humanité, comme le formule le Verset : (La tentation est pire que le meurtre).[11] Autrement dit, s’il est vrai que la guerre engendre le mal et le désordre, la tentation dont font preuve les mécréants constitue un plus grand mal et un plus grand désordre. Or, dans la situation où quelqu’un ne cherche pas spécialement à empêcher aux musulmans d’établir la religion d’Allah sur terre, les méfaits de sa mécréance ne reviennent qu’à lui-même.[12]

 

La condition pour combattre une personne, c’est qu’elle prenne les armes.[13] Il n’est pas permis de tuer un mécréant d’origine (contrairement à l’apostat) qui ne prend pas part au combat selon la plupart des savants à l’instar d’Abû Hanîfa, de Mâlik, et d’Ahmed.[14] Il ne faut pas tuer quiconque ne participe ni de près ni de loin aux hostilités tel que les femmes, les enfants, les moines, les aveugles, et les vieillards conformément à la tendance de la majorité des savants[15] ; et cela, contrairement à ceux qui associent leur voix ou qui prêtent main forte aux combat à l’exemple de Hind et de certaines autres femmes qui ont connu un sort tragique lors de la prise de la Mecque.[16]

 

En principe, le sang humain est sacré ; il est interdit d’y toucher sauf pour une raison valable. Tuer une personne sous prétexte qu’elle est mécréante n’est pas un principe sur lequel s’entendent les différentes législations divines à travers les époques, contrairement à la mise à mort pour meurtre que s’accordent à reconnaître la religion et la raison.[17] Le jour de la Conquête de la Mecque, le Prophète (r) a laissé en vie tous les combattants ennemis à l’exception de certains d’entre eux qu’il n’a pas épargné et dont le crime ne pouvait rester impuni comme celui d‘Abd Allah ibn Khatal. Ainsi, il ne tuait pas un ennemi sous le simple prétexte qu’il était mécréant ou qu’il était en guerre.[18]

 

[1] Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr wa muhâdanatihim wa tahrîm qatlihim li mujarrad kufrihim (127-128) de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya.

[2] Majmû’ el fatâwa (28/354).

[3] El Jawâb e-sahîh li man baddala dîn el Masîh (1/237). L’auteur va expliquer ce point par la suite plus en détail.

[4] Majmû’ el fatâwa (4/205).

[5] La vache 256-257

[6] La vache ; 190

[7] E-Sârim el maslûl ‘ala shâtim e-rasûl (2/207).

[8] Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr (115).

[9] El jawâb e-sahîh (1/238).

[10] Qâ’ida Mukhtasara fi Qitâl el Kuffâr (202-203).

Orcel avait raison (la Bible est beaucoup plus violente que le Coran), car, malheureusement, nous ne pouvons pas en dire autant pour l’Ancien Testament qui prône d’exterminer tout ce qui respire sans n’épargner les femmes, les enfants ni les animaux : http://islampaix.blog4ever.xyz/la-realite-de-la-guerre-dans-l-ancien-testament

[11] La vache ; 191

[12] Majmû’ el fatâwa (28/355).

[13] E-Sârim el Maslûl (2/513).

[14] Majmû’ el fatâwa (28/354).

[15] Majmû’ el fatâwa (20/102). Certains contemporains voient en cela un progrès par rapport aux sociétés primitives, mais c’est surtout un progrès par rapport aux nations les plus évoluées, car les peuples dits primitifs ne sont pas capable d’organiser des massacres à grand échelle comme ce fut le cas pour l’extermination de la race indienne. Plus récemment l’impérialisme européen, dont le nazisme est l’une des illustrations, s’est violement manifesté à travers les colonisations.

[16] Qâ’ida mukhtasara fi qitâl el kuffâr (191).

[17] E-Sârim el Maslûl (2/210). Il faut resituer ce discours dans son contexte historique, car malheureusement à notre époque beaucoup de valeurs sont inversées. Nous devrions d’ailleurs demandé au Souverain Pontife ce qu’il pense de la peine de mort !

Voir : http://mizab.over-blog.com/article-ibn-taimiya-m-728-1328-repond-a-benoit-xvi-66678745.html

 [18] Idem. (2/266).

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